Lettre d’information trimestrielle
infos
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n° 95 • 1er trimestre 2017
Éditorial
1er trimestre 2017
n° 95
Chers membres de la SFODF,
Président du Conseil d’administration de votre
société, et au nom du Conseil d’administration,
je tiens tout d’abord à vous remercier de votre
confiance.
Les statuts de la SFODF font qu’un tiers du
Conseil d’administration est renouvelé chaque
année et qu’à la suite le bureau est réélu. Cette
année, Yves Soyer entre dans la composition
du Conseil d’administration et, dans l’enthou-
siasme de son élection, il devient membre de
la Commission d’édition. Je le félicite, ainsi que
tous les membres du Conseil d’administration
qui ont été réélus dans leurs fonctions.
Merci Sophie, merci Georges Rozencweig pour le merveilleux congrès de
Biarritz : vous avez su allier un lieu magnifique, une ambiance heureuse et un
programme scientifique de haute tenue.
Tout le monde est satisfait ; les auditeurs comme les exposants.
Grâce à vous, la SFODF renoue avec la tradition des congrès de printemps
sympathiques, instructifs et conviviaux. Vous avez su attirer, avec une pro-
grammation scientifique d’un très haut niveau, non seulement beaucoup de
monde, mais aussi les plus jeunes de nos membres. Les internes étaient nom-
breux avec leur enthousiasme et la fraîcheur de leurs esprits.
Depuis Aix-en-Provence, Marseille, et aujourd’hui Biarritz, les valeurs de la
SFODF, faites de rigueur scientifique et de convivialité, ont repris une dyna-
mique positive, portée par les réformes initiées par le Conseil d’administration,
l’organisation assurée en interne par notre attachée de direction, Alexandra
Schaller, et la commission d’organisation des congrès dirigée par Alain Béry.
Cette année, la SFODF innove et bouscule nos habitudes, encore et toujours,
afin de promouvoir l’excellence en orthodontie.
Nous avons ainsi positionné notre Journée de Prestige le 18 mai et nous
accueillerons Albino Triaca, chirurgien maxillo-facial, professeur dans le
service de chirurgie maxillo-faciale de Salzbourg, qui exerce depuis plus de
30 ans à la clinique Pyramide au bord du lac de Zurich. Nous prolongerons
ainsi le thème du Congrès de Biarritz car la recherche de l’équilibre pour
Albino Triaca est une exigence constante dans sa conception de l’harmonie
faciale. Dans un domaine déjà bien codifié, il bouscule nos acquis, ouvre de
nouvelles perspectives et place l’excellence en ligne de mire. Pour ceux qui ne
le connaissent pas, il y aura un avant et un après 18 mai ; les autres, comme
moi, attendent la conférence avec impatience.
Les Journées de formation continue 2016 ont rencontré un vif succès grâce au
travail de Pierre Canal et de Sarah Chauty. Le programme en 2017 s’annonce
tout aussi stimulant.
Nous nous investissons particulièrement en participant aux JO et à l ‘ADF.
Notre vice-président, Alain Béry, administrateur de la FFO, gère dans la sérénité
la FFO. La mise à jour des statuts, comme il s’y était engagé dans la tourmente,
s’est faite dans un climat de respect mutuel et la SFODF a recherché une har-
monie collective propice à des Journées de l’Orthodontie réussies.
2017 marque le vingtième anniversaire des JO imaginées par Julien Philippe,
premier Président de la FFO et portées par ses successeurs, Pierre Planché,
Gisèle Thépaut et Olivier Mauchamp. L’équipe FFO d’aujourd’hui travaille pour
faire de cet anniversaire un événement scientifique mémorable et, je l’espère,
marqué par un virage vers l’ouverture internationale.
Cette année, je participe activement au programme de l’ADF en tant que
membre du Comité scientifique. Cinq séances seront consacrées à l’ortho-
dontie et la journée « Société » de la SFODF aura pour thème : « l’Orthodontie
au service de la prothèse ».
