chapitre 1 : croissance, capital et progrès technique

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T ES Chapitre 1
Année 2011-2012
CHAPITRE 1 : CROISSANCE, CAPITAL ET PROGRÈS TECHNIQUE
PLAN
DOCUMENTS
DU CHAPITRE
Introduction : Croissance extensive/intensive
I. PLUSIEURS FACTEURS SONT À L'ORIGINE DE LA CROISSANCE
ECONOMIQUE
A. La croissance résulte de l'accumulation des facteurs de
production et d'une amélioration de leur efficacité productive
1. L'accumulation des facteurs de production explique la
croissance extensive
a) La croissance résulte d'une augmentation de la
population active occupée...
p 66-67
b) ...Et de l'accumulation du capital : l'investissement p 58-59
2. Une hausse durable de la productivité du travail
explique la croissance intensive
a) La productivité mesure l'efficacité de la
p 51-52
combinaison productive
b) 3 grandes manières permettent d'améliorer la
productivité du travail
B. Investissement et progrès technique sont des facteurs
spécifiques de la croissance
1. L'investissement est un moteur de la croissance
a) L'investissement conditionne le dynamisme de la
demande à court terme...
b) ...Mais il améliore également les conditions de
l'offre à long terme
2. Le progrès technique est source de croissance et de
changement social
a) D'une approche exogène à une approche
endogène : le progrès technique est une cause et une conséquence de la
croissance
b) Les rythmes technologiques expliquent les
rythmes économiques dans l'analyse schumpeterienne
c) Le progrès technique s'accompagne de
changements structurels
OBJECTIFS
DE SAVOIRS ET SAVOIR-FAIRE
Valeur ajoutée
PIB
Revenu par tête
Facteurs de production
Croissance extensive/intensive
Population active, capital, travail
Investissement, FBCF
Investissement
matériel/immatériel
Productivité du travail
Division du travail
Innovation, progrès technique
Innovation de procédé, de produit
et organisationnelle
Principe
du
multiplicateur
d'investissement
Principe de l'accélérateur
p 42-43
Croissance endogène
p 44-45
Destruction créatrice
Remarque : La croissance génère des limites (cf intro)
Développement durable
Décroissance
II. INVESTIR ET INNOVER : UN CHOIX SOUS CONTRAINTES
A. Une décision prise par l'entreprise selon plusieurs déterminants
Rappel : le financement de l'investissement
1. Le rôle des variables financières
a) Le rôle du profit et du coût relatif des facteurs
b) Le taux d'intérêt
2. Le rôle de la demande anticipée
B. Une décision impulsée par les agents économiques
1. L'entrepreneur est le héros du capitalisme chez J.A.
Schumpeter
2. Les pouvoirs publics stimulent l'investissement et
l'innovation dans le cadre des théories de la croissance endogène
3. Sans un contexte institutionnel favorable, l'initiative
privée ne peut être efficace
1
p 61
p 60
p 46-47
Taux de marge
Financement de l'investissement
Taux de rentabilité
Taux d'intérêt(réel), profitabilité
Demande anticipée
Recherche-développement (RD)
Brevet
Investissement
public,
capital
humain
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Ce que dit le programme :
Durée indicative = 4 semaines
 Sources et limites de la croissance
Mesurée par l’accroissement d’un indicateur de production globale, la croissance économique résulte de l’augmentation de la
population active occupée, mais elle procède surtout d’un mouvement de hausse durable de la productivité moyenne du travail.
On étudiera la contribution des facteurs de production à la croissance et les trois grandes manières d’accroître la productivité
du travail : la spécialisation (division technique du travail et progrès organisationnels), l’accumulation de capital productif
(accroissement de l’intensité capitalistique de la production, c’est-à-dire du stock de capital par tête) et le progrès technique.
On soulignera que ces phénomènes renvoient à la fois à des choix individuels d’entrepreneurs en matière d’investissement ou de
R&D, à des décisions publiques, en termes d’infrastructures, de soutien à l’innovation et à la formation et, plus généralement, à un
environnement socio-culturel favorable à l’innovation et à l’investissement.
On évoquera les limites de la croissance et notamment les relations entre la croissance et l’utilisation des ressources primaires
non renouvelables.
Il sera alors possible de discuter des rapports entre la croissance mesurée par des indices quantitatifs et le développement
envisagé dans sa dimension sociale et humaine.
 Accumulation du capital, progrès technique et croissance
L’investissement étant un maillon essentiel de la plupart des mécanismes qui engendrent la croissance, on en précisera les
différents types et formes, de même que les diverses manières, pour l’entreprise, de le financer.
On s’attachera à expliciter la décision individuelle d’investissement, en insistant sur sa dimension temporelle et en introduisant,
sans formalisme, les notions de rendement anticipé et d’actualisation. On analysera les rôles de la demande anticipée, de la
réduction des coûts de production, du taux d’intérêt et du coût des différentes formes de financement . Pour analyser ce
dernier point, on pourra s’appuyer sur les acquis du programme de première concernant la mobilisation de l’épargne et le
financement de l’économie.
Afin de saisir le phénomène de destruction créatrice, dans sa dimension économique de disparition - apparition de biens ou services
et de secteurs d’activités, on discutera des liens entre investissement, progrès technique et obsolescence économique.
Cette dynamique sera également envisagée sous l’angle du changement social. En prenant un exemple significatif (l’industrialisation,
la tertiarisation ou l’urbanisation), on insistera sur les rapports entre les phénomènes économiques, politiques et sociaux dont
l’interaction détermine la dynamique du développement.
Objectifs du chapitre :
- présenter les origines de la croissance économique
- mettre en évidence les limites du processus de croissance
- cerner les différents types d'investissement et les différentes manières de la financer
- expliquer ce qui détermine la décision d'investir
- comprendre le rôle de l'investissement et du progrès technique dans la croissance économique
INTRODUCTION
En mars 2000, lors du Conseil européen de Lisbonne, les dirigeants européens se sont fixés pour objectif de faire de
l’Europe en dix ans "l’économie de connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde".
"La stratégie de Lisbonne est la réponse donnée par l'Union européenne aux enjeux de la mondialisation. Cette stratégie s'est
naturellement tournée vers les enjeux d'innovation et de compétitivité".
Malgré l'échec de cette stratégie, l'innovation apparaît comme une des sources privilégiées de la croissance mais elle
n'est pas la seule.
Problématiques :
Quels sont les facteurs ou sources de la croissance ?
Comment investissement et innovation stimulent-ils la croissance économique ?
Quels sont les déterminants à la décision d'investir ?
Quel rôle jouent les acteurs économiques (entrepreneur, Etat, environnement socio-culturel) dans ce processus ?
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I. PLUSIEURS FACTEURS SONT À L'ORIGINE DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE
Objectif : expliciter les raisons économiques pour lesquelles un pays peut connaître un phénomène de croissance dans le temps.
Préalable : Par facteurs de la croissance, on entend tout ce qui peut avoir un effet immédiat et quasi mécanique sur la croissance.
Au premier chef, les facteurs de la croissance sont donc les moyens de production, les capacités à produire. Les facteurs de la
croissance agissent donc essentiellement sur l’OFFRE de biens et services.
Repartons du début.
Comment mesurer ce qui est produit chaque année ? (On utilise le PIB réel)
Quelqu'un peut-il rappeler sa définition ?
PIB = ∑VA produites par les unités de production résidant sur le territoire national
Comment fait-on pour voir ensuite s’il y a de la croissance ou non ? (on calcule un taux de variation, c'est-à-dire on
utilise la formule [(VA-VD)/VD]*100).
Dans tous les cas, on utilise le PIB, donc on regarde la VA produite par les différentes unités de production (les entreprises, les
administrations et les ISBLSM).
Qu’est-ce qui leur permet de produire dans les trois cas ? (On a besoin de facteurs de production, précisément le
travail, et le capital).
Document 1 : Contribution des différents facteurs à la croissance
1950-1974
1995-2000
2001-2006
Croissance du PIB réel (1)
5,37
2,15
1,62
Contribution du capital (2)
1,51
0,69
0,57
Contribution du travail (3)
0,15
0,13
0,08
3,71
1,33
0,97
Taux de croissance annuel moyen en %
Résidu
(Productivité
facteurs) (1)-(2)-(3)
globale
des
Source : OCDE, 2008
1) Formulez une phrase avec le chiffre entouré.
Sur la période 1950-1974, sur une croissance annuelle moyenne de 5,37%, 1,51 points sont attribuables à l’accumulation du capital.
=> Croissance intensive durant les 30 glorieuses
2) Quelles sont les 3 causes de la croissance de la production ?
- augmentation de la quantité de travail (augmentation de l’emploi et du temps de travail) : ligne Travail.
- augmentation de la quantité de capital (accélération de la croissance de la FBCF) : ligne Capital
- amélioration de la qualité du travail et du capital (augmentation de la productivité, ce qu’on appelle gains de
productivité) : ligne Résidu = productivité globale des facteurs
A retenir de ce document :
On a constaté qu’à des périodes différentes, ou d’un pays à l’autre, la croissance ne repose pas nécessairement sur les mêmes
facteurs. Il est alors judicieux d’essayer de caractériser des types de croissance en fonction de l’importance relative des
différents facteurs :
- croissance extensive : augmentation de la production qui découle de l’augmentation de la quantité de travail et de
capital dans l’économie.
