memoire_de_master_seynabou_diallo - Acasis

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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DAKAR
FACULTE DE LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE
MASTER ESPACES, SOCIETES ET DEVELOPPEMENT (ESD)
Parcours : Environnement, Territoires, Populations et Santé
(ETPS)
MEMOIRE DE MASTER 2
Incidences sanitaires de la vague de
chaleur (Mai 2013) dans les
départements de Louga et Linguère :
Approche géographique
Présenté par :
Sous la direction de :
Seynabou DIALLO
Dr Aminata NIANG-DIENE
Chargé d’enseignement et du
Dr. Ibrahima Sy
ANNEE UNIVERSITAIRE 2014-2015
SOMMAIRE
I.INTRODUCTION
II.PROBLEMATIQUE
II.1.CONTEXTE ET JUSTIFICATION
II.2. OBJECTIFS DE L’ETUDE
II.3.QUESTIONS DE RECHERCHE
II.4. HYPOTHESES
II.5.ANALYSE CONCEPTUELLE
III. METHODOLOGIE DE RECHERCHE
PREMIERE PARTIE : GEOGRAPHIE DES DEPARTEMENTS DE LOUGA ET DE
LINGUERE ET VARIATION DES TEMPERATURES
CHAPITRE I : GEOGRAPHIE DES DEPARTEMENTS DE LOUGA ET DE LINGUERE
CHAPITRE II : EVOLUTION ET VARIATION DES TEMPERATURES DANS LES
DEPARTEMENTS DE LOUGA ET DE LINGUERE
DEUXIEME PARTIE : CONSEQUENCES SANITAIRES LIEES A LA VAGUE DE
CHALEUR DE MAI 2013
CHAPITRE I : ANALYSE DE LA MORBIDITE DIAGNOSTIQUEE ET DE LA MORTALITE EN
RELATION AVEC LA VARIABILITE CLIMATIQUE
CHAPITRE II : MORBIDITE RESSENTIE ASSOCIEE A LA HAUSSE DES TEMPERATURES
TROISIEME PARTIE : CONTRIBUTION A LA MISE EN ŒUVRE D’UN SYSTEME
D’ALERTE
PRECOCE
AUX
CANICULES
PAR
L’ANALYSE
DES
CAPACITES
D’ADAPTATION ET DE RESILIENCE DES COMMUNAUTES DE BASE
CONCLUSION GENERALE
3
DÉDICACES
Au terme de ce cycle de formation, je voudrais offrir le fruit de ce présent travail et dédier ce
mémoire à :
Mon père feu Mame Abdou DIALLO en témoignage de ma reconnaissance envers le
soutien, les sacrifies et tous les efforts qu'il a consenti pour mon éducation ainsi que ma
formation. Très cher papa, à vous que je dois tout, je vous rends hommage à travers cet
humble geste comme preuve de gratitude de la part d'une fille qui continue de prier
pour le repos de votre âme !
Ma courageuse et digne mère Rokhaya NDIAYE, qui m’a toujours soutenu et béni de
ses prières. Merci Maman.
A toute ma famille, principalement à ma grande sœur, Khady DIALLO et à mes
frères qui ont toujours fait montre d’une affection et d’un respect profond à mon
égard. Merci à vous tous.
4
REMERCIEMENTS
Ce travail ne saurait arriver à son terme sans la contribution très appréciable de beaucoup de
personnes qui ont bien accepté de s’occuper de moi dans des conditions souvent difficiles.
C’est donc pour moi une grande opportunité et un immense plaisir de les remercier tous.
Ma profonde gratitude et ma vive reconnaissance sont premièrement exprimées :
A l’éternel DIEU sans l’aide de qui tout ce qui a été fait ne l’aurait été.
A mon Professeur encadreur, Madame Aminata NIANG DIENE pour avoir accepté, malgré
ses multiples occupations la direction de mon travail. J’ai eu le privilège de -travailler avec
vous et d’apprécier vos qualités et vos valeurs. Votre compétence et votre sens du devoir
m’ont énormément marqués. Ce travail est pour moi alors l’occasion de vous témoigner ma
profonde gratitude.
Aux membres du jury qui ont accepté de siéger pour apprécier mon travail en dépit de leurs
occupations scientifiques, administratives et sociales.
A toute l’équipe du Centre de Suivi Ecologique notamment Jacques André Ndione et
Ibrahima Sy pour m’avoir accompagné et assisté financièrement dans la réalisation de ce
travail.
Au personnel de santé :
-Docteur Sy, médecin chef région
- Médecin chef District de Louga
-Docteur Thiam, médecin chef District de Linguère
-Docteur Camara
-Docteur Ibrahima Dia
-M. Aliou Ndour
-M. Sylla, superviseur du District de Louga
A la famille Fall à Dakar pour l’hospitalité particulière qu’elle m’a réservée depuis mon
entrée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
A ma tante Fatou Sané et Babacar Dione pour le soutien et l’affection qu’ils éprouvent
à mon égard.
A mes camarades de promotion du département de géographie, à mes amies et sœurs
notamment Aissatou Niang, Deffa Diallo, Fatou Diallo, Aissata Diallo, Mame
5
Diarra Dieng et Yacine Mbaye pour qui, je réserve une mention spéciale (Que le Seigneur
préserve notre amitié).
Je tiens également à remercier les familles DIALLO et BA à Louga et à Linguère pour
l’accueil chaleureux dont elles m’ont fait don.
Que toutes les personnes que je ne peux pas remercier nommément ou tous ceux qui, de près
ou de loin, ont contribué à l’élaboration du présent travail, retrouvent ici l'expression de ma
profonde considération.
6
LISTES DES SIGLES ET ABBREVIATIONS
ACASIS : Alerte aux Canicules Au Sahel et à leurs Impacts sur la Santé
ANACIM : Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie
ANDS : Agence Nationale de la Démographie et de la Statistique
ANR : Agence National de la Recherche
AUF : Agence Universitaire de la Francophonie
BM : Banque Mondiale
BU : Bibliothèque Universitaire
CCNUCC : Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques
CMIPP : Cardiomyopathie idiopathique du péripartum
CSE : Centre de Suivi Ecologique
GEA : Gastro-entérite Aiguë
GES : Gaz à Effet de Serre
GIEC : Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat
HTA : Hypertension Artérielle
ICU : Ilots de Chaleur Urbaine
IRA : Infections Respiratoires Aiguës
INSEE : Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques
INSERM : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale
INVS : Institut de Veille Sanitaire
OMM : Organisation Météorologique Mondiale
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
7
PIC : Plan d’Investissement Communal
PNC : Plan National de Canicule
RCP : Representative Concentration Pathways (profils représentatifs d’évolution des
concentrations de gaz à effet de serre)
RSM : Ratio Standardisé de Mortalité
TCE : Traumatisme Cranio-Encéphalique
TCM : Tableaux Climatiques Mensuels
Tm : Température moyenne
Tn : Température minimale
Tx : Température maximale
UCAD : Université Cheikh Anta Diop
UNICEF : Fond des Nations Unies pour l’Enfance
WHO : World Health Organization
8
LISTE DES TABLEAUX
Tableau1 : Quelques conséquences des changements attendus dans les phénomènes climatiques
extrêmes.
Tableau 2 : Morbidité enregistrée au mois de MAI 2014 et au mois de MAI 2013 du centre de
santé de Linguère
Tableau3: Morbidité trimestrielle du centre de santé de Louga 2013
Tableau4: Evolution mensuelle de la morbidité en 2013 à Linguère
Tableau5: morbidité mensuelle du centre de santé de Linguère
Tableau6: Morbidité mensuelle du poste de santé Yeurmandé
Tableau7: Nombre de consultants selon le type d’affection en 2013 à Louga
Tableau8: Nombre de consultants selon le type d’affection en 2013 à Linguère
Tableau 9 : Les consultants selon l’origine à Louga
Tableau10 : Les consultants selon l’origine à Linguère
Tableau 11: Mortalité trimestrielle du centre de santé de Linguère en 2013
Tableau12 : Mortalité trimestrielle du centre de santé de Linguère en 2014
Tableau 13: Evolution mensuelle de la mortalité en 2013
Tableau 14: Nombre de personnes affectées à l’échelle spatiale
Tableau15: Proportion des personnes affectées ayant une maladie préexistante
Tableau16: Taux de recours aux soins
Tableau 17: Répartition des personnes affectées selon l’âge
Tableau 18: Répartition des personnes affectées selon le sexe
Tableau 19: Distribution spatiale de la mortalité
Tableau20: Proportion des décès selon l’âge
Tableau21 : Proportion des décès selon le sexe
Tableau22 : Disposition de ventilateurs selon la localité
Tableau 23: Répartition du nombre de ménages équipés de moustiquaires de fenêtres
Tableau24: Caractéristiques des personnes affectées par la vague de chaleur
9
LISTE DES FIGURES
Figure 1: Evolution mensuelle de l’humidité moyenne de l’air à Linguère
Figure2 : Evolution mensuelle du niveau d’insolation à Linguère en 2013
Figure 3 : évolution interannuelle des températures moyennes annuelles à Linguère
Figure 4: Variation mensuelle des températures moyennes de 2013 par rapport
à la série (1985-2014)
Figure 5 : Evolution des températures moyennes mensuelles des années 2012,2013 et 2014
à Linguère
Figure6 : Evolution des températures moyennes mensuelles des années 2012,2013 et 2014
à Louga
Figure7 : Evolution des températures maximales et minimales en 2012, 2013
et 2014 à Linguère
Figure8: Evolution des températures maximales et minimales en 2012, 2013 et 2014 à Louga
Figure9 : Evolution des maxima absolu et des minima absolu du 20 au 27 mai 2013 à Louga
Figure10 : Evolution des maxima absolu et des minima absolu du 20 au 27 mai 2013 à Linguère
Figure11 : Evolution des températures tri horaire du 20 au 27 mai 2013 à Louga
Figure12 : effectif des consultants en relation avec l’évolution de l’humidité relative
de l’air en 2013 à Linguère
Figure13 : effectif des consultants cumulé pendant le mois de Mai 2013 à Linguère
Figure14 : Effectif des consultants cumulées pendant le mois de Mai 2013 à Louga
Figure 15:Répartition des affections selon l’âge à Louga
Figure16 : Répartition des affections selon le sexe à Louga
Figure17 : Répartition des affections selon l’âge à Linguère
Figure18 : Répartition des affections selon le sexe à Linguère
Figure19 : Répartition de la morbidité ressentie liée directement à la canicule à Louga
Figure20 : proportion de personnes décédées souffrant d’une maladie
Figure21 : Morbidité ressentie à l’échelle temporelle
Figure22 : Proportion des ménages ayant les plus faibles revenus à Louga
Figure23: Proportion des ménages ayant les plus faibles revenus à Linguère
Figure24 : Utilisation des combustibles selon les ménages
Figure25 : Schéma de système d’alerte
10
LISTE DES CARTES
Carte1 : Organisation territoriale des départements de Louga et de Linguère
Carte2 : Localisation des départements de Louga et de Linguère
11
Résumé
La vague de chaleur survenue au mois de mai 2013 à Matam a touché la région de Louga en
particulier les départements de Louga et de Linguère. Cette canicule a engendré des
conséquences remarquables avec les températures les plus élevées au cours de ces dernières
décennies. Avec une température moyenne de 30°C à Louga, la série (1985-2014) connait
d’énormes fluctuations inter mensuelles. Le mois de mai reste le mois le plus chaud avec
respectivement une augmentation de + 2°C à Louga et de +4°C à Linguère par rapport à cette
série. La vague de chaleur qui a duré sept jours consécutifs a été plus marquante à Matam avec
des températures maximales supérieures à 45°C (ANACIM, 2013) menaçant la santé des
populations. D’ailleurs beaucoup de travaux ont été effectués pour montrer les impacts
sanitaires qui découlent des vagues de chaleur dans plusieurs pays surtout dans les pays
développés où la surmortalité a été largement étudiée comme la canicule de 2003 en France
avec près de 15000 décès.
Afin d’analyser les incidences sanitaires de la vague de chaleur, nous avons procédé à une
étude dont l’objectif est d’analyser les relations entre les risques sanitaires (morbidité
/mortalité) et la vague de chaleur survenue afin de contribuer au développement d'un système
précoce d’alerte aux canicules au Sahel. Autrement dit, il s’agit de déterminer l’impact de
nouvelles conditions environnementales sur la santé des populations tout en identifiant les
facteurs (socio-économiques, environnementaux et comportementaux) associés aux risques
sanitaires. Les résultats de cette étude ont montré que le recours aux soins est important au
niveau des structures de santé pendant et après l’épisode de fortes chaleurs, lié surtout aux
maladies cardiovasculaires, aux maladies respiratoires et aux maladies infectieuses. En effet,
plusieurs effets sanitaires liés à la chaleur ont été décelé à l’exemple de l’hyperthermie (29% à
Louga et 36% à Linguère), des maux de tête, vertiges, insomnie ainsi que des cas de paludisme
notés surtout chez les enfants. Les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes sont des
sujets vulnérables lors de la vague de chaleur. La répartition spatiale de la morbidité montre
que le milieu urbain est le plus touché notamment les quartiers défavorisés. En outre, la
morbidité est très importante chez les femmes. Il s’y ajoute que la mortalité observée durant
cette période concerne en majorité les personnes âgées et elle est fortement liée aux maladies
cardiovasculaires. Par ailleurs, le système de soins n’était pas préparé en matière de prévention
et d’alerte aux canicules.
Mots clés : vague de chaleur, morbidité, mortalité, écart, incidence
12
INTRODUCTION
La variabilité climatique, notamment le réchauffement climatique, dans le monde en général et
en Afrique en particulier n’est plus à démontrer. En raison de leurs répercussions immédiates
sur la santé de la population, les questions de changements climatiques sont placées depuis
quelques temps au centre des préoccupations des scientifiques et des décideurs politiques dans
le monde. Selon le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC), le
réchauffement planétaire en cours pourrait atteindre 1,1 à 6,4°C d’ici 21001 favorisant des
modifications de l’environnement, une élévation du niveau de la mer et des évènements
climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur. Ces dernières font partie des extrêmes
climatiques les plus préoccupants au regard de la vulnérabilité de nos sociétés et de l'évolution
attendue de leur fréquence et leur intensité au XXIe siècle. Elles contribuent à déclencher
certaines pathologies comme les maladies de l’appareil respiratoire et les maladies
cardiovasculaires particulièrement chez les jeunes, les personnes âgées et les personnes à la
santé fragile et provoquent une augmentation du nombre de décès. Ce phénomène climatique
provoque de manière récurrente à travers le monde des catastrophes humaines, économiques et
sanitaires.
Ainsi, en dépit de certains progrès réalisés dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie
environnementales et de la santé, la canicule affecte davantage les populations les plus
vulnérables. Le stress thermique, qui menace ces populations, constitue également, pour
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), une des priorités sanitaires des prochaines
décennies : « Au-delà d'un certain seuil, chaque degré Celsius supplémentaire est susceptible
d'accroître la mortalité de 2 à 5% », indiquent l'OMS et l'Organisation Météorologique
Mondiale (OMM)2.
En effet, le Sénégal a un climat tropical à tendance chaude. De ce fait, les épisodes de forte
chaleur sont relativement fréquents et ils risquent de s'accentuer avec le changement climatique.
C’est dans cette optique que le GIEC confirme qu’au cours du XXIème siècle, le réchauffement
climatique en Afrique serait plus important qu’au niveau mondial3.
1
GIEC, 2007 : Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des Groupes de travail I, II et III au
quatrième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
2
OMS et OMM (2012) : Atlas de la santé et du climat
3
GIEC, 2007 : Bilan 2007 des changements climatiques. Contribution des groupes de travail I, II et III au quatrième
rapport d’évaluation du groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (Equipe de rédaction
principale, Pachauri, R. K. et Reisinger, A. GIEC ; Genève, Suisse, 103 pages
13
En effet l’Afrique de l’Ouest subit majoritairement le changement climatique depuis quelques
années, affectant les populations d’un point de vue non seulement économique mais aussi
sanitaire.
De ce point de vue, la période humide de 1930 à 1960, les sécheresses de 1970-1980 montrent la
vulnérabilité des populations de la zone sahélienne face aux mutations climatiques.
Le changement climatique dû au réchauffement planétaire induit par les émissions anthropiques
de gaz à effet de serre (GES) est au niveau mondial un problème capital qui nécessite une action
d’envergure. Cela inclut notamment des investissements pour réduire les émissions et des
mesures d’adaptation à l’évolution du climat et à s a variabilité.
« Les premières conséquences du changement climatique se font d’ores et déjà sentir, et les
scientifiques estiment qu’il y en aura inévitablement d’autres. Ce sont les populations les plus
pauvres des pays en développement qui en subiront de façon disproportionnée les effets les plus
graves et négatifs » (CCNUCC, 1992).
Tableau 1: Quelques conséquences des changements attendus dans les phénomènes
climatiques extrêmes.
Nature
et
vraisemblance
des changements attendus au XXIe siècle
dans les
extrêmes
phénomènes
Exemples représentatifs des conséquences
attendues (toujours avec un degré élevé
de confiance dans certaines régions)
climatique
Extrêmes simples
Températures maximales plus élevée plus de

Hausse de l’incidence des décès et
journées chaudes et de vagues de chaleur sur
des maladies graves chez les
presque toutes les terres émergées (très
personnes âgées et les pauvres en
probable)
milieu urbain

Augmentation du stress
thermique chez le bétail et dans la
faune
14



Modification des destinations
touristiques
Aggravation des risques de
dommages a certaines cultures
Augmentation de la
consommation électrique pour le
refroidissement et la baisse de la
fiabilité des approvisionnements
énergétiques
Source : Convention Cadre des Nations unies sur les changements climatiques, 1992
Sur la base de ces considérations, il convient de préciser que le climat a toujours eu un impact
puissant sur la santé et le bien-être des humains. Le changement climatique mondial
s’accompagne de vagues de chaleur fréquentes et intenses. Lorsque les températures restent
élever pendant plusieurs jours consécutifs, le risque de morbidité et de mortalité augmente chez
les personnes fragiles.
Cependant certains auteurs comme Héléne Tillaut ont montré qu’il n’y pas de consensus sur une
définition unique sur les différents indicateurs de vague de chaleur. La définition d’une vague de
chaleur varie selon les pays, en termes d’indicateurs utilisés. Par exemple, au Canada, la chaleur
et l’humidité sont importants lorsqu’on prévoit des températures extérieures de plus de 30°C et
des valeurs humidex supérieures à 40°C4. L’indice humidex a été mis au point pour décrire à
quel point l’air semble chaud ou humide pour un être humain5.
Néanmoins, il est bon de préciser que l’effet des vagues de chaleur est associé à la morbidité et
la mortalité des couches vulnérables. Par exemple « la vague de chaleur 2015 en Inde, la
seconde canicule la plus importante de l'histoire de ce pays a fait plus de 2000 morts»6. La très
forte vague de chaleur qui a affecté l’Europe occidentale au cours de l’été 2003 a fait environ 15
000 morts en France7.Cependant il n’est aisé d’analyser les excédents par causes de décès car «
la notion de décès « lié à la canicule » n’est pas une entité bien définie »8. Selon D. Hémon et al.
, durant la canicule en aout 2003, la région centre de la France métropolitaine a enregistré 150
morts dont la « cause initiale» était une maladie respiratoire contre environ 50 en 2001.
Parallèlement en Afrique de l’Ouest, notamment dans les pays comme le Sénégal et le Burkina,
les analyses climatiques et épidémiologiques montrent que les impacts sanitaires des vagues de
4
5
Ministère de la santé et des services sociaux du Québec (2011). Chaleur accablante
Environnement Canada (2011)
6
www.lemonde.fr, site web du journal français Le monde
7
Denis Hémon, Eric Jougla, Jacqueline Clavel, Françoise Laurent, Stéphanie Bellec, Gérard Pavillon «Surmortalité liée à la canicule d’août 2003 en
France »
8
A.-J. Valleron, A. Boumendil /C.R. Biologies 327 (2004) 1125-114
15
chaleur sont en train d’émerger tant dans les données climatiques que dans la perception des
sociétés.
Durant la forte chaleur, la presse fournie des informations relatives à la canicule et de ses
impacts sur la population. Ainsi, des moteurs d’informations comme Senenews évoquent (en
encadré) la forte canicule qui sévit dans le département de Linguère.
16
Encadré : incidence de la canicule sur la santé de la population
Linguère : La forte canicule hante le sommeil des populations
SENENEWS.com | 03/06/2013 à 00:52
Linguère : La forte canicule hante le sommeil des populations
Les populations du département de Linguère ne savent plus à quel saint se vouer. En cause la
forte canicule qui sévit en ce moment. Le thermomètre monte jusqu’à 45 degrés à l’ombre.
Cette chaleur accablante accompagnée d’un vent poussiéreux ce jeudi avait même rendu
difficile la visibilité dans tout le Djoloff. Des oiseaux qui meurent de soif, des personnes du
troisième âge très fatiguées, le ralentissement des activités au niveau des ateliers de travail tel
est le décor noté à cause de cette chaleur infernal dans le département de Linguère.
Comme l’adage le dit le malheur des uns faisant le bonheur des autres ; les vendeurs d’eau se
frottent les mains avec la hausse du prix de la barre de glace et des sachets d’eau fraîche dans
des zones rurales avec l’unité vendue à 275fr et 25fr alors qu’en temps normal la barre de
glace s’échangeait contre 100f dans ces mêmes milieux ruraux. D’ailleurs dans ces localités
rurales il n’existe pas de glace ; ici les canaris constituent l’unique lieu de refuge pour se
rafraîchir et se désaltérer.
Selon nos sources recoupées une personne aurait trouvé la mort à Dahra un dimanche au foirail
à cause de la chaleur. Quotidiennement c’est une véritable course contre la mort pour les
populations qui se lèvent très tôt avant que le soleil ne se lève dans le but d’éviter ses rayons
cuisants.
Salla Ndiaye/DjoloffActu
17
Compte tenu de tous ces aspects, il convient de noter quel que soit la région, les vagues de
chaleur entraînent des effets directs et indirects sur la santé des personnes. C’est pourquoi, le
Sénégal n’est pas à l’abri de ces mutations climatiques car la canicule y devient de plus en plus
fréquente. Aussi, c’est un pays où il existe un climat tropical sec caractérisé par deux saisons :
une saison sèche de novembre à juin et une saison des pluies de juillet à octobre.
C’est dans cette optique que s’inscrit ce travail de recherche qui concerne
deux zones
départementales chaudes et sèches que sont :
-Louga et
-Linguère
Ce travail s’inscrit dans un contexte de changement climatique qui se traduit par un
réchauffement de la terre. Il s’agit donc d’analyser les impacts sanitaires durant la forte chaleur
de mai 2013. Ainsi il propose d’évaluer les situations sanitaires et la variation climatique. C’est
un travail qui s’effectue également dans le cadre du projet ACASIS (Alerte aux Canicules Au
Sahel et à leurs Impacts sur la Santé) en exécution par le Centre de Suivi Ecologique.
Son principal objectif est de mettre en place au Sénégal et au Burkina Faso un système d’alerte
pré-opérationnel aux vagues de chaleur au Sahel adapté aux risques sanitaires des populations.
Ainsi, caractériser l’impact des vagues de chaleur sur la santé humaine devient alors
indispensable pour proposer des solutions adaptées aux projets de développement.
Pour ce faire, notre travail sera réparti en trois grandes parties qui se présentent comme suit :
-Problématique de recherche et présentation de la zone d’étude ;
-Evolution et variabilité climatique dans les départements Louga et Linguère;
-Cadre pratique et méthodologique.
18
II.
PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE
La problématique des vagues de chaleur s’inscrit dans un contexte de changement climatique
caractérisé par un dérèglement du système climatique qui expose les populations à des risques
sanitaires. Par ailleurs, les épisodes caniculaires sont de plus en plus fréquents. Or le Sénégal n’a
pas pris conscience du problème qui nuit la santé des populations, d’autant plus que le système
de santé n’est pas préparé pour faire face à cette situation. Aucune alerte n’a été mise au point
pour prévenir et protéger la population. En effet, le service météorologique ne savait pas à qui
s’adresser pour prendre un dispositif d’alerte contre la canicule et de ses impacts. Par ailleurs,
l’exposition d’une personne à une température extérieure élevée pendant une période prolongée,
sans possibilité de récupération, est susceptible d’entraîner de graves complications par manque
de régulation thermique du corps humain. Le plus important, c'est l'excès de température
nocturne car dans ce cas le corps ne peut pas se reposer. Les périodes de fortes chaleurs sont
alors propices aux pathologies et/ou à l’aggravation de pathologies préexistantes, due à
l’hyperthermie, surtout chez les personnes fragiles (notamment les petits enfants, les personnes
âgées, atteintes d’un handicap ou d’une maladie chroniques, traités par certains médicaments…)
et/ou les personnes particulièrement exposées à la chaleur (habitat, conditions de travail…).
Le Sénégal est à la fois un pays sahélien très sensible aux impacts des changements climatiques
et un pays à faible revenu où les populations sont confrontées à de multiples problèmes de santé
engendrés par des facteurs socio-économiques, environnementaux, politiques et culturels. En
effet, ces dernières années selon l’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie
(ANACIM) le Sahel est marqué par un épisode caniculaire exceptionnel du 20 au 27mai 2013 9.
