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En ce qui concerne le ratio dette/PNB, il passe de 50,5 en 1980 à 82,3 en 1995. En
1980, ce ratio soulignait déjà le caractère préoccupant de la situation financière. Elle
devient explosive en 1995. En effet, la dette extérieure, en pourcentage du PNB, ne doit
pas excéder 30 %. Au Sénégal, ce ratio dépasse la limite admise depuis 1980. Pire encore,
l’ajustement, dont l’un des objectifs est de permettre le remboursement de la dette
extérieure, a contribué à compromettre la situation financière du pays.
S’agissant du deuxième ratio (dette/recettes d’exportations de biens et services), le
même constat doit être fait. Le pays atteint un niveau d’endettement inquiétant au regard
des normes généralement indiquées par le FMI (165 %). En 1995, le Sénégal culmine à
224,3 %.
Le troisième ratio retenu est le service de la dette/les exportations de biens et
services. D’après celui-là, l’économie est en meilleure posture. En effet, les recettes
d’exportations permettent d’assurer le service de la dette sans que la situation financière
ne se dégrade. On peut même dire que rien ne s’oppose à ce que la situation ne redevienne
saine, toujours relativement à l’opinion des bailleurs de fonds.
On pourrait tout de même signaler les contradictions que soulèvent ces chiffres,
tirés du Rapport sur le développement dans le monde de 1997. En effet, si le volume de la
dette est une contrainte, comment concevoir que le remboursement soit aisé ? Ceci
s’expliquerait par les rééchelonnements de la dette intervenus depuis le milieu des années
1980. Cette situation serait également le fruit des annulations et conversions de dettes.
Elle serait encore censée résulter des effets bénéfiques de la dévaluation du F CFA en
1994. Mais, pour ne retenir que la dévaluation, il n’est pas sûr que ses effets aient été
aussi bénéfiques qu’on veut trop souvent l’admettre. L’hypothèse de départ, c’était que les
exportations devaient tirer la croissance. L’augmentation de la production dans les
industries exportatrices entraînerait un accroissement de la demande de travail et de
biens d’équipement de leur part. Cette augmentation bénéficierait à l’ensemble de
l’économie par effet d’entraînement.
Mais dans les faits, le ratio des exportations par rapport aux importations est
resté stable, avant comme après dévaluation, dans les années 1990 (environ 60 %). La
valeur des exportations a grosso-modo doublé, après dévaluation, tout comme celle des
importations. C’est la conséquence d’un effet-prix et d’un effet volume. Il reste à savoir,
pour chacune des deux augmentations, lequel des deux effets a été le plus important.
S’agissant des exportations, il est clair que l’effet volume a été le plus important,
étant donné la diminution de leur valeur nominale. En revanche, le renchérissement des
importations est probablement beaucoup plus dû au renchérissement de leur valeur qu’à
l’augmentation de leur volume (leur valeur globale a doublé, ce qui constitue sans doute une
conséquence mécanique d’une dévaluation de 50 %).
La signification de tout cela, c’est que le volume des exportations a augmenté, mais
pas suffisamment pour compenser le renchérissement de la valeur des importations. Le
ratio est, en effet, toujours égal à 60 %. Davantage : si M/X est resté constant,