Telechargé par Abderrahim Boussifi

Le fonds monétaire international

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Le fonds monétaire
international (FMI)
Drapeau du FMI
International monetary fund (IMF) in Washington DC
Siège du FMI à Washington
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Le FMI : Quelques dates, chiffres, évènements et personnes
clés :
 Création du FMI : Le 22 Juillet 1944, date de clôture de la conférence monétaire et
financière des nations unies.
 Lieu de la conférence : Une petite localité appelée « Bretton Woods » à l’Etat de « New
Hampshire » aux États-Unis d’Amérique. (On parle ainsi communément de la
conférence de Bretton Woods)
 Date d’entrée en vigueur des statuts du FMI : Le 27 décembre 1945.
 Date de début d’activité du FMI : Le 1er mars 1947.
 Premier prêt du FMI : Octroyé à la France le 8 mai 1947 pour un montant de 25 millions
de dollars américains.
 Nombre de pays participants à la conférence : 44 pays, chacun représenté par une
délégation.
 Nombre de pays ayant ratifié les statuts du FMI au départ : 39 pays (L’Australie, la
Nouvelle-Zélande, le Liberia, Haïti, et l’URSS ne les ont pas ratifiés alors que leurs
délégations assistaient à la conférence).
 Nombre de pays membres actuellement (décembre 2008) : 185 pays.
 Fonds (réserves) détenus par le FMI au départ : 7,7 milliards de dollars.
 Fonds (réserves) détenus par le FMI à fin mars 2008 : 354,3 milliards de dollars (217,4
milliards de DTS).
 Effectifs d’employés : Environ 2700 personnes originaires de 165 pays différents.
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 Directeur général actuel : Le français Dominique Strauss-Kahn (à partir du 1er
novembre 2007).
 Personnages clés : L’anglais John Maynard Keynes, son disciple Dennis Robertson, le
secrétaire américain au trésor Henry Morgenthau et l’économiste au département du
trésor américain Harry Dexter White.
 Principales interventions du FMI :

1997 : Lors de la crise économique asiatique.

1998 : Lors de la crise financière russe et la crise économique mexicaine.

1998 : Lors de la crise financière brésilienne.

2000 : Lors de la crise économique Turque.

2001 : Lors de la crise économique argentine.
 Principaux prêts accordés par le FMI :
3
Actualité du FMI :
 Le 13 février 2009 : Le FMI signe un accord d'emprunt de 100 milliards de dollars
avec le Japon.

Le 13 février 2009 : Haïti obtient du FMI un nouveau financement de 36 millions
de dollars.
 Le 14 février 2009 : Le Directeur général du FMI déclare miser sur un doublement
des ressources du FMI, à 500 milliards de dollars EU.
 Le 14 février 2009 : Le FMI s’engage à prêter quelques 50 milliards de dollars EU
à plusieurs pays touchés par la crise (Belarus, Hongrie, Islande, La Lettonie, Le
Pakistan, La Serbie, L’Ukraine…)
 Le 18 février 2009 : Le directeur général du FMI a estimé que les banques
centrales ne devaient plus être "seulement responsables" de la masse monétaire et
de l'inflation mais aussi "de la stabilité macroéconomique".
 Le 19 février 2009 : La chancelière allemande Angela Merkel a dit que
l'Allemagne est prête à aider des pays d'Europe de l'Est en difficulté financière via
le FMI.
 Le 22 février 2009 : Les Européens du G20 veulent 500 milliards de dollars pour le
FMI, a déclaré le Premier ministre britannique Gordon Brown. « La somme
permettra au FMI non seulement de gérer les crises quand elles se produisent mais
aussi de les éviter », a-t-il expliqué.
 Du 11 au 25 février 2009 : Une mission du FMI a séjourné à Lomé en vue des
discussions dans le cadre des consultations au titre de l'Article IV pour l'année
2009 et de la deuxième revue du programme du gouvernement appuyé par un
accord conclu au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la
croissance (FRPC).
 Le 28 février 2009 : Les ministres africains des Finances discutent en Ethiopie du
renforcement de la participation de l'Afrique dans les institutions de Bretton
Woods, la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI).
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Introduction :
L’accroissement considérable et continu du volume des échanges commerciaux
internationaux au cours du 19ème siècle a rendu nécessaire la mise en place d’un ensemble de
règles, formelles ou informelles, régissant les différents types de règlements internationaux
qui découlent de ces échanges. L’objectif étant de faciliter les transactions commerciales
entre les pays coéchangistes, d’effectuer les paiements dans des conditions favorables au
développement des échanges et de favoriser les investissements à l’étranger.
Ainsi, un vrai système monétaire international s’est mis en place progressivement vers la fin
du 19ème siècle même si aucun accord international n’ait été encore en vigueur.
Le système de l’étalon-or a cédé la place à un nouveau système monétaire en 1944 donnant
lieu à la naissance du fonds monétaire international (FMI), de la banque internationale pour
la reconstruction et de développement (BIRD) et des accords généraux sur les tarifs
douaniers et le commerce (GATT) ; la banque des règlements internationaux (BRI) existait
déjà en 1930.
Étant donné l’importance cruciale du système de change dans toute libéralisation du
commerce mondiale, le FMI s’est vu chargé principalement de garantir la stabilité de ce
système et d’éviter le retour des dévaluations compétitives auxquelles ont été livrés
beaucoup de pays à la suite de la grande dépression de 1929 et qui ont conduit à la ruine de
l’économie mondiale et à l’éclatement de la deuxième guerre mondiale.
Or, le démantèlement du système monétaire international fondé sur la fixité des taux de
change en 1971 et l’adoption des accords de la Jamaïque en 1976 donnant lieu à un
deuxième amendement des statuts du FMI, constitue un véritable tournant dans le rôle
dévolu à cette institution qui demeure cependant essentiel à la stabilité du système
monétaire international.
Après 1976, et avec le passage définitif au système de changes flottants, le FMI est devenu
plus un agent de régulation financière et d'aide aux pays en développement, chargé de
permettre à ces pays de surmonter des crises temporaires de financement de leur déficit de la
balance des paiements.
Au fil de ces trente dernières années, et suite à la vulnérabilité croissante du système
financier international, le fonds est de plus en plus appelé à jouer un rôle de gendarme
financier international en prévenant les crises systémiques, en œuvrant à les éviter et en
participant à l’atténuation de leurs effets quand il n’est pas possible de les éviter.
Force est, cependant, de reconnaître que la crise financière de 2008 et la forte récession
économique mondiale qui s’en est suivie, témoignent de l’incapacité du FMI et des autres
institutions financières internationales à prévenir ce genre de crises.
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Beaucoup de voix commencent donc à se faire entendre en demandant une réforme radicale
du système financier international et plus particulièrement du FMI. Certains, vont même
plus loin en demandant le retour à la proposition de Keynes.
I° Le système monétaire international (SMI) – Aperçu historique :
A° Qu’est-ce qu’un SMI ?
1° Pourquoi un SMI ?
Il est tout à fait évident que chaque échange de biens (à l’exclusion du troc), qu’il soit à l’intérieur
d’une nation ou au niveau international, nécessite l’intervention d’une monnaie. Mais, qui garantit
que la monnaie utilisée atteint l’objectif de régler la dette née de l’échange ?
 Au niveau national, aucun problème ne se pose. C’est la confiance qu’ont les agents dans
leur monnaie nationale qui en garantit l’usage. Cette confiance est inspirée du cours forcé
dont elle jouit par la loi (monnaie fiduciaire).
 Mais sur le plan international, les agents provenant de pays différents ne sont pas tenus
d’accepter n’importe quelle monnaie du fait qu’ils n’y ont pas toujours confiance.
Un européen qui vient à Marrakech passer ses vacances et désire y vendre sa voiture, est-il
obligé de faire confiance à la monnaie marocaine et accepter de se faire payer en dirhams ?
S’il compte encore y rester pour quelque temps et dépenser tout son argent, il peut accepter
les dirhams sans que cela lui pose problème. Mais s’il compte revenir immédiatement chez
lui ou envoyer son pactole à ses proches, il va certainement demander d’être payé en euros
sauf si le dirham marocain est accepté en paiement partout dans le monde, c'est-à-dire, sauf
si le dirham est une monnaie internationale.
Autrement dit, les étrangers qui nous exportent ne sont pas tenus d’accepter notre monnaie
car ils n’y font pas nécessairement confiance.
Trois grandes questions peuvent dès lors être posées :
 Combien de dirhams doit céder un « bahja », désirant acheter la voiture de l’étranger, pour
obtenir le nombre d’euros demandés par celui-ci ? Supposant que les deux se sont convenus
sur un prix de 8.950 euros. Si le marocain doit céder 89.500 dirhams en échange, on dira
simplement que 1 euro = 10 dirhams. C’est le taux de change de l’euro exprimé en
dirhams.
La réponse à cette question consiste donc à établir des parités entre les différentes monnaies
du monde. C’est un régime de change ou un système de change.
 Comment, pour éviter le recours dans chaque transaction à la monnaie du pays considéré et
alléger le coût de gestion des réserves de change, choisir une monnaie acceptée dans toutes
les transactions ?
La réponse à cette question consiste à mettre en place une institution à vocation
internationale qui crée une monnaie particulière à laquelle font confiance tous les agents
des différents pays du monde. C’est la monnaie internationale.
 Comment éviter des éventuelles situations de dérapage dans lesquelles des pays peuvent se
trouver en cessation de paiement envers leurs partenaires commerciaux et mettre en danger
les échanges commerciaux dans leur globalité ?
La réponse à cette question consiste à mettre en place des mécanismes de régulation
préventive et curative assurant un développement harmonieux et sain des échanges
commerciaux et une sécurité des transferts des capitaux qui en découlent. Objectif qui ne
peut être atteint sans l’existence d’une organisation à vocation internationale jouant le rôle
d’un gendarme du système et d’un prêteur en dernier ressort.
Répondre à ces trois questions, c’est mettre en place un système monétaire international (SMI).
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2° Essai de définition :
Le système monétaire international (SMI) peut être défini comme l’ensemble de pratiques, de
règles, de mécanismes et d’institutions visant à organiser, contrôler et réguler les transferts
monétaires internationaux en définissant un régime de change et une monnaie internationale.
3° Principales fonctions du SMI :
Un SMI assure trois fonctions principales :
 Il établit les règles permettant de passer d’une monnaie à une autre en définissant les parités
de celles-ci et les conditions de variation de ces parités. Par cette fonction, le SMI facilite
les différents transferts de capitaux entre nations.
 Il assure à chaque pays, en cas de besoin, l’approvisionnement en monnaie internationale à
des fins commerciales et financières. Par cette fonction, le SMI assure l’ajustement des
soldes des balances des paiements des pays participants aux échanges et évite la cessation
des paiements à laquelle peuvent être exposés ces pays (Rôle joué par le prêteur en
dernier ressort).
 Il assure le bon fonctionnement de ces règles et mécanismes via des institutions
spécialisées.