Toujours animés par la volonté de satisfaire nos membres, nous proposons
le 16 décembre une journée de conférences en association avec la Société
Française de Parodontologie et d’Implantologie Orale (SFPIO). Nous traiterons
de la collaboration interdisciplinaire entre nos deux spécialités. Cette journée
sera animée par six conférenciers (trois parodontologues et trois orthodon-
tistes) avec un point sur la responsabilité (Alain Béry) et 1h30 de débat clinique
sur les cas que vous soumettrez.
La pluridisciplinarité est un enjeu majeur de l’avenir de nos professions. Nous
devons apprendre à encore mieux travailler ensemble. Pour cela, il nous faut
mieux nous connaître et mieux cerner les possibilités thérapeutiques des spé-
cialités odontologiques, leurs contingences et leur complémentarité au service
de nos patients adultes, mais aussi adolescents et enfants.
La collaboration entre le parodontologue et l’orthodontiste est un enjeu
majeur pour la bonne santé bucco-dentaire de nos patients. J’espère que cette
initiative rencontrera votre approbation et pourra être pérennisée.
Olivier SOREL
Président du Conseil d’Administration de la SFODF
Olivier SOREL
Tarifs
(pauses incluses)
Règlement à établir à l’ordre de la SFODF
Membres
.......................................................................
290 euros
Non membres
...........................................................
350 euros
Assistantes (accompagnant le praticien)
....
150 euros
Étudiants internes en DES d’ODF
• Les 5 premières inscriptions
........................
30 euros
• Membres
..................................................................
100 euros
• Non membres
......................................................
150 euros
En attente de la validation du FIF PL
(commission premier trimestre 2017)
Horaires
De 9h00 à 12h30 - 14h00 à 17h30.
Pauses prises sur place et repas libre.
Jeudi 1er juin 2017
Attestation Universitaire de Formation
en Imagerie CBCT
Thomas Fortin
Maître de Conférences des Universités / Praticien Hospitalier
et Stéphane Alric
Spécialiste Global, Projets Imagerie Extraorale et Applications cliniques, Carestream Dental /
Master Electronique / Master 2 en Génie Biomédical / Master 2 en Technologies Numériques
LIEU :
Bureau permanent de la SFODF
Objectifs
L’objet de cette formation est, d’une part, de répondre aux contraintes réglementaires et, d’autre part,
d’appréhender cette nouvelle technologie qu’est la tomographie volumique à faisceau conique de la
face (CBCT). A cette occasion, les candidats sont aussi interrogés sur leurs retours d’expériences et
leurs attentes en termes de formation.
Jeudi 12 octobre 2017
Atelier pratique Stripping
Olivier Sorel
Spécialiste qualifié en ODF / Professeur des Universités / Président de la Société Française
d’Orthopédie-Dento-Faciale / Praticien Hospitalier / Responsable de l’UF de la sous section
56-02 d’ODF / Responsable de l’UF d’ODF de Rennes
et Damien Brezulier
Assistant Hospitalo Universitaire, Université de Rennes 1
LIEU :
Salle de Travaux Pratiques de la Faculté Garancière
Objectifs
Durant la séance de travaux pratiques, nous aborderons les notions fondamentales nécessaires pour
dominer et pour pouvoir effectuer la sculpture des faces dentaires sur des dents naturelles montées
sur moulages. La mise en pratique de la RAP se fera en utilisant deux systèmes pour la phase d’abra-
sion, une turbine avec des fraises adaptées et un contre-angle oscillant. Nous aborderons alors les
impératifs de la phase de polissage nécessaires à une bonne finition. L’atelier, très orienté vers la
clinique, se terminera par des échanges autour des cas cliniques présentés.