- croissance intensive : augmentation de la production qui découle de l’amélioration de l'efficacité de la combinaison
productive qui permet la réalisation de gains de productivité (grâce au progrès technique et à l’élévation du niveau de
qualification de la main d’œuvre (capital humain)).
Remarque : gains de productivité = revenus supplémentaires qui naissent d'une amélioration de la productivité.
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Parmi ces sources de la croissance, c’est la troisième qui va être la plus importante parce que c’est justement celle qui semble sans
limite. C’est ce qu’on montré de nombreuses études portant sur la question en économie.
Un des travaux classiques sur la question est celui de Carré, Dubois et Malinvaud, Les sources de la croissance française, 1967 :
selon eux, le progrès technique explique 70% de la croissance suivant la Seconde Guerre Mondiale.
Pour résumer :
Type de croissance
Définition
Croissance extensive
Croissance traditionnelle qui s’obtient par
l’augmentation des facteurs de production
Hausse de la PA (facteur travail)
hausse du nombre de machines (facteur capital)
Croissance moderne qui s’obtient par une
meilleure utilisation des facteurs de
production => hausse de la productivité
Croissance qui résulte de la qualité et non
de la quantité des facteurs
Gains de productivité obtenus grâce à :
- Meilleure organisation du travail
- Meilleure qualité du travail (formation, savoirfaire)
- Progrès technique incorporé dans l’appareil
productif
Croissance intensive
Mécanismes
A. La croissance résulte de l'accumulation des facteurs de production et d'une amélioration de
leur efficacité productive
1/ L'accumulation des facteurs de production explique la croissance extensive
a) La croissance résulte d'une augmentation de la population active occupée...
L’augmentation de la population active (personnes en emploi + personne cherchant un emploi, c'est-à-dire les chômeurs)
permet toutes choses égales par ailleurs la croissance économique, c'est-à-dire l’augmentation durable de la production au
cours du temps, simplement car il y a plus d’individus qui désirent participer à la production qu’auparavant.
Remarques :
Est-ce que cela veut-il dire que tout le monde est plus riche ?
=> Non, on peut très bien être le double d’individus et produire le double, voire moins.
Est-ce que l’on peut dire qu’il y alors du développement ?
Pour répondre à cette question, il faut rappeler ce qui constitue le développement : l’augmentation du
niveau de vie, mesuré par le PIB/hab. Donc, non, cf. ce qui est dit auparavant.
=> L’augmentation de la population active permet la croissance mais ne permet pas forcément le développement du pays car le
PIB/hab n’augmente pas forcément.
Facteurs de hausse de la PA :
- démographie
- flux migratoires
- durée études (-)
- âge retraite (+)
- taux d’activité (en particulier féminin)
Cependant : est-ce qu’il est possible d’avoir de la croissance avec augmentation de la quantité de travail sans augmentation de la
population active ?
Pour répondre à cette question, nous allons voir ce que défendent à l’heure actuelle différents rapports économiques et politiques
pour stimuler la croissance en France.
Document 2 : Volume de travail et croissance
« Trois leviers de croissance ont été identifiés pour dynamiser la croissance de l’économie française. [Le premier consiste à]
augmenter le volume de travail. Par quelque façon que l’on envisage l’offre de travail, la situation française est singulière, les
Français travaillent moins en volume horaire annuel, en taux d’emploi et en durée d’activité sur une vie. Une donnée synthétique
permet de prendre la mesure de ce que certains nomment […] préférence collective pour le loisir, et qui traduit surtout pour nous
l’ampleur du sous-emploi : un Français consacre 48 % de ses années de vie au travail contre 58 % pour un Britannique et 60 % pour
un Danois ».
P. Aghion, G. Cette, E. Cohen, J. Pisani-Ferry, Les leviers de la croissance française, Rapport du Conseil d’analyse économique, n°72, 2007
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Quels sont les trois moyens envisagés dans cet extrait pour stimuler la croissance économique ?
On peut obtenir de la croissance, c'est-à-dire l’augmentation durable de la production, en augmentant la quantité de travail
fournie dans une économie toutes choses égales par ailleurs, selon trois modes :
- augmentation de la durée du travail (supprimer les 35h par exemple)
- augmentation du nombre de personnes employées (réduction du taux de chômage)
- augmentation du nombre d’années passées en emploi (retardement du départ en retraite).
Retenons : La contribution de la quantité de travail à la croissance économique a été significative au XIXe siècle (production
intensive en main d’oeuvre).
Elle est beaucoup moins importante au XXe siècle. Carré, Dubois et Malinvaud, ont même établi que cette contribution était négative
au XXe siècle, la réduction du temps de travail faisant plus que compenser l’augmentation de la population active.
Cependant, avec l’essor du secteur des services, la croissance de la fin du XXe siècle est redevenue plus intensive en emploi.
b) ...Et de l'accumulation du capital : l'investissement
Si la population active n’augmente pas tandis que la quantité de capital augmente, la productivité apparente du travail augmente, et
la production aussi. En effet, on produit plus avec plus de capital.
Nous centrerons l'étude sur l'augmentation de capital fixe = l'investissement.
=> Manuel p 66-67 : L'investissement : définitions et typologie
*Définition
L’investissement est l’opération par laquelle un agent économique acquiert des biens ou des services de production destinés à être
utilisés dans plusieurs cycles de production.
L’investissement est donc un flux de capital fixe entre deux périodes. C’est pourquoi on nomme « Formation Brute de Capital Fixe
» (FBCF) la valeur de l’investissement. Le capital est un stock.
On parle de "détour de production" pour exprimer que l’investissement ne porte pas tous ses fruits immédiatement, qu’il engage sur
le moyen terme. L’investissement transforme l’argent liquide en argent immobilisé (machines, locaux...).
FBCF = valeur des achats de biens durables utilisés pendant au moins un an dans le processus de production.
Référence à la notion brute : elle correspond à l’investissement brut dans lequel on ne peut distinguer les équipements qui servent à
remplacer ceux qui sont usés et ceux qui font augmenter le stock de capital On parle ici d'investissement « brut » car
l'amortissement, c'est-à-dire l'investissement de remplacement, n'est pas déduit. Si l'amortissement est enlevé, on parle
d'investissement « net ».
D’où formule suivante : Investissement net= investissement brut –amortissement
On peut également mesurer le taux d'investissement = FBCF / PIB (ou VA) x 100 => il mesure la part de l'investissement (des
ménages, administrations publiques et entreprises) dans le PIB (= 18,7% en 2010 pour les sociétés non financières d'après l'INSEE)
* Qui investit ? L’investissement est surtout le fait des entreprises, mais il est également réalisé par d’autres agents économiques.
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Document 1 page 58 : FBCF des secteurs institutionnels
Que dire de la structure de l’investissement en France en 2005 ?
En France, en 2005, selon l’INSEE, on constate que la moitié de l’investissement est réalisée par des sociétés non financières.
Ce sont les ménages qui arrivent deuxième, avec 27,7% de la FBCF totale, par leurs achats immobiliers.
Puis les administrations, avec 16,5% de la FBCF totale, par leurs investissements productifs de tout type.
A retenir : Parler d’investissement et de FBCF ne doit donc pas être réducteur aux entreprises. Tous les agents économiques, de
l’entreprise au ménage investissent et contribuent ainsi à l’augmentation du capital fixe de l’économie.
NB : on se centrera cela dit surtout sur les décisions d’investissement des entreprises.
* Typologie des investissements
L’investissement porte sur l’achat de capital fixe => investissement matériel (ex : acquisition de nouvelles machines, de nouveaux
bâtiments ou de nouveaux véhicules professionnels).
Mais, depuis 1999, certains investissements immatériels sont également intégrés dans le calcul de la FBCF (achats, dans le cadre
des activités productives, de logiciels ou de réalisations d’œuvres littéraires ou artistiques).
Mais tous n’y sont pas, comme les dépenses de formation, ou les dépenses de publicité. Cela dit, ces dépenses sont déjà très
importantes, en raison de la diffusion des nouvelles technologies et l’achat de logiciels.
En fonction des effets attendus sur la structure productive, l'investissement peut être de trois types :
- investissement de remplacement : il vise à remplacer une machine usée ou obsolète
- investissement de capacité : il vise à augmenter les capacités de production, cad les quantités produites => hausse du
stock de capital => ex : la demande du produit fabriqué par l'entreprise augmente beaucoup et l'entreprise décide d'acheter de
nouvelles machines pour y répondre
- investissement de productivité (ou de modernisation ou de rationalisation) : il vise à augmenter la productivité
c'est-à-dire de produire en économisant du travail et:ou du capital et/ou des matières premières => hausse de l’ efficacité du
capital et du travail => la nouvelle machine va par ex permettre de fabriquer plus vite que la machine précédente, il faudra moins de
travail et de capital.
