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ÉDITION INTERNATIONALE : Afrique Zone CFA 1700 F CFA • France 3,50 € • France DOM 4 € • Maroc 23 DH • Algérie 170 DA • Tunisie 3,30 DT
Mauritanie 1100 MRO • Belgique 3,50 € • Italie 4 € • Canada 5,95 $ CAN • Luxembourg 3,50 € • Suisse CHF 5,9
Le président Mohamed Ould
Abdel Aziz de Mauritanie
lesafriques.com
Le Roi Mohammed VI
du Maroc
LE NOUVEL AXE
STRATÉGIQUE
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : ABDERRAZZAK SITAIL
BANQUE POPULAIRE, LES DESSOUS D’UNE DÉGRADATION
N° 265 - 5 au 11 décembre 2013
Hebdomadaire international
Le président Macky Sall
du Sénégal
RABAT- NOUAKCHOTT- DAKAR
2 Les Afriques .
17 janvier 2013
SOMMAIRE
N° 265 - 5 au 11 décembre 2013
EDITORIAL
Le Mali, un modèle de gestion
de conflit à reproduire
04
BAROMÈTRE
Le roi Mohammed VI est la 5ème personnalité
islamique la plus influente au monde
06
BRUITS DE MARCHÉ
Les Suisses refusent de limiter
les hauts salaires
08
ARRÊT SUR IMAGE
Poignée de mains entre le Roi Mohammed VI du Maroc
et le président américain Barack Obama
12
VERBATIM
14
BANQUES & ASSURANCES
La Commercial bank Cameroun attend un repreneur 16
La Société camerounaise de banques
arrangeur d’un emprunt obligataire de l’Etat
17
Interview Brahim Benjelloun Touimi, Administrateur
Dg de BMCE Bank Eurobond : BMCE Bank en leader 18
Quel message percevoir de la dégradation
de la notation du GBP ?
20
Banque Populaire Maroc, tournée
du président en Afrique de l’ouest
22
Attijariwafa bank
Un relais en Afrique pour Ex-Im Bank
23
BOURSES & FONDS
Interview Edoh Kossi Amenounve, DG de la BRVM
Cotation en continu, levier de croissance de la BRVM 24
Burkina Faso Un pool de financement
arabe à la rescousse des grands projets
27
ENTREPRISES & MARCHÉS
Maroc-Tunisie La CDG apporte son soutien à la CDC 28
Interview Anas Houir Alami, PDG de la Caisse de
dépôt et de gestion (CDG) Maroc
Développer de nouvelles expertises
32
Groupe DLM Implantation en
Côte d’Ivoire et au Congo Brazzaville
34
Sénégal Quelque 7,5 milliards f CFA
dans les turbines de la SAR
35
TIC La révolution Internet se prépare en Afrique
36
POLITIQUE ECONOMIQUE AFRICAINE
Mali Des législatives peu courues
37
ARRÊT SUR IMAGE
Le président français François Hollande et le Premier
ministre espagnol Mariano Rajoy
38
DOSSIER
Rabat-Nouakchott-Dakar
Le nouvel axe stratégique
ZOOM
Le contentieux congolo-angolais sur l’Atlantique
ARRÊT SUR IMAGE
A l’occasion de Thanksgiving, le président Barack
Obama consacre la tradition à la Maison Blanche
RELATIONS INTERNATIONALES
Les enjeux de l’immigration illégale
LE COIN DE L’EXPERT
Partenariat stratégique Algérie-USA ? Face aux
nouvelles mutations énergétiques et sécuritaires
PLEINS FEUX SUR… BORDEAUX Alain Juppé «Il ne faut
pas avoir peur de l’urbanisation, mais elle comporte
des risques majeurs»
PIED DE LETTRE Les héritiers du Compte de Gobineau
La Société camerounaise
de banques arrangeur d’un
emprunt obligataire de l’Etat
La SCB, filiale d’Attijariwafa
Bank du Maroc, a été retenue
comme arrangeur du second
emprunt obligataire de l’Etat du
Cameroun d’un montant de 50
milliards de f CFA.
