
Dans quelle direction se dirige la Tunisie sur le long terme?
M. Bouanane 5
parlementaire vise à enrichir et promouvoir, ainsi que la qualité de la production économique et du
développement durable, que l’on souhaite établir. Une telle vision devrait avoir l’ambition de développer
et renforcer la position du pays, et favoriser l'émergence de la Tunisie comme un phénomène régional
(dans le monde arabo-musulman et le continent africain) et la transformer, par exemple, en un port très
attrayant pour apprendre, vivre, travailler et investir.
La définition de cette stratégie doit être considérée comme une ambition nationale et donc constituer
une tâche commune, établie grâce à la collaboration du plus grand nombre de compétences tunisiennes
et experts de différents secteurs (secteurs public et privé, entrepreneurs et investisseurs, organisations
de la société civile, des universitaires et des chercheurs...), afin d’unifier les efforts et favoriser
l'engagement des différents acteurs à travers des débats et des échanges de points de vues et d'analyses
permettant d’identifier les secteurs clés, fixer les priorités et favoriser une planification convergente et
une mise en œuvre décentralisée pour le développement de l'économie du savoir. Ainsi, le changement
sera plus lisse, il y aura moins de résistance grâce à la forte implication des citoyens, leur prise de
conscience et leur désir de changement positif.
Egalement, la phase de préparation devrait prendre en considération les politiques existantes pour
former un cadre plus global qui peut facilement intégrer des stratégies et des initiatives spécifiques pour
chaque secteur. Il faut aussi insister sur le développement d'une société de la connaissance pour
immuniser tous les citoyens contre les idées et les thèses réactionnaires destructrices et les
comportements extrémistes, car le concept d'une société du savoir inclut – en plus de la dimension
économique – les dimensions sociales et culturelles dans le but de parvenir à un développement
harmonieux pour tous. Pour ce faire, je propose la création d’un Conseil National de l'Economie du
Savoir, comme un moyen pour mobiliser les experts et les spécialistes, superviser l'élaboration de la
vision unifiée et la définition d’une stratégie globale et d’une planification convergente couvrant les
secteurs stratégiques, pour atteindre un objectif commun – bâtir une économie et une société du savoir.
En somme, le salut de la Tunisie, comme celui de tout pays émergent ou en voie de développement – et
particulièrement en l'absence de ressources et richesses naturelles – repose sur le développement des
connaissances et des compétences. Dans ce contexte, il faut accélérer la mise en œuvre d’une réforme
sérieuse, profonde et immédiate afin de créer des fondations solides pour le développement de la
société et l'économie du savoir, permettant à la Tunisie de faire face aux défis du XXIe siècle, en
particulier dans les domaines prioritaires suivants (mais pas exclusivement) et dans le but de construire
un environnement favorable à l'amélioration et au développement des autres secteurs :
Éducation et Enseignement : Le système éducatif est un facteur clé et est le principal catalyseur
fournissant le capital humain et les compétences pour tous les autres secteurs. Un système
éducatif moderne, efficace et efficient est vital pour la construction de la société du savoir,
permettant de renforcer la compétitivité de l'économie, favoriser le développement social et le
bien-être des citoyens, et améliorer les perspectives de croissance et d'emplois. En outre, la
réforme doit inclure tous les niveaux, depuis la maternelle jusqu’à l'enseignement universitaire
en passant par la formation professionnelle et la formation continue tout au long de la vie. Cette
réforme – qui devrait être en relation étroite avec les priorités économiques et sociales – doit
contribuer dans une large mesure, non seulement à la formation des connaissances, mais aussi
et surtout à former des citoyens libres et développer un capital humain équilibré et qualifié, doté
d’un esprit d'analyse et de critique constructive lui permettant non seulement de réussir dans la
vie professionnelle mais aussi de combattre l'extrémisme et les thèses rétrogrades, refuser la
violence et l’obscurantisme. Il va de soit que l’enseignement des valeurs de partage et de