Objectif = produire mieux, cad baisser les coûts de production
Dans la réalité, il est difficile de distinguer les trois types d'investissement => les trois types d'investissement sont donc souvent
présents dans la même dépense.
Regardons maintenant l’évolution de l’investissement matériel et immatériel => Doc 3 p 58 : Inv matériels et immatériels
Que peut-on dire de l’évolution de l’investissement immatériel par rapport à l’investissement matériel ?
En France, selon l’INSEE, on constate :
une proportion à peu près constante d’investissement matériel par rapport à la valeur ajoutée autour de 16% de 1974 à
2002,
tandis qu’on constate une nette augmentation de la proportion d’investissement immatériel par rapport à la valeur
ajoutée, allant de 3,8% en 1974 à 8% à partir de 1995.
Cette augmentation de l’investissement immatériel est encore plus claire quand on constate qu’il représentait 21,2% de
l’investissement matériel en 1974 et dans les 50% depuis 1995.
Remarque : Près de 30 % des investissements immatériels sont consacrés à la recherche-développement.
Les logiciels (longtemps exclus de la FBCF), la recherche et le marketing deviennent des éléments stratégiques et incontournables
dans une économie mondialisée où la concurrence et la course à l’innovation s’intensifient. Par ailleurs, l’utilisation des nouvelles
technologies et la nécessité d’augmenter la productivité imposent une élévation de la qualification des salariés et donc des dépenses
de formation.
Retenons : L'accumulation des facteurs de production (c'est-à-dire l'augmentation de la quantité des facteurs de
production)explique la croissance économique extensive.
L'accumulation de la main d’œuvre provient dans le long terme de la croissance démographique ;
Celle du capital provient de l'investissement.
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2. Une hausse durable de la productivité du travail explique la croissance intensive
Point de départ : constat empirique des études de Dubois, Carré et Malinvaud (1972)
Rappel : Croissance intensive = l'augmentation de la production provient essentiellement d'une amélioration de l'efficacité
productive => le PIB augmente grâce aux gains de productivité qui ont plusieurs origines.
a) La productivité mesure l'efficacité de la combinaison productive
Manuel p 51 : « Productivité : l'idée »
La productivité est définie comme le rapport entre une production et les ressources mises en œuvre pour l’obtenir. Elle permet de
mesurer l'efficacité de la combinaison productive.
Ce qu’on va alors très souvent faire, c’est essayer de calculer la productivité en la rapportant au travail, car il est plus facile
d’évaluer quelle est la quantité de travail utilisée dans le processus de production plutôt que la quantité de capital, puisqu’il est
difficile d’évaluer la valeur des machines dans une entreprise à un moment donné du temps.
=> Quels sont alors les deux moyens qu’on a de mesurer le travail utilisé dans un processus de production ?
Les hommes
Les heures
Ces deux manières de mesurer le travail permet de donner les deux grandes catégories de productivité.
On s’intéresse surtout à la productivité du travail qui peut se calculer de deux manières :
- soit on parle de productivité du travail par tête :
productivité du travail par tête =
production
nombre de salariés
- soit on parle de productivité horaire du travail :
productivité horaire du travail =
production
nombre d ' heures travaillées
=> Pour mesurer la production, on utilise la VA : on parle alors de productivité du travail en valeur.
=> On va désormais parler de productivité apparente du travail.
Explication : Dans un processus de production, c’est toujours à la fois du travail et du capital qui se trouvent impliqués. Donc, quand
on va calculer une productivité selon un des facteurs, on va donc toujours faire une approximation de l’apport de chaque facteur à
la production.
=> Il reste alors à évaluer plus précisément l’efficacité totale du processus de production. On va désormais rapporter ce qui est
vraiment produit à tous les facteurs utilisés pour produire, comme cela on ne biaise pas les résultats en faveur d’un facteur ou d’un
autre. On calcule ce qu’on appelle alors la productivité globale des facteurs, qui mesure le résidu (mesure du progrès technique).
Reprendre le document 1 :
Expliquez quel a été le principal moteur de la croissance de la production à chacune des périodes
On constate que les fortes périodes de croissance (1948-1973 et 1995-2007) ont été tirées par la forte augmentation de la
productivité (1,78/2,99 ; 1,20/2,76). La période récente a aussi beaucoup tiré parti de la croissance du capital immatériel (avec les
NTIC, 0,73/2,76). La période de faible croissance (1973-1995) a été tirée par la croissance du capital matériel (0,52/1,56).
Ceci confirme que les gains de productivité sont une des principales causes de la croissance économique.
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Mécanismes : Document 3 : Schéma des effets des gains de productivité sur la croissance
b) L'amélioration de la productivité du travail peut être réalisée de trois grandes manières
Maintenant que nous avons vu qu’il y a des gains de productivité qui sont le signe du progrès technique, on va se demander quelles
sont les sources des gains de productivité et notamment de la productivité du travail ?
1ère source : la spécialisation (division technique du travail et progrès organisationnels)
* La division du travail (cf chapitre 2)
Elle a été théorisée par Adam Smith dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776.
Le principe de la division du travail consiste à diviser les tâches en opérations simples exécutées par des personnes différentes.
L’objectif est essentiellement de réaliser des gains de productivité : on peut produire plus avec des moyens identiques. C’est donc
une innovation de procédé source de croissance.
Comment cela est-il possible ? Adam Smith voit trois raisons à ces gains de productivité par la division du travail :
- chacun est plus spécialisé dans sa tâche et la réalise plus rapidement
- les pertes de temps entre l’exécution de deux tâches n’existent plus
- chacun connaissant mieux sa tâche peut développer des innovations qui permettent de gagner encore plus de temps.
Exemple : l'OST
Raisons à cet approfondissement de la division du travail :
L'élargissement du marché pousse à l'innovation et stimule la productivité.
La hausse de la demande anticipée par les entreprises les incite à investir et à innover.
Le développement des transports facilite les communications et le commerce.
* Le rôle du capital humain
Rappel : Capital humain = terme utilisé par G.Becker : stock de connaissances et de savoir-faire incorporé par chaque individu et
pouvant être utilisé à des fins productives : savoirs, savoir-faire et savoir-être.
Document 4 : Le rôle du capital humain, un exemple
La signora Elena1 était fière d'avoir amélioré la productivité de l'usine roumaine en inculquant aux Roumains les méthodes de travail
italiennes. Elle désigna une manche tricotée en fil de laine fine blanc et un pull brodé de perles, fabriqués à la fois en Italie par les
sous-traitants d'Emilia Maglia et en Roumanie dans leur usine. Elle expliqua à regret que les manches coûtaient moitié moins cher à
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fabriquer en Italie parce que la productivité y est beaucoup plus élevée. Les ouvriers italiens ont des années d'expérience avec les
machines et s'adaptent rapidement aux différents produits, ils détectent les problèmes et les résolvent avant que la production ne
soit gâchée, ils entretiennent l'équipement. Pour toutes ces raisons, beaucoup de produits restent moins chers à fabriquer en
Italie, même si les salaires italiens sont à peu près dix fois plus élevés que les salaires roumains.
Suzanne BERGER, Made in monde, les nouvelles frontières de l'économie mondiale, Le Seuil, 2006.
1. Directrice roumaine de Emilia Maglia, firme italienne qui possède une filiale en Roumanie, dont une usine à Timisoara.
Ce document illustre la notion de capital humain et montre son lien avec la productivité.
Comment peut-on expliquer les différences de productivité entre les salariés roumains et italiens ?
Les salariés italiens ont une expérience professionnelle plus importante que celle des Roumains, ils connaissent mieux leur outil de
travail, sont capables de le réparer, de l’entretenir et de le modifier, ce qui accroît leur efficacité (donc la productivité).
Ils ont un meilleur capital humain ?
C'est donc l’ensemble des capacités, talents, connaissances, qualifications possédé par un individu. Le capital humain procède
essentiellement de la formation et des expériences de l’individu.
On en déduit donc que le coût salarial n'est pas forcément un indicateur fiable de compétitivité.
A retenir sur ce point :
On voit donc que le capital humain peut contribuer à la croissance et constitue dans le même temps un élément de développement.
2ème source : l'accumulation de capital productif (accroissement de l'intensité capitalistique de la production)
Depuis le début du 19ème siècle (RI), le stock de capital par travailleur a considérablement augmenté : on dit que l'intensité
capitalistique s'est accrue.
Exemple : pour produire une voiture, on utilise proportionnellement de plus en plus de capital et de moins en moins de
travail.
Augmenter le stock de capital par travailleur revient donc souvent à substituer du capital au travail (ex : agriculture, industrie
automobile etc.).
Le processus de croissance compris comme augmentation de la quantité de produit par tête résulte ici d'une augmentation de la
quantité de capital par tête. Mais ce processus a des limites.
En effet, la fonction de production néoclassique est caractérisée par des rendements d'échelle constants (si je double la quantité
de chacun des facteurs je double également la production).