Renseignements
Société Française d’Orthopédie
Dento-Faciale (SFODF)
15, rue du Louvre - Bât. 2, RdC - 75001 PARIS
Tél. : 01 43 80 72 26 - [email protected] - www.sfodf.org
N° d’organisme de formation : 01 75 261 43 75
N° d’accréditation CNFCO : 0675 30 11 - 91/53
Inscription à partir du
15 novembre 2016
www.sfodf.org
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LES CONFÉRENCES
DE PRESTIGE DE LA
INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS
à partir du 15 octobre 2016
Tarif membre : 390 \ Tarif non membre : 490
Inscription gratuite pour les internes en O.D.F., les enseignants P.U., M.C.U. et A.H.U. (sur présentation d'un justificatif)
des départements d’O.D.F. des universités françaises.
Site internet : www.sfodf.org \ E-mail : sfodf@sfodf.org
Albino Triaca
Jeudi 18 mai 2017
Maison des Océans
195, rue Saint-Jacques - 75005 Paris, France
Ostéotomie du rebord
mandibulaire ("chin wing") :
Nouveau concept
en chirurgie orthognathique
Comité d’organisation SFODF
10, rue Déodat de Séverac - 75017 Paris, France
Traduction simultanée
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18SFODF_advert210x297.indd 1 17/02/2017 10:37
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Journée
de Formation Continue
n° 95 • 1er trimestre 2017
FORMATION PRÉSENTIELLE
ET VIRTUELLE 3D
JEUDI 8 DÉCEMBRE 2016 À PARIS
Dans le cadre du cycle de Formation Continue de la SFODF,
le 18 décembre 2016, Stéphane Renger a organisé à Paris
une série de conférences concernant l’utilisation des vis d’ancrage
en orthodontie : avantages, techniques d’utilisation,
mises en œuvre chirurgicale et orthodontique.
Illustrées par des cas cliniques à l’échelle nationale
mais également internationale, les interventions successives
d’Irène Kapogianni (Allemagne), Guillaume Reys (France),
Ju Young Lee (Corée du Sud), Stéphane Renger (France),
Renzo De Gabriele et Gianluca Dellatana (Italie) et Ki Beom Kim
(USA) ont été de haute qualité et riches d’enseignements.
Le double intérêt de cette formation a été
son interactivité et la participation à dis-
tance de Ju Young Lee et Ki Beom Kim, dont
les conférences ont pu être retransmises
en direct et traduites en simultané par Sté-
phane Renger, depuis la plateforme virtuelle
fournie par la société Dental Life.
Ju Young Lee au travail.
L’avatar de Ju Young Lee en action.
L’avatar de Ki Beom Kim en conférence.
Représentés par leurs avatars, les confé-
renciers sont intervenus en direct, illustrant
leurs propos par des diaporamas, dans une
salle virtuelle modélisée en 3D dédiée à ce
genre d’expérience. Des questions ont pu
être posées par l’auditoire.
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Journée
de Formation Continue
n° 95 • 1er trimestre 2017
Nous avons eu la chance d’assister par visioconférence aux
communications orales de Ju Young Lee et Ki Beom Kim. Grâce
à l’interface mise en place par Guillaume Reys et aux conseils de
Stéphane Renger, nous avons pu nous créer un avatar et accéder
au salon virtuel de conférences sans nous déplacer !
La qualité des conférences a été fortement appréciée par l’ensemble
de l’équipe des internes de Nancy. Ju young Lee a présenté de
nombreux cas de distalisation molaire et Ki Beom Kim a fait une
synthèse de la recherche sur les mini-vis.
Nous remercions chaleureusement la SFODF pour l’organisation de cette journée, et en particulier
Stéphane Renger et Guillaume Reys. Dans l’attente d’une nouvelle visioconférence, nous recommandons
vivement l’utilisation des outils virtuels pour la communication !
Merci encore !
Les internes d’ODF de Nancy
Les conférences données sur place ont éga-
lement été d’un haut niveau scientifique et
les conférenciers, comme l’auditoire, ont été
très satisfaits de ces échanges.
La société Dental Life, créée en 2008 par
Guillaume Reys, a mis au point une plate-
forme numérique 3D s’adressant à tous les
professionnels du monde dentaire.
