Les mutations de la France depuis 1945 (leçon d’histoire T STG)
Grandes nations de la séquence : Constitution, droite, gauche, nationalisation, Etat-providence, cohabitation, alternance, privatisation, catégorie
sociale, classe moyenne, société de loisirs, société de communication, urbanisation, mondialisation
I-
L’évolution de la vie politique française depuis 1958
A-
La création de la Vème République et la République gaullienne (1958-1969)[doc 3+4+5 p 109]
1. La crise de mai 1958 en Algérie permet le retour du Général de Gaulle au pouvoir.
2. Sa prise en fonction s’accompagne d’un changement de Constitution (septembre 1958), la Vème République remplace la
IVème République discréditée pour son échec lors de la guerre d’Algérie
3. La Vème République est un régime semi-présidentiel (des pouvoirs importants pour le Président de la République( article
16, pouvoir de nommer le Premier ministre et le gouvernement, droit de dissoudre l’Assemblée nationale)
4. Régime semi-parlementaire l’AN peut bloquer l’action du gouvernement grâce à l’article 49.3
5. Une pratique du pouvoir qui renforce la tête de l’exécutif (domaine réserve du Président (diplomatie active ,
armée,)législation par ordonnance sans consulter l’AN) : il arrive à régler le problème de la guerre d’Algérie et rétablit le
prestige de la France
6. De Gaulle est réélu en 1965, mais il va connaître l’usure du pouvoir, son autorité est contestée, le gaullisme est affaibli par
la révolte étudiante et sociale de 1968 même s’il conserve le pouvoir[dossier pp 112-113]
7. Il démissionne après l’échec d’un référendum en 1969 et meurt en 1970
B-
Héritage et transition du gaullisme (1969-1981)
1.EN 1969, l’ancien Premier ministre de de Gaulle Georges Pompidou est élu ; il conserve la même pratique du pouvoir de
droite. Le pays connait le plein emploi et une forte croissance (il développe les industries. Pompidou meurt pendant son
mandat, il était très populaire
2. EN 1974 c’est Valéry Giscard d’Estaing qui est élu , homme d’une droite libérale, il est le premier non gaulliste élu Président.
Il lance un programme de réformes sociales et libérales (abaissement de l’âge de la majorité de 21 à 18 ans, loi IVG) ; il veut
donner l’image d’un Président moderne qui défend le libéralisme économique et sociale. Mais la crise économique de 1974
plonge le pays dans des difficultés sa politique de réduction des dépenses publiques (politique d’austérité dit plan Barre 19761981) est mal acceptée car le chômage augmente ainsi que la désindustrialisation
3.la gauche voulant des réformes économiques et sociales plus justes défend une politique de relance tout en acceptant le
capitalisme et le libéralisme économique se regroupe autour du Parti socialiste autour de F. Mitterrand (aidé par les
Communistes). La bipolarisation de la vie politique s’organise. La droite voit l’émergence du Rassemblement de la République
de Jacques Chirac qui se considère comme l’héritier du gaullisme
C-Alternances, cohabitations et crises politiques (1981-2013)[doc 1 p 114 et 4 p 115]+ [doc 1 et 2 p 116]
1.les alternances se sont multipliées depuis 1981. C’est le changement d’un président de la République qui est d’un autre bord
politique que le président précédent. 1981, Mitterrand de gauche gagne contre le président sortant de droite Valéry Giscard
d’Estaing. En 1995 Chirac de droite remplace Mitterrand de gauche (Jospin de gauche a perdu). En 2012, Hollande de gauche
gagne contre Sarkozy de droite
2.Gauche : accepte les lois du capitalisme et du libéralisme tout en corrigeant les inégalités par un Etat-providence
redistributeur (RMI en 1988, loi des 35 h) en 1998, porteur des progrès des mœurs (pacs en 1999, mariage pour tous) et se
veut humaniste (abolition de la peine de mort en 1981). Le Parti socialiste est un parti social-démocrate [doc 3 p 117]. Les
communistes et les autres partis d’extrême-gauche (Front de Gauche) pensent qu’une Révolution est nécessaire pour rompre
avec le capitalisme et le libéralisme afin de créer une véritable société égalitaire fondée sur le socialisme. Ce ne sont pas des