B° Le système d’étalon-or ou Gold specie standard (1876 – 1914) :
Les traits caractéristiques suivants peuvent marquer ce système :
1° Au niveau national :
 La banque centrale détient un stock d’or qui constitue le fondement du caractère fiduciaire
de la monnaie.
 Les billets de banque créés le sont, en principe, en proportion du stock d’or. Ce dernier est
l’équivalent de la masse monétaire.
 L’Etat détermine librement l’équivalent en or de sa propre monnaie suivant le stock d’or
que détient sa banque centrale.
 Les billets de banque sont donc librement convertibles en or.
2° Au niveau international :
 L’or est l’instrument international de paiement. Il circule librement entre les pays et
représente la masse monétaire mondiale.
 Les parités entre les monnaies sont fixes.
 Les devises sont convertibles en or.
 Un lien étroit existe entre le stock d’or d’un pays et le volume de son commerce extérieur.
La masse monétaire d’un pays varie au gré des variations se produisant dans les réserves
d’or que le pays accumule lors de ses échanges avec les autres pays.
 La balance des paiements d’un pays s’équilibre selon un mécanisme autorégulateur.
Le système d’étalon-or s’est effondré suite à l’éclatement de la première guerre mondiale pour les
causes suivantes :
 Les pays belligérants ont suspendu la convertibilité de leur monnaie en or.
 Le lien théorique entre les réserves d’or et la masse monétaire est supprimé.
 Les dépenses de guerre ont été financées par une augmentation de la masse monétaire.
Le résultat a été une forte inflation et des dévaluations successives des monnaies des pays en
question.
C° Le système d’étalon de change-or ou Gold exchange standard (1922 – 1931) :
La période 1918 – 1922 était une période d’instabilité monétaire qui rendait difficile la
réinstauration du SMI d’avant la guerre.
Après plusieurs initiatives de rétablissement du système monétaire, le système d’étalon de changeor a été adopté lors de la conférence de Gênes tenue entre le 10 avril et le 19 mai 1922 en Italie.
Deux catégories de pays ont été distinguées :
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 Pays disposant de réserves importantes en or (En particulier les États-Unis et la Grande
Bretagne) :
 Ces pays peuvent continuer à convertir leur monnaie en or. Mais cette convertibilité n’est
pas permise aux nationaux, elle n’est possible que sur le plan international entre les banques
centrales.
 Les banques centrales continuent donc à effectuer leurs règlements réciproques au moyen de
l’or.
 Pays ayant un manque cruel en réserves d’or (pays participants à la guerre) :
Ces pays peuvent constituer des réserves à la fois en or et en devises fortes qui sont le dollar et la
livre sterling.
Le système d’étalon de change-or est marqué par les traits suivants :
 Maintien de la valeur-or des monnaies, assurée par les réserves d’or détenues par les
banques centrales.
 Possibilité de créer un marché libre d’or dans un pays où la monnaie est librement
convertible en or, ce pays devient un centre-or et sa monnaie une devise-clé.
 Le dollar américain et la livre sterling (en moindre mesure) sont des monnaies de référence.
Autrement dit, elles jouent toutes les deux le rôle de monnaie internationale, de devise-clé.
(Le dollar l’est devenu en 1922, La livre sterling en 1925 et le franc français en 1928)
 Les deux monnaies sont définies par rapport à un poids d’or et restent convertibles en or.
 La convertibilité en or des monnaies est limitée aux lingots (1 kg), l’or disparaît de la
circulation monétaire et il est réservé aux transactions internationales : gold bullion
standard.
 Les monnaies des autres pays sont définies par rapport au dollar ou à la livre sterling
(indifféremment) et par conséquent de manière indirecte par rapport à l’or.
Suite à la crise de 1929, des dévaluations compétitives successives ont été effectuées et ont abouti à
la ruine du SMI. La grande Bretagne a été obligée de supprimer la convertibilité de la livre sterling
en or en 1931 suivi par les États-Unis en 1933. Le SMI a connu depuis, (jusqu’en 1944) une période
d’anarchie totale et aucune monnaie ne joue dorénavant le rôle de monnaie internationale.
D° Le système de Bretton Woods ou étalon de change-dollar (1944 – 1971) :
Après la 2ème guerre mondiale les États-Unis, grand gagnant et pays militairement et
économiquement le plus fort au monde, étaient pressés pour établir un SMI qui concrétise cette
situation de domination et assurer la pérennité de cette hégémonie.
Le système monétaire international de Bretton Woods devait alors répondre à trois questions :
 Doit-il y avoir une monnaie internationale ? Si oui, laquelle : L’or, une monnaie nationale
d’un pays ou une nouvelle monnaie ?
 Comment définir la valeur de chaque monnaie nationale par rapport aux autres monnaies ?
 Qui exercera un contrôle concernant le respect des engagements pris par les pays
membres ?
Les réponses proposées à ces trois questions visaient à atteindre les objectifs suivants :
 Élaborer de nouvelles règles qui garantissent la convertibilité des monnaies entre elles à des
taux fixes.
 Assurer le financement du commerce international et des mouvements internationaux de
capitaux.
 Créer une institution internationale qui va veiller à l’application de ces nouvelles règles et
garantir l’approvisionnement en liquidité internationale.
Deux plans différents ont été proposés aux délégations présentes à la conférence de Bretton Woods
(En réalité, les négociations ont été entamées à partir de 1940 entre américains et britanniques et le
projet américain faisait déjà l’objet d’un consensus avant la conférence) :
1° Le plan britannique élaboré par J M Keynes :
Pour Keynes, l’objectif principal du SMI est d’assurer que la monnaie obtenue par la vente de
marchandises (au sens large) à un pays donné puisse servir pour acheter des marchandises de tout
autre pays. Il préconise donc :
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1. La création d’une monnaie internationale « le bancor ». Cette dernière est une véritable
monnaie fiduciaire qui n’est liée ni à une réserve d’or ni à un déficit de la balance des
paiements d’un pays.
2. La création d’une institution financière de régulation, sorte d’une banque internationale
(banque des banques centrales) qu’il a appelé « International clearing house ». C’est cette
dernière qui va émettre le « bancor » et détenir les comptes courants des pays participants
aux échanges.
3. Le « bancor » est défini par rapport à l’or mais il est non convertible en or.
2° Le plan américain élaboré par H D White
En 1944, les États-Unis sont au sommet de leur puissance et exercent leur hégémonie tant sur le
plan économique que sur le plan militaire. Ils réalisent la moitié de la production industrielle
mondiale, ils sont les premiers exportateurs de marchandises et de capitaux dans le monde et ils
détiennent les trois quarts du stock d’or mondial. Il est donc tout à fait normal que « Bretton
Woods » viendra pour consacrer leur domination. Le plan américain sera la base du nouveau SMI.
Ce dernier est marqué par les traits suivants :
1. Toutes les monnaies sont convertibles en dollar américain lui-même convertible en or à
raison de 1 once d’or = 35 $ (1$ = 0,888 gramme d’or). La conversion ne peut être
demandée que par les banques centrales. Le dollar américain devient ainsi, avec l’or, la
monnaie des transactions internationales.
2. Les taux de change entre les différentes monnaies sont fixes. Toutefois, les parités peuvent
varier de +/- 1% à court terme. À long terme, la parité est ajustable avec l’accord du FMI,
pour raisons structurelles.
3. Chaque pays est tenu de défendre la parité officielle de sa monnaie en intervenant sur le
marché de change.
4. Un organisme, le Fonds Monétaire International (FMI), est créé pour assurer la stabilité des
taux de change et du système en général. Il prête eux pays en difficulté et veille au respect
des engagements.
E° L’effondrement du système de Bretton Woods (1971 – 1976) :
Le SMI de Bretton Woods a fonctionné d’une façon satisfaisante jusqu’au milieu des années 1960
(il est cependant utile de signaler que la stabilité des taux de change est fort relative. En 1948, la
France dévalue sa monnaie, tandis qu’on 1949 la Grande Bretagne réduit la valeur de la livre de
30% sans que le FMI n’intervienne pratiquement). Depuis, il est entré en crise avant de s’effondrer
en 1971 et d’être définitivement enterré en 1976.
1° Causes de la crise :
Plusieurs causes ont contribué à la crise du système. Outre ses propres contradictions, il faudrait
souligner le déficit croissant de la balance des paiements des États-Unis, l’avènement du marché
des eurodollars et les spéculations contre la monnaie américaine.
1-1° Les contradictions du système – Le dilemme de Triffin :
Le système de Bretton Woods portait en lui-même les germes de sa propre destruction. Parmi ses
contradictions, il y a lieu de souligner les deux plus importantes : la première a trait au problème de
régulation des liquidités qui irriguent les échanges internationaux ; la seconde est relative aux
avantages exorbitants que tire du système le pays dont la monnaie nationale sert de monnaie
internationale à savoir les États-Unis.
a. Le problème de régulation des liquidités :
Les accords de Bretton Woods n’avaient pas défini un moyen permettant l’accroissement des
liquidités internationales en fonction des besoins des échanges internationaux et de l’économie
mondiale.
Les seuls moyens de paiements internationaux prévus par les statuts du FMI sont les droits de tirage
sur le fonds. Pour chaque pays, ces droits sont déterminés par sa quote-part et ne sont donc pas
élastiques. Certes, les statuts prévoient la possibilité d’augmenter les quotes-parts. Mais, ces
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augmentations, outre qu’elles ne sont pas automatiques, ne peuvent intervenir que dans des
intervalles déterminés. Bref, les augmentations des liquidités internationales ne sont pas liées à leur
pénurie.
Dans les faits, c’est le déficit de la balance des paiements américains qui a constitué la véritable
source des liquidités internationales. Mais, comme l’avait mis en évidence R. Triffin, cette pratique
n’a pas manqué de placer les États-Unis devant un dilemme :
1. Ou bien ils laissent subsister le déficit de leur balance des paiements pour alimenter
l’économie mondiale en liquidités. C’est alors leur crédit qui, tôt ou tard, sera entamé du
fait du déséquilibre croissant entre les réserves d’or qui sont stables ou diminuent même et
une dette convertible en or qui, elle, ne cesse de croitre.
1946
1960
1965
1970
1972
Évolution contrastée du stock d’or américain
et des dollars détenus à l’étranger
(en milliards de dollars)
Stock d’or (A)
Dollars détenus à
l’étranger (B)
20,7
6,1
18,8
18,7
14,1
24,8
11,1
41,4
10,5
61,0
B/A
0,30
0,99
1,75
3,72
5,80
Source : FMI, Statistiques financières internationales
2. Ou bien ils cherchent à rendre leur balance des paiements excédentaire. Ce qui aura pour
effet de réduire les réserves en or et en dollars du reste du monde et alors c’est le commerce
international qui risque d’être entravé.
