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Concept-de-soi-Article-7

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Recherche originale
Concept de soi physique et adolescents présentant
une déficience intellectuelle : effets de l’âge,
du sexe et de la catégorie de poids
Jérôme Bégarie, PhD1; Christophe Maïano, PhD2; Grégory Ninot, PhD3
Objectif : Etudier les effets de l’âge, du sexe, du poids et de leurs interactions sur l’estime
globale de soi (EGS) et le concept de soi physique d’adolescents présentant une déficience
intellectuelle (DI).
Méthode : Un échantillon de 353 adolescents DI, âgés de 12 à 18 ans, a participé à
cette étude. La version très courte de l’inventaire du soi physique pour adolescents DI
(communément appelée PSI-VSF-ID) a été utilisée pour évaluer l’EGS et les perceptions
du soi physique (la valeur physique perçue [VPP], la compétence sportive [CS], la condition
physique, l’apparence physique et la force).
Résultats : Les analyses de covariances multivariées montrent : (i) des niveaux d’EGS et
de soi physique inférieurs (à l’exception de la VPP) chez les filles par rapport aux garçons;
(ii) une diminution des scores d’EGS, de VPP, de CS et d’apparence physique perçue (APP)
au cours de l’adolescence; (iii) des scores d’EGS, de VPP, et d’APP inférieurs chez les
adolescents obèses comparés à leurs pairs en surpoids ou de poids normal; et (iv) que les
filles obèses présentent des scores d’APP inférieurs à ceux des autres adolescents.
Conclusion : Les résultats obtenus pour le sexe et l’âge sont quasiment conformes à ceux
de la littérature en population générale. En revanche, ils s’en éloignent pour l’effet principal
de la catégorie de poids.
Rev can psychiatrie. 2011;56(3):179–186.
Implications cliniques
• Les scores d’EGS, de VPP, de CS et d’APP des adolescents DI diminuent
significativement au cours de l’adolescence (entre 12 et 18 ans).
• Les filles DI obtiennent des scores d’EGS et de soi physique (à l’exception de
l’échelle de VPP) inférieurs à ceux des garçons DI.
• Les adolescents DI obèses témoignent d’un plus faible niveau d’EGS, de VPP et
d’APP, comparativement à ceux en surpoids ou de poids normal.
Limitations
• Les adolescents DI en « surpoids » et « obèses » sont faiblement représentés dans
l’échantillon étudié. Par conséquent, l’effet d’interaction « âge × sexe × poids » n’a pu
être vérifié.
• Les caractéristiques du contexte d’accompagnement en milieu institutionnel (durée
de séjour, type de scolarisation, modalité de séjour : internat c. externat, etc.) n’ont pu
être évaluées et contrôlées statistiquement.
• L’absence d’un groupe de comparaison normatif ne permet pas de qualifier le niveau
d’EGS et de soi physique de l’échantillon d’adolescents DI étudié.
Mots clés : Inventaire du Soi physique pour adolescents présentant une déficience
intellectuelle, adolescence, estime globale de soi, surpoids, obésité, niveau de
déficience intellectuelle
The Canadian Journal of Psychiatry, Vol 56, No 3, March 2011 W
179
Recherche originale
L
e concept de soi est une description et évaluation
consciente de nos propres compétences et attributs1. Il est
aujourd’hui envisagé comme un modèle multidimensionnel
et hiérarchiquement organisé, au sommet duquel se trouve
le concept de soi global et aux niveaux inférieurs, des
constructions plus spécifiques liées aux compétences, telles
que le soi social, le soi scolaire, le soi physique, etc.1. Dans
ce modèle, l’EGS est une auto-évaluation consciente du
concept de soi général et désigne le sentiment qu’a chacun,
au fond de lui-même, de sa propre valeur2,3.
Au milieu des années 1980, les sous-composantes du
concept de soi physique ont de plus en plus été étudiées et
détaillées, et le concept de soi physique a émergé comme
une construction clé, particulièrement dans les cultures
occidentales qui attachent beaucoup d’importance aux
capacités physiques et à l’apparence4,5. En effet, par son
apparence, ses attributs corporels et ses compétences
physiques, le sujet étaye son soi physique, et dans certaines
conditions renforce son EGS6,7.
