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1. L’état du monde rural
Sur le plan international
- Le Québec et le Canada enregistrent une concentration
géographique des populations des plus fortes des pays de
l’OCDE. De plus, la concentration des populations dans la
principale aire métropolitaine est largement prédominante
au Québec comparativement aux pays de l’OCDE.
- La part de la population vivant en milieu rural est plus
importante dans la plupart des pays de taille et niveau
de développement comparables au Québec, comme
l’Autriche, la Finlande, la Norvège, la Suisse ou l’Irlande.
- Les régions rurales constituent un maillon essentiel dans
la création de richesse et la croissance économique. Dans
le tiers des pays de l’OCDE, ce sont les régions rurales
qui enregistrent le plus fort taux de création d’emplois.
Par ailleurs, seules les régions principalement rurales ont
connu une croissance de l’emploi industriel durant les
années 1990 à l’échelle des pays membres de l’OCDE,
alors qu’il a connu un déclin constant dans les régions
urbaines et intermédiaires.
Sur le plan démographique
- En 2001, la population rurale se chiffrait au Québec à
1 420 330 d’habitants, soit 19,6 % de la population totale,
et occupait près de 80 % du territoire habité.
- De 1996 à 2005, le Québec a connu une croissance
démographique de l’ordre de 4,85 % qui dissimule de
grandes disparités sur le plan territorial.
- Pendant cette période, 44 MRC ont enregistré une
baisse de leur population, et la moitié des quelque 1200
municipalités du Québec sont concernées par cette
décroissance démographique. Figurent parmi celles-ci
aussi bien des petites, des moyennes que de grandes
municipalités.
-
L’évolution démographique au Québec montre une
polarisation géographique provoquée par une croissance
parfois forte de la population dans une partie circonscrite
du territoire (le Sud du Québec), pendant que la majeure
partie du territoire connaît un déclin ou est sur le point
de l’entamer.
- Les perspectives démographiques 2001-2026 laissent
présager une accentuation de ce clivage qui amène le
Québec vers une plus forte polarisation géographique de
sa population.
- Ces projections annoncent l’extension des territoires
touchés par le déclin démographique à l’horizon 2026 qui
pourraient atteindre 66 MRC couvrant non seulement les
régions périphériques mais également une bonne partie
des régions centrales.
- Le vieillissement de la population touche toutes les
régions du Québec, il est toutefois beaucoup plus marqué
dans les zones rurales que dans les zones urbaines et
périurbaines. Près de 28 % de la population rurale aura
65 ans et plus en 2026, comparativement à 24 % en milieu
urbain.
- Combiné au départ des jeunes, le vieillissement plus
précoce dans les régions périphériques majoritairement
rurales tend à réduire continuellement le bassin de
population active. En milieu rural, le bassin constitué par
les 15 à 65 ans passerait de 68 % en 2001 à 59 % en
2026.
- La migration vers les milieux ruraux semble manifester
une nouvelle tendance. Durant les cinq dernières années
(1999-2000 et 2004-2005), le nombre d’entrants dans les
MRC à caractère rural a augmenté de 23 % alors qu’il est
demeuré stable dans le milieu urbain (2,5 %). Le solde
migratoire globalement déficitaire des milieux ruraux dans
les années 90 s’est inversé pour devenir positif en 2004-
2005. Ainsi, le nombre de MRC à caractère rural avec un
solde migratoire positif est passé de 29 à 54 au cours des
cinq dernières années.
- La migration des jeunes ruraux vers les milieux urbains
est majoritairement motivée par la poursuite des études.
Le taux de passage à l’université est plus élevé dans les
régions périphériques que dans le reste du Québec. Ces
régions pourraient donc éventuellement compter sur un
potentiel de compétences si elles arrivaient à susciter un
retour en plus grand nombre de leurs jeunes.
- Bien que l’emploi demeure un facteur déterminant,
d’autres facteurs entrent en ligne de compte dans la
décision d’installation chez les jeunes, notamment l’image
que projette leur milieu et la qualité de vie qu’il offre.