Les États-Unis ont opté pour la première possibilité.
b. Le privilège exorbitant des États-Unis :
Ce privilège a permis aux États-Unis d’importer plus qu’ils n’exportent, d’investir à l’étranger, de
financer la guerre de Corée (1950-1953) puis la guerre du Viêt-Nam (1965-1975) à crédit et
d’accroitre ainsi le nombre des dollars américains détenus à l’étranger. Et plus les dollars
s’accumulaient dans les coffres des autres pays, plus la possibilité de les convertir en or diminuait et
la confiance dans le dollar s’estompait peu à peu. C’est la contradiction essentielle du système de
Bretton Woods et la cause de son effondrement.
1-2° Le déficit de la balance des paiements américaine :
En 1971, la balance commerciale des États-Unis est déficitaire et ce pour la première fois depuis
1893. À l’origine de la dégradation de la balance des paiements américaine, on trouve les facteurs
suivants :
 Les dépenses militaires gigantesques effectuées pour financer la guerre de Corée et celle du
Viêt-Nam et l’inflation que ces dépenses improductives ont entraîné aux États-Unis.
 Les dépenses nécessaires au maintien des forces aériennes, navales ou terrestres sur une
grande partie du globe et à l’assistance militaire et économique apportées par les États-Unis
aux pays qu’ils protègent.
 Les sorties de capitaux à titre d’investissements directs américains à l’étranger (implantation
des firmes multinationales à l’extérieur).
 L’affaiblissement de la position concurrentielle du pays face à la remontée de l’Europe et du
Japon et l’achèvement de leur construction occasionnant une détérioration conséquente de la
balance commerciale.
1-3° Le développement du marché des eurodevises :
Une véritable novation s’est produite dans la seconde moitié des années cinquante : La naissance
des marchés de capitaux internationaux (le marché des eurodevises, eurodollars, xénodevises). Le
développement de ces marchés allait affecter les conditions de fonctionnement du système
monétaire international.
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1-4° L’extension des activités spéculatives :
En octobre 1960, le dollar fait l’objet d’une première attaque spéculative. Les banques centrales étrangères
demandent la convertibilité de leurs dollars en or ; les particuliers de leur côté, hésitent à conserver leur
dollars et préfèrent acquérir de l’or sur le marché libre, ce qui en fait augmenter le prix, alors que le système
en suppose la fixité.
Face à ces difficultés, et sous la pression des Etats-Unis, la grande Bretagne, la république fédérale
allemande, la France, la Belgique et les Pays-Bas constituent « le pool de l’or » qui va disparaître en mars
1968.
Ensuite en 1968, un double marché est instauré pour l’or : un marché libre, où le prix de l’or varie selon
l’offre et la demande, et un marché « officiel » entre les banques centrales, où l’or se paie 35 dollars l’once.
Ce compromis mit fin pratiquement à la convertibilité du dollar.
2° L’abandon de la convertibilité du dollar :
Les tableaux ci-après indiquent bien que les Américains n’avaient plus la possibilité d’honorer leurs
engagements envers les détenteurs des dollars. Entre 1955 et 1960, ils étaient devenus des débiteurs, alors
qu'en 1945, ils étaient les créanciers universels.
Engagements américains (en milliards de dollars)
Engagements extérieurs liquides (E)
Or détenu
1955
22.9
1960
19.4
1965
15.4
1967
12.1
1969
11.9
1970
11.1
Engagements vers banques centrales
Engagements vers porteurs privés
8.3
4.8
11.1
7.6
15.4
11.5
15.7
15.8
12.0
28.2
20.0
21.8
Engagements vers organisations internationales
0.5
2.3
2.3
1.7
1.7
1.4
-
-
0.5
2.6
2.6
3.9
13.6
9.3
21.0
-1.6
29.7
-14.3
35.8
-23.7
44.5
-32.6
47.1
-36.0
Autres Engagements
Total des engagements
Solde net (Or - E)
Sources: M. Rudloff, Économie internationales: itinéraires et enjeux, Paris, Cujas, 1982, page 253.
Les montants en bons du trésor américain détenus en dehors des États-Unis
(en milliards de dollars)
Année
Montants
1965
13.3
1970
19.7
1971
46.0
1975
65.5
1976
78.1
1980
134.3
Source: Dossiers et documents du Monde, numéro III, mai 1984
Le 15 août 1971, le Président des États-Unis Richard Nixon a pris unilatéralement la décision historique
de suspendre officiellement la convertibilité du dollar en or.
La réaction à cette décision américaine fut l’ouverture de négociations à l’intérieur du groupe des dix.
L’accord de Washington, dit de Smithsonian, conclu le 18 décembre 1971, a été le résultat de ces
négociations. Ses stipulations principales étaient :
 La dévaluation du dollar (38 dollars l’once d’or au lieu de 35) et le réalignement des autres
monnaies.
 L’élargissement des marges de fluctuations (+ou – 2,25% au lieu de 1%).
 La condamnation du principe des taux de changes flottants.
Mais la fièvre spéculative a repris à nouveau. D’abord contre la livre sterling dont le flottement a été
finalement décidé en juin 1972. Ensuite contre le franc suisse qui a commencé à flotter à partir de
janvier 1973. Sur le marché libre, l’or avait atteint en février 89 dollars. Le 13 février, les Etats-Unis
dont la balance des paiements avait, au début de 1973, atteint un déficit record ont dévalué à nouveau le
dollar de 10%. Du 2 au 19 mars 1973, les marchés de change ont été fermés. A leur ouverture, les
monnaies flottaient librement.
3° Les accords de la Jamaïque et la fin du SMI de Bretton Woods :
11
Les 7 et 8 janvier 1976, l’assemblée générale du FMI a tenu une réunion à la capitale jamaïcaine
Kingston et qui s’est soldée par des « accords de la Jamaïque » mettant un terme définitif au SMI de
Bretton Woods et donnant lieu à un deuxième amendement des statuts du FMI dont l’entrée en vigueur
était fixée en avril 1978. Ces accords ont officialisé le système des taux de changes flottants et mettent
fin au régime des parités fixes ajustables. Il ne s'agit en fait que d'une régularisation, les monnaies
flottant depuis mars 1973.
Les accords de la Jamaïque s'appuient sur trois dispositions essentielles :
 Abandon du système des taux de changes fixes et la légalisation du nouveau système des taux de
change.
 Rôle de surveillance attribué au FMI.
 Élimination du rôle de l'or au sein du SMI et place prépondérante accordée aux Droits de tirage
spéciaux (DTS). On parle de la démonétisation de l’or.
Les accords de la Jamaïque auront permis au FMI de perdurer administrativement alors qu'il a perdu le
rôle réel et central que lui attribuaient les accords de Bretton Woods.
F° Le SMI d’après 1976 ou le système des changes flottants :
Le SMI d’après 1976 consacre le dollar comme monnaie du système. Les autorités américaines sont
dorénavant libres d’émettre des dollars sans être soumises à aucune contrainte extérieure, comme celle de
convertir le dollar en une quantité fixe d’or.
Cela a entraîné une forte instabilité du dollar sur le marché des changes. Les fluctuations de la monnaie
américaine ont perturbé sérieusement l’économie mondiale. Ainsi, l’appréciation du dollar après 1979 a eu
des effets désastreux pour les pays en voie de développement endettés ; ceux-ci ont vu bondir à des niveaux
insupportables la valeur de leur dette en monnaie nationale (libellée en devises) et leurs paiements annuels en
capital et intérêts. Ce qui a contribué à l’éclatement de la crise d’endettement en 1982.
Le SMI actuel est essentiellement marqué par :
1. Le flottement libre des taux de change selon l’offre et la demande et l’instabilité du système qui peut
en découler.
2. La montée en puissance de la zone euro et le rôle accru que joue ce dernier dans le système
monétaire international actuel.
3. La privatisation du système monétaire international et le rôle accru des marchés financiers
aboutissant de plus en plus à l’instabilité et la vulnérabilité du système.
II° Le fonctionnement du fonds monétaire international :
A° La raison d’être du FMI :
Les objectifs du FMI figurent dans l’article premier de ses statuts. Il est appelé à :
1. Promouvoir la coopération financière internationale.
2. Faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce international.
3. Promouvoir la stabilité des changes, maintenir entre les Etats membres des régimes de change
ordonnés et éviter les dépréciations compétitives.
4. Aider à établir un système multilatéral de règlement des transactions courantes entre les Etats
membres.
5. Éliminer les restrictions de change qui entravent le développement du commerce mondial.
6. Mettre, temporairement, à la disposition des pays membres les ressources générales du Fonds,
leur fournissant ainsi la possibilité de corriger les déséquilibres de leurs balances des paiements
sans recourir à des mesures préjudiciables à la prospérité nationale ou internationale.
7. Conformément à ce qui précède, abréger la durée et réduire l'ampleur des déséquilibres des
balances des paiements des Etats membres.
Le rôle dévolu au FMI peut être appréhendé en distinguant deux phases de son évolution :
1° De la création à 1976 :
Pendant cette période le FMI était principalement chargé de :
 Assurer la stabilité des taux de change dans le cadre du régime de changes fixes en mettant fin
aux fréquentes dévaluations compétitives.
 Assurer la libre convertibilité des monnaies en éliminant les restrictions de change.
2° Après 1976 :
12
Après l’adoption du système de changes flottants, le rôle du FMI a connu un fléchissement relatif, il assure
dorénavant les principales fonctions suivantes :
 Il suit l’évolution de la situation et de la politique économiques et financières dans les États membres
ainsi qu’au niveau mondial et donne des conseils aux États membres dans le domaine économique et
financier.
 Il accorde des prêts aux États membres qui ont des difficultés de balance des paiements. La création
des droits de tirage spéciaux (DTS) consolide ce rôle en permettant au FMI de se comporter comme
une banque centrale en créant ou en retirant des liquidités selon la situation économique mondiale.
 Il fournit aux administrations publiques et à la banque centrale des États membres une assistance
technique et une formation dans les domaines qui relèvent de sa compétence. L’aide aux PECO
(pays d'Europe centrale et orientale) et de la Russie dans la transition vers l’économie de marché
s’est accélérée depuis 1990. Le FMI devient l’instrument de défens du libéralisme (consensus de
Washington).
 Il intervient en cas de crise du système financier international (crise systémique).
B° Organes du FMI : (voir organigramme du FMI)
15
1° Le conseil des gouverneurs :
Le Conseil des gouverneurs, instance suprême de décision du FMI, se compose d'un gouverneur et d'un
gouverneur suppléant pour chacun des pays membres. Le gouverneur est en général le ministre des finances
ou le gouverneur de la banque centrale du pays visé. Le Conseil des gouverneurs est investi de la plupart des
pouvoirs du FMI, et peut déléguer certaines de ses compétences au Conseil d'administration, à l'exception
toutefois des pouvoirs réservés. Il se réunit d'ordinaire une fois l'an.
Les principales questions concernant le système monétaire international sont examinées deux fois par an par
un Comité des gouverneurs appelé le Comité monétaire et financier international, ou CMFI (connu
jusqu'en septembre 1999 sous le nom de Comité intérimaire).
2° Le conseil d’administration :
La gestion des affaires courantes est assurée par le Conseil d'administration, où sont représentés les 185 pays
membres. Les pouvoirs qu’il exerce lui sont conférés par le Conseil des gouverneurs.
