Médecine
& enfance
janvier 2010
page 33
toires bien équipés et entraßnés, sont
particuliĂšrement gourmands en sang
(20-30 ml/substance), et ne sont pas
remboursés par la Sécurité sociale. En-
fin, et malgrĂ© dâimportants progrĂšs rĂ©-
cents, la sensibilité et la spécificité de
ces tests restent faibles pour la grande
majorité des médicaments, et des faux
positifs sont fréquemment observés
chez des patients atteints dâune authen-
tique HSI médicamenteuse. De ce fait,
en pratique courante, les indications de
ces tests sont trÚs limitées.
TESTS DE
PROVOCATION/RĂINTRODUCTION
Lorsque les TC et les tests in vitro ne
sont pas fiables, ne peuvent pas ĂȘtre ef-
fectués (dermatose étendue, traitements
antihistaminiques ou corticoĂŻdes au long
cours, insuffisance rénale chronique,
etc.), ne peuvent pas ĂȘtre interprĂ©tĂ©s
(hyporéactivité cutanée ou dermogra-
phisme) ou sont négatifs malgré une
histoire clinique évocatrice, les TP repré-
sentent le seul moyen qui permet avec
certitude de confirmer ou dâinfirmer le
diagnostic dâHS mĂ©dicamenteuse.
Ces tests doivent ĂȘtre effectuĂ©s en mi-
lieu sécurisé (milieu de type hospitalier
disposant de moyens de réanimation)
lorsquâils sont proposĂ©s Ă des patients
ayant présenté des réactions (potentiel-
lement) graves de chronologie immé-
diate ou accélérée. Certaines équipes
font aussi effectuer les TP Ă domicile,
sur plusieurs jours consécutifs, chez les
patients ayant présenté des réactions
peu graves de chronologie retardée. Ces
patients doivent disposer dâun plan
dâaction et dâune ordonnance pour trai-
tement dâurgence en cas de rĂ©action.
Quelles quâen soient les modalitĂ©s, les
TP sont en principe formellement
contre-indiqués chez les patients ayant
présenté des réactions graves (toxider-
mies potentiellement sévÚres notam-
ment) et/ou à des médicaments jugés
inutiles ou peu utiles et pour lesquels il
existe des traitements alternatifs effi-
caces. Chez ces patients, les tests de ré-
introduction sont donc effectués avec
des mĂ©dicaments de la mĂȘme famille,
censés ne présenter aucune réactivité
croisée avec les médicaments accusés.
CONCLUSIONî:
ATTITUDE PRATIQUE
Les enfants rapportant des réactions
plus ou moins évocatrices de toxidermie
doivent faire lâobjet dâun bilan allergolo-
gique. Ce bilan est essentiellement basé
sur un interrogatoire détaillé, des TC,
lorsquâils sont rĂ©alisables et validĂ©s, et,
Ă©ventuellement, un TP, sâil est justifiĂ©.
La place des examens biologiques est
trÚs limitée. En pratique :
âchez les enfants rapportant des rĂ©ac-
tions anaphylactiques et des réactions de
chronologie immédiate, tous les médica-
ments ou substances biologiques appar-
tenant Ă la mĂȘme famille chimique doi-
vent ĂȘtre, au moins temporairement,
contre-indiqués, car il existe un risque
élevé de réactivité croisée (sauf pour les
macrolides). Un bilan allergologique,
comportant des TC avec les substances
suspectes et avec dâautres substances de
la mĂȘme classe et de classes diffĂ©rentes,
et un TP (si justifié) doivent absolument
ĂȘtre effectuĂ©s pour confirmer ou infir-
mer le diagnostic dâallergie mĂ©dicamen-
teuse et pour dĂ©terminer si lâenfant est
sensibilisé à une ou plusieurs (classes
de) substances de la mĂȘme famille ;
âchez les enfants rapportant des urticaires
et/ou angio-ĆdĂšmes non immĂ©diats et
sans gravitĂ©, il est aussi recommandĂ© dâef-
fectuer un bilan allergologique. Le risque
pour lâenfant dâĂȘtre rĂ©ellement allergique
et, si tel est le cas, le risque de réactivité
croisée étant relativement faibles, il est
en principe possible, dans lâattente du bi-
lan, de prescrire des médicaments de la
mĂȘme famille mais dâune autre classe que
celle qui est suspectée ;
âchez les enfants rapportant une pseu-
do-maladie sérique, la valeur diagnos-
tique des TC à lecture non immédiate
est discutée. Généralement, on considÚ-
re que, que les TC soient positifs ou né-
gatifs, il faut contre-indiquer définitive-
ment la substance suspecte, les autres
substances de la mĂȘme classe et
dâautres classes Ă©tant autorisĂ©es. Cepen-
dant, diverses études ont montré que la
majorité des enfants ayant des TC à lec-
ture non immédiate négatifs tolÚrent
parfaitement les TP effectués à dose
thérapeutique pendant 7 à 10 jours, en
dehors de tout épisode infectieux, avec
le mĂ©dicament suspect (bĂȘtalactamines
notamment) ;
âchez les enfants rapportant un EP ou un
SSJ, lorsque le diagnostic dâinfection
(mycoplasmes, HSV, coxsackies, etc.) a
Ă©tĂ© Ă©liminĂ© ou nâa pas Ă©tĂ© effectuĂ©, il est
possible dâeffectuer des IDR Ă lecture
non immédiate et des patch-tests. Ce-
pendant, la nĂ©gativitĂ© des tests nâexclut
pas le diagnostic dâHS non immĂ©diate,
et lâon considĂšre que les mĂ©dicaments
suspects doivent ĂȘtre dĂ©finitivement
contre-indiqués. Cependant, dans notre
expérience, la majorité des enfants rap-
portant un EP ou un SSJ et ayant des TC
négatifs ont toléré les TP, sur plusieurs
jours, à dose thérapeutique usuelle ;
âchez les enfants rapportant des rĂ©ac-
tions Ă type de NET, DRESS et PEAG, les TC
à lecture non immédiate peuvent aussi
ĂȘtre effectuĂ©s. Toutefois, comme dans le
cas de lâEP et du SSJ, la nĂ©gativitĂ© des
tests nâexclut pas le diagnostic dâHS mĂ©-
dicamenteuse. Les TP sont formellement
contre-indiqués, compte tenu du risque
de récidive grave, et les molécules sus-
pectes et de structure proche sont défi-
nitivement contre-indiquées ;
âdans les autres cas, comme les Ă©rup-
tions bénignes non identifiées et les RMP,
les TC sont probablement inutiles, et le
diagnostic dâHS mĂ©dicamenteuse est gĂ©-
néralement infirmé sur la tolérance des
TP, effectués à domicile pendant plu-
sieurs jours consécutifs. Cependant, il
est recommandĂ© dâeffectuer des TC chez
les rares enfants récidivant lors du TP.
En principe, le bilan devrait ĂȘtre effec-
tué dans un délai de six semaines à un
ou deux ans aprÚs la réaction (présu-
mée) allergique, ne serait-ce que pour
conserver une anamnĂšse fiable, mĂȘme si
les sensibilisations retardées aux médi-
caments et substances biologiques sont
plus durables que les sensibilisations im-
mĂ©diates et peuvent ĂȘtre dĂ©tectĂ©es de
nombreuses années aprÚs la réac tion.
Enfin, chez les enfants chez lesquels une
HS allergique ou non allergique aux mé-
dicaments est prouvée par la positivité
du bilan allergologique ou est haute-
ment probable, malgré la négativité de
ce bilan, la prévention des récidives re-
126730 30-34 21/01/10 23:27 Page33