Or, le capital est de moins en moins productif lorsque sa quantité augmente par rapport à celle du travail : la production fait mais
que doubler lorsque le capital double mais que la main d’œuvre est constante (ex: un agriculteur et deux charrues).
Le capital est donc de moins en moins productif lorsque sa quantité par tête augmente : on dit que la productivité marginale du
capital est décroissante en fonction du stock de capital, c'est la loi des rendements décroissants.
A retenir : L'investissement est indispensable pour assurer une croissance durable : non seulement il augmente le volume de capital
disponible pour la production mais il permet aussi de moderniser le stock de capital existant => gains de productivité.
C'est alors grâce à un 3ème facteur, aux côtés du travail et du capital, que les rendements d'échelle demeurent constants : ce
facteur est le progrès technique.
3ème source : le progrès technique
Définition générale du progrès technique = ensemble des modifications qui affectent les façons de produire et la nature des biens
réalisés et qui permettent :
soit de produire plus avec la même quantité de facteurs de production
soit de produire autant avec moins de facteurs
soit de produire de nouvelles marchandises ou de meilleur qualité
Il possède deux principales caractéristiques :
C’est un bien public, au sens où chacun peut s’approprier gratuitement le savoir (sauf dans le cas de dépôts de brevets)
=> non rival et non excludable (il est difficile à l'innovateur de conserver l'exclusivité de sa trouvaille)
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C’est un bien cumulatif dans la mesure où chaque découverte s’appuie sur d’autres découvertes faites dans le passé.
Ainsi, plus le stock de savoir augmente, plus de nouvelles découvertes vont pouvoir être effectuées.
« Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants », B. de Chartres au XIIème siècle, repris par Newton
Le PT génère des externalités (positives le plus souvent)
* La typologie de J.A. Schumpeter
Document 5 : L'innovation est un phénomène multiforme
1/ Distinguez invention et innovation.
L’invention, quant à elle, est le produit d’une découverte ou d’une idée nouvelle.
L’innovation désigne l'application industrielle et commerciale d'une invention.
Innover, c’est donc s’efforcer de faire du profit à partir d’une invention. C’est là la fonction essentielle de l’entrepreneur, au sens
restrictif que donne à ce terme Schumpeter.
2/ Complétez le tableau en proposant des exemples pour chaque type d'innovation.
* Les innovations se distinguent par leur nature et par leur ampleur (Manuel p 44)
Plus généralement, on distingue les innovations :
* selon leur nature :
- les innovations technologiques de produits = mise au point/commercialisation d'un produit plus
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performant dans le but de fournir aux consommateurs des services nouveaux ou améliorés
- les innovations technologiques de procédé = mise au point/adoption de méthodes de production ou de
distribution nouvelles ou notablement améliorées
- les innovations organisationnelles = adoption par l'entreprise d'une nouvelle organisation :
- de la production (taylorisme, fordisme etc.)
- du travail (travail en équipes autonomes, cercles de qualité, etc).
- des relations entre entreprises et son environnement (constitution de monopole, soustraitants, clients, marchés oligopolistiques, etc.)
* selon leur ampleur :
- innovation majeure = radicale => elle bouleverse l'ordre économique et social existant (ex : machine à
vapeur, OST, premier microprocesseur etc.)
- innovation mineure ou incrémentale ou progressive = concerne les améliorations régulières des
performances des produits et procédés existants (objectifs = s'adapter aux évolutions permanentes du marché ou les anticiper) (ex
: remplacement de la souris à bille par la souris optique, nouvelles génération de microprocesseurs)
Remarque : l'impact économique d'une innovation n'est pas forcément proportionnel à l'intensité du changement qu'elle provoque.
Retenons sur le I.A : La croissance économique a plusieurs sources.
Si la croissance extensive s'explique par l'accumulation des facteurs de production, il s'avère que c'est l'amélioration de la
productivité des facteurs (mise en évidence dans l'étude de Carré, Dubois et Malinvaud) qui a joué un rôle actif dans la croissance
intensive des Trente Glorieuses.
Investissement et progrès technique apparaissent alors comme des facteurs spécifiques de la croissance.
B. Investissement et progrès technique sont des facteurs spécifiques de la croissance
Problématique : Comment l'investissement et le progrès technique stimulent-ils la croissance économique ?
1. L'investissement est un moteur de la croissance
* Constat => Document 6 rétroprojeté : Contributions de la FBCF à la croissance du PIB
Source : INSEE
1/ Formulez une phrase donnant le sens des données entourées.
D'après l'Insee, sur une croissance du PIB en volume d’environ 4 % en 2000, la contribution de l’investissement (mesurée par la
FBCF) a été de 1,5 point de PIB. Mais il ne faut pas oublier que le taux d’investissement ne reflète pas la totalité de l’effort
d’investissement des entreprises (il néglige l’immatériel et les IDE).
2/ Quelle idée pouvez-vous extraire de ce graphique ?
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T ES Chapitre 1
Année 2011-2012
Sur le graphique, on peut constater que le taux de croissance de l’investissement constitue une des explications déterminantes
du taux de croissance du PIB puisque l’allure de la courbe de variation de la FBCF implique en général celle du PIB, toutes
proportions gardées.
Si on résume alors la relation importante, on constate que l’on a :
Accélération (ralentissement) de la croissance de l’investissement => Accélération (ralentissement) de la croissance de la
production
Remarque : pourquoi n’y a-t-il pas une relation parfaite entre augmentation de la FBCF et augmentation de la production ?
Pour faire simple, il y a une autre raison : parce qu’il existe d’autres causes à l’augmentation de la production.
* Mécanismes montrant que l'investissement a des effets sur la croissance (travail en autonomie) => 2 effets
macroéconomiques : un effet sur la demande et un effet sur l'offre
Consigne : Répondez aux questions associées à chaque document puis construisez deux schémas d'implication logique (un pour chaque
effet macroéconomique) visant à montrer que l'investissement est source de croissance.
Pré-requis : L'investissement est un élément de l'offre mais également de la demande globale (cf équilibre emplois-ressources, l'I
est un des moteurs de la croissance) :
PIB + M = CF + FBCF + X + variation de stocks
a) L'investissement conditionne le dynamise de la demande à court terme
Document 7 : Contribution des divers éléments de la demande à la croissance du PIB
2007
2008
20091
2010
Taux de croissance du PIB
2,1
0,7
-2,3
1,5
Dont :
dépenses des ménages
investissement total
variation de stocks
dépenses des administrations
solde extérieur
2,0
0,8
0,0
0,3
-1,0
0,7
0,1
-0,2
0,3
-0,3
0,3
-1,2
-1,1
0,5
-0,7
1
-0,2
0,5
0,1
0,1
En %
1. Les chiffres pour 2009 et 2010 sont des prévisions
Source : INSEE, Comptes trimestriels, OFCE
Lecture : En 2010, la FBCF a eu une influence négative sur la croissance du PIB ; elle a contribué à faire baisser le PIB de 0,2 point.
1/ Vrai ou faux :
L'investissement a progressé de 0,8% en 2007.
L'investissement a augmenté de 0,8 milliards en 2007
La croissance de l'investissement a contribué à celle du PIB à hauteur de 0,8 point de pourcentage.
2/ Quels éléments de la demande contribuent le plus aux variations du PIB lors d'une année de croissance moyenne comme 2007 ?
En est-il de même lors de récessions comme celle de 2009 ?
A retenir : bien qu'il ne constitue qu'une part modeste de la demande globale, l'investissement a un impact considérable sur
l'évolution à court terme de la demande car il connaît des variations plus amples et plus brutales que la consommation et pèse plus
lourd que le solde extérieur, autres composantes de la demande globale.
Document 8 : Les effets de l'investissement sur la demande
Les conséquences économiques de l'investissement sont multiples. Seule opération économique majeure à avoir une influence tant du
côté de l'offre que de la demande, son impact sur la croissance économique et sur l'emploi peut être considérable. Que
l'investissement diminue et c'est immédiatement la croissance qui ralentit, l'appareil productif qui vieillit avec des effets induits
sur l'emploi et sur la baisse de productivité du travail.
Lorsque les entreprises investissent, le flux de dépenses qu'elles réalisent donne lieu à une distribution de revenus. Par exemple,
les salariés des entreprises fabriquant les biens de production reçoivent des revenus qu'ils vont ensuite consommer ou épargner.
On voit ainsi qu'une dépense initiale d'investissement se traduit par une succession de flux de revenus et de dépenses. C'est ce
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T ES Chapitre 1
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mécanisme que l'on appelle, à la suite de Keynes, le multiplicateur d'investissement. Il montre qu'en définitive, une dépense
d'investissement supplémentaire se traduit par une augmentation plus que proportionnelle du niveau de la demande. L'effet
multiplicateur est d'autant plus grand que la propension marginale à consommer est forte - c'est-à-dire que les ménages consacrent
à la consommation une fraction importante de leur supplément de revenu - et que la propension marginale à importer est faible.
Ainsi, lors de la politique de relance de 1981-1982, l'effet multiplicateur pour l'économie française a été réduit par l'accroissement
des importations. Il a finalement profité aux économies étrangères, particulièrement l'Allemagne, et le déficit commercial s'est
creusé. L'effet inverse s'est par contre produit au début des années 1990 lors de la réunification allemande qui a conduit à une
forte augmentation de la demande outre-Rhin.