D’ailleurs des recherches ont montré les impacts sanitaires qui découlent des vagues de chaleur
dans plusieurs pays surtout dans les pays développés où la surmortalité a été largement étudiée,
ce qui permet d’expliquer relation qui existe entre la santé et le climat. Le changement
climatique au Sahel représente donc un nouvel enjeu pour ceux qui s’emploient à protéger la
santé humaine.
9
Compte rendu de l’atelier sur la mise en place d’un système d’alerte précoce au Sénégal, 18-19 Novembre 2014, Hotel Ngor
Diarama, Dakar, Sénégal (https://acasis.locean.Sipsl.upmc.fr
19
I.1 Contexte et justification
Dans le contexte du changement climatique global, le Groupe d’experts intergouvernemental
sur l’évolution du climat prévoit une augmentation de la température et de la fréquence
d’épisodes de chaleur très intenses (GIEC, 2001). La relation entre la température et la
mortalité, qui pendant longtemps n'a guère intéressé les chercheurs, est en train de prendre une
importance toute nouvelle dans le contexte d'un possible ou probable réchauffement
planétaire. Au Sénégal, les études sont essentiellement orientées vers les précipitations. En
effet le climat mondial se réchauffe et ce réchauffement continu est dû à l’augmentation de la
concentration des gaz à effet de serre qui est corrélée à la fois au développement des activités
humaines et à la croissance de la population mondiale.
De manière générale, il est admis que les effets de cette modification rapide du climat sur la
santé risquent d’être très largement négatifs, notamment pour les populations les plus
pauvres, les plus faibles, les plus mal préparées. Avant de confirmer le réchauffement à
l’échelle de la planète, le GIEC s’est assuré que la tendance détectée était belle et bien
statistiquement significative et qu’elle se démarquait de la variabilité naturelle du climat. La
confirmation d’un réchauffement statistiquement significatif à l’échelle de toutes les régions
du globe, comme celle du Sahel au Sénégal se fera certainement attendre. L’augmentation
des températures au Sahel et en particulier au Sénégal est fortement liée au rayonnement
solaire. La répartition énergétique de ce rayonnement n'est pas uniforme autour du globe. La
zone intertropicale est excédentaire en énergie thermique tandis que les régions polaires en
sont déficitaires. Cette inégalité entretient la circulation générale atmosphérique et concourt à
expliquer une certaine variabilité saisonnière des paramètres climatiques.
Ce qui a émergé des discussions est de se focaliser sur les districts de la région de Matam où
l’évènement extrême de mai 2013 a été le plus marquant avec des températures maximales
supérieure à 45°C pendant plusieurs jours et un certain nombre de décès directement imputable
à priori à ces températures élevées10 .
Dans le contexte de la variabilité climatique, l’augmentation des températures et des vagues de
chaleur constituent un impact négatif pour la population. D’ailleurs le Sénégal est intégré dans le
projet ACASIS qui a pour objectif de mettre un système d’alerte pré-opérationnel aux canicules
au Sahel adaptés aux risques sanitaires des populations. Plus spécifiquement il s’agit :
10
http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Environnement-et-sante/Climat-et-sante/Chaleur-etsante/Publications
20
-
d’évaluer la vulnérabilité physiologique, sociétale et environnementale aux vagues
de chaleur, définir des indicateurs biométéorologiques adaptés ;
-
d’évaluer et améliorer la prévisibilité des vagues de chaleur ;
-
et de mieux connaitre l’évolution future de ces vagues de chaleur.
Au Sénégal, dans les régions chaudes et sèches marquées dans leur grande majorité par des
mutations
rapides
affectant
les
domaines
économique,
politique,
social,
culturel,
environnemental et sanitaire, le changement climatique pose la question de la canicule avec un
intérêt considérable. Face à l’incapacité de maîtriser la dynamique climatique et à satisfaire les
besoins de la population, la zone sahélienne pose de redoutables problèmes de santé liés à la
variabilité climatique entrainant l’extrême chaleur. Il est donc devenu primordial d'analyser
l'impact de la canicule sur la santé des populations. C’est d’ailleurs l’objet des recherches du
projet ACASIS financé par l’ANR11 dans les contextes de sociétés, changements climatiques et
environnementaux.
Les impacts sanitaires des vagues de chaleur ont été analysés dans les pays développés surtout
après la canicule de 2003 en Europe de l’Ouest alors dans les pays en développement peu
d’actions ont été mises en place pour évaluer les impacts, en particulier en Afrique de l’Ouest où
le climat est chaud et sec et que les capacités d’adaptation sont faibles. D’ailleurs les vagues de
chaleur sont en augmentation ces dernières 20 années12 appuyant ainsi les projections
climatiques qui indiquent l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur
dans les années à venir. Leurs impacts sur la santé des populations sont moins étudiés en
Afrique.
Ainsi l’évènement extrême survenu à Matam touché pratiquement toute la zone du sahel tels les
départements de Louga, Linguère et Ranérou d’où l’intérêt des choix d’études de ces zones. Les
risques sanitaires associés aux vagues de chaleur suscitent un intérêt auprès des chercheurs pour
déterminer la vulnérabilité des populations et la prévention des pathologies liées à la chaleur. En
outre l’absence des connaissances sur ce phénomène étudié conduit à plusieurs
questionnements.
Ainsi, le manque d’investissements dans ce domaine est une marque de la crise que traversent la
zone du sahel, ce qui favorise l’absence d’un système d’alerte aux canicules réduisant les risques
sanitaires.
11
12
ANR : Agence Nationale de la Recherche
https://acasis.locean-ipsl.upmc.fr
21
Il s’agit d’un problème de développement puisque la santé est un secteur porteur de
développement. Par ailleurs, cette étude réalisée dans le cadre d’un stage se veut une
contribution à une meilleure connaissance des vagues de chaleur au Sénégal en général et en
particulier dans la Région de Louga. Pour arriver à ce niveau, cette étude se penche sur le vaste
éventail de facteurs et de conditions exerçant le plus d'incidence sur la santé.
Alors l’étude des impacts sanitaires des vagues de chaleur en mai 2013 au Sahel notamment
dans les départements de Louga et Linguère est nécessaire pour la santé des populations et
contribue à mieux orienter les interventions des décideurs dans ce domaine.
22
I.2 OBJECTIFS DE L’ETUDE
I.2.1 Objectif général
L’objectif de notre travail consiste à analyser les relations entre les risques sanitaires (morbidité
/mortalité) et la vague de chaleur survenue en Mai 2013 afin de contribuer au développement
d'un système précoce d’alerte aux canicules au Sahel. Cette étude permet de déterminer
l’impact de nouvelles conditions environnementales grâce aux indicateurs de santé: la
morbidité diagnostiquée, la morbidité ressentie, la prévalence et la mortalité.
I.2.2 Objectifs spécifiques
De façon spécifique, il s’agit de :
 Étudier les risques sanitaires (morbidité /mortalité) en relation avec la variabilité
climatique (température) pour la période 2013 et 2014.
-
2013 correspond à la période de vague de chaleur
-
2014 correspond à la période après la canicule
 Identifier les facteurs de risques sociaux, environnementaux et politiques associées aux
risques sanitaires.
 Contribuer à la mise en œuvre d'un système précoce d'alerte aux canicules par l'analyse
des capacités d'adaptation et de résilience des communautés de base.
I.3-
QUESTIONS DE RECHERCHE
En fonction de nos objectifs fixés, trois questions de recherches se présentent comme suit :
 Quels sont les risques sanitaires liés à la variabilité climatique (température) pour la
période 2013 et 2014?
 Quels sont les facteurs associés aux risques sanitaires lors de la vague de chaleur?
 Quel système pré opérationnel d'alerte aux canicules doit-être mise en place?
I. 4 -
HYPOTHESES
Nous avons posé quelques hypothèses qui découlent de ces objectifs :
 Les phénomènes météorologiques extrêmes (augmentation de la température) influent
sur la morbidité et la mortalité des pathologies climato sensibles.
23
 Les facteurs sociaux, environnementaux et politiques ont augmenté la morbidité et la
mortalité liées aux vagues de chaleur.
 Le manque d'un système d'alerte aux canicules a augmenté les risques sanitaires.
I.5 ANALYSE CONCEPTUELLE
Dans l’intérêt de rendre plus explicite notre travail, nous allons essayer de définir certains
concepts clés de l’objet d’étude. Ce qui va permettre aux lecteurs de mieux comprendre les
notions utilisées dans ce document.
Variabilité climatique: La variabilité d'un phénomène désigne le changement de celui-ci. Cette
variabilité est souvent prévisible ou connue à l'avance. La variabilité climatique se définit
comme étant la variation de l'état moyen du climat à des échelles temporelles et spatiales. Elle
est une caractéristique inhérente au climat qui se manifeste par les différences entre les
statistiques de long terme des éléments climatiques (pluie, température, humidité, durée des
saisons) calculées pour des périodes différentes.
La variabilité du climat est souvent perçue à travers l'irrégularité des paramètres climatiques
dans leur évolution. En général, elle se réfère à la variation naturelle intra et interannuelle du
climat, alors que les changements climatiques désigne un changement du climat attribué
directement ou indirectement aux activités humaines qui altèrent la composition de
l’atmosphère globale et qui s’ajoutent à la variabilité climatique naturelle observée sur des
périodes de temps comparables (CCNUCC, 1992). Dans le cadre de notre travail nous
considérons la variabilité climatique comme une modification du climat qu’elle soit naturelle ou
anthropique. Nous allons essayer donc de définir des évènements climatiques extrêmes qui
résultent du réchauffement climatique :
Vague de chaleur: Une vague de chaleur est un phénomène météorologique caractérisé par de
fortes températures. La définition d'une vague de chaleur est difficile à cerner compte tenu de
l'aspect très multifactoriel de la chaleur, mêlant des considérations de climat, de position
géographique, et de forts différentiels d'adaptation des populations .
De l’avis de Kortli Mohamed (2009), une vague de chaleur se caractérise par les niveaux de
température et la durée de l’épisode qui varient selon les régions. En effet il n’existe aucune
définition consensuelle de la vague de chaleur. L’OMM indique qu’il s’agit d’un «
réchauffement important de l'air», d'une «période caractérisée par des températures
anormalement élevées» ou d'une « invasion d'air très chaud ». Les météorologistes français
24
et américains fixent respectivement le seuil à 30,0 et 32,2 °C pour parler de vague de chaleur.
Ainsi, Hélène Tillaut et al montrent que «la définition d’une vague de chaleur varie en
fonction des pays, en termes d’indicateurs utilisés »13. Selon Besancenot14 la vague de chaleur
peut se définir comme le maintien de fortes températures pendant plus de 48h. Dans ce travail
nous pouvons considérés qu’une vague de chaleur correspond à des températures au-dessus
des normales pendant quelques jours.
Canicule : « Une canicule est un épisode de températures élevées, de jour comme de nuit, sur
une période prolongée»15 indique Météo France. En France, les services météorologiques
préviennent qu’il existe un risque de canicule lorsque pendant au moins trois jours, les
températures minimales, en particulier la nuit, sont au-dessus de 20°C et les températures
maximales supérieures à 33°C. Une canicule désigne une période de trois jours consécutifs au
cours desquels la température atteint ou dépasse 30°C.
Santé: État physiologique normal de l'organisme d'un être vivant qui fonctionne
harmonieusement, régulièrement, dont aucune fonction vitale n'est atteinte, indépendamment
d'anomalies ou d'infirmités dont le sujet peut être affecté. Selon l’OMS (1946), la santé est un
état de bien être complet, physique, mental et social et non pas seulement l’absence de maladie
ou d’infirmité. La santé est maintenant comprise comme un tout, comme un système et non
comme les relations du couple antithétique santé/maladie (Picheral, 1982). Par ailleurs, il est
important de définir la relation entre la santé et l’environnement. Ainsi, selon l’OMS en 1994
lors de la conférence d’Helsinki : « la santé environnementale comprend les aspects de la santé
humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques,
chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle
concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de
prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations
actuelles et futures ». Dans le cadre de notre travail, la santé n'est pas seulement le fait d'être
malade ou d'être atteint d'une infirmité.
Incidence : Le terme désigne l'influence, la répercussion. En médecine il s'agit d'un terme
d'épidémiologie qui signifie fréquence des cas nouveaux d'après l'organisation mondiale de la
santé (OMS 1966). Plus précisément, l'incidence est le nombre de cas de maladies, le nombre
de personnes qui sont tombées malades pendant une période donnée dans une population
donnée. Selon le dictionnaire Larousse l’incidence est une « répercussion plus ou moins
13
Vagues de chaleur et santé : revue bibliographique, Hélène Tillaut, Coralie Ravault, Marie-Odile Rambourg, Mathilde Pascal, Département
santé environnement, institut de veille sanitaire, Saint-Maurice
14
Jean-Pierre Besancenot est directeur de recherche au CNRS, responsable du laboratoire « Climat et Santé » à la Faculté de Médecine de
Dijon
15
http://www.meteofrance.fr/
25
directe de quelque chose ». L’incidence est donc une mesure du risque pour une population de
contracter des pathologies pendant une période donnée.
Risque sanitaire : Un risque n’a pas forcément la même signification pour tout le monde. En
effet « ce sont les deux acceptions les plus courantes de ce terme qui sont utilisées, à savoir
la probabilité d’une issue sanitaire défavorable ou un facteur qui augmente cette probabilité
»16 (OMS, 2002).Un risque sanitaire désigne un risque, immédiat ou à long terme, plus ou
moins probable auquel la santé publique est exposée. L'identification et l'analyse des risques
liés à un phénomène permettent généralement de prévoir l'impact d'un risque sanitaire sur la
santé publique.
En épidémiologie, le risque d’une maladie est sa fréquence dans la population. Plus
rigoureusement, c’est une probabilité, celle de la survenue des nouveaux cas (l’incidence)
d’un problème défini, au sein d’une population donnée, pendant une période déterminée.
Le risque sanitaire peut être considéré comme une menace pour l'état de la santé de la
population conjuguée à une déstabilisation des pouvoirs publics chargés de la sécurité sanitaire.
Il dépend donc de la nature du contaminent qui peut être biologique (virus, parasites) chimiques
(hydrocarbures) et physiques (températures extrêmes; rayons ultraviolets).
16
OMS : Rapport sur la santé dans le monde « Réduire les risques et Promouvoir une vie saine »,2002
26
III.
METHODOLOGIE DE RECHERCHE
Pour réaliser une étude judicieuse de l’incidence de la vague de chaleur sur la santé dans la
zone du sahel plus précisément dans les départements de Louga et Linguère nous avons adopté
une méthodologie simple afin de mener notre travail. Ainsi le recueil d'un certain nombre de
données a été nécessaire, ce qui nous a permis d’obtenir plusieurs informations en fonction des
objectifs fixés. L’étude comprend trois phases : la revue documentaire, la collecte de données
sur le terrain et le traitement et l’analyse des données.
III.1 La revue documentaire
La documentation a porté sur des données sanitaires, épidémiologiques, physiques,
démographiques, socio-économiques. Elle s’est basée sur une collecte de données et de
publications sur notre objet d'étude.
La documentation s'est déroulée tout au long de l'étude à travers les différentes sources de
documentation de l'UCAD (B.U, département de Géographie, AUF) et au niveau d'organismes
d'études et de recherche du Sénégal (ENDA tiers monde, CSE, ANDS). En plus de ces sources
de documentation, nous avons tiré des informations sur Internet. Des moteurs de recherche
comme Google ont été utilisés. Ainsi des documents institutionnels et des documents
scientifiques tels des rapports, des mémoires, articles sont consultés.
III.1.1 Documents scientifiques
En ce qui concerne les documents scientifiques, nous avons consulté des travaux de médecins
épidémiologistes et de spécialistes en climat et santé.
III.1.1.1 Travaux des géographes de la santé
Le Sahel a fait l’objet de plusieurs études sur la relation environnement santé et certains auteurs
se sont attelés comme Besancenot et al (2004) à réfléchir sur la question en considérant le
changement climatique sous l’angle de la sécheresse. Il démontre ainsi que la sècheresse au
sahel menace la santé de la population par des effets directs (hyperthermie, déshydratation) et
par des effets indirects en raison des modifications environnementales qui entrainent
l’émergence de maladies (bilharziose). Dans une autre lecture à travers un ouvrage publié en
1995, Besancenot propose « une approche géographique des risques climato pathologiques » à
travers laquelle il montre d’une part les mécanismes pathogéniques qui se rattachent au climat
soit par une surexposition soit par une météorosensibilité et d’autre part l’utilisation d’une
27
démarche géographique consistant à cartographier la répartition spatiale d’un tel risque à une
échelle appropriée.
Ainsi, l’intérêt de la méthode de Besancenot repose sur l’observation des phénomènes
pathologiques qui traduit un lien entre la maladie et un facteur d’exposition notamment un
évènement climatique. Une classification du risque en deux grands types a été élaborée : les
risques climato pathologiques par une surexposition (comportement, âge, structure
démographique) et les risques climato pathologiques par une climato sensibilité. Par conséquent
le résultat qui se dégage de cette démarche montre que les risques climato pathologiques sont
très nombreux et que leur classification va du cancer cutané jusqu’à l’infarctus du myocarde
en prenant en compte les paramètres bioclimatiques ainsi que d’autres facteurs
environnementaux, comportementaux, sociaux. Ces risques s’inscrivent dans un vaste
système incluant l’espace localisable, bien déterminé et de ses changements.
A travers une autre perspective de recherche, Jean Pierre Besancenot (2002) aborde la
question des vagues de chaleurs sous l’angle des différences spatiales mais aussi du genre de
personnes les plus exposées au phénomène. A ce niveau, il fait comprendre que la
surmortalité touche principalement les personnes âgées et que les sujets les plus à risque sont
ceux qui vivent seuls, les malades, les individus de faible niveau socio-économique, habitant
des logements mal ventilés et non climatisés. Aussi la surmortalité liée à la vague de chaleur
est surtout alimentée par les maladies cardiovasculaires, cérébro-vasculaires, respiratoires et
mentales que la déshydratation, le coup de chaleur et l’hyperthermie. Les températures
minimales élevées présentent un risque car ne permettant pas le repos nocturne du corps. Il a
montré aussi qu’il existe des contrastes spatiaux concernant étant donné que l’impact sanitaire
des vagues de chaleur est beaucoup plus marqué dans les centres villes que dans les quartiers
périphériques et dans les campagnes du fait de la densité du bâti et de la pollution
atmosphérique dans les grandes villes.
C’est dans cette perspective qu’Emmanuelle Cadot et Alfred Spira (2006) ont orienté leurs
travaux de recherche. Autrement dit, leur méthodologie consiste à mettre en évidence
l’importance des disparités spatiales dans la ville à différentes échelles. À partir du nombre de
décès survenus entre le 1er et le 20 aout 2003 et des trois années précédentes, deux indicateurs
ont été retenus pour représenter les variations spatiales de mortalité. D’abord le Ratio
Standardisé de Mortalité (RSM) est utilisé pour mettre en évidence les variations de mortalité
par âge et par sexe de la population des zones étudiées. Ensuite le Ratio de mortalité qui permet
de mesurer la surmortalité. Et les résultats qui en découlent montrent que la répartition de la
surmortalité sur le territoire métropolitain est caractérisée par une très forte hétérogénéité à
28
différentes échelles. Ils ont noté des disparités spatiales entre les zones côtières et les zones
continentales et entre les zones rurales et les petites agglomérations. Le niveau de mortalité et de
surmortalité s’expliquent par
les facteurs tels niveau socioéconomique, température et concentration en ozone. Le revenu
moyen des ménages, les personnes vivants seules de 60ans et plus, la température minimale
et la concentration en ozone sont des indicateurs qui montrent les facteurs de risque de
mortalité et de surmortalité en aout 2003.
A l’instar de Besancenot, Emmanuelle Cadot et Alfred Spira, des travaux à vocation préventive
sont également menés par Clément Champiat (2009) sur les vagues de chaleurs. A ce propos,
Champiat, s’est employé à fournir de l’information pour l’aide à la décision dans la prévention
et l’intervention sanitaire lors de vagues de chaleur. Donc, Il s’agit de présenter une
méthodologie originale de représentation des variations spatiales de la chaleur en ville. Elle
consiste à identifier des ilots de chaleur urbains (ICU) sur le territoire du grand Lyon afin de
repérer les zones les plus à risque en termes d’impact sanitaire lors de vagues de chaleur.
En d’autres termes, sa méthodologie repose sur le croisement de paramètres présentant une
forte corrélation avec le phénomène d’ICU. L’étude réalisée porte sur quatre zones tests
appartenant au territoire du Grand Lyon. Il s’agit en fait de Villeurbanne, Lyon, Vénissieux et
Meyzieu. Chacune de ces zones présente des typologies de territoire homogènes et spécifiques.
Les études ont révélé que les paramètres liés au tissu urbain influent sur les ilots de chaleur. Il
existe quatre phénomènes microclimatiques à la source des ICU : la rétention de la chaleur par
le tissu urbain, la perturbation de la dynamique des masses d’air, la réduction de
l’évapotranspiration et l’émission de chaleur par les activités anthropiques. Ce qui explique que
les propriétés thermiques et optiques des matériaux, la géométrie des canyons urbains et
l’exposition des rues au rayonnement solaire gouvernent la rétention de la chaleur par le tissu
urbain. Aussi la géométrie des canyons urbains influe dans la perturbation de la dynamique des
masses d’air, entrainant l’air chaud dans la ville. La réduction du rafraîchissement de l’air et des
surfaces peut être caractérisée par le manque d’évapotranspiration dû à l’imperméabilité des
surfaces et la rareté de la végétation, ainsi que la rareté des masses d’eau qui ont la capacité
d’annihiler le phénomène des ICU. Dans les zones dépourvues d’activités industrielles, les
transports et les systèmes de climatisation des bâtiments du secteur tertiaire sont à l’origine de la
chaleur issue d’activités anthropiques en période estivale.
29
A l’aide des logiciels Arc gis, Ar Mapper et FME, un modèle cartographique d’ICU a été
construit. En effet les paramètres retenus n’influent pas tous de la même manière sur le
phénomène étudié. Ainsi les couches cartographiques sont été dotées de coefficients de
pondération basée sur l’équation d’équilibre énergétique des surfaces urbaines permettant de
définir les apports de chaleur en ville. Ainsi les zones sont attribuées à des scores ICU
exprimés en pourcentage qui permettent leur classement. Les résultats ont montré que les
intensités d’ICU les plus élevées sont localisées au niveau des rues. Cela traduit la
concentration de facteurs favorables aux ICU au niveau des cayons urbains comportant des
trottoirs en asphaltes, dépourvus d’arbres d’alignement. Au niveau des rues ou il existe des
arbres d’alignement, il peut y avoir une réduction des intensités d’ICU d’un niveau moyen à
un niveau faible. Au niveau des bâtiments, le modèle cartographique donne des ICU de faible
intensité, traduisant l’influence de l’imperméabilité et des propriétés thermiques des
matériaux de toiture sur la température des surfaces de toits ainsi que sur la proximité de
l’air. Aussi les résultats ont montré la présence d’ICU d’intensité négative outil de fraicheur
qui s’explique par la présence de la végétation de cette zone. En s’intéressant à la zone la
plus exposée à la chaleur, il est noté que la proportion de femmes était d’environ 57 % et que
le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans était le plus élevé de toute la zone étudié.
Tout compte fait, on ne saurait parler de l’impact des vagues de chaleur sans convoquer les
travaux d’autres spécialistes comme les médecins, épidémiologistes etc.
30
III.1.1.2 Travaux des épidémiologistes
Les conséquences catastrophiques engendrées par la vague de chaleur de 2003 en France, ont
poussé des spécialistes comme Alain-Jacques Valleron ; Ariane Boumendil (2003) à mener des
études portant sur l’Epidémiologie et les canicules. A l’issu de leurs investigations, les résultats
ont montré les facteurs de risques sanitaires liées aux vagues de chaleurs. Ainsi, malgré les
difficultés méthodologiques relatives à l’épidémiologie et les canicules, ils ont identifié des
facteurs de risque sociaux, comportementaux et environnementaux en s’inspirant d’autres
travaux sur les vagues de chaleur de Chicago en 1995. Parmi ces facteurs de risque sociaux les
personnes vivants seules et celles vivants au dernier étage de leur immeuble étaient plus
exposées au risque de mourir au cours de la canicule. Le rôle important de la climatisation a été
démontrée soulignant que les personnes résidant dans un lieu climatisé avaient cinq fois moins
de risque de mourir que les autres ; et que les 50% des décès auraient été évité si tous les sujets
avaient eu un domicile climatisé. D’autres études ont confirmé le rôle protecteur de l’accès à la
climatisation mais pas le rôle protecteur du ventilateur. Les résultats ont montré les personnes
décédées en aout 2003 étaient des personnes fragiles des durées de l’ordre de cinq à neuf mois.
L’information épidémiologique fournie par le certificat de décès explique la cause de la mort
des personnes âgées à travers le système linéaire qui se présente à trois niveaux : la cause
initiale, la cause associée ou intermédiaire et la cause immédiate. La surmortalité est plus
fréquent chez les sujets fragilisés notamment ceux qui souffrent d’insuffisance cardiaque et de
troubles mentaux en raison de leur comportements inadaptés lors des vagues de chaleur. Ainsi des
analyses montrent également que la surmortalité varie en fonction de l’âge. Des contrastes ont été
observés dans la répartition géographique des nombres de jours de grande chaleur montrant des
zones plus adaptées à la chaleur que d’autres. En effet ce phénomène d’adaptation s’exprime en
fonction de la latitude ou même l’existence des mesures de prévention. Par contre la mortalité
pendant l’hiver, corrélée aux épidémies de grippe a été élevé.
