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Perception des agriculteurs de la cité de Kasenga (Haut-Katanga, RD Congo) sur la dégradation de la fertilité des sols et sa gestion

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UNIVERSITE TECHNIQUE KATUMBA MWANKE
Faculté des Sciences Agronomiques
Département d’Agronomie Générale
Perception des agriculteurs de la cité de Kasenga (Haut-Katanga, RD
Congo) sur la dégradation de la fertilité des sols et sa gestion

Mpanda Mukenza Médard
Travail de fin de cycle présenté et défendu en vue
de l’obtention du grade de gradué en Sciences
Agronomiques
Septembre 2018
UNIVERSITE TECHNIQUE KATUMBA MWANKE
Faculté des Sciences Agronomiques
Département d’Agronomie Générale
Perception des agriculteurs de la cité de Kasenga (Haut-Katanga, RD
Congo) sur la dégradation de la fertilité des sols et sa gestion

Mpanda Mukenza Médard
Travail de fin de cycle présenté et défendu en vue
de l’obtention du grade de gradué en Sciences
Agronomiques
Directeur : Prof. Dr. Ir. Useni Sikuzani Yannick
Encadreur: CT Ir. Tshomba Kalumbu John
Année Académique 2017-2018
i
Epigraphe
Quand l’homme aura coupé le dernier
arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le
dernier poisson, dégradé le dernier lopin
de terre, alors il comprendra que l’argent
ne se mange pas!
Proverbe amérindien
ii
Dédicace
A Mes très chers et tendre parents : MPANDA KANSADA Eddy et FEZA NGUDA
MPANDA MUKENZA Médard
iii
Remerciements
Ce n’est pas par le hasard que nous nous retrouvons aujourd’hui au terme de notre premier cycle
d’études en sciences agronomiques, mais ceci par le travail assidu et les efforts de tous les jours.
Le présent travail n’est pas une œuvre de singularité, ni même d’efforts personnels ; il a été
possible grâce à la collaboration avec plusieurs personnes. C’est le moment favorable pour nous
de montrer à certaines d’entre elles nos profondes reconnaissances et gratitudes. Nos vifs
remerciements s’adressent :
Aux gestionnaires de notre institution, l’Université Technique Katumba Mwanke (UKAM), pour
le soutien et les enseignants de qualités qu’ils ont mis à notre disposition ;
Au Prof. Dr. Ir. Useni Sikuzani Yannick, directeur de ce travail de fin de cycle, pour son soutien
moral, matériel, et surtout intellectuel. Avec des propos comme « pauvre est le disciple qui ne
dépasse pas son maître », il nous a toujours poussé à aller au-delà de nos limites ;
A notre encadreur, le CT Ir. Tshomba Kalumbu John pour son assistance et son encadrement,
malgré ses différentes occupations familiales et académiques. Son savoir-faire en matière
d’enquêtes socio-économiques reste gravé en nous ;
A l’Assistant Mwansa Muyembe, notre Secrétaire Générale Académique, pour sa discipline, sa
rigueur et ses encouragements ;
Aux mamans dont leurs contributions ne seront jamais comparables et resterons toujours gravées
dans nos cœurs. Il s’agit de maman Leticia, maman Didine, maman Giselle, maman Lucie,
maman Kapya, maman Moseka ;
A tous mes ami(e)s et collègues (de promotion) avec qui nous avons lutté. Particulièrement à
vous Kaniki Bukasa, Kesangana wa Kazadi, Ilunga Mulemba, Kazadi Monga et Musenge Nkulu,
Nous sommes très reconnaissant de vos bienfaits;
A nos sœurs et frères pour l’accompagnement et soutien sur différents plans. Spécialement à vous
Joël Mwange, Mbuyu wa Ilunga Emérence, Mpanda Ngugwa et Ndala Kibangasase David.
En fin, nos sincères reconnaissances s’adressent spécialement à nos très chers parents, Mpanda
Kansada Eddy et Feza Ngunda pour leur amour, contribution financière, spirituelle et morale. A
jamais nous ne vous oublierons.
MPANDA MUKENZA Médard
iv
Résumé
Face à l’échec des politiques variées de gestion des terres agricoles dans un contexte de
dégradation croissante de leur fertilité, il est pressant de mettre en place des stratégies durables
qui prennent en compte les connaissances locales. La présente étude a consisté à évaluer la
perception de la fertilité des sols, leur dégradation et les stratégies de gestion par les populations
locales de Kasenga à travers des enquêtes. Au total, 60 ménages agricoles choisis aléatoirement
dans la cité de Kasenga ont fait l'objet de nos enquêtes et les données collectées ont été soumises
aux analyses statistiques. Les résultats obtenus ont révélé que les agriculteurs de la cité de
Kasenga perçoivent la fertilité et sa dégradation par les aspects de la végétation en place, le
rendement obtenu et l’aspect physique des sols. Les effets de la dégradation des sols tels que
perçus par les agriculteurs locaux sont la diminution de la production végétale et par conséquent
le revenu. Pour faire face à cela, les stratégies développées par les agriculteurs locaux pour gérer
la dégradation des sols se résument en l’utilisation de l’engrais chimique, la jachère, la rotation
des cultures et l’installation des cultures sur des plates-bandes. Pourtant, certaines pratiques
comme la fertilisation minérale non maitrisée contribuent à la dégradation drastique des sols.
Nos résultats soulignent ainsi la nécessité et la pertinence de la prise en compte des perceptions
des agriculteurs sur les sols pour mieux orienter les mesures de leur gestion dans et autour de
Kasenga.
Mots clés: Dégradation des sols, fertilité des sols, éthnopédologie, production végétale, gestion
et conservation des sols, Kasenga
v
Abstract
Perception by farmers of Kasenga city (Upper Katanga, DR Congo) on the soil fertility
degradation and its management
Facing the failure of the policies varied of agricultural lands management in a context of
increasing deterioration of their fertility, it is pressing to elaborate sustainable strategies that take
in account the local knowledge. The present study consisted in valuing the perception of the
fertility of soils, their degradation and the strategies for its management developed by the local
populations of Kasenga through interviews. 60 farmers were randomly chosen in the city of
Kasenga and data collected have been submitted to the statistical analyses. The results show that
farmers of Kasenga city discerned fertility and its deterioration by the aspects of vegetation in
place, the crop yield and the physical aspect of soils. The effects of soils deterioration as
discerned by local farmers are crop yield decrease and therefore the income. To face it, the
strategies developed by farmers for the management of degraded lands are use of chemical
fertilizers, the lay in fallow or uncropped, the crop rotation and the tillage in flower beds.
