64SG/13/GT4
Original : anglais
juin 1995
RAPPORT DE LA RÉUNION DU GROUPE DE TRAVAIL DE L'OIE
SUR LES MALADIES DES ANIMAUX SAUVAGES
Paris, 13 - 15 juin 1995
_____
La troisième réunion du Groupe s'est tenue du 13 au 15 juin 1995, au siège de l'OIE. Le Docteur J. Blancou,
Directeur général de l'OIE, a ouvert la séance en accueillant les participants (dont la liste figure dans l'Annexe I).
Les Docteurs P. Chardonnet et T. Mörner qui ne pouvaient être présents ont adressé leurs excuses. Le
Docteur M.H. Woodford a été élu président de séance et les Docteurs M. Artois and R. Bengis ont été nommés
rapporteurs. Les participants ont approuvé l'ordre du jour (Annexe II). L'objectif essentiel du Groupe de travail lors
de cette réunion était de recenser les résultats et les progrès enregistrés au cours de l'année écoulée en matière de
centralisation et de diffusion des informations sur les maladies qui touchent les animaux sauvages et s'avèrent
préoccupantes pour des Pays Membres.
1. Bilan épidémiologique de certaines maladies des animaux sauvages en 1994-1995
LISTE A
Peste bovine chez le buffle d'Afrique et d'autres animaux sauvages
Un foyer de peste bovine a été déclaré dans le Parc National de Tsavo Ouest (Kenya). La maladie a surtout
atteint les buffles (Syncerus caffer) et s'est propagée à la plupart des troupeaux du Parc. Une mortalité
importante a été enregistrée chez ces animaux et la maladie a également fait quelques victimes parmi les élands
(Taurotragus oryx) et peut-être aussi chez les bubales (Alcelaphus buselaphus). La source infectieuse reste
inconnue mais les transferts illégaux de bovins ont été évoqués. Avant cet épisode, le plus proche foyer
endémique connu de peste bovine se situait apparemment à Karamoja, en Ouganda, c'est-à-dire à environ 700
kilomètres de là.
Des cas mortels observés simultanément chez l'impala (Aepyceros melampus) ont été attribués à la fièvre
charbonneuse mais la mortalité massive remarquée chez les zèbres (Equus burchelli) pendant la même période
dans cette région n'a pu être expliquée.
Vers le milieu de 1994, des cas mortels liés à une kératite ont également été rapportés chez le petit koudou
(Tragelaphus imberbis), le long du fleuve Tiva, dans le Parc National de Tsavo Est (Kenya) et aux alentours
de celui-ci. Des colorations immunohistochimiques de tissu fixé, effectuées par l'École vétérinaire de Hanovre,
ont permis de confirmer a posteriori que la peste bovine était à l'origine de cet épisode. D'autres cas de kératite
ont été signalés simultanément chez des petits koudous dans le nord de la Tanzanie mais la peste bovine n'a
pas encore été confirmée.
2 Maladies des animaux sauvages/juin 1995
Peste bovine en Irak
Cette maladie a été rapportée au début de 1995 chez des sangliers (Sus scrofa), dans les zones marécageuses du
sud de l'Irak.
Peste des petits ruminants au Pakistan
Des cas cliniques de peste des petits ruminants ont été rapportés récemment chez des caprins domestiques dans le
nord du Pakistan. L'agent pathogène identifié était le virus de la peste des petits ruminants. Si cet agent dangereux
pour les caprins atteint les hauts pâturages de l'Himalaya, il pourrait en résulter des conséquences graves pour le
bouquetin (Capra ibex), le markhor (Capra falconeri), le mouflon de Marco Polo (Ovis poli) et le bharal
(Pseudois nayaur).
Peste porcine classique
Au moins un foyer de peste porcine classique est encore actif à la frontière entre la France et l'Allemagne dans les
populations de sangliers sauvages, mais il reste circonscrit.
Maladie de Newcastle
En 1994-1995, une pandémie importante a atteint les volailles domestiques dans toute l'Afrique australe. La
souche vélogène en cause était principalement pneumotrope chez les volailles domestiques mais neurotrope chez
les autruches et les oiseaux exotiques de collection. Des cas mortels ont été rapportés chez des autruches en
Afrique du Sud et au Zimbabwe.
