UE10 – Tissu sanguin
Dr Mohr
Date : 11/04/2016
Promo : P2 2015-16
Ronéistes : Deba Marine
Pillet Manon
Plage horaire : 8h30-10h30
Enseignant : Dr. Mohr
Sémiologie des syndromes d’insuffisance médullaire et
tumorale
I. Syndrome d’insuffisance médullaire
1. Syndrome anémique
2. Syndrome infectieux
A. Neutropénie
B. Lymphopénie
C. Hypogammaglobulinémie (ou splénectomie)
3. Syndrome hémorragique
II. Syndrome tumoral hématopoïétique
1. Adénopathie
A.
B.
C.
D.
Interrogatoire
Examen clinique
Rapport de l’examen clinique
Diagnostics différentiels
2. Splénomégalie / hépatomégalie
3. Douleur osseuse
4. Autres atteintes
A.
B.
C.
D.
E.
Atteinte méningée
Atteinte testiculaire
Atteinte des gencives
Atteinte cutanée
Leucostase
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Ce cours est le pendant de toute la sémiologie hématologique, il est très transversal. D’abord, l’insuffisance
médullaire est l’absence de production de cellules médullaires. Dans la moelle, on produit les lignées
érythroïde, myéloïde, lymphoïde et plaquettaire, on va voir la clinique qui en découle.
Puis on va voir le syndrome tumoral hématopoïétique, alors le syndrome tumoral est assez facile à
comprendre quand on parle d’un cancer de la prostate ou du poumon : on peut voir la grosseur, les
métastases. Dans les hémopathies c’est plus compliqué de parler d’un syndrome tumoral.
I. Syndrome d’insuffisance médullaire
Ce syndrome est lié à la présence d’une pancytopénie biologique. Il associe 3 syndromes cliniques en lien
avec ces cytopénies :
- syndrome anémique (Cf cours précèdent)
- syndrome infectieux
- syndrome hémorragique (cf cours du Dr Chaminade)
1. Syndrome anémique
2. Syndrome infectieux
En hématologie, il est lié à la baisse :
- des PNN => neutropénie
- ± des lymphocytes => lymphopénie
Ces 2 anomalies peuvent entrainer un syndrome infectieux qui est essentiellement :
- bactérien et fongique
- directement proportionnel
• à la profondeur de la neutropénie
• à la durée de la neutropénie
On n’aura pas le même risque infectieux en fonction du chiffre des GB et on n’aura pas le même risque
infectieux en fonction de la durée de cette baisse des GB.
On a un risque infectieux :
- modéré si : 500/mm3 < PNN < 1000/mm et < 7jours (moins de capacité à se défendre)
- majeur si : < 500/mm3 et >7 jours (vraiment très démuni face aux infections)
La norme basse des PNN est de 1500/mm, globalement entre 1000 et 1500 il n’y a quasiment aucun risque
infectieux, on se défend correctement. Plus le temps passe plus vous vous exposez au risque de contracter
une infection.
C’est important de déterminer le risque théorique d’un patient !
Il faut toujours revenir à l’hématopoïèse, les PNN et les monocytes sont développés à partir d’un progéniteur
commun le CFU-GM avant d’être séparé.
Rappel sur les PNN :
- rôle dans la lutte anti-bactérienne et anti-fongique
Il possède des propriétés de :
- motilité (peut se déplacer)
- de margination (capacité à se mettre en action) et de diapédèse
(traverser les vaisseaux sanguins)
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- d’adhésivité et phagocytose (détruire les bactéries)
- de bactéricidie
Leur origine :
- viennent du CFU-GM
- précurseur commun avec les monocytes
- maturation en 14 jours
Dans le sang, ils ont 1/2 vie de 6h et puis 50% sont circulants et 50% sont marginaux (contre la paroi des
vaisseaux) : c’est pour ça que sur les déficits en GB parfois c’est en lien avec la margination donc on fait un
test et on se rend compte que les PNN sont bien présents, ils sont juste un peu plus contre la paroi que la
norme mais ils peuvent toujours se mettre en action.
Ils sont en action dans les tissus pendant 1 à 2 jours et tous les jours ils se renouvellent.
Schéma
On a une plaie et des bactéries qui entrent. Ainsi, des PNN qui étaient contre la paroi des vaisseaux se
mettent en action, traversent les capillaires et viennent lutter sur le site de l’infection ; elles ont été appelées
par des cytokines.