Le modèle du concept de soi physique développé par Fox et
Corbin8 situe l’EGS au sommet de la hiérarchie, le domaine
général de compétence physique dénommé VPP au niveau
intermédiaire, et quatre sous-domaines spécifiques à la base
de la pyramide : la CS, la CP, l’APP, et la F. L’avantage
principal de ce modèle est de permettre l’évaluation
simultanée de plusieurs niveaux de perceptions du soi
physique. Son évaluation peut se faire à l’aide de deux
outils scientifiquement validés : le PSPP de Fox et Corbin8
et le PSDQ de Marsh et Redmayne9.
Depuis le développement du concept de soi physique par
Fox et Corbin8, de nombreux travaux en population générale
ont démontré que les perceptions du soi physique exerçaient
un rôle important dans l’engagement et le maintien de
la pratique d’une ou plusieurs activités physiques et
sportives, et qu’elles exerçaient un rôle déterminant dans
Abréviations
APP
apparence physique perçue
CP
condition physique
CS
compétence sportive
DI
déficience intellectuelle
EGS
estime globale de soi
F
force
IMC
Indice de masse corporelle
PSDQ
Physical Self-Description Questionnaire
PSI-VSF-ID
inventaire du soi physique pour adolescents DI
PSPP
Physical Self-Perception Profile
SNK
Student-Newman-Keuls
VPP
valeur physique perçue
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l’amélioration de l’EGS et le développement du bien-être
psychologique4,5,10,11. Toutefois, une récente recension
des écrits effectuée dans diverses bases de données
(Current Contents, MEDLINE, PsycINFO, Psychology
and Behavioral Science Collection) par les auteurs de
ce manuscrit révèle qu’actuellement aucune étude n’a
étudié le concept de soi physique auprès d’une population
d’adolescents présentant une DI.
Cette absence de travaux est surprenante pour deux
raisons. Premièrement, l’adolescence représente une
période clé du développement au cours de laquelle les
personnes présentant une DI doivent subir de multiples
transformations (corporelles, psychologiques et sociales)
susceptibles d’altérer leur concept de soi physique12. En
effet, de nombreuses études transversales et longitudinales,
en population générale, montrent que les scores d’EGS13,14,
de VPP15,16, de CS15,16, de CP16 et d’APP15,16 diminuent
significativement au cours de l’adolescence. Par ailleurs,
d’autres études16–20 soulignent qu’au cours de cette même
période, les filles expriment des niveaux d’EGS et de soi
physique significativement inférieurs à ceux des garçons.
Toutefois, aucun effet d’interaction « sexe × âge » n’a été
mis en évidence dans ces études15,17,18.
Deuxièmement, de récents travaux ont récemment souligné
l’accroissement des troubles de santé physique chez les
personnes DI21,22. Parmi ces troubles, le développement du
surpoids et de l’obésité est tout particulièrement prégnant.
En effet, de récentes études rapportent, chez les adolescents
DI, des niveaux de prévalence de surpoids et (ou) d’obésité
systématiquement supérieurs à ceux observés chez les
adolescents sans DI, et cela quel que soit le contexte
d’accompagnement23–27. L’apparition de cette pathologie
secondaire est particulièrement préoccupante, car elle
risque de devenir sur-handicapante sur le plan physique28,29
et psychosocial30. En effet, en population générale, la
stigmatisation fréquente associée à la surcharge pondérale31
induit chez les adolescents en surpoids et (ou) obèses de
plus faibles niveaux d’EGS16,32,33 et de perceptions du soi
physique16, comparativement à leurs pairs de poids normal.
Cette insatisfaction est certes nécessaire aux adolescents
en surpoids et (ou) obèses pour qu’ils se préoccupent
de leur corps et développent une intention de perdre
du poids34–37. Cependant, en accord avec la théorie de
l’autodétermination38, elle constitue, pour cette population,
une véritable barrière à un engagement réel et durable dans
la pratique d’une activité physique et (ou) sportive39,40.