Peste aviaire chez les ratites
En 1993, les sous-types H5N2 et H7N1 du virus de l'influenza aviaire ont été isolés chez des émeus (Dromanius
novaehollandiae) et des nandous (Rhea americana) au Texas et en Caroline du Nord (États-Unis d'Amérique).
Ces souches étaient pathogènes pour les poulets et les dindons. Une surveillance immunologique a été effectuée et
les tests sérologiques ont confirmé l'infection chez des ratites dans 13 États. Les sous-types H4N6 et H10N4 ont
été isolés par la suite chez ces animaux. Ces données sont rapportées dans les comptes rendus de 1994 de
l'Association américaine de santé animale (Proceedings of the United States Animal Health Association).
LISTE B
Tuberculose bovine
z Tuberculose bovine chez le buffle d'Afrique
Sur 40 buffles examinés dans le sud du Parc National Kruger en Afrique du Sud, 67,5% présentaient des
signes macroscopiques ou histologiques de mycobactériose.
Dans le complexe de réserves d'animaux du centre du Natal, en Afrique du Sud, 73 buffles appartenant à
10 troupeaux ont été examinés. Trois troupeaux se trouvant dans le Sud-Ouest de la réserve d'Umfolosi étaient
infectés par la tuberculose bovine, avec une prévalence de 50 % dans l'un d'eux.
z Tuberculose bovine observée chez d'autres ongulés sauvages
La tuberculose bovine a été confirmée chez un cerf mulet sauvage (Odocoileus hemionus) dans le Comté de
Big Horn, Montana (États-Unis d'Amérique). L'animal a été trouvé en automne/hiver 1993/94 lors d'une
enquête conduite aux alentours d'un élevage de gibier infecté par la tuberculose bovine, près de Hardin, dans le
Montana. L'enquête a été instaurée après qu'un wapiti infecté ait été trouvé en 1993 dans cet élevage. Des
efforts ont été déployés pour éliminer la maladie de l'exploitation par des contrôles et des procédures
d'élimination. Une surveillance complémentaire, mise en place dans la région, a permis de déceler un coyote
infecté (Canis latrans).
En novembre 1994, un cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) infecté par Mycobacterium bovis a été tué par
un chasseur dans le Comté d'Alpena, Michigan (États-Unis d'Amérique). La source de l'infection n'a pas été
déterminée et une surveillance a été instaurée chez les animaux sauvages et domestiques.
Maladies des animaux sauvages/juin 1995 3
Aux États-Unis d'Amérique, d'après les informations fournies par l'Unité des maladies des bovins du
Département vétérinaire rattaché au Service d'inspection zoo-sanitaire et phytosanitaire du Ministère de
l'Agriculture, 29 élevages de cervidés captifs ont été trouvés infectés par M. bovis dans 15 États, entre janvier
1991 et janvier 1995. La plupart des élevages ont été sacrifiés par leur propriétaire; quatre ont pu quitter la
station de quarantaine au terme des contrôles et six sont encore en période de quarantaine.
Des lésions évocatrices de la tuberculose ont été observées lors du contrôle de 345 sangliers en Ligurie (Italie).
La prévalence des lésions était de 15,5% ; le typage de Mycobacteria est en cours.
Conjonctivite liée à une infection par Mycoplasma gallisepticum observée chez le roselin du Mexique dans
l'Est des États-Unis d'Amérique
Les roselins du Mexique (Carpodacus mexicanus) ont été introduits de l'Ouest vers l'Est des États-Unis
d'Amérique. Leur nombre et leur étendue géographique se sont considérablement accrus par la suite.
Les premières observations d'un syndrome non encore décrit chez les roselins du Mexique ont été faites dans les
faubourgs de Washington D.C., en février 1994. Plusieurs cas de lésions, allant d'un léger gonflement palpébral
avec écoulement oculaire limpide à une tuméfaction sévère avec perte de la vision, ont été rapportés. Depuis lors,
des observations d'oiseaux atteints ont été reçues de tous les États côtiers compris entre le New Hampshire et la
Géorgie, ainsi que de Pennsylvanie et de Virginie Occidentale. Mycoplasma gallisepticum, bactérie isolée depuis
longtemps dans la sinusite infectieuse du dindon domestique et la maladie respiratoire chronique du poulet, a été
décelée par culture chez plusieurs oiseaux atteints. Ce micro-organisme n'avait précédemment jamais été associé à
une maladie chez les passereaux en liberté.
