
La Lettre du Neurologue • Vol. XIV - n° 8 - septembre 2010 | 241
MISE AU POINT
plus de 80 % des cas, le degré d’amélioration du
tremblement est estimé à 60 % en moyenne dès le
troisième mois postopératoire. La stimulation est
efficace sur les composantes posturale et inten-
tionnelle et les activités de la vie quotidienne sont
améliorées de 43 à 75 % (13, 14). Le tremblement
du chef est amélioré dans 15 à 100 % des cas si la
procédure chirurgicale est bilatérale. Au long cours,
le tremblement postural reste amélioré alors que
l’effet peut être moindre sur la composante inten-
tionnelle (14, 15). Les effets indésirables les plus
fréquemment observés avec la stimulation du
Vim sont les paresthésies cheiro-orales et contro-
latérales à la stimulation, souvent transitoires à la
mise en route du neurostimulateur, et la dysarthrie
qui affecte près de 20 % des sujets, surtout dans
les procédures bilatérales, mais qui reste moins
fréquente qu’après lésion thalamique. La perte de
bénéfice parfois observée au long cours peut être
liée à la progression du tremblement postural ou
à celle du tremblement d’action. Par ailleurs, les
ajustements des paramètres de stimulation réalisés
pour augmenter le champ de diffusion électrique
et améliorer un effet antitrémorique insuffisant
peuvent provoquer une ataxie par diffusion aux
voies cérébello-thalamiques (1). Les thalamotomies
par thermocoagulation améliorent le tremblement
postural et intentionnel controlatéral dans des
proportions similaires, mais cette amélioration
reste latéralisée en raison du caractère unilatéral
des procédures. Le maintien de l’effet antitrémorique
au long cours est plus constant après thalamotomie,
mais les activités de la vie quotidienne et la qualité
de vie sont meilleures chez les sujets traités par
stimulation cérébrale (15). Il n’y a pas eu, à ce jour,
d’étude comparative des effets de la stimulation
cérébrale profonde du noyau Vim du thalamus et
des thalamotomies par radiochirurgie Gamma Knife
sur les tremblements. Une réduction de l’amplitude
du tremblement d’action d’au moins un tiers chez
56 à 92 % des sujets présentant un tremblement
essentiel est rapportée à court terme avec la radio-
chirurgie Gamma Knife. Cette amélioration persiste
chez 70 % des sujets au long cours (2, 8, 16, 17).
Tremblement cérébelleux
et tremblements d’action
symptomatiques
Les effets de la stimulation thalamique et de la
stimulation sur la région subthalamique posté-
rieure sur les tremblements cérébelleux et sur les
tremblements d’action lésionnels ont été étudiés
principalement dans le cadre de la SEP et des
tremblements post-traumatiques (6, 18-20). Une
centaine de cas de tremblement cérébelleux lié
à une SEP et une dizaine de cas de tremblement
post-traumatique ont été publiés, dans le cadre
d’études monocentriques, rarement contrôlées.
Les effets de la stimulation à haute fréquence sont
comparés à ceux de la chirurgie lésionnelle par
thermocoagulation dans quelques études (15, 18).
Seuls quelques cas de stimulation thalamique, du
noyau subthalamique et de la région subthala-
mique, réalisée dans le cadre d’un tremblement
mixte de Holmes sont rapportés dans la litté-
rature (7). Dans ces indications, le taux de décès est
de 1 % et le taux de complications hémorragiques
intracérébrales est évalué à 3 % ; 8 % des sujets
souffrant de SEP ont présenté une exacerbation
de leurs symptômes dans le mois suivant l’implan-
tation (19). Une suppression du tremblement en
période post opératoire immédiate, liée à un effet
microlésionnel, est rapportée dans 96 % des cas,
associée à une amélioration fonctionnelle dans la
vie quotidienne dans 85 % des cas (20). La réduction
du tremblement postural est estimée à 64 % au long
cours, celle du tremblement intentionnel, à 36 %.
L’amélioration fonctionnelle est maintenue au long
cours après stimulation cérébrale alors qu’elle n’est
plus que de 48 % après chirurgie lésionnelle. La
stimulation des noyaux Vim et Voa/Vop est efficace
sur le tremblement distal monofréquentiel, alors
que les tremblements proximaux, plus complexes,
seraient mieux contrôlés par la stimulation de la
zona incerta, d’où le recours de plus en plus fréquent
à des implantations multiples (5-7).
Tremblements rares
Deux cas de tremblement primaire de l’écriture
traités par stimulation du noyau Vim du thalamus
sont rapportés dans la littérature avec une résolution
complète du tremblement 12 mois après l’inter-
vention. Les formes sévères de tremblement dysto-
nique peuvent être traitées par stimulation cérébrale
profonde (1). Le choix de la cible est débattu, le
tremblement est amélioré par la stimulation du
noyau Vim du thalamus, alors que la composante
dystonique est améliorée par la stimulation du GPi.
Le tremblement peut échapper à la stimulation du
Vim et récidiver après quelques mois, il pourrait être
amélioré durablement par la stimulation du GPi. Ces
données restent à confirmer.
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