Pierre-André CORPRON, Cahiers français, n° 315, juillet-août 2003
1) En quoi consiste le principe du multiplicateur d'investissement ?
Keynes a montré que l'accroissement de l'investissement entraînait un accroissement plus que proportionnel du Revenu National :
c'est ce que l'on appelle le mécanisme du multiplicateur.
Remarque : Keynes n'est pas l'initiateur de la notion de multiplicateur qui revient à l'économiste anglais R-F. KAHN (1905-1989)
dans un article de 1931.
Principe du multiplicateur d'investissement : une variation de l'investissement entraîne une variation plus que proportionnelle du
revenu national (demande globale).
Conditions : Pour que ce processus puisse se mettre en place, il faut que les capacités de production ne soient pas, à l'origine, toutes
utilisées : sinon, il n'y aurait pas de possibilité de répondre à l'augmentation de la demande en biens d'équipement, sauf à réduire la
consommation ou les exportations ou à augmenter les importations.
Idée du multiplicateur : la dépense d'un agent engendre un revenu pour un autre agent qui va lui-même dépenser et ainsi de suite.
Le supplément de revenu peut être soit épargné soit consommé et c'est cette répartition qui détermine le niveau du multiplicateur
d'investissement.
Le multiplicateur keynésien = 1 / 1 -c où c représente la propension marginale à consommer
Exemple : si c=0.8, par exemple soit 1/0.2 soit 5 : une variation de l’investissement de 100 euros entraîne une variation
du PIB de 500 euros
Schéma :
Notions : propension à consommer (ou à épargner)
* moyenne :
- propension moyenne à consommer = conso / revenu
- propension moyenne à épargner = épargne brute / revenu
Interprétation : sur un euro de revenu, combien d'euros je consacre à la consommation (et à l'épargne)
Remarque : Le revenu est soit consommé soit épargné : R = C + S
* marginale :
- propension marginale à consommer = elle mesure comment chaque euro de revenu supplémentaire se
répartit en supplément de consommation => variation conso / variation revenu
Elle représente la répartition d'une variation du revenu entre la consommation et l'épargne.
Ex : si propension margi à consommer = 0,8, quand mon revenu augmente d'un euro, ma consommation augmente de 0,8 euros
(j'affecte 80 % de cette augmentation à ma consommation).
Remarque : l'effet est d'autant plus grand que la propension marginale à consommer est grande.
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2) Pourquoi une relance de l'activité est-elle plus efficace lorsqu'elle aboutit à une distribution de revenus supplémentaires aux
ménages les plus défavorisés ?
Les ménages les plus défavorisés étant ceux qui ont la plus forte propension marginale à consommer (ils n’ont guère les moyens
d’épargner le revenu supplémentaire qui leur est distribué), une politique de relance sera d’autant plus efficace qu’elle distribuera
prioritairement du pouvoir d’achat à ces catégories.
Remarque : Il existe des limites au multiplicateur d'investissement :
- l'épargne est une fuite dans le circuit économique (chez les néoclassiques elle est un préalable à l'investissement)
- Keynes raisonnait dans le cadre d'un économie fermée => les importations peuvent également générer une fuite
En retour, une variation de la demande globale induit une variation plus que proportionnelle de l'investissement : c'est le principe de
l'accélérateur énoncé pour la première fois par J-M. CLARCK en 1917.
Ce principe repose toutefois sur plusieurs hypothèses :
- le plein-emploi du capital installé
- face à une hausse de la demande les entreprises réagissent en cherchant à produire plus (et non en augmentant les
prix)
- la relation entre les quantités produites et le volume de capital nécessaire, cad le coefficient de capital, est contant
Schéma :
b) L'investissement améliore les conditions de l'offre à long terme
Document 9 : Effets d'offre et effets de demande
L'investissement contribue également à accroître l'offre en augmentant les capacités productives. Ses effets diffèrent cependant
selon la forme qu'il revêt. Par nature, un investissement de capacité accroît l'offre. Il correspond à une volonté de produire plus et
traduit le désir d'augmenter la taille de l'entreprise. Dans le cas d'un investissement de productivité, c'est la compétitivité de
l'entreprise qui est en jeu. Son amélioration est rendue possible par la diminution des coûts unitaires de production. L'entreprise
peut ainsi gagner des parts de marché à l'exportation ou sur le territoire national et, à terme, voir sa production augmenter. Quant
à l'investissement de remplacement, sa croissance permet un rajeunissement du capital en accélérant le renouvellement des
équipements usagés. En revanche, son recul est dangereux car il provoque, à terme, un vieillissement de l'appareil productif.
Lors des récessions et des reprises, les trois formes de l'investissement n'agissent pas de façon symétrique sur la capacité
productive. A l'occasion d'un ralentissement de l'activité, les entreprises commencent par réduire leur investissement de
remplacement. C'est par le non-renouvellement du capital, et par des capacités de production excédentaires, qu'elles ajustent
l'offre à la demande.
Pierre-André Corpron, « L'investissement ", Les Cahiers français, n° 315, © La Documentation française, juil.-août 2003.
1/ En quoi chacune des trois formes d'investissement productif contribue-t-elle à améliorer les conditions de l'offre des
entreprises ?
L’investissement de capacité permet aux entreprises de viser la taille critique leur permettant de peser sur le marché
=> effet de capacité.
L’investissement de productivité leur permet d’améliorer leur compétitivité (grâce à la baisse des prix) et de réaliser
les économies d’échelle => effet de productivité.
L’investissement de remplacement leur évite un vieillissement de l’appareil de production nuisible à la compétitivité.
2/ Expliquez la phrase soulignée.
Les phases d’expansion et de récession n’ont pas les mêmes effets sur l’effort d’investissement des entreprises : en période
d’expansion, elles sont incitées à l’investissement de capacité, alors que les périodes de récession les amènent surtout à retarder
leurs investissements de remplacement et à mettre en réserve une partie de la capacité productive.
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Retenons :
À court terme, l’investissement est une composante de la demande finale et sa variation pèse sur la conjoncture
économique.
La consommation est relativement stable dans le temps, cependant, elle a une grande force d'inertie, alors que l'investissement est
beaucoup plus instable, il augmente ou diminue en fonction des anticipations des agents (s’il progresse, cela stimule la production et
l’emploi, donc la croissance économique. Son ralentissement contribue au contraire à freiner l’activité économique).
Dans les fluctuations conjoncturelles (à court terme, donc) de l'activité, les variations de l'investissement jouent finalement un
grand rôle.
En longue période, l'investissement accroît les capacités de production et l'efficacité du travail ; il agit donc sur
l'offre de B&S de deux manières :
d'une part, il permet d'augmenter les capacités de production exploitables car investir, c'est acquérir
des moyens de production (investissement de capacité) => l'entreprise peut donc produire plus de biens et services => économies
d'échelle => amélioration de la compétitivité-prix.
d'autre part, l'investissement va permettre de mettre en œuvre le progrès technique (investissement de
productivité), notamment en permettant de mettre en place de nouveaux procédés de production (en achetant une machine plus
performante ou un ordinateur « dernier cri ») + diversification de l'offre.
Il permet ainsi l'accroissement de la productivité permettant la croissance => compétitivité prix et hors prix avec la production de
nouveaux biens.
2. Le progrès technique est source de croissance et de changement social
Pour analyser cette question, on peut se référer à un des auteurs classiques en économie, Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950) et
son livre Théorie de l’évolution économique, 1912.
Selon Schumpeter, l’économie et principalement l’économie capitaliste a connu une croissance très forte depuis le milieu du
XVIIIème siècle en raison de ce qu’il appelle l’innovation. L’innovation, nous dit Schumpeter, doit être clairement distinguée de
l’invention.
Problématique : Pourquoi et comment est-ce que le progrès technique, c'est-à-dire dans son sens large les améliorations qualitatives
des facteurs travail et capital (les quantités restent inchangées), permet la croissance économique ?
a) D'une approche exogène à une approche endogène : le progrès technique est une cause et
une conséquence de la croissance économique
Idée : Les analyse du rôle du progrès technique comme source de croissance ont été profondément renouvelées depuis le début des
années 80. Le changement réside dans la manière d’expliquer l’origine de la croissance économique.
Pour les approches traditionnelles dont fait partie l’approche néoclassique (cf modèle de Robert SOLOW), la
croissance de longue période serait déterminée par des facteurs extérieurs à la sphère économique => croissance exogène.
D'autres économistes contemporains rendent endogène le progrès technique dans la croissance.
* Progrès technique et croissance exogène
 Manuel p 42 : docs 1 et 2
Retenons :
L'économiste américain R. SOLOW (néo-classique, prix Nobel d'économie en 1987) propose en 1957 un modèle
mettant en évidence les facteurs de la croissance du PIB par tête.
