
Introduction
Cette étude sur la Dette extérieure et le désendettement de l’Afrique est une
idée lancée lors du Sommet de l’Organisation qui s’était tenu à Lomé en l’an 2000. Le
Président Abdoulaye Wade avait fait partager à ses Collègues que le surendettement
des pays africains continue de constituer un sérieux obstacle à la croissance et au
développement économique de cette région et qu’il importe enfin de prendre
l’initiative d’une proposition africaine de désendettement du continent. Depuis, la
dette fut réinscrite dans l’agenda de l’Union Africaine et de la Commission
Economique pour l’Afrique. Différentes rencontres des Experts africains et de la
Société civile (Dakar en 2004 et Addis-Abeba en mars 2005) se sont achevées par la
Réunion des Ministres Africains et de l’Economie et des Finances à Dakar le 17 mai
2005 sous la Présidence effective du Président Abdoulaye Wade et de Monsieur
Alpha Oumar Konaré Président de la Commission de l’Union Africaine.
Les informations et les évaluations les plus contradictoires courent sur la dette
africaine. Les controverses portent presque sur tous les aspects : le profil, les causes,
les montants encaissés et décaissés, l’encours et les solutions.
Aujourd’hui, le problème de la dette semble relever d’un paradoxe dans la
mesure où « on est passé d’une situation où il fallait s’endetter pour financer la
croissance à une autre où il faut renoncer à la croissance pour rembourser la dette.»
Face aux controverses incessantes sur la viabilité et la soutenabilité de la dette,
il importe de faire un diagnostic exhaustif pour dégager le profil véritable de cette
dette en vue de formaliser une position africaine rigoureuse, cohérente et soutenable.
C’est l’objet principal de cette étude.
I- Contexte général et profil de la dette africaine.
Parmi toutes les régions en voie de développement du monde, l’Afrique a été
la plus durement touchée par le problème de l’endettement extérieur. Le stock de la
dette extérieure africaine était négligeable dans les années 70. La plupart des pays du
continent n’ont pas eu recours à l’emprunt extérieur pour le financement de leur
développement. Les ressources générées par le boom des produits de base, avaient
constitué la principale source du financement du développement. Toutefois, les
décennies 80 et début 90 ont été caractérisées par une croissance rapide du stock de la
dette extérieure des pays africains. De 114 milliards de US $ en 1980, la dette a atteint
339 milliards de US $ en 1995. La tendance s’est inversée à la fin des années 90 et le