However, some practices developed by local farmers, like little control in chemical fertilization,
could amplify soil degradation. Our results underline the necessity and the relevance of farmer’s
perception on soils fertility to orient the measures of their better management within and around
Kasenga city.
Key words: Soil degradation, soil fertility, ethnopedology, plant production, soils management
and conservation, Kasenga,
vi
Sommaire
Epigraphe __________________________________________________________________ I
Dédicace ___________________________________________________________________ II
Remerciements _____________________________________________________________ III
Résumé ___________________________________________________________________ IV
Abstract ____________________________________________________________________V
Liste des figures, tableaux et photos ____________________________________________ VIII
Introduction _________________________________________________________________ 1
Chapitre 1. Revue de la littérature ________________________________________ 3
1.1. Les sols : définitions et notions de fertilité _____________________________________ 3
1.1.1. Définitions ________________________________________________________________________ 3
1.1.2. Notions de la fertilité des sols ______________________________________________________ 3
1.1.2.1. Types de fertilités des sols __________________________________________ 4
1.1.2.2. Appréciation de la fertilité des sols ____________________________________ 4
1.2. Ethnopédologie, des connaissances locales au service de la qualification des sols _______ 5
1.2.1. Connaissances locales des sols et développement durable ____________________________ 6
1.2.2. Indicateurs paysans de la fertilité des sols ___________________________________________ 6
1.2.3. Etude des cas sur les techniques indigènes de gestion de la fertilité des sols ___________ 8
1.3. Les sols tropicaux : propriétés et niveau de fertilité_______________________________ 9
1.3.1. Propriétés des sols tropicaux _______________________________________________________ 9
1.3.2. Niveau de fertilité des sols tropicaux ________________________________________________ 9
1.4. La gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS) _______________________________ 10
1.4.1. Conservation et amélioration de la fertilité des sols _________________________________ 10
1.4.2. Fertilité des sols et sa dégradation : impact agronomique et social ___________________ 11
Chapitre 2. Milieu, materiels et methodes_________________________________ 14
2.1. Milieu _________________________________________________________________ 14
2.2. Collecte des données _____________________________________________________ 15
2.3. Analyse des données _______________________________________________________________ 16
Chapitre 3. Résultats _____________________________________________________ 17
3.1. Profil des agriculteurs_____________________________________________________ 17
3.2. Perception du niveau de la fertilité des sols ____________________________________ 18
3.3. Les stratégies de gestion des sols dégradés ____________________________________ 21
vii
Chapitre 4. Discussion des resultats ______________________________________ 22
Conclusion et perspectives ____________________________________________________ 24
Références bibliographiques ___________________________________________________ 25
Annexe ___________________________________________________________________ 31
viii
Liste des figures, tableaux et photos
Figure 1. Localisation des sites d’étude dans la cité de Kasenga, province du Haut-Katanga. 14
Figure 2. Genre et tranches d’âge des agriculteurs de la cité de Kasenga ________________ 17
Figure 3. Types de cultures pratiqués par les agriculteurs de la cité de Kasenga __________ 18
Figure 4. Perception des déterminants de niveaux de la fertilité des sols dans et autour de la
cité de Kasenga._____________________________________________________________ 19
Figure 5. Variation de la fertilité et perception des facteurs l’influençant selon les agriculteurs
de la cité de Kasenga. ________________________________________________________ 20
Figure 6. Évolution de la fertilité dans la cité de Kasenga sur une durée de 30 ans. ________ 20
Figure 7. Stratégies de gestion des sols en fonction de leur niveau de fertilité. ____________ 21
Tableau 1. Effectif d’agriculteurs enquêtés dans les différents quartiers de la cité de Kasenga15
Tableau 2. Présentation des enquêtés (ménages, expériences et activités) _______________ 17
Photo 1. Acanthospermum australe ________________________ Erreur ! Signet non défini.
1
Introduction
Relever les défis liés à la sécurité alimentaire mondiale et au changement climatique passe
nécessairement par une transformation radicale de l’agriculture et des pratiques de gestion des
terres (FAO, 2015). En effet, les plantes sont nourries en eau et en éléments nutritifs par le sol
qui constitue une ressource non renouvelable à l’échelle humaine. Le sol subit la pression des
activités humaines qui, non seulement consomment de plus en plus de surfaces agricoles, mais
en dégrade aussi la qualité (UNIFA, 2014).
Les pratiques figées de techniques agricoles traditionnelles occasionnent la perte de la fertilité et
de la protection du sol contre les stress climatiques (changement de température et d’humidité,
pluies, etc.) (Stéphane, 2014). Pour cette raison, Orou (2013) et Sanchez (2002) ont estimé que
la population mondiale serait confrontée aux problèmes d’insécurité alimentaire, qui concernera
95 % des pays en voie de développement et en particulier les pays d’Afrique subsaharienne. Au
regard des problèmes susmentionnés, Sanchez et al. (1997) ont conclu que la dégradation des
sols dans les exploitations agricoles était la principale cause de la baisse de la production
alimentaire par habitant en Afrique.
Depuis quelques décennies, la cité de Kasenga connait aussi un accroissement rapide en termes
de la population, ce qui fait que ses sols sont plus sollicités pour les activités agricoles. Toutefois,
cette agriculture qui est itinérante (sur brûlis) entraine une dégradation des sols que les
agriculteurs locaux sont contraints d’abandonner constamment. Malgré des démonstrations
probantes sur l’efficacité de nouvelles approches par rapport à la fertilisation des sols, les paysans
les adoptent très lentement (Barrera et al., 2006). Ceci suscite un certain nombre de questions sur
les rapports que les paysans entretiennent avec la fertilité des sols et sa dégradation. C’est ainsi
qu’une étude de la perception de la fertilité et sa dégradation par les agriculteurs de la cité de
Kasenga trouve son intérêt.
En effet, bien que le coût associé à l’amélioration du sol soit énorme par le fait qu’on fait recours
aux intrants externes, à la main d’œuvre et aux outils de pointe (machines, appareils etc.) (Wocat,
2009), le succès reste aussi mitigé du fait des connaissances fragmentaires sur la dégradation des
sols. C’est dans cette optique qu’intervient la notion d’éthnopédologie qui est d’une importance
inestimable par le fait qu’elle vise à comprendre et surtout documenter les différentes approches
locales sur la connaissance du sol, sa classification, son appréciation, son utilisation mais aussi
sa gestion (Barrera et al., 2006).
2
L’objectif global de ce travail est d’évaluer la perception locale de la fertilité et la dégradation
des sols afin de développer des stratégies adoptables par les différentes catégories d’agriculteurs.