Il se compose de 24 administrateurs désignés ou élus par un pays membre ou par un groupe de pays
membres. Le Conseil se réunit en général plusieurs fois par semaine et s'appuie largement, dans ses travaux,
sur les documents préparés par la direction et les services du FMI.
Le Directeur général est choisi par le Conseil d'administration, dont il est le Président. Il est aussi le chef
des services du FMI et gère les affaires courantes sous la direction du Conseil. Son mandat, d'une durée
initiale de cinq ans, est renouvelable. Le Directeur général est aidé dans ses fonctions par le Premier
Directeur général adjoint et par deux Directeurs généraux adjoints.
Les cinq principaux actionnaires du FMI — États-Unis, Japon, Allemagne, France et Royaume-Uni — ont
chacun leur administrateur, tout comme la Chine, la Russie et l'Arabie Saoudite. Les 16 autres
administrateurs sont élus pour deux ans par des groupes de pays.
C° Les ressources financières du FMI :
La grande partie des ressources qui servent aux opérations de prêt du FMI sont fournies par les Etats
membres :
 Soit lors des souscriptions initiales de leurs quotes-parts.
 Soit lors des augmentations ultérieures de ces quotes-parts.
 Soit à l’occasion des prêts qu’ils accordent au Fonds.
Ressources du FMI en chiffres
(Situation à la fin février 2008)
Total des quotes-parts :
362 milliards de dollars EU
Total des ressources utilisables :
267 milliards de dollars EU
Capacité d'engagement du FMI à un an :
206 milliards de dollars EU
Encours des crédits non concessionnels :
10 milliards de dollars EU
Encours des crédits concessionnels :
6,1 milliards de dollars EU
Avoirs en or :
103,4 millions d'onces d'or fin
1° Le système des Quotes-parts :
13
Les souscriptions aux quotes-parts assurent au FMI l'essentiel de ses ressources financières. Chaque
pays membre se voit attribuer une quote-part, en principe proportionnelle à son poids dans
l'économie mondiale.
La quote-part d’un pays sert de base à la définition de toutes ses relations avec le fonds :
1. La souscription : La quote-part détermine la contribution maximale du pays au « capital »
du Fonds.
2. Le nombre de voix (droits de vote) : La quote-part du pays détermine son poids dans la
prise de décision du Fonds.
3. L’accès au financement : La quote-part détermine aussi le montant des prêts que le Fonds
peut accorder au pays considéré.
4. L’allocation des DTS : En fin, la quote-part détermine la proportion de DTS attribué à
chaque pays membre.
Chaque pays doit s’acquitter intégralement de sa souscription. Cette dernière se fait :
 Avant la création des DTS, en versant 25% au moins de la quote-part en or et 75% en
monnaie nationale.
 Après la création des DTS, en réglant 25% au moins en devises, ou/et en DTS et 75% en
monnaie nationale.
Une révision des quotes-parts a lieu au moins tous les cinq ans. La quatorzième révision a eu lieu en
janvier 2008 et n’a pas modifié les quotes-parts. Cependant, une augmentation de celles-ci a eu lieu
en mars 2008 les ayant porté 217,4 milliards de DTS (environ 358 milliards de dollars EU).
Quotes-parts des principaux contributeurs (fin mars 2008)
Quotes-parts
Etats-Unis
17,09%
Japon
6,13%
Allemagne
5,99%
France
4,94%
Grande-Bretagne
4,94%
Chine
3,72%
Italie
3,25%
Canada
2,93%
Russie
2,74%
Pays-Bas
2,38%
Belgique
2,12%
Inde
1,91%
Mexique
1,45%
Espagne
1,40%
Brésil
1,40%
Corée du Sud
1,35%
Afrique du Sud
0,86%
Turquie
0,55%
14
Le 28 avril 2008, le Conseil des Gouverneurs du Fonds monétaire international (FMI) a adopté une
réforme de grande envergure de la gouvernance de l'institution. Des modifications sont apportées à
la structure des quotes-parts et des parts des voix attribuées pour renforcer la participation et la
représentation des pays émergents et des pays en développement, tout en réalignant les quotes-parts
relatives des membres sur le poids et le rôle de chacun d'eux dans l'économie mondiale.
Outre les modifications de la structure des quotes-parts, l'ensemble de réformes recommandé par le
Conseil d'administration du FMI le 28 mars, augmentera la part des voix attribuées à plus des deuxtiers des 185 pays membres du FMI. Il renforcera aussi la représentation et la participation des pays
à faible revenu en triplant le nombre des voix de base — pour la première fois depuis la création de
l'institution en 1944 — et permettra à chacun des deux administrateurs représentant les pays
africains de nommer un second administrateur suppléant.
2° Les Emprunts :
Le FMI dispose de deux mécanismes permanents d'emprunt dont la capacité totale est de 34 milliards de
DTS (environ 55 milliards de dollars EU). Si le FMI estime que sa capacité d'engagement pourrait être
insuffisante pour répondre aux besoins de ses Etats membres, en cas de crise financière grave par exemple, il
peut recourir à ces mécanismes. Ils ont été reconduits en 2007 pour une période de cinq ans à compter de
2008. Le FMI peut même emprunter auprès des agents privés (il n’a jamais usé de cette possibilité).
Ces accords d’emprunts sont :
1. Les Accords généraux d'emprunt (AGE) : Ce sont des lignes de crédit permanentes financées par
les pays industrialisés (ou leurs banques centrales) pour intervenir en cas de détérioration du
système monétaire international. Le montant total des crédits pouvant être mis à la disposition du
FMI au titre des AGE se chiffre à 17 milliards de DTS (environ 25 milliards de dollars EU),
auxquels s'ajoute 1,5 milliards de DTS prévu par l'accord associé avec l'Arabie Saoudite. Ces
accords remontent à 1962 et ont été reconduits neuf fois, le plus récemment en novembre 2002 pour
une période de cinq ans à compter de décembre 2003. En réponse aux pressions croissantes qui se
sont exercées sur les ressources du FMI du fait de la crise financière en Amérique latine en 1982, les
AGE ont été réexaminés en 1983. Cet examen a donné lieu à une augmentation substantielle des
lignes de crédit disponibles dans le contexte de ce dispositif, dont le montant est passé de 6 milliards
à 17 milliards de DTS.
Participants aux AGE et montant des crédits
AGE initial
AGE élargi
(1962 -1983)
(1983 – 2008)
Participant
Montant
(millions de DTS1)
Montant
(millions de DTS)
États-Unis
1.883
4.250
Deutsche Bundesbank
1.476
2.380
Japon
1.161
2.125
France
395
1.700
Royaume-Uni
565
1.700
Italie
235
1.105
2
Banque nationale suisse
1.020
Canada
165
893
Pays-Bas
244
850
Belgique
143
595
Sveriges Riksbank
79
383
6.344
17.000
Total
Arabie saoudite (accord de crédit associé)
1
2
1.500
Équivalent DTS au 30 octobre 1982
250.000 millions yen; entré en vigueur le 23 novembre 1976
15
2. Les nouveaux accords généraux d'emprunt : Suite à la crise asiatique de 1997, le Conseil
d'administration du FMI a adopté une décision portant création des Nouveaux accords
d'emprunt, qui sont entrés en vigueur en novembre 1998. Il s'agit d'un ensemble d'accords de
crédit aux termes desquels 26 pays membres et institutions sont convenus de fournir des
ressources supplémentaires au FMI pour prévenir ou pallier un dysfonctionnement du
système monétaire international ou faire face à une situation exceptionnelle menaçant sa
stabilité. Les montants engagés par chaque participant sont fonction de son poids
économique, mesuré par sa quote-part effective au FMI. Un pays membre ou une institution
qui ne participe pas encore aux NAE pourra y adhérer lors d'une reconduction de la
décision, avec le consentement du FMI et d'un nombre de participants représentant 80 % du
total des accords de crédit. De nouveaux participants peuvent aussi être acceptés en d'autres
occasions et dans certaines circonstances. En novembre 2002, la décision concernant les
NAE a été reconduite pour une période de cinq ans à compter de novembre 2003, et le
Banco Central de Chile est devenu un participant en février 2003. Les NAE ne remplacent
pas les AGE, qui restent en vigueur. Les NAE constituent toutefois le premier et principal
recours au cas où il serait nécessaire de fournir un complément de ressources au FMI. Le
montant total de ressources dont le FMI peut disposer au titre des AGE et des NAE est de
34 milliards de DTS (environ 50 milliards de dollars) pour les deux dispositifs combinés.
Participants aux NAE et montant des crédits
Montant
Participant
(millions de DTS)
Arabie Saoudite
1.761
Australie
801
Autorité monétaire de Hong Kong
340
Autriche
408
Banco Central de Chile
340
Banque nationale suisse
1.540
Belgique
Canada
957
1.381
Corée
340
Danemark
367
Deutsche Bundesbank
Espagne
États-Unis
Finlande
3.519
665
6.640
340
France
2.549
Italie
1.753
Japon
3.519
Koweït
341
Luxembourg
340
Malaisie
340
Norvège
379
Pays-Bas
1.302
16
Royaume-Uni
2.549
Singapour
340
Sveriges Riksbank
850
Thaïlande
340
Total
1
34.000
1
Les chiffres ayant été arrondis, il se peut que le total ne soit pas
égal à la somme des composantes.
Quand les AGE et les NAE ont-ils été activés ?
Une proposition d'appel de fonds présentée par le Directeur général du FMI ne peut prendre effet que
si les participants aux AGE et aux NAE y consentent, et si la proposition est ensuite approuvée par le
Conseil d'administration du FMI. Les NAE ont été activés une fois — pour financer un accord de
confirmation en faveur du Brésil en décembre 1998 : le FMI avait alors lancé un appel de fonds de
9,1 milliards de DTS, montant sur lequel 2,9 milliards de DTS ont été effectivement tirés. Les AGE
ont été activés dix fois, la dernière datant de juillet 1998 : l’appel de fonds portait sur 6,3 milliards de
DTS, pour le financement d'un accord élargi au bénéfice de la Russie. Sur ce montant, 1,4 milliard de
DTS a été effectivement tiré. Les accords d'emprunt en faveur de la Russie et du Brésil ont été
désactivés en mars 1999, date à laquelle le FMI a remboursé l'encours après les versements
d'augmentations de quotes-parts dans le cadre de la onzième révision générale des quotes-parts.
3° Les comptes fiduciaires:
Le FMI administre en outre deux comptes fiduciaires destinés à aider les pays à faible revenu :
1. Le compte de fiducie de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance
(FRPC) créé en septembre 1999 en remplacement de la Facilité d'ajustement structurelle
(FAS) et structurelle renforcée (FASR) créées en 1986 et 1988. Le compte de la FRPC a
pour objet de fournir des prêts à taux d’intérêt très bas aux pays à faible revenu. Les
ressources sont empruntées à des sources officielles comme les banques centrales et les
gouvernements, tandis que les dons des pays membres servent à bonifier le taux d’intérêt
des prêts.
