La question coloniale dans la première moitié du XVIIIe siècle en

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La question coloniale dans la première moitié du XVIIIe siècle
en Grande-Bretagne
Alain Clément*
Université de Tours et Triangle (UMR du CNRS 5206)
Dans les discussions économiques de la fin du XVIIe siècle consacrées au commerce, au
commerce extérieur et aux colonies, l’Angleterre a connu un double débat. Le premier
concerne l’ouverture aux marchés coloniaux, que l’on assimile souvent à la « querelle des
toiles peintes ». Cette querelle traduit une double inquiétude en termes de balance du
commerce et en termes d’emploi. Un débat connexe porte sur l’opportunité d’ouvrir ce
commerce à tous, ou de le réserver à des compagnies à monopole et en particulier à la
Compagnie des Indes. Le second grand débat est passé plus inaperçu car il se résume
davantage à des positions isolées qu’à de véritables confrontations ; il concerne l’opportunité
d’avoir ou de ne pas avoir des colonies (Clément, 2006). Toutes ces confrontations reflètent
un clivage entre deux courants de pensée économique : l’un de facture mercantiliste
ouvertement favorable au protectionnisme, mais restant partasur le rôle des compagnies ;
l’autre courant qui remonte à Petty adopte une position favorable à l’ouverture du marché
national aux produits coloniaux, allant jusqu’à rejeter toutes les politiques coloniales en
vigueur et allant jusqu’à s’opposer à toute forme de colonisation. Les trois premières
décennies du XVIIIe siècle marquent une nouvelle étape dans ces débats, même si la ligne
d’opposition ne recoupe pas la distinction faite par Hutchison entre mercantilistes et
philosophes du droit naturel, entre les pamphlétaires directement impliqués dans le commerce
colonial et des leaders comme Law ou Berkeley (Hutchison, 1988). Les oppositions sont
mineures et se situent davantage au cœur même de la pensée mercantiliste. Cependant
quelques auteurs comme Henri Martin ou Isaac Gervaise sont les rares porte-parole hostiles
au protectionnisme. En réalité les débats reflètent le plus souvent, la défense contradictoire
d’intérêts économiques divers (Armitage, 2000) que la défense d’un empire britannique à
vocation mondial au service de l’Angleterre. C’est à partir des années 1740 et ce jusqu’en
1765, que la question du commerce colonial et la question des colonies sont traitées avec des
points de vue qui deviennent de plus en plus « libéraux », préfigurant les nouvelles
conceptions coloniales autour d’Adam Smith (Winch, 1965 ; Clément, 2014). Une approche
plus critique des idées économiques de cette période voit le jour avec la publication des
ouvrages de Townsend (1751), de Wallace (1753) et sur le thème des colonies, avec l’ouvrage
de Decker (1744), annonçant l’approche libérale de Tucker1. Cette période correspond aussi à
* clement@univ-tours.fr
1 Cette période est celle où Josiah Tucker publie Brief essay on the advantages and disadvantages which
respectively attend France and great-britain with regard to trade en 1750 et Elements of commerce and theory
of taxes en 1752. Cependant sa contribution à la question coloniale et le débat auquel il a participé concernent
une période légèrement postérieure, contemporaine de Smith, Burke et Anderson (Clément, 2014) ; pour ces
raisons-là, il ne sera pas analysé dans le cadre de cet article.
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la diffusion de plusieurs versions anglaises remaniées du Dictionnaire universel de commerce
de Jérôme Savary par Malachy Postlethwayt ou Richard Rolt qui s’étalent de 1751 à 1766
(Perrot, 1992). Même si le dictionnaire, dans sa version anglaise, dans son contenu, est encore
de facture largement mercantiliste, son influence reste importante jusqu’à la publication de la
Richesse des Nations.
Après avoir retracé très brièvement les principales étapes et les grandes caractéristiques
économiques géographiques de cet empire colonial en formation (1e partie), nous présenterons
dans un deuxième temps (2e partie) les débats entre 1700 et 1740, en distinguant les analyses
qui concernent les colonies de peuplement, dont l’objectif est l’exploitation et la mise en
valeur de l’Amérique au profit de la nation britannique, des analyses portant sur les colonies
de comptoirs la thématique est plus celle du commerce extérieur que celle des colonies.
Mais autant la colonisation de peuplement est perçue comme porteuse d’un enrichissement
certain de la métropole, autant les colonies comptoir en dehors des intérêts partisans sont
rendues responsables du déclin de l’économie britannique. Dans une dernière partie (3e
partie), nous analyserons l’évolution de cette pensée coloniale incarnée par une nouvelle
génération d’économistes qui annoncent les conceptions smithiennes des colonies. Mais la
pensée mercantiliste reste encore très prégnante et véhiculée par la diffusion des différentes
traductions et éditions augmentées et révisées du Dictionnaires du commerce des frères
Savary.