Contrairement au concept de soi physique révélé par
les travaux menés chez les adolescents sans DI, nous
ne connaissons que très peu de choses sur le concept de
soi physique des adolescents DI, et plus spécifiquement
sur les effets que peuvent exercer certaines variables
démographiques (âge et sexe) et staturo-pondérales
(catégorie de poids) sur celui-ci. L’objectif de ce travail
est donc de répondre aux limites évoquées précédemment
et d’étudier les effets de l’âge, du sexe, de la catégorie de
W La Revue canadienne de psychiatrie, vol 56, no 3, mars 2011
Concept de soi physique et adolescents présentant une déficience intellectuelle : effets de l’âge, du sexe et de la catégorie de poids
poids et de leurs interactions sur l’EGS et le soi physique
d’adolescents DI scolarisés dans une institution spécialisée.
(Dans le cadre de ce travail la DI est entendue comme une
« limitation substantielle dans le fonctionnement mental
qui intervient avant l’âge de 18 ans. Elle se caractérise
par un niveau de fonctionnement intellectuel inférieur à la
normale existant simultanément avec une limitation dans
au moins deux domaines suivants : conduites adaptatives,
communication, soin personnel, vie à domicile, conduites
sociales, usages communautaires, maîtrise de soi, santé,
soin, attitudes scolaires, loisir et travail »41, p.10.)
En adéquation avec la littérature sur les adolescents de
population générale16–20, la première hypothèse postule
que les garçons DI vont présenter des scores d’EGS et de
perceptions du soi physique supérieurs à ceux des filles DI.
La deuxième hypothèse postule que les niveaux d’EGS et de
soi physique (à l’exception de l’échelle de F) diminuent au
cours de l’adolescence. En référence aux travaux de Marsh,
Hau, Sung et coll.16, la troisième hypothèse suppose que les
adolescents présentant une DI et en surpoids et (ou) obèses
vont connaître des niveaux d’EGS et de perception de soi
physique inférieurs à leurs homologues de poids normal.
Conformément à la littérature15,17,18 en population générale,
nous n’attendons pas d’effet d’interaction entre le sexe et
l’âge. Enfin, la dernière hypothèse suppose que les filles DI
en surpoids et (ou) obèses vont respectivement exprimer des
niveaux d’EGS et de perceptions de soi physique inférieurs
à ceux des autres adolescents.
Méthode
Participants
L’échantillon initial de cette étude comprenait 419
adolescents DI (247 garçons, 172 filles), âgés entre 12 et
18 ans, et scolarisés au sein de 24 établissements spécialisés
français. Seuls les adolescents DI qui ont respecté les
critères d’inclusion suivants ont participé à cette étude :
i. diagnostic de DI légère, moyenne ou grave;
ii. catégorie de poids normale, en surpoids ou obèse; et
iii. aucune limitation fonctionnelle nécessitant l’usage
régulier d’une assistance ou d’un fauteuil roulant.
L’échantillon final comprend 353 adolescents (200
garçons, M âge = 15,74; ET âge = 0,20; 153 filles, M
âge = 15,87; ET âge = 0,21), dont 55 % présentent une
DI légère (50 à 55 ≤ QI ≤ 70), 42 % une DI moyenne
(35 à 40 ≤ QI ≤ 50 à 55), et 3 % une DI grave (20 à
25 ≤ QI ≤ 35 à 40). L’analyse de leur IMC révèle que 73 %
d’entre eux ont un poids normal, 19 % sont en surpoids, et
8 % sont obèses. Une analyse de variance (ANOVA) à deux
voies a souligné l’absence de différence d’âge moyen entre
les adolescents au niveau du sexe (F = 0,22, dl = 1,347,
P = 0,64), de la catégorie de poids (F = 1,72, dl = 2,347,
The Canadian Journal of Psychiatry, Vol 56, No 3, March 2011 W
P = 0,18), et de l’interaction « sexe × catégorie de poids »
(F = 0,58, dl = 2,347, P = 0,56).
Mesures
Renseignements généraux et données démographiques.
Un premier questionnaire a été élaboré et diffusé aux
établissements spécialisés ayant accepté de participer
à l’étude. Il consistait à recueillir les caractéristiques
démographiques (âge, sexe, et durée de scolarisation),
physiques (poids, taille, limitations fonctionnelles
nécessitant l’usage régulier d’une assistance ou d’un fauteuil
roulant), et cognitives (niveau de DI) des adolescents DI.
Les mesures du poids au demi-kilogramme près et de la
taille au demi-centimètre près ont été effectuées par les
infirmières des établissements. La catégorie de poids a été
déterminée par le calcul de l’IMC (poids/taille²) selon les
seuils internationaux pour adolescents, ajustés pour le sexe
et l’âge42.