2. Le fonds fiduciaire FRPC-PPTE créé pour administrer 4 milliards de DTS de ressources
destinées à financer la participation du FMI en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE)
et venir à l’appui des engagements au titre de la FRPC pour 2002-2005. Dans le cadre de sa
contribution totale au fonds fiduciaire FRPC-PPTE, le FMI a procédé à titre exceptionnel à
une série de transaction hors marché sur l’or (2000) pour dégager des revenus de placement.
Le reste des ressources du fonds fiduciaire FRPC-PPTE (1,6 milliards de DTS) provient de
dépôts et de contributions sous forme de dons de 93 pays.
4° Les droits de tirages spéciaux :
Le deuxième amendement aux statuts du FMI entré en vigueur en avril 1978 à la suite des accords de la
Jamaïque de 1969, visait à faire du DTS le principal actif de réserve du SMI en éliminant des Statuts
toute référence à l’or. Le DTS est devenu l’unité de compte du système et les monnaies sont exprimées
en DTS et non en or ou en dollar.
Le DTS a été crée lors du premier amendement aux statuts du FMI adopté par l’assemblée générale de
1968 et ratifié en juillet 1969. Cette unité monétaire artificielle est composée d’un assortiment ou panier
de monnaies nationales. Ce panier est revu tous les 5 ans pour veiller à ce que les monnaies dont il se
compose soient représentatives des monnaies utilisées dans les transactions internationales et que leurs
pondérations reflètent l’importance relative dans le commerce et les systèmes financiers internationaux.
A l’issue du réexamen de la valeur du DTS, le 11 octobre 2001, le Conseil d’Administration du FMI a
décidé de modifier le mode de calcul de la valeur et du taux d’intérêt du DTS à compter du 1er janvier
2001. La méthode de sélection des monnaies composant le panier de DTS et leurs pondérations ont été
révisées pour tenir compte de l’adoption de l’Euro comme monnaie commune à un certain nombre de
pays européens et du rôle croissant des marchés financiers.
17
En particulier le critère de sélection qui consiste à retenir les monnaies des pays qui sont les
principaux exportateurs de biens et de services a été élargi pour inclure les exportations d’une
Union monétaire composée de pays membres du FMI, non compris les échanges entre les membres
de l’Union.
Un second critère de sélection a par ailleurs été retenu, de manière à garantir que les monnaies
composant le panier soient parmi les plus largement utilisées dans les transactions internationales. A
cet effet, le FMI doit constater que la monnaie retenue est « librement utilisable », ce qui signifie
qu’elle est, en fait, largement utilisée pour le règlement des transactions internationales et
couramment négociée sur les principaux marchés des changes.
Les pondérations affectées aux monnaies du panier sont fondées sur : (i) la valeur des exportations
de biens et de services des pays membres ou d’unions monétaires, (ii) le montant des réserves
libellées en monnaies respectives que détiennent les autres membres du FMI.
Le FMI a décidé que 4 monnaies (dollar E.U, Euro, Yen, Livre Sterling) satisfont aux deux critères
de sélection et peuvent entrer dans la composition du panier de calcul du DTS pour la période 20012005.
Tableau 1 : Coefficients de pondération des monnaies (en%)
Unité monétaire
Révision du 01/01/1996
Dollar E.U
Euro
Deutsche Mark
Franc Français
Yen
Livre Sterling
Révision du 01/01/2001
39
21
11
18
11
Révision du 01/01/2006
45
29
40
35
15
11
13
12
Source : FMI, rapport annuel (2002)
Le FMI calcule chaque jour la valeur du DTS en dollars EU en additionnant la valeur en dollar EU
des montants des quatre monnaies, au taux coté à midi sur le marché de Londres1. Le tableau 2
donne la valeur du DTS au 12 mars 2002 :
Tableau 2 : Evaluation du DTS au 12 mars 2002
Unité monétaire
Montant de monnaie
en vertu de la règle 0-1
Euro
Yen
Livre Sterling
Dollar US
1 dollar US = 0,799193 DTS
1 DTS = 1,25126 dollar US
0.4260
21.00
0.0984
0.5770
Taux de change
Equivalent Dollar
0.87330
128.85000
1.41520
1.00
0.372026
0.162980
0.139256
0.577000
Source : FMI (cotation quotidienne), 2002
Le taux d’intérêt du DTS est fixé chaque semaine sur la base de la moyenne pondérée des taux
d’intérêt représentatifs de certaines obligations à court terme émises sur le marché monétaire des
pays dont la monnaie entre dans la composition du DTS. A l’heure actuelle, les taux et les
instruments concernés correspondent aux taux de rendement des bons du Trésor à trois mois aux
Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui restent les taux représentatifs pour le dollar US et la Livre
Sterling.
Compte tenu de la nouvelle composition du panier d’évaluation du DTS, à compter du 1er janvier
2001, le taux représentatif pour la zone euro est devenu l’Euribor à trois mois (taux interbancaire
offert en Euro).
Le taux d’intérêt représentatif pour le Yen n’est plus le taux des certificats de dépôt à trois mois
mais le rendement des bons de financement à 13 semaines de l’Etat japonais.
Les DTS sont créés au moyen d’une allocation. Il y a deux sortes d’allocations :
18
1. L’allocation générale du DTS : Les participants reçoivent une allocation de DTS proportionnelle à
leur quote-part au FMI, afin de compléter les avoirs de réserve existants, lorsque et dans la mesure
où il existe un besoin global à long terme. Les décisions d’allouer des DTS sont prises pour des
périodes de base de 5 ans au maximum par le Conseil des gouverneurs, sur proposition du Directeur
Général à laquelle s’associe le Conseil d’Administration, et requièrent une majorité de 85% du total
des voix attribuées. La première allocation de DTS aux pays membres participant au Département
des DTS a été effectuée en 1970. Une deuxième allocation effectuée le 1er janvier 1981 a porté le
total des allocations cumulatives à 21.4 milliards de DTS.
2. L’allocation spéciale et unique de DTS : En septembre 1997, le Conseil des gouverneurs du FMI
a approuvé le projet de 4ème amendement aux statuts du FMI afin d’autoriser une allocation
spéciale et unique de DTS qui doublerait les allocations cumulatives en les portant à 42.87 milliards
de DTS. L’allocation spéciale de DTS permettrait à tous les pays membres de participer au
Département des DTS de manière équitable et remédierait au fait que plus du cinquième des pays
membres du FMI n’avait jamais reçu d’allocation de DTS. L’amendement proposé ne modifie pas le
pouvoir dont dispose le FMI d’allouer des DTS pour compléter les réserves, s’il détermine qu’il
existe un besoin global à long terme.
Le DTS sert d’instrument de réserve internationale pour compléter les réserves existantes des pays membres
(or, devises, position de réserve au FMI). Le DTS est l’unité de compte du FMI : c’est l’unité de base des
quotes-parts et des prêts. Il sert aussi d’unité de compte pour plusieurs organisations internationales dont la
Banque Mondiale.
D° L’accès aux ressources du FMI :
L'une des principales fonctions du FMI est de fournir des prêts aux pays qui éprouvent des
difficultés de balance des paiements.
Les concours financiers accordés par le FMI permettent aux pays de :
 Reconstituer leurs réserves de change.
 Stabiliser la valeur de leur monnaie.
 Continuer à régler leurs importations.
 Restaurer les conditions d'une croissance forte et durable.
Contrairement aux banques de développement, le FMI n'accorde pas de prêts pour des projets
spécifiques.
Le volume des prêts du FMI a considérablement fluctué au fil des ans et ce principalement suivant
des circonstances particulières. Les évènements ayant occasionné une forte demande des prêts du
FMI sont :
 Le choc pétrolier des années 70.
 La crise de la dette des années 80.
 Le processus de transition en Europe centrale et orientale.
 Les crises des économies émergentes.
Le FMI octroie en général ses prêts aux pays membres qui en font la demande sous forme
d'«accords» stipulant les conditions à remplir pour avoir accès aux ressources. Le programme
économique qui sous-tend un accord est formulé par le pays en consultation avec l'institution, puis
soumis au Conseil d'administration dans une «lettre d'intention». Une fois l'accord approuvé par le
Conseil d'administration, le prêt est mis à la disposition du pays par tranches successives au fur et à
mesure de l'exécution du programme.
Les principaux prêts du FMI sont accordés aux pays membres dans le cadre de trois instruments :
1. Les accords de confirmation pierre angulaire de la politique de prêt du FMI et le type
d'accord du FMI le plus utilisé :
Ce mécanisme a été créé en en 1952 et visent avant tout à répondre aux difficultés de balance
des paiements à court terme. Leur durée est en général de 12 à 24 mois. Des commissions
additionnelles s'appliquent aux tirages de montant élevé.
19
2. Les accords à moyen terme conclus dans le cadre du mécanisme élargi de crédit : Créé
en 1974, ce mécanisme vise à aider les pays confrontés à des difficultés de balance des
paiements liées à des problèmes structurels risquant d'être plus longs à résoudre. Les
politiques structurelles associées à ces accords élargis visent à améliorer le mode de
fonctionnement de l'économie et privilégient les réformes fiscales et financières, les
privatisations d'entreprises et les mesures destinées à assouplir le fonctionnement du marché
du travail.
La Facilité de réserve supplémentaire (FRS) est un complément de ressources aux deux types
d'accords précédents, destinée à apporter une aide à un pays qui rencontre des difficultés de balance
de paiements exceptionnelles et éprouvant d'importants besoins de financement à très court terme.
Cette facilité a été instituée en 1997 à cause d’une perte soudaine de confiance dont ont souffert
certaines économies de marché émergentes dans les années 90 et ayant provoqué des sorties
massives de capitaux et nécessité de la part du FMI des concours financiers d'une ampleur
jusqu'alors inégalée.
3. Depuis la fin des années 70, le FMI accorde aussi des prêts concessionnels destinés aux
États membres les plus pauvres. Il s’agit principalement :
a. De la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC). Ce
dispositif a remplacé, en novembre 1999, celui de la Facilité d'ajustement structurelle
(FAS) et structurelle renforcée (FASR) créées en 1986 et 1988. Il vise à centrer les
programmes économiques des pays bénéficiaires sur la lutte contre la pauvreté et la
recherche de la croissance.
b. De la facilité de protection contre les chocs exogènes (facilité PCE).
c. De l’allégement de la dette au titre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (Initiative PPTE) et de l'Initiative d'allègement de la dette multilatérale
(IADM).
Ces instruments sont administrés par le compte de fiducie FRPC-FCE et par les fonds
fiduciaires FRPC-PPTE, IADM-I et IADM-II pour lesquels le FMI agit en qualité de
mandataire.