Tableau
On a la durée de vie de chaque cellule sanguine, on voit un renouvellement très important des PNN.
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A. Neutropénie
Le syndrome infectieux lié à la baisse des PNN (plus tard on parlera de la baisse des lymphocytes).
Cliniquement on a des présentations différentes en fonction de la durée et de la profondeur de la
neutropénie.
- Si PNN < 500/mm3 : (on sera dans situation d’aplasie) on a donc un risque de :
• syndrome infectieux sévère qui fait un tableau très bruyant:
- Fièvre à 40°C, frissons (≠ frissons quand on a froid là ce sont des vraies décharges qui font bouger le lit du
patient)
- Signes de choc (hypotension, marbrures, voire coma) = choc septique
• décès rapide du patient en l’absence de traitement antibiotique : en fonction de la bactérie le décès
peut survenir dans les heures qui suivent : urgence thérapeutique !
Les ATB sont systématiques chez un patient qui fait de la fièvre qui a un syndrome infectieux et qui a une
aplasie en raison du risque vital.
Vidéo sur les PNN
- phagocytose d’une bactérie par un PNN (vue avec JJH)
- multiplication bactérienne
En dehors du choc septique (que tous les patients atteints de neutropénie ne présenteront pas), ils peuvent
aussi avoir des syndromes infectieux classés en 2 grands groupes, ceux liés aux infections bactériennes et
ceux liés aux infections fongiques. Ces présentations concernent à la fois les patients qui ont des
PNN < 500/mm3 mais aussi ceux qui ont des 500 < PNN < 1000.
La sémiologie clinique commune
- en l’absence de PNN on a :
• une symptomatologie qui est masquée (pas de pus, pas de toux ou d’expectoration
purulente qui d’habitude signent la lutte des PNN sur le site infecté, ici on a un tableau peu
bruyant et peu de signes cliniques).
• mauvaise rentabilité des hémocultures (plus de mal à trouver les bactéries dans le sang)
- nécessite un examen clinique rigoureux +++ (les signes cliniques seront discrets)
• recherche de porte d’entrée infectieuse
• peut toucher tous les organes (pulmonaire, urinaire, digestif, ORL, méningé, cutané)
a) Infections bactériennes
Les infections seront multiples et récidivantes, parfois différents germes seront responsables soit en même
temps soit de manière décalée car on va rencontrer beaucoup de bactéries et du coup on va faire syndromes
infectieux réguliers.
Ceux qui ont le risque d’un syndrome infectieux grave, sévère et brutal : ce sont les bacilles Gram - . En
effet, on a une prolifération bactérienne qui est telle que cela peut entrainer des chocs septiques.
Les infections les plus fréquentes chez les ID :
- angines ulcéro-nécrotiques ++++ (angine de Vincent) : plus sévères que les angines classiques qui sont
érythémateuses.
- abcès cutanés plutôt inflammatoires sans présence de pus
- pneumopathies+ ++, infections respiratoires, l’appareil pulmonaire est souvent touché car il est facilement
en contact avec le milieu extérieur
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Globalement on va avoir deux risques d’infections bactériennes :
- soit localisée à un organe mais qui peuvent disséminer secondairement
- soit disséminées directement
Dans les infections localisées :
- il y a plusieurs portes d’entrée possibles
- la plus fréquente :
 péri-orificielle ++ (parce que c’est en contact avec l’extérieur) :
• infections dentaires, ORL (angines ulcéro-nécrotiques)
• abcès périnéal (au niveau du périnée on n’a pas de barrière comme la plèvre pour le poumon
ou le péritoine pour le tube digestif, il existe donc un risque de diffusion qui peut remonter très haut dans
l’abdomen : c’est la gangrène de Fournier)
 Pneumopathies +++ souvent à pneumocoques
 Abcès cutané
 Infections profondes : abcès pyélique
Tout organe peut être touché par des infections
Angine de Vincent : tout ce qui est érythémateux c’est
l’amygdale gauche qui est très volumineuse et empiète sur
l’amygdale droite saine. En 3 c’est la luette complètement déviée,
le dépôt blanc c’est de la nécrose sur une ulcération sur une
amygdale volumineuse et infectée : c’est une angine de Vincent.
C’est une angine toute indurée et en plus on a des risques de
dissémination car dans l’oropharynx on n’a pas de barrière
anatomique : on peut ainsi avoir jusqu’à une atteinte méningée.
