Avril 2013
LES FICHES CONCOURS DE L’ESC LA ROCHELLE - GEOPOLITIQUE
Fiches concours de l’ESC La Rochelle 2012/2013
102 rue de Coureilles 17024 La Rochelle Cedex 01
Tél 05 46 51 77 00 www.esc-larochelle.fr
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Les fiches concours de
L’ESC LA ROCHELLE
Fiche n°2 : GEOPOLITIQUE La gouvernance mondiale - Avril 2013
Proposée par Christian VAUTHIER
Diplômé de Reims Management School,
Maîtrise de sciences économiques Université Paris Panthéon
Professeur de Chaire Supérieure en Economie-Management
Professeur de classe préparatoire de 1977 à 2008.
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Une gouvernance économique mondiale est-elle
pertinente, voire nécessaire ?
Suivant les principes d’Adam Smith et Ricardo, le système économique mis en place au 19ème
siècle n’a laissé qu’une place limitée aux Etats sur le plan national, et seuls des accords bilatéraux
ont été réalisés sur le plan des échanges internationaux. Ceux-ci s’appuyaient sur le système de
l’étalon-or, système qui s’est installé de façon « naturelle », comme l’avaient enseigné les « pères
de l’économie ».
La création de l’URSS, à la suite de la Révolution de 1917, mettant en place un système concurrent
du capitalisme, les crises économiques et notamment la Grande Crise de 1929, vont persuader les
dirigeants occidentaux de la nécessité de poser les bases d’une entente internationale, et ce dès
avant la fin de la seconde Guerre Mondiale.
C’est ainsi qu’en 1944 sera créé le FMI (Fonds Monétaire International), avec la Banque Mondiale.
La Charte de la Havane de 1947 donnera naissance au GATT (General Agreement on Tariffs and
Trade), ayant pour rôle de faciliter les échanges commerciaux internationaux, tandis que
l’application du plan Marshall obligera les pays européens à mettre en place l’OECE (Organisation
Européenne de Coopération Economique), afin de bénéficier de l’aide américaine.
On notera que, sur le plan politique, l’ONU (Organisation des Nations Unies) verra le jour en 1945,
en remplacement de la SDN (Société des Nations) qui, mise en place à la fin de la Grande Guerre,
fut incapable d’empêcher le second grand conflit mondial.
Quelle part ces institutions économiques ont-elles prise dans la fabuleuse croissance économique
des 30 Glorieuses ? Nul ne peut le dire exactement, mais l’on peut néanmoins affirmer qu’elles ont
contribué au développement économique des pays occidentaux pendant cette période.
Le retour de l’inflation, la crise pétrolière, l’émergence de nouveaux pays, vont peu à peu
bouleverser l’ensemble des économies, qui vont entrer à partir des années 1970 dans ce que les
économistes appellent un « environnement instable et incertain ».
Le système monétaire international mis en place en 1944 éclatera en 1976, donnant ainsi un rôle
nouveau au FMI ; le GATT montrera ses limites et laissera la place à une nouvelle organisation en
1992, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).
La chute du Mur de Berlin (1992) et la disparition de l’URSS, entraînent la quasi-disparition du
système collectiviste. Le phénomène de mondialisation se poursuit, avec la globalisation des
systèmes économiques et financiers. Mais les crises économiques et financières à répétition,
démontrent l’insuffisance des institutions économiques internationales à régler les problèmes (et
encore moins à les anticiper).
Des tentatives de règlement vont se développer en réunissant directement les chefs d’Etat ou de
gouvernement, (du G6 au G20), tandis que la question des dettes souveraines au sein de l’Europe
oblige ses dirigeants à mettre en place de nouvelles réponses aux défis actuels.
Peut-on conclure à l’esquisse d’une véritable gouvernance mondiale ?
Nous examinerons tout d’abord les institutions internationales mises en place jusqu’à la fin du
siècle dernier (1). Puis, en analysant successivement les crises mondiale et européenne (2), nous
verrons les réponses données afin de déterminer si l’on peut sérieusement envisager la mise en
place d’une telle gouvernance.
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1. Les institutions économiques internationales mises en place
au 20ème siècle
1.1. Le FMI et la Banque Mondiale
1.1.1 La création du FMI
La conférence de Bretton-Woods (juillet 1944) met en place le système de l’étalon de change-or.
Le nouveau SMI, en permettant aux pays de gager leur monnaie sur l’or, ou sur une autre monnaie
(par exemple le dollar…) va créer les liquidités nécessaires au veloppement du commerce
international, ce que ne permettait pas le seul étalon-or.
Pour que le système fonctionne, on décide que les parités entre les monnaies doivent être stables
l’intérieur d’une marge de fluctuation de + ou -1%). Et c’est le rôle du FMI de veiller au respect de
ces parités, en aidant les pays dont la monnaie se dévaloriserait sur les marchés des changes, et en
évitant autant que possible les changements de parités (dévaluations ou réévaluations).