De même, le FMI a utilisé d’autres mécanismes en vue de répondre à des besoins de
financement particuliers et généralement temporaires :
o Facilité de financement compensatoire (FFC) : Créée en 1963, cette facilité visait à
assister les pays confrontés à une chute soudaine de leurs recettes d'exportations ou à une
augmentation du coût de leurs importations de céréales souvent dues à la fluctuation des
prix mondiaux des produits de base.
o Le mécanisme pétrolier temporaire : Mis en vigueur entre 1974 et 1976 et destiné à
prêter aux pays connaissant des difficultés suite au choc pétrolier de 1973.
o Le mécanisme d’intégration commerciale : Mis en place en 2004 pour aider certains pays
à amortir l’impact à court terme négatif de la libération du commerce.
o L’Aide d'urgence : Aide débloquée aux pays ayant subi une catastrophe naturelle ou
sortant d'un conflit.
Les prêts du FMI en quelques chiffres
(au 31 mars 2008)
Fonds prêtables
209,5 milliards de dollars
Encours des prêts
16,1 milliards de dollars
répartis entre 64 pays
dont : prêts concessionnels
6,5 milliards de dollars répartis entre 56 pays
20
E° La prise de décisions dans le FMI :
Le mode de décision du FMI, comme celui de la Banque mondiale, est basé sur une répartition des
droits de vote en fonction du montant de la cotisation des Etats membres, selon le principe "1 dollar,
1 voix".
Chaque membre du FMI dispose de 250 voix de base auxquelles s’ajoute une voie supplémentaire
pour chaque tranche de la quote-part équivalent à 100.000 DTS.
Les quotes-parts des principaux contributeurs du FMI se répartissent comme suit, après le
relèvement des quotes-parts de la Chine, de la Corée du Sud, du Mexique et de la Turquie en
septembre 2006 :
Quotes-parts Droits de vote
Etats-Unis
17,09%
16,79%
Japon
6,13%
6,02%
Allemagne
5,99%
5,88%
France
4,94%
4,86%
Grande-Bretagne 4,94%
4,86%
Chine
3,72%
3,66%
Italie
3,25%
3,20%
Canada
2,93%
2,89%
Russie
2,74%
2,70%
Pays-Bas
2,38%
2,34%
Belgique
2,12%
2,09%
Inde
1,91%
1,89%
Mexique
1,45%
1,43%
Espagne
1,40%
1,39%
Brésil
1,40%
1,38%
Corée du Sud
1,35%
1,33%
Afrique du Sud
0,86%
0,85%
Turquie
0,55%
0,55%
Les droits de vote différent légèrement des quotes-parts, un minimum de droit de vote étant attribué
à tous les pays, même les plus petits.
Pour modifier la charte du FMI, il faut 85% des voix. Les Etats-Unis, qui détiennent 16,79% des
voix, possèdent donc une minorité de blocage (droit de véto).
Les pays en développement dans leur ensemble, quant à eux, détiennent la minorité des voix, 46
pays africains n'étant représentés que par deux des 24 administrateurs du Fonds.
Pour prendre effet, l'amendement des Statuts du FMI proposé dans la résolution devra être accepté
par les trois cinquième au moins des pays membres de l'institution représentant 85 % des voix
attribuées
III° Critiques adressées au fonds monétaire international :
Au cours des années 1980 et au début des années 1990, les actions du FMI ont été contestées
notamment à travers le coût économique et social de la conditionnalité de l’obtention de l’aide.
Mais avec la prolifération des crises financières et économiques à partir de 1995 et jusqu’à nos
jours (fin février 2009), le FMI est de plus en plus culpabilisé d’être incapable de jouer son rôle de
garant de la stabilité du SMI et de prévenir les crises systémiques. Trois séries de critiques peuvent
être présentées :
21
A° La pression pour libéraliser les économies à tout prix (thérapie de choc) :
Une des critiques vigoureuses concerne les conséquences des politiques d’ajustement structurel. Le
consensus de Washington, qui caractérise les politiques menées à la fois par la Banque Mondiale et
le FMI, repose sur une doctrine de libéralisation des marchés financiers, d’ouverture économique et
de rigueur budgétaire ne tenant pas compte des situations particulières de chaque pays en difficulté.
L’ouverture trop brutale des marchés financiers et des systèmes bancaires nationaux a conduit à
fragiliser les acteurs économiques locaux et à des prises de risque trop importantes en raison d’une
information insuffisante et de règles prudentielles inexistantes. Par conséquent, le FMI porterait
donc une lourde responsabilité dans les crises financières qui ont frappé les économies émergentes
au cours des dernières années (Aglietta et Moatti, 2000).
B° La prévention et la gestion des crises financières :
La 2ème volte des griefs adressés au FMI concerne son action à l’égard de la prévention et de la
gestion des crises financières. De fait, le FMI n’a pas réussi à anticiper les principales crises
financières de la dernière décennie. Les économies des pays de l’Asie du Sud-est étaient perçues par
le FMI comme des modèles de réussite économique quelques semaines encore avant l’effondrement
monétaire de la Thaïlande qui allait précipiter la crise asiatique.
De plus, le principe des taux de change ajustables, responsable pour une large part du
déclenchement de la crise, n’avait pas été perçu comme un facteur déstabilisateur.
Au-delà de ces failles dans la surveillance des marchés financiers, le FMI a également été critiqué
pour ses modalités d’intervention. Loin de contenir le mouvement de défiance vis à vis des marchés
financiers asiatiques, le FMI aurait amplifié le mouvement de panique par son action désordonnée
et par les annonces qu’il a distillées.
Le FMI aurait même volontairement contribué au mouvement de panique pour justifier son
intervention en dernier ressort (Feldstein, 1998, Delalande, 1999).
C° Le problème de l’Aléa Moral
Les interventions publiques dans la finance internationale, et en premier lieu celles du FMI, seraient
facteur d’aléa moral. Elles encourageraient les acteurs privés à prendre plus de risques, étant donné
que les pouvoirs publics se montrent, à travers ces actions de sauvetage, prêts à socialiser les pertes
pour préserver l’intégrité du système financier international. Dès lors, il n’y aurait plus de gardefous, comme le risque de faillite, pour inciter les agents à plus de prudence. Depuis la crise
mexicaine de 1995, les interventions auraient empêché les prix de marché de jouer leur rôle normal
d’indicateurs de niveau de risque (Krémer, Pfister, 2001). Cette critique libérale considère ainsi les
interventions du FMI comme plus néfastes encore que le laisser-aller, au point de conduire à douter
de l’intérêt de l’existence de telles organisations.
IV° Les tentatives de réforme du fonds monétaire international :
Les appels à la réforme du SMI et du FMI en particulier resurgissent chaque fois qu’une crise
mondiale se déclenche. Mais la réforme n’a jamais été urgente qu’elle ne l’est aujourd’hui (après la
crise de 2008). Cette question a unifié des dirigeants politiques de bords opposés en France (de
Ségolène Royal au Président Sarkozy, en passant par Lionel Jospin), mais aussi en Italie et en
Russie et dans bien d’autres pays. Même aux Etats-Unis des voix se font entendre appelant à la
refondation du système monétaire et financier mondial.
Parmi les économistes qui préconisent la réforme du SMI, on peut distinguer : 1) ceux qui
contestent le rôle même du FMI et demandent de le dissoudre et de le remplacer par une autre
institution sous l’égide de l’ONU, 2) d’autres, au contraire se contentent de demander la réforme du
FMI pour le doter des moyens matériels et humains lui permettant d’assurer sa fonction de
gouvernance et de surveillance du SMI.
22
1° La commission Meltzer Présidée par Allan Meltzer, professeur d'économie à la Carnegie
Mellon University et membre du conseil de la politique économique du président des EtatsUnis en 1998 :
En Novembre 1998, 18 milliards de dollars supplémentaires ont été affectés au FMI par les EtatsUnis et le Congrès américain a mis en place une Commission de contrôle des I.F.I. (International
Financial Institutions Advisory Commission, IFIAC) chargée de reconsidérer le rôle de sept
institutions financières internationales : Le F.M.I., le groupe Banque mondiale, la Banque
interaméricaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque africaine de
développement, l'Organisation mondiale du commerce et la Banque des règlements internationaux.
En mars 2000, Allan H. Meltzer a remis un rapport au Congrès proposant une réforme des
institutions financières internationales dont voici un très bref résumé :
a. Les objectifs de la commission Meltzer :
La Commission cherchait à rendre le FMI, la Banque mondiale et les banques de
développement plus responsables, efficaces et en mesure de réduire la corruption en limitant le
rôle de chacun à la réalisation d'objectifs précis. Chaque institution aura alors sa propre activité,
ses propres responsabilités.
Plus précisément, le F.M.I. devra inciter les pays membres à améliorer la sécurité, la stabilité et
la solvabilité de leur système financier.
La Banque mondiale devra se concentrer sur les questions de pauvreté et de développement
plutôt que sur des questions de volume des emprunts.
La Commission a adopté unanimement les 2 résolutions suivantes :
i. Le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les banques
régionales de développement doivent abandonner toutes conditionnalités vis
à vis des pays pauvres très endettés (PPTE) qui mettent en place une stratégie
de développement économique et social en lien avec la Banque mondiale et
les banques régionales de développement.
ii. Le Fonds monétaire international doit restreindre ses prêts à la provision de
liquidités de court terme. Il doit mettre fin à ses prêts de long terme visant
notamment à réduire la pauvreté.
b. Les principales recommandations de la commission Meltzer à propos du FMI :
i. La pratique actuelle (le rapport est publié en 2000) d'octroi de prêts à moyen
et long terme pour la lutte contre la pauvreté doit cesser. Ce qui implique la
suppression des facilités correspondantes. Dans ce schéma, les pays ayant un
PIB par habitant inférieur à 4.000 dollars bénéficient d'un soutien du Fonds
avec un désengagement progressif à partir de 2.500 dollars. La catégorie
éligible aux prêts du FMI est, ainsi, très restreinte, car constituée de pays
émergents ayant déjà assez largement accès aux marchés.
ii. En cas de crise, le FMI doit agir comme prêteur en dernier ressort auprès des
pays émergents en assurant la liquidité à court terme dont ces pays ont
besoin. Les prêts sont alors attribués à un taux dit « de pénalité », supérieur à
celui qu'offrent les marchés financiers, et ne sont consentis qu'aux pays ayant
réunis certaines pré-conditions destinées à rétablir la stabilité financière. Les
conditionnalités deviennent ainsi inutiles.
iii. Le FMI doit recueillir et publier les données économiques de tous les pays
membres de manière périodique et uniformisée afin de permettre aux acteurs
des marchés financiers d'en tirer les informations nécessaires pour une
évaluation correcte.
iv. Dans le cadre de la surveillance (article IV), le FMI doit se limiter aux
conseils sans imposer de conditionnalités et se concentrer sur la surveillance
des pays non membres de l'OCDE.
23
v. Les États-Unis sont appelés à augmenter leur soutien aux programmes de
lutte contre la pauvreté : Les six dollars par tête qui y sont consacrés sont
insuffisants pour financer des programmes efficaces.
vi. Estimant qu'en dépit d'un développement possible et souhaitable dans
l'avenir, les pays pauvres très endettés ne seront pas capables de rembourser
leur dette, la commission Meltzer demande que les créditeurs bilatéraux et
multilatéraux effacent toutes les créances sur ces pays, en commençant par
ceux qui tentent d'introduire de bonnes politiques économiques.