Une angine peut être très grave chez des patients ID alors que
c’est banal classiquement.
Une infection oculaire qui a peut-être commencé par un orgelet et voilà
ça peut faire des abcès périorbitaires avec impétiginisation ici c’est
surinfecté.
Radio : On voit sur le lobe pulmonaire droit supérieur une
opacité avec une ligne qui dessine bien le lobe qui signe une
infection
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Scanner une infection visible grâce à une densité en
postérieur au niveau du parenchyme à gauche
Gangrène de Fournier : ça commence par une
petite infection banale au niveau de l’anus, c’est
une urgence, le traitement est chirurgical : ça
donne une embolie gazeuse quand on appuie
dessus on entends des crépitants. Ce sont des
infections rares mais avec une mortalité très
importante > 50%.
Question : En combien de temps peut se propager la gangrène de Fournier?
Réponse : En quelques jours généralement, il faut être très vigilant et souvent examiner la marge anale des
patients pancytopéniques.
Question : Il y a une limite inférieure de PNN qui nécessite que le patient soit dans une bulle?
Réponse : Alors les bulles ça n’existe plus maintenant, on parle de chambre stérile avec un traitement de
l’air car le risque principal est le risque respiratoire fongique à l’aspergillose qui peut être sévère et qui est
dans l’air. Il y a donc un flux laminaire d’air, il ne stagne pas c’est l’indication principale pour un patient
qui a PNN<500/mm3 pendant plus de 7 jours.
En dessous de 500/mm3 quelque soit la durée il faut mettre un masque car les infections respiratoires sont
les plus importantes.
Après les bactéries endogènes sont aussi responsables d’infections et là même la bulle ne sert à rien on ne
peut pas se nettoyer au Karcher© de l’intérieur. Si un patient a moins de 1500 PNN/mm3 pendant 1 mois il
99,9% de risque de se faire infecter par ses bactéries endogènes.
Parfois par exemple pour la chimiothérapie où on a une baisse des PNN sur 2-3 jours on peut rester à la
maison mais il faut être vigilant et faire l’éducation thérapeutique : s’éloigner des gens malades, pas trop
sortir de chez soi, consulter si on a de fièvre ou de la toux.
Question : Pourquoi prend-t-on un seuil de 200/mm3 pour les patients VIH+?
Réponse : Tu confonds PNN et Lymphocytes T CD4 ! Ce n’est pas du tout la même chose (on en parle plus
tard).
Dans les infections disséminées :
- septicémies, plusieurs germes possibles (saprophytes, atypique, endogènes)
 par translocation bactérienne (digestive +++)
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
ou via un matériel : cathéter +++, sonde vésicale (commence par une infection urinaire puis
dissémine)
 parfois sans point d’appel clinique (pas d’infection visible, syndrome infectieux général sans
sémiologie d’organes)
- endocardites : infections des valves cardiaques, localisées à un organe mais comme le cœur est en contact
avec tout le sang, l’infection est forcément disséminée.
b) Infections fongiques
Les plus fréquentes sont :
- candidoses +++ (il y a plein de Candida ≠) et donc on peut avoir des candidoses sur la langue, les joues, le
palais. On a un aspect chevelu blanc-marron, une bouche pâteuse, une perte de goût ; c’est présent aussi
chez les immunocompétents.
- fongémie : dissémination, septicémie due à un champignon. La porte d’entrée peut être un cathéter, le tube
digestif, qui va donner une infection généralisée. Ce sont des infections sévères qui nécessitent une
hospitalisation.
- aspergillose : souvent due à l’aspergillus fumigatus,
un champignon dans l’air qui peut-être en portage dans
le poumon. Quand on n’a plus de PNN cette infection
attaque le poumon et dissémine à travers les vaisseaux
respiratoires bronchiques et détruit le parenchyme
pulmonaire. Cela donne des vraies cavités, qu’on
appelle des cavernes aspergillaires. Sur des images
classiques d’aspergilloses avancées (qu’on ne voit plus
maintenant car c’est traité avant), on voit le signe grelot
aspergillaire. Souvent on voit des nodules qui peuvent
aller jusqu’à l’aspergillose angio-invasive qui
dissémine, peut rompre les gros vaisseaux et provoquer
des hémorragies cataclysmiques : le patient décède en
quelques minutes. Ces maladies nécessitent des
chambres stériles et parfois même un traitement
préventif au cas où ils sont porteurs. C’est la seule vraie
indication de l’unité stérile
B. Lymphopénie
Une aplasie médullaire peut concerner toutes les lignées dont les lymphocytes. On a un risque si
lymphocytes CD4 <200 ou si on prend des médicaments immunosuppresseurs.