En outre, les incidences de la canicule d’aout 2003 en France a également intéressé d’autres
chercheurs en l’occurrence Denis Hémon, Éric Jougla, Jacqueline Clavel, Françoise Laurent,
Stéphanie Bellec, Gérard Pavillon dans Surmortalité« liée à la canicule d’août 2003 en France
». Ces derniers se sont non seulement intéressés à la relation surmortalité/canicule mais aussi aux
facteurs de vulnérabilité de l’exposition aux vagues de chaleur. Sous ce registre, ils ont fait
d’abord une estimation de la surmortalité sur un plan chronologique, ensuite analysé la relation
entre mortalité et caractéristique de la température. Aussi ils ont étudié la répartition spatiale de la
31
surmortalité selon le sexe, l’âge et selon les lieux de décès. Les causes de décès les plus
fréquentes lors des vagues de chaleur ont été définies.
Donc, leur méthode consiste à comparer les décès du mois d’août 2003 aux données
correspondantes des trois derniers étés à savoir 2000, 2001 et 2002. Ainsi le dénombrement de
décès a été effectués à travers trois sources de données (INSEE, INSERM, INVS) entre le 1er et
28 Aout 2003 afin d’estimer la surmortalité. Il s’agit des certificats médicaux de décès et des
bulletins 7 de l’état civil (source Inserm), des avis 7 bis d’état civil (source Insee) et les
décomptes de décès effectués par les Ddass (source InVS). Les auteurs ont établi des valeurs de
références pour les comparer aux nombres de décès d’Aout 2003 selon 3methodes. Il s’agit
d’abord de comparer les nombres quotidiens de décès observés au cours des mois de juillet, août
et septembre des années 2000, 2001 et 2002 ; ensuite comparer les taux de mortalité des mois de
juillet à septembre pour les années 2000 à 2002 aux estimations de population au 30 juin2003 ;
comparer les taux de mortalité par âge et sexe au cours des 10 dernières années (1993 à 2002) à
la population au 30 juin 2003. Ils ont utilisé deux indicateurs comme le ratio de mortalité et
l’excès de mortalité pour caractériser la mortalité.
Leurs résultats ont montré un excès quotidien de la mortalité qui s’augmente avec 1 200 décès le
8 août et près de 2 200 décès le 12 août. Il a régressé à partir du 13 août avec environ 2000 décès
et 1000 décès le 14 aout. La mortalité retrouve sa valeur normale 0 partir du 19 aout. Ce qui
explique le caractère instable de la canicule.
Aussi la surmortalité a principalement frappé les populations âgées, notamment de 75 ans et
plus mais aussi les personnes âgées de 45 à 74 ans. Elle concerne aussi bien les femmes que les
hommes, mais la surmortalité des femmes a été plus marquée avec 80% qui peut être expliquée
par le facteur isolement.
En plus la surmortalité a touché inégalement le territoire. L’excès de décès a été plus marqué dans
les zones les plus exposées à la chaleur. Les surmortalités maximales ont été observées en Ile-deFrance et dans la région Centre avec 33%pour la région Ile-de-France. Les ratios de mortalité les
plus bas ont été observés dans les régions côtières de Basse- Normandie, Bretagne
et Nord-Pas-de-Calais. Les régions chaudes ont aussi enregistré une surmortalité modérée. Selon
les lieux de décès, 42 % des décès en excès sont survenus dans les hôpitaux, 35% à domicile,
19% dans les maisons de retraite et 3% dans les cliniques privées. Les ratios de mortalité sont
plus intenses dans les maisons de retraites avec 2 ,0 ensuite dans les domiciles avec 1,7.
32
Ainsi les causes de décès directement liées à une forte sont notamment la déshydratation,
l’hyperthermie et le coup de chaleur. Les maladies cardiovasculaires et les maladies de
l’appareil respiratoire suscitent d’autres causes d e décès liées à la canicule.
Outre la documentation faisant état actuel de la connaissance scientifique sur les vagues de
chaleur, nous nous sommes employés à exploiter d’autres sources de documentation à
caractère institutionnel.
III.1.2 Documents institutionnels
Les documents institutionnels que nous avons consultés soulignent les diverses mesures qui
doivent être prises pour lutter contre les chaleurs extrêmes. Ils portent sur le développement de
mesures d’adaptation visant à réduire l’impact de ces périodes de chaleur sur la santé publique
puisque les vagues de chaleur sont devenues une source de morbidité et de mortalité.
Au regard de ces objectifs, des organismes internationaux comme l’Atlas de la santé et du
climat de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’Organisation météorologique mondiale
ont publié en 2012 des plans d’action sanitaire contre la chaleur. Ces plans ont pour objectif le
recensement des conditions météorologiques nocives, l’analyse des prévisions du temps, la
diffusion d’alertes et le déclenchement de mesures de santé publique propres à réduire ou à
prévenir les affections et décès dus aux températures élevées.
Aussi, par logique d’anticipation au phénomène de vague de chaleur, des propositions de
mesures d’adaptation ont été déclinées par Nathalie Auger et al en 2002. A son avis, la mise en
place d’un système de veille/avertissement météorologique pour les besoins de la population à
travers des campagnes de prévention et d’information, des mesures d’atténuation des effets de
la chaleur et le rôle des intervenants pourrait aider à mieux s’adapter au phénomène. Les
mesures d’adaptation présentées dans ce document correspondent à deux objectifs:
-
L’objectif sanitaire dont le but est la réduction des effets néfastes de la chaleur accablante
sur la santé de la population en diminuant la morbidité et la mortalité précoce durant la canicule
chez les personnes vulnérables et en prévenant la mortalité par coup de chaleur et la morbidité
par l’épuisement et les crampes de chaleur.
-
L’objectif comportemental qui vise à informer la population afin d’amener les personnes
à risque à adopter des comportements individuels nécessaires à leur protection, lors de périodes
de chaleur accablante.
33
Les plans d’intervention se fondent sur un seuil critique de l’indice de stress causé par la
chaleur (l’indice de chaleur, l’indice humidex et la masse d’air synoptique). Selon le National
Weather Service, les alertes sont émises lorsque les valeurs de l’indice de chaleur atteignent
40,5° plus de 3 heures par jour durant 2 jours consécutifs ou lorsque l’indice de chaleur dépasse
46°, quelle que soit la période du temps.
Mais ce système de veille/avertissement est limité par un nombre de problèmes relatifs à la
validité de l’indice de stress causé par la chaleur et au lien avec les impacts sur la santé, aussi
des problèmes liés aux prévisions météorologiques qui doivent être établies assez tôt pour
donner le temps associé à une très forte chaleur afin d’émettre les alertes et un problème de
faisabilité en raison du coût pour la mise en place d’un tel système.
A travers son Plan National (PNC) de Canicule, le Ministère de la santé et de la protection
sociale, Ministère délégué aux personnes âgées, a entrepris en 2004 des actions nationales et
locales à mettre en œuvre afin de prévenir et réduire les conséquences sanitaires d’une canicule.
A travers ce plan la stratégie de réponse repose sur trois principes : le repérage des personnes à
risque isolées, la responsabilité de l’alerte et la solidarité.
La prévention s’effectue à travers la sensibilisation des personnes à risque et du grand public et
des recommandations en cas de fortes chaleurs.
En cas de prévision de fortes chaleurs, les principes d’action, d’une canicule sont de :
- rappeler les principes de protection contre la chaleur : aménagement de l’habitation, mesures
de protection individuelle, conseils d’hygiène de vie ;
- organiser la surveillance des personnes à risques ;
- vérifier que les acteurs ont une bonne connaissance du problème et savent les mesures à
prendre pour se protéger des conséquences sanitaire de la chaleur ;
- proposer aux personnes ayant un risque majeur de consulter leur médecin afin d’adapter leur
prise en charge ;
- préparer l’accueil des personnes vulnérables dans des locaux rafraîchis.
La gestion d’une canicule qui présente plusieurs niveaux d’alerte : la vigilance, l’alerte,
l’intervention, la réquisition met en place un dispositif de surveillance sanitaire et
environnemental.
34
Un dispositif de suivi et évaluation est élaboré mettant en place un comité interministériel
canicule chargé de s’assurer de la mise en œuvre des mesures structurelles et organisationnelles
de réduction des impacts sanitaires liés à une canicule.
III.2 La collecte de donnée sur le terrain
Cette partie est importante du fait qu’elle permet de recueillir plusieurs informations sur notre
thème de recherche. Le travail de terrain comporte 3 volets qui constituent des sources
d’information :
-l’exploitation des registres de consultation des postes de santé au niveau de chaque
département
-l’exploitation des tableaux climatiques mensuels de chaque station
-l’enquête socio-sanitaire
-les entretiens avec le personnel de santé
III.2.1 L’exploitation des registres de consultation
L’exploitation du registre de consultation journalière des postes de santé va concerner la
période avant, pendant et après la vague de chaleur afin de déterminer l’état de santé de la
population durant ces périodes. Elle est importante du fait qu’elle fournit des informations sur
les patients plus précisément le sexe, l’âge, le lieu de résidence et le motif de consultation et
permet de savoir les pathologies qui se maintiennent avant, pendant et après la vague de chaleur
de mai 2013.
III.2.2 Collecte de données climatiques
Les données climatiques fournies par l’ANACIM sont tirées des tableaux climatiques mensuels
(TCM) et des carnets d’observation journalière. Nous avons obtenus aussi les températures
maximales et les températures minimales pour chaque station. Ces données permettent d’analyser
températures moyennes journalières, mensuelles et annuelles de chaque station.
35
III.2.3 L’enquête socio-sanitaire
L’enquête a nécessité la construction d’un échantillonnage basé sur la méthode raisonnée. Cette
enquête porte sur la morbidité et la mortalité lors de la canicule de Mai 2013, le niveau de
connaissance, les facteurs de risque et les aspects démographiques et socio-économiques des
populations. Selon A. Niang (1997), l’intérêt de l’enquête socio-sanitaire est de fournir
l’information permettant d’analyser le recours en relation avec les autres facteurs
démographiques, économiques, sociaux et culturels que seule l’exploitation des registres de
consultations ne pouvait permettre de saisir.
METHODE D’ECHANTILLONNAGE
Ce travail de terrain nécessite une enquête par sondage qui prend en compte qu’une partie de
l’ensemble de la population selon des critères de représentativité. Cette enquête est basée sur un
échantillon par choix raisonné de localités que nous avons sélectionnés pour chaque département
tout en essayant de respecter les critères de représentativité.
Nous avons fait un échantillon par grappe de taille similaire de 25 ménages pour les localités à
enquêter. Le ménage est choisi comme unité de sondage. Notre échantillon sur l’ensemble des
2 districts (Louga et Linguère) compte 250 ménages. Le questionnaire s’adresse aux chefs de
ménage en respectant le nombre de questionnaire attribué à chaque quartier ou village choisi.
Le choix des localités pour l’enquête auprès des ménages est basé sur le registre de consultation
générale des structures sanitaires. Ce dernier est un outil qui permet de repérer les lieux de
provenance des patients. Ainsi les localités les plus fréquentes dans le registre de consultation
journalière ont été choisies d’où le critère de discrimination en tenant en compte la
représentativité socio-spatiale et statistique. Ainsi nous avons retenu trois critères pour le choix
des zones à enquêter :
- Le premier critère est la fréquence des lieux de provenance des patients observée dans les
registres de consultation générale.
-Le deuxième critère est la taille des localités qui donne une représentativité démographique.
-Le troisième est lié à la localisation des localités afin de tenir en compte la représentativité
spatiale.
36
III.2.4 Les données cartographiques
Elles ont été fournies par la Direction des travaux géographiques et cartographiques (DTGC)
pour la réalisation de la carte de localisation de notre zone d’étude à l’aide du logiciel Qgis. Le
centre de suivi écologique a également contribué à la spatialisation de l’information sanitaire à
travers une base de données cartographique.
III.2.5 Les entretiens
Les entretiens sont destinés au personnel de santé (médecin chef de district, infirmiers chef de
poste, agents de santé). Ils permettent d’avoir des informations approfondies sur l’impact
sanitaire des vagues de chaleur dans nos zones d’étude et de connaitre le niveau d’intervention
des acteurs dans la lutte contre la canicule au Sahel.
III.3 Traitement de données
L’utilisation des techniques informatiques de traitement permet de saisir les données recueillies.
Ainsi la saisie des données se fera avec des logiciels tels Excel, Sphinx pour l’analyse des
données climatiques et les données sanitaires et le logiciel Quantum Gis est utilisé pour réaliser
des cartes de localisation et des cartes d’analyse des données.
III.4 Difficultés rencontrées
La complexité de la collecte de l’information est due à la carence de certaines données dans les
structures. Nous avons eu beaucoup de difficultés pour la collecte de données sanitaires surtout
dans le district de Louga où il y’avait une tension en 2013, ce qui a provoqué l’absence de
certaines de données et la mauvaise conservation des archives (perte de document, documents
déchirés ou incomplets). Nous avons pu recueillir que les informations disponibles.
Dans le district de Linguère, les difficultés rencontrées sont liées à l’absence de l’information
du centre de santé du à la rétention des données par les postes de santé depuis la tension en
2009 (revendication d’ordre syndicale). De ce fait, nous avons eu recours aux données de
l’hôpital (centre de référence EPS1) qui enregistre les consultations journalières. Le centre de
santé joue désormais, un rôle de coordination des activités communales, évaluation et suivi des
programmes (prévention, maternité et malnutrition des enfants). Alors nous n’avons recueilli
que les données disponibles dans les structures de santé.
37
En ce qui concerne l’enquête auprès des ménages, certains individus avaient du mal à
quantifier le revenu du ménage. D’autre avaient des difficultés pour se souvenir de la
morbidité durant la vague de chaleur de mai 2013 dans le ménage.
Conclusion partielle
Le changement climatique représente la plus grande menace pour la santé dans le monde au
XXIe siècle. En Afrique de l’Ouest, en particulier la zone du Sahel caractérisé par un climat
chaud et sec, l’objet d’une étude scientifique portant sur la variabilité climatique et la santé
dans les départements de Louga et Linguère parait très intéressante dans la mesure où elle
permet d’établir un lien entre la morbidité/mortalité et la canicule. C’est dans ce cadre le projet
ACASIS financé par l’ANR décide de mettre en place un système d’alerte aux canicules.
La lecture de certains ouvrages à ce sujet nous a permis de connaitre l’impact d’un tel évènement
sur la santé. Mais la rareté des documents traitant la canicule au Sénégal limite la recherche
documentaire. La plupart des études ont été effectué dans les pays développés. Des travaux ont
montré que les températures caniculaires contribuent directement à la mortalité par maladies
cardiovasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées. Les vagues de chaleur
entrainent une hausse de l'incidence des décès et des maladies graves chez les personnes âgées et
les pauvres en milieu urbain. Dans cette étude, la méthode que nous avons adoptée nécessite la
collecte de l’information d’où les données sanitaires, météorologiques, socio-économiques qui
permettent de faire l’analyse des impacts sanitaires de la canicule.
38
PREMIERE PARTIE
GEOGRAPHIE DES DEPARTEMENTS DE LOUGA ET DE
LINGUERE ET EVOLUTION DES TEMPERATURES
39
Chapitre I: Géographie des départements de Louga et de Linguère
I.
Organisation territoriale
Concernant l’organisation territoriale, la région est découpée en trois départements (Louga,
Linguère et Kébémer) et onze arrondissements. Elle abrite 46 collectivités locales : 1 région, 4
communes et 41 communautés rurales.
Le département de Louga s'étend sur une superficie de 5649 km2 soit 22% du territoire
régional. Il compte 17communes et les arrondissements de: Coki, Keur Momar Sarr, Mbédiéne,
Sakal et la commune de Louga. Le département de Linguère s’étend sur une superficie de
19716 km2. Ses quatre arrondissements sont : Barkédji, Dodji, Sagatta Diolof, Yang-Yang.
Plus de 2500 établissements humains ont été répertoriés dans la région.
Carte1 : Organisation territoriale des départements de Louga et de Linguère
40
II.
Aspects humains
II.1 Situation sociodémographique
La région de Louga compte une population de 874 193 habitants dont 433 715 hommes et 440
478 femmes (RGPHAE, 2013). Cependant, la répartition spatiale de la population est très
inégale.
Avec une population de 373211 habitants, le département de Louga concentre 42% de l’effectif
de la région contre 30% et 28% respectivement pour Kébémer et Linguère (ANDS, 2013). On y
retrouve une forte densité de peuplement soit 63habitants au km2. Le département de Louga
concentre 42% de l’effectif de la région. Le département de Linguère qui couvre 62% de la
superficie du territoire régional présente la plus faible densité (15 habitants au km2). Dans les
départements de Kébémer et Louga, on rencontre les plus fortes densités de peuplement soit 65
habitants au km2 et 63 habitants au km2 respectivement. Le recensement de la population
confirme une jeunesse de la population. Ainsi les résultats de notre enquête montrent un déficit
d’hommes âgés de 20 à 54 ans par aux femmes qui peut être lié aux phénomènes migratoires. La
région de Louga connaît d’importants mouvements de population : la transhumance, l’exode
rural et la migration internationale. Elle fait partie des zones où la propension à l'émigration
internationale est devenue très forte. Ce phénomène a un impact sur la population mais
également sur la vie économique de la région. La région de Louga a connu ces dernières
décennies des sécheresses qui ont affectés la production agricole rendant les conditions de vie
très vulnérables et précaires. Ceci a amené les populations à développer des stratégies de survie
dont le départ en émigration.
II.2 Situation socio-économique
La région de Louga est une zone à vocation essentiellement agropastorale. En effet, l’économie
régionale dépend essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. L’élevage constitue l’une des
activités maîtresses de la région en raison de l’appartenance d’une grande partie de son
territoire (65%) à la zone sylvopastorale. En tant que zone sylvopastorale par excellence, Louga
est l’une des régions du Sénégal les plus exposées aux feux de brousse. Il occupe avec
l’agriculture plus de 80% de la population. Il est de type extensif et transhumant avec la
disponibilité de parcours naturels et l’existence de forages pastoraux. Grâce à l’importance des
zones de pâturage (21000 km2), à l’expérience longtemps acquise par les éleveurs et la
présence d’unités pastorales mise en place par le PAPEL, la région de Louga constitue
véritablement une zone d’élevage.
41
II.3 Situation sanitaire
La situation sanitaire est jugée préoccupante en raison de l’état de pauvreté chez les populations.
Le suivi de la situation épidémiologique pose vraiment problème au niveau de la région du fait
de la rétention d’informations par les syndicats et qui perdurent à Louga même si ailleurs le
mot d’ordre a été levé depuis assez longtemps. A Linguère, le centre de santé communal polarise
7 postes de santé et 52 cases de santé sur un vaste espace de 8311km2. L’offre en service de
santé est assez important au niveau du centre de santé qui dispose de plusieurs unités dont une
médecine générale, une maternité, un laboratoire, un dépôt de pharmacie, un cabinet dentaire,
une chirurgie cataracte et un service social. Cependant, elle ne profite pas entièrement à tous les
catégories de patients. L’inexistence d’une échographie constitue un handicap pour les femmes
enceintes de la commune, obligées de se déplacer jusqu’à Louga pour bénéficier de ce service
malgré les contraintes liées à leur évacuation rendu très difficile par le faible équipement du
centre, le matériel roulant et les difficultés d’accessibilité dues à l’absence d’infrastructures
routières de qualité. L’insuffisance du personnel médical et du plateau technique constitue la
principale contrainte à une bonne qualité de l’offre de services sanitaires.
Le paludisme reste de loin la première maladie de la région. Il affecte et tue plus qu’aucune
autre maladie. Il est suivi des maladies respiratoires et cardio-vasculaires. L’impact des risques
environnementaux sur la santé des populations devient également un problème de santé
publique. La désertification et la pollution (des sols, de l’eau et de l’air) peuvent menacer à
terme la santé des populations. La désertification porte atteinte à l’équilibre écologique dont
dépend l’existence des plantes médicinales. Quant à la pollution, elle est à l’origine de plusieurs
maladies. Les maladies diarrhéiques et respiratoires sont les plus concernées.
III.
Aspects physiques
Le climat varie considérablement d'une année à l'autre, en particulier en association avec « El
Niño Southern Oscillation » (ENSO), ou sur une période de dix ans ou trente ans. Par exemple,
la sécheresse au Sahel constitue un évènement climatique exceptionnel dans les années 19691972. Les premiers traits climatiques s’expriment par la latitude qui confère au territoire des
caractères tropicaux, et par la position de Finistère ouest-africain qui détermine des conditions
42
climatiques différentes dans la région littorale et dans l’intérieur. Les seconds s’expriment par
l’alternance sur le pays de trois flux dont les déplacements sont facilités par la platitude du relief
(Sagna P. et Roux M., 2000). La région de Louga est soumise au régime climatique de type
sahélien continental. Ce climat est caractérisé par la présence de deux saisons, une courte saison
des pluies, de juillet à septembre et une longue saison sèche de 9 mois (octobre à juin). Ceci
l'expose périodiquement à des invasions d'air chaud à l'origine d'ambiances climatiques peu
confortables, affectant l’état de santé de la population. Depuis plus de deux décennies, Louga
reçoit de faibles précipitations variant entre 200 et 500 mm. Selon le GIEC, des émissions
constantes de gaz à effet de serre vont provoquer un réchauffement supplémentaire et des
altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique, augmentant ainsi le risque
de conséquences vastes et profondes qui toucheront toutes les strates de la société et le milieu
naturel. Le climat constitue une source de vulnérabilité pour le Sénégal qui se situe dans la zone
sahélienne.
III.1 Températures
"Le réchauffement du climat ne fait aucun doute et est désormais attesté par l'augmentation
observée des températures moyennes de l'air et de l'océan, la fonte généralisée de la neige et de
la glace et l'augmentation du niveau moyen de la mer"17. Ainsi, la température moyenne à la
surface du globe a augmenté de + 1°C de 1901 à 2012.
Les températures restent élevées durant la majeure partie de l’année. Les périodes les plus
chaudes coïncident généralement avec les mois de Mai où les températures peuvent atteindre
45°Celsius et 37,7°Celsius au mois d’Octobre. La région de Louga fait partie des régions les
plus chaudes du Sénégal avec une température moyenne en 2013 de 27°C et de 26°C en 2014.
Ces températures varient en moyenne de 25°C à 29° C. Il faut noter qu’en 2013 c’est au mois
de mai qu’on a enregistré la température la plus élevée avec +29°C et pour l’année 2014 le
maximum est enregistré au mois de septembre.
III.2 Vents
L’harmattan constitue le vent dominant de cette zone, un vent chaud, sec et poussiéreux très
actif en Afrique de l’ouest qui souffle vers le sud en provenance du Sahara dans le golfe de
Guinée en hiver, entre la fin novembre et le milieu du mois de mars. Chargé de poussières et de
sables (fines particules de 0,05 à 1 micromètre), il peut obscurcir l'atmosphère durant plusieurs
17
GIEC, Bilan des changements climatiques, 4é rapport de synthèse
43
jours et favorise les épidémies de méningite dans les pays notamment au Burkina Faso et au
Mali. La fragilisation des muqueuses par les particules en suspension facilite passage du
méningocoque dans le sang.
Les principaux vents qui soufflent dans cette zone sont :
• les alizés maritimes : ils apportent fraîcheur et humidité, ces alizés sont issus de l’anticyclone
des Açores. Ils soufflent d’octobre à juin, mais leur influence se fait moins sentir dans la ville.
• le harmattan : vent chaud et sec, il est plus actif de Janvier à Mai. L’harmattan constitue le
vent dominant dans la zone, il est de secteur Ouest. Le harmattan transporte la poussière,
occasionne parfois de véritable tempête de sable, l'érosion éolienne et des pertes d’eau par
évaporation.
• la mousson : issue de l’anticyclone Sainte-Hélène, elle est de direction sud-ouest, engendre
les précipitations et intéresse la ville de Juillet à Octobre.
III.3 Humidité relative
L’humidité atmosphérique peut être définie comme étant la quantité d’eau contenue dans une
masse d’air. L’humidité relative de l’air s’exprime en pourcentage (%) et dépend de la
température et de la pression. Sachant que le taux d’humidité est normal s’il est compris entre
80% et 100%, il est déficitaire s’il est inférieur à 80% et excédentaire s’il est supérieur à 120%.
Dans le département de Linguère, les taux d’humidité les plus élevés observés au cours de
l’année 2013 sont enregistrés en hivernage c'est-à dire- les mois de juillet à septembre avec des
taux variant de 61% à 78%. Les taux les plus faibles quant à eux ont été enregistrés durant les
mois janvier (23%) et février (25%). Le graphique suivant donne l’humidité moyenne mensuelle
de l’année 2013.
44
Figure 1: Evolution mensuelle de l’humidité moyenne de l’air à Linguère
90
Humidité de l'air %
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Source : Auteur, 2015
III.4 Insolation
L’insolation ou le nombre d’heures de soleil se situe en 2013 entre un minima 6 heures /jour
durant le mois de juin, d‘août et de septembre où les nuages et la pluie sont fortement présents
et un maxima de 10 heures/jour durant les mois de mars et d’avril. L’insolation moyenne du
mois de mai est assez élevée qui dure 9heures/jour. Généralement, la période Mai, Juillet,
Octobre-Novembre est la période la plus ensoleillée de la région. Par contre la période la moins
ensoleillée est celle de Décembre-Février.
