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l’augmentation de leur volume (leur valeur globale a doublé, ce qui constitue sans doute une
conséquence mécanique d’une dévaluation de 50 %).
La signification de tout cela, c’est que le volume des exportations a augmenté, mais
pas suffisamment pour compenser le renchérissement de la valeur des importations. Le
ratio est, en effet, toujours égal à 60 %. Davantage : si M/X est resté constant,
l’augmentation des volumes respectifs des importations et des exportations s’est traduite
par une détérioration des termes de l’échange. Le solde négatif a donc augmenté.
II/ Endettement extérieur et croissance au Sénégal
L’analyse de l’endettement extérieur sénégalais peut être découpée en trois temps
(Cf. graphique suivant).
La première période, qui va de la fin des années 1970 à 1982, est caractérisée par
des taux de variation de l’encours de la dette exponentiels. L’encours de la dette publique
à moyen et long termes, qui se chiffre à 112 mds de FCFA en 1977, augmente
régulièrement entre cette date et 1982 à des taux de croissance élevés (de 38,15 % en
moyenne). L’encours passe alors à 532 mds de FCFA en 1982. Cette hausse fulgurante est
à mettre en relation avec les déficits pluviométriques, la détérioration des termes de
l’échange, la conjoncture financière internationale favorable des années 1970 (prêts à des
taux concessionnels), ainsi qu’avec la flambée des prix du pétrole. Durant cette période,
l’encours de la dette extérieure rapporté au PIB est de 35 % en moyenne.
La deuxième période, qui va de 1982 à 1985, correspond à la cessation de paiements
du Mexique et à la première demande de rééchelonnement du Sénégal. Elle est marquée
par une baisse relative (- 1,42 %) de l’encours de la dette extérieure.
Le troisième temps, qui se situe entre 1985 et aujourd’hui, correspond à une période de
resserrement des contraintes financières
. L’encours de la dette recommence d’abord à
croître relativement vite (mais à des niveaux inférieurs à 10 %). Avec le changement de
parité intervenu en 1994, le taux de variation passe brutalement de 9 à 75 %. Au
lendemain de la dévaluation, l’encours de la dette extérieure est de 1793 mds de FCFA,
malgré les rééchelonnements répétés (leur montant passe de 0,4 en 1980 à 345,2 mds de
FCFA en 1996). La multiplication des démarches menées auprès des bailleurs ne permet
guère qu’une élimination des arriérés de paiements intérieurs et extérieurs fin 1995. En
effet, à partir de 1993, l’encours de la dette excède le PIB réel.
Au début de la décennie 1980, la dette bilatérale et les crédits commerciaux
représentent 80 % de la dette extérieure. La France et les pays de l’Organisation de
coopération et de développement économique (OCDE) jouent un rôle moteur, en ce qui
concerne les prêts à leurs ex-colonies. Les crédits commerciaux restent actifs jusqu’au
milieu des années 1980. À partir de cette date, les crédits commerciaux comme l’aide
bilatérale des pays occidentaux s’estompent pour laisser la place à l’aide bilatérale des
pays arabes et, surtout, aux crédits et dons multilatéraux. La dette rééchelonnée fait
alors son apparition, stigmatisant les difficultés de paiement du Sénégal. En effet, avec