Les différentiels de croissance économique nécessiteront des réajustements de parités, la
dévaluation pouvant donner l’illusion d’un coup de fouet et permettant de relancer la machine
économique, (à condition toutefois de mettre en place les ajustements structurels nécessaires).
Le dollar prenant la place de monnaie de référence, le besoin de liquidités mondiales va être
comblé par les billets verts, provenant du déficit de la balance des paiements américaine (du aux
investissements des FMN américaines, aux dépenses militaires hors territoire US, et aux aides
diverses apportées par les USA aux pays du Tiers-Monde, notamment en Amérique Latine). Ces
dollars, bien que convertibles, vont être conservés par les détenteurs étrangers (les Banques
Centrales) : dollar « as good as gold ». Vont alors se développer les « mondo-dollars », mettant
ainsi en danger la convertibilité du dollar. Face à quelques demandes de mise en place d’un
nouveau SMI, basé sur une autre monnaie que le dollar, il n’y aura aucune réaction du FMI. Celui-
ci fonctionnant comme une société anonyme, les voix sont attribuées en fonction des apports de
chaque pays, et ceux-ci étant proportionnels aux PIB, les USA détiennent une large majorité
relative, et ne vont pas sacrifier un système qui leur convient si bien ! noter que les USA
disposent encore aujourd’hui d’un véritable droit de veto).
Il faudra attendre 1969 pour la mise en place des DTS (Droits de Tirage Spéciaux), monnaie basée
sur un ensemble de monnaies, mais leur usage restera extrêmement limité, et ne remettra pas en
cause la suprématie du dollar.
Août 1971 : le président Nixon ne peut que reconnaître l’inconvertibilité du dollar, reconnaissance
qui sera suivie d’un remaniement général des parités en décembre, dans le cadre du FMI. Après une
dévaluation du dollar en février 1973, celui-ci « flottera » en mars, entraînant le flottement général
des monnaies, et l’abandon du système de parités fixes, entériné par les accords de la Jamaïque de
1976.
1.1.2 Le nouveau rôle du FMI après 1976
N’ayant plus à faire respecter les parités désormais disparues, il permettra cependant la réunion des
ministres des finances occidentales pour limiter le flottement du dollar à la hausse (Accords du
Plazza de 1985) ou à la baisse (Accordes du Louvre de 1987). En effet, de trop grandes variations
monétaires ne sont pas propices au développement des échanges.
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Mais l’essentiel de son rôle va désormais être tourné vers les pays du Tiers-Monde, dont plusieurs
pays, aux prises avec le grossissement de leur dette, vont menacer de se mettre en faillite, et de
faire ainsi exploser tout le système financier international.
Le rôle du FMI est ainsi exposé sur son site web:
« Le champ d’action du FMI : l’objectif premier du FMI est de veiller à la stabilité du système
monétaire international, en d’autres termes, le système international de paiements et de change qui
permet aux pays (et à leurs citoyens) d’échanger des biens et des services. Ceci est essentiel pour
promouvoir une croissance économique durable, accroître les niveaux de vie et faire reculer la
pauvreté. À la suite de la crise, le FMI a entrepris de clarifier et de nover son mandat pour
l’étendre à l’ensemble des politiques macroéconomiques et financières ayant une incidence sur la
stabilité mondiale.
La surveillance des économies : afin de maintenir la stabilité et de prévenir les crises du système
monétaire international, le FMI procède à des revues de l’évolution économique et financière à
l’échelle nationale, régionale et mondiale, dans le cadre formel de sa mission de surveillance. Le
FMI prodigue des conseils à ses 187 États membres, les encourage à prendre des mesures visant à
assurer leur stabilité économique, à réduire leur vulnérabilité aux crises économiques et financières,
et à accroître les niveaux de vie. Le FMI présente à intervalles réguliers, une évaluation des
perspectives économiques dans les Perspectives de l’économie mondiale, un état des lieux des
marchés financiers dans le Rapport sur la stabilité financière dans le monde et publie une série sur
les perspectives économiques régionales.
L’assistance financière : les financements du FMI donnent aux États membres l’appui qui leur est
nécessaire pour remédier à leurs problèmes de balance des paiements. Un programme économique
appuyé par le FMI est élaboré par les autorités nationales en étroite coopération avec les services
du FMI, et les concours financiers restent subordonnés à la réalisation effective du programme.