Figure2 : Evolution mensuelle du niveau d’insolation à Linguère en 2013
heure
12
10
Insolation en
8
6
4
2
0
Source : Auteur, 2015
45
CHAPITRE II : EVOLUTION ET VARIATION DES TEMPERATURES DANS LES
DEPARTEMENTS DE LOUGA ET DE LINGUERE
Située entre la latitude 14°70 et 16°10 nord et la longitude 14°27 et 16°50 ouest, la région de
Louga avec une superficie de 24847 km² est classée au troisième rang au niveau national
derrière les régions de Tambacounda (59602 km ²) et de Matam (29424 km2) (ANDS, 2013).
Elle est limitée par les régions de : Saint-Louis au nord ; Diourbel et Kaffrine au sud ; Matam
à l’est ; Thiès et l’Océan Atlantique à l’ouest.
Carte2 : Localisation des départements de Louga et de Linguère
Le changement climatique figure actuellement parmi les questions les plus importantes à
l’ordre du jour politique et économique mondial. La hausse des températures moyennes à la
surface du globe est la première conséquence attendue et constatée des émissions massives de
gaz à effet de serre. Or, les relevés de météo enregistrent des anomalies positives de
températures qui se confirment d'années en années par rapport aux températures enregistrées
depuis le milieu du XIXe siècle.
46
Ainsi, pour appréhender l’impact de chaleur sur le corps humain, les paramètres climatiques
tels que la température maximale et la température minimale peuvent être utilisées comme
indicateur
ainsi
que
d’autres
paramètres
comme
l’humidité
et
l’insolation.
47
I. Évolution interannuelle et mensuelles des températures moyennes
I.1 Evolution interannuelle des températures moyennes
L’évolution interannuelle montre des hausses et des baisses des températures moyennes de
2009 à 2014
Figure 3 : évolution interannuelle des températures moyennes annuelles à Linguère
29,8
29,6
Températures en °C
29,4
29,2
29
Tm
28,8
28,6
28,4
28,2
28
2009
2010
2011
2012
2013
2014
Source : Anacim
Cette courbe révèle que les températures moyennes mensuelles augmentent progressivement
dans le département de Linguère entre 2009 et 2014 .L’évolution des températures présente un
régime bimodal avec un maxima principal (29,8°) enregistré en 2013 et maxima secondaire
(29,6°) enregistré en 2014 qui ont un écart léger. Ce pic a fait de 2013 l’année où la température
est restée plus élevée au cours des 05 dernières années à Linguère. Cette augmentation de la
température en 2013 explique la vague de chaleur qui a eu lieu dans le département de
Linguère. Ce diagramme traduit la situation exceptionnelle de 2013 par rapport aux autres
années. Ce qui fait c’est l’année le plus chaud durant ces 6 dernières années avec une
température moyenne de près de 30°C. L’augmentation progressive de la température de 2009 à
2014 est la résultante du changement climatique, en plus le domaine sahélien est caractérisé par
de fortes températures ces dernières décennies.
48
I.2 Variabilité des températures mensuelles par rapport la série 1985-2014
La variation de la température est perceptible au Sahel notamment dans les départements de
Louga et de Linguère. Il ressort de ces diagrammes que le début de la saison sèche (décembre,
janvier et février) est déficitaire par rapport à al moyenne de la série (29,2°C). Le mois de mai
reste le mois le plus excédentaire avec respectivement + de 2°C à Louga et +4°C à Linguère.
Nous constatons que dans le département de Louga, les températures ont augmenté de +1°C à
+2°C à partir de mi- saison sèche (mai) jusqu’au début de la saison sèche (octobre) incluant toute
la saison des pluies (juillet, aout, septembre). Dans le département de Linguère, la période de misaison sèche (mars, avril, mai, juin) et la période de la saison des pluies à l’exception du mois
d’aout sont excédentaires de +1°C à +4°C. Cette variation des températures montre les mois
excédentaires sont plus importants que les mois déficitaires à Louga et à Linguère.
L’augmentation progressive des températures serait à l’origine de ces variations favorisant le
plus souvent des périodes excédentaires.
Figure 4: Variation mensuelle des températures moyennes de 2013 par rapport à la série (19852014)
Louga
Linguère
6
4
-4
-3
-4
-6
Source :ANACIM
49
Novembre
Décembre
Octobre
Septembre
Août
Juil.
Juin
Mai
Mars
-2
Avril
0
Février
Novembre
Décembre
Octobre
Septembre
Août
Juillet
Juin
Mai
Avril
-2
Mars
-1
Février
0
Janvier
1
2
Mars
2
Ecart des températures °C
4
Janvier
Ecarts des températures en °C
3
I.3 Evolution des températures en 2012,2013 et 2014 à Linguère et Louga
La figure ci-dessous présente l’évolution des températures moyennes mensuelles des années
2012, 2013 et 2014. A Linguère, l’année 2013 a été légèrement l’année la plus chaude avec une
moyenne annuelle de 29,8°C par rapport en 2012 et 2014 où les moyennes annuelles sont
respectivement 29,3°C et 29,5°C. L’évolution des températures à la station de Linguère montre
une variation entre les différents mois sur ces 3 années. En 2013, les températures mensuelles
sont élevées par rapport aux autres mois des années 2012 et 2014 à l’exception du mois de
novembre. Toutefois les températures du mois de mai restent les plus élevées avec 33,4°C en
2012, 33,8°C en 2013 et 33,6 °C en 2014.
Figure5 : Evolution des températures moyennes mensuelles des années 2012,2013 et 2014 à
Linguère
Températures en °C
Températures moyennes mensuelles en 2012, 2013 et 2014 à
Linguére
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
15.0
10.0
5.0
0.0
2012
2013
2014
mois
Source : Auteur, 2015
En 2013, les maximas sont enregistrés au mois de mai avec 33,8°, la température la plus élevée de
l’année 2013 et au mois de juin avec 32,8°C, le deuxième pic de l’année. Ces fortes
augmentations marquent la fin de la saison sèche. Par ailleurs, une baisse des températures est
notée durant l’hivernage (juillet, aout, septembre) du fait de la forte présence de l’humidité. Par
conséquent, le mois de mai reste le mois le plus chaud de l’année 2013 à Linguère ce qui
confirme la particularité du mois de mai 2013 par rapport aux autres mois avec une
température moyenne de 33,4°C.
50
Les courbes de la figure(6) montrent l’évolution des températures mensuelles de 2012, 2013 et
2014 à Louga. L’année 2013 enregistre une température moyenne annuelle plus élevée
(28,1°C) par rapport aux années 2012 et 2014 avec respectivement 27,9° et 27,6°C. Ainsi, les
mois de
mai et d’octobre demeure les mois les plus chauds de l’année 2013 avec des
températures qui atteignent de +30°C. Alors les fortes températures sont enregistrées en période
de saison sèche dans le département de Louga.
Figure6 : Evolution des températures moyennes mensuelles des années 2012,2013 et 2014 à
Louga
Températures moyennes mensuelles en 2012,2013 et 2014 à
Louga
Températures en °C
35.0
30.0
25.0
20.0
15.0
2012
10.0
2013
5.0
2014
0.0
mois
Source : Auteur, 2015
Par conséquent, l’évolution annuelle de la température reste moins homogène au cours de ces
dernières années à Louga et cela résulte du fait que c’est un département qui se trouve dans le
domaine sahélien. Située entre les isohyètes 300 et 500 mm, la région a un climat de type
sahélien continental chaud et sec avec l’alternance de deux saisons :
- Une saison des pluies qui s’étend de juillet à octobre ;
- Une
saison
sèche
couvrant
la
période
d’octobre
à
juin
51
II. Particularité des températures maximales et minimales de l’année 2013 par
rapport aux années de 2012 et 2014
L’utilisation de la température maximale et la température minimale est jugée nécessaire dans la
définition d’une vague chaleur où la température minimale reste longtemps élevée qui ne permet
pas aux individus de récupérer pendant la nuit.
II.1 Evolution des températures maximales et minimales des années 2012,
2013 et 2014 à Linguère
Les figures ci-dessus montrent l’évolution des températures maximales et des températures
minimales pour les années 2012, 2013 et 2014. A Linguère, on note le maintien de fortes
températures maximales surtout en 2013 avec la température la plus élevée enregistrée au mois
de mai (+43°C). En 2012, la température la plus élevée est enregistrée au mois de mai (42,1°C)
contrairement en
2014 où
elle est enregistrée au mois d’avril avec 42,7°C.
Ainsi, les
températures maximales ne baissent que durant l’hivernage surtout au mois d’aout avec 33,4° C
en 2012, 33,6° C en 2013 et 34,5°C en 2014. Concernant les températures minimales, nous
constatons une augmentation des températures du mois de mars au mois de juin jusqu’à +25°C
sur ces 3années.
Figure7 : Evolution des températures maximales et minimales en 2012, 2013 et 2014 à Linguère
Température maximale et température minimale en 2012
45.0
Température en °C
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
tx
15.0
tn
10.0
5.0
0.0
Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
mois
52
Température en °C
Température maximale et température minimale en 2013
50.0
45.0
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
15.0
10.0
5.0
0.0
tx
tn
Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
mois
Température maximale et températures minimale en 2014
45.0
Températures en °C
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
tx
15.0
tn
10.0
5.0
0.0
Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
mois
En définitive, l’évolution des températures maximales et minimales à Linguére montre une
situtation exceptionnelle au mois de mai 2013 par rapport aux mois de mai 2012 et mai 2014. En
effet, le mois de mai 2013 enregistre la température maximale la plus élevée (43,1°C) par rapport
a celle de mai 2012 (42,3°C) et de mai 2014 (41,8°C).
53
II.2 Evolution des températures maximales et minimales des années 2012,
2013 et 2014 à Louga
Figure8 : Evolution des températures maximales et minimales des années 2012,
2013 et 2014 à Louga
Température maximale et température minimale en 2012
45.0
Températures en °C
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
tx
15.0
tn
10.0
5.0
0.0
Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
mois
Température maximale et température minimale en 2013
45.0
Températures en °C
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
tx
15.0
tn
10.0
5.0
0.0
Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
mois
54
Température maximale et température minimale en 2014
45.0
Températures en °C
40.0
35.0
30.0
25.0
20.0
tx
15.0
tn
10.0
5.0
0.0
Janv Févr Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
mois
L’ensemble de ces courbes montrent l’évolution des températures maximales et des températures
minimales à Louga. Ainsi, les températures maximales et les températures minimales sont
marquées par des hausses et des baisses en fonction des périodes. Ainsi, les températures
maximales varient en fonction des mois mais restent élevées pour ces 3années.
En effet, le mois de mai enregistre la température maximale la plus élevée avec respectivement
38,6°C en 2012 et 39,8°C en 2013 par contre en 2014, le pic est enregistré au mois d’avril
(38,3°C). Les températures minimales durant ces trois années (2012,2013 et 2014) restent
également élevées de juin à octobre et pendant ce temps les températures maximales baissent
légèrement.
Toutefois, l’élévation des températures minimales va du mois de mai jusqu’au mois d’octobre où
elles commencent à baisser. Aussi la baisse des températures maximales correspond à la période
hivernage (juillet, aout, septembre) due en occurrence des précipitations et l'importance de la
couverture nuageuse qui tendent à adoucir les températures diurnes.
55
III. Evolution des températures journalières du mois de mai 2013
III.1. Analyse des maximas absolus et des minimas absolus de la période du 20 au 27
mai 2013
La figure 1 présente l’évolution de la température maximale durant la période de la vague de
chaleur (20 au 27mai 2013). Ainsi durant cette période, la température la plus élevée (44°C) est
enregistrée les 23 et 26 mai et la température minimale (24°C) est notée le 20,23 et 25 mai.
Durant l’épisode de la vague de chaleur, les maximas absolus ont évolué progressivement allant
de 36°C à 44°C avec par des hausses et des baisses de températures. Les écarts thermiques
journaliers les plus importants ont été enregistrés le 23 mai avec -20°C et le 26 mai avec -19,4°
C. Il s’agit des journées les plus éprouvantes. Les écarts thermiques les moins importants se
situent le 20, 23 et 25 mai avec respectivement -12°C, -20°C et -13°C.
Figure 10 : Evolution des maximas et des minimas absolu du 20 au 27 mai 2013 à Louga
Températures en °C
50
40
36
30
24
40
39,5
25,3
24,5
21
22
44
41,5
44
43,5
24,6
24,2
26
27
37
24
25,8
24
20
10
0
20
23
24
25
Jours
Mini absolu
Maxi absolu
Source : Anacim, Diallo 2015
L’évolution des températures journalières montre une augmentation progressive des maximas
absolus allant de 41°C à 44,4°C, ce qui traduit la forte chaleur qui a sévi dans cette zone durant
la période du 20 au 27mai 2013. Le pic durant cette semaine est de 44,4°C enregistré le 23mai et
la température la plus faible est de 26°C enregistrée le 27mai (figure 10).
L’évolution des maximas et des minimas absolus à Louga et à Linguère renseigne sur une
période globalement chaude où la température maximale (44°C) est toujours enregistrée les 23 et
56
26 mai, probablement les jours les plus chauds de cette période. Nous notons que durant cette
période les températures sont très élevées à Louga mais restent plus importantes à Linguère.
Températures en °C
Figure 9 : Evolution des maximas et des minimas absolus du 20 au 27 mai 2013 à Linguère
50
41,7
43
40
29,7
29,7
20
21
30
41
44,4
43,5
43,7
41,5
42
28,7
27
28,8
28,5
27,5
26
22
23
24
25
26
27
20
10
0
Jours
Mini absolu
Maxi absolu
Source : Anacim, Diallo 2015
L’évolution des maximas et des minimas absolus à Louga et à Linguère renseigne sur une
période globalement chaude où la température maximale (44°C) est toujours enregistrée les 23 et
26 mai, probablement les jours les plus chauds de cette période. Nous notons que durant cette
période les températures sont très élevées à Louga mais restent plus importantes à Linguère.
III.2. Analyse des températures journalières par tri horaire
Pour faire l’analyse de la chaleur dans les départements de Louga et de Linguère, il serait
intéressant d’étudier les températures tri horaires pour chaque journée pendant l’épisode de la
vague de chaleur.
L’ensemble des courbes de la figure 3 présente l’évolution tri horaire
des températures
journalières selon 8 observations par jours. La courbe de l’évolution montre que les pics de
températures tournant autour de 39,5° à +40°C sont enregistrés à 15h durant cette période à
l’exception de la journée 20 mai où le pic est de 36°C enregistré à 18h. Par ailleurs, les minimas
absolus allant de 24° à 25°C sont enregistrés pour la plupart du temps à 6h.
57
Figure11 : Evolution des températures tri horaire du 20 au 27 mai 2013 à Louga
40
35 36
33
31
35
30 25.624.6 24.3
24
25
20
15
10
5
0
0 3 6 9 12 15 18 21
journée du 21 mai 2013
T° par tri
horaire
Températures en °C
Températures en °C
Journée du 20 mai 2013
Heures
Journée du 23 mai 2013
29
T° par tri
horaire
0
3
6
9 12 15 18 21
Heures
Température en °C
Températures en °C
39.5
34.5
34.5
27 25.3
24.5 26
T° par tri
horaire
Heures
Journée du 22 mai 2013
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
45
40
40
35
34.7
35
30
30 25.3 26 26 26
25
20
15
10
5
0
0 3 6 9 12 15 18 21
44 42.5
50
45
38.5
40
30.5
35
27
30 25.3 26 24
25
20
15
10
5
0
0 3 6 9 12 15 18 21
T° par tri
horaire
Heures
58
41.5
45
40
35
33.7
35
28
28
30 26.826.525.8
25
20
15
10
5
0
0 3 6 9 12 15 18 21
Journée du 25 mai 2013
T° par tri
horaire
Températures en °C
Températures en °C
Journée du 24 mai 2013
Journée du 27 mai 2013
44
25 25 24.6
35.7
30.9
27
T° par tri
horaire
0
3
6
9 12 15 18 21
Heures
Températures en °C
Températures en °C
Journée du 26 mai 2013
39.3
T° par tri
horaire
Heures
Heures
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
37
40
33
32
35
28
30 26.225.8 24 25.5
25
20
15
10
5
0
0 3 6 9 12 15 18 21
50
43.5
45
36.5
40
31.5
35
27.5
27.1
26.5
26.3
30
24.2
25
20
15
10
5
0
0 3 6 9 12 15 18 21
T° par tri
horaire
Heures
Source : Auteur, 2015
L’ensemble des diagrammes montre également que les températures commencent à augmenter de
9h à 15h allant de + 30 à + 40°C. Il s’agit alors des heures les plus chaudes de la journée
caractérisées par une forte insolation. En effet, le mois de mai fait partie des mois les plus
ensoleillés de la région de Louga avec une insolation 10 heures par jours). Par ailleurs, il serait
intéressant de noter que des températures élevées sont également enregistrés vers 18h allant de
30° à + 40°C. En outre nous constatons que les températures nocturnes enregistrées à 21h restent
très élevées (+ 30°C) pour les journées des 20, 21,23 et 26. En effet, l’augmentation des
températures nocturnes peut avoir des répercussions sur la santé des populations car cela ne
permet pas une récupération normale du corps favorisant certains malaises ou effets liés à la
chaleur comme l’insomnie, la fatigue, etc.
59
Conclusion partielle
En somme, nos observations dans la zone sahélienne de Louga et de Linguère montrent une
variation annuelle, mensuelle et journalière des températures. La température est un des
paramètres climatiques les plus importants puisque la vie n'est possible qu'entre certaines
limites de température. En effet, les zones sahéliennes sont pour la plupart soumises à une
variabilité climatique. Les conditions climatiques renvoient à une augmentation de la
température moyenne qui favorise une augmentation de l'intensité et de la fréquence des
phénomènes climatiques inhabituels, tels que les vagues de chaleur menaçant l’état de santé des
populations.
En effet, la température enregistrée 2013 a montré la particularité de l’année 2013 par rapport
aux 6 dernières années ainsi que la température enregistrée au mois de mai par rapport aux autres
mois. Il s’agit d’un mois caractérisé par de fortes températures. A l’échelle mondiale, les
émissions de gaz à effet de serre et d'autres facteurs anthropiques ont été la cause prédominante
du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle18.
L’augmentation de la température favorise des vagues de chaleur comme celle survenue en
mai de 2013 selon l’avis de l’ANACIM. L’analyse des températures au niveau des
départements de Louga et de Linguère confirme la forte chaleur qui sévissait dans cette zone.
Les observations ont montré que les températures augmentent entre 9h et 15h, heures
auxquelles certains individus
sont exposés à la chaleur selon les activités. Par ailleurs,
l’augmentation des températures nocturnes peut avoir des impacts sur la santé des populations.
Cette forte chaleur serait au contraire synonyme de mauvais état de santé voire des pertes
humaines.
18
GIEC : 5e rapport du changement climatique
60
DEUXIEME PARTIE
CONSEQUENCES SANITAIRES LIEES A LA VAGUE DE
CHALEUR DE MAI 2013
61
Chapitre I: Analyse de la morbidité diagnostiquée et de la mortalité en
relation avec la variabilité climatique
Nous avons analysé dans la première partie l’évolution des températures (annuelles,
mensuelles et journalières) dans les départements de Louga et Linguère. Ainsi, dans ce
deuxième chapitre nous allons analyser la morbidité et la mortalité liées à la vague de chaleur.
Pour ce faire, nous utilisons les statistiques sanitaires recueillies dans les centres de santé pour
essayer de cerner leurs volumes d'activités. Elles ont été recueillies à partir des deux éléments
du système d'information sanitaire des postes de santé : les registres de consultation journalière
et les rapports d’activités présentant la date de consultation, l’adresse, l’âge, le sexe et
l’affection des patients. Les affections ont été choisies en fonction de la nomenclature
nosologique des structures de soins. Ainsi les données recueillies nous permettent d’avoir :
-L’évolution dans le temps de l’effectif des consultants ;
-La morbidité diagnostiquée ;
-L’origine, l’âge et le sexe des patients.
Ces informations permettent de cerner les variations dans le temps et dans l’espace.
I. MORBIDITE DIAGNOSTIQUEE DANS LES STRUSTURES DE SANTE
I.1 Evolution temporelle de la morbidité diagnostiquée dans les districts
sanitaires de Louga et de Linguère
I.1.1 Evolution de la morbidité diagnostiquée en 2013 et 2014
Les données sur la nosologie en 2012 du centre de santé de Linguère ne sont pas disponibles.
C’est ainsi que nous avons utilisé seulement les données de l’année 2013 et 2014.
62
Tableau 2 : Morbidité enregistrée au mois de mai 2013 et au mois de Mai 2014 du centre de
santé de Linguère
Mois/année
MAI 2013
MAI 2014
Affections
effectif
%
effectif
%
Affections cardiovasculaires
102
17
122
16
Affections digestives
31
5
106
14
Maladies infectieuses
126
21
208
28
Neurologies
36
6
54
7
Endocrinologies
15
3
13
2
Pulmonaires
-
-
14
2
Autres
284
48
239
31
Ensemble
594
100
756
100
Source : Rapport d’activité 2013/2014
L’analyse des affections enregistrées en 2013 et 2014 au niveau du centre de santé de Linguère
montre une prédominance de trois classes des affections par ordre d’importance :
1) La classe des maladies infectieuses qui regroupe les infections digestives, pulmonaires,
uro-génitales, ORL et autres, enregistre un taux de 21% en 2013 et un taux de 28% en
2014. C’est la classe des affections qui enregistre un effectif de consultants plus élevé.
2) La classe des affections cardiovasculaires (HTA, insuffisance cardiaque, infarctus du
myocarde, CMPP et autres) occupe le deuxième motif de consultation le plus important.
Au mois de mai 2013, le centre de santé enregistre 102 cas des affections
cardiovasculaires soit un taux de 46% et au mois de mai 2014 la prévalence des
affections cardiovasculaires a augmenté jusqu’à 122 cas soit un taux de 54%.
63
3) La classe des affections digestives qui regroupe les troubles fonctionnels intestinales,
UGB, Bulbite, Reflux gastro-eosophagien, hémorroïde et patho anal constitue la
troisième classe des affections prédominantes. En 2013, les affections digestives
enregistre 31 cas soit un taux de 5% et 106 cas soit un taux de 14% en 2014.
Toutefois, nous notons que les trois classes d’affections les plus importants sont marqués
par une augmentation de la prévalence de 2013 à 2014. En effet, l’année 2014 enregistre
une prévalence des affections plus élevée que l’année 2013 à l’exception de la classe des
endocrinologies (15cas en 2013 et 13 cas en 2014). Alors, la morbidité est plus élevée au
mois de mai 2014 par rapport au mois de mai 2013 ainsi nous constatons un effectif de
consultants plus élevé au mois de mai 2014 (756 consultants).
I.1.2 Evolution trimestrielle de la morbidité proportionnelle
L’analyse de la morbidité trimestrielle du centre de santé de Linguère et de Louga montre
des écarts entre les différents trimestres.
Tableau 3 : Morbidité trimestrielle du centre de santé de Linguère en 2013
Affections
Jan-fév-mars
Avril-mai-juin
Juil-aout-sept
Oct-nov-dec
TOTAL
effectif
%
effectif %
Effectif
%
effectif %
effectif
%
Affection
cardiovasculaire
318
15,9
296
16,7
336
17
235
13
1185
15,7
Affections
digestives
111
5,6
70
3,9
113
5,9
366
20
660
8,8
Maladies
infectieuse
496
24,8
406
22,9
426
22
499
27
1328
17,6
Neurologies
99
5
85
4,8
99
5,1
43
2
326
4,3
Endocrinologie
46
2,3
41
2,3
33
1,7
120
1,6
autres
930
46,4
876
49,4
922
48
695
38
3922
52
TOTAL
2000
100
1774
100
1929
100
1838
100
7541
100
Source : rapport d’activité 2013 du centre de santé de Linguère
Nous constatons qu’il existe des périodes qui enregistrent une morbidité plus élevée que
d’autres. De ce fait, en 2013, dans le centre de santé de Linguère, le 1er trimestre est
64
marqué par une hausse des effectifs des patients avec 2000 consultants. Mais le 2eme
trimestre connait une baisse des consultations avec 1774 consultants suivi d’une
augmentation légère pour les 3ème et 4ème trimestres. Les premiers motifs de consultation
dans le centre de santé de Linguère sont regroupés en 6 classes d’affections :
1) Les affections cardiovasculaires (HTA, insuffisance cardiaque, infarctus du myocarde,
CMPP etc.)
2) Les affections digestives (Reflux Gastro-œsophagien (RGO), bulbite, trouble fonctionnel
intestinal, hémorroïde et patho anale etc.)
3) Les affections infectieuses (ORL, urogénitale etc.)
4) Les affections neurologiques (AVC, paralysie faciale etc.)
5) Les affections endocrinologiques (diabète, autres endocrinopathie etc.)
6) La classe « autres » regroupe les infections pulmonaires, les dermatoses, les
traumatismes etc.)
En 2013, l’analyse des affections observées montre une prépondérance de certaines pathologies
comme les maladies infectieuses (17,6%) et les affections cardio-vasculaires (15,7%) en dehors
des autres affections (52%). Alors l’évolution trimestrielle de la morbidité est irrégulière
montrant des baisses et des hausses. Outre une augmentation de la morbidité est souvent
observée durant le 3éme trimestre et le 4éme trimestre donc durant l’hivernage et la période du
début saison sèche. En effet, la plus forte prévalence des affections cardiovasculaires est
enregistrée durant le 3e trimestre (336 cas soit un taux de 28,4%) et le 4éme trimestre enregistre
la plus forte prévalence des affections infectieuses avec 499 cas soit un taux de 37,6%.