De manière spécifique l’étude cherche à (i) décrire les agriculteurs locaux (ii) et à apprécier leur
perception sur les indicateurs de la dégradation des sols ainsi que les stratégies de gestion. La
démarche scientifique est construite autour des hypothèses que (1) la majeur partie des
agriculteurs dans la cité serait des adultes et majoritairement des femmes ; (2) des indicateurs
écologiques et agronomiques seraient utilisés pour percevoir la dégradation des sols ; (3) il existe
différentes options de gestion des sols, et qui seraient utilisées simultanément pour maximiser
les chances de produire sur sols dégradés.
Notre travail s’articule autour de quatre chapitres : le premier présente la revue de littérature, le
deuxième parle du milieu, matériels et méthodes utilisées, le troisième présente les résultats et le
quatrième discute les résultats obtenus. Une conclusion et des perspectives sanctionnent le
présent travail.
3
Chapitre 1. Revue de la littérature
1.1.
Les sols : définitions et notions de fertilité
1.1.1. Définitions
En agriculture, le sol est définit comme étant la couche la plus superficielle de l’écorce terrestre
que l’homme utilise pour la production des plantes et l’élevage des animaux (Maba, 2007)
Selon Anonyme (2016), sur le plan pédologique, le sol est défini comme étant une couche
biologiquement active du sol où l'on trouve des racines. Le sol comprend en principe une couche
supérieure (organo-minérale) qui est riche en organismes et en nutriments, et qu’on appelle terre
végétale, et une couche inférieure appelée aussi sous couche arable.
Le sol est un attribut fondamental qui détermine la productivité primaire et la vie sur terre
(Fairhurst, 2015).
1.1.2. Notions de la fertilité des sols
La fertilité des sols considérée comme la capacité à subvenir aux besoins des plantes (Sebillote,
1998) est l’un des concepts classiques et d’ultime importance pour l’agronomie et la science du
sol. Elle est conçue actuellement comme une capacité à produire durablement de la biomasse
végétale (Valérie et al., 2009). Elle ne se rapporte plus seulement au sol, mais au milieu naturel
et à son exploitation par l’homme (Sebillote, 1987). C’est pour quoi, Delville (1998) corrobore
que la notion de fertilité d'un sol renvoie à la fois aux caractéristiques du sol et à ce qu’en fait
l’agriculteur (cultures et techniques).
Morel (1989) pense quant à lui que la fertilité d’un sol est la facilité avec laquelle la racine peut
bénéficier dans ce sol des différents facteurs de croissance: chaleur, eau, éléments chimiques
nécessaires à la plante, substances organiques de croissance. Häberli et al. (1991) corroborent
qu’un sol fertile est celui qui présente une faune et une flore variées et biologiquement actives,
une structure typique, une capacité de dégradation intacte, mais aussi qui permet une croissance
normale des végétaux sans nuire à leurs propriétés, si ce n’est que garantir une bonne qualité des
produits.
De tout ce précède, le sol fertile devrait avoir une structure et une profondeur qui permettent aux
plantes de développer leurs racines pour s’ancrer, retenir l’humidité et évacuer l’eau en excès. Sa
4
composition doit permettre un bon approvisionnement en éléments nutritifs, en eau et en oligoéléments. Un sol fertile est un sol vivant, riche en vers de terre, champignons et bactéries qui
contribuent au recyclage de la matière organique et maintiennent une bonne porosité (Faure,
2016).
1.1.2.1. Types de fertilités des sols
Le sol étant un milieu complexe en considérant sa composition et structure, on peut définir sa
fertilité sur trois aspects, à savoir chimique, physique et biologique. Arnaud et al. (2014) pensent
que la fertilité chimique des sols est un concept complexe et n’est qu’une composante de la
fertilité globale ; elle est en effet en interaction étroite avec les autres composantes (physique et
biologique) de la fertilité.
Selon Mérelle (1998) :
-
la fertilité physique détermine les conditions de germination des semences, de
colonisation efficace des racines, d'aération et d'économie en eau et ce, à travers une
structure meuble, perméable et aérée du sol, retenant l'eau et en évacuant les excès,
-
la fertilité chimique a trait à la nutrition minérale des végétaux via les concepts de
biodisponibilité des éléments, de carences, de toxicités et d'équilibres,
-
la fertilité biologique est liée à l'activité biologique dont dépendent les transferts des
nutriments du sol à la plante et la minéralisation des matières organiques apportées
1.1.2.2. Appréciation de la fertilité des sols
Il existe quelques méthodes qui fournissent aujourd’hui des précieux renseignements sur l’état
du sol. Il s’agit avant tout de prendre le temps d’observer plus précisément les plantes, la surface
du sol, le sol et ses habitants (micro et macro organismes) (Bio Suisse, 2013).
Selon Bio Suisse (2013), l’appréciation de la fertilité des sols peut se faire par l’évaluation de
l’alimentation en eau et la nutrition minérale. Cependant, l’alimentation en eau dépend de : (a)
l’enracinement (limité par la structure et texture du sol, (b) la capacité de rétention maximum en
eau utile par le sol, (c) les conditions topographiques et (d) les exigences en eau des diverses
essences.
5
Par ailleurs, la nutrition minérale, le type d'humus et de sol, les associations végétales et la texture
du sol peuvent donner une idée globale de la richesse chimique. Ainsi, les sables sont souvent
pauvres, les argiles souvent riches bien que l'équilibre entre éléments ne soit pas forcément le
meilleur (Levy, 1988).
En somme, l’appréciation de la fertilité passe généralement par :
 L’examen du profil pédologique au travers de l’étude des paramètres comme le type et
épaisseur de l'humus, profondeur du sol ; dans chaque horizon, la texture, structure,
enracinement…peuvent être étudiés ;
 Les analyses de laboratoire qui peuvent être physiques (texture, stabilité structurale,
capacité au champ et point de flétrissement), chimiques (forme assimilable des différents
éléments nutritifs, pH, matière organique etc.) et biologiques (Levy, 1988).
1.2.
Ethnopédologie, des connaissances locales au service de la qualification
des sols
L’éthnopédologie vise à comprendre et surtout documenter les différentes approches locales sur
la connaissance du sol, sa classification, son appréciation, son utilisation mais aussi sa gestion
(Barrera et al, 2006).
Cependant, la notion d’éthnopédologie reste hybride du fait qu’elle a différentes sources ; elle
est bien nourrie par les sciences naturelles et par les sciences sociales. Elle englobe tous les
systèmes de connaissances empiriques des populations rurales sur les sols, des plus
traditionnelles aux plus modernes (Zinck et al, 2002).
Avoir des connaissances sur les systèmes de classification et de gestion de la fertilité des sols en
milieu rural est d’une grande importance pour le développement des nouvelles pratiques et des
approches de vulgarisation (Birmingham et al, 2003). Selon Kante et al. (1994), les savoirs
endogènes sont pratiques et basés sur l’expérience.