A- Le contexte économique
1.1. Extensions territoriales et peuplement des colonies
Le XVIIIe siècle se caractérise par un intérêt croissant pour les colonies de peuplement. Les
Anglais s’intéressent plus à leurs colonies américaines que les français aux leurs : dans les
colonies françaises on compte quelques 80 000 colons, plus quelques milliers en Louisiane
alors que l’Angleterre compte près d’un million de colons dans ses propres colonies [Ferro,
1994, p.104] ; au XVIIIe siècle, l’essentiel des colons provient d’Irlande et d’Écosse. Sur les
270 000 colons qui migrent en Amérique entre 1700 et 1780, seuls 80 000 proviennent
d’Angleterre et du Pays de Galle (J. Horn in P.J. Marshall 1998, p. 31). Le nombre de colons
britanniques passe de 251 000 habitants en 1700 à 900 000 en 1750 et à 2 680 000 en 1780
dans les treize colonies. La plupart des migrants sont des domestiques, des travailleurs
qualifiés mais non des vagabonds criminels ou prostituées comme on l’affirmait souvent de
façon erronée à cette époque dans un grand nombre de pamphlets. Cette expansion par les
flux migratoires s’accompagne d’une expansion territoriale et les nombreux conflits avec les
colons français se soldent le plus souvent par une extension des zones contrôlées par
l’Angleterre. Les colons nord-américains vont bien au-delà des zones d’occupation initiale
pour occuper grosso modo la moitié du continent. En 1763, la France abandonne le Canada à
l’Angleterre et rétrocède la Louisiane à l’Espagne.
Les Antilles britanniques2 (La Barbade, La Jamaïque, les îles Sous-le-Vent, Belize, les îles
Caïmans, Les Bahamas, les îles Vierges) connaissent la même évolution en terme
démographique passant de 145 300 habitants (dont 114 300 noirs) vers 1700 à 302 000
habitants (dont 258 500 noirs) en 1748 (R. Sheridan in P. J. Marshall, 1998, p. 400).
2 Avec la révolution française, la Grande-Bretagne gagnera La Dominique, St Vincent, Grenade et Tobago.
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Le troisième domaine colonial est l’Asie ; au cours du XVIIIe siècle, la taille de ce domaine
va augmenter prodigieusement. Les liens avec l’Inde reposent tout d’abord sur l’activité de la
Compagnie des Indes Orientales, gigantesque organisation en soi qui envoie dans cette zone
entre 20 et 30 gros navires par an et opère à partir des comptoirs et ports qu’elle contrôle pour
parti : Surat, Bombay, Madras, Calcutta. Tout ce commerce est marqué par une extrême
stabilité au cours de la première moitié du siècle (P. J. Marshall, 1998, p. 491). En 1765, la
Compagnie des Indes est devenue le dirigeant incontestable de la partie Sud de l’Inde et de
l’immense région du Bengale (en y incluant le Bihâr) et comme le dit Marshall, elle a acquis
un vrai pouvoir à l’intérieur du territoire indien. L’installation de Britanniques en Inde est
toutefois extrêmement faible.
1.2. Activités économiques et commerciales
En 1700, l’Amérique, les Indes et l’Afrique fournissent 33% des importations britanniques et
reçoivent 15% des exportations, les réexportations jouent un rôle tout aussi important
(L’Angleterre revend en particulier les 2/3 des 20 000 tonnes de tabac qu’elle importe de
Virginie et des Antilles, les 2/3 des soieries, des cotonnades indiennes et des épices orientales)
[Léon, 1978, II, p. 207]. C’est d’abord et surtout du commerce avec l’économie américaine et
du commerce triangulaire que l’Angleterre va largement bénéficiée au cours du XVIIIe siècle.