17
Brahim Benjelloun Touimi
BMCE Bank en leader
Tout premier corporate marocain de
la région et comptant parmi les 3
premiers en Afrique à émettre un
eurobond, BMCE Bank vient de
réussir un coup de maître. Cette
opération de 300 millions de $, sous
le format «Reg S», a été un francsuccès. Brahim Benjelloun Touimi,
Administrateur Dg de BMCE Bank,
revient sur les grandes lignes. 18-19
Anas Houir Alami
Développer de nouvelles
expertises
Anas Houir Alami a fait le
déplacement avec son équipe à Tunis
pour signer un accord de coopération
avec la Caisse des dépôts et
consignations tunisienne. La journée
du 22 novembre marque, sans doute,
le début d’une coopération de longue
durée. Aperçu.
30-32
40
50
56
58
66
72
74
Alain Juppé «Il ne faut pas
avoir peur de l’urbanisation, mais elle comporte
des risques majeurs»
Plusieurs fois ministre, ancien
Premier ministre de la France, Alain
Juppé est actuellement maire de la
ville de Bordeaux. Dans cet entretien,
il nous livre une réflexion sur la
gestion locale et les problématiques
72-73
de la ville. Interview.
5 décembre 2013 Les Afriques
.3
ÉDITORIAL
Le Mali, un modèle de gestion
de conflit à reproduire
L
e Mali a pu sortir du chaos en moins de 12
mois : le nord du pays occupé auparavant
par des groupes terroristes a été sécurisé, la
crise politico-militaire a été réglée, des
élections présidentielles et législatives ont été
tenues. Ces élections ont été saluées par la
communauté internationale.
La recette de ce succès se résume à deux choses : une
solution militaire accompagnée d’une solution politique.
Ce schéma de résolution de conflits devrait être
reproduit dans les différents pays africains en guerre.
Le cas de la Libye permet de mieux comprendre la
pertinence de ce modèle de résolution de conflits. En
effet, la communauté internationale avait apporté à la
Libye uniquement un soutien militaire, sans
accompagnement politique. Aujourd’hui, nous en
mesurons les conséquences : le pays s’enlise dans le
chaos, la production pétrolière a chuté de 80%, etc.
Concernant le dossier de la République Centrafricaine
(RCA), la communauté internationale ne doit pas
commettre la même erreur. Elle doit s’inspirer plutôt du
cas malien en s’assurant qu’un accompagnement
politique vienne compléter l’intervention militaire.
Aujourd’hui, les pays africains veulent mettre sur pied
une force africaine d’intervention rapide. L’idée est à
Abderrazzak Sitaïl,
Directeur de Publication
saluer, si elle se concrétise. Car les pays africains pourront
prendre en charge eux-mêmes, les opérations de
maintien de la paix sur le continent. Mais pour qu’une
telle force soit opérationnelle et efficace, l’Union
africaine doit faire appel au soutien indispensable des
grandes puissances, dans le cadre d’un statut particulier
qui reste à définir. La France, qui a déjà une bonne
expérience du continent africain, doit travailler avec l’UA
afin d’imaginer ce nouveau modèle.
L’UA a échoué sur le dossier du conflit malien.
Aujourd’hui, il est nécessaire qu’elle se réforme, afin que
la France ne redevienne pas le gendarme de l’Afrique.
Rédacteur en chef Walid Kefi, Maghreb.
Grand reporter : Rodrigue Fenelon Massala.
Groupe Les Afriques Edition & Communication
SA au capital de 2’657’600.- CHF
Siège Social : Rue du Cendrier 24 - 1201 Genève Suisse
Président Administrateur Délégué
Abderrazzak Sitaïl
Les Afriques Edition & Communication Europe
SARL au capital de 160.000 €
149, rue Saint Honoré 75001 Paris France
Les Afriques Communication & Edition Maghreb
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219 bis, bd Zerktouni, Casablanca 20330 - Maroc
Tél : +212 522 233 477 - Fax : +212 522 233 501
Directeur de la Publication
Abderrazzak Sitaïl
Rédacteur en chef exécutif
Daouda Mbaye
Rédacteur en chef délégué Ismaïla Aidara, Paris, Dakar.