Soi physique. Le concept de soi physique a été évalué à
l’aide de la version très courte pour adolescents du PSIVSF-ID validée par Maïano et coll.43. Les propriétés
psychométriques de l’outil ont été testées auprès de 362
adolescents DI. Les analyses factorielles ont :
i. confirmé la validité de la structure multidimensionnelle
de l’outil (EGS, VPP, CP, CS, APP, et F); et
ii. démontré l’invariance du modèle au niveau de l’âge
(12 à 14 ans c. 15 à 18 ans), du sexe, du niveau de DI
(léger c. moyen), et du type de scolarisation (classe
spécialisée c. institution spécialisée).
Enfin, les tests de cohérence interne (0,70 ≤ ω ≥ 0,74) et de
stabilité temporelle (0,72 ≤ r ≥ 0,93) ont confirmé la fidélité
de l’instrument.
Le PSI-VSF-ID comporte 12 items (2 par échelle) auxquels
les adolescents DI répondent à l’aide d’une échelle de
réponse à six degrés croissants, composée d’un continuum
de visages classés du « moins en accord » au « plus en
accord ». Dans cette étude, les indices de cohérence interne
(alpha de Cronbach) de l’échantillon d’adolescents DI
étudié sont passables (EGS : 0,60; VPP : 0,61; CP : 0,67;
CS : 0,69; APP : 0,58; F : 0,58). Toutefois, au regard du
faible nombre d’items par dimension (deux), ils peuvent
être envisagés comme étant acceptables44. En effet, la
cohérence interne d’une échelle est fortement conditionnée
par le nombre d’items qu’elle comprend44. Ainsi, plus une
échelle comporte d’items, plus sa cohérence interne est
élevée.
Procédure
Après avoir obtenu les accords du comité d’éthique SudMéditerranée IV de l’Université de Montpellier et des
différents directeurs d’établissements spécialisés, une lettre
de non-opposition à l’étude a été adressée aux familles.
Chaque adolescent s’est vu expliquer individuellement les
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Recherche originale
modalités de participation à cette étude. Seuls les adolescents
ayant rempli la feuille de consentement éclairé et dont
l’accord parental a été obtenu ont participé à cette étude.
La passation du questionnaire s’est effectuée en classe, par
petits groupes de 10 adolescents maximum, en respectant
les conditions de passations proposées par Maïano et coll.43.
Chaque passation n’a pas excédé 20 minutes.
Figure 1 Répartition des scores obtenus aux
échelles du PSI-VSF-ID selon le genre
Analyses statistiques
Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Statistica
7.1 pour Windows45. Une analyse de covariance multivariée
(MANCOVA) à trois voies a été utilisée, afin de tester les
effets principaux de l’« âge », du « sexe », de la « catégorie
de poids », et leurs interactions. Au cours de ces analyses,
les éventuelles différences entre les participants selon le
niveau de DI ont été contrôlées statistiquement. Toutefois,
au regard du nombre réduit d’adolescents :
i. DI dans chacune des tranches d’âge (12 ans : n = 26;
13 ans : n = 28; 14 ans : n = 48; 15 ans : n = 46; 16
ans : n = 67; 17 ans : n = 72; 18 ans : n = 66), il a été
décidé de scinder cette variable en trois catégories :
12 à 14 ans (n = 102), 15 à 16 ans (n = 113), et 17 à
18 ans (n = 138);
ii. présentant une DI grave (n = 11), cette variable a
été scindée en deux catégories : légère (n = 193)
et moyenne-grave (n = 160). Toutefois, malgré ces
regroupements, ce modèle d’analyse comporte des
cellules manquantes et des effets ne peuvent être
estimés.
Par conséquent, trois séries de MANCOVA ont été utilisées.
La première série a vérifié les effets principaux de l’« âge »,
du « sexe », et de l’interaction « âge × sexe »; en contrôlant
l’effet d’éventuelles différences liées au niveau de DI. La
deuxième série a testé les effets principaux de la « catégorie
de poids », du « sexe », et de l’interaction « sexe × poids » en
contrôlant les effets d’éventuelles différences liées à l’âge
et au niveau de DI. Enfin, la troisième série a évalué l’effet
d’interaction « âge × catégorie de poids » en contrôlant les
effets du genre et du niveau de DI. Lorsque la MANCOVA
était significative, une ANCOVA à deux voies a ensuite été
menée pour chacune des échelles du PSI-VSF-ID. En cas
d’effet significatif, un test post-hoc de SNK a été utilisé
(P < 0,05).