Ainsi durant le 4e trimestre, nous notons l’apparition de nouvelles pathologies telles l’asthme,
les infections pulmonaires, les dermatoses qui composent la classe « Autres ». Par ailleurs, la
présence de l’harmattan (entre fin novembre et début janvier) est déterminante correspondant à
une nette augmentation des accidents de la circulation et des accidents aériens. Les hôpitaux
signalent aussi un nombre plus important d'hospitalisations, pour des motifs divers (méningite,
céphalée, hypertension artérielle, bronchite, troubles mentales). En effet, l’analyse de la
morbidité montre que les affections cardiovasculaires et les maladies infectieuses sont des
pathologies qui se maintiennent ou qui augmentent durant ces trimestres. Ainsi, l'impact d'une
vague de chaleur peut avoir effets immédiats mais peut aussi entraîner des effets plus ou moins
retardés.
65
I.1.3 Evolution mensuelle de la morbidité
Le nombre des consultations varie en fonction des mois. L’analyse de la morbidité
mensuelle montre une évolution progressive où nous observons des baisses et des hausses
de consultations.
Tableau4 : Evolution mensuelle de la morbidité en 2013 à Linguère.7N
jan
fev
mars avr
Affections
96
cardiovasculaires
94
128
111 102 83
Affections
digestives
21
63
27
19
Maladies
infectieuses
160 160 176
Neurologies
33
38
Endocrinologies
20
12
Autres
308 317 305
Ensemble
638 684 678
affections
mai juin juil
aout sept oct
nov dec
TOTAL
86
118
132
80
78
1185
41
31
41
115 125 126
660
143 126 137 145 126
155
128 147 145
1748
28
27
36
22
32
23
44
15
12
16
326
14
17
15
9
11
13
9
-
-
-
120
309 284 283 311 317
294
262 256 256
3502
626 594 554 626 628
675
600 618 620
7541
31
20
77
Source : Rapport d’activité 2013
L’analyse de la morbidité en 2013 montre que les affections cardiovasculaires (1185cas) et les
maladies infectieuses (1748 cas) sont les affections prédominantes suivies des affections
digestives (660cas).
Concernant les affections cardiovasculaires, la prévalence est plus élevée pour les mois de mars,
d’avril, mai, juillet et aout. La prévalence des maladies infectieuses est plus élevée au mois de
mars (176 cas) néanmoins elle reste élevée pour les autres mois.
L’analyse de la morbidité mensuelle montre une évolution progressive où nous observons des
baisses et des hausses du nombre de consultants (figure 12). L’effectif des consultants connait
une augmentation de janvier à mars avec un pic au mois de février (684consultants), suivie d’une
baisse d’avril à juin puis une remontée de juillet à septembre. Nous constatons alors que la
période des saisons sèches (janvier, février, mars) et la période de l’hivernage (juillet, aout,
66
septembre) sont marquées par une hausse des consultations tandis qu’une diminution de l’effectif
des consultants est notée entre les mois d’avril, mai et juin.
67
Figure12 : effectif des consultants en relation avec l’évolution de l’humidité relative de l’air
en 2013 à Linguère
800
90
700
80
70
effectif
600
500
400
60
50
40
300
30
200
20
100
10
0
humidité de l'air en %
0
Source : Rapport d’activité 2013
Toutefois la période de l’hivernage (juillet, aout, septembre) correspond à de forts taux
d’humidité qui coïncident avec l’augmentation du nombre de consultants surtout au mois de
septembre (675 consultants). La température en 2013 atteint + 29°C, elle augmenterait à +
39°C si l’humidité correspond à +48°C. Ce qui explique qu’il existe d’autres paramètres
climatiques tels l’humidité, les précipitations qui influent sur la température favorisant des
maladies qui sévissent en période d’hivernage (paludisme, diarrhée etc.).
Par ailleurs, le mécanisme de régulation à travers la transpiration est alors perturbé si le taux
d'humidité dans l'air devient trop élevé. Alors dans un environnement humide, on peut ressentir
des malaises liés à la chaleur. En effet, l'évaporation de la sueur entraîne un refroidissement
direct de la peau. Cependant, l'humidité de l'air empêche la sueur de s'évaporer si elle est audessus de 90%. La sueur reste donc collée à la peau. La chaleur devient ainsi insupportable
jusqu’à provoquer des malaises (évanouissement).C’est ainsi l’humidité renforce la chaleur
ressentie. Ce phénomène explique également les sensations de chaleur forte dans des lieux peu
ventilés et où la présence humaine est importante (transport en commun comme les bus).
La forte humidité devient source de problèmes respiratoires pour les personnes à risque (celles
qui souffrent d’asthme). Par conséquent, le taux d’humidité relative joue un rôle déterminant
dans la qualité de l’environnement pour la santé.
68
Plus spécifiquement, la morbidité mensuelle en fonction des différentes affections montre une
élévation progressive de la prévalence entre les mois (avril, mai, juin). Le tableau ci-dessous
présente les premières causes de morbidité du centre de santé de Linguère en 2013 et en 2014.
Tableau 5: morbidité mensuelle du centre de santé de Linguère
MORBIDITE 2013
AFFECTIONS
Avril
Mai
Juin
TOTAL
effectif %
effectif %
effectif %
effectif
%
Affections
cardiovasculaires
111
17,7%
102
17,2%
83
15%
296
16,7%
Affections
digestives
19
3%
31
5,2%
20
3,6%
70
3,9%
Maladies
infectieuses
143
22,8%
126
21,2%
137
24,7%
406
22,9%
Neurologie
27
4, 3%
36
6,6%
22
4%
85
4,8%
Endocrinologie
17
2,7%
15
2%
9
1,6%
41
2,3%
AUTRES
309
49,4%
284
47,8%
283
51,1%
876
49,4%
TOTAL
626
35,3% 594
33,5%
554
31,2% 1 774
100%
69
MORBIDITE 2014
affections
avril
eff
mai
%
eff
juin
%
eff
total
%
eff
%
Affections cardio- 117
vasculaires
16
122
16
130
14
369
15
Affections
digestives
93
13
106
14
143
16
342
14
Maladies
infectieuses
193
26
208
28
173
19
574
24
Neurologie
59
8
54
7
92
10
205
9
Endocrinologie
30
4
13
2
15
2
58
2
Pulmonaire
35
5
14
2
65
7
114
5
Autres
214
29
239
32
284
31
737
31
Total
741
30,9
756
31,5
902
37,6
2399
100
Source : Rapport d’activité 2013/2014 du centre de santé de Linguère
L’analyse de l’évolution des affections montre qu’en dehors des autres causes de maladie, les
maladies infectieuses enregistrent la plus forte prévalence (22,9%) suivie de la prévalence des
maladies cardiovasculaires (16,7%) et une prévalence de 4,8% pour les troubles neurologiques
en 2013. Les quatre premiers motifs de consultations sont les maladies infectieuses, les
maladies cardiovasculaires, et les troubles neurologiques, les affections digestives. Le mois
d’avril et de mai enregistrent les plus forts taux de consultation soit respectivement 35, 3% et
33,5% par rapport au mois de juin (31,2%). En effet le nombre de consultants tend à baisser
légèrement du mois d’avril au mois de juin alors qu’en 2014 l’effectif des consultations connait
une hausse progressive d’avril à juin (741 à 902 consultants).
En comparant la morbidité enregistrée au mois d’avril, mai et juin sur deux années
(2013/2014) du centre de santé de Linguère, nous constatons que la morbidité varie en
fonction de l’effectif des consultants :
70
En 2013, le nombre de consultants le plus élevé est observé au mois d’avril, avant la vague de
chaleur
·
Avril compte l’effectif le plus élevé 626 consultants
·
Mai correspondant à la période de la vague de chaleur enregistre 594 consultants
Juin correspondant à la période après la vague de chaleur compte
554 consultants
En 2014, l’évolution de l’effectif des consultants connait une augmentation progressive
·
Avril englobe 741 consultants
·
Mai suivant le mois d’avril enregistre 756 consultants
·
Juin enregistre 902 consultants (l’effectif le plus élevé)
En 2013, nous constatons une élévation progressive de la prévalence des maladies infectieuses
avec 22,8 au mois d’avril, 21,2% au mois de mai et 24,7% au mois de juin. Les affections
cardiovasculaires sont plus importantes au mois d’avril (17,7%) et au mois de mai (17,2%). La
prévalence des pathologies telles les affections digestives (5,2%) et la neurologie (6,6%) est plus
élevée au mois de mai que les mois d’avril et de juin. Ainsi nous observons une augmentation de
la prévalence des pathologies en 2014 par rapport à 2013. Pour mieux montrer l’évolution
progressive de la morbidité à Louga, nous trouvons l’illustration dans le poste de santé
Yeurmandé du fait de la carence des données de morbidité du centre de santé de Louga.
L’analyse du tableau ci-dessus montre une variation de la morbidité durant les trois mois (avril,
mai, juin) avec des prévalences plus élevées que d’autres.
71
Tableau 6: Morbidité mensuelle du poste de santé Yeurmandé
MORBIDITE 2013
Affections
Avril
Mai
juin
Total
effectif %
effectif
%
effectif
%
effectif
%
Grippe
96
36,9
-
‘-
44
10,9
140
14,4
Hypertension
artérielle
6
2,3
9
2,9
18
4,5
33
0,3
Hypotension
artérielle
3
1, 2
11
3,6
11
2,7
25
2,6
IRA Basses
-
-
8
2,6
-
-
8
0,8
Méningite
-
-
-
-
5
1,2
5
0,5
Diarrhée
11
4,2
28
9,2
56
13,9
96
9,9
Epigastralgie
18
6,9
30
9,8
12
3
60
6,2
Toux/Rhume
41
15,8
115
37,6
82
20,3
238
24,6
Autres
85
32,7
105
34,3
176
43,6
366
37,7
Total
260
100
306
100
404
100
970
100
72
MORBIDITE 2014
Affections
Mai
avril
TOTAL
juin
effectif %
effectif
%
effectif
%
effectif
Grippe
60
25,6
53
18
71
24,7
184
22,2%
Hypertension
artérielle
4
1,6
-
-
6
2,1
10
1,2%
Hypotension
artérielle
10
4,1
-
-
14
4,9
24
2,9%
IRA Basses
-
-
-
-
15
5,2
15
1,8%
Toux/Rhume
78
32
91
30,9
52
18,1
221
26,7%
Dermatose
14
5,7
2
0,7
-
-
16
1,9%
Métrorragie
-
-
4
1,4
-
-
4
0,5%
Dysménorrhée
2
7
2,4
-
-
9
1,1%
Asthme
1
0,4
3
Autres
75
30,7
147
Total
244
100
0,8
295
1
-
-
4
49,9
100
0,5%
130
45,1
373
2,5%
288
100
827
100%
Source : Rapport d’activité trimestrielle (2013/2014) du poste de santé Yeurmandé de Louga
En 2013, la prévalence des pathologies augmentent progressivement du mois d’avril jusqu’au
mois de Juin avec de 260 cas en avril, 306 cas au mois de mai et 404 au mois de juin. En 2014,
le poste de santé enregistre 295 consultants au mois de Mai (nombre de consultants le plus
élevé dans le trimestre). Du mois d’Avril au mois de Mai, la prévalence des maladies évolue
progressivement.
En 2013, la prévalence totale de l’Hypertension artérielle est de 33cas soit 3,4% avec 6 cas en
avril, 9 cas en mai et 18 cas en juin. On note pour le Hypotension artérielle, une augmentation
de 3 à 11 cas d’avril à juin avec une prévalence to tale de 25 cas soit 2,6%. Le mois de mai
enregistre une prévalence 115 cas de Toux /Rhume contre 41cas en avril et 82 cas en juin.
La prévalence des Diarrhée augmente progressivement.
73
Les maladies cardiovasculaires (Hypertension artérielle, Hypotension artérielle), les maladies
de l’appareil respiratoire (IRA, asthme, grippe), les maladies infectieuses, les toux/Rhume et
les troubles menstruels sont de plus en plus fréquentes et nombreuses au mois de Mai et juin
par rapport à Avril. En outre certaines pathologies apparaissent au mois de Juin comme le cas
de la Méningite avec 5cas et les IRA avec 15cas en2014.
Aussi, en 2013 de nouveaux cas sont enregistrés au mois de juin d’où l’incidence probable au
mois de juin avec un nombre de consultation très élevé (404 consultations) soit un taux de plus
de 43%. En effet le mois d’avril correspond à l’épisode de la vague de chaleur, la morbidité est
très élevée au mois de juin. Cette augmentation peut être due à la forte canicule de mai qui
affecte ultérieurement les individus.
L’analyse de l’évolution de la morbidité en 2013 révèle une augmentation de la prévalence des
affections au mois de mai et surtout le mois de juin à l’exception de la morbidité du centre de
santé de Linguère marquée par une baisse des consultations probablement due l’absence des
médecins ou l’existence des tensions entre les agents de santé.
En comparant la morbidité observée en 2013 et en 2014 nous constatons une recrudescence les
maladies respiratoires (IRA Basses, asthme, toux, rhume), des maladies cardiovasculaires
(hypertension, hypotension), les maladies infectieuses et les affections digestives. D’ailleurs
certaines affections sont susceptibles d’être aggraver ou déclencher par la hausse des
températures. En effet, le mois de juin enregistre l’effectif de consultants le plus élevé. Ce qui
explique que l’incidence sanitaire de la canicule peut être ressentie plus tard. En général, l’effet
sanitaire n’est pas immédiat et il est surtout noté pendant et après la vague de chaleur.
74
I.1.4 Evolution journalière de la morbidité
Le diagramme ci-dessous met en exergue le nombre de consultants enregistré par jour.
Figure13 : Effectif des consultants cumulé pendant le mois de Mai 2013 à Linguère
25
Effectif
20
15
10
5
0
1
3
5
7
9
11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 31
jours
Source : registre de consultation 2013
Le dépouillement du registre en 2013 montre que la consultation du 1er au 31 mai connait une
tendance instable marquée par des journées où l’effectif de consultants est plus important que
d’autres.
-
Ainsi, le nombre des consultants connait une augmentation significative progressive du
1er au 9 mai. A partir du 10 au 21 mai, la morbidité est surtout marquée par des baisses
et une augmentation légère au même moment.
-
la morbidité est marquée par une augmentation du 20 au 31 à l’exception de quelques
journées où l’effectif des consultants est faible. Les consultations les plus élevées sont
enregistrées les journées 9, 27 et 31
Ainsi la morbidité à Louga est plus importante que celle observée à Linguère. Nous observons
ainsi que l’évolution de la morbidité est marquée par une certaine irrégularité durant tout le
mois de mai.
75
Figure14 : Effectif des consultants cumulé pendant le mois de Mai 2013 à Louga
35
30
effectif
25
20
15
10
5
0
1
3
5
7
9
11 13 15 17
19 21 23 25 27 29 31
jours
Source : Registre de consultation 2013
Ainsi nous observons que du 1er au 8 mai, la morbidité a augmenté progressivement jusqu’à
atteindre 29 consultations dans la journée du 8 mai. En effet, les journées 6 et 7 enregistrent
chacune 22 consultations. Par ailleurs, du 17 au 31 mai correspond également à l’augmentation
de la morbidité a l’exception de quelques baisses du 22 au 24. Cette augmentation de la
morbidité correspond à une partie de l’épisode de la vague de chaleur.
1.2 Répartition des affections
L’analyse de la répartition des affections montre une prédominance de certains types de
maladies. En dehors des 48,2 % qui regroupent d’autres types de maladies moins répandues, le
tableau ci-dessous permet de ressorti les pathologies qui font l’objet de consultation fréquentes
auprès du centre de santé de Louga.
76
Tableau7 : Nombre de consultants selon le type d’affection en 2013 à Louga
Affections
Effectifs
Céphalée/Vertige
%
174
14
HTA
111
8,9
Affection
digestives
90
7,2
Toux
83
6,7
IRA
48
3,9
Traumatisme
32
2,6
Dermatose
25
2
Diabète
18
1,5
Asthme
17
1,4
Hypotension
15
1,2
Maladie
infectieuses
14
1,1
Asthénie physique
10
0,8
Trouble
neurologique
6
0,5
Autres
600
48,2
Total
1243
100
Source : Registre de consultation, Louga, 2013
L’analyse classificatoire donne la possibilité de faire 2 répartitions.
Nous avons en premier lieu les céphalées (14%), les HTA (8,9%), les affections digestives
(7,2%) et les toux (6,7%) qui sont les maladies qu’on retrouve le plus souvent au niveau des
registres de consultation journalière de Louga. Il s’agit en effet les quatre premiers motifs de
consultation à Linguère durant la période (avril, mai, juin).
77
Nous avons en second lieu d’autres types de pathologies qui représentent moins de 5% des
consultations. Il s’agit du diabète, dermatose, IRA, asthme, hypotension, les maladies
infectieuses, asthénie physique et trouble neurologique.
Dans le cadre général, les affections cardiovasculaires, les céphalées/vertiges, les affections
digestives et les infections pulmonaires sont des pathologies très fréquentes durant les mois
d’avril, mai et juin de par leur prédominance. Les autres motifs de consultation concernent les
douleurs articulaires et abdominales, les lombalgies et l’anémie etc.
Par ailleurs, la morbidité à Linguère est similaire à celle observée à Louga. Le tableau cidessous donne la proportion de chaque affection durant les 3 mois (avril, mai et juin).
Tableau8 : Nombre de consultants selon le type d’affection en 2013 à Linguère
Affections
effectif
%
Maladies cardiovasculaires
119
13
Traumatisme
108
12
81
9
Céphalée/Vertige
Infections respiratoires
67
7
Affection digestive
57
6
maladies infectieuses
54
6
Dermatose
25
3
Toux
20
2
Fièvre
18
2
Infection urinaire
16
2
Asthénie physique
11
1
Trouble neurologique
7
1
Autres
329
36
Total
912
100
Source : Registre de consultation 2013, Linguère
Nous constatons que les quatre premiers motifs de consultation regroupent 51% des
consultants. Il s’agit :
78
-
les maladies cardiovasculaires (13%),
-
les traumatismes (12%),
-
les céphalées/vertiges (9%)
-
les infections respiratoires (7%)
Néanmoins les affections digestives et les maladies infectieuses affectent davantage la
population de Linguère avec plus de 50 consultants pour chaque affection. La dermatose, la
toux, la trouble neurologie, les maladies rénales, l’asthénie physique et la fièvre sont des
affections très fréquentes.
Les autres affections concernent pour la plupart des douleurs abdominales, les lombalgies, les
parasitoses, les maladies de la malnutrition etc.
L’analyse de la morbidité durant les trois mois (avril, mai, juin) montre la fréquence de
certaines maladies avec une part prépondérante des maladies cardiovasculaires ainsi que les
céphalées/vertiges dans les districts de Louga et de Linguère.
Les maladies cardio-vasculaires englobent une multitude de maladies liées à un mauvais
fonctionnement du cœur ou des vaisseaux sanguins qui l’alimentent. Il s’agit :
-
l’hypertension artérielle (élévation de la tension);
-
les cardiopathies coronariennes (crise cardiaque ou infarctus);
-
les maladies cérébro-vasculaires (accident vasculaire cérébral);
-
les artériopathies périphériques;
-
l’insuffisance cardiaque;
-
les cardiopathies rhumatismales;
-
les cardiopathies congénitales;
-
les cardiomyopathies.
Pour la plupart des cas, les motifs de consultation sont liés à la hypertension artérielle, les
cardiopathies, la hypotension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète.
Selon l’OMS « La sixième cible figurant dans le Plan d’action mondial préconise de réduire
d’un quart la prévalence mondiale de l’hypertension. L’hypertension est l’un des principaux
79
facteurs de risque de maladie cardiovasculaire. La prévalence mondiale de l’hypertension chez
les adultes de 18 ans et plus s’établissait autour de 22% en 2014 »19
De plus, les céphalées et les vertiges enregistrent une prévalence élevée à Linguère (9%) et
surtout à Louga (14%). En effet, une céphalée est une douleur ressentie au niveau d'extrémité
de l'extrémité céphalique, c'est-à-dire communément du crâne. Les céphalées sont des maux
de tête, elles sont très courantes et représentent un motif majeur et fréquent de consultation
médicale. Cependant, il peut parfois traduire une maladie sous-jacente. Il arrive parfois que
nous observons au niveau du registre des motifs de consultation comme la Céphalée
diabétique ou Céphalée accompagnée de baisses ou hausses des tensions artérielles.
Un changement de temps peut déclencher un mal de tête. Le type de maux de tête qui dépend le
plus des facteurs environnementaux est la migraine. Par ailleurs, les variations de températures
importantes peuvent donner mal à la tête. Les personnes les plus affectées sont plus sensibles au
chaud parce que la chaleur dilate plus les vaisseaux du cerveau que le froid qui au contraire les
resserre. Une céphalée est le plus souvent un symptôme fréquent et banal. Il est alors souvent
passager.
19
www.who.int/fr/
80
1.3 Répartition selon l’âge et le sexe des patients à Louga
L’étude du rapport entre le genre et les affections met en exergue des disparités selon l’âge
et le sexe des patient en fonction des affections.
Nombre de consultants
Figure 15:Répartition des affections selon l’âge à Louga
120
100
80
60
40
0-5ans
20
6-14ans
0
15-54ans
55 et plus
Affections
Source : Registre de consultation journaliére2013, Louga
En nous employant de confronter la classe d’âge aux types d’affections, nous pouvons effectuer
par ordre les analyses qui suivent :
La tranche d’âge de 0 à 5ans est surtout confrontée à des affections comme les IRA (+31%), les
toux (13,1%) et les dermatoses (20%).
La tranche d’âge de 6 à 14 ans est touchée surtout par les céphalées (+16%), les toux (25%), les
dermatoses (44%) et les IRA (22,9%) et parfois par les traumatismes et asthme et les affections
digestives.
La tranche d’âge comprise entre 55 ans et plus est touchée par les 12 affections : les plus fortes
prévalences concernent la hypertension artérielle (62,7%), les céphalées (18,4%), les affections
digestives (22,2%), le diabète (77,8%). Cette tranche d’âge est aussi affectée par les toux, IRA,
traumatisme, dermatose, asthme, asthénie physique et trouble neurologique et les maladies
infectieux.
81
Et en fin, la tranche d’âge comprise entre 15 et 54 ans est touchée par l’ensemble des affections
présentées dans le tableau.
Outre cette caractéristique propre à chaque classe d’âge, nous pouvons rajouter que les céphalées
et l’hypertension artérielle constituent des pathologies qu’on peut constater non seulement chez
les personnes âgées (55ans et plus) mais aussi chez les adultes (15-54 ans). Les enfants âgés
entre 0 à 5 ans sont le plus souvent atteints des maladies de l’appareil respiratoire, des toux et les
dermatoses, des céphalées et des traumatismes. La céphalée, une affection très fréquente touche
pratiquement toutes les tranches d’âge. Contrairement aux études faites en Europe, à Louga les
personnes les plus vulnérables durant cette période sont les adultes (54%) et les personnes âgées
(12,6%) sur l’ensemble des affections. Par ailleurs, les enfants sont faiblement touchés par
rapport aux autres classes d’âge avec 6,5%.
Figure16 : Répartition des affections selon le sexe à Louga
Nombre de
consultants
120
100
80
60
40
Masculin
20
Féminin
0
Affections
Source : Registre de consultation 2013, Louga
La répartition globale homme/femme est celle recherchée à travers la figure2. Une
prédominance du sexe féminin est observée sur les affections avec 33,9% et le sexe masculin
concentre 17,9%. Sous ce rapport, à l’exception de l’Asthénie physique (3,2 %) d’hommes
contre (0,7 %) de femmes, on constate toute proportion gardée, que le taux de consultation est
plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
82
Outre, nous constatons également des écarts significatifs entre les deux sexes pour une même
affection : certaines pathologies comme les HTA, le nombre de cas pour les femmes (75,7%) fait
plus le double de celui des hommes (24,3%). Aussi les céphalées affectent davantage les
femmes (26,6%) que les hommes (37,4), les affections digestives touchent inégalement les
femmes (77,8) et les hommes (22,2%) et les IRA avec 70,8 pour les femmes et 29,2% pour les
hommes. Par contre pour d’autres comme les toux, le taux de consultation est quasi le même
aussi bien pour les hommes (49,4%) que pour les femmes (50,7%).
Le dépouillement du registre de consultation journalière durant la période (avril, mai, juin)
montre qu’en 2013 que le nombre de consultation est plus élevé chez les femmes que les
hommes à Louga. Ainsi les maladies cardiovasculaires et les céphalées/vertiges sont des
pathologies les plus fréquentes en période de forte canicule.
I.4 Répartition selon l’âge et le sexe des patients à Linguère
L'analyse de la relation entre l'âge, le sexe et les affections montre une répartition des affections
en fonction des classes d'âge et du sexe. Les figures 9 et 10 montrent que le nombre de
consultants de consultants par classe d'âge et par sexe varie en fonction des affections. Les
enfants souffrent davantage des infections respiratoires (bronchite, pneumopathie, asthme) les
maladies infectieuses, la dermatose, la fièvre et parfois les traumatismes.
Les plus de 54 ans sont surtout affectés par l’hypertension artérielle, les affections digestives, les
céphalées et vertiges. A l’exception des traumatismes et des toux, toutes les affections sont plus
élevées chez les femmes que les hommes.
La classe d’âge 6-14 ans est affectée par les traumatismes, les infections respiratoires, les
affections digestives.