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Ce sont souvent des infections à germes intracellulaires :
- bactéries : bacille de Koch, mycobactéries atypique (risque accru)
- parasites : pneumocystose et toxoplasmose => traitement préventif à
prendre pour les patients VIH+ et les patients sous chimiothérapies
- virales : CMV, EBV, Herpes, Zona => on est quasiment tous porteurs
de ces virus car on a tous déjà été infectés et on garde le virus caché.
Donc, dès la baisse des défenses immunitaires (fatigue, infection), le
virus se réactive.
- Pneumocystose : infection bilatérale, on appelle ça les poumons
blancs bilatéraux avec un aspect de verre dépoli, ces patients
nécessitent parfois une intubation et une PEC en réanimation.
- Gingivostomatite herpétique : infection sévère qui dissémine dans toute la
bouche, la langue les lèvres, le palais (≠ 3 petits boutons de fièvre autour de la
bouche classiquement).
- Zona : le varicelle-zona virus (classiquement il donne des lignes de vésicules
douloureuses) chez le patient ID donne des lésions nécrotiques d’où les
traitements préventifs.
C. Hypogammaglobulinémie (ou splénectomie)
Le lymphocyte va donner dans sa maturation, un plasmocyte et des Ig. Si on n’a pas de lymphocytes on va
moins produire des Ig qui sont des Ac mémoires, on va faire une hypogammaglobulinémie. Cela provoque
souvent des infections à germes encapsulées ++ :
- Pneumocoques et haemophilus
- parfois formes graves : septicémies, pneumonies et méningites bactériennes.
Il faut supplémenter le patient en Ig polyvalentes par perfusion. En électrophorèse des protéines sériques si
on regarde les Ig (c’est à l’envers), là où c’est tout plat il devrait y avoir une petite colline, au lieu de 9g qui
est la norme on est à 3g.
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On a vu que la clinique est parfois pauvre et nécessite un examen rigoureux.
Quels examens paracliniques peut-on faire?
- Hémocultures ++++ : elles sont obligatoires et systématiques, on essaie de mettre en évidence des
septicémies.
- Bandelette urinaire (BU) : examen facile à faire et peu couteux pour voir si on a pas de point d’appel
urinaire même si le patient est asymptomatique. La bandelette urinaire est un mauvais examen chez le
patient neutropénique car elle recherche la présence de leucocyturie, or le patient ne possède plus de
leucocytes.
Les autres examens paracliniques sont en fonction de l’examen clinique minutieux réalisé. Vous pouvez
mettre en culture tous les sites infectés.
- ECBU : si doute on fait une culture bactérienne des urées pour mettre en évidence une bactérie et non des
leucocytes.
- Coprocultures : si le patient a la diarrhée, des maux de ventre
- Ecouvilon bactério/viro/mycologique
• plaie ou orifice (gorge, anus, cutané)
- Cathéter ou tout dispositif médical interne
Il est important de trouver la bactérie responsable pour adapter les traitements.
Autres examens :
- Sérologies, PCR (surtout pour l’activité) : pour les virus
- Imagerie
- Radiologie : en 1ere intention, radio pulmonaire, des sinus…
- Scanner : car la radio n’est pas d’un rendement exceptionnel
- TEP Scanner : permet de cartographier l’infection en mettant en évidence les cellules qui consomment
intensément du glucose : ce sont les cellules cancéreuses et les infections
- Echographie cardiaque qui permet de dépister une endocardite sachant que le meilleur rendement
n’est pas trans-thoracique mais plutôt trans-oesophagienne qui permet de mieux voir les valves.
Si vous voyez en tant qu’externe un patient qui a 300 de PNN et qui a de la fièvre, vous le traiter en urgence
vous le mettez dans une chambre avec un masque pour le protéger des autres, vous n’attendez pas car il est
peut-être en train de faire son choc septique.
3. Syndrome hémorragique
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II. Syndrome tumoral hématopoiètique
La rate est à la fois le cimetière des globules rouges et un organe lymphoïde secondaire qui peut être
augmenté dans la pathologie.