Résultats
Effet principal « sexe »
La MANCOVA met en évidence une relation significative
entre l’effet principal « sexe » et les échelles du PSI-VSF-ID
(Wilks-λ = 0,91; F = 5,34, dl = 6,341; P < 0,001). Les
différentes ANCOVA soulignent une différence significative
d’EGS (F = 7,34, dl = 1,346; P = 0,007), de CP (F = 19,11,
dl = 1,346; P < 0,001], de CS (F = 20,44, dl = 1,346;
P < 0,001), d’APP (F = 7,84, dl = 1,346; P = 0,005) et de
F (F = 14,50, dl = 1,346; P < 0,001), entre garçons et filles.
182
Les tests post-hoc de SNK montrent sur l’ensemble de ces
dimensions (voir Figure 1) des scores inférieurs pour les
filles comparativement aux garçons (P < 0,001). Toutefois,
aucune différence significative n’a été constatée pour la
VPP (F = 1,54, dl = 1,346; P = 0,22).
Effet principal « âge »
La MANCOVA indique une relation significative entre
l’effet principal « âge » et les échelles du PSI-VSF-ID
(Wilks-λ = 0,92; F = 2,51, dl = 12,682; P = 0,003).
Les différentes ANCOVA signalent une différence
significative entre les trois catégories d’âge (12 à 14 ans,
15 à 16 ans, et 17 à 18 ans) aux échelles d’EGS (F = 6,24,
dl = 2,346; P = 0,002), de VPP (F = 4,28, dl = 2,346;
P = 0,01), de CS (F = 5,31, dl = 2,346; P = 0,005), et d’APP
(F = 4,22, dl = 2,346; P = 0,02). Les tests post-hoc de SNK
montrent (voir Figure 2) : (i) des scores d’EGS supérieurs
pour les 12 à 14 ans (P = 0,001) et les 15 à 16 ans (P = 0,03)
comparativement aux 17 à 18 ans; et (ii) des scores de VPP
supérieurs pour les 12 à 14 ans comparativement aux 17 à
18 ans (P = 0,01). Ils signalent également des scores :
i. de CS inférieurs chez les 15 à 16 ans (P < 0,001) et 17
à 18 ans (P = 0,008) comparativement aux 12 à
14 ans; et
ii. d’APP inférieurs pour les 17 à 18 ans
comparativement à ceux de 12 à 14 ans (P = 0,004).
Néanmoins, aucune différence significative n’a
été constatée pour la CP (F = 2,88, dl = 2,346;
P = 0,06), et la F (F = 0,65, dl = 2,346;
P = 0,52).
Effet principal « catégorie de poids »
La MANCOVA montre une relation significative entre l’effet
principal « catégorie de poids » et les échelles du PSI-VSF-ID
(Wilks-λ = 0,90; F = 2,91, dl = 12,680; P < 0,001). Les
différentes ANCOVA soulignent une différence significative
entre les trois catégories de poids (normal, surpoids, et obésité)
W La Revue canadienne de psychiatrie, vol 56, no 3, mars 2011
Concept de soi physique et adolescents présentant une déficience intellectuelle : effets de l’âge, du sexe et de la catégorie de poids
Figure 2 Répartition des scores obtenus aux
échelles du PSI-VSF-ID selon l’âge
Figure 3 Répartition des scores obtenus aux
échelles du PSI-VSF-ID selon la catégorie de poids
au niveau des échelles d’EGS (F = 5,43, dl = 2,345; P = 0,005),
de VPP (F = 3,71, dl = 2,345; P = 0,03) et d’APP (F = 3,65,
dl = 2,345; P = 0,03). Les tests post-hoc de SNK effectués sur
chacune de ces échelles (voir Figure 3) montrent des scores
inférieurs pour les adolescents obèses comparativement
aux autres groupes (P < 0,01). Toutefois, aucune différence
significative n’a été constatée au niveau des échelles de CP
(F = 1,53, dl = 2,345; P = 0,22), de CS (F = 0,10, dl = 2,345;
P = 0,90), et de F (F = 2,00, dl = 2,345; P = 0,14).