Les adultes (15-54) sont affectés par l’ensemble des affectées mais les plus fréquents sont
l’hypertension artérielle, les traumatismes, les céphalée/vertige, les infections respiratoire, les
affections digestives et les maladies infectieuses.
L’analyse de la morbidité selon le genre évoque un problème sanitaire spécifique aux différentes
tranches d’âge et le sexe.
83
Effectif
Figure17 : Répartition des affections selon l’âge à Linguère
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0-5 ans
6-14ans
15-54ans
0
plus de 54 ans
affections
Source : Registre de consultation 2013
Effectif
Figure18 : Répartition des affections selon le sexe à Linguère
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
Masculin
Féminin
0
Affection
Source : Registre de consultation 2013
84
L’exploitation des données sanitaires (registre de consultation, rapport d’activité) dans les
districts de Louga et de Linguère montre des inégalités des problèmes de santé. En 2013, la
morbidité observée à Louga (57,7%) est plus importante que celle observée à Linguère (42,3%)
par rapport à l’effectif total des consultants durant les mois avril, mai et juin. Par ailleurs nous y
retrouvons les mêmes affections. En effet les maladies cardiovasculaires (hypertension
artérielle, diabète, accident vasculaire cérébral), les affections digestives (épigastralgie, GEA),
les maladies infectieuses, les affections respiratoires (asthme, bronchite) et les affections
urogénitales sont les premières causes de morbidité dans les districts de Louga et Linguère en
2013. Les affections sont plus fréquentes chez les femmes que les hommes.
1.5 -Répartition spatiale des consultants
Des écarts sont notés entre les localités les plus fréquentes du registre de consultation 2013.
Les tableaux ci-dessus donnent la proportion des consultants en fonction de leur origine.
Tableau 9: Les consultants selon leur origine à Louga
Localité
Effectif
%
Montagne
363
29
Keur serigne Louga
191
15
Artiellerie
168
14
Santhiaba
104
8
Thiokhna
26
2
Diélerlou
9
1
Niéme
3
0,3
Autres
379
31
Total
1243
100
Source : Registre de consultation 2013, Louga
L’exploitation du registre de consultation indique que les consultations sont plus importantes
en milieu urbain qu’en milieu rural.
85
En effet, des disparités sont observées au sien des quartiers : le quartier Montagne enregistre
le plus fort taux de consultation (29%), le quartier de Keur Serigne Louga et Artiellerie
enregistre respectivement 15% et 14% l’effectif des consultants. Cependant, il est plus faible
dans le quartier Thiokhna (3%).
Ainsi, la périphérie de la ville est plus densément peuplée que le centre-ville. En effet, les
quartiers périphériques Keur Serigne Louga, Santhiaba et Montagne concentrent près de la
moitié de la population, le centre-ville (Thiokhna) étant occupé par les commerces et certains
établissements publics et privés. Ainsi, l’effectif des consultants est plus important dans
quartiers périphériques que dans le centre-ville. En effet, le quartier montagne enregistre près
de la moitié de l’effectif des consultants du fait de la proximité du centre de santé permettant de
mesurer l’accessibilité géographique à une structure de soins. Le quartier de Keur Serigne
Louga et Artillerie, du fait de leur poids démographique enregistre une part moins importante
que celle de Montagne. Par contre le taux de consultation dans le quartier Thiokhna est minime
par rapport aux autres quartiers du fait qu’il est dominé par l’activité commerciale et les
services administratifs.
Tableau10 : Les consultants selon origine à Linguère
Localité
effectif
%
Thiélly
135
15
Linguére Coumba
122
13
Abattoire
103
11
DVF
41
5
Linguère Diombor
21
2
Guenenne
14
2
Autres
476
52
Ensemble
912
100
Source : Registre de consultation 2013
86
A Linguère, les plus forts taux de consultants sont observés dans les quartiers de Thielly (15%)
et de Linguère Coumba (13%) où sont concentrés l’essentiel des infrastructures de la ville.
Comme dans le quartier de Montagne à Louga, le centre de santé de Linguère se situe dans le
quartier Thiélly, ce qui traduit un accès assez important à la structure de soins. Il est important de
noter que les villages ne disposant pas de poste de santé ont une fréquentation plus élevée que
ceux qui disposent d’un poste de santé. A titre d’exemple, les populations des collectivités
locales de thiargny, Gassane, Thiel, Barkédji, Dodji, Labgar et Warkhokh fréquentent le centre
de santé pour bénéficier des soins de qualité pour certaines catégories de maladie 20 . Ainsi, les
communautés urbaines pauvres ont souvent une plus faible accessibilité géographique (COGME,
2010; Rosenblatt et Lishner, 1991). Plusieurs méthodes ont été utilisées pour mesurer
l’accessibilité géographique aux structures sanitaires : distance à la structure sanitaire la plus
proche (Német et Bailey, 2000; Gabrysch et al. 2011), densité de structures ou de praticiens à
l’intérieur d’une unité administrative (Niang et Handschumacher, 1998), modèle gravitaire
(Hansen, 1959; Mercier et al, 2008)21 .
En somme, les quartiers à proximité du centre de santé et les quartiers surpeuplés enregistrent
les plus forts taux de l’effectif des consultants. Ainsi l’accessibilité géographique explique
l’inégale répartition des consultants selon le lieu de provenance.
Les inégalités d’accessibilité à l’offre de soins sont souvent à des facteurs politiques
(insuffisance ou absence de structures de soins) mais aussi des facteurs sociaux et culturels.
Des écarts sont notés entre les différentes localités en fonction du nombre de consultants du
centre de santé pour les mois d’avril, mai et juin. L’exploitation du registre de consultation
indique que les consultations sont plus importantes en milieu urbain qu’en milieu rural.
En effet les quartiers de Thiélly (36%) et de Linguère coumba (32%) enregistrent les forts
taux de consultation suivi le quartier Abattoire avec 28% des consultations contre 4% en
milieu rural.
Plan d’investissement communal (PIC Linguère)
Mesure de l’accessibilité géographique aux structures de santé dans l’agglomération de Dakar, Alphousseyni
Ndonky, Sébastien Oliveau, Richard Lalou et Stéphanie Dos Santos
20
21
87
II.
EVOLUTION DE LA MORTALITE DANS LES STRUCTURES DE SOINS
II.1 Evolution trimestrielle de la mortalité dans le centre de santé de Linguère
L’analyse de la mortalité trimestrielle du centre de santé de Linguère montre également du
nombre de décès enregistré au niveau de chaque trimestre. Les premières causes de mortalité
en 2013 d’après les hospitalisations du centre de santé de Linguère en fonction des trimestres
sont présentées dans le tableau ci-dessous (tableau n° 5).
Tableau 11 : mortalité trimestrielle du centre de santé de Linguère en 2013
trimestres
jan-fev-mars
effectif des décès
%
avr-mai-juin
juil-aout-sept
oct-nov-dec
TOTAL
7
9
7
5
28
25
32
25
18
100
Source: Rapport d’activité trimestrielle du centre de santé de Linguère (2013)
L’évolution de la mortalité en 2013 présente une variation saisonnière avec un maximum
marqué durant la période caniculaire. La mortalité enregistrée en 2013 est de 28 cas de décès.
Mais elle est plus élevée en saison sèche (avril, mai et juin) avec 9 cas de décès soit un taux de
32%.
Le premier trimestre et le deuxième trimestre enregistre le même taux de mortalité de 25%. En
2013, la mortalité observée au cours de ces périodes est due aux maladies cardiovasculaires,
aux accidents vasculaires cérébrales, aux maladies infectieuses, au Cancer, aux affections
gastro-intestinales et d’autres causes entrainant parfois le phénomène de déshydratation surtout
chez les personnes âgées.
88
En ce qui concerne la mortalité en 2014, le tableau ci-dessous permet de constater le nombre
de décès enregistré par trimestre.
Tableau12 : Mortalité trimestrielle du centre de santé de Linguère en 2014
trimestres
jan-fev-mars
avr-mai-juin
effectif des décès
%
juil-aout-sept oct-nov-dec
TOTAL
5
5
8
2
20
25
25
40
10
100
Source : rapport d’activité 2014
L’analyse de ce tableau en 2014 montre également une variation de la mortalité en fonction des
saisons. Mais ce qu’il y’a lieu de préciser c’est que le trimestre qui a coïncidé avec la période
hivernale (juillet-Aout-Septembre) a enregistré plus de décès (8 cas décès soit un taux de 40%)
contrairement aux autres trimestres. Au niveau du centre de santé de Linguère, la mortalité
enregistrée en 2013 (28 décès) est plus importante que celle enregistrée en 2014 (20 décès).
Cependant, la mortalité est essentiellement liée aux maladies cardiovasculaires.
II.2 Evolution mensuelle de la mortalité
La mortalité mensuelle varie de janvier à décembre, on voit qu’elle a connu une légère
augmentation au mois de mars (3 cas de décès) et au mois d’avril (5 cas de décès) qui
correspondent à la période avant la vague de chaleur. Outre le mois d’aout enregistre 3 cas de
décès. Mais nous constatons également que la mortalité se stabilise pour les autres mois (2 cas de
décès).
Tableau 13: Evolution mensuelle de la mortalité en2013
mois
jan
fev
mars
avril
mai
juin
juil
aout
sept
oct
nov
dec
TOTAL
Effectif
2
2
3
5
2
2
2
3
2
2
2
1
28
des décès
Source : Rapport d’activité 2013
En analysant le tableau ci-dessus, nous constatons qu’en 2013, le nombre de décès est plus
élevé au mois d’avril (5décés). Parallèlement en 2014, la mortalité observée est plus
importante au mois d’avril car ayant 5cas de décès par rapport aux autres mois.
89
Les premiers causes de la mortalité du centre de santé de Linguère sont les maladies
cardiovasculaires (hypertension artérielle, accident vasculaires cérébral, les cardiopathies etc.).
D’autres cas de décès sont liés aux maladies gastro-intestinales et les maladies infectieuses. Il
existe d’autres causes de décès non identifiées. Il est à noter que les décès dus aux maladies
cardiovasculaires surviennent généralement à un âge plus avancé.
Il est évident que l'analyse de la morbidité diagnostiquée seule ne permet pas de cerner
l’incidence sanitaire de la vague de chaleur de mai 2013. Ainsi, il devient nécessaire d’analyser la
morbidité ressentie et d’utiliser les données qualitatives afin d’identifier les facteurs de risques
sociaux, environnementaux, politiques favorisant l’augmentation de la morbidité liée à la
canicule. C'est l'objet du deuxième chapitre de cette partie.
90
CHAPITRE II : MORBIDITE RESSENTIE ASSOCIEE A LA HAUSSE DES
TEMPERATURES
Nous avons effectué une enquête socio-sanitaire qui a concerné 250 ménages dans les
départements de Louga et Linguère. L’objectif de notre enquête est :
-
Etudier la morbidité ressentie et la mortalité auprès des ménages durant la vague
de chaleur ainsi que le recours aux soins
-
Identifier les facteurs de risques sociaux, environnementaux et politiques
associées aux risques sanitaires
-
Connaitre les capacités d’adaptation de la population face aux extrêmes chaleurs
Cette enquête a duré plus d’un mois du 17 novembre au décembre 2015 dans les départements
de Louga et de Linguère. Ces périodes ne correspondaient pas au période de forte chaleur dans
ces zones mais nous avons fait une enquête rétrospective c’est à dire d’enquêter la population
sur l’épisode de la vague de chaleur qui avait eu lieu au mois de mai 2013. Les données ont été
saisies et analysées à l’aide du logiciel SPHINX PLUS 2 (V5).
L’enquête a été effectuée dans 5 localités dont 3 quartiers dans la commune de Louga (Keur
Serigne Louga, Hlm Bagdad, Montagne) et 2 villages dans la commune rurale de Nguidilé
(Diérlerlou Syll et Nième). A Linguère, 4 Localités ont été enquêtées dont 3quartiers et 1 village
dans la commune de Linguère.
Notre échantillon compte 250 ménages et nous avons fait des grappes de 25ménages (5
grappes à Louga et 4 grappes à Linguère) à l’exception du quartier Keur Serigne Louga tout en
essayant de respecter la représentativité spatiale de l’échantillon entre ces aires géographiques.
Le quartier de keur Serigne Louga étant le plus grand quartier et le plus peuplé de la ville de
Louga d’où un échantillon de 50 ménages.
91
I. Morbidité et mortalité en lien avec la canicule
Selon l’OMS, le changement climatique influe sur les déterminants sociaux de la santé: air pur,
eau potable, nourriture en quantité suffisante et sécurité du logement. L’accroissement des
températures devrait augmenter cette charge de morbidité. Par ailleurs l’augmentation des
températures serait à l’origine de la recrudescence des maladies. La Banque mondiale souligne
également que le réchauffement climatique pourrait avoir un impact sanitaire en accroissant «
l’incidence des maladies sous l’effet de vagues de chaleur et d’inondations». Ces phénomènes
pourraient, en effet, allonger la saison de transmission des maladies propagées par les
moustiques. Un réchauffement planétaire de 2 à 3°C augmenterait de 5% le nombre d’habitants
exposés au paludisme, soit une hausse de 150 millions de personnes22.
I.1 Morbidité ressentie
I.1.1 Répartition spatiale
La morbidité observée au cours de la période de la vague en 2013 a concerné la quasi-totalité
des localités de notre étude .Cependant son intensité a nettement varié à l’échelle des localités
variant de 9 cas à 36 cas d’affection au niveau des localités à Louga et de 11 à 20 cas au niveau
des localités à Linguère lors de cet épisode de forte chaleur. Les tableaux ci-dessous montrent la
morbidité différentielle par localité.
22
Direct Matin COP21 : 10 conséquences concrètes du réchauffement climatique
92
Tableau 14 : Nombre de personnes affectées à l’échelle spatiale
Localités (Louga)
Keur Serigne
effectif
%
36
Localités(Linguere) effectif
43
Louga
Dierlerlou Syll
%
Abattoire
20
33
Linguère
16
27
15
18
Diombor
9
11
Thiélly
13
22
Montagne
11
13
Guennene
11
18
Niéme
13
15
total
60
100
total
84
100
Hlm Bagdad
Source : Enquête de l’auteur, 2015
Au niveau du département de Louga, les analyses montrent un écart considérable entre la localité
de Keur Serigne Louga Sud qui enregistre presque la moitié des cas de pathologies (42,9%)
comparée aux quatre (4) autres localités. A la différence de Louga, nous avons à Linguère un
écart léger de répartition entre les différentes localités d’Abattoire (33%), Linguère Diambor
(27%), Thiélly (22%) et Guennene (18%).
Dans le département de Louga, l’effectif des personnes affectées est plus élevé dans le quartier
de keur Serigne Louga et dans les villages de Dierlerlou et Nième. En effet le quartier de Keur
Serigne Louga étant le quartier le plus peuplé de la ville Louga avec un faible niveau de vie. Le
village de Dierlerlou Syll donne l’image d’une ville du fait de l’effet de l’émigration. Outre,
dans la commune de Louga, l'impact des revenus migratoires se lit dans les transformations qui
s'opèrent dans l'habitat à travers les modèles architecturaux. Partout, s’élèvent des villas en
terrasse et à étage. Elles sont ensuite le plus souvent carrelées et le marbre couvre le plafond. Sur
les balcons, dominent des vitres teintées, bien accrochées à des cadrans en aluminium. Les
travaux ont montré qu’en France la vague de chaleur de 1976, qui a touché largement le territoire
métropolitain, celle de 1983, limitée aux Bouches-du-Rhône, et celles de 2003 et 2006 qui ont
causé une surmortalité respectivement de 60% et de 97 %. Dans les pays occidentaux, les taux
d’urbanisation sont très élevés (autour de75%). Les quartiers résidentiels tels Hlm Bagdad et
Montagne sont les moins touchés bien qu’il existe du bâti avec un niveau de vie assez élevé par
rapport aux autres.
93
Les résultats montrent que l’effectif des personnes affectées par la vague est plus élevé dans les
quartiers défavorisés. Dans les quartiers favorisés, la plupart des ménages disposent des moyens
(climatisation) pour se mettre à l’abri durant les fortes chaleurs.
D’après notre analyse, la densité du bâti, les matériaux de construction des habitats et le niveau
de vie sont des facteurs déterminants de l’état de santé des populations durant les périodes
caniculaires. L’absence de cours d’eau ou de fleuve dans cette partie de la zone sahélienne
constitue facteur un risque durant les périodes de forte canicule. Les résultats montrent que le
milieu urbain est plus touché par la canicule. Cette disparité s’explique par le phénomène d’ilot
de chaleur urbain qui signifie la différence de température observée entre les milieux urbains et
les zones rurales environnantes.
Au Sénégal, l’urbanisation galopante est portée parles grandes villes comme Dakar. En effet, la
région de Dakar présente un taux d’urbanisation de 96%. Par ailleurs Dakar polarise « presque la
moitié de la population urbaine du pays avec 49% » selon l’ANSD. Ainsi la forte canicule aurait
une incidence sur l’état de santé de la population du fait de l’urbanisation à Dakar. Bien que les
régions du Nord soient les moins peuplées l’incidence sanitaire de la canicule pèse beaucoup sur
les citadins. En dépit du fait que la vague de chaleur affecte davantage les citadins, il n’en
demeure pas moins qu’elle affecte aussi les ruraux du fait de leur profession (agriculture,
transhumance).
94
I.1.2 Répartition de la morbidité ressentie
Notre enquête révèle que 56% de la population a été affectée à Louga par la forte
canicule. La figure ci-dessous présente la proportion des affections due à la forte
chaleur.
Figure19 : Répartition de la morbidité ressentie liée directement à la canicule à Louga
Louga
21%
29%
Linguère
Hyperthermie
23%
36%
Maux de tête
Vertige
24%
Maux de tête
12%
Vertige
autre à préciser
26%
Hyperthermie
Autres
29%
Source : Enquête de l’auteur ,2015
En effet l’affection la plus répandue est l’hyperthermie (29% à Louga et 36% à Linguère) ou
l’augmentation de la température corporelle dans le cadre d’un environnement ou d’un effort.
Les signes de cette hyperthermie sont souvent la sensation de chaleur, la peau chaude, la fièvre,
la céphalée et la fatigue etc. La température influence l’organisme et est un facteur de bien-être
(Sagna.P et al). Il existe en effet un système de régulation (thermorégulation) interne pour
maintenir la température corporelle autour de 37°C car le fonctionnement de l’organisme est
alors optimal. La thermorégulation représente l’ensemble des processus permettant à l’homme de
maintenir sa température interne dans des limites normales quel que soit son niveau métabolique
ou la température du milieu ambiant. Elle repose sur un équilibre constant entre les apports et les
pertes de chaleur. C’est l’hypothalamus qui est le centre de contrôle de la thermorégulation. Si
l’air environnant est froid et sec, il est facile pour le corps de se débarrasser de la chaleur. Plus il
fait chaud et plus il y a d'humidité, plus il est difficile de se débarrasser de la chaleur.
95
A Louga, les maux de tête (26%) et les vertiges (24%) sont très fréquents pendant la chaleur
ainsi qu’à Linguère où on enregistre respectivement 29% et 12% pour les maux de tête et les
vertiges.
Les autres effets sanitaires liés à la chaleur observés durant cette période sont le paludisme,
l’étouffement, insomnie, la déshydratation, le vomissement, l’épistaxis (saignement du nez),
l’asthénie physique, les crises (épilepsie), les affections dermiques et le stress thermique.
Certains ont des douleurs oculaires, d’autres sont affectés par une soif intense. Durant la
canicule, le paludisme est très fréquent puisqu’il est à la fois l'une des maladies les plus
répandues à travers le monde et l'une des plus sensibles aux conditions ambiantes. Une élévation
de la température aurait pour effet de raccourcir le temps de développement du parasite chez son
vecteur, ce qui accroîtrait la capacité vectorielle de l'anophèle (Besancenot, 2000)23.
Par ailleurs, les personnes malades sont très touchées par cette canicule. Il s’agit le plus
souvent des affections liées à la hausse des températures et à l’exposition à la chaleur.
23
Jean Pierre Besancenot : Le réchauffement climatique et la santé, les Cahiers du M.U.R.S. n°39 - 3ème
trimestre 2000
96
Tableau15 : Proportion des personnes affectées ayant
nt une maladie
préexistante
Linguère
Louga
Pathologies
Pathologies
effectif
pourcentage
Hypertension
33
54%
Diabète
3
5%
Asthme
10
17%
Epilepsie
2
3%
Autres causes
13
21%
Total
61
100%
effectif
pourcentage
Hypertension 10
38%
Diabète
2
8%
Asthme
3
12%
Epilepsie
4
15%
Autre causes
7
27%
Total
26
100%
Source : Enquête de l’auteur, 2015
Les résultats montrent également que 61% des personnes affectées à Louga et 26% des
personnes affectées à Linguère lors de la vague de chaleur sont en état de santé fragile. Ce qui
explique la vulnérabilité des personnes atteintes de l’hypertension, le diabète, la cardiopathie,
l’asthme et l’épilepsie. D’ailleurs, les autres causes de maladies concernent la grossesse (la
plus répandue), la dermatose, les infections respiratoires, les maladies rénales. A Louga, sur
les 21% qui regroupe les autres causes de maladies, plus de 50% sont des femmes enceintes
ainsi qu’à Linguère. A Linguère, le selon le médecin « les causes de l’hospitalisation les plus
fréquentes durant la canicule de 2013 sont les maladies cardiovasculaires. » La définition de
certaines pathologies liées à la chaleur serait nécessaire pour mieux comprendre l’étiologie de
ces maladies.
Hyperthermie : Elle est définit comme une élévation anormale de la température du
corps. Cette élévation de température peut avoir plusieurs causes :
- Réaction à une infection (fièvre)
- Surexposition aux rayons solaires (Insolation)
- Effort intense prolongé, forte chaleur (Coup de chaleur)
97
Cependant Il faut préciser la nuance qui existe entre fièvre et hyperthermie. La fièvre est
considérée comme une modification du point central de la température considérée comme
normale de l'organisme. Par contre l'hyperthermie résulte de l'accumulation de chaleur exogène
c'est-à-dire issue de l'environnement et non pas produite par le corps.
Dans certains cas on parle du coup de chaleur (appelé aussi hyperthermie maligne) désigne
une défaillance des mécanismes de l’organisme visant à contrôler la température. Il survient
après une longue exposition à la chaleur ou en cas d’efforts prolongés dans un environnement
chaud et/ou humide.
Ce malaise lié à la chaleur provoque une déshydratation. Le coup de chaleur peut survenir à
tout âge, mais surtout chez : les sportifs, les personnes obèses (les plus touchés par les
phénomènes liés à la chaleur), les personnes sensibles aux changements de température
brutaux, les personnes âgées et les enfants.
Céphalée: Selon l’OMS, Les céphalées comptent parmi les affections du système nerveux les
plus répandues. Le mal de tête est la manifestation douloureuse et incapacitante d’un nombre
restreint de céphalées primitives, à savoir la migraine, les céphalées de tension et l’algie
vasculaire de la face. Elles peuvent aussi être provoquées par une longue liste d’états
pathologiques ou survenir secondairement à ceux-ci, par exemple la céphalée par
surconsommation de médicaments. Une céphalée est une douleur ressentie au niveau
d'extrémité de l'extrémité céphalique, c'est-à-dire communément du crâne.
Déshydratation: Une déshydratation peut survenir lorsque l'approvisionnement en eau de
l'organisme est insuffisant. Certaines personnes y sont plus sensibles : les nourrissons, les
jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant d'une maladie chronique comme
le diabète. Elle peut survenir à la suite des diarrhées, des vomissements ; de certaines maladies
chroniques (diabète déséquilibré...) ; de prise excessive de médicaments diurétiques; de
transpiration excessive (liée à une canicule...).
98
Stress thermique : « Le stress thermique est la charge thermique nette [globale] à laquelle un
travailleur peut être exposé en raison de l'apport combiné de la chaleur métabolique, de certains
facteurs environnementaux (température ambiante, humidité, mouvement de l'air et chaleur
rayonnante) et des exigences vestimentaires24.» Lorsque la température s'élève au-dessus de la
température de confort, des problèmes peuvent survenir. Il s’agit donc des réactions
physiologiques et comportementales consécutives à l'exposition à la chaleur. Les premiers effets
concernent la façon dont on se sent. L'augmentation de la température ou du fardeau thermique
peut s'accompagner des effets suivants :
-
augmentation de l'irritabilité
-
perte de concentration et perte de la capacité d'accomplir des tâches mentales
-
perte de la capacité d'accomplir des tâches spécialisées ou des travaux exigeants
Épuisement dû à la chaleur : Sensation de faiblesse, de lassitude, de soif et de chaleur
intenses, étourdissements, troubles de la vue, nausées, vomissements, palpitations, picotement
et engourdissement des extrémités consécutivement une exposition à une ambiance chaude très
sévère.
Le tableau ci-dessus montre la proportion de patients ayant fait recours aux soins lors de la
vague de chaleur.