Véritable réseau professionnel d’échanges
et de collaboration, ce lieu virtuel de haute
technicité propose des espaces de forma-
tion, de démonstrations, et de simulations
aux chirurgiens-dentistes, fournisseurs, étu-
diants, assistantes, associations, laboratoires,
organismes de formation continue…
Après une inscription préalable sur le site
Internet de l’Université de Strasbourg
(http://www.ever.unistra.fr), les étudiants et
les professionnels peuvent se créer un avatar
personnalisable à souhait
permettant de déambu-
ler dans les différents
espaces modélisés en
3D et de communiquer
en direct par chat ou par
oral avec les personnes
connectées.
Un apprentissage som-
maire des fonctionnalités
de cet environnement
numérique (se déplacer,
communiquer, utiliser la
caméra de visualisation)
est proposé sous forme
de panneaux tutoriels
in situ, mais également
par une équipe formée
à l’accompagnement
des débutants dans le
monde virtuel.
Un document Pdf vous donne toutes les
étapes à suivre pour vous connecter dans le
monde virtuel, disponible sur le site:
http://www.dentallife.fr/blog/?p=4019.
Très vite, il vous est donné d’accéder aux
diaporamas mis en place par des profes-
seurs d’université ou des confrères, ou à
la zone des
serious games
. Vous pouvez
accéder au palais des congrès virtuel pour
assister à des conférences en direct, ou à
des retransmissions. Vous avez accès aux
stands modélisés de fournisseurs attitrés et
reconnus dans le monde dentaire. De nom-
breux espaces conviviaux vous permettent
également de vous informer et d’échanger
avec des professionnels de toutes régions.
Cette journée de formation a connu un
succès certain et bon nombre de témoi-
gnages positifs ont été adressés en ce sens
à la SFODF, comme celui des internes de la
Faculté de Nancy par exemple.
Salle de conférence virtuelle 3D.Conférenciers à l’Hôtel des Arts et Métiers.
Remerciements d’Irène Kapogianni.
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Interview
de Thomas Fortin
n° 95 • 1er trimestre 2017
Sarah Chauty, membre du Conseil d’administration de la SFODF, interviewe Thomas Fortin,
co-conférencier de la journée de formation continue avec Stéphane Alric, organisée par la
SFODF sur l’imagerie CBCT.
Thomas Fortin est diplômé de la Faculté d’Odontologie de Lyon, spécialiste qualifié en chirurgie orale. Son activité est
orientée vers la chirurgie implantaire, la chirurgie guidée et la chirurgie orale.
Il est également Maître de Conférences en chirurgie orale, responsable du département de chirurgie orale de la Faculté
d’Odontologie de Lyon, responsable de l’Unité Fonctionnelle d’implantologie, et membre de plusieurs organisations telles
que le laboratoire TIMC, leader dans le domaine du traitement d’images, de la chirurgie assistée par ordinateur. Après
avoir développé le premier système de chirurgie assistée par ordinateur en implantologie orale (en 1993), il a publié de
nombreux articles parmi lesquels la première publication odontologique sur la tomographie à faisceau conique, co-écrite
avec S. Bianchi de l’Université de Turin en 2002.
Thomas FORTIN
Sarah CHAUTY
Sarah Chauty : Depuis quand le cone beam
existe-t-il ?
Thomas Fortin : La société QR (Italie) a été la
première à commercialiser un cone beam dans le
domaine dentaire en 1996, le Newtom 9000.
SC : Quel est le principe de fonctionnement
du cone beam ?
TF : Il s’approche de celui du scanner médical, à
savoir un tube à rayons X solidaire et aligné à un
détecteur et qui réalise une rotation dans le plan
axial autour du patient.
La différence essentielle réside dans la forme du
détecteur. C’est une barrette relativement étroite
en épaisseur pour le scanner, quand c’est un cap-
teur plan dont l’épaisseur est bien plus large pour
le cone beam.
On parle de « fan beam » pour le scanner : un
faisceau de rayons X en éventail (fan) et on parle
de « cone beam » pour le second ; un faisceau en
forme de cone (plus exactement pyramidal: la base
étant aujourd’hui de section rectangulaire).
L’ensemble tube-détecteur réalise une rotation
de 180° ou 360° autour du patient, pour acquérir
les informations sous différents angles et, ainsi,
reconstruire le volume 3D.
Voici ci-dessous une illustration des deux types de
fonctionnement, extraite du dossier scientifique de
l’ADF, « Tomographie Volumique à faisceau conique,
justification, optimisation & lecture » (2015).
SC : Y a-t-il aujourd’hui beaucoup de cabi-
nets équipés ?
TF : On estime le taux d’équipement en cone
beam des cabinets dentaires à 10 % aujourd’hui
(32 500 cabinets recensés en France). La crois-
sance est de 2 % annuel aujourd’hui (plus 600 cabi-
nets équipés par an). Cette croissance devrait
doubler d’ici cinq ans.
SC : Quelle est la durée d’acquisition d’un
cone beam ?
TF : Elle va environ de 7 à 8 secondes, jusqu’à
30 secondes en fonction des programmes choi-
sis : Haute Définition, Basse Dose, Taille du champ
(champ dento-alvéolaire ou massif maxillo-facial
complet...). La majorité des systèmes proposent
des temps d’acquisition « standards » entre 15 et
20 secondes.
SC : L’installation d’un équipement cone
beam a la réputation d’être onéreuse. Est-ce
toujours le cas ?
TF : La tendance est largement à la baisse. On
acquérait un cone beam pour plus de 200 000
en 2005. On peut aujourd’hui s’équiper avec un
cone beam « de base » (champs moyen, dento-
alvéolaire) aux environs de 60 000 .
SC : Une formation est-elle obligatoire ?
TF : Oui. Dans le cadre du projet Sedentexct
(www.sedentexct.eu), la Commission Européenne
a publié en 2012 un guide intitulé « Cone Beam
CT (CBCT) for dental and maxillofacial radiology ».
Sur la base de ce guide, l’European Academy of
Dentomaxillofacial Radiology (EADMFR) a listé 20
principes basiques d’utilisation du Cone Beam CT.
Le principe n°18 indique que les chirurgiens-den-
tistes responsables d’un équipement Cone Beam
CT qui n’ont pas reçu préalablement de formation
adéquate théorique et pratique doivent subir une
période additionnelle de formation théorique et
pratique validée par une institution académique.
La décision du 20 mars 2012 de l’Union nationale
des caisses d’assurance maladie (UNCAM) relative
à la liste des actes et prestations pris en charge par
l’assurance maladie demande une formation spé-
cifique à l’acte CBCT en plus de la formation initiale
pour qu’il y ait prise en charge de cet examen. Dans
la CCAM, le code LAQK027 correspond à ces exa-
mens. Sa cotation est subordonnée au suivi d’une
formation spécifique à l’acte CBCT.
SC : Quel est le degré de précision du cone
beam ?
TF : Il dépend du champ et de la résolution d’acqui-
sition sélectionnés.
Cette résolution peut aller de 0,3 mm pour des
« grands » champs : couvrant la majeure partie du
massif maxillo-facial, à 0,075 mm pour des petits
champs couvrant quelques dents, pour des appli-
cations endodontiques.
La résolution « standard », pour des applications
implantaires, parodontales, orthodontiques tourne
autour de 0,15 à 0,2 mm.
SC : Un cone beam est-il irradiant ?
TF : Bien sûr, dans la mesure où la source d’énergie
est un faisceau de rayons X, comme le scanner.
L’irradiation dépend de la taille de champ et des
paramètres d’acquisition sélectionnés (kilovoltage,
milliampérage, temps d’exposition).
Cette irradiation doit être limitée à la plus faible
nécessaire et suffisante pour chaque type d’appli-
cation clinique. C’est le principe ALARA : As Low as
Reasonable Achievable.
Fig 1 : Principe de fonctionnement de la TVFC
(Tomographie Volumique à Faisceau Conique,
ou Cone Beam) à gauche et du scanner médical
à droite.
LIEU : Siège de la SFODF, 15 rue du Louvre 75001 Paris
Informations
et inscription sur
www.sfodf-formationcontinue.com
5
n° 95 • 1er trimestre 2017
Le gros intérêt du cone beam est quand même de
présenter un niveau global d’irradiation bien inférieur
au scanner médical, de l’ordre de 3 à 10 fois moindre
selon les champs et programmes sélectionnés.
SC : Peut-on faire un cone beam à une femme
enceinte ?
TF : Les doses émises sont limitées et corres-
pondent à quelques jours d’irradiation naturelle.
Cependant des précautions doivent être prises : le
port d’un tablier plombé, la sélection d’un champ le
plus réduit possible, le choix de paramètres d’acqui-
sition -basse dose- proposés aujourd’hui par les
constructeurs…
SC : Y a-t-il des contraintes minimales
d’âge ?
TF : Il faut garder en tête que le risque des rayon-
nements ionisants est deux fois plus élevé pour un
adolescent, et trois fois supérieur pour un enfant
de moins de 10 ans.
SC : Le cone beam est-il remboursé par
l’assurance maladie ?
TF : Comme évoqué plus haut, la mise en place en
juin 2014 de la classification commune des actes
médicaux (CCAM) a généré un libellé correspondant
à un examen cone beam : « radiologie volumique
par faisceau conique du maxillaire, de la mandi-
bule et/ou d’arcade dentaire ». Le code CCAM est
LAQK027. Sa tarification est de 72,66 .
SC : Quelles sont les contraintes pour instal-
ler un cone beam ? Peut-il être installé dans
une salle ayant servi auparavant pour une
téléradiographie ?
TF : Les conditions d’installation d’un système cone
beam sont les mêmes que celles des systèmes
panoramiques dentaires.
Conformément à l’article R. 1333-19 du code de la
santé publique, le cone beam relève d’une décla-
ration ASN (DEC/GX).
Comme ces systèmes autorisent en général des
examens panoramiques et volumiques, ils entrent
dans la catégorie « Appareils de radiographie
endobuccale, appareils de radiographie panora-
mique avec dispositif de tomographie volumique
dentaire à faisceau conique ».
La procédure de déclaration impose : La
désignation d’une Personne Compétente en
Radioprotection / L’exploitation du système par
des personnels autorisés ayant validé la formation
à la radioprotection du patient (formation valide 10
ans) / Une implantation dans des locaux conformes
à la nouvelle norme NF C 15-160.
SC : Quelles sont les indications du cone
beam ? Y a -t-il des contre-indications ?
TF : Le rapport 172 : « Cone Beam CT for dental
and maxillofacial radiology » publié dans le cadre
Européen Sedentexct est la référence internatio-
nale la plus complète en matière de justification des
actes cone beam.
Les indications sont les suivantes.
Évolution de la dentition :
Examens de champ localisés (petits champs) :
Localisation de dents incluses/Résorption
externe liée à une dent incluse/Fente palatine/
Ancrage orthodontique temporaire par mini
implants.
Examens grand champ : Orthopédie dento-
faciale.
Restauration de la denture : Diagnostic de
lésions carieuses/Évaluation de l’état parodontal/
Évaluation de lésions périapicales/Endodontie/
Traumatismes dentaires.
Chirurgie : Exodontie/Implantologie/Lésions
osseuses/Traumatismes de la face/Chirurgie
orthognathique/ATM.
Les contre-indications proviennent de la pré-
sence de matériau radio-absorbant à proximité
des régions à évaluer (métal, matériaux de com-
blements canalaires). Ces matériaux génèrent
des artefacts dans l’image qui peuvent fausser
un diagnostic et/ou une évaluation sur ou aux
environs proches de ces structures. Évaluation de
l’ostéointégration implantaire : contre-indiquée.
Évaluation de fracture radiculaire sous tenon :
contre-indiquée. Évaluation de lésions carieuses à
proximité de couronnes métalliques : contre-indi-
quée. Évaluation du comblement volumique d’un
canal radiculaire : contre-indiquée.
Les limitations : Le cone beam est une techno-
logie d’imagerie des tissus osseux et dentaires. Il
n’est absolument pas adapté à l’exploration des
tissus mous ; disques articulaires et/ou ligaments
de l’ATM, par exemple.
SC : Qu’est-ce que le cone beam apporte de
plus que le scanner pour les dents incluses ?
TF : Une irradiation du patient jusqu’à 10-15 fois
inférieure (en utilisant un champs localisé), et une
définition bien plus grande de l’image (voxel de
150 µm au lieu de 600 µm pour le scanner).
SC : Et pour les implants ?
TF : Même chose que pour les dents incluses. Plus,
en général, un niveau d’artefacts (dû aux implants)
dans l’image bien moindre.
SC : Dans quels cas le scanner doit-il être
préféré ?
TF : Pour les explorations des tissus mous, les
explorations carcinologiques, les examens injectés.
SC : Le cone beam peut-il remplacer l’appa-
reil radiologique dans un cabinet d’ortho-
dontie ?
TF : Dans la mesure où l’ « appareil radiologique »
cité dans la question est un système de panora-
mique dentaire + céphalométrique, oui.
Car la plupart des systèmes cone beam actuels
sont des systèmes « 3 en 1 », associant imagerie
panoramique (2D), céphalométrique (2D) et volu-
métrique (3D).
SC : Que peut-il apporter de plus que les
radiographies conventionnelles dans le bilan
orthodontique ?
TF : Bien qu’il n’y ait pas de différence dans la pré-
cision des mesures réalisées sur des téléradiogra-
phies classiques (2D) et des reconstructions faites
à partir de volumes, le niveau d’irradiation d’une
acquisition volumique reste bien supérieur à celui
d’une acquisition téléradiographique, d’autant plus
qu’il s’adresse à une population pédiatrique.
Néanmoins, la 3D peut s’avérer intéressante pour
la simulation et la planification des déplacements
orthodontiques. Le développement d’analyses
céphalométriques 3D pourrait également conduire
à réévaluer l’indication en fonction de la pertinence
diagnostique et de l’intérêt thérapeutique.
SC : Le cone beam apporte-il des informa-
tions intéressantes pour l’étude des troubles
des ATM ?
TF : L’exploration cone beam des ATM se limite prin-
cipalement à la pathologie ostéo-cartilagineuse
dégénérative arthrosique et ostéo-arthritiques.
Peut-il remplacer le bilan long cône pour les
patients souffrant d’une parodontite ?
Selon la HAS, « le cone beam pourrait se substi-
tuer à l’avenir à l’examen long cône pour le bilan
parodontal et il pourrait présenter un intérêt par-
ticulier pour le diagnostic différentiel des lésions
endo-parodontales avec des signes cliniques et
une symptomatologie mal définis. »
Les examens cliniques et radiographiques 2D
sous-estiment souvent la sévérité des lésions
inter-radiculaires en comparaison au cone beam.
Le cone beam est un examen assurant une bonne
détection préopératoire des lésions inter-radicu-
laires et de leur sévérité.
Ses apports par rapport aux incidences conven-
tionnelles sont une situation de l’alvéolyse
inter-radiculaire, une lecture de l’alvéolyse inter-
radiculaire dans le sens corono-apical et une
meilleure lecture de l’anatomie dentaire : racines
fusionnées, hauteur du tronc radiculaire.
SC : Quels sont les pièges du cone beam
(artefacts…) ?
TF : Les deux principaux « ennemis » de l’imagerie
cone beam sont les mouvements du patient, qui
introduisent du grain (bruit) dans l’image, des
dédoublements et/ou des flous de structures, une
augmentation des artefacts dus aux matériaux
radio-absorbants et les matériaux très radio-
absorbants (couronnes métalliques, tenons…) qui
génèrent des artefacts autour desdites structures,
empêchant souvent une bonne évaluation et un
bon diagnostic.
SC : Pour conclure, pensez-vous que le cone
beam constitue une révolution ?
TF : Une révolution en ce sens où son utilisation a
un impact majeur sur les protocoles cliniques.
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