Rédacteur en chef Louis Amédée, UEMOA.
Rédacteur en chef Achille Mbog Pibasso, CEMAC.
4 Les Afriques .
5 décembre 2013
Secrétaire de Rédaction : Daouda Mbaye.
Rédaction :
Olivier Tovor, Lomé, Sanae Taleb, Casablanca, Walid Kefi,
Tunis, François Bambou, Yaoundé, Bénédicte Chatel,
Paris, Anne Guillaume-Gentil, Paris, Adama Wade, Casablanca, Mohamed Baba Fall, Casablanca, Khalid Berrada,
Casablanca, Willy Kamdem, Yaoundé, Amadou Seck,
Nouakchott, Mohamedou Ndiaye, Dakar.
Comité Scientifique :
Guy Gweth, Paris. Intelligence économique.
François Konan, New York. Politiques économiques.
Philippe Bourgeois, Paris. Matières premières et coton.
Responsable Artistique : Mouhcine El Gareh
Maquettiste : El Mahfoud Ait Boukroum
Edition Internet – en français
Ismaïla Aidara, Dakar.
Mohamedou Ndiaye, Dakar
Chroniqueurs
François Konan, New York. Economie.
Philippe Bourgeois, Paris. Matières premières et coton.
Directeur Développement et Marketing
Libasse Ka
[email protected]
Responsable e-Marketing :
Khalid Essajidi
Responsable Abonnement et Distribution
Nada Benayad
Commercial,
[email protected]
Abonnement,
[email protected]
Diffusion
Presstalis, Sochepress,
Royal Air Maroc, SN Brussel.
Impression
Rotimpres, Aiguaviva (Spain).
Dépôt légal : novembre 2010
Edition internationale
Commission paritaire : 1017 C 89135
Edition Maroc
B.O.N°5618-26 rabii 1429 (3-4-2008)
Crédit photos
AFP, DR
© Reproduction interdite sans l’accord écrit de l’éditeur
BAROMÈTRE
Chiffres
2 732
Joseph Kabila
Le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, a effectué une tournée de 4 jours dans l’Est du pays.
Après Kisangani en province orientale, Joseph
Kabila a rejoint la ville de Bunia. Avant-dernière
étape avant de venir à Goma (trajet de +1 000
km par route), pour montrer le retour de l'autorité de l'Etat, dans cette zone.
MILLIARDS DE
F CFA
Projet de budget 2014 du
Sénégal
400
MILLIARDS
D’EUROS
Hosni Moubarak
L'ancien président égyptien Hosni Moubarak
sera jugé avec ses deux fils pour une nouvelle affaire de détournement de fonds publics. L'exraïs est accusé, avec ses deux fils Gamal et Alaa,
d'avoir détourné 125 millions de livres égyptiennes (13,5 millions d'euros) du budget des
palais présidentiels. Selon l'enquête judiciaire,
quatre autres personnes, également accusées
dans cette affaire.
Coût du financement de la
transition énergétique
d’ici 2030 en Europe
Le 23 novembre dernier, au Casino de Paris Carla
Bruni a été très applaudie sur scène, comme Nicolas Sarkozy dans la salle. Dès son arrivée l'exprésident, tout sourire, a été ovationné, le public
scandant «Nicolas! Nicolas!». Ce n'est pas la première fois que l'ancien locataire de l'Elysée
connaît un tel succès lors des concerts de sa
femme. Ce fut le cas à Courbevoie le 9 novembre,
puis à Longjumeau le 14 du même mois.