24
2014 TLVs and BEIs: Threshold Limit Values for Chemical Substances and Physical Agents and Biological Exposure
Indices : Cincinnati, Ohio: American Conference of Governmental Industrial Hygienists, 2014, p. 215
99
Tableau16 : Taux de recours aux soins
Louga
recours aux
Linguère
effectif
pourcentage
soins
Oui
78
92%
Non
7
8%
Total
84
100%
recours aux soins
effectif
pourcentage
Oui
46
77%
Non
14
23%
Total
60
100%
Source : Enquête de l’auteur, 2015
A Louga, 92% des personnes affectées ont fait recours aux soins. Il n’y a que 8% qui
soutiennent le contraire à cause du manque de moyens. Parallèlement à Linguère où 77% ont
recours aux soins contre 23% qui ne sont pas allés consulter un médecin. Cette situation
montre que le recours aux soins sanitaires est important dans la zone mais néanmoins beaucoup
de patients font d’abord recours à la médecine traditionnelle ou à l’automédication avant
d’aller vers les structures sanitaires. Ces propos du médecin chef en constitue une parfaite
illustration « On reçoit parfois des malades très fatigués. Ils commencent leur traitement à la
maison, avec la médecine traditionnelle et ils font recours à l’hôpital quand la maladie
commence à dominer le patient». En effet certaines personnes affectées n’ont pas fait recours
aux soins en raison de manque de moyen, ce qui montre que l’accessibilité traduit aussi la
possibilité financière de recourir à des services de santé. D’autres n’ont pas consulté un
médecin du fait qu’elles banalisent la gravité des affections liées à la canicule.
100
I.1.3 Répartition des affections selon l’âge
Les affections observées liées la vague de chaleur touchent différemment les tranches
d’âge.
Tableau 17 : Répartition des personnes affectées selon l’âge
Louga
Tranche
Linguère
effectif
pourcentage
d’âge
Moins de 10
Tranche
effectif
pourcentage
d’âge
24
29%
Moins de 10
27
45%
10 à 20
5
6%
10 à 20
10
17%
20 à 30
12
14%
20 à 30
4
6%
30 à 40
6
7%
30 à 40
3
5%
40 à 50
4
5%
40 à 50
4
7%
50 et plus
33
39%
50 et plus
12
20%
total
84
100%
total
60
100%
Source : Enquête de l’auteur, 2015
101
Il ressort de ces analyses que le taux d’affection touche plus les personnes âgées de plus 50 ans
et les enfants âgés de moins de 10 ans aussi bien à Linguère qu’à Louga. Ceci renseigne sur la
vulnérabilité qui pèse souvent sur ces deux tranches d’âge. Concernant les enfants, on enregistre
un taux beaucoup plus élevé à Linguère (45 %) qu’à Louga (29%) souffrant ainsi de paludisme,
de la fièvre, de la varicelle et des infections pulmonaires. Les événements climatiques extrêmes
amplifiés par la hausse de la température mondiale -ouragans, inondations, sécheresse, vagues de
chaleur- accélèrent aussi la propagation des principales maladies infantiles comme le paludisme,
la malnutrition, la diarrhée aigüe et la pneumonie selon l’UNICEF. Et pour les personnes âgées
de plus de 50 ans, nous avons 39% des cas d’affection à Louga et 20% à Linguère. Ainsi, les
personnes âgées en plus d’être plus vulnérables aux fortes chaleurs, sont également confrontées à
la coexistence de pathologies générales aigues (paludisme) et de pathologies spécifiques
chroniques, handicapantes et invalidantes (hypertension artérielle, diabète, rhumatisme,
cancer…). Cette comorbidité est ainsi plus importante chez les personnes âgées. A cet effet « la
personne âgée présente une capacité réduite d’adaptation à la chaleur, caractérisée par une
réduction : de la perception de la chaleur, des capacités de transpiration, de la sensation de soif,
de la capacité de vasodilatation du système capillaire périphérique limitant la possibilité
d’augmentation du débit sudoral en réponse à la chaleur»25. Nous constatons également que les
adolescents et les adultes souffrent en général du paludisme et d’asthme. D’ailleurs ils sont souvent
exposés à la chaleur.
I.1.4 Répartition des affections selon le sexe
Notre échantillon est constitué d’homme et de femme dont la proportion de chacun est répartie
comme suit :
Tableau 18: Répartition des personnes affectées selon le sexe
Louga
Sexe
Linguère
effectif
pourcentage effectif
pourcentage
Masculin
30
36%
33
55%
Féminin
54
64%
27
45%
total
84
100%
60
100%
Source : Enquête de l’auteur, 2015
25
Lavallart B., Bourdon L., Gonthier R., Dab W. Pathologies consécutives à une exposition prolongée à la chaleur.
Rev. Prat. 2004 ; 54 : 1298-304. Institut Nationale de prévention et d’éducation pour la santé(INPES)
102
La répartition entre les deux graphiques montre que le taux de femmes affectées (64%) prend le
dessus sur celui des hommes (36%) à Louga. Cette répartition peut s’expliqué par le phénomène
d’émigration dans la mesure où on compte plus de femmes que d’hommes dans la région de
Louga. Cette différence s’inscrit dans la tendance habituelle constatée souvent chez certaines
pathologies comme les AVC qui touchent plus de femmes que d’hommes selon la revue
scientifique Stroke26. Ainsi comme l’a remarqué le Pr Cheryl Bushnell dans la même revue, si les
deux sexes ont des facteurs de risque en commun comme l'âge, l'hypertension artérielle, le
diabète, l'inactivité physique ou le tabac, les femmes ont des vulnérabilités propres, pour
l'essentiel liées à leur vie hormonale, qui ne sont pas toujours suffisamment prises en compte par
les médecins. Les résultats montrent aussi que les femmes enceintes sont vulnérables durant la
canicule.
Cependant, à Linguère, le taux d’affection des hommes (55%) dépasse celui des femmes de
10%. Cette disparité s’explique à travers les activités humaines. Il s’agit en général des petits
bergers qui accompagnent leurs troupeaux et les paysans. Par conséquent, cette analyse montre
qu’il s’agisse de l’homme ou de la femme, ce taux peut varier selon le milieu, des affections etc.
26
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/02/10/21972-avc-femmes-sont-plus-severement-touchees
103
I.2 Mortalité
I.2.1 Distribution spatiale des décès
Les tableaux ci-dessous présentent la mortalité inégalement distribuée à l’échelle des localités.
Tableau 19 : Distribution spatiale de la mortalité
Localités
Keur Serigne Louga
effectif
pourcentage
6
50%
Dierlerlou Syll
Localités
pourcentage
Abattoire
4
37%
Guennene
3
27%
2
18%
2
18%
11
100%
Hlm Bagdad
1
8%
Linguère
Montagne
2
17%
Diombor
Niéme
3
25%
Thiélly
12
100%
Total
effectif
total
Source : Enquête de l’auteur, 2015
La mortalité a concerné presque l’ensemble des localités enquêtées. La mortalité est de 12 cas de
décès à Louga et de 11 cas de décès à Linguère .Ainsi la mortalité concerne les villes aussi bien
que les villages mais elle est plus importante dans les villes.
Par ailleurs, les décès enregistrés à la maison (67%) sont plus importants que ceux enregistrés à
l’hôpital (33%) parallèlement à Linguère où 64% des décès ont lieu à la maison et 36% à
L’hôpital. Cependant, il est important de noter que la plupart des décès enregistrés sont liés à
l’aggravation des maladies comme les maladies cardiovasculaires, les maladies rénales, les
affections neurologiques etc. Ce qui confirme ainsi la « transition épidémiologique » formulée
par Abdel Omran en 1971 pour traduire l’évolution des causes de décès en relation avec
l’amélioration de l’espérance de vie. Notons que la mortalité observée durant cette période de
forte chaleur est fortement liée aux maladies cardiovasculaires.
104
Figure20 : proportion de personnes décédées souffrant d’une maladie
Louga
33%
42%
8%
17%
Linguère
Hypertension
Diabète
36%
46%
Asthme
Autres causes
Hypertension
Diabète
autres causes
18%
Source : Enquête de l’auteur, 2015
Les résultats montrent que la mortalité enregistrée durant la forte canicule est de 8% soit 12
décès à Louga. La plupart des décès sont liés à l’hypertension (33%). Les décès liées au diabète
est de 13% et l’asthme 8%.
A Linguère les décès enregistres est de 11%. La plupart des décès enregistré souffrait de
maladies cardiovasculaires: 36% pour l’hypertension et 18% pour le diabète. Les autres
personnes décédées soufrant de cardiopathie, de cancer, des maladies rénales, des maladies
infectieuses comme le paludisme. Par conséquent, les décès par maladies cardiovasculaires sont
les premières causes de mortalité en période caniculaire.
I.2.2 Répartition des décès selon l’âge
Les diverses tranches d’âge ont été inégalement affectées. Le tableau ci –dessous montre la
proportion des personnes affectées selon l’âge.
105
Tableau20: Proportion des décès selon l’âge
Louga
Linguère
Tranche d’âge
effectif
pourcentage
Tranche d’âge
Moins de 10
2
17%
Moins de 10
1
9%
De 10 à 20
2
17%
De 10 à 20
1
9%
De 20 à 59
1
8%
De 20 à 30
1
9%
De 60 à 69
2
17%
De 30 à 59
1
9%
70 et plus
5
41%
60 et plus
7
64%
Total
12
100%
Total
11
100%
effectif
pourcentage
Source : Enquête de l’auteur
La répartition des décès selon l’âge montre une part prépondérante des personnes âgées de 70
ans et plus (41%) à Louga et des personnes âgées d e 60 ans et plus (64%) à Linguère. La
proportion des enfants et des adultes décédés est moins importante que celle des personnes du
troisième âge à Louga comme à Linguère.
I.2.3 Répartition des décès selon le sexe
La mortalité enregistrée a concerné les deux sexes bien qu’elle est inégalement répartie.
Tableau21 : Proportion des décès selon le sexe
Louga
sexe
Linguère
effectif
pourcentage
sexe
effectif
pourcentage
Masculin
5
42%
Masculin
4
42%
Féminin
7
58%
Féminin
7
58%
12
100%
11
100%
Total
Total
Source : Enquête de l’auteur, 2015
Les tableaux ci-dessus montrent une prédominance de la mortalité féminine sur celle masculine
à Louga comme à Linguère. A Louga, la mortalité des femmes (58%) est légèrement supérieure
à celle des hommes (42%). Mais à Linguère, la mortalité observée chez les femmes (64%) fait
106
le presque le double de celle des hommes (36%). Cette situation peut s’expliqué par la
composition démographique de la région car elle est composée en majorité par le sexe féminin.
II. Etude des facteurs associés à l’impact de la chaleur
Dans un espace géographique, la population peut être confrontée à des risques différents qui
dépendent des conditions de vie physique et sociale. Les analyses épidémiologiques de
l’incidence sanitaire de la vague de chaleur de mai 2013 ont montré le rôle déterminant de la
canicule. Elles permettent également de montrer l’importance des facteurs de risques
environnementaux, sociaux et comportementaux. L’impact sanitaire d’une vague de chaleur
dépend de trois facteurs: persistance d’une période de forte chaleur, exposition de la population
et facteurs de risque individuels de la population exposée. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à
la survenue de pathologies liées à la chaleur.
II.1. Facteurs environnementaux
Les vulnérabilités et facteurs de risque environnementaux sont liés aux caractéristiques de
logement dans les espaces géographiques. Il est jugé nécessaire de décrire l’environnement
favorisant le risque sanitaire lié à la chaleur afin de mettre en évidence le niveau d’exposition
de la population. Plusieurs facteurs liés au cadre de vie expliquent la morbidité observée
pendant la période caniculaire. Le type d’habitat (petit appartement et matériaux de
construction), l’absence de végétation et de climatisation peuvent ainsi expliquer le risque
sanitaire associé à la hausse des températures.
Figure21 : Morbidité ressentie à l’échelle temporelle
106
Non réponse
39
Maux de tête
27
Vertige
46
Hyperthermie
32
Autres
Non réponse
Matin
Midi
Soir
Cette figure met en exergue la morbidité ressentie par la population enquêtée selon le moment.
Les résultats ont montré que plus de la moitié des personnes malades (57,7%) lors de la vague
de chaleur sont affectées le soir à partir de 20h. Il s’agit un des facteurs climatiques que les
populations sont souvent confrontées. En effet, l’augmentation des températures minimales ne
107
permet pas une récupération normale du corps pendant la nuit entrainant ainsi des effets
néfastes sur la santé. Concernant les affections liées à la forte chaleur, on en retrouve
l’hyperthermie, les maux de tête, le vertige. Les autres affections concernent le plus souvent
l’insomnie, des bouffées de chaleur, l’épistaxis, l’étouffement, la fatigue, la crise d’asthme,
épilepsie etc. Ce qui montre ainsi l’effet des températures nocturnes sur la santé des
populations. Notre enquête révèle également qu’une part importante des individus a été affectée
vers midi entre 12 et 15h heures auxquelles on note une très forte température avec 50 cas soit
un taux de 34,7%. Seule une infime partie de la population enquêtée (14,6%) a été affectée le
matin.
Par ailleurs, l’impact de la canicule touche essentiellement les villes et dans une moindre mesure
les villages. Le contexte climatique actuel dans lequel les périodes de chaleurs extrêmes sont de
plus en plus fréquentes explique la présence de pathologies liées à la chaleur. Les résultats de
notre enquête montrent qu’en dehors des quartiers d’Hlm Bagdad et de Montagne où nous avons
respectivement quatre (04) et deux (02) ménages, tous les autres ménages résidant dans le
quartier de Keur Serigne Louga ne disposent pas de climatiseurs. La situation est plus critique à
Linguère où presque tous les ménages ne disposent pas de climatiseur (99%). En effet le village
de Guénnene est marqué par une absence totale d’électricité qui ne permet pas un accès à la
climatisation à l’intérieur des chambres.
Dans une zone où la température moyenne annuelle est élevée, une telle faiblesse du taux
d’équipements en climatiseurs s’explique par des raisons économiques car le niveau de vie
n’est pas élevé pour permettre à la grande majorité de la population de supporter les charges liées
à la climatisation de leurs ménages. La densité de l’habitat semble être un facteur de risque d’où
la prévalence est plus importante dans les villes que dans les villages.
A Linguère, plus de 41% des maisons sont en construction dure (ciment, béton) et 39% des
ménages logent dans des maisons à construction semi dure (zinc, toit fait d’ardoise). Des études
ont montré que « les impacts d’une canicule sont aussi modulés par la morphologie urbaine et la
conception des bâtiments qui peuvent être susceptibles, localement, d’en aggraver les effets ».
D’après le rapport PIC de Linguère les constructions en dur représentent 93,3% contre 6,7%
seulement pour les habitats en paille. 28,58% des habitats de la commune sont dans un bon état
contre 10,74% qui sont dans un état de dégradation.
Cette différence s’explique notamment par le phénomène d’Îlots de chaleur urbains (ICU). Dans
les grandes agglomérations, les activités humaines sont sources de chaleur, le grand nombre de
constructions ralentit le vent, l'absence ou la rareté de la végétation réduit l'évapotranspiration,
tous ces facteurs concourant à l'apparition d'îlots de chaleur, avec le maintien de
108
températures nocturnes élevées27. Il est souvent évoqué que la présence d'un flux de chaleur lié
au chauffage urbain, à la circulation automobile et à l'activité industrielle s'avèrent aussi des
facteurs qui contribuent de façon significative au développement des îlots de chaleur. Par
conséquent le phénomène de l’urbanisation est un facteur de risque des affections liées à la
chaleur. Ce qui explique que les citadins sont très touchées par les effets de la canicule.
Dans les pays développés, les trois quarts de leurs habitants vivant dans les villes. Mais
aujourd’hui, leur croissance urbaine est faible. Nous remarquons donc que l’urbanisation s’est
faite bien plus tôt dans les pays développé, les pays du « Nord » que dans les pays en
développement, les pays du « Sud » qui réalisent leur urbanisation actuellement. Au Sénégal,
l’urbanisation galopante est portée par les grandes villes comme Dakar. En effet, la région de
Dakar présente un taux d’urbanisation de 96%, là où Thiès est à 49% d’urbanisation et rassemble
14% de la population urbaine. Par ailleurs Dakar polarise « presque la moitié de la population
urbaine du pays avec 49% » selon l’ANSD. Ainsi les régions du Nord sont les moins peuplées et
moins urbanisées. Les résultats de notre enquête montre que le milieu rural est aussi affectée que
le milieu urbain.
A Linguère 89% des ménages utilisent le bois de chauffe pour cuisiner et 37% préparent le repas
à l’air libre. De ce fait les femmes sont souvent exposées à la chaleur du fait qu’elles préparent le
repas à l’air libre sans aucun toit, d’autres ont des cuisines faites en zinc. Les individus ne
bénéficiant pas d’endroit frais ou climatisé accessible sont à risque. Par conséquent, l’exposition
d’un individu à une température environnementale élevée peut entraîner des réactions directes de
l’organisme en raison d’une réponse inadéquate ou insuffisante des mécanismes de
thermorégulation.
27
Besancenot JP. Vagues de chaleur et mortalité dans les grandes agglomérations urbaines. Environnement
Risques et Santé 2002; 1 (4):229-240.
109
Tableau22 : Disposition de ventilateurs selon la localité
Louga
Localités
Linguère
Ménages
Ménages
avec
sans
ventilateur
Total
Localités
Ménages
avec
ventilateur
ventilateur
Keur Serigne
38
12
50
Dierlerlou Syll 12
13
Hlm
0
Total
sans
ventilateur
Abattoire
15
10
25
25
Guennene
0
25
25
25
Linguère
16
9
25
Louga Sud
25
Ménages
Diombor
Bagdad
Thiélly
Montagne
22
3
25
Nième
5
20
25
Total
102
48
150
Total
21
52
4
25
48
100
Source : Enquêtes de l’auteur, 2015
Les résultats de ce tableau informent sur l’utilisation de ventilateurs en période de chaleur. Ceci
étant, force est de constater qu’à Louga plus de la moitié des ménages disposent de ventilateurs
(68%). Pour ceux qui n’en disposent pas (32%), on en retrouve partout sauf à HLM Bagdad où
chaque ménage s’est doté au moins d’un ventilateur. A Montagne comme à Keur Serigne Louga Sud
également, le nombre de ménages qui n’utilisent pas de ventilateurs reste très faible par rapport à la
taille de la population. Et c’est le contraire dans le village Nième où 20% des ménages n’ont pas de
ventilateurs du fait des moyens déficitaires. A Linguère, 52% de la population utilisent des
ventilateurs mais l’utilisation diffère à l’échelle des ménages. Par exemple dans le quartier
Thiélly, plus de moitié des ménages disposent au moins d’un ventilateur. Par contre, l’utilisation
des ventilateurs est assez faible à Abattoire. Dans le village de Guennene, aucun ménage ne
dispose de ventilateur en raison de l’absence d’électricité.
Les résultats issus du tableau ci-dessous montrent le nombre de ménages où des dispositions sont
prises par les résidents pour l’aération des chambres.
110
Tableau 23 : Répartition du nombre de ménages équipés de moustiquaires de fenêtres
Louga
Moustiquaires
Linguère
effectif
pourcentage
Moustiquaire
au niveau des
au niveau des
fenêtres
fenêtres
A toutes les
3
2%
fenêtres
Sur quelques
34
22,70%
0
0%
Sur quelques
5
5%
95
95%
100
100%
fenêtres
113
75,30%
moustiquaire
Total
pourcentage
fenêtres
fenêtres
Aucune
A toutes les
effectif
Aucune
moustiquaire
150
100%
Total
Source : Enquête de l’auteur, 2015
Autrement dit, pour pouvoir continuer d'aérer la nuit lorsque les heures les plus chaudes sont
passées, ouvrir les fenêtres reste la meilleure solution. Malheureusement, ceci n'est pas
toujours possible, en raison de la présence de moustiques. Sur ce, le constat est qu’au niveau de
Louga 75,5% des ménages, il n’y a pas de moustiquaires au niveau des fenêtres. Néanmoins,
au niveau de certains ménages, les résidents se sont employés de monter des moustiquaires sur
quelques fenêtres (22,70%). Enfin, il n’y a qu’une infime partie des enquêtés (2%) qui ont
montés des moustiquaires au niveau de toutes leurs fenêtres. Ce qui traduit un impact sur l’état
de santé de la population du aux conditions environnementales. En effet, ces dernières sont
propices à la pénétration des moustiques surtout en période de forte chaleur favorisant des
maladies comme le paludisme. Les résultats montrent également les heures auxquelles les
individus sont affectés lors de la vague de chaleur. Il s’agit en effet un des facteurs climatiques
auquel la population est souvent confrontés.
111
II.2 Facteurs socio-économiques
II.2.1 Facteurs individuels
-
Age et sexe
Les enfants de moins de 10 ans, les adultes et les personnes âgées sont des individus
vulnérables lors de la vague de chaleur. La morbidité due à la vague de chaleur touche
différemment les hommes et les femmes selon les études. En 1976, Hémon et Jougla décrivent
également une surmortalité à prédominance féminine chez les personnes âgées de plus de 75
ans. Ainsi notre étude montre que les femmes sont plus affectées à un âge avancé, atteintes de
maladies cardiovasculaires, diabète et surtout si elles sont enceintes. Le sexe masculin est
surtout affectée s’il s’agit des enfants , adolescents et des adultes du fait qu’ils sont souvent
exposés à la chaleur. Ils sont davantage affectés par le paludisme, l’épistaxis etc. En effet les
jeux de loisirs ont tendance à exposer les enfants sous le soleil.
-
Etat de santé
Les résultats de notre enquête montre que les personnes souffrant de maladies
cardiovasculaires, les infections respiratoire, l’asthme, l’épilepsie sont de sujets vulnérables.
Près de la moitié des personnes affectées lors de la canicule ont un état de santé fragile. Elles
sont souvent porteuses de maladies cardiovasculaires (hypertension, cardiopathie), d’infection
respiratoire, de diabète, de crise d’épilepsie, d’asthme. Les femmes enceintes sont aussi des
sujets vulnérables pendant la forte chaleur.
Les facteurs de risque liés à la mortalité lors de la canicule peuvent être les antécédents des
maladies cardiovasculaires, des maladies rénales, du cancer, du paludisme. L’obésité est
également un facteur de risque. En effet, les personnes présentant un surplus de poids ont du mal
à s’adapter dans un environnement chaud.
L’hypertension artérielle, ou hypertension est le premier facteur de risque d’AVC et un facteur
de risque important des cardiopathies. Même si l’âge et le sexe d’une personne expliquent en
partie certains cas d’hypertension, d’autres facteurs, comme un mode de vie peu sain,
l’inactivité physique et la consommation de tabac, peuvent accroître le risque d’hypertension
artérielle.
112
II.2.2 Catégorie socio-professionnelle
-Niveau de vie
Pourcentage
Figure22 : Proportion des ménages ayant les plus faibles revenus à Louga
80
70
60
50
40
30
20
10
Moins de 50000
50000-100000
0
Localités ciblées
Source : Enquête de l’auteur, 2015
Figure23: Proportion des ménages ayant les plus faibles revenus à Linguère
80
70
Pourcentage
60
50
40
30
Moins de 50000
20
50000-100000
10
0
Abattoire
Guennene
Linguère
Diombor
Thiélly
Localités ciblées
Source : Enquête de l’auteur, 2015
La répartition spatiale des revenus montre qu’à Louga le quartier de Keur Serigne Louga Sud et
le village de Nième ont des revenus mensuels faibles. Parallèlement à Linguère, les ménages
ayant un revenu faible de moins 50000 se trouvent dans le quartier de Abattoire (33%) et dans
113
le village de Guénnene (67%) où la majorité des ménages ne dispose pas de climatisation. Le
niveau de vie semble plus élevé dans les quartiers d’Hlm Bagdad et Montagne (Louga) et le
quartier de Thiélly (Linguère).
L’étude montre que les personnes les plus diminues sont les sujets les plus à risque pendant une
forte canicule. Selon le GIEC (2014), pendant toute la durée du XXIe siècle, le changement
climatique devrait provoquer une détérioration de l’état de santé dans de nombreuses régions, et
en particulier dans les pays en développement à faible revenu, comparativement à une
situation de référence sans changement climatique28. L’impact se fait plus lourdement sentir
sur les pays pauvres et les populations démunies (Banque Mondiale, 2000).
Outre, notre enquête révèle qu’à Louga 64% ne dispose pas les moyens pour se faire soigner.
Cependant il existe une corrélation entre les ménages les plus diminues et le risque sanitaire
durant une forte canicule. En effet une infime partie de la population dispose de moyens pour
se protéger contre la chaleur. Les déficits sont souvent liés à l’absence de climatisation, même
s’il dispose de ventilation, toute la famille n’a p as accès aux ventilateurs (par exemple 2
ventilateurs en moyenne par ménage soit 24% à Louga).
-Activité professionnelle
Les travailleurs exposés à la chaleur à l’extérieur sont également à risque. En plus des effets
directs de la chaleur, la déshydratation et la fatigue liée à la chaleur peuvent conduire à la mort.
En effet les populations les plus vulnérables selon leur activité sont les agriculteurs, les éleveurs
exposés à la chaleur en permanence. D’ici 2100, selon le scénario à émissions élevées RCP 8,5,
la combinaison de conditions de température et d’humidité élevées dans certaines régions au
cours de certaines parties de l’année devraient entraver les activités humaines normales,
notamment l’agriculture ou le travail à l’extérieur (GIEC, 2014). En effet, les éleveurs
pratiquent la transhumance, ils sont souvent accompagnés de leur troupeau à la recherche de
bétail. Ils sont souvent affectés par la déshydratation du fait qu’ils n’amènent pas assez d’eau
pour boire. L'élevage transhumant qui est le déplacement alternatif et saisonnier des animaux
est un système de production animale adapté au contexte sahélien semi-aride.