Il existe une nette différence entre les savoirs scientifiques qui sont développées à travers des
expérimentations conduites dans des stations de recherche ou en milieu réel et les savoirs paysans
(Zimmerer, 1994). Dorénavant, plusieurs études relatives aux connaissances locales sur les sols
6
existent et prennent de l’importance pour les chercheurs, les services de vulgarisation et les
institutions financières (Neimeijer, 1995).
Sur le plan pragmatique, les paysans connaissent bien les types de sol qu’ils exploitent, ils
possèdent des techniques adaptées et approuvées par les normes écologiques qui leurs permettent
de les conserver (Gyampoh et al, 2010).
La classification locale reste pragmatique et tournée vers la gestion durable des sols, ce qui n’est
pas toujours le cas avec les classifications scientifiques (Thiombiano, 1995). La classification
paysanne se fonde sur les caractères morphologiques du sol : texture, couleur, rétention en eau,
topographie (Schutjes et al., 1994).
1.2.1. Connaissances locales des sols et développement durable
Les chercheurs et vulgarisateurs font croitre de plus en plus leur intérêt sur la valeur des
connaissances des populations locales en matière des sols, ceci reste une tendance très
encourageante pour le développement durable.
Bien que les systèmes indigènes de la connaissance ne devraient pas être surestimés, ils
contiennent une grande richesse en écologie et sont à la fois la clé à la compréhension du contexte
socioculturel des producteurs ruraux en même temps qu’il représente une voie pour aborder les
problèmes qui ont compromis le développement agricole pendant plusieurs années (Ettema,
1994).
C’est ainsi qu’Osbahr et al. (2003) pensent que le développement technologique et des approches
de vulgarisation sont utiles dans le milieu rural, et dépend de la compréhension de la
connaissance et la gestion des sols par les agriculteurs locaux.
Sachant le rôle majeur des ressources en sols dans une production agricole et le fait que le sol
apparait comme une ressource non renouvelable sur l'échelle de temps humaine, la connaissance
indigène des sols, ou l'éthnopédologie, reste un aspect important dans l'agriculture durable.
Actuellement, elle attire plus d'attention (Ettema, 1994) et plusieurs études y sont consacrées
(Neimeijer, 1995 ; Barrera-Bassols & Zinck, 2003 ; Diallo & Diallo, 2016).
1.2.2. Indicateurs paysans de la fertilité des sols
7
En connaissant empiriquement le comportement moyen des sols, et en se référant à leur
classification vernaculaire, les paysans identifient leur fertilité. Ils agissent en se basant : (1) sur
la durée moyenne de culture possible par type de sol et par système de culture pratiquée (Souli
& Serpantié, 1996) ; (2) sur des indices biologiques et symptômes pédologiques d'une
dégradation de productivité ou de maturité de la jachère (Yoni, 1995; Donfack, 1998; Somé et
al., 1998; Soumana, 2000).
L'approche phyto-écologique permet de réaliser une vérification pertinente des plantes vis-à-vis
des stades clés de dégradation culturale et des reconstitutions post-culturales (Donfack, 1998).
L’usage de ces indices trouve son importance chez les paysans à revenu faible. Dans la zone
agricole du Haut-Katanga, Mukalay (2016) a indiqué qu’Acanthospermum australe est une
espèce végétale indicatrice des sols acides où la mobilité du phosphore est sensiblement réduite
(Photo 1).
Photo 1. Acanthospermum australe
Soumana (2000) s’interroge si on peut prendre en compte utilement et valoriser ces savoirs
locaux. Ainsi, la biomasse végétale représente un bon indicateur de maturité de la jachère
seulement en l'absence de prélèvements importants de bois.
Selon Somé et al. (1998), Andropogon gayanus, une graminée vivace, est considérée par les
paysans soudaniens comme un bon marqueur de jachère d'âge intermédiaire et de fertilité
retrouvée au Soudan. Aujourd'hui, sa présence ou son absence dépendent moins de l'âge de la
8
jachère que des modalités de son pâturage et de l'état du milieu en début de jachère (Fournier et
al., 1997).
1.2.3. Etude des cas sur les techniques indigènes de gestion de la fertilité des
sols
Selon Hecht et al. (2003), les mélanésiens des hautes terres de Nouvelle-Guinée fertilisent les
sols en y ajoutant un compost fait de mauvaises herbes, de graminées, de vieilles lianes et
d’autres matières organiques (dans des proportions pouvant atteindre 2,5 tonnes / are). Ils
utilisent les déchets domestiques, les cendres de foyers, les débris végétaux récupérés dans des
champs laissés en jachère, des bûches pourries et les fientes des poulets utilisés comme mulchs
et fertilisants afin d’enrichir la couche arable.
Les mélanésiens creusent des fossés autour des champs afin de faire baisser le niveau
hydrostatique et d’empêcher l’engorgement des sols et récupérèrent la boue organique de
ces fossés pour l’épandre sur la surface des sols. Les cultures de légumineuses qui fixent
l’azote atmosphérique, comme les haricots, en alternance avec d’autres cultures sont également
des approches développées par ces populations.
Sur les terrains très pentus, les Néo-Guinéens construisent des terrasses, érigent des barrières
destinées à retenir les sols et évacuent les excès d’eau par des drains verticaux.
Les indiens Kayapos d’Amazonie centrale allument des feux constants de faible biomasse et de
faible température, à base des mauvaises herbes, de déchets alimentaires et végétaux, de palmes
et de termitières pour en utiliser la cendre comme fertilisants (Hecht et al., 2003).
En Afrique de l’Ouest, on utilise le zaï qui est une technique traditionnelle de céréaliculture qui
consiste à concentrer l'eau et les nutriments autour de la plante cultivée semée dans un trou. Au
Nord du Burkina Faso, des producteurs ayant mis en œuvre le zaï ont vu leurs rendements
céréaliers augmenter de 400 kg/ha à près de 800 kg/ha (Sawadogo, 2006). En plus de
restaurer les terres dégradées, cette technique simple à réaliser permettrait ainsi de combattre
l’insécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest (Winterbottom et al., 2013).
Le cordon pierreux est une technique antiérosive qui favorise la conservation de l'eau et des
particules solides (nutriments, limons fins, etc.) dans les parcelles cultivées. Au sahel, Les
agriculteurs qui utilisent cette technique ont observé le retour d'espèces herbacées et ligneuses
9
dans les champs, comme par exemple, le dattier du désert (Balanites aegyptiaca), le marula
(Sclerocarya birrea), l'ébènier d'Afrique (Diospyros mespiliformis) ou encore les acacias
(Belemviré et al., 2008).