adeptes des compromis et des réformes comme le Parti socialiste
3.Etre de droite c’est diminuer les dépenses publiques (moins d’intervention de l’Etat plus de liberté pour la finance, les
marchés ; au niveau des mœurs ils sont plutôt conservateurs (opposition au mariage gay par exemple) et critique les politiques
sociales qu’elles considèrent comme de l’assistanat [doc 4 p 117]
4.Des crises politiques se sont également multipliées avec le phénomène de cohabitation où un Président n’est pas du même
bord politique que son Premier ministre. 3 cohabitations 1986-1988 : Mitterrand-Chirac, 1993-1995 : Mitterrand-Balladur,
1997-2002 Chirac-Jospin. Explication : en plein mandat présidentiel, des élections législatives ont lieu, la victoire aux législatives
est celle du parti opposé au Président en fonction, afin d’éviter le blocage entre l’AN et le gouvernement , le Président est
contraint de changer de Premier Ministre est de prendre une personnalité qui incarne ce changement politique
5. C’est pourquoi la réforme du quinquennat en 2000 appliquée en 2002 permet l’élection la même année du Président et des
députés de l’AN
6.Cependant gouvernement de gauche comme de droite n’ont pu résoudre, l’exclusion sociale et la crise structurelle du
chômage (mesures de relance ou politique d’austérité) et de la stagflation (voir chapitre suivant), de nombreux électeurs sont
alors tentés par l’abstention ou le vote protestataire (d’extrême-droite avec le vote pour le FN- ce parti est arrivé 2ème aux
élections présidentielles lors du 1er tour le 21 avril 2002- où l’extrême-gauche comme le Front de Gauche de Mélenchon. A cela
s’ajoute le discrédit envers les élites (scandales financiers, fautes graves). Aujourd’hui même le parti socialiste est critiquée
pour son inefficacité sociale face à la crise et à la désindustrialisation
IIA-
Les transformations de la société française depuis 1945
La France de la croissance et des Trente Glorieuses (expression de Jean Fourastié, 1979)[dossier pp 124-125 : l’élévation du niveau de
vie des Français)
1.1945-1973 époque de forte croissance , la France s’adapte au capitalisme moderne encadré par une planification de l’Etat qui avait
assurée la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale. Les entreprises se modernisent alors que l’Etat possède par les
nationalisations des pans entiers de l’économie (Régie Renault, SNCF, EDF-GDF, Air France, des banques). L’économie française est alors
une économie mixte sur des bases capitalistes
2.Le dynamisme industriel et du secteur des services (banques, assurances, marketing…) permet le plein-emploi et le recours à une
immigration . Le travail est rationnalisé par le tayloro-fordisme jusqu’aux années 1970 avant de s’adapter aux nouvelles formes de
marché avec le toyotisme dans les années 80. La productivité augmente pour les salariés, les salaires suivent et malgré l’inflation les
Français voient leur niveau de vie globalement augmenté grâce aux négociations croisées entre le patronat, l’Etat et les syndicats (ce qui
n’empêche pas des mouvements sociaux (mai 1967 en Guadeloupe, mai 1968 à Paris )
3.la production des biens et la consommation de ces biens ( nous rentrons dans la société d’abondance où les ménages français
s’équipent en TV, voiture, électroménager,)incarnées par les nouveaux temples de la consommation, les supermarchés et les
hypermarchés) sont stimulées par la croissance démographique du baby-boom qui stimule également le secteur de la construction (des
grandes cités et/puis des banlieues pavillonnaires)
4.L’action de l’Etat providence via la création de la Sécurité sociale (protection des personnes par les cotisations sociales des salaires) en
1945 permet une redistribution et une lutte contre les inégalités, participe à la croissance
B- les défis économiques et sociaux depuis 1974
1.Depuis 1974 on assiste à un retournement de conjoncture avec les chocs pétroliers (augmentation des matières premières) et la
concurrence mondiale pour les produits industriels portée par les NPIA (Japon, Dragon , puis Chine à partir des années 1980)