GIEC, 2014: Changements climatiques 2014: Incidences, adaptation et vulnérabilité, Résumé à l’intention des
décideurs. Contribution du Groupe de travail II au cinquième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts
Intergouvernemental sur l’évolution du climat
28
114
Il faut noter cependant que le développement économique et social de la région de Louga
repose essentiellement sur la pratique d’activités du secteur primaire, en particulier
l’agropastoralisme. C’est une zone à vocation essentiellement agropastorale. En effet,
l’économie régionale dépend essentiellement de l’agriculture et de l’élevage.
-Niveau de conscience sur le changement climatique
Les résultats montrent que la majorité des personnes enquêtées sont conscients des effets du
changement climatique. Elles n’ignorent pas les risques liés la canicule seulement les capacités
d’adaptation sont faibles. Cependant, 47% de nos enquêtés ne sont pas conscients du
changement climatique. Alors que le changement climatique est l’un des problèmes les plus
importants de notre époque, car il accroît considérablement les pressions pesant sur la société et
l’environnement (PNUE). Certaines personnes principalement les analphabètes considèrent le
changement climatique comme un phénomène naturel, une volonté divine. De ce fait,
l’ignorance des dangers liés à l’augmentation des températures devient ainsi un risque pour la
population.
II.3 Facteurs comportementaux
Les comportements tels la proximité d’une source de chaleur peuvent être un facteur de risque
des affections liées à la chaleur surtout chez les femmes qui ont l’habitude de cuisiner dans des
espaces chauds, mal aérés. A Linguère près de 89% des femmes utilisent le bois de chauffe
pour faire la cuisine. La fumée domestique associée à l’exposition de la chaleur représente un
grave risque sanitaire chez les femmes.
Figure 24: Utilisation des combustibles selon les ménages
50,7%
65,1%
43,1%
28,3%
6,3%
6,6%
Personnes Personnes
affectées
non
affectées
Gaz
Charbon
Bois
Ce figure présente le type de combustible utilisé au niveau du ménage en lien l’effectif des
personnes affectées ou non par la canicule. Les résultats ont montré parmi les personnes
115
affectées lors de canicule 50,7% utilisent le gaz pour la cuisine. Bien que l’utilisation du gaz au
niveau du ménage est élevée (65,1% pour les personnes non affectées), l’utilisation du bois de
chauffe reste également importante pour les personnes qui ont été affectées par la canicule.
Nous constatons ainsi qu’une part importante de ces personnes utilise le bois de chauffe avec 93
cas soit un taux de 43,1% par rapport aux personnes non affectées dont seul 28,3% utilisent le
bois de chauffe Ce qui révèle que la plupart des personnes affectées utilisent le bois de chauffe.
L’étude a montré qu’à Linguère, 89% des femmes utilisent le bois de chauffe entrainant souvent
des problèmes sanitaires auxquels sont confrontées ces femmes. Il s’agit en général les habitants
des quartiers défavorisés et les ruraux. Toutefois l’utilisation du charbon est un peu faible car il
constitue une alternative en cas de manque de gaz.
Par ailleurs, les facteurs comportementaux comme les efforts physiques constituent un risque
pour la santé en cas de fortes chaleur. Les sports et les loisirs ont tendance à exposer les enfants
sous le soleil. Cependant, quand la température et l’humidité sont plus élevées au cours des
périodes de fortes chaleurs, les enfants risquent de développer des maladies liées à la chaleur.
En effet les enfants sont moins capables que les adultes de s’adapter à la chaleur et à l’humidité
et courent un risque plus élevé de développer des maladies liées à la chaleur. Ce risque
augmente quand les enfants font de l’activité physique intense pendant une période de temps
prolongée par temps chaud et humide.
Au terme de notre analyse les caractéristiques individuelles ou collectives qui peuvent
influencer sur la santé des populations montre que la combinaison de certains facteurs
(environnementaux, socio-économiques, comportementaux) est source de vulnérabilité à
l’extrême chaleur. Ainsi, les facteurs favorisant le risque sanitaire lié à la vague de chaleur sont
présentés dans le Tableau ci-dessous. Les résultats de notre enquête révèlent que la majorité des
personnes affectées logent dans des maisons basses à construction dure ou semi dure (66% des
personnes affectées dans l’ensemble des deux départements). Par ailleurs, des logements mal
ventilés ou non climatisés présentent également un risque grave pour ces populations. Nous
notons que la plupart des ménages dispose au moins un ventilateur (parmi les 144 personnes
affectées seules 85 personnes disposent au moins d’un ventilateur soit un taux de 59%).
Cependant l’équipement en ventilateur est insuffisant car la majorité ne dispose qu’un seul ou
deux ventilateur ; d’où un accès limité à la ventilation. En outre, le fait d’appartenir à une
catégorie sociale défavorisée augmente la sensibilité de certaines populations. En effet, une
proportion importante des personnes affectées ont un revenu faible (31% ont un revenu de
moins de 100000 et 50,7% ont un revenu compris entre 100000 et 150000). Sachant que seul le
116
niveau de revenu ne permet pas d’identifier le facteur de risque lié à la canicule, nous
constatons également que la morbidité liée à la vague de chaleur touche fortement les femmes
du fait de certains comportements comme l’utilisation du bois de chauffe pour faire la cuisine
surtout dans des endroits mal aérés ou ensoleillés. D’après les résultats, la proportion des
personnes affectées lors de la canicule est plus élevée dans les ménages utilisant le bois de
chauffe (51% des ménages utilisent le bois de chauffe et 26,3% utilisent le charbon). Ainsi, les
personnes utilisant le bois de chauffe sont des sujets à risque. D’après notre analyse, le risque
provient de la combinaison de plusieurs facteurs qui déterminent la vulnérabilité des
populations. Ainsi, les conditions de vie quotidienne (accès à l’eau, revenu, habitat,
climatisation, exposition à la chaleur) ainsi que l’âge, l’état de santé fragile rendent la
population vulnérable face à l’extrême chaleur.
117
Tableau24 : Caractéristiques des personnes affectées par la vague de chaleur
Facteurs de risque
Environnement
Indicateurs
habitat
Caractéristiques des ménages
Maison basse
Maison à
-
étage
Effectif
95
49
-
Climatisation /ventilation
climatisation
ventilation
Sans climatisation/
ventilation
socioéconomique
Comportement
effectif
2
85
57
revenu
Moins de
100000 à
Plus de 1500000
100000
150000
Effectif
45
73
26
Utilisation des combustibles
Bois de
charbon
gaz
38
32
(Exposition à la
chaleur)
chauffe
effectif
74
Source : Enquête de l’auteur, 2015
118
TROISIEME PARTIE
Contribution à la mise en œuvre d’un système d’alerte précoce
aux canicules par l’analyse des capacités d’adaptation et de
résilience des communautés de base
119
L’identification des facteurs de risque sociaux et environnementaux à la suite de la canicule de
2013 devrait aboutir à la mise en place des mesures de prévention et des stratégies d’adaptation.
Ainsi, l’adaptation au changement climatique désigne les stratégies, initiatives et mesures
individuelles et collectives visant à réduire la vulnérabilité des populations contre les effets
sanitaires liés aux vagues de chaleur. C’est dans ce cadre que le programme ACASIS met en
œuvre son principal objectif qui est de « mettre en place un système d’alerte aux vagues de
chaleur au Sahel adapté aux risques sanitaires des populations»29. Un système d'alerte est conçu
pour alerter la population d'un événement climatique extrême (vague de chaleur) à partir d'un
seuil de température bien défini. Cependant le seuil n’est pas clairement défini au Sénégal, en
plus la population n’est pas préparée à ces genres d’évènement.
Les études ont également montré que si les mesures à prendre pour limiter les impacts de la
chaleur étaient faciles à mettre en œuvre, elles étaient peu connues et difficile à organiser
pendant une crise. De ce fait, le ministère chargé de la santé n’a développé aucune stratégie afin
de mieux répondre aux vagues de chaleur. Les impacts du changement climatique comme les
vagues de chaleur sont ressentis par la population, ainsi de nouvelles pratiques seront
nécessaires pour réduire les risques sanitaires liés à la canicule. Les habitants des départements
de Louga et de Linguère adopté d’autres comportements pour faire face à la forte chaleur. Ils
étaient obligés de se laver à plusieurs reprises pendants la journée, utiliser des serviettes
mouillées pour se rafraîchir surtout chez les enfants du fait de leur vulnérabilité, dormir à la
belle étoile lors de la canicule.
Durant les fortes chaleurs, des recommandations n’ont pas été faits par les services sanitaires
et les services météorologiques afin de sensibiliser la population. Alors le système n’est pas
bien préparé pour alerter et prévenir les risques liés à la canicule. Par contre en France le seuil
correspond généralement au percentile 99,5% sur une période de 3 jours. Il est encore temps de
prévenir leurs impacts et de renforcer la résilience des populations à ces événements. Le
secteur de la santé peut mettre en œuvre comme stratégie d’adaptation des plans de veille
sanitaire pour les vagues de chaleur, des services médicaux d’urgence, la surveillance et
contrôle accrus des maladies sensibles au climat pour faire face aux risques sanitaires liés à la
chaleur.
Le système d’alerte aux canicules interpelle alors le rôle déterminant des professionnels de
santé et des météorologistes face aux impacts sanitaires liés à la canicule. Il devrait être fondé
sur la surveillance d’indicateurs biométéorologiques et parallèlement sur la surveillance
29
Programme « Sociétés, changements climatiques et environnementaux » - Édition 2013, ANR-13-SENV-0007
120
d’indicateurs sanitaires (fréquentation des services d’urgence pour toute cause et pour des
pathologies en lien avec la chaleur, les décès enregistré au niveau des services d’état civil) qui
permettront d’apprécier l’incidence d’un tel évènement sur la santé. De ce fait, les services
concernés tels la santé, la météorologie et la communication pourront ajuster les mesures de
gestion et de prévention. La coopération entre les services climatologiques et ceux de la santé
peut déclencher des mesures pour mieux protéger les populations en période d’événement
climatique extrême. Le service météorologique devrait se charger de la surveillance des
prévisions de températures et de seuil d’alerte et les services sanitaires doivent mettre à leur
niveau un dispositif visant prévenir et à réduire les risques sanitaires. Si les prévisions
météorologiques indiquent un risque suffisamment élevé d’atteindre ou de dépasser le seuil
d’alerte sur une période minimale de trois jours, l’Anacim recommande le déclanchement de
l’alerte. Ainsi, des actions préventives devraient être en place si le déclanchement de l’alerte
concerne une prévision de vague de chaleur. Il s’agit alors de mettre en œuvre à l’échelle
locale et nationale les mesures sanitaires et sociales appropriées lors d’une vague de chaleur :
information des mesures de prévention, soutien aux personnes à risques identifiées,
renforcement des systèmes de soins.
Ainsi la collaboration entre ces deux acteurs ainsi que l’intervention les autorités municipales
participent à la sensibilisation des populations à travers les médias (télévision, internet, radio
communautaire). Concernant la communication, il serait intéressant de disposer d’une
plateforme présentant des recommandations afin de prévenir et de réduire les risques liés à la
forte chaleur puisque rien n’est encore fait concernant les impacts des vagues de chaleur sur la
santé. Ainsi, la décision d’alerte aux canicules devrait tenir en compte les indicateurs tels
l’intensité de la chaleur (températures maximales et températures minimales), humidité
importante de l’air et le vent chaud. L’identification des personnes les plus vulnérables avant
la vague de chaleur serait importante pour réduire les risques et surveiller l’état de santé lors
des visites.
121
Figure25 : Schéma de système d’alerte
Surveillance des
Service météorologique
prévisions de
températures et de
seuil d’alerte
Services sanitaires
Populations
Mise en place
du dispositif
Changement de
comportements
Source : Auteur, 2015
122
CONCLUSION
Les effets sanitaires liés à des températures élevées ainsi que des facteurs de risque sont
identifiés à travers cette étude et ils sont moins étudiés en Afrique principalement la zone
sahélienne. En effet, les populations sensibles notamment les personnes âgées, les enfants, les
personnes de santé fragile courent un risque d’être affectées par l’extrême chaleur. Le milieu
urbain est plus affecté que le milieu rural du fait des facteurs environnementaux, sociaux et
comportementaux. Ainsi, la concentration des bâtiments et de l’absence de la végétation sont en
effet des facteurs de risque liés la forte chaleur qui sévit en milieu urbain. Les agriculteurs et les
éleveurs sont vulnérables en raison de leur condition de travail en milieu rural. Il est à noter que
la pauvreté est un indicateur de santé important car les personnes à risques sont marquées par un
manque de moyens (revenu, climatisation), des logements mal aérés. Par ailleurs, le cadre de vie
et certains comportements de la population déterminent leur état de santé. En outre, le système
sanitaire n’est pas préparé face aux impacts de la canicule en matière de prévention et de
sensibilisation.
123
CONCLUSION GENERALE
À l’origine, la géographie de la santé s’est développée dans deux directions. D’une part la
géographie des maladies qui étudie les inégalités géographiques de répartition, d’incidence et
de prévalence des maladies ainsi que les facteurs de risque associés. Cette branche est très
proche par ses méthodes de l’épidémiologie et s’est longtemps attachée à l’étude de la mortalité
en raison des données disponibles avec les registres d’état-civil. D’autre part, la géographie des
soins médicaux qui est l’étude de la répartition dans l’espace des équipements et personnels
médicaux, des inégalités spatiales d’accès aux soins et de consommation médicale. La synthèse
de ces deux courants forme la géographie de la santé, qui cherche les spécificités de l’espace en
rapprochant les indicateurs de santé, l’utilisation et la disponibilité des soins, le contexte social
et économique, l’environnement physique et climatique afin de caractériser ou de comparer des
espaces ou zones géographique.
Toutefois, dans un contexte de changement climatique marqué parfois par des élévations de
températures d’ampleur exceptionnelle comme les vagues de chaleurs, les pistes de recherche
s’intensifient encore pour cette discipline. Cependant, si de tels évènements climatiques
surgissent dans des zones sahéliennes comme le Sénégal en particulier la région de Louga, des
études dans ce sens peuvent aider à mieux comprendre les effets sanitaires de tels évènements
sur la population ainsi que leur répartition spatiale.
C’est dans ce contexte que ce travail a été mené dans le projet ACASIS au niveau des
départements de Linguère et Louga en vue de mieux cerner les effets de la température
enregistrée au cours de la vague de chaleur de 2013 sur la morbidité et la mortalité associées à
des facteurs de risques socio-économiques, environnementaux et comportementaux.
Par conséquent, à Linguère comme à Louga les résultats ont montré des similitudes en ce qui
concernent l’âge, le sexe, les types d’affection et le niveau de vie des ménages. Autrement
dit, les effets sanitaires de la vague de chaleur de Mai 2013 ont entrainé chez les personnes
du troisième âge qui au cours de cette période éprouvent énormément des difficultés pour
s’adapter. Les enfants et les adultes ne sont pas épargnés du fait de leur exposition liée aux
loisirs et des conditions du travail. Les personnes fragiles c’est à dire les malades et les
femmes enceintes sont une couche vulnérable durant une forte canicule. D’après notre étude,
l’hyperthermie, la céphalée, la déshydratation, le vertige, l’insomnie, l’épistaxis, l’asthénie
physique et le stress physique sont des affections directement liées à chaleur. En outre,
124
l’impact de la chaleur contribue à déclencher ou aggraver d’autres pathologies comme les
maladies cardiovasculaires, les infections respiratoires.
Par ailleurs, l’environnement, les conditions socio -économiques, le comportement de la
population sont des facteurs pouvant moduler l’impact de la chaleur. Les sujets les fait certains
sont plus à risque pendant une chaleur. En effet, le déficit ou l’absence de climatisation
accentue la chaleur ressentie ainsi que la forte humidité de l’air. Ainsi, l’aération des chambres
sans protection favorise la pénétration des moustiques et devient ainsi un risque de contracter
le paludisme. Les activités telles l’agriculture, l’élevage et les travaux publics exposent
davantage la population à des risques liés à la chaleur.
L’analyse de la morbidité et de la mortalité montre que le milieu urbain est plus affecté que le
milieu rural. Néanmoins les ruraux ne sont pas épargnés des incidences sanitaires dues à la
chaleur. Ce qui explique qu’une part importante de la population est concernée d’où l’intérêt de
mettre en place un système d’alerte pour lutter contre la canicule et de ses impacts sur la santé.
La préparation aux événements caniculaires est donc d’une grande importance surtout dans les
pays à faible revenu. A cet effet, une collaboration devrait être mise en œuvre entre la santé et la
météo. Les mesures de réduction des gaz à effet de serre sont déterminantes pour limiter le
réchauffement du climat à un intervalle de température permettant aux populations de s’adapter.
Si l’augmentation des températures est trop importante, les efforts d’adaptation ne permettront
pas de faire face aux effets délétères du climat surtout dans les villes. La connaissance des
facteurs de risque chez les personnes âgées ainsi que les enfants devrait être une étude
approfondie afin de limiter les effets sanitaires liés à la canicule.
125
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128
TABLE DES MATIERES
I. INTRODUCTION GENERALE …………………………………………………………………….12
II. PROBLEMATIQUE DE RECHERCHE……………………………………………………….18
II.1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION……………………………………………………………………19
II.2. OBJECTIFS DE L’ETUDE……………………………………………………………………………….22
II.2.1 OBJECTIF GENERAL…………………………………………………………………………….22
II.2.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES………………………………………………………………………..22
II.3 QUESTIONS DE RECHERCHE……………………………………………………………………………..22
II.4 HYPOTHESES……………………………………………………………………………………………….22
II.5 ANALYSE CONCEPTUELLE………………………………………………………………………………23
III. METHODOLOGIE DE RECHERCHE……………………………………………………………26
III.1 LA REVUE DOCUMENTAIRE……………………………………………………………………………26
III.1.1 DOCUMENTS SCIENTIFIQUES…………………………………………………………………26
III.1.1.1 TRAVAUX DES GEOGRAPHES DE LA SANTE……………………………………..26
III.1.1.2 TRAVAUX DES EPIDEMIOLOGISTES……………………………………………….30
III.1.2 DOCUMENTS INSTITUTIONNELS…………………………………………………………….32
III.2 LA COLLECTE DE DONNEES SUR LE TERRAIN……………………………………………………….34
III.2.1 L’EXPLOITATION DES REGISTRES DE CONSULTATION………………………………….34
III.2.2 COLLECTE DE DONNEES CLIMATIQUES……………………………………………34
III.2.3 L’ENQUETE SOCIO-SANITAIRE……………………………………………………………….35
METHODE D’ECHANTILLONNAGE……………………………………………………………………35
III.2.4 LES DONNEES CARTOGRAPHIQUES…………………………………………………………..36
129
III.2.5 LES ENTRETIENS……………………………………………………………………………………...36
III.3 LE TRAITEMENT DE DONNEES………………………………………………………………………….36
III.4 LES DIFFICULTES RENCONTREES…………………………………………………………………..36
Conclusion………………………………………………………………………………….37
PREMIERE PARTIE : GEOGRAPHIE DES DEPARTEMENT DE LOUGA
ET DE LINGUERE ET EVOLUTION DES TEMPERATURES…….......................38
CHAPITRE I: GEOGRAPHIE DES DEPARTEMENT DE LOUGA
ET DE LINGUERE…………………………………………………………………………….39
I.ORGANISATION TERRITORIALE……………………………………………………………………….39
II. ASPECTS HUMAINS……………………………………………………………………………………………..40
II.1- SITUATION SOCIO-DEMOGRAPHIQUE………………………………………………….40
II.2 –SITUATION SOCIO-ECONOMIQUE……………………………………………………....40
II.3 – SITUATION SANITAIRE…………………………………………………………………..41
III.ASPECTS PHYSIQES……………………………………………………………………………………41
III.1 –TEMPERATURES………………………………………………………………………….42
III.2 –VENTS………………………………………………………………………………………42
III.3– HUMIDITE…………………………………………………………………………………..43
III.4- INSOLATION………………………………………………………………………………..44
CHAPITRE II : EVOLUTION DES TEMPERATURES A LOUGA
ET A LINGUERE……………………………………………………………………….45
I. É VOLUTION INTERANNUELLE ET MENSUELLES DES TEMPERATURES MOYENNES
A LOUGA ET A LINGUERE…………………………………………………………………………………………47
130
I.1 EVOLUTION INTERANNUELLE DES TEMPERATURES MOYENNES………………………………..47
I.2 VARIABILITE DES TEMPERATURES MENSUELLES PAR RAPPORT
LA SERIE 1985-2014………………………………………………………………….48
I.3 EVOLUTION MENSUELLE DES TEMPERATURES MOYENNES 2013/2014
A LOUGA ET LINGUERE…………………………………………………………………………………..49
II. PARTICULARITE DES TEMPERATURES MAXIMALES ET MINIMALES
DE L’ANNEE 2013 PAR RAPPORT AUX ANNEES 2012 ET 2014 ………………………..51
II.1 EVOLUTION DES TEMPERATURE MAXIMALES ET MINIMALES
DES ANNEES 2012, 2013 et 2014 A LINGUERE………………………………………….. 51
II.2 EVOLUTION DES TEMPERATURE MAXIMALES ET MINIMALES
DES ANNEES 2012, 2013 et 2014 A LOUGA………………………………………………53
III.EVOLUTION DES TEMPERATURES JOURNALIERES
DU MOIS DE MAI 2013………………………………………………………..55
III.1.ANALYSE DES MAXIMAS ABSOLUS ET DES MINIMAS ABSOLUS
DE LA PERIODE DU 20 AU 27 MAI2013……………………………………………………55
III.2. ANALYSE DES TEMPERATURES
JOURNALIERES PAR TRI HORAIRE…..........................................56
CONCLUSION PARTIELLE………………………………………………………………………………………59
DEUXIEME PARTIE : CONSEQUENCES SANITAIRES LIEES
A LA VAGUE DE CHALEUR………………………………………………………61
CHAPITRE I: ANALYSE
DE LA MORBIDITE DIAGNOSTIQUEE ET DE LA MORTALITE
EN RELATION AVEC LA VARIABILITE CLIMATIQUE ………………………………………..61
I. MORBIDITE DIAGNOSTIQUEE DANS LES STRUTURES DE SANTE………….61
I.1 EVOLUTION TEMPORELLE DE LA MORBIDITE DIAGNOSTIQUEE
DANS LES DISTRICTS SANITAIRES DE LOUGA ET DE LINGUERE ……....61
I.1.1 EVOLUTION DE LA MORBIDITE DIAGNOSTIQUEE 2013 ET 2014………..61
I.1.2 EVOLUTION TRIMESTRIELLE DE LA MORBIDITE
PROPORTIONNELLE………………………………………………………………….63
I.1.3 EVOLUTION MENSUELLE DE LA MORBODITE…………………………….65
I.1.4 EVOLUTION JOURNALIERE DE LA MORBIDITE…………………………...73
131
I.2 REPARTITION DES AFFECTIONS……………………………………………………………………………….74
1.3 REPARTITION SELON L’AGE ET LE SEXE DES PATIENTS A LOUGA……………………………..79
I.4 REPARTITION SELON L’AGE ET LE SEXE DES PATIENTS A LINGUERE……………………………81
1.5 REPARTITION SPATIALE DES CONSULTANTS………………………………………………………….83
II.EVOLUTION DE LA MORTALITE DANS LES STRUCTURES DE SOINS……….86
II.1 EVOLUTION TRIMESTRIELLE DE LA MORTALITE DANS LE CENTRE
DE SANTE DE LINGUERE…………………………………………………………………………………………..86
II.2 EVOLUTION MENSUELLE DE LA MORTALITE…………………………………………………………….87
CHAPITRE II : MORBIDITE RESSENTIE ASSOCIEE A LA
HAUSSE DES TEMPERATURES………………………………………………………….89
I. MORBIDITE ET MORTALITE EN LIEN AVEC LA CANICULE…………………………………………………….90
I.1 MORBIDITE RESSENTIE……………………………………………………………………………………………90
I.1.1 REPARTITION SPATIALE…………………………………………………………………………………..90
I.1.2 REPARTITION DE LA MORBIDITE RESSENTIE…………………………………………………………93
I.1.2 REPARTITION DES AFFECTIONS SELON L’AGE……………………………………………………….99
I.1.3 REPARTITION DES AFFECTIONS SELON LE SEXE……………………………………………………100
I.2 MORTALITE………………………………………………………………………………………………………..102
I.2.1 DISTRIBUTION SPATIALE DES DECES…………………………………………………………………102
I.2.2 REPARTITION DES DECES SELON L’AGE……………………………………………………………..103
I.2.3 REPARTITION DES DECES SELON LE SEXE…………………………………………………………….104
II. ETUDE DES FACTEURS ASSOCIES A L IMPACT DE LA CHALEUR………………………………………….105
II.1 FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX………………………………………………………………………….105
II.2 FACTEURS
SOCIO-ECONOMIQUES………………………………………………………………………….110
II.2.1 FACTEURS INDIVIDUELS………………………………………………………………………….
110
132
II.2.2 CATEGORIE SOCIO-PROFESSIONNELLE……………………………………………………111
II.3 FACTEURS COMPORTEMENTAUX…………………………………………………………………..113
TROISIEME PARTIE : CONTRIBUTION A LA MISE EN ŒUVRE D’UN SYSTEME
D’ALERTE PRECOCE AUX CANICULES PAR L’ANALYSE DES CAPACITES
D’ADAPTATION ET DE RESILIENCE DES COMMUNAUTES DE BASE.................................117
CONCLUSION ………………………………………………………………………………………………..121
CONCLUSION GENERALE…………………………………………………….122
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………………12
133
134
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