1.3.
Les sols tropicaux : propriétés et niveau de fertilité
1.3.1. Propriétés des sols tropicaux
Les sols tropicaux possèdent des propriétés qui leurs sont propres et qui les distinguent d’autres.
Ces propriétés sont les résultats de l’action du climat tropical sur le processus de formation des
sols. Ces sols sont situés en Afrique intertropicale, en Australie, en Inde, au Sud-Est Asiatique et
en Amérique du Sud (Mohr et al., 1972) et sont caractérisés par :
 une altération (ferralitique) avec formation de la kaolinite et des sesquioxydes libres.
 une couleur rouge ou jaunâtre
 une zone d’altération très profonde
 une teneur faible en minéraux altérable
 une capacité d’échange cationique faible
 une teneur faible en matière organique.
1.3.2. Niveau de fertilité des sols tropicaux
Il fut un temps où l'on parlait très généralement de la richesse extraordinaire des sols tropicaux,
ils devaient posséder 1 mètre d'humus et plus: On sait bien que cela n’est resté qu'une légende
(Erhart, 1947).
Selon Erhart (1947), des accumulations d'humus ne se trouvent sous les tropiques que dans les
bas-fonds où l'eau stagne, tandis que les terrains exondés comme les argiles latéritiques
anciennes, sont caractérisés au contraire par une absence quasi totale d'humus, et une lessivation
de toutes les bases alcalines et alcalino terreuses qui les rendent extrêmement pauvres.
Sanchez (2002) et Saïdou et al. (2008) pensent que les terres cultivées s’épuisent à un rythme
accéléré en zone tropicale et les rendements des cultures baissent continuellement en raison de
l’accroissement de la population et du raccourcissement de la durée de la jachère qui autrefois,
permettait un renouvellement de la qualité des sols.
10
1.4.
La gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS)
La gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS) peut se définir comme l’application des
pratiques de gestion de la fertilité des sols en les adaptant aux conditions locales et des
connaissances qui maximisent l’utilisation efficiente des engrais et des ressources organiques
pour améliorer la productivité des cultures. Ces pratiques incluent nécessairement la gestion des
engrais et des ressources organiques d’une façon appropriée en combinaison avec des
germoplasmes améliorés (Vanlauwe et al., 2010).
La GIFS n’est pas caractérisée par une seule pratique mais un ensemble d’approches combinées,
des technologies disponibles dans le but de préserver la qualité du sol lesquelles nous permettent
d’accroître la productivité des cultures (Sanginga & Woomer, 2009).
La GIFS est une réponse à une gestion de la terre car la dégradation des sols et l’épuisement des
éléments nutritifs posent un sérieux problème sur la vie et la sécurité alimentaire des populations
surtout rural (Sanginga & Woomer, 2009).
La GIFS vise à gérer les sols en combinant les différentes méthodes d’amendement et de
conservation de l’eau et des sols. Celle-ci prend en compte toutes les ressources agricoles et est
fondée sur les 3 principes suivants : (1) la maximisation de l’utilisation des différentes sources
organiques d’engrais ; (2) la minimisation des pertes en éléments nutritifs ; (3) l’utilisation
judicieuse des engrais minéraux en fonction des besoins et des disponibilités économiques
(Wocat, 2009).
1.4.1. Conservation et amélioration de la fertilité des sols
Dans la publication de Fairhurst (2015) basée sur la GIFS, quatre pratiques sont présentées en
matière de conservation et amélioration de la fertilité des sols :
 Utilisation d’intrants organiques
Les intrants organiques utilisés dans la gestion de la fertilité des sols sont généralement composés
de déjections animales (fumier de ferme), résidus de cultures, litière de forêt, déchets organiques
des ménages, matériel végétal décomposé (compost), et toute biomasse végétale récoltée à
l’intérieur ou à l’extérieur de l’environnement de la ferme pour l’amélioration de la productivité
du sol. Dans les zones urbaines et périurbaines, les intrants organiques peuvent aussi provenir
des déchets organiques industriels et des boues d’épuration.
11
 Utilisation d’engrais minéraux
Un engrais est une matière qui contient au moins un des nutriments des plantes sous forme
chimique qui, lorsqu’il est appliqué au sol, devient soluble dans les solutions du sol et disponible
pour les racines des plantes.
Certains engrais tels que l’urée, le chlorure de potassium (KCl) et le phosphate diammonique
(DAP) sont entièrement solubles dans l’eau, alors que d’autres tels que le phosphate naturel et la
dolomie sont partiellement solubles et libèrent les nutriments lentement sur plusieurs mois ou
années. Le but de l’utilisation des engrais est d’apporter des nutriments aux plantes.
 Utilisation des germoplasmes améliorés
Un germoplasme fait référence aux semences, jeunes plants et autres matériaux de plantation qui
ont été préparés pour répondre aux conditions spécifiques de l’environnement dans lequel ils
seront cultivés.
Bien que presque tous les germoplasmes améliorés produisent de meilleurs rendements que les
variétés « locales », le rendement n’est pas la seule considération, particulièrement quand les
semences sont semées dans un environnement rude qu’on retrouve dans de nombreuses régions
d’Afrique subsaharienne. Une gestion améliorée de la fertilité du sol est généralement requise
pour tirer parti au maximum de l’investissement dans les variétés améliorées.
 Utilisation d’inoculum à champignons mycorhiziens arbusculaires
Les champignons mycorhiziens arbusculaires sont des organismes bénéfiques qui peuvent être
préparés comme produits commerciaux et sont largement utilisés en agriculture. Les cultures
réagissent différemment aux mycorhiziens, certaines espèces devenant entièrement dépendantes
(obligatoires), partiellement dépendantes (facultatives) ou ne réagissant pas.
Des inocula commerciaux sous forme de champignons mycorhiziens à arbuscules existent sur le
marché et ont été utilisés pour améliorer la productivité des cultures dans des programmes
agricoles, forestiers et de réhabilitation du sol.
1.4.2. Fertilité des sols et sa dégradation : impact agronomique et social
Stéphane (2014) pense que la principale cause de diminution ou de perte de la fertilité des sols
est la pratique figée de techniques agricoles traditionnelles. Cependant, l’augmentation de la
population et la diminution des terres disponibles réduisent la durée des jachères, ce qui amène
12
de fortes pressions sur les ressources du sol. Le travail du sol a donc un impact majeur sur la
fertilité. L’agriculture itinérante sur brûlis des zones boisées permet de libérer de nombreux
éléments chimiques que le sol a accumulés pendant des années par la tombée des feuilles et les
carcasses de vers de terres, insectes (Stéphane, 2014).