10
MILLIARDS DE
DOLLARS
Coût de la réduction
gazière de Kiev à Moscou
Bachir Saleh
Bachir Saleh brise le silence. L'ex-directeur de
cabinet et grand argentier de Mouammar Kadhafi, recherché par Interpol, est sorti de sa réserve. Il a reçu à Johannesburg le magazine
Vanity Fair pour une interview exclusive. Après
la chute de Kadhafi, en dépit d’un mandat de recherche par Interpol Bachir Saleh, s’était réfugié en France durant plusieurs mois ...
4,4
MILLIARDS DE
DOLLARS
Mohammed VI
Le roi Mohammed VI est la 5ème personnalité
islamique la plus influente au monde, d'après
un classement du Centre royal jordanien des
études stratégiques islamiques sur «Les 500
musulmans les plus influents du monde». Les
auteurs du rapport soulignent que la place du
souverain dans ce classement est notamment
due à la longévité de la dynastie alaouite, son
influence sur le rite malékite, son aura sur l’islam en Afrique, son engagement dans la cause
palestinienne.
6 Les Afriques .
5 décembre 2013
Programme national
d’économie d’eau et
d’irrigation au Maroc
1,8
MILLIARDS
D’EUROS
Pertes de Bank of Cyprus
au 1er semestre
Général Amadou Sanogo
Depuis mercredi 27 novembre 2013, le général
Amadou Sanogo, ex-chef de la junte militaire
qui déposa le président Amadou Toumani
Touré, le 22 mars 2012, a été inculpé pour
meurtre et assassinats, entre autres chefs d’accusation et placé sous mandat de dépôt. Le capitaine, promu général au mois d’août, a
semble-t-il été aussi rattrapé par les accusations
de séquestrations et d’enlèvements du contrecoup d’Etat du 30 avril 2012 à Kati.
EN PANNE
EN FORME
Nicolas Sarkozy
Le pétrole poursuit sa chute
Après la publication de l'état des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis, qui ont augmenté de 6,9
millions de barils au cours de la semaine du 15 au 22
novembre, selon l'American Petroleum Institute, le
baril du brut WTI a enregistré sa 4ème séance consécutive de baisse. Ainsi, mercredi dernier, il a cédé 1,6%
à 92,05 $. Les analystes trouvent que cette hausse surprise des stocks a refroidi les investisseurs.
Le blé, en hausse, tandis que le maïs
et le soja trinquent
A Chicago, mercredi dernier, le boisseau de blé (environ 25 kg) pour
livraison en décembre, le contrat de référence sur le marché, a terminé à 6,5125 $ contre 6,4650 $ la veille. Par contre, celui de maïs
pour la même échéance, en baisse, s'est établi à 4,1725 dollars contre
4,1850 dollars la veille. Quant au boisseau de soja pour livraison en
janvier, le contrat le plus échangé, il s'est inscrit dans cette même tendance à la baisse pour se fixer à 13,2000 $ contre 13,2925 $ à la clôture précédente. A noter que le blé a été influencé par l'annonce
d'une nouvelle commande importante de l'Egypte, plus important
importateur mondial, et d’une «petite prime liée à la météo», en raison des températures très froides au nord des Etats-Unis.
Fer, Rio Tinto va investir moins
Rio Tinto, géant minier, prévoit de réduire ses dépenses d'investissement de 3 milliards de $, en gelant certains projets de développement
de nouveaux gisements. Désormais, la décision a été prise pour une
augmentation de 20% de ses capacités de production de minerai de fer
seulement, d'ici 2017, de 290 à près de 360 millions de tonnes. Cet objectif est plus modeste que celui évoqué avant la chute des cours entamée l'an dernier. En ligne de mire le désendettement et l’amélioration
de la rentabilité servie aux actionnaires, dans un contexte de faiblesse
relative des cours mondiaux des matières premières.