l’échelle de VPP). Ce résultat, qui confirme partiellement
la première hypothèse, est en accord avec la littérature en
population générale16–20. Par conséquent, il semblerait que
l’influence du sexe (à l’avantage des garçons au cours de
l’adolescence) sur le concept de soi physique ne soit pas
remise en question par la DI. Le ratio selon le sexe (1 fille
pour 1,6 garçon)27, en défaveur des filles, peut en partie
expliquer cette dévalorisation des filles par rapport aux
garçons. En effet, les perceptions de soi se construisent à
l’aide du processus de comparaison sociale, c’est-à-dire
l’observation des capacités de ses pairs et la comparaison à
eux46. Ainsi, puisque les filles DI sont très peu représentées
dans ce contexte d’accompagnement, elles se retrouvent
très fréquemment confrontées aux garçons DI. Cette
comparaison sociale négative à leurs pairs masculins
semble donc produire chez elles une auto-évaluation
défavorable qui se traduit par un plus faible niveau
d’EGS et de compétences physiques (CP, CS, et F)17. Par
ailleurs, sur le plan de l’APP, il semble également que les
adolescentes DI intériorisent un idéal corporel de minceur,
très prégnant au sein des sociétés occidentales17,47. L’écart
entre les perceptions corporelles de ces adolescentes et
l’idéal corporel culturellement véhiculé qu’elles souhaitent
atteindre semble être l’origine d’une réelle insatisfaction
corporelle48. Le contexte institutionnel ne semble donc pas
préserver les adolescentes DI de cette influence.
Effets d’interaction : « sexe × catégorie de poids »,
« âge × catégorie de poids », et « sexe × âge »
La MANCOVA met en évidence une relation significative
entre l’effet d’interaction « sexe × catégorie de poids »
(Wilks-λ = 0,93; F = 2,00, dl = 12,680; P = 0,02) et les échelles
du PSI-VSF-ID. Les différentes ANCOVA soulignent
qu’à l’exception de l’échelle d’APP (F = 5,11, dl = 2,345;
P = 0,007), il n’existe pas de différence significative, entre
les garçons et les filles des différentes catégories de poids, au
niveau des échelles d’EGS (F = 0,85, dl = 2,345; P = 0,43),
de VPP (F = 1,69, dl = 2,345; P = 0,19), de CP (F = 0,03,
dl = 2,345; P = 0,97), de CS (F = 1,36, dl = 2,345; P = 0,26),
et de F (F = 1,11, dl = 2,345; P = 0,33). Le test post-hoc
de SNK montre des scores d’APP inférieurs pour les filles
obèses comparativement aux autres groupes (P < 0,001).
Enfin, aucune relation significative n’existe entre les effets
d’interaction « âge × catégorie de poids » (Wilks-λ = 0,93;
F = 0,97, dl = 24,1176.863; P = 0,51), « sexe × âge »
(Wilks-λ = 0,97; F = 0,73, dl = 12,682; P = 0,73) et les
échelles du PSI-VSF-ID.
Discussion
L’objectif de cette étude était d’évaluer les effets du sexe,
de l’âge, de la catégorie de poids et de leurs interactions
sur l’EGS et les perceptions de soi physique d’adolescents
DI. L’effet principal « sexe » montre que les garçons
obtiennent des scores d’EGS et de perceptions de soi
physique supérieurs à ceux des filles (à l’exception de
The Canadian Journal of Psychiatry, Vol 56, No 3, March 2011 W
Les résultats montrent par ailleurs un effet principal « âge »
conforme à la littérature sur les échelles d’EGS, de VPP,
de CS et d’APP15,16. En revanche, ils ne montrent pas
d’effet de cette variable sur la CP et la F, ce qui ne confirme
que partiellement la deuxième hypothèse. L’ensemble
de ces résultats souligne, comme chez les adolescents de
population générale13–16, que l’adolescence joue un rôle
clef dans le développement de l’EGS et du concept de
soi physique chez les adolescents DI. Ainsi, il semblerait
qu’au cours de cette période, les adolescents DI doivent,
comme tout autre adolescent, faire face à de multiples
transformations (corporelles, psychologiques et sociales)
183
Recherche originale
susceptibles de modifier leur concept de soi physique12.