Par l’effet des cultures, l’appauvrissement des sols apparait très rapidement (un à trois ans en
fonction de la plante cultivée) avec perte de la source d’humus et de la protection du sol contre
les stress climatiques (changement de température et d’humidité, pluies, etc.) qui était assurée
par les arbres (Stéphane 2014).
Selon Faure (2016), actuellement la notion d’agriculture de conservation émerge et repose sur
les rotations, l’utilisation de couverts et la limitation du travail du sol comme les techniques sans
labour, les techniques culturales simplifiées et le semis direct sous couverts végétaux qui
permettent de limiter le tassement et de maintenir la structure des sols.
L’autre pilier de la fertilité des sols est l’apport de biomasse, c’est-à-dire l’apport de matières
organiques qui nourrissent le sol et entretiennent le stock d’humus : on peut donc laisser les
résidus de cultures (pailles, cannes de maïs…), réaliser des inter-cultures (qui, selon les espèces
procurent plus ou moins de carbone et d’azote), apporter des amendements, du compost…
(Sanginga & Woomer, 2009).
Ces intrants n’ont pas la même composition et apportent des éléments différents et
complémentaires. Certains, facilement dégradables, restituent des éléments nutritifs rapidement
(comme les engrais verts). D’autres, plus riches en carbone, mettent plus de temps à se dégrader,
améliorant ainsi la structure du sol sur le long terme. L’apport de matières organiques entretient
la vie du sol, faisant entrer ce dernier dans une dynamique fertile qui profitera aux cultures
principales (Faure, 2016).
En améliorant le sol (le rendre fertile), les agriculteurs peuvent s’attendre aux avantages qui sont
entre autres (Stéphane, 2014) :
 L’augmentation des rendements, diminution de la nécessité d’ouvrir de nouveaux
espaces, donc fixation des agriculteurs, augmentation des possibilités de diversification
agricole ; amélioration de la sécurité alimentaire, l’augmentation des revenus directs
grâce aux possibilités de vendre les excédents de production, l’augmentation des emplois
par exploitation agricole. La capacité d’investissements permet des achats d’intrants ;
13
 Une diversification des sources de revenus, la réduction de la dépendance face à un seul
produit et face aux dangers liés aux maladies ;
 Une réduction considérable de la pression sur les forêts, l‘apport des facteurs des
bénéfices forestiers énormes (biodiversité, stabilisation des bassins versants, etc.), la
diminution du temps de travail de préparation de la terre et de la pénibilité des tâches
notamment celles réalisées par les femmes (tous deux associés à l’abandon de l’abatisbrûlis). Les résultats climatiques (atténuation des émissions de carbone forestier) peuvent
être très forts dans un contexte où l’abatis-brûlis est la principale cause de déforestation
et de dégradation forestière, comme en RDC.
14
Chapitre 2. Milieu, matériels et méthodes
2.1.
Milieu
La présente étude s’est réalisée dans le territoire de Kasenga, plus précisément dans la cité qui
tient la même appellation (cité de Kasenga ; Figure 1), se trouvant au centre de ce dit territoire
(10° 21’ 17’’ - 10° 26’ 28’’ S et 28° 35’ 11’’ - 28° 37’ 25’’ E).
Le territoire de Kasenga se trouve dans la province du Haut Katanga en République
Démocratique du Congo. La cité est limitée par la rivière Luapula à l’est, à l’Ouest la Lubi, et se
situe sur une altitude qui varie autour de 970m, avec un climat de type Aw5 selon le système de
classification de Köppen (Kasongo, 2008).
Figure 1. Localisation des sites d’étude dans la cité de Kasenga, province du Haut-Katanga.
Selon CAID (2015), le territoire de Kasenga occupe près de 23791 Km² et sa population est
passée de 208791 habitants à 445830 habitants entre 2003 et 2015 (Anonyme, 2005).
15
Ce territoire comptait près de 60290 ménages agricoles en 2013 (IPAPEL, 2014). Les sols du
territoire de Kasenga sont principalement de cambisols (Kasongo, 2008) ; cependant, on peut
aussi rencontrer des Ferralsols et fluvsil dans ce même territoire (Ndembo et al., 2014). La forêt
claire de miombo constitue la végétation primaire. Elle est en constant remplacement par des
savanes depuis quelques années (Cabala et al., 2017).
La vocation agricole du territoire de Kasenga est axée principalement sur les cultures de maïs,
de manioc, d’arachide, de haricot commun, de patate douce et de pomme de terre (Ndembo et
al., 2014), sans oublier la culture de riz qui enregistre un regain non négligeable (CAID, 2015).
2.2.
Collecte des données
La taille de l'échantillon a été déterminée en fonction de la disponibilité des ménages agricoles
rencontrés dans la cité de Kasenga. Ainsi, suivant l’homogénéité des activités et pratiques, nous
avons créé un échantillon en groupant les quartiers en trois sites, à savoir Mwalimu
(10°22'15.39"S et 28°36'43.07"E), quatre coins (10°23'43.59"S et 28°37'0.48"E) et Kyabwato
(10°24'16.03"S et 28°37'2.51"E). Pour chaque site, les agriculteurs sélectionnés aléatoirement
sur les différentes avenues des quartiers ont été interrogés. L’étude qui a duré 2 mois environ,
soit du 21 mars au 6 Avril 2018, s’est intéressée à toutes les catégories d’agriculteurs. L’effectif
de l’échantillon est présenté dans le tableau 1. L’échantillonnage a été fait après un échange avec
les chefs de quartiers, ce qui a permis de tenir compte des poids de chaque quartier dans l’effectif
total.
Tableau 1. Effectif d’agriculteurs enquêtés dans les différents quartiers de la cité de Kasenga
Acteurs
Producteurs des cultures vivrières
Producteurs des légumes
Producteurs des fruits
Total
Mwalimu
19
9
2
30
Quartiers/sites
Quatre coins Kyabwato
18
19
9
8
0
3
27
30
Total
56
26
5
87
Les données ont été collectées moyennant des guides d’entretien semi-directifs, destinés aux
différents acteurs faisant partie de l’échantillon. Brièvement, deux techniques essentielles ont été
utilisées : les entretiens structurés et non structurés :
-
Les entretiens structurés ont été réalisés à l’aide d’un questionnaire (voir annexe) adressé
aux différents acteurs.
16
-
Les entretiens non structurés ont été également utilisés tout au long de la recherche sur le
terrain. Ils ont permis de vérifier et de compléter certaines informations au cours des
enquêtes.
Les données collectées (quantitatives et qualitatives) sont relatives aux perceptions et mesures
de gestion mises en œuvre par les enquêtés, pour la fertilité et sa dégradation.