Cours des monnaies et devises
100 Dinar algérien (DZD) = 1,25 $
100 Rand Af. Du Sud (ZAR) = 9,92 $
100 Kwanza Angola (AOA) = 1,04$
100 Livre Egypte (EGP) = 14,51 $
100 Birr Ethiopie (ETB) = 5,25 $
100 Cedi Ghana (GHS) = 44,38 $
100 Shilling Kenya (KES) = 1,15 $
100 Dollar Libéria (LRD) = 1,23 $
100 Dirham Maroc (MAD) = 12,08 $
100 Ariary Madag (MGA) = 0,0456 $
100 Ouguiya Maurit (MRO) = 0,3441 $
100 Roupie Maurice (MUR) = 3,27 $
100 Kwacha Malawi (MWK) = 0,2438 $
100 Kwacha Zambie (ZMK) = 0,0191 $
100 Dinar Libye (LYD) = 80,20 $
100 Dollar Namibie (NAD) = 9,91 $
100 Naira Nigéria (NGN) = 0,6301 $
100 Shilling Somalie (SOS) = 0,0828 $
100 Leone S. Leone (SLL) = 0,0231 $
100 Dinar Tunisie (TND) = 59,68 $
100 Shilling Tanzanie (TZS) = 0,0621 $
100 Shilling Ougan (UGX) = 0,0398 $
100 Franc Zone CFA = 0,2065 $
Agenda
Forum ICI à Abidjan
Près de 1500 opérateurs économiques
ivoiriens et internationaux sont attendus
au Forum ICI, à Abidjan, du 29 au 31 janviers 2014. Ce rendez-vous est l’occasion
d’explorer des opportunités d’investissement et échanger sur les réformes structurelles à mettre en œuvre pour
accompagner le développement économique en Côte d’Ivoire.
Contact : Tél +33141342073
Solaire Expo à Casablanca
Salon international de l’énergie solaire
«Solaire Expo», se tiendra du 26 février au
01 mars 2014 à l’Office des Changes de
Casablanca. Il s’agit, d’un Salon international de l’énergie solaire et éfficacité
énergétique qui répond aux enjeux et
défis énergétiques actuels et futurs du
Maroc et de l’Afrique. C’est une plateforme d’échanges de haute facture pour
la promotion de la recherche et l’innovation dans le domaine de l’énergie solaire
et l’efficacité énergétique.
Tél : +212 6 18 69 39 62
E-mail : [email protected]
Salon international de l’agriculture
Le Salon international de l’agriculture 2014
de Paris se tiendra du 22 février au 2 mars
prochain. Le Salon International de l’Agriculture rassemble chaque année tous les
acteurs du monde agricole, devenant en 50
ans, une référence absolue en France et à
l’international. L’agriculture française représente le premier poste exportateur de
la balance commerciale.
Site web : www.salon-agriculture.com
Equip Auto Alger
Le salon professionnel international des
pièces, équipements, service et maintenance pour les véhicules de loisir et utilitaires se tiendra du 3 mars au 6 2014 à
Alger. Cet événement est une occasion pour
les professionnels algériens d’échanger
avec des industriels internationaux.
5 décembre 2013 Les Afriques
.7
BRUITS DE MARCHÉ
Les Suisses refusent de limiter
les hauts salaires
Lac Léman, Genève
Les Suisses ont massivement refusé, lors d'une votation
le 24 novembre dernier de limiter les hauts salaires. Le
texte sur la limitation des hauts salaires, appelé «initiative 1:12» a été rejeté à 65,3%. Soit 2 Suisses sur 3 ont dit
«non». Il y a huit mois, ils avaient en revanche approuvé
à 67% un texte supprimant les parachutes dorés des
grands patrons. Les trois cantons, Zurich, Genève et
Vaud ont voté trois fois «non» aux textes proposés. Le
texte sur les hauts salaires demandait que l'écart salarial
dans une même entreprise se situe dans une fourchette
de 1 à 12, autrement dit que le salaire le plus élevé ne
puisse pas dépasser 12 fois le salaire le plus faible.