1.
Adénopathies
(le plus important, le plus fréquent, facile à palper mais très souvent inconnu par les externes)
- Adénopathie = hypertrophie ganglionnaire pathologique
- 4 circonstances :
• infection dans le territoire de drainage du ou des ganglions (lors d’une angine c’est banal)
• stimulation Ag générale (le plus souvent infectieuse virale par exemple VIH+, l’EBV ou
mononucléose infectieuse qui provoque une prolifération des lymphocytes dans les
ganglions donc il y a des ganglions disséminés)
• prolifération tumorale lymphoïde primitive, cancer du système lymphatique et des
ganglions.
• envahissement ganglionnaire par des cellules cancéreuses non lymphoïdes, ce qu’on
appelle les métastases ganglionnaires. Les ganglions drainent le territoire de la tumeur. Ainsi le
cancer du sein sera drainé en axillaire ou par la chaine thoracique interne.
L’interrogatoire lors d’un cas d’adénopathie est très important car il nous permet de nous orienter et de faire
la part des choses.
A. Interrogatoire
- L’âge, un enfant avec une adénopathie on penchera plus vers une infection virale
- Les antécédents
- La profession
- Les traitements médicamenteux, les toxiques. Exemple avec un toxicomane qui se fait souvent des
injections, il y a un fort risque d’infection.
- Mode de vie, quotidienne et sexuelle
- Infections récentes
- Contact avec des animaux. Exemple avec la maladie des griffes du chat, la bactérie passe la barrière
épidermique pour ensuite se drainer vers un ganglion qui est le plus souvent axillaire.
- Le mode d’apparition (les ganglions grossissent en moins de 24h ou alors que ça fait des mois qu’ils n’ont
pas bougé / pas grossi)
- Signes fonctionnels locaux-régionaux (douleurs, pulsatile, comprimant)
- Signes généraux (AEG, Asthénie, Anorexie, Fièvre)
B. Examen clinique
En règle générale les ganglions ne sont pas palpables chez un sujet sain.
Il existe une chaine de ganglions palpables mais également une chaîne de ganglions profonds non palpables
(chaine thoracique et intra-abdominale) mais visible lors d’examens complémentaires.
Il est important en tant qu’externe de faire un schéma lorsque l’on va palper les ganglions d’un patient.
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
Aires cervicales
- Chaine sous-mentonnière, sous-maxillaire, prétragienne (devant l’oreille), rétro-auriculaire, chaine
du SCM (sterno-cléido-mastoïdien), jugulocarotidienne, chaine sus-claviculaires, l’occipitale,
chaine au niveau du trapèze.
Il faut palper TOUS ces endroits-là.
- Pour palper on utilise 8 doigts (les pouces sont utilisés
très rarement). Il faut vraiment aller chercher ces
adénopathies, petites ou grosses.
- Le patient doit être assis au bord du lit, jambes
pendantes, examinateur derrière le patient. (Possibilité que le patient soit allongé en cas d’impossibilité de
position assise)
Exemple d’adénopathies cervicales.

Aires Axillaires
- Drainage des membres supérieurs, cage thoracique ainsi que le sein.
Il existe 3 zones : inférieures, supérieures et moyennes
- Le patient est assis au bord du lit face à nous, bras le long du corps jamais en abduction (pour éviter toute
tension venant des muscles), la main du médecin doit bien être dans le creux axillaire.
- NB : Complication de palpation chez les patients obèses.
Avec ce type d’adénopathie c’est qu’elle peut devenir
compressive. Possibilité de formation, d’œdème ou encore de
comprimer les voies urinaires pour le cas des ganglions
inguinaux.

Aires épitrochléennes
- Examen coude fléchi, palpe entre le biceps et le triceps.
- Possibilité que la bactérie acquise lors de la maladie de la
griffure de chat vienne se loger dans cette aire mais c’est rare.
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
Aires inguinales et rétro-curales
- Draine les membres inférieurs, les organes génitaux.
- Le patient est allongé en décubitus dorsal jambes allongées
C. Rapport de l’examen clinique
Une fois qu’on a fini de palper il faut préciser comment est l’adénopathie. Car selon l’étiologie elle ne sera
pas la même.
- Il faut renseigner le nombre de territoire qui est atteints ainsi que leur localisation.
- On doit donner la taille des adénopathies (inférieur ou supérieur à 1cm).