Pour épauler les pays face à la crise économique mondiale, le FMI a renforcé sa capacité de prêt et
a décidé une refonte complète des modalités d’octroi de ses financements. Il fournit une assistance
financière aux pays à faible revenu par ses guichets de financement concessionnel. Le FMI a
doublé les limites d’accès à ses financements et accroît ses prêts aux pays les plus pauvres du
monde, à des taux d’intérêt nuls jusqu’en 2012. »
« Prêteur en dernier ressort », le FMI accorde des liquidités aux pays en difficulté, leur permettant
ainsi d’avoir recours aux banques commerciales, mais en subordonnant son aide à des
« ajustements structurels » drastiques : moins de subventions, moins d’aides aux défavorisés,
augmentation des impôts, le tout devant permettre un rééquilibrage du budget, ainsi que de la
balance commerciale, et de celle des paiements.
il intervient, le FMI, avec l’aide d’autres organisations internationales octroyant des prêts
(comme la Banque mondiale), négocie donc des plans dits d’ajustement structurel. Ils consistent
généralement à améliorer les conditions de production et d’offre via la promotion des mécanismes
du marché. Parmi les mesures concrètes souvent exigées on trouve, l’ouverture du pays aux
capitaux étrangers et au commerce international, la libéralisation du marché du travail et la
réduction du poids de l’État, c’est-à-dire la privatisation de nombreuses entreprises. L’économiste
américain John Williamson a regroupé l’ensemble de ces idées sous le terme de « consensus de
Washington », en soulignant qu’elles sont partagées par la plupart des grandes organisations
internationales (Fonds monétaire international, Banque mondiale, Organisation mondiale du
commerce…) dont la plupart ont leur siège à Washington.
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Appliquant ainsi les méthodes des monétaristes (Friedman), les « Chicago boys » vont se faire une
réputation calamiteuse auprès de nombreuses populations du Tiers-Monde, qui les accueilleront
souvent à coups de cailloux…
1.1.3 Et aujourd’hui ?
Depuis 1976, le rôle du FMI consiste en premier lieu à soutenir les pays connaissant des difficultés
financières. Lorsqu’un pays est confronté à une crise financière, le FMI lui octroie des prêts afin de
garantir sa solvabilité et d’empêcher l’éclatement d’une crise financière semblable à celle qui
frappa les États-Unis en 1929.
Le FMI est en ce sens, le responsable de dernier ressort de la liquidité du système financier
international, pour éviter le blocage des échanges et la contagion à tout le système (risque
systémique) de problèmes momentanés de solvabilité d'un pays ou d'une banque centrale donnés.
Joseph Stiglitz, « prix Nobel d’économie » en 2001 a souvent critiqué la politique du FMI,
notamment dans son ouvrage paru en 2002, « La grande Désillusion ». Il met en cause les
politiques d’ajustement trop drastiques, qui pénalisent surtout les populations pauvres des pays
aidés.
En 1998, le président de la Banque Mondiale, James Wolfensohn, déclarait « qu'il souhaiterait que
les programmes de sauvetage financier attachent plus d'importance aux préoccupations sociales
(comme le chômage) et que le FMI insistait trop en revanche sur la stabilisation des monnaies ».
Avec la crise actuelle, il est clairement mis en lumière que c’est le système financier dans son
ensemble qui en a été le responsable : mise en place des subprimes, émission de titres « pourris »
pour se débarrasser des défauts de paiement, spéculation à outrance, multiplication des produits
financiers…
Le FMI vient en aide aux pays mis en difficulté à l’occasion de cette crise financière : c’est ainsi
qu’il a sauvé l’Islande de la faillite, en lui prêtant deux milliards de dollars à l’automne 2008. Avec
des ressources triplées fin 2008, le FMI dispose désormais de plus de mille milliards de dollars. Il a
pu proposer son aide à la Grèce en 2010. Ce qui permettait à Dominique Strauss-Kahn d’affirmer
fin 2009 : « le FMI a contribué à sauver le monde de la plus grande crise qu’il ait jamais connue ».
Mais il n’a pas pour rôle de remettre de l’ordre dans le système bancaire…
Mais surtout, le FMI semble bien impuissant dans ce que l’on appelle aujourd’hui « la guerre des
monnaies » :
* le yuan chinois est encore sous-évalué, ce qui facilite l’exportation des produits chinois vers le
monde entier, en attendant que le marché intérieur chinois puisse prendre la relève des exportations
en tant que moteur de croissance
* le dollar américain était en baisse jusqu’à la fin 2011 (taux d’intérêt quasi nuls, utilisation de la
« planche à billets »), ce qui permet de compenser l’atonie de la consommation intérieure
* l’euro était à un niveau très élevé, jusqu’à la fin 2011, ce qui pouvait attirer les capitaux
étrangers, mais qui à court terme constituait une entrave aux exportations des produits européens.
La crise européenne a fait chuter ensuite l’euro, mais les graves problèmes d’endettement et de
compétitivité n’ont pas permis pour autant une reprise de la croissance.
De toute façon, le FMI ne dispose d’aucun moyen pour remettre de l’ordre dans les finances
internationales.
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