
Actes du VIIIème Congrès de l’Association pour la Recherche InterCulturelle (ARIC)
Université de Genève – 24-28 septembre 2001
sur le site : http://www.unige.ch/fapse/SSE/groups/aric
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1.2 Mondialisation et globalisation
La course au profit
ne saurait avoir d’autre issue
que la destruction de ce qu’elle exploite.
Loin d’être une mondialisation,
la globalisation est, littéralement,
« immonde ».
Etienne Tassin
Suivant partiellement le sens explicité au paragraphe précédent, le Groupe
d’études et de recherches sur les mondialisations (GERM)5 ne considère pas
correct de restreindre le terme mondialisation aux espaces économique et
politique. À ce propos, le GERM s’intéresse aux mondialisations liées à l’art, à
l’éducation, à la science et à la culture. Le GERM, dont le siège est à Paris,
compte sur le soutien et la collaboration de différents chercheurs et institutions
universitaires dans plus de 40 pays du monde.
À première vue, globalisation est le terme utilisé en anglais, en espagnol et en
portugais, tandis que les francophones préfèrent le terme mondialisation. En
réalité, la différence est plus que de traduction. Tassin (2000 et 2001) rappelle que
le monde comprend l’ensemble hétérogène des communautés culturelles à travers
lesquelles s’articule et se préserve la pluralité des formes symboliques humaines.
Dans ce sens :
La pluralité est une donnée constitutive du monde humain, la condition d’un agir
politique des communautés humaines. Sans elle, il n’y aurait pas de monde ni de
monde commun. D’où le paradoxe : sans la pluralité des mondes, il ne saurait y
avoir de monde. La différenciation des communautés est constitutive du monde
comme monde commun. Or, non seulement la globalisation économique récuse le
monde comme habitation déliée de toute fonctionnalité et de toute rentabilité en le
considérant comme un gigantesque gisement de ressources qu’elle transforme en
biens de consommation, mais elle détruit, en ramenant toute production au seul
foyer de l’oikonomia, la pluralité culturelle sans laquelle il ne saurait y avoir de
monde. Elle obéit à une loi d’unification ou d’homogénéisation directement
contradictoire avec la condition de pluralité qui sous-tend l’existence politique des
hommes et des États.
Tassin 2001: 2
Alors que l’économie (du grec, oikonomia) s’occupe –étymologiquement- de l’« ad-
ministration de la maisonnée », l’écologie (oikologos) s’intéresse à la « raison (ou
bon sens) de l’hábitat ». L’être humain, centré sur l’exploitation irréfléchie des
ressources de la terre, provoque une contradiction dans sa « maison » (oikos),
permettant à l’oikonomos de se lever contre l’oikologos. Le défi est, au contraire,
5 Site web: www.mondialisation.org
G. Gottret. Amérique indienne versus Mondialisation : L'apport des cultures indiennes dans le domaine des valeurs 5