2. La France comme d’autres pays européens sont touchés par la stagflation (faible croissance, forte inflation)[doc 1 p 122], la
désindustrialisation (délocalisations, effet de la mondialisation et des stratégies des Firmes multinationales qui favorisent les pays
émergents). Les conséquences sociales sont dramatiques : le chômage explose, l’exclusion et la misère frappe des milliers de
personnes sans aucune perspective d’avenir. Dans le même temps, les Etats s’endettent et réduisent leur action sociale par des
politiques d’austérité qui accompagnent les restructurations d’entreprises. L’Etat-providence rentre dans une crise profonde
(problème du financement des retraites, des dépenses de santé…)
3.Depuis les années 80, l’Etat français revend au secteur privé beaucoup d’entreprises c’est le phénomène de la privatisation , le
libéralisme économique réclame moins d’interventions des Etats (« laissez faire, laisser aller « réclamé par l’OCDE, le FMI et
l’OMC). Les entreprises françaises s’adaptent au marché mondial en ayant des stratégies internationales (Carrefour, Bouygues…) Le
patronat réclame un droit du travail minimal et des salariés flexibles qui pourront faire face à la concurrence étrangère
4.Depuis 30 ans le malaise sociale s’est installée en France avec des populations ouvrières marginalisées et ghettoïser, la croissance
de la précarisation qui peut toucher tout secteur (augmentation des travailleurs pauvres . Un chômage de masse qui touche 12%
des actifs [doc 3, 4, 5, 6 p 123]
C-Les nouveaux modes de vie des Français
1.l’évolution des mœurs est liée au recul relatif de la pratique religieuse et de l’urbanisation (les individus sont moins soumis à des
communautés rurales)
2.La société connaît une libéralisation des mœurs : la contraception s’est répandue permettant aux femmes de contrôler leur fécondité
(1967 : loi Neuvwirth qui autorise la pilule, 1975 : la loi Veil autorise l’IVG), le travail féminin dans le même temps a progressé les libérant
de la tutelle des maris, mais l’émancipation des femmes se heurte aux inégalités salariales et de l’accès aux fonctions supérieures.
3. La société est plus permissive et tolérante, l’individu possède une sphère privée plus autonome qu’avant la Seconde guerre mondiale :
le divorce se généralise, le concubinage et les naissances hors mariages sont acceptés. L’orientation sexuelle n’est plus condamnée
(depuis 1972) et les homosexuels ne sont plus victimes de discriminations légales (accès au PACs en 1999 et mariage pour tous en 2013)
3.la naissance d’une culture de masse accompagne la société d’abondance. L’uniformisation de l’enseignement et son allongement
(l’école devient obligatoire jusqu’à 16 ans en 1959), la croissance des médias la croissance des classes de masse moyennes favorisent
une culture commune : la TV, le cinéma, la presse écrite, la société des loisirs (parcs, tourisme) permise grâce à la croissance des congés
payés-5 semaines par an aujourd’hui, 2 semaines en 1936 !!!)
4.Depuis les années 90 se superposent à la société de consommation la société de communication fondée sur l’utilisation et la
généralisation d’internet (1996) et des produits multimédias qui favorisent une consommation très personnalisée et l’individualisme
5.En pleine crise des institutions traditionnelles (les Eglises, le monde politique, les parents, l’institution scolaire), dans ce monde
consumériste vouée à la consommation, des individus sont alors tentés par des formes de replis identitaires qui favorisent le
communautarisme, d’autres veulent plutôt construire des solidarités plus larges plus ouvertes du fait des possibilités technologique qui
créent virtuellement un « village planétaire ». Le point commun de ces attitudes est la recherche du sens de l’existence dans un monde
fondé sur l’hyperconsommation (un hyperconsommation critiquée entre autres par les Ecologistes et les altermondialistes qui disent que
le monde et l’humanité n’est pas à vendre, le monde n’est pas une marchandise).
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