
248
Patrick Sautreuil, Marc Piquemal
Acupuncture & moxibustion
La variation du rythme cardiaque est de 20 pulsations
minutes entre inspiration (augmentation) et expiration
(diminution).
La fréquence cardiaque augmente de 30 pulsations par
minutes, lors du changement de position, passage à la
verticalité, quoique cet effet ne soit pas manifesté chez
tous les sujets. Le passage à la verticalité s’accompagne
chez un tiers des sujets soit d’une absence de modifica-
tion de la fréquence cardiaque, soit d’une augmentation
soit d’une diminution de celle-ci.
Ce phénomène rendrait compte en partie de l’existence
du mal des transports et celle de l’hypotension ortho-
statique. De manière générale et en ce qui concerne l’in-
nervation des organes, il est important de préciser que
l’interaction entre les deux systèmes ortho et para sym-
pathiques ne se limitent pas à la seule notion d’agoniste
et d’antagoniste observée ici.
En résumé, le parasympathique ralentit la fréquence car-
diaque jusqu’à environ 50 à 60 pulsations par minutes.
Le sympathique agit en sens inverse et accélère la fré-
quence cardiaque de 20 pulsations par minutes. La fré-
quence cardiaque, placée sous le contrôle du système
n e rveux autonome représente le résultat de l’action de
t rois facteurs physiologiques : la fréquence intrinsèque,
autonome du cœur au repos (Z) plus l’ i n t e rvention du
sympathique (Y) moins celle du parasympathique (X).
Z = 100 + ( Y – X) ou X = Y + 100 – Z
L’activité du parasympathique est supprimée en posi-
tion couchée et renforcée en position assise ou debout et
présente également lors des mouvements respiratoires
(figure 4).
Le mouvement re s p i r a t o i re e s t l e se ul mouve me nt qui
puisse activer les nerfs du système autonome moye n-
nant l’ i n t e rvention de la volonté. Le mécanisme phy-
siologique serait le suivant : la respiration interv i e n t
sur le système card i o - va s c u l a i r e dans son en s e mble et
également, par les variations de la pression abdomina-
le, sur les organes abdominaux. Il est donc possible de
contrôler partiellement le système parasympathique :
la clé étant donnée par le mouvement re s p i r a t o i re .
Comment séparer les réactions du système sympa-
thique/parasympathique induites par la stimulation de
l’Acupuncture ?
Afin de mener a bien l’évaluation de l’intervention des
deux composants du système nerveux végétatif, une
étude fut menée en combinant 3 critères : la position
(assis/étendu) en rapport avec le système sympathique,
le mode respiratoire (expiration/inspiration) en relation
avec le système parasympathique et l’insertion d’ai-
guilles d’acupuncture (superficielle – 5mm, ou muscu-
laire – 15 mm). Il y avait ainsi 8 possibilités.
Les figures 5 et 6 montrent les modifications du rythme
cardiaque sous contrôle parasympathique en fonction
de la respiration et de la profondeur d’insertion.
La figure 7 montre que l’ i n s e rtion profonde en position
allongée agit sur le système sympathique (faibles
réponses re t a rdées) dans le même sens – inhibition des
récepteurs béta – que la position allongée (qui abolit les
d i f f é rences individuelles). Le retour à la situation de base
se fait en 10 mn alors qu’ a vec l’ i n s e rtion superf i c i e l l e
aucune réponse n’était obtenue après 10 mn : l’ i n s e rt i o n
s u p e rficielle ne parvient pas à modifier l’activité des béta
récepteurs contrairement à l’ i n s e rtion pro f o n d e .
En résumé, l’acupuncture superficielle en position assi-
se, en phase expiratoire agit sur le parasympathique. La
stimulation musculaire (insertion profonde de 15 mm)
agit sur les béta récepteurs du système sympathique.
Fi g u re 4 . Phases re s p i r a t o i r es e t rythm e c a r d i a q u e .