
Annexe 10 (suite) GAH sur la morve/Novembre 2013
104 Commission scientifique/février 2014
3. Compte tenu des procédures de vérification de l’OIE, on peut s’attendre à ce que le dossier remis par un pays
en vue de la reconnaissance officielle de son statut sanitaire fournisse des informations de qualité supérieure
à celles transmises lors d’une auto-déclaration et, par conséquent, que ces données contribuent à améliorer la
transparence de la situation sanitaire mondiale au regard de la morve ;
4. Un statut officiel permettrait :
a. de rendre les déplacements et les échanges des équidés plus sûrs ;
b. d’améliorer la protection des consommateurs / la sécurité sanitaire des aliments ;
c. de contrôler plus efficacement une zoonose importante.
Le Groupe a également défini les inconvénients éventuels suivants, associés à l’inscription de la maladie sur cette
liste :
1. Les tests actuellement pratiqués sur les équidés importés de pays indemnes de la maladie, dans le cadre
d’accords bilatéraux, risquent d’être contestés en vertu de l’Accord SPS si la reconnaissance officiel d’un
statut au regard de la morve était introduit ;
2. Les avantages économiques de l’important investissement requis afin de mener à bien la surveillance
nécessaire pour justifier l’octroi du statut indemne sont discutables si on les compare à ceux issus de la
procédure d’auto-déclaration actuellement en place associée à la mise en quarantaine et la batterie de tests
requis avant toute exportation ;
3. De nombreuses incertitudes persistent concernant la possibilité de déclarer un statut historiquement indemne,
ainsi que sur les garanties scientifiques associées à une telle déclaration, compte tenu de l’éventuelle
infection à vie des hôtes ;
4. Il est difficile d’identifier les cas latents et le risque de sous-évaluation doit être pris au sérieux.
La décision finale afférente à la recommandation a été repoussée jusqu’à la conclusion de la réunion, stade où
deux des membres n’étaient déjà plus disponibles. Les différents membres du Groupe avaient un avis partagé sur
la question et n’ont pas réussi à dégager de consensus, même si une faible majorité soutenait la recommandation
selon laquelle la maladie devait être inscrite sur la liste des maladies dont le statut sanitaire faisait l’objet d’une
reconnaissance officielle.
4. Révision du chapitre du Code terrestre
Intitulé du chapitre : Conformément à l’approche axée sur l’agent pathogène appliquée aux nouveaux chapitres
du Code terrestre, il conviendrait de modifier le titre du chapitre sur la morve comme suit, « Infection à
Burkholderia mallei (morve) ».
Article 12.10.1
Considérations générales : On entend par « morve » une « infection à B. mallei » chez un équidé. Il est admis que
dans certains cas, B. mallei ne puisse être isolé à partir de l’animal infecté et que l’infection à B. mallei survienne
chez un animal autre qu’un équidé.
Chez certains équidés, l’emploi de l’épreuve de fixation du complément (CFT) n’est pas aussi fiable et il est
recommandé d’utiliser d’autres épreuves. Pour les mulets et les ânes, une définition de cas sérologique fondée sur
une CFT n’est pas fiable. Toutefois, lors de cas cliniques chez ces espèces, il est recommandé d’étayer les signes
cliniques ou pathologiques au moyen d’analyses de laboratoire utilisant les tests de confirmation.
Il est impératif d’uniformiser la méthode de sélection des antigènes employée lors d’une CFT. À l’heure actuelle,
la CFT repose souvent sur un mélange d’antigènes provenant de sérogroupes présentant un historique différent
(bien que la distinction entre ces différents sérogroupes ne soit pas très claire pour l’instant). B. mallei semble
avoir changé au cours des 30 dernières années, se traduisant par quelques rares cas humains d’infection et un
nombre croissant de cas latents qui ne deviennent visibles qu’en réponse à un stress et s’accompagnent d’une
excrétion intermittente.
La période d’infectiosité lors d’une infection à B. mallei chez les chevaux dure toute la vie en raison de la capacité
de l’agent pathogène à entrer dans un état dormant chez l’hôte. La période d’incubation demeure très variable mais
est estimée à moins de 6 mois.