Concernant l’effet principal « catégorie de poids », cette
étude met en avant des niveaux d’EGS, de VPP et d’APP
inférieurs pour les adolescents DI obèses comparés
aux adolescents DI de poids normal ou en surpoids. Ce
résultat marque l’importance du sous-domaine d’APP dans
l’étude de l’obésité. En effet, l’APP est ici le seul sousdomaine révélant une différence significative dans le cas
de l’obésité, que l’on retrouve également au niveau du
domaine général de perception du soi physique (VPP) et
de l’EGS. L’APP constitue donc un sous-domaine du soi
physique particulièrement préoccupant pour les adolescents
DI en situation d’obésité. Par ailleurs, contrairement à
la littérature en population générale33,35, les résultats de
cette étude montrent que chez les adolescents DI, seule la
condition d’obésité semble exercer une influence sur les
perceptions de soi physique. Cette absence de différence
d’auto-évaluation entre les adolescents DI de poids normal
et en surpoids peut s’expliquer par la plus forte proportion
d’adolescents en surcharge pondérale dans cette population
(30,2 %)27. Par conséquent, la stigmatisation habituellement
subie par les adolescents en surpoids de population
générale31 semble être beaucoup moins prégnante dans ce
contexte d’accompagnement, puisque cette situation se
rapproche finalement de la norme27.
Seule l’interaction « sexe × catégorie de poids » laisse
apparaître une différence de niveau d’APP en défaveur des
filles obèses. Ce résultat souligne donc que les filles DI
semblent être davantage affectées par la situation d’obésité
que les garçons DI. Toutefois, aucun effet d’interaction n’a
été observé entre l’âge et la catégorie de poids, et entre le
sexe et l’âge. Conformément à la littérature en population
générale15,17,18, ces facteurs ne fonctionnent pas de manière
cumulative chez cette population.
Les résultats de cette étude méritent d’être nuancés au
regard d’un certain nombre de limites. Premièrement, la
cohérence interne des échelles du PSI-VSF-ID est passable,
laissant supposer qu’une certaine erreur de mesure peut
avoir influencé les résultats.
Deuxièmement, les catégories « surpoids » et « obésité »
étant faiblement représentées dans l’échantillon étudié,
l’effet d’interaction « sexe × âge × catégorie de poids » n’a
pu être vérifié. Ces résultats devraient donc être répliqués
auprès d’une plus grande proportion d’adolescents DI en
surpoids et obèses.
Troisièmement, les résultats de l’effet principal « âge »
reposent exclusivement sur une comparaison transversale et
non longitudinale. Il n’est donc pas possible pour le moment
de savoir si l’EGS et les perceptions de soi physique des
adolescents DI augmentent, diminuent ou se stabilisent
au cours de l’adolescence. Par conséquent, l’analyse des
184
trajectoires d’EGS et du soi physique de personnes DI au
cours de l’adolescence devrait être étudiée ultérieurement.
Quatrièmement, cette étude a été menée auprès
d’adolescents DI scolarisés dans une institution spécialisée.
L’absence d’un groupe d’adolescents DI scolarisés dans
des établissements « traditionnels » ne permet pas de
généraliser ces résultats à cette population et à ce contexte
d’accompagnement. Il serait donc nécessaire de mener
une étude comparative sur l’EGS et les perceptions de soi
physique auprès d’adolescents DI scolarisés dans deux types
de contextes (classe spécialisée c. institution spécialisée).
Cinquièmement, les caractéristiques du contexte
d’accompagnement en milieu institutionnel (durée de
séjour, modalité de séjour : internat c. externat, etc.) n’ont
pu être évaluées et contrôlées statistiquement. Le rôle du
contexte d’accompagnement sur l’EGS et les perceptions
du soi physique des adolescents DI ne peut être établi et
devrait donc être analysé plus précisément dans le futur.
Sixièmement, cette étude ne comporte ni de groupes de
comparaison normatifs, ni de normes issues de la population
générale. Il est par conséquent difficile de qualifier le niveau
d’EGS et de perceptions de soi physique de l’échantillon étudié
et d’identifier d’éventuelles cibles d’intervention parmi cette
population. L’établissement de normes et (ou) la comparaison
des scores d’EGS et de perceptions du soi physique entre des
adolescents de population générale et ceux présentant une DI
seraient une piste de recherche à explorer.