Depuis octobre 1994, les informations concernant la conjonctivite du roselin du Mexique ont été réunies, mises à
jour et diffusées. Une étude conduite sur le terrain dans le Maryland et en Géorgie, entre novembre 1994 et
mars 1995, pour rechercher Mycoplasma gallisepticum chez ces oiseaux a montré des signes macroscopiques de
conjonctivite. Le micro-organisme a été confirmé par culture ou amplification en chaîne par polymérase (PCR)
chez les oiseaux examinés dans ces deux États. Il a également été retrouvé dans certains cas en l'absence de
lésions.
Des roselins du Mexique sérologiquement/cliniquement normaux ont été soumis à l'administration expérimentale,
sous forme de goutte oculaire ou de pulvérisation, d'une souche de Mycoplasma gallisepticum provenant de
roselins du Mexique et qui, inoculée antérieurement chez des poulets et des dindons, avait donné lieu à des lésions
sévères des sacs aériens. Des lésions sont apparues chez tous les oiseaux soumis à l'inoculation sous forme de
goutte et chez la moitié du groupe soumis à la pulvérisation. La bactérie a été retrouvée dans les deux groupes 34
jours après l'inoculation. Les témoins n'ont pas présenté de lésions et la mise en culture, la PCR et les contrôles
sérologiques sont restés négatifs tout au long de l'étude.
Maladie hémorragique virale chez le lapin de garenne
La maladie hémorragique virale du lapin est apparue au Royaume-Uni en 1992. Elle est restée principalement
confinée au sud du pays chez le lapin domestique. En 1995, quelques cas observés chez des lapins de garenne
(Oryctolagus cuniculus) étaient liés à des foyers survenus dans les populations domestiques.
Transferts du virus de la rage imputables à des déplacements de canidés
Dans trois cas observés récemment, des souches non endémiques du virus de la rage ont été transférées à
l'occasion de déplacements d'animaux sauvages aux États-Unis d'Amérique. En décembre 1993, la souche canine
urbaine/coyote a été retrouvée chez un fox-hound non vacciné en Alabama; aux États-Unis d'Amérique, cette
souche est restée confinée au Texas. En 1994, la rage a été diagnostiquée chez cinq fox-hounds non vaccinés en
Floride. Il s'agissait également de la souche canine urbaine/coyote du Texas. La mise en évidence de cette souche
virale en Floride et dans l'Alabama est très grave puisque les circonstances tendent fortement à indiquer que le
virus a été transféré à l'occasion de déplacements de coyotes (Canis latrans) intervenus pour les besoins de la
chasse.
Le 4 janvier 1995, quatre renards argentés (Urocyon cinereoargenteus) ont été transférés par un négociant du
Texas vers un parc zoologique privé du Montana. Peu après son arrivée, l'un des renards a péri et la rage a été
diagnostiquée. Les trois autres ont été abattus et la présence du virus a également été confirmée dans un cas. Il
s'agissait d'une souche connue seulement chez les renards argentés dans quelques comtés du centre Ouest du
Texas. L'enquête conduite par la suite a révélé que le même négociant avait également expédié des renards
4 Maladies des animaux sauvages/juin 1995
argentés vers quatre autres États et deux pays européens. Il est apparu qu'un renard atteint avait été exporté au
Pays-Bas.
Maladies des animaux sauvages/juin 1995 5
Tuberculose aviaire et intoxication éventuelle par les algues chez le petit flamand au Kenya
Un foyer touchant les petits flamands (Phoeniconaias minor) a provoqué plus de 30 000 cas mortels en six mois.
La maladie a semblé se propager le long des lacs de la vallée du Rift et s'est concentrée sur les rives du lac
Bogoria, dans le centre du Kenya. Parallèlement, des efflorescences algales non saisonnières sont apparues dans
les lacs. Les grands flamands (Phoenicopterus ruber), qui ont des habitudes alimentaires légèrement différentes,
n'ont pas été touchés. L'examen histopathologique a révélé des lésions compatibles avec la tuberculose aviaire. Il a
été présumé que la toxicité des algues a atteint des oiseaux préalablement débilités par la tuberculose.