- La consistance des ganglions atteints est aussi importante (fermes, durs, pierreux, souples). Lorsque le
ganglion est pierreux cela nous fait penser à un cancer, des métastases.
- On précise également la sensibilité, douleur à la palpation ou non. S’il y a douleur cela nous fait plus
penser à quelque chose d’infectieux comme par exemple dans l’angine.
- On regarde aussi la mobilité, si c’est fixé à la peau ou non (mobile = inflammation).
- On regarde aussi l’état de la peau autour. Si érythémateux ça nous fait penser à de l’infectieux si rien
autour cela nous fait plutôt penser à des hémopathies.
NB : Les adénopathies de petites tailles ne sont pas toujours pathologiques. Exemple : sécrétions
muqueuses.
Chez les enfants il peut y avoir des petites adénopathies dues à des virus
Cependant si on palpe des ganglions en épitrochléen ou en poplitée c’est forcément pathologique.
D. Diagnostics différentiels
- Lipome, boule de graisse sous la peau palpable
- Pathologie des glandes salivaires
- Kystes axillaires
- Hidrosalinite, augmentation ganglionnaire liquidienne
- Hernie inguinale, mobile à la toux et on peut la réduire
- Anévrisme
- Folliculite
2. Splénomégalie / Hépatomégalie
La rate est un organe lymphoïde secondaire, le cimetière des GR essentiellement.
Il s’agit du lieu de l’hématopoïèse pendant la vie embryonnaire.
Il est possible que parfois la rate se remette à fabriquer des globules dans des conditions pathologiques.
Splénomégalie = Augmentation du volume de la rate. Elle peut être palpable ou non palpable. Elle peut aller
comprimer l’estomac. Elle peut également atteindre le creux inguinal.
Splénalgie = Douleur dans l’hypochondre gauche sous les côtes, augmentée à l’inspiration et peut irradier
dans l’épaule gauche.
Complications lors d’une splénomégalique :
- Rupture de la rate, capsule rompue ou non.
- Hypersplénisme, destruction plus importante des globules.
- Infarctus, douloureux ou non.
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Il est possible de percuter la rate, elle se situe au niveau de la 10ème et 11ème côte. Lors d’une
splénomégalie la matité descend plus bas.
Lors de la palpation on va demander au patient d’inspirer fort pour que la rate descende physiologiquement
du fait qu’elle soit sous le diaphragme pour mieux la sentir.
Le patient doit être allongé en décubitus dorsal, les jambes allongées, l’examinateur est à droite du patient.
Il est possible de placer le patient en décubitus latéral droit, son bras gauche est derrière la tête. (Technique
moins utilisée)
Pour palper on commence toujours la fosse iliaque car elle peut être énorme et du coup descendre très bas, il
ne faut pas rater la rate (Quel jeu de mot de FIFOU, merci merci :D)
Pour mesurer la taille de la rate on va la mesurer en cm de débord costal.
Splénomégalie
3. Douleurs osseuses
Les douleurs sont soient dues au tissu hématopoïétique en luimême, au sein même de la médullaire. Douleur difficilement
calmée par les antalgiques. Les douleurs sont inséminantes,
diffuses et exacerbées à la pression.
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Cas particulier du myélome : Le plasmocyte pathologique a le pouvoir d’activer l’ostéoclaste et donc
diminution de la fabrication de l’os et activation de sa destruction.
4. Autres atteintes
A. Atteinte méningée
Anesthésie de la houppe du menton.
Paralysie faciale si atteinte d’un nerf.
L’atteinte peut être présente dans le LAL et le lymphome.
B. Atteinte testiculaire
Il faut considérer que le testicule est un tissu lymphoïde.
L’atteinte peut être présente dans le LAL et le lymphome.
C. Atteinte des gencives
Dépôt cellulaire appelée hypertrophie gingivale.
Atteinte retrouvée dans la LAM.
D. Atteinte cutanée
Leucémides.
E. Leucostase
Accumulation dans le sang périphérique de Blastes. Les blastes sont assez gros et du coup lorsqu’ils vont
s’adhérer aux vaisseaux ils vont tout simplement les boucher.
Les 2 organes principalement touchés par ce phénomène sont les poumons et le cerveau.
Il y a urgence thérapeutique.
QCM :
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UE10-Mohr-Sémiologie des syndromes d`insuffisance médullaire et