Ce modèle repose sur deux hypothèses :
- les rendements factoriels sont décroissants => le capital physique connaît des rendements décroissants : un
accroissement du facteur capital engendre une hausse de la production moins que proportionnelle (la productivité marginale du
capital est décroissante).
- les rendements d’échelle sont constants : dans ce cas on augmente dans la même proportion les deux facteurs de
production (un doublement de la quantité de travail et de la quantité de biens d’équipement, par exemple).
Si la production augmente au même rythme que les facteurs (elle doublera dans cet exemple), on dira que les rendements d’échelle
sont constants (=> croissance extensive).
Remarque de vocabulaire :
Les rendements factoriels relient la production à une combinaison de facteurs dont l'un est fixe.
Les rendements d'échelle relient la production à une combinaison de facteurs qui varient dans la même proportion.
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Mais à côté des facteurs travail et capital, il introduit un troisième facteur, le progrès technique, assimilé à la
productivité globale des facteurs de production.
Le progrès technique va alors permettre d'engendrer des rendements d'échelle croissants : la production augmente
plus vite que la quantité de facteurs => la croissance devient intensive c’est-à-dire qu’elle repose en partie sur l ’augmentation de la
productivité des facteurs.
Cette hausse est due au progrès technique cependant considéré dans ce modèle comme un facteur exogène, c'est-à-dire
indépendant de l'activité économique : il semble donc « tombé du ciel », il est le fruit du hasard et reste de ce fait inexpliqué
(R.SOLOW ne dit rien sur ses origines).
On parle du « résidu de Solow » ou encore d'une « mesure de notre ignorance » : il mesure la part de la croissance de la production
qui n'est pas le résultat de l'utilisation d'une plus grande quantité de travail ou de capital.
Voir Doc 1 DD : En France, la principale étude sur ce sujet a été menée par J-J.CARRE, P.DUBOIS et E.MALINVAUD : entre 1961
et 1973, près de la moitié de la croissance économique française était expliquée par le résidu.
Le modèle néoclassique de Solow permet de faire trois prédictions :
- il montre le rôle important du progrès technique dans la croissance et de l’accumulation du capital qui en permet la
diffusion.
- il envisage le rattrapage des pays les moins développés => convergence
- en raison des rendements décroissants des facteurs de production, les économies vont atteindre un point où toute
augmentation des facteurs de production n'engendrera plus d'augmentation de la production. Ce point correspond à l' état
stationnaire de Ricardo. Solow note toutefois que cette troisième prédiction est irréaliste : en fait, les économies n'atteignent
jamais ce stade, en raison du progrès technique qui accroît la productivité des facteurs.
Complément :
Document 10 :
D'où vient la croissance par tête ? Du montant de capital technique investi, répond dès 1956 Robert Solow : machines, équipements,
infrastructures, logiciels ... Toutefois, quand on augmente le capital par tête, certes la production augmente, mais pas de façon
proportionnelle. Les rendements sont décroissants, parce que ceux qui se servent des machines n'ont que deux bras et une tête:
ajouter un deuxième ordinateur à celui que j'utilise déjà ne me permettra pas de multiplier par dix mon apport productif.
A force d'augmenter le capital par tête, vient un moment où la production par tête finit par ne plus guère progresser. Mais tant que
ce niveau n'est pas atteint, un investissement supplémentaire est générateur de croissance économique. Par conséquent, entre deux
pays, celui qui investit plus connaît aussi une croissance économique plus rapide, ce qui explique les phénomènes de « rattrapage »
des pays qui ont commencé leur croissance économique plus tardivement que les autres. Toutefois, le modèle de Solow aboutit à la
conclusion que la croissance économique par tête devrait peu à peu se ralentir, puis s'annuler. Or ce n'est pas ce qui est observé.
C'est pourquoi Solow a mis en scène un troisième facteur, le progrès technique, en plus du travail et du capital. Un facteur un peu
particulier, puisqu'il accroît l'efficacité productive des deux autres, un peu comme la levure accroît le volume du gâteau. Bien qu'il
permette de produire plus, il n'appartient à personne (<< il tombe du ciel») et il n'y a donc pas besoin de le rémunérer. D'où le terme
de facteur exogène donné à ce progrès technique, qui est aussi une « mesure de notre ignorance », puisqu'on lui attribue ce qui,
dans les gains de productivité, ne peut être imputé ni à l'accroissement du travail ni à celui du capital.
Dominique CHARPENTIER, Alternatives économiques, Hors série n° 57,2003.
1/ Expliquez la phrase soulignée.
Cette phrase fait référence à la loi des rendements décroissants : la productivité d’un facteur diminue lorsque sa quantité utilisée
augmente, les quantités utilisées des autres facteurs étant constantes.
Autrement dit, les rendements deviennent décroissants lorsque l’addition d’une unité supplémentaire d’un facteur entraîne une
augmentation moins que proportionnelle de la production.
2/ Quelles sont les prédictions de Solow en ce qui concerne la croissance et les inégalités entre pays ?
La théorie de Solow envisage le rattrapage des pays moins développés, grâce à l’investissement qui accroît le capital / tête. Elles
sont vérifiées pour les pays comme l’Inde, la Chine, le Brésil qui connaissent actuellement des taux d’investissement élevés et une
forte croissance économique. Mais cela n’est pas vérifié pour l’ensemble des pays en développement.
3/ Quel est le rôle du progrès technique ?
Le progrès technique permet d’accroître l’efficacité des deux facteurs de production (travail et capital) et donc d’augmenter la
16
T ES Chapitre 1
Année 2011-2012
productivité globale des facteurs de production.
=> Ainsi, des volumes identiques de travail et de capital permettent un volume plus élevé de production : les
rendements sont croissants et la production n’est plus limitée.
=> Il permet de surmonter la loi des rendements décroissants.
Les nouvelles technologies accroissent la productivité des facteurs et permettent des investissements nouveaux, eux-mêmes
facteurs de nouveaux gains de productivité.
Transition : si la croissance s'explique par le PT, par quoi s'explique le PT ?
* Les théories de la croissance endogène expliquent l'origine du PT
Dans les années 1980, d'autres économistes contemporains rendent endogène le progrès technique dans la croissance.
 Manuel p 42-43, docs 1 et 4 Q12 à 15
Retenons : Les modèles de la croissance endogène ont été développés à partir de la fin des années 1970 notamment par Paul Romer,
Robert Barro et Robert Lucas. Ils se fondent sur l'hypothèse que la croissance génère par elle-même le progrès technique. Ainsi,
il n'y a plus de fatalité des rendements décroissants. Le progrès technique est donc « endogène » à la croissance.
La croissance économique trouve donc sa source dans l’accumulation de différentes formes de capitaux (R&D, expérience et
savoir-faire, éducation et formation professionnelle, infrastructures publiques...) mis en œuvre par les différentes agents
économiques.
Cette analyse se trouvait déjà chez Schumpeter puisqu'il affirmait que les innovations progressives résultent de l'amélioration des
innovations précédentes.
Le progrès technique dépend alors des décisions volontaires et rationnellement fondées des agents économiques d'investir dans
différentes activités qui permettent l'émergence de l'innovation.
Les théories de la croissance endogène présentent cinq sources de progrès technique issues de la croissance :
- l'achat de capital productif (P.ROMER, 1986)
- les effets d'apprentissage ou « learning by doing » (P.ROMER, 1986)
- la R&D (P.ROMER, 1987)
- le capital humain (R.LUCAS, 1988)
- les infrastructures publiques (R. BARRO, 1990)
Donc, pour ces théories, le progrès technique serait à la fois une cause et une conséquence de la croissance : l'investissement
dans les cinq sources de PT produit des externalités positives qui permettent des rendements d'échelle croissants.
Complément : Cette thèse de la croissance endogène remet en cause la théorie libérale néo-classique sur plusieurs points :
1er point : le processus de croissance est donc cumulatif et auto-entretenu : la croissance permet de dégager les
capitaux qui serviront au financement de la R&D => accumulation du progrès technique => croissance.
Les économies ne vont donc pas tendre vers un état stationnaire => la croissance endogène contredit l’idée de la convergence des
économies.
2ème point : les rendements factoriels ne sont pas décroissants mais constants. Ceci revient à dire qu’une
augmentation d’un facteur de production (le travail) sans que l’autre augmente se traduira par une hausse de la production
proportionnelle.
3ème point : les rendements d’échelle ne sont pas constants mais croissants grâce aux externalités positives. Une
hausse de 2% de la quantité de travail et de la quantité de capital provoquera une hausse du PIB de 3%, par exemple, ce qui
diminuera le coût unitaire de production (moins de quantité de travail et de capital par produit).
4ème point : le marché n’est pas toujours capable de bien coordonner les agents pour obtenir une croissance
économique optimale.
C’est donc à l’Etat d’intervenir en menant une politique structurelle à long terme (Robert Barro) (exemple : investissements publics,
inciter économiquement les agents (entreprises, ménages) à investir ou à chercher ou à s’éduquer soit en subventionnant les
externalités positives (subventions de l’Etat pour installer une ligne TGV ou un réseau à haut débit), soit en taxant les externalités
négatives (l’usage de la voiture en ville), soit en protégeant l’innovation par le biais de brevets qui donnent un monopole d’exploitation
temporaire.)