Un ensemble de conditions doivent être respectées d’abord par les pays membres éligibles aux
prêts :
 La réduction du risque (lutte contre la corruption et diversification des portefeuilles
financiers).
 La transparence (publication régulière de l'état de la dette du pays).
 Une capitalisation adéquate des banques commerciales soit selon les standards
internationaux, soit par une dette subordonnée, détenue par des entités non affiliées et non
gouvernementales.
 Des conditions fiscales assurant une utilisation responsable des ressources du Fonds.
 L'absence de recours à des régimes monétaires « intermédiaires » (de type arrimage à une
monnaie forte) et la systématisation des « solutions en coin » (caisse d'émission voire
dollarisation plutôt que flottement pur).
2° Joseph Eugene Stiglitz
Dans « La grande désillusion », Joseph Stiglitz livre une analyse critique de la gestion de la
mondialisation par les institutions économiques internationales. Pour l’auteur, les problèmes actuels de
l’économie mondiale ne sont pas dus à la mondialisation mais « ce sont les institutions économiques
internationales, notamment le FMI, qui ont imposé un certain nombre d’idées : le fanatisme du marché,
une certaine vision du capitalisme à l’américaine, vu comme le meilleur, voire le seul, système
économique universel ».
Il examine les rouages ayant amené ces institutions, et notamment le FMI, à précipiter ou aggraver les
crises qu’elles étaient censées prévenir ou guérir. Au FMI dominent « un curieux mélange d’idéologie
et de mauvaise économie, un dogme qui parfois dissimule à peine des intérêts privés ». Les politiques
y sont menées sans débat contradictoire, sous forte influence idéologique, et donnent souvent de
mauvais résultats. L’auteur les qualifie même d’« antidémocratiques ».
« Le FMI et la Banque mondiale sont alors devenus les nouvelles institutions missionnaires chargées
d’imposer ces idées aux pays pauvres réticents, mais qui avaient le plus souvent grand besoin de leurs
prêts et de leurs dons ».
Parmi les critiques adressées au FMI par Stiglitz :
1° Le FMI comme toutes les autres IFI, « sont dominées non seulement par les pays industriels les plus
riches, mais aussi par les intérêts commerciaux et financiers en leur sein ». Les institutions
internationales ne sont donc pas représentatives des nations qu’elles servent.
2° Le FMI souffre d’une forte influence du Trésor américain. L’exemple de l’ingérence dans les affaires
intérieures de la Corée du Sud qui finit par lui imposer un processus de libéralisation rapide aux
conséquences désastreuses est un bon exemple donné par l’auteur.
3° Le FMI est hyper centralisé et manque de transparence. Si la Banque mondiale fait de gros efforts
pour qu’une partie importante de ses membres s’installe dans le pays qu’ils essayent d’aider, le FMI n’a
souvent sur place qu’un « représentant résident » aux pouvoirs limités. Il lui est donc difficile d’en
savoir très long sur toutes les économies du monde. De fait, ses plans sont dictés de Washington et mis
en forme au cours de brèves missions de hauts responsables. Les chiffres du ministère des Finances et
de la Banque centrale sont leur unique contact avec des réalités nationales qu’ils ne côtoient guère dans
leur hôtel cinq étoiles. Et du haut d’un hôtel de luxe, « on impose sans merci des politiques que l’on
penserait à deux fois si l’on connaissait les êtres humains dont on va ravager la vie ».
24
Les dysfonctionnements analysés par l’auteur de La grande désillusion ont fortement contribué à
l’échec des politiques du « consensus de Washington », qui ont souvent profité aux très riches et ont
pu entraîner une baisse des revenus des plus défavorisés.
Dans le chapitre 9 consacré à « l’avenir », Stiglitz propose donc des voies de réforme des IFI. Celles
qui concernent le FMI peuvent être résumées dans les points suivants :
1° Recentrer le FMI sur l’objectif pour lequel il a été créé, à savoir la stabilité économique
mondiale et non la libéralisation des marchés des capitaux, permettrait de le responsabiliser devant
les citoyens.
2° Changer son état d’esprit et son comportement, en vue de le transformer en une « organisation
apprenante » et davantage transparente.
3° Rééquilibrer les pouvoirs en faveur des pays du Sud (dont l’entrée de la Chine à l’OMC peut être
un des prémices).
4° Accorder plus d’autonomie à chaque Etat qui doit tenir lui-même le gouvernail.
5° Changer la conduite des Etats du Nord qui doivent chercher à ne pas nuire, accepter de réformer
les institutions internationales et appliquer à eux-mêmes leurs propres discours (notamment au
niveau des protections).
6° Rééquilibrer l’ordre du jour des négociations financières en y incluant les intérêts des pays en
développement, mais aussi des préoccupations qui dépassent le champ du commerce et de la
finance comme celles liées à l’environnement ou au commerce équitable.
7° En vue de responsabiliser ces institutions qui gouvernent la mondialisation, « noter » leurs
résultats, afin d’évaluer jusqu’à quel point elles ont réussi ou non à favoriser la croissance et à
réduire la pauvreté.
Le monde développé a créé ces institutions. Il a le devoir de les réformer. La tentative de réforme
avortée consécutive à la crise asiatique a été dominée par les mêmes acteurs qui « gèrent » la
mondialisation depuis cinquante ans.
3° L’ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus :
Il propose un ensemble d’axes de réforme à engager en matière d’architecture financière
internationale. Pour lui, le FMI est la structure de surveillance de la sphère financière la plus
adaptée, à condition de modifier ses missions, son fonctionnement et son niveau de ressources :
 Le FMI comme pilote :
Il faut donc profiter de la situation actuelle pour « doter le monde d’une institution centrale de
surveillance qui serait chargée de repérer les bulles, de vérifier l’adaptation des dispositifs de
régulation, d’en proposer la modification le cas échéant. Bref, que le monde sache qu’il y a un
pilote dans l’avion ».
Pour lui, la création d’une nouvelle structure prendrait du temps. Il considère que le meilleur «
garde-champêtre » serait encore le FMI. En effet, explique-t-il, le Fonds a l’avantage tout d’abord
d’exister, alors que la création d’une nouvelle instance prendrait « au moins sept ans » car cela
nécessiterait un traité international que les pays devraient ratifier, etc. Ensuite, le FMI dispose d’un
champ d’action et d’une légitimité bien supérieurs à ceux du G20, « les décisions prises dans le
cadre de ce dernier n’engageant que les 20 pays membres alors que, dans le cadre du FMI, 185 pays
sont concernés ». A condition de transformer cette institution « en profondeur ».
25
 Missions élargies du FMI:
Michel Camdessus souhaite d’abord que soient élargies les missions du Fonds. Aux compétences
exclusivement centrées sur la monnaie et qui visent la coopération monétaire internationale,
l’expansion et la croissance équilibrée du commerce mondial, la stabilité des changes,
l’établissement d’un système multilatéral de paiements et l’aide aux pays confrontés à des
difficultés de balance des paiements, s’ajouteraient des pouvoirs identiques concernant la sphère
financière. « La décision de changer les statuts du FMI a en fait été prise dès octobre 1997 par le
Comité intérimaire, explique-t-il. Le conseil d’administration du Fonds a travaillé sur cette question
jusqu’à la fin de la crise asiatique, puis le sujet est tombé dans l’oubli. Mais le texte est là. Il suffit
de l’adopter ! »
 De la technocratie au politique :
Autre transformation à apporter au Fonds selon Michel Camdessus : Pour que « la légitimité de
l’institution soit mieux reconnue et acceptée », il faut modifier l’organisation du FMI. En effet,
rappelle-t-il, « le FMI est un étrange animal : c’est l’une des rares instances dans lesquelles le
pouvoir appartient au bras technocratique.
Il revient en effet au conseil d’administration, composé de fonctionnaires, de prendre les décisions,
alors que le bras politique, représenté par les 24 ministres ou gouverneurs du Comité monétaire et
financier international, n’a qu’un avis consultatif. »
Pourtant, « il faut aujourd’hui renverser l’équilibre des pouvoirs au sein du Fonds » et peut-être en
profiter pour « revoir les règles de représentation, ce qui répondrait aux protestations de nombreux
pays en développement absents du conseil d’administration ».
 Prêts ou droits de tirages spéciaux :
Michel Camdessus estime que l’évolution des ressources du FMI devrait mieux correspondre à la
croissance de l’économie mondiale. Actuellement, le Fonds perçoit de la part de ses Etats membres
une contribution sous forme de quotes-parts calculées selon le poids de chaque pays dans
l’économie mondiale. En dépit d’augmentations régulières, les ressources du FMI ne s’élèvent qu’à
« 250 Mds$, alors qu’il en faudrait le double ! » déclare-t-il. « Apparemment, tout le monde serait
prêt à augmenter ces ressources, mais cela prendra du temps car ce type de décisions nécessite une
approbation des parlements, ce qui peut prendre jusqu’à trois ans. »
Deux solutions sont envisagées pour débloquer cette situation. Tout d’abord, les « prêts bilatéraux
», tels que celui de plus de 100 Mds $ proposé par le Japon à l’issue du G20 le 15 novembre 2008.
Mais, cette solution ne serait viable que si la Chine suivait le Japon dans cette idée, entraînant à sa
suite d’autres pays.
L’autre solution, rapide, pratique et temporaire, est « l’émission de droits de tirages spéciaux ». Une
telle éventualité avait été envisagée au moment de la crise LTCM par Michel Camdessus, alors
directeur général du FMI, et Lawrence Summers, secrétaire du Trésor américain, mais la situation
s’était améliorée et cette option a été abandonnée au soulagement de certaines banques centrales qui
voient en elle « un embryon de monnaie internationale » concurrente.
 Marges de manœuvre :
Missions, fonctionnement, ressources… Même s’il n’y a « aucune unanimité » sur ces trois points,
Michel Camdessus espère que « le G20 fera avancer les choses, en dépassant le business as usual ».
Pour lui, il est évident que si « les administrateurs du FMI étaient mandatés pour surveiller la sphère
financière (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), ils se montreraient plus exigeants et responsables sur
ce sujet ». Il faut donner davantage de pouvoirs de décision aux politiques. Prenant l’exemple du
déséquilibre des paiements entre les Etats-Unis et la Chine, il s’interroge sur « la capacité du FMI
ou de toute autre instance à réduire ce déséquilibre majeur, alors même qu’il ou elle serait
dominé(e) par le principal fautif… ». Cet exemple de déséquilibre est « un échec du FMI »,
explique-t-il. « Le Fonds n’a jamais réussi à convaincre les Etats-Unis de jouer le jeu concernant le
déséquilibre des balances de paiement.
26
 Subsidiarité :
Reste à savoir comment articuler l’action de surveillance qui serait menée par le FMI et la
régulation aux niveaux régional et national. « Comment le FMI pourrait-il s’opposer à une décision
d’un régulateur national ? Un FMI aux missions élargies aurait-il pu, par exemple, empêcher la
Réserve fédérale américaine (Fed) de lâcher Lehman Brothers ? », « Il faut laisser au niveau
national une grande partie de la supervision, car on surveille mieux de près, mais les règles doivent
être suffisamment harmonisées au niveau mondial pour que les accidents à portée systémique soient
évités ».