Le commerce avec l’Afrique et les traites négrières
Les Anglais comme les Français profitent tout au long du XVIIIe siècle du commerce
triangulaire. L’Afrique pourvoie en esclaves contre des produits manufacturés, les îles à sucre
et les plantations et fermes américaines. L’Afrique absorbe alors 43% des toiles anglaises vers
1770, et la traite profite aussi à de nombreux autres artisans et industriels producteurs
d’alcool, d’armes… [Norel, 2004, p. 325]. L’Angleterre dispose comme la France de postes
sur la côte africaine les marchands se procurent les esclaves afin d’approvisionner leurs
propres colonies. Six régions sont exploitées : la Gambie, la Windward Coast, la Gold Coast,
Ardra, Wydah et Calabar [Mauro, 1996 (1964), p. 153]. La Royal African Company qui avait
au XVIIe siècle un monopole sur le commerce d’esclaves l’abandonne en 1698. L’importance
de ce commerce est considérable surtout depuis le début de ce siècle, et se trouve en
augmentation du fait d’une participation de nombreux négriers privés. En 1750 il y a environ
1 300 000 noirs dans les colonies américaines et tout au long du XVIIIe siècle l’Angleterre
amène 2.5 millions d’Africains aux Amériques [Maddison, 2001]. Le pourcentage de noirs est
toutefois très variable selon les régions : 2.3% de noirs en Nouvelle-Angleterre en 1710 et
42% dans les provinces du Sud, 90.1% en Jamaïque en 1750, 87% à Grenade, 42.4% à Trinité
toujours en 1750 [Maddison, 2001]. Car cette croissance du commerce des esclaves est
naturellement très liées à l’expansion des cultures de plantation et du sucre en particulier
(Richardson in P. J. Marshall, p. 457). Ce commerce n’est toutefois pas plus lucratif que
d’autres types d’activités, le taux de rendement étant estimé à environ 10% apparaît comme
un taux courant [Klein, 1999, p. 98]. Comme avec les autres pays, les échanges se font sur la
base de troc le plus souvent.
Ensuite le deuxième aspect de ce commerce triangulaire, c’est l’échange d’esclaves contre les
produits coloniaux. Le sucre en premier lieu qui est beaucoup plus consommé que partout
ailleurs en Europe et en France en particulier. La Barbade produisait encore au début du
XVIIIe siècle 10 tonnes annuelles de sucre. Les îles Sous-le-Vent ont produit jusqu’à 25
tonnes annuelles dans les années 1760 et la Jamaïque 44 tonnes environ [Léon, 1978, III, p.
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66]3. Plus que les Antilles françaises, les Antilles britanniques fournissaient en 1770 du sucre
dans des proportions beaucoup plus élevées (81% de leurs exportations contre 11% pour le
café et 3% pour le coton alors que pour les Antilles françaises : c’est 49% pour le sucre, 24%
pour le café, et 8% pour le coton en 1770) [Léon, 1978, III, p. 69]. Ces importations
britanniques de sucre en provenance des Indes Occidentales ont considérablement augmenté
au cours de la période passant de 25 000 tonnes en 1710 à 97 000 tonnes en 1775 (Price in P.
J Marshall, 1998, p. 81), alimentant à la fois le marché du Royaume-Uni et européen en parti
surtout dans le tout début du XVIIIe siècle (38% du sucre est réexporté en 1701 contre 10%
en 1733).
Le commerce d’importation des autres produits coloniaux
Toutefois, d’autres productions commerciales sont aussi un moyen d’enrichissement pour la
Grande-Bretagne. Le tabac en particulier devient la production de la Virginie et du Maryland
et de la Caroline du Nord. Au cours du siècle la production entre 1733 et 1773 double passant
pour la Virginie de 50 millions de £ à 100 millions de £. Le tabac joue le même rôle que le
sucre pour l’économie française [Poussou, 1998, p. 104]. Précisons ici qu’à l’inverse du sucre,
les réexportations vers le marché européen représentent 85 à 90% des importations
britanniques de tabac. Ce commerce très lucratif est animé par les marchands écossais,
londoniens, et par les négociants de Bristol qui voient toutefois ce commerce leur échapper
progressivement. L’importation de tabac en 1722 à destination du port de Londres était de
19 457 £, de 4 109 £ pour Bristol, de 1 728 £ pour Liverpool et de 6 533 £ pour Glasgow.
Pour l’année 1750, les chiffres sont respectivement de 25 668 £ pour Londres, de 4.806 £ pour
Bristol, de 5 663 £ pour Liverpool et de 14 361 £ pour Glasgow (Morgan, 1993, p. 153).
Pour les Midle Colonies et la Nouvelle-Angleterre, ceux sont les céréales qui deviennent les
cultures commerciales ; les exportations concernant surtout les Indes Occidentales (40%
environ de l’ensemble des exportations). Dans le Lower South, les cultures commerciales sont
plus variées dès la fin du XVIIe siècle mais au début du XVIIIe siècle, c’est le riz qui prévaut.
aussi la croissance de la production est exponentielle. Cette gion en exporte 5.8 millions
de livres en 1715, 29 millions en 1735, 72 millions en 1765 (Price, in P.J. Marshall, 1998,
p.85). En 1770, le riz occupe la troisième place parmi les exportations américaines derrière le
tabac et le blé [Poussou, 1998, p. 110].
L’indigo dans les années 1740 connaît un boom spectaculaire et est destiné à titre principal
aux manufactures textiles britanniques. Le coton est aussi une autre matière première
importante fournie par ces régions du sud mais c’est surtout les Caraïbes qui l’exportent à
hauteur de 64% du total du coton exporté, en 1772-1774. Toutes ces cultures nécessitent une
main d’œuvre abondante, ce qui explique l’abondance d’une population d’esclaves beaucoup
plus importante ici qu’en Nouvelle-Angleterre et dans les Middle colonies.