Remarque : la validation empirique de ces théories n'est pas aisée.
schumpeterienne
b) Les rythmes technologiques expliquent les rythmes économiques dans l'analyse
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Problématique : pourquoi le PT et-il discontinu ?
1/ Constat : manuel p 53
Ce qu’on observe avec ce document, ce sont les différents grands cycles économiques qui ont été capitaux pour l’histoire économique
mondiale.
Rappel : définition d'un cycle (ch chap Intro) + croquis
Tous ces différents cycles économiques de croissance forte puis de ralentissement de l’activité et de dépression ont été relevé par
un économiste russe, N. Kondratieff, d’où leur nom. Dans un livre intitulé Les vagues longues de la conjoncture (1926), il a ainsi
repéré que l’économie suivait un mouvement de forte croissance puis de ralentissement, voire de dépression, suite à de grandes
innovations de procédé radicales.
Quelle est la durée des différents cycles ?
Ce sont des cycles qui sont longs, environ 50 ans à chaque fois => cycles longs de Kondratieff
Quels sont les points communs entre ces différentes techniques ?
Toutes ces techniques sont des révolutions dans les forces motrices, dans l’utilisation de ces forces
motrices et dans les matériaux utilisés dans une production.
Ce sont donc toutes des innovations qui sont généralisables à tout un ensemble de métiers et de produits.
Ex : On peut utiliser la machine à vapeur pour activer aussi bien une mule-jenny, qu’une chaîne de production ou qu’une
locomotive. Idem pour le moteur électrique.
On peut parler ici d’innovations radicales.
2/ Explication : J.A. Schumpeter a proposé une explication des ces cycles longs => document ci-dessous à analyser avec
les élèves et à connaître.
Document 11 : La théorie du progrès technique selon J.A.Schumpeter
Source : Croissance, emploi et développement, Coll. Repères, La Découverte, 2007
Retenons : J.A. Schumpeter explique le caractère cyclique et dynamique de la croissance par des vagues d'innovations mises en
œuvre par l'entrepreneur innovateur. Ces innovations qui apparaissent par grappes induisent un processus de destruction créatrice
bénéfique à l'économie sur le long terme.
3/ Exemple : Manuel p 44-45 doc 4 Q6, 7 et 8
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T ES Chapitre 1
Année 2011-2012
Q6 : Que montre le graphique du document 4 ? Comment l’expliquez-vous ?
Ce graphique montre une forte chute des ventes de magnétoscopes entre 2000 et 2005 : de 14,5 millions d’unités vendues en
Europe, les ventes deviennent presque nulles aujourd’hui ; tandis que, sur la même période, les lecteurs de DVD apparaissent sur le
marché puis se diffusent à une grande vitesse et se substituent au magnétoscope pour lire les vidéos. L’innovation chasse l’ancien
produit. C’est une illustration du phénomène de destruction créatrice mis en évidence par J. Schumpeter.
Q7 : Quelles sont les conséquences économiques et sociales de cette évolution ? Trouvez d’autres exemples.
Cette évolution a d’autres conséquences. Le phénomène de destruction créatrice s’étend à l’économie et à la société.
Par exemple, les entreprises qui n’ont pas su s’adapter à cette évolution technologique sont condamnées à disparaître.
Ainsi, des faillites et des licenciements accompagnent une telle évolution si les entreprises concernées ne parviennent pas à
s’adapter.
Dans le même temps, les entreprises innovatrices et celles qui les imitent se développent, de nouveaux emplois
apparaissent nécessitant d’autres qualifications, localisés à d’autres endroits.
Ainsi, certaines régions peuvent se développer, d’autres décliner.
Le progrès modifie également les habitudes, les comportements.
Par exemple, l’automobile ou la TV ont modifié les façons de vivre, contribué à uniformiser les modes de
vie, facilité les communications, réduit l’usage d’autres biens : la bicyclette, le journal.
Q8 : J. Schumpeter qualifie ces phénomènes de « destruction créatrice » : expliquez pourquoi.
« Destruction créatrice » parce que ce phénomène entraîne la disparition d’activités économiques du fait de l’émergence de
nouvelles activités portées par des technologies plus performantes ; disparition de professions, chômage et créations d’emplois
nouveaux ; mais aussi transformations des comportements socioculturels (acculturation, remise en cause de positions sociales liées
aux activités obsolètes).
Travail en autonomie : Par quels mécanismes les innovations stimulent-elles la croissance économique ?
Idée : Les innovations stimulent l'offre et la demande de B/S
Travail à partir du sujet de bac tombé en France en juin 2007
Document 12 :
Source : J. Bourdin, Objectif 3% de recherche
- développement : plus de recherche pour plus
de croissance, Les rapports du Sénat, n°391,
30.VI.2004.
1/ Quelles sont les conséquences d'une
innovation de procédé sur l'offre de biens et
services ?
Pré-requis et précision sur :
- la notion de productivité
- les gains de productivité et certaines de leur utilisation : effet prix et effet volume
Innovations de procédés => diversification de l'offre des entreprises
2/ Quel lien peut-il y avoir entre la réalisation de gains de productivité par les entreprises et la consommation de biens et de
services ?
Effets des gains de productivité : augmentation des salaires + répercussion de la baisse des coûts sur les prix
Conséquence = hausse du pouvoir d'achat
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Année 2011-2012
Remarque : notion d'élasticité-prix
Document 13 : Taux de croissance annuel moyen de la productivité du travail en %
Source : Recherche-développement, financement et croissance : quels choix pour la France dans l'Union européenne ?, Rapport du
Conseil d'analyse économique, 11.02.2005.
Formulez une phrase avec les valeurs encadrées.
D'après un rapport du Conseil d'analyse économique de 2005, entre 1995 et 2001, aux Etats-Unis, dans les industries productrices
des TIC, la productivité du travail a augmenté de 10% en moyenne par an.
Même formulation pour la 2ème donnée.
Expliquer à l'aide du document, l'accélération de la croissance de la productivité constatée aux États-Unis entre les deux périodes
observées ?
Il s'agit d'une accélération de la croissance de la productivité
productivité).
(il ne s'agit pas d'expliquer simplement l'augmentation de la
Comparaison des deux périodes => doublement du TCAM pour le total de l'économie :
cette accélération est imputable aux TIC (plus forte accélération pour les industries utilisatrices)
données chiffrées pour mettre en évidence le contraste avec la décélération et même la baisse pour les industries non
productrices et non utilisatrices de TIC
Synthèse à partir de ces deux documents : montrez les effets du PT sur la croissance économique
Retenons :
1/ Les innovations de produits améliorent les conditions de l'offre :
* Effets quantitatifs :R&D => investissements supplémentaires => hausse de la demande de biens de production + hausse des
capacités de production => croissance + création de nouvelles activités
* Effets qualitatifs :
- diversification des produits (via la différenciation horizontale des produits) => compétitivité hors-prix
1er exemple : on produit en même temps du Blue Ray et du DVD. On a donc produit plus qu’avant. Il y a
bien de la croissance par la compétitivité hors-prix
Autre exemple : manuel p 44 document 2 : La « loi » de Moore (Q3) => course sans fin à l'innovation
- amélioration de la qualité des produits => compétitivité hors-prix via la différenciation verticale des produits
2/ Les innovations de produits favorisent un accroissement de la demande
* Elles créent de nouveaux besoins : renouvellement et diversification de l'offre => croissance de la demande pour ces produits
nouveaux (ex : Ipod) => rôle de la consommation de masse dans la croissance économique => effet positif sur l'emploi
* Elles stimulent la demande étrangère et donc les exportations.
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3/ Les innovations de procédés et organisationnelles dynamisent la productivité et donc la croissance
* Constat statistique : TIC => croissance plus rapide de la productivité aux Etats-Unis (doc 12)
* Explication (doc 12) : innovations de procédés et organisationnelles => produire plus en utilisant la même quantité de facteurs ou
produire la même quantité en diminuant les quantités de facteurs utilisées => baisse du coût de production unitaire => gains de
productivité => :
- hausse des profits => autofinancement => hausse de l'investissement via le multiplicateur d'investissement => effet
sur l'offre de B/S
- hausse des salaires + baisse des prix => effet sur la demande de B/S
stimulation de la demande interne d'autant plus que l'élasticité prix de la demande est forte (ex : biens
électroménagers ou automobiles durant les Trente Glorieuses)
+ hausse de la compétitivité prix => stimulation de la demande extérieure => hausse des exportations =>
hausse de la production de B/S
- hausse des PO => stimulation des investissements publics
Remarque : il faut également envisager la relation inverse : la croissance stimule l'innovation
elle génère les revenus nécessaires à la recherche-développement, source essentielle de l’innovation
elle permet de dégager les ressources pour former le capital humain, variable clé de l’innovation
Remarque : La relation PT-croissance est parfois ambigüe
1/ Les effets du progrès technique sur la productivité peuvent être incertains
=> Paradoxe de Solow : depuis les années 1970, les innovations se sont multipliées sans pour autant susciter un renforcement
durable du rythme de croissance. En 1987, R. SOLOW résume ce paradoxe « On voit des ordinateurs partout, sauf dans les
statistiques de productivité ».