L’Algérie achète des hélicoptères
à la Russie
Zimbabwe, le gouvernement durcit les
conditions d’exportation du platine
L’Algérie et la Russie viennent de signer un contrat de
livraison prochaine d’hélicoptères au profit de l’armée
algérienne à l’occasion du 13ème Salon aéronautique international de Dubaï. Selon la presse russe, l’agence
russe chargée des exportations des armements, Rosoboronexport, a annoncé avoir signé des contrats de livraisons d’hélicoptères au profit de l’Algérie et
d’autres pays de la région de l’Afrique du Nord pour
un montant total de 5 milliards de dollars. L’Algérie, la
Chine, l’Inde, le Venezuela et le Vietnam figurent
parmi les principaux importateurs d’armements
russes. Et rien que pour l’année 2013, Rosoboronexport prévoit d’atteindre 13 milliards de dollars d’armement exportés essentiellement vers les pays précités.
Le gouvernement zimbabwéen vient d'annoncer qu'il entendait interdire les exportations de platine brut aux compagnies
minières installées dans le pays. Le Zimbabwe est le troisième
producteur mondial de minerai de platine, un métal utilisé
dans l'industrie automobile et la joaillerie. L'objectif est de générer plus de devises à l'exportation. La nouvelle loi devrait
être prête au cours du premier trimestre 2014. Le président
Mugabe veut maintenant obliger les géants mondiaux du platine à raffiner leur production sur place. Le Zimbabwe dispose
des réserves les plus importantes derrière l'Afrique du Sud.
Le Zimbabwe adhère à la Caadp
Le Zimbabwe a signé l’accord marquant son adhésion au
«Comprehensive Africa Agriculture Development Programme» (Caadp) avec sept partenaires au développement. Ce programme, qui est une initiative de l’Union
africaine, vise l’allocation de 10% du budget annuel des
états signataires à l'agriculture. Cette mesure devrait permettre à ces pays d’atteindre une croissance annuelle sectorielle 6%. Grâce à son adhésion a ce programme, le pays
devrait bénéficier d’un ensemble de financement destinés
à son secteur agricole. Les autres parties prenantes de l’accord sont : le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (Nepad), la Comesa, la Banque
mondiale, la FAO, l'Union européenne, les syndicats agricoles locaux et les représentants du secteur privé agissant
dans le domaine agricole.
8 Les Afriques .
5 décembre 2013
Saâd Bendidi nommé
DG délégué du groupe
Saham
Le FMI note la bonne gestion
macroéconomique de Brazzaville
Réuni le dimanche 24 novembre, le
conseil d’administration du Saham
Group a nommé Saâd Bendidi, nouveau
directeur général délégué du groupe.
Le très discret Bendidi assurera ainsi
l’intérim de Moulay Hafid Elalamy, l'actuel ministre de l'Industrie, du commerce, de l'économie numérique et de
l'investissement. Apparemment, Moulay Hafid Alami veut se consacrer à sa
fonction de ministre. Il était notamment le bras droit d’Othman Benjelloun, PDG de Finance.com, et a assuré
la fonction de président du conseil de
surveillance de Méditelecom.
Une équipe du Fonds monétaire international qui vient d’achever une
mission à Brazzaville, recommande fortement à la République du
Congo de poursuivre une politique prudente en matière d’emprunt
afin d’éviter une accumulation rapide de la dette extérieure et de préserver ainsi la viabilité à long terme de sa dette. «Le profil de la dette de
la République du Congo s’est sensiblement amélioré depuis que le point
d’achèvement de l’initiative PPTE a été atteint en 2010 et que le pays a
ainsi pu bénéficier d’un allégement de dette au titre des initiatives PPTE
et IADM. La dette publique extérieure totale est aujourd’hui inférieure à
30% du PIB et le pays continue d’emprunter essentiellement à des conditions concessionnelles», a déclaré Dalia Hakura, chef de mission du
FMI pour la République du Congo. Le FMI note la bonne gestion macroéconomique du gouvernement qui permet d’anticiper la croissance
2013 à