Au niveau européen, des travaux sur la régulation financière sont en cours sous la direction de
Jacques de Larosière pour parvenir à une forme d’harmonisation qui permettrait notamment d’éviter
les arbitrages réglementaires, c’est-à-dire les déplacements d’investissements vers le moins-disant
réglementaire. Cette tâche n’est pas facile, juge l’ancien directeur général du FMI, car « il existe des
traditions bien différentes au sein de l’Union. Par exemple, les pays de l’Europe de l’Est ont
tendance à considérer que le système est trop régulé. »
Enfin, Michel Camdessus juge indispensable que les travaux du G20 et du comité intérimaire du
FMI « se recoupent » et que le Fonds travaille en relation avec le forum de stabilité financière
(FSF). « La réforme du FMI appellera d’ailleurs une réforme du FSF, un élargissement du champ
d’action de ce dernier à l’ensemble des marchés financiers mondiaux étant nécessaire. », « il ne
s’agit pas de tout uniformiser, mais de mettre en place des garde-fous minimaux. Un accord est déjà
prêt, qui organise une répartition des tâches entre les deux instances. »
 Aléa moral :
« Que ferait le FMI concernant l’aléa moral ? », « Cela fait plus d’un siècle que l’on débat de cette
question, rappelle-t-il. Pendant la crise asiatique, le FMI a pris des décisions lourdes pour éviter un
désastre en Corée. Il y a eu de nombreuses protestations, notamment de la part du président de la
Bundesbank de l’époque, Hans Tietmeyer, qui dénonçait la création d’un aléa moral au plan mondial. Je
lui ai répondu que ce n’est pas parce qu’on prend une assurance qu’on brûle sa maison. Néanmoins, la
question se pose aujourd’hui pour les banques. Les Etats-Unis ont lâché Lehman Brothers en partie pour
montrer qu’ils ne souhaitaient pas mettre en place une couverture universelle pour les banques. Ils l’ont
regretté dès le lendemain, mais ce qui était fait était fait. Le problème à l’heure actuelle est que les
mesures prises, qui visent à éviter la faillite des banques, peuvent rapidement virer à l’étatisme. »
 Monnaies flottantes :
Certains s’interrogent sur la possibilité d’une « remise en cause de la parité monétaire flottante »,
Michel Camdessus répond qu’il « ne croit pas à une sortie du système de flottement des monnaies. Il n’y
a pas d’argument crédible qui justifierait une telle décision. » Cependant, précise-t-il, « on peut imaginer
que si une collaboration plus étroite se met en place entre les acteurs, la question pourra être posée. »
Rappelant les objectifs – abandonnés depuis – des Accords du Plaza en 1985 et surtout des Accords du
Louvre en 1987 qui visaient à une coordination des politiques économiques nationales des Etats-Unis,
du Japon, de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne afin de limiter les fluctuations des taux
de change de leurs monnaies, Michel Camdessus estime qu’il faut être « moins ambitieux » qu’à
l’époque. L’idée d’un « couloir » dans lequel seraient maintenus, grâce à l’intervention des banques
centrales, les taux de change des grandes monnaies semble en effet difficile à appliquer. En revanche,
explique-t-il, des marges de manœuvre existent en jouant sur le taux d’intérêt.
 Apprécier les risques :
D’autres, soulignent les « difficultés, pour un établissement donné, à apprécier les risques
systémiques et l’intérêt d’échanges d’information sur ceux-ci », « si chaque établissement avait
mieux apprécié la concentration du risque autour des mêmes points de la courbe des taux, ils
auraient légèrement décalé leurs positions, ce qui aurait évité que tous les établissements contrent
simultanément dans le même sens ». Mais, il sera très difficile de détecter les zones de risques sans
disposer d’un outil statistique qui aujourd’hui n’existe ni au niveau européen, ni a fortiori au niveau
mondial.
Ce qui semble certain, pour Michel Camdessus, c’est qu’il y a « des progrès à faire pour que
l’information publique soit mieux organisée et diffusée, la transparence étant essentielle pour
réduire les risques ».
27
 Forum international :
Créé en février 1999 à l’initiative des ministres des Finances et des gouverneurs des banques
centrales des membres du G7, le Forum de stabilité financière (FSF) rassemble les autorités
monétaires et financières, les superviseurs et régulateurs des grandes places financières et des
représentants d’organisations internationales, dont le FMI. L’objectif est de coordonner les actions
des pays pour promouvoir la stabilité financière internationale, améliorer le fonctionnement des
marchés et réduire les risques systémiques.
4° L’économiste franco-russe Jacques Sapir, professeur à l’Ecole des Hautes Etudes en
Sciences Sociales. (Vers un nouveau Bretton Woods ?)
Un système monétaire mondial doit assurer un certain niveau de prévisibilité des prix, un niveau de
liquidité compatible avec le rythme de développement de l’économie mondiale, et un niveau de
garantie pour les opérations de change entre les monnaies. Tels sont les priorités qu’il faut respecter
pour entamer de manière fructueuse un processus de reconstruction du système monétaire et
financier mondial. Il en découle plusieurs principes.
 Un monde multipolaire interdit l’émergence d’une nouvelle « Devise-Clé » à l’échelle
mondiale :
Le choix actuel est :
1° Soit de tenter de maintenir un système mondial, mais qui ne pourra être construit que sur une
monnaie « neutre » (aucune monnaie nationale ne doit être internationale) qui pourrait être un «
panier » de différentes monnaies.
2° Soit de prendre acte d’une fragmentation du système avec émergences de blocs régionaux
structurés autour de monnaies de réserve régionales, et tenter de coordonner ensuite ces ensembles
régionaux. (Exemple de l’UE).
La première hypothèse est celle qui garantirait au mieux les intérêts de tous. Elle implique
cependant un accord global et la construction rapide d’une nouvelle institution financière mondiale,
la Banque Centrale des Nations Unies. Le FMI doit disparaître dans ce cas. Il est probable que ceci
ne soit pas réaliste avant de nombreuses années.
La seconde hypothèse verra l’émergence de Banques Centrales régionales, dans le cadre de
regroupements géopolitiques. Dans certains cas, ces Banques Centrales régionales pourraient être le
résultat d’un accord entre pays donnant naissance à une monnaie régionale unique (comme dans la
zone Euro). Cependant, ce système implique des mécanismes de transfert budgétaires entre pays
membres de l’accord.
Une autre solution possible est celle où la Banque Centrale régionale sera de fait celle du pays
régionalement dominant.
Une situation intermédiaire peut enfin être celle d’une coopération entre Banques Centrales de pays
ayant des tailles économiques et financières comparables.
Dans le cas d’une fragmentation du système monétaire mondial, nous pourrions voir émerger 5 à 7
monnaies de réserve régionales. La charte du FMI devrait être changée pour faire de cette
organisation le gérant de la coordination entre les zones, avec un conseil des directeurs représentatif
du poids économique et démographique de chaque zone. Les missions de banque de développement
(Banque Mondiale) et de gestion des déséquilibres de change (mission d’origine du FMI) seraient
alors dévolues à des institutions régionales.
28
 Mettre fin à vingt années de déréglementation et de libéralisation des mouvements
financiers :
Quelle que soit la solution vers laquelle on s’orientera en matière d’instrument de réserve, les flux
financiers internationaux devront être sévèrement réglementés. En effet, les phénomènes actuels de
spéculation généralisée qu’engendre la déréglementation de la finance rendent impossible le respect
des contraintes en termes de prévisibilité des prix mondiaux, d’alimentation en liquidité et de
garantie sur les opérations de change. Il n’est pas possible de penser un système monétaire mondial
qui garantisse le respect des trois contraintes évoquées plus haut si le système financier mondial
continue d’être un espace de pure spéculation.
 Assurer la transition vers un nouvel ordre monétaire et financier mondial :
La nature et la gravité de la crise actuelle rendent indispensables des propositions de réforme
immédiate pour pouvoir limiter les effets de la crise et préparer le passage ultérieur à un système
reconstruit.
En un sens, il ne peut y avoir aujourd’hui de proposition de refonte globale du système qui ne
réponde aussi aux problèmes immédiats. Une proposition de réforme globale doit s’accompagner
pour être crédible de propositions transitoires capables de maîtriser les effets les plus destructeurs
de la crise que nous vivons.
Les deux principaux problèmes posés par la crise sont aujourd’hui la pénurie de liquidités entre les
banques (le credit-crunch) et les mouvements spéculatifs induits par les Hedge-Funds et en général
les institutions spéculatives. Ces deux problèmes impliquent la prise de mesures transitoires à
relativement court terme :
1° Un changement immédiat des statuts du FMI s’impose. La fonction de ce dernier devrait être la
concertation entre les Banques Centrales pour l’émission des liquidités internationales.
Ceci implique que le FMI modifie au plus vite les règles de représentation des pays pour que ces
derniers soient représentés au prorata de leur contribution au PIB mondial et à la population
mondiale.
2° Un directoire exécutif comprenant les Etats-Unis, la Zone Euro, la Russie, la Chine, l’Inde, un
représentant des pays du Moyen-Orient, un représentant des pays d’Amérique Latine devrait être
immédiatement constitué. Ce directoire devrait gérer les allocations de liquidité à court et moyen
terme à travers une « Caisse Centrale » opérant à la fois sur le Dollar, l’Euro et le Yen.
3° L’introduction, ne serait-ce qu’à titre temporaire, de restrictions dans les mouvements financiers
internationaux à court et très court terme, de manière à limiter les risques de contagion.
Il sera judicieux de mettre en place des formes de contrôle sur les flux de capitaux limitant l’impact
des mouvements de marché et de la spéculation sur les taux de change.
5° Dominique Strauss Khan :
Le règlement de la crise financière mondiale actuelle dont les effets se poursuivront encore pendant quelque
temps, nécessite l'utilisation de tous les instruments des politiques monétaires, notamment la libéralisation du
commerce, la flexibilité des budgets et la concertation entre les différents pays du monde.
Strauss Khan a indiqué que les prévisions de son institution indiquent que l'injection de 1 pour cent du PIB
mondial dans l'économie mondiale aura pour effet 1 pour cent de relance, affirmant que la libéralisation de 2
pour cent du PIB soit 1,2 trillions de dollars US permettra de relancer l'économie mondiale et de juguler
l'effet de la crise financière.
Il a affirmé que la plupart des dirigeants présents lors du sommet du G 20 à Washington sont conscients que
la crise actuelle est la première grande crise du 21ème siècle, celle de la globalisation, affirmant que ce
sommet a pris plusieurs mesures dont la relance des budgets, la surveillance des nouvelles normes de gestion
financière, la réforme des instruments de gouvernance financière mondiale, des mécanismes de Bretton
Woods et la réforme des structures du système bancaire mondial.
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