2.3. Analyse des données
Les données collectées ont fait l'objet de saisie avec le logiciel EXCEL 2013 pour le traitement
informatique et les analyses statistiques. Ce même logiciel a ensuite été utilisé pour la
construction des graphiques et a permis d'obtenir les moyennes, fréquences, médianes,
maximum/minimum etc. des paramètres étudiés afin de dresser le profil des cultivateurs, leur
perception de la dégradation des sols ainsi que la gestion de cela.
17
Chapitre 3. Résultats
3.1. Profil des agriculteurs
La figure 2 donne un aperçu général sur le genre et différentes tranches d’âges des agriculteurs
dans la cité de Kasenga. Il ressort des enquêtes que les agriculteurs de la cité de Kasenga sont
majoritairement des femmes. Néanmoins, quel que soit le genre, les agriculteurs rencontrés sur
terrain sont majoritairement âgées de 50 ans et plus (50 %).
Genre
Homme
Tranches d'âge
Femme
2%
16%
50%
32%
38%
62%
20-25ans
26-40ans
41-50ans
51ans et plus
Figure 2. Genre et tranches d’âge des agriculteurs de la cité de Kasenga
Le tableau 2 révèle que la taille moyenne des ménages des agriculteurs enquêtés varie entre 6 et
7 avec un maximum de 13 personnes par ménage et un minimum de 1. Les années d’expériences
moyennes vont jusqu’à 15 ans, pour un maximum de 40 ans pour les plus anciens, et un minimum
de 1 an pour les débutants. Chacun de ces agriculteurs réalise en moyenne 3 à 4 cultures, pour
un maximum de 7 et un minimum de 1.
Tableau 2. Présentation des enquêtés (ménages, expériences et activités)
Moyenne Ecartype
Médiane
Max
Min
Ménages (n=60)
6,7
±2,5
7
13
1
Années d’expérience (n=60)
16,4
±11,0
15
40
1
Nombre des cultures (n=60)
3,8
±1,4
3
7
1
18
Les enquêtes ont par ailleurs révélé que les agriculteurs de la cité travaillent sur trois types de
cultures (le maraichage, la culture vivrière ainsi que les arbres fruitiers). Cependant, il convient
de noter que les cultures vivrières sont plus sollicitées que le maraichage et les cultures fruitières
(Figure 3).
Cultures
fruitères
7%
Cultures
maraîchères
29%
Cultures
vivrières
64%
Figure 3. Types de cultures pratiqués par les agriculteurs de la cité de Kasenga
3.2. Perception du niveau de la fertilité des sols
La perception du niveau de la fertilité est résumée sur la figure 4. Il en résulte que (1) pour un
sol très dégradé (niveau bas), les enquêtés arrivent à le découvrir par une mauvaise floraison (42
%), par l’absence de la végétation (25 %), par la présence du sable (14 %) et par la couleur
rouge (14 %); (2) pour un sol un peu dégradé (niveau moyen), 62 % des agriculteurs l’identifient
par la présence de la végétation, 25 % par le rendement, 10 % par la présence des sols mélangés
et 4 % par la présence d’une faible quantité de sable ; (3) le niveau élevé de la fertilité est perçu
par la présence d’un sol noir (50 %), par un rendement élevé (28 %) et par une présence
abondante de la végétation (22 %).
80
60
40
20
Niveau bas de fertilité
Niveau moyen de fertilité
Végétation abondante
Rendement élevé
Sol noir
Moins de sable
Couverture moyenne de
végétation
Rendement moyen
Mélange des couleurs du sol
Absence de végétation
Mauvaise floraison
Sol de couleur rouge
0
Présence du sable
Fréquence relative (%)
19
Niveau élevé de
fertilité
Figure 4. Perception des déterminants de niveaux de la fertilité des sols dans et autour de la cité
de Kasenga.
Aussi, la majorité des enquêtés (77 %) estiment qu'il y a une baisse de la fertilité des sols (Figure
5). Seulement 18 % des enquêtés estiment que la fertilité est demeurée constante depuis un laps
de temps. Par ailleurs, les facteurs influençant la variation de la fertilité des sols sont, selon les
agriculteurs locaux, le travail du sol (57%), les précipitations (8 %) et l’engrais chimique (~2 %).
Il est à noter que 33 % d’enquêtés ne connaissent pas les causes de cette dégradation.
Fréquence relative (%)
20
100
80
60
40
20
Pas d'idées
Engrais chimiques
Précipitations
Travail du sol
Constance
Diminution
Augmentation
0
Variation de la fertilité des sols Déterminants de la variation de la fertilité
des sols
Figure 5. Variation de la fertilité et perception des facteurs l’influençant selon les agriculteurs
de la cité de Kasenga.
La figure 6 ci-dessous révèle qu'un nombre important des populations enquêtées (80 %) note que
la fertilité a varié il y a de cela 5 ans et le reste l’a noté il y a plus de 5 ans.
Après 30ans
Après 15ans
Après 5ans
Figure 6. Évolution de la fertilité dans la cité de Kasenga sur une durée de 30 ans.
21
3.3.
Les stratégies de gestion des sols dégradés
Face à la dégradation des sols, les agriculteurs ont développé des stratégies d'amélioration
(1) au niveau bas (sol complètement dégradé) et (2) au niveau moyen (sol un peu dégradé) de la
fertilité (figure 7). 30 % des enquêtés préfèrent l’utilisation d’engrais, 9 % mettent leurs terrains
en jachère, 29 % recourent à la rotation des cultures, 4 % font le labour en planches et le reste
d’enquêtés (28 %) ne savent pas quoi faire pour restaurer la fertilité de leurs sols.
Pour le niveau moyen, il reste à noter que 33% souhaitent l’utilisation d’engrais, 7 % la jachère,
22 % la rotation, 4 % font des cultures sur plates-bandes et pour les autres (34 %) aucune stratégie
d’amélioration.
35
Fréquence relative (%)
30
25
20
15
10
5
0
Engrais chimiques Mise en jachère
Niveau bas de fertilité des sols
Rotation des
cultures
Labour sur billons
Niveau moyen de fertilité des sols
Figure 7. Stratégies de gestion des sols en fonction de leur niveau de fertilité.
22
Chapitre 4. Discussion des résultats
En ce qui concerne l’agriculture dans la cité de Kasenga, les vieux travaillent plus que les jeunes ;
ce qui devrait être normalement le contraire. Cela fait que la production diminue au jour le jour
dans la cité en raison de divers cas d’abandon par les vieux, voire le décès. Ces résultats
corroborent ceux trouvés en Ethiopie dans l’étude d’Akinnagbe et al. (2011) sur la perception
des effets de la dégradation des sols sur les activités agricoles. On peut retenir donc que le niveau
de production dans la cité parait faible en raison d’une certaine forme de faiblesse au niveau de
l’un des 3 facteurs de production (à savoir le travail), bien que l’agriculture soit par excellence
le secteur refuge des populations locales.