Raisons : les innovations nécessitent du temps pour être pleinement efficientes (ex : NTIC)
Mais dans les années 1990, ce paradoxe a été levé : le taux de croissance de la productivité de l'économie américaine a doublé
entre les années 1970-1980 et les années 1990-2000 ; le taux de croissance a été encore plus élevé dans les TIC.
2/ La productivité favorise la croissance sous certaines conditions seulement
- Le partage des gains de productivité doit être fait en faveur des salaires
- L'optimisme des ménages est nécessaire => une trop forte propension des ménages à épargner limite les effets du multiplicateur
d'investissement
- Les importations doivent être limitées.
c) Le progrès technique s'accompagne de changements structurels
Pré-requis : notion de changement social (définition de G.ROCHER)
Document 14 : Une urbanisation qui modifie les comportements
Parmi la trentaine des mégalopoles dépassant les dix millions d'habitants [ ... ], deux appartiennent au « monde développé» [ ... ] et
toutes les autres [ ... ] affrontent d'invraisemblables problèmes d'alimentation en eau, de traitement des déchets,
d'embouteillages, de logements, de transports (et elles ne sont qu'au début de leur automobilisation !) qui n'entravent pas pour
autant une dynamique économique désordonnée, hors normes, entremêlant les activités les plus rudimentaires (productions
manufacturières) aux plus sophistiquées (technologies de pointe), sans aucune protection sociale. [ ... ]
Le citadin, dorénavant, manifeste en tout un réflexe de consommateur. Il pèse le pour et le contre d'un nouvel équipement, d'une
nouvelle rencontre, évalue ce qu'il gagne en satisfaction par rapport à ce que cela lui coûte, tant en monnaie qu'en temps ou
contraintes diverses. Autant avouer de la Terre-patrie. Une telle insouciance aux conséquences tragiques s'accorde avec la culture
dominante du « toujours plus » et du « toujours plus vite » et ne remet aucunement en cause l'économie de la croissance. L'homo
urbanus est envieux, il désire ce que l'autre désire, sans s'interroger sur ce qui le contenterait. Il vient en ville pour en consommer
des éléments spécifiques et uniques (les équipements culturels, le CHU, l'ambiance, le stade, la rue piétonne, les restaurants à
thèmes, etc.), mais s'installe « à la campagne », c'est-à-dire dans un paysage qu'il considère familier et en relation avec l'idée qu'il
se fait du cosmos. L'automobile, le téléphone, les nouvelles technologies de l'information et des télécommunications, le télétravail,
l'e-commerce, la cyber-éducation, le loisir en ligne, la sexualité à distance, etc., facilitent
grandement cette urbanisation distendue, sans pour autant réduire les relations interpersonnelles, les rencontres, les
regroupements. Elle produit une exclusion d'une autre nature qu'économique ou sociale: l'inaccessibilité à un réseau.
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Thierry PAQUOT, « L'homo urbanus, un citadin globalisé ? ", juin 2004. DR.
Montrez comment les innovations favorisent l'urbanisation mais également que celle-ci favorise l'apparition d'innovations.
Les innovations ont favorisé l'urbanisation :
L’utilisation plus intensive des sols, la rotation des cultures, la sélection des espèces, l’utilisation des
engrais et la mécanisation ont favorisé la révolution agricole => réalisation de gains de productivité supérieurs à l’augmentation de la
demande : il y a donc un surplus de main-d’oeuvre agricole.
Par ailleurs, les débuts de l’industrialisation créent un appel de main-d’oeuvre dans les zones industrielles
qui se constituent et qui sont des foyers d’urbanisation.
L'urbanisation a favorisé les innovations :
L’augmentation de la population urbaine est un facteur d’accélération de la mécanisation, à la fois dans
l’agriculture et dans l’industrie ; on peut citer l’exemple du textile.
La ville est un lieu d’échanges et de circulation des idées favorables aux innovations. Elle est aussi le lieu
de la mobilité, ce qui nécessite des infrastructures et des moyens de transport.
Ex : réseaux de distribution de l’eau, du gaz, de l’électricité, du téléphone, de traitement des déchets ; les métros, les
tramways et les taxis comme moyens de transport urbains.
Cela est rendu possible en raison des valeurs de l’homo urbanus : matérialisme, confort, mobilité, utilitarisme, rapidité, curiosité,
sensible aux modes…
Remarque : La concentration de la population dans les zones urbaines pose un certain nombre de problèmes, en particulier le
logement et les transports, qui ne peuvent se résoudre que par des innovations introduisant en général un mode collectif de
fonctionnement.
Cette concentration fait naître de nouvelles nuisances dont la réduction passe aussi par des innovations.
Document 15 : Vers une démocratie électronique ?
Les partis politiques utilisent de plus en plus Internet pour communiquer. Thierry Vedel, sociologue des médias au Centre de
recherches politiques de Sciences Po (Centre d'étude de la vie politique française, CEVIPOF), analyse le rôle et l'influence de ce
nouvel outil.
Internet se développe. Son taux de pénétration dans les foyers s'approche, lentement mais sûrement, de celui de la télévision.
Certains y voient un progrès pour la démocratie. La « Toile» oblige en effet les gouvernements à plus de transparence. Elle propose
un nouvel espace pour le débat public. Elle permet d'accéder sans se déplacer à toutes sortes de documents, ou encore de trouver
des réponses à ses questions sans passer par un intermédiaire. « Mais la consultation des sites politiques reste marginale. En
France, à peine 1 % des électeurs l'ont fait avant les dernières présidentielles. Aux États-Unis, pays plus équipé, ils sont 10 à 12 %
», tempère Thierry Vedel. La navigation demande un minimum de compétences informatiques. Et du temps. Seules les personnes
intéressées par la politique font donc l'effort de se renseigner activement.
Les courriers électroniques, eux, touchent plus de monde. Lors des campagnes électorales, il s'agit plutôt de blagues ou de rumeurs.
Thierry Vedel note toutefois quelques évolutions liées à Internet. « En 2002, par exemple, les mails ont contribué à une certaine
mobilisation contre l'extrême droite, durant l'entre-deux tours des présidentielles. » De la même façon, le web peut faciliter la
coordination de l'appareil de campagne d'un parti. Autre changement, spécifique aux États-Unis: en évitant aux gens de se
déplacer, le réseau a favorisé les donations aux partis. Un gain de démocratie puisque, pour la Cour Suprême, dépenser son argent
est une liberté d'expression.
Si Internet influence le choix des électeurs ? « Pas plus qu'un autre média », répond Thierry Vedel. « Chacun va sur les sites qui
l'intéressent et y interprète les textes en fonction de sa sensibilité. Les effets produits sur les gens sont donc multiples, parfois
contradictoires. Ceci dit, Internet est jeune. Et toutes ses potentialités pour la communication politique n'ont pas encore été
exploitées. »
www2.cnrs.fr/presse/thema
1/ En quoi le développement d'Internet semble-t-il favoriser la démocratie ?
Il améliore l'accès à l'information des citoyens (ex : journaux en ligne etc.)
Diminution des coûts de diffusion de l'information
Diversification des sources de l'information
Possibilité de recherches personnalisées en fonction des interrogations de chaque individu
Il favorise la transparence de l'action de l'Etat.
Il favorise un meilleur contrôle de l'exercice du pouvoir politique
Il accroît les libertés publiques (ex : possibilité de créer des sites perso).
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Il représente un lieu nouveau pour le débat (groupes de discussion etc.)
Il favorise une citoyenneté plus active
Il permet des espoirs de démocratie directe
=> Cela favorise une démocratie participative
=> Plus généralement, la « société de l'information » est productrice d'un lien social renouvelé (émergence du « village
planétaire » de H.M.McLUHAN
2/ Pourquoi le sociologue semble-t-il sceptique sur la capacité d'Internet à revitaliser la démocratie ?
Le taux actuel d’équipement en NTIC, bien qu’en hausse rapide, réserve aux plus aisés et aux plus diplômés ces nouvelles
pratiques politiques qui ne sont donc pas socialement neutres.
=> Fracture numérique => répartition inégalitaire des différents capitaux (économique, social et culturel)
Cela a peu d’influence sur les opinions actuellement car les recherches sont surtout effectuées pour se conforter dans son opinion.
Ces pratiques posent le problème de la qualité de l’information, du choix des sites. Il n’y a évidemment aucune obligation pour les
candidats aux élections de prendre en compte les avis émis.
La généralisation des NTIC peut donner naissance à une société de surveillance et de cyber-espionnage
Retenons :A travers l'exemple des NTIC, on peut voir que le PT est générateur de changement social.
Conclusion I :
La croissance économique résulte de deux sources principales :
l'accumulation des facteurs de production
un mouvement de hausse durable de la productivité du travail, qui peut notamment être favorisée par la mise en œuvre
du progrès technique incorporé à l'investissement.
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