
- la baisse des rendements ;
- l'extension de l'agriculture aux terres marginales;
- la réduction des cultures vivrières et conséquemment
l’accroissement du déficit vivrier.
L'appauvrissement des sols est allé de pair avec l'utilisation des
intrants et des semences sélectionnées prouvant la disponibilité des paysans
à innover dès l'instant qu'ils en acquièrent la capacité et que ces innovations
leur sont favorables. Manifestement, les sols du bassin arachidier ne sont
pas indéfiniment extensibles et en plus d’un siècle ils ont tout donné et ont
maintenant besoin d'un soutien extérieur massif pour continuer à satisfaire
les cultivateurs. Les ressources en sol ont été surexploitées au point qu'elles
ne peuvent plus produire assez de vivres pour nourrir le même la population
rurale. La surchauffe actuelle des prix du mil en milieu rural en est la
meilleure preuve (250frcs le kg).
Les données statistiques cachent, cependant, la corrélation qui existe
entre l'utilisation d'engrais et le rendement du fait que les années à
rendements élevés sont justement celles où les conditions écologiques ont
été bonnes. Il n'en demeure pas moins que la non utilisation de l'engrais,
surtout après l'instauration de la vente au comptant de ces intrants
chimiques, décidée à partir de 1985/1986 a entraîné des conséquences
négatives sur la productivité dans l'ensemble du bassin arachidier.
L’incitation par le prix n’a point eu d’effets directs d’amélioration des
rendements et de la productivité. L’analyse des élasticités montrent que le
relèvement du prix au producteur par exemple en 1985-1986 ne s'est
traduit, l'année suivante, par une augmentation de la production tout comme
l'abaissement de 1988-1989 n'a entraîné qu'une légère contraction par
rapport au niveau de 1987-1988. En ce qui concerne les emblavures, le
Pr.François BOYE a établi une relation entre le comportement des paysans
et une modification des prix. Dans 45 % des cas où le prix au producteur a
connu une variation (1973, 1979, 1981, 1985, 1988), les paysans ont réagi
irrationnellement : en modifiant leurs emblavures d'arachides en discordance
avec l'évolution de leur rémunération unitaire. De cela, il découle que le
revenu réel versé aux paysans est un facteur explicatif de l'utilisation
parcellaire de l'engrais mais pas des superficies ensemencées. La politique
des prix pratiquée jusqu'à présent, si elle permet de limiter la vente sur le
marché parallèle de la récolte ou le retour de la paysannerie à une culture
d'autosubsistance, ne saurait à elle seule suffire à déterminer le niveau de la
production.
Contrairement aux idées avancées par beaucoup d'auteurs et de
rapports techniques, les paysans auraient continué à maintenir un niveau de
production leur permettant d'acquérir un revenu monétaire substantiel quel
que soit la politique des prix du gouvernement. Il y a eu une période courte ou
l’arachide sénégalaise était écoulée sur le marché gambien, mais l’explication
provenait d’une politique délibérée de modification du taux de change réel