Distribution de la maladie d'Aujeszky et de la brucellose porcine chez les sangliers aux États-Unis
d'Amérique
La brucellose porcine a été recherchée chez 16 268 sangliers (Sus scrofa). Des animaux possédant des anticorps
ont été décelés dans 58 comtés de 9 États, avec une prévalence de 9% (1 465/16 268). Des animaux présentant une
réaction sérologique positive à la maladie d'Aujeszky ont été rapportés dans 10 États. Des cas ont été trouvés dans
98 comtés, avec une prévalence globale de 27,7% (4 293/15 494). Les études récentes ont révélé que le virus de la
maladie d'Aujeszky est disséminé par les organes génitaux des sangliers et peut être transmis par contact sexuel.
Brucellose en Europe
Brucella abortus biovar 1 a été isolé chez deux chamois adultes mâles (Rupicapra rupicapra) en 1994 et 1995.
Les animaux étaient atteints de cécité (uvéite), d'arthrite et d'orchite. L'infection a été diagnostiquée simultanément
chez l'homme et chez des bovins. Une enquête sérologique portant sur 123 ongulés sauvages, réalisée en 1994,
pendant la saison de chasse, a révélé deux titres suspects chez des biches (Cervus elaphus). Aucune trace
d'anticorps n'a été décelée chez les chamois.
La prévalence sérologique des infections à Brucella s'est accrue chez le sanglier en Belgique et en France, ce qui a
été attribué à un accroissement des cas à Brucella suis.
À l'heure actuelle, 40% des rennes (Rangifer tarandus) présentent une réaction sérologique positive à la brucellose
en Sibérie et 2% des animaux sont porteurs de signes cliniques attribués à la présence Brucella suis. Brucella
abortus est plus fréquent chez les rennes domestiques dans les zones forestières de Sibérie où ces animaux sont en
contact avec les bovins.
Choléra aviaire aux États-Unis d'Amérique
Le choléra aviaire a été confirmé sur 25 sites en 1994 et pendant le 1er trimestre de 1995. La mortalité a été
maximale en 1994 dans la Baie de Chesapeake, dans le Maryland et en Virginie, ainsi que le long de la côte
septentrionale de la Caroline du Nord. Plus de 35 000 oiseaux de 23 espèces sont morts, s'agissant notamment de
hareldes de Miquelon (Clangula hyemalis) (70 %), de garrots albéoles (Bucephala albeola) et de macreuses
(Melanitta spp).
En novembre 1994, des cas mortels de choléra aviaire ont commencé a être observés chez les oiseaux d'eau sur le
Grand Lac Salé dans l'Utah alors qu'un épisode de botulisme aviaire était en train de s'achever. La première
épizootie de choléra aviaire rapportée sur le Grand Lac Salé a fait 5 à 10 000 victimes parmi les canards souchets
(Anas spp) et 4 000 parmi les grèbes (Podiceps spp). D'autres épisodes de mortalité massive due au choléra aviaire
sont survenus dans la partie occidentale des États-Unis d'Amérique, notamment en Californie.
Entérite virale du canard
Six foyers d'entérite virale du canard (peste du canard) ont été enregistrés en 1994 aux États-Unis d'Amérique. Le
foyer le plus important a été observé dans la partie centrale de l'État de New York sur les lacs Finger. Environ
1 400 canards noirâtres (Anas rubripes) et colverts (Anas platyrhynchos) ainsi que quelques oies (bernaches du
Canada ou Branta canadensis) ont péri lors du seul épisode connu de peste du canard qui a atteint des oiseaux
d'eau sauvages en migration, depuis le foyer enregistré en 1973 dans le Dakota du Sud. En 1994, la peste du
canard est également survenue chez quelques oiseaux d'eau domestiques et captifs, en Virginie, en Pennsylvanie,
au Texas et en Californie. À ce jour, en 1995, deux épisodes de peste du canard ont été confirmés, l'un dans le
Maryland et l'autre en Californie.
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