Conclusion
Cette étude est la première à s’intéresser au concept de soi
physique chez les adolescents DI. Elle met en évidence les
effets indépendants du sexe, de l’âge et de la catégorie de
poids sur l’EGS et les perceptions du soi physique, ainsi
que l’effet cumulatif du sexe et de la catégorie de poids.
Toutefois, si les résultats des effets principaux du sexe et de
l’âge sont quasiment conformes à ceux de la littérature en
population générale, ils s’en éloignent pour l’effet principal
de la catégorie de poids. En effet, dans le cadre de cette
étude, seule la situation d’obésité semble être à l’origine
d’une fragilisation de l’EGS, de la VPP et de l’APP chez les
adolescents DI. Ces résultats soulignent la préoccupation
de ces adolescents vis-à-vis de leur réalité corporelle.
Cependant, les conséquences physiques de l’obésité,
renforcées par les faibles perceptions de soi physique qui
y sont associées, risquent de limiter l’engagement et la
participation sociale des adolescents DI dans des activités
physiques et (ou) sportives. En effet, comme précédemment
souligné, les perceptions de soi physique exercent un
rôle central dans l’engagement et le maintien d’une ou
plusieurs activités physiques et sportives4,5,10. L’absence de
dépense énergétique serait donc catastrophique et risquerait
d’inscrire ces adolescents dans le cercle vicieux de
W La Revue canadienne de psychiatrie, vol 56, no 3, mars 2011
Concept de soi physique et adolescents présentant une déficience intellectuelle : effets de l’âge, du sexe et de la catégorie de poids
l’obésité-sédentarité décrit par Berger7. Le développement
d’une obésité chronique risque à terme de créer un véritable
sur-handicap pour cette population.
Remerciements
Nous tenons à remercier les adolescents et le personnel des
établissements spécialisés ayant accepté de participer à cette étude.
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Manuscrit reçu en août 2009, révisé, et accepté en octobre 2010.
1
Docteur en Sciences du mouvement humain, EA 4206 « Conduites
addictives, de performance et santé », Université Montpellier
I, Montpellier, France ; Directeur adjoint, « Institut MédicoEducatif Valfleurs », Croix-Rouge française, Grasse, France.
2
Maître de conférences, Faculté des Sciences du Sport et UMR
6233 « Institut des Sciences du mouvement, Étienne Jules Marey »,
CNRS/Université de la Méditerranée, Marseille, France.
3
Professeur des Universités, Faculté des Sciences du Sport,
Université Montpellier I, Montpellier, France ; Directeur,
EA 4206 « Conduites addictives, de performance et santé »,
Université Montpellier I, Montpellier, France.
Adresse de correspondance : Dr J Bégarie, IME Valfleurs,
46 chemin de l’Orme, 06130 Grasse, France;
jerome.begarie@croix-rouge.fr
Abstract: Physical Self-Concept and Teenagers With Intellectual Disability: Age, Sex, and
Weight Category Effects
Objective: To study the effects of age, sex, weight, and their interactions on global self-esteem
(GSE) and physical self-concept in teenagers with intellectual disability (ID).
Method: A sample of 353 teenagers with ID, aged 12 to 18 years, participated in this study. The
Very Short Form of the Physical Self-Inventory—for adolescents with ID (PSI-VSF-ID) was used
to assess GSE and physical self-perceptions (physical value perceived [PVP], sport skills [SS],
physical condition, physical appearance, and strength).
Results: Multivariate covariance analyses show: (i) lower GSE and physical self levels (except
for PVP) in females, compared with males; (ii) reduced GSE, PVP, SS, and perceived physical
appearance (PPA) scores during adolescence; (iii) lower GSE, PVP, and PPA scores in obese
adolescents, compared with overweight or normal weight peers; and (iv) lower PPA scores in
obese females, compared with other teenagers.
Conclusion: The sex and age results are almost identical to those for the general population,
according to the literature. However, they are far from the main effect in the weight category.
186
W La Revue canadienne de psychiatrie, vol 56, no 3, mars 2011
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