
Preuve du th´eor`eme : 1. Clairement M⊃K, donc 0 et 1 sont
alg´ebriques sur K. Si x∈Lest alg´ebrique sur K, alors il existe un polynˆome
unitaire Xn+...+a0dans K[X] qui annule x. Alors (−1)nXn+...+a0annule
−xet 1 + ... +a0Xnannule x−1, donc −xet x−1sont alg´ebriques sur K. Il
s’agit maintenant de montrer que si x, y sont dans M, alors x+yet xy sont
encore dans M. Or K[x] = K(x) est un corps, et y, qui est alg´ebrique sur K
l’est a fortiori sur K[x], c’est-`a-dire que K[x, y] = K[x][y] est de dimension
finie sur K[x], donc aussi sur Kvia la base t´elescopique. Comme K[x, y]
contient K[x+y] et K[xy], il en r´esulte que ces deux derniers K-espaces
vectoriels sont de dimension finie, ce qui signifie que x+yet xy sont dans
M.
2. Soit x∈L, alg´ebrique sur M. Alors il existe un polynˆome unitaire
P=Xn+an−1Xn−1+... +a0de M[X] qui annule x. Comme chaque aiest
alg´ebrique sur K, on a par r´ecurrence que K[a0, ..., an−1] = K(a0, ..., an−1)
est un corps K0qui est de dimension finie sur K. Comme P∈K0[X] est non
nul et annule x, il en r´esulte que xest alg´ebrique sur K0, i.e. K0[x] est de
dimension finie sur K0; comme K0/K est finie, K0[x] est aussi de dimension
finie sur K, et K[x] (qui en est un sev) aussi, i.e. xest alg´ebrique sur K.
Finalement x∈M.
3. Si P∈M[X] est non constant, il admet une racine xdans le corps
alg´ebriquement clos L, mais xest alors alg´ebrique sur M, donc x∈Md’apr`es
2.
Exemple. L’ensemble Qdes nombres complexes alg´ebriques sur Qest
un corps alg´ebriquement clos, c’est une clˆoture alg´ebrique de Q. Noter que Q
est d´enombrable car Q[X] l’est (c’est la r´eunion pour n∈Ndes polynˆomes
de Q[X] de degr´e au plus n), et chaque polynˆome non nul de Q[X] n’a qu’un
nombre fini de racines dans Q. L’ensemble R∩Qdes r´eels alg´ebriques est
donc ´egalement d´enombrable (”presque tous les r´eels sont transcendants sur
Q”).
2. Corps de rupture, corps de d´ecomposition
´
Etant donn´es Kun corps et Pun polynˆome de K[X], on cherche une exten-
sion Lde Kdans laquelle Pa une racine. Cela am`ene la d´efinition suivante :
D´efinition 2.1 Soit Pun polynˆome irr´eductible de K[X]. On dit qu’une
extension Lde Kest un corps de rupture pour Psur Ks’il existe une racine
αde Pdans Ltelle que L=K[α] (= K(α) puisque αest alg´ebrique sur K).
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