Tous ces produits coloniaux étaient exportés avec le système de l’exclusif en Angleterre à
l’exception du riz de Caroline exportés directement, à partir de 1730, vers l’Europe
méditerranéenne et à l’exception du blé et de la farine en provenance des colonies centrales et
de l’Upper South [Léon, 1978, III, p. 82]. Ce régime d’exclusif était donc appliqué avec
beaucoup d’indulgence. À cela il faut ajouter le trafic interlope avec les Antilles. Si bien
qu’existait non pas une forme de commerce triangulaire mais plusieurs formes de commerce
dont certains en droiture et tous ne profitaient pas exclusivement à l’Angleterre.
3 Environ 1/5 de cette production était réexportée sur le continent européen.
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Dans le commerce avec les Indes orientales, deux produits deviennent importants au cours du
siècle : le thé et le café. Le thé est importé par la Compagnie des Indes depuis la Chine et ce
commerce passe de 8 000 £ en 1701 à 848 000 £ en 1772 (Price, in P. J. Marshall, 1998, p.
83). Concernant le café, importé depuis l’Arabie et Java, l’essentiel est réexporté sur le
continent européen. Le commerce avec l’Asie, au cours de cette période, est aussi un
prolongement de la riode antérieure, s’agissant notamment des importations de poivre et
autres épices d’une part, et de cotonnades, de mousselines et de soie, d’autre part (les calicots
indiens étaient très demandés en Europe depuis le XVIIe siècle). En moyenne, on importait
dans les bonnes années, 750 000 pièces de calicots indiens (Marshall, 1998, p. 487).
Le commerce d’exportation des produits manufacturés britanniques
L’autre élément important dans les échanges entre l’Angleterre et ses colonies d’Amérique est
l’exportation des produits manufacturés. L’Angleterre vendait deux fois plus qu’elle
n’achetait et la plupart des colonies compensaient ces déficits par des ventes dans les autres
colonies françaises ou en Europe méditerranéenne. Les colonies s’imposent de plus en plus
comme un grand marché pour les produits anglais et non plus seulement comme une source
principale d’approvisionnement en produits tropicaux et autres matières premières [Postan et
Hill, 1977, I, p. 442]. Entre 1700 et 1773 la part du commerce colonial dans le commerce
extérieur britannique est passée de 15% à 50% (J. Price in P. J. Marshall, 1998, p. 101) et la
moitié de ce commerce concerne l’Amérique du Nord. De fait, on peut considérer que les
colonies américaines deviennent un véritable marché, en forte croissance pour les produits
anglais. Les exportations à destination des colonies américaines représentent 10,3% en 1700,
15,6% en 1750 (57,4% en 1797) [Brasseul, 1997, p. 204]. Entre 1744 et 1758 leur montant a
triplé. Les produits lainiers sont les premiers produits exportés et le marché américain est en
pleine expansion puisque la population de l’Amérique du nord a été multipliée par neuf entre
1700 et 1775.
Ces nouveaux marchés compensent les reculs sur les marchés européens [Verley, 1997, p.
449]. Les produits lainiers représentent toujours le gros des exportations : en 1760 les
exportations de cotonnades représentent 50% de la production et les lainages 46% [Crafts,
1984, p. 306] Cette croissance des exportations est à rapprocher naturellement de la
croissance démographique : 1,2 million en 1750, 3 millions en 1783 [Léon, 1978, III, p. 147].
Les exportations constituent un véritable aiguillon pour le secteur manufacturier et notamment
pour les cotonnades même s’il est difficile d’établir une réelle et unique causalité entre
exportations vers le nouveau monde et croissance économique britannique. Pour les toiles de
lin et de coton, la croissance des exportations est beaucoup plus rapide que celle de la
production et donc pour ces produits et pour la fabrication d’objets en métal, mais aussi pour
des produits aussi divers que le cuir, les céramiques, le savon, les bougies, l’évolution de ces
marchés extérieurs est un véritable stimulant à la croissance [Verley, 1997, p. 451] même s’il
y a en effet interdépendance entre les importations nécessaires à la production et les
exportations qui jouent à leur tour un rôle sur la production [Cochet et Henry, 1995, p. 307].
Cette demande outre atlantique est d’autant plus intéressante pour l’Angleterre qu’elle
provient d’un espace géographique en pleine expansion tant sur le plan économique que
démographique. Ce développement est due beaucoup moins à l’émigration, chaque colonie se
développant à partir de sa propre base [Poussou, 1998, p. 90], ce qui n’est toutefois pas le cas
des noirs que la traite continue d’amener très régulièrement.
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