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http://michel.delord.free.fr/pedago/grammaire-inrp1951.pdf
Octobre 2008
AVANT PROPOS
Les grammairiens n'ont pas la réputation de s'entendre facilement entre eux. Pour une fois
cette opinion reçoit un démenti.
L'accord s'est fait aisément dans notre Commission sur les problèmes que posent la
nomenclature grammaticale, la progression d'enseignement et les exercices scolaires
d'analyse.
Cet accord s'explique par une raison essentielle : c'est que nous étions tous convaincus qu'aucun
effort tenté pour renouveler et mettre au point renseignement grammatical dans les écoles
primaires et l'enseignement secondaire ne pouvait aboutir si l'on ne parlait pas un langage
commun.
La nomenclature que nous proposons permettra, j'espère, de mettre fin à cette anarchie dans
la dénomination des faits grammaticaux qui correspondait soit à un excès de l'esprit
d'indépendance, soit, hélas ! aussi à la méconnaissance des réalités linguistiques.
La Commission s'est intéressée aussi aux questions de programmes et de progressions. Nous
avions projeté d'abord d'accompagner le programme de chaque classe primaire d'un court
article faisant le point des possibilités mentales des enfants de chacune de ces classes. Le
remarquable article de M. Ferré réunit ces indications successives et permet de comprendre
que la formation grammaticale des enfants doit suivre leur formation intellectuelle.
Nous nous sommes efforcés de proportionner les notions aux aptitudes. Sur ce point, comme sur
tout autre, nous n'avons pas la prétention d'avoir été infaillibles et nous recueillerons
volontiers tout avis fondé sur l'expérience qui nous permettrait d'approcher de plus près la
réalité.
Un exercice scolaire est particulièrement propre à recueillir et à faire apparaître le fruit
de notre travail c'est l'analyse dont on a beaucoup médit après avoir sans doute trop espéré
d'elle. Nous souhaitons qu'elle devienne plus claire, plus démonstrative, plus utile, car nous
n'ignorons pas qu'au-delà de cet exercice scolaire, c'est la compréhension même du français,
de sa structure, de ses moyens d'expression qui est en cause.
A. BESLAIS,
Directeur général de l'Enseignement du Premier Degré.
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