Dans la cité de Kasenga, les producteurs ne se basent pas sur un seul indicateur pour évaluer
l’état de fertilité des sols mais se fondent plutôt sur la combinaison des plusieurs critères
probablement pour confirmer leur perception. A ce niveau, nos résultats corroborent ceux de BioLafia (2007) et Akpo et al (2016). Les agriculteurs distinguent les paramètres écologiques et
agronomiques parce qu’ils sont simples et faciles à appréhender, sans perdre de vue qu’ils sont
également moins couteux ; ce qu’ont confirmé Somé et al. (1998) au Burkina Faso. Les paysans
de la cité de Kasenga commencent à percevoir la baisse de la fertilité à partir de certains indices
: (i) la terre devient rouge et sableux. Il est également reconnu scientifiquement que les sols
sableux à faible capacité de rétention d’eau et de nutriments sont pauvres (Sanginga & Woomer,
2009) ; (ii) l’absence de la végétation et la mauvaise floraison des plantes cultivées au cours de
leur croissance pourraient être indicatifs des sols pauvres, avec comme conséquence une baisse
de rendement.
Toutefois, il est important de souligner que la baisse de rendement est généralement causée par
plusieurs facteurs (maladies, précipitations…) et non par un facteur unique. Pour les agriculteurs
de la cité, lorsqu'un champ qui produisait relativement bien enregistre une baisse de production,
il est évident qu'il commence à se fatiguer et qu'il faille le laisser en jachère quoi que la pression
démographique tende à raccourcir la durée de cela. In fine, la croissance rapide d’une population
essentiellement agricole (CAID, 2015) a amplifié la pression sur les ressources en terre dont la
dégradation a été observé il y a 5 à plus de 30 selon nos enquêtes. Bogaert et al. (2005) ont
reconnu que la pression anthropique sur les paysages naturels, associée à l’évolution
démographique, a augmenté sensiblement ; ce qui nécessite le développement des techniques et
modèles adéquats à évaluer ces interactions entre la société et les ressources en terres notamment.
23
Concernant la gestion de la fertilité des sol dans la cité, il est ressorti de nos enquêtes que la
population locale met en place certaines pratiques de restauration et de conservation du sol
comme l’utilisation d’engrais chimiques, la jachère, la rotation des cultures et le labour en
planches. Il convient de noter que ces pratiques paysannes concordent avec les recommandations
scientifiques (Sanginga & Woomer, 2009). Toutefois, dans le contexte de Kasenga dominé par
des sols sablonneux, le recours au labour en planches, normalement approprié sur sols gorgés
d’eau et l’utilisation peu contrôlé d’engrais chimiques, sont discutables. Des études conduites à
Lubumbashi par Useni et al. (2012 ; 2013) et Kitabala et al. (2016) sur la culture de maïs ont
souligné qu’une utilisation continue des engrais chimiques contribue à la dégradation des sols.
En confrontant nos résultats par rapport à la littérature ailleurs, l’on peut noter clairement que les
pratiques paysannes sont généralement locales et par conséquent différentes en fonction des
contextes des sites étudiés (Sawadogo, 2006 ; Belemviré et al., 2008). L’étude de Zougmoré et
al. (2004) sur la gestion de la dégradation des sols au Sahel a montré l'efficacité des cordons
pierreux et des bandes enherbées sur la réduction du ruissellement et de l'érosion, ainsi que la
rétention de l'eau dans les parcelles installées sur sols sablonneux; pourtant cette pratique n’a
pas été mentionnée dans le contexte de la cité de Kasenga.
24
Conclusion et perspectives
La présente étude s’est appuyée sur des enquêtes auprès de 60 ménages répartis dans 3 quartiers
de la cité de Kasenga afin de mettre en évidence la perception des agriculteurs locaux sur la
dégradation de la fertilité des sols et sa gestion.
Les résultats de cette étude révèlent que les agriculteurs locaux, majoritairement des femmes
adultes, utilisent des indicateurs écologiques (la végétation en place, la couleur du sol) et
agronomiques (le rendement obtenu) pour apprécier la santé des sols. De plus, les agriculteurs
locaux reconnaissent que la dégradation des sols peut faire chuter drastiquement leurs revenus.
Face à cela, différentes pratiques sont adoptées par les agriculteurs locaux pour restaurer la
fertilité des sols. Les révélations de la présente étude corroborent les observations scientifiques,
bien que certaines pratiques utilisées puissent amplifier la dégradation des sols.
Il devient évident que les services de vulgarisation fassent un accompagnement technique et
pratique sur la connaissance et la gestion de la fertilité des sols aux agriculteurs de la région, avec
des nouvelles approches de la gestion intégrée de la fertilité des sols.
Notre étude a permis de qualifier les indicateurs de la dégradation des sols, leur quantification
s’avère urgente et devrait par conséquent faire partie des axes de recherche à court terme à
l’UKAM.
25
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31
Annexe
Perception des agriculteurs sur la dégradation de la fertilité des
sols et sa gestion dans la zone de Kasenga
I.
Identification des cites
Axe:
Coordonnées :
Personne de contact :
II. présentation des enquêtés
a. Sexe :
Tranche d’Age : 20 à 25ans
, 26-40ans
, 41-50ans
50 ans et plus
b. Taille du ménage :
c. Expérience en agriculture (nombre d’année) :
d. Secteur d’activité : culture vivrière
Maraichage
Culture fruitière
satisfaisante
mauvaise
III. Evaluation de la fertilité dans la cité
a. Appréciation : Bonne
b. Variation : Augmentation
,
baisse
,
pas de changement
c. Facteurs influençant la variation
………………………………………………………………………………………
…………...…………………………………………………………………………
…………………….......
d. Temps de variation :
5ans
15ans
30ans
IV. Impact de la fertilité et la dégradation des sols sur les cultures de base
Les effets de la fertilité
Les effets de la dégradation
32
V.
Perception de la fertilité des sols
Niveau
de Facteur
Cultures
Action
fertilité
indicatif
adaptées
améliorer
pour Evolution
dans
5ans si rien n’est
fait
Bas
Moyen
Elevé
VI. propositions pour la gestion et conservation de la fertilité
-Agroforesterie
-Culture de légumineuse
-Matière organique
-Engrais chimique
-Jachère
Autres:…………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………......
VII. observation si nécessaire
1. .............................................................................................................................................
.........................................................................................................................................
2. …………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………..
VIII. Cultures pratiquées et niveau de rendement
Culture
Rendement
Quantité
espace
Culture
Rendement
quantité
espace
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