
Origines du terme[modifier]
En français, le verbe « mondialiser » est attesté dès 19282.
A l'époque de la Guerre froide, le terme « mondialisation » (cité en 1959 dans le journal
anglais The Economist, puis dans le quotidien français Le Monde) pointe l'accroissement des
flux, notamment du volume des échanges commerciaux de biens, de services, de main-
d’œuvre, de technologie et de capital à l’échelle internationale : « L'industrialisation, ses
ressorts réels et son idéologie stimulent la mondialisation de certains marchés et la lutte
entre les "marchés" occidentaux et les "marchés" soviétiques » (François Perroux)3.
Selon Robert Boyer 4 la Globalisation-Mondialisation trouve son origine dans la littérature
consacrée aux firmes multinationales et désigne d'abord un phénomène limité, une
mondialisation de la demande.
Créé dans les années 1960, mais longtemps cantonné au champ académique, le terme
semble retomber dans l'oubli pendant une, voire, deux décennies mais refait surface au
cours des années 1980-90 pour occuper une place majeure dans le débat public.
Globalisation-Mondialisation : 4 définitions pour un mot
fétiche[modifier]
Le terme s'enrichit au cours du temps au point de s'identifier - d'après Robert Boyer5- à une
nouvelle phase de l'économie mondiale. La notion devient alors tellement "protéiforme"
qu'elle porte la confusion à son comble. Quatre définitions méritent d'être distinguées:
Globalisation selon Théodore Levitt[modifier]
En 1983, Théodore Levitt désigne sous ce terme « la convergence des marchés qui s'opère
dans le monde entier ». Terme qui s'applique surtout à la gestion des multinationales et
concerne exclusivement les échanges internationaux. Globalisation et technologie semblent
façonner avec constance et résolution les relations internationales . Tout se passe comme si
le “ monde entier ” constituait une entité unique vendant la même chose , de la même
manière à des coûts relativement bas6. La firme multinationale doit s'adapter aux différences
nationales, mais seulement à regret, dans la mesure où elle n'est pas parvenue à circonvenir
ou à recomposer les demandes spécifiques qui s'adressent à elles.
La globalisation des marchés tend en ce sens à évacuer la vision antérieure d'un cycle de vie
du produit qui consiste à vendre aux pays les moins avancés les produits devenus obsolètes
dans les pays les plus riches.
Globalisation selon Kenichi Ohmæ[modifier]
En 1990, Kenichi Ohmæ 7 applique la notion à l'ensemble de la chaîne de création de valeur
( R&D, ingénierie, production, marchandisation, services et finance). La marche à la
globalisation se fait par étapes : « Après avoir développé ses exportations à partir de sa base
nationale, l'entreprise établit à l'étranger des services de vente, puis produit localement, puis
ultérieurement accorde une maitrise complète à la filiale créée sur place ». Le processus est
alors à son terme : l'intégration globale où les firmes d'un même groupe conduisent leur
R&D , financent leurs investissements et recrutent leur personnel à l'échelle mondiale. Pour
la grande firme multinationale, la globalisation pointe une forme de gestion totalement
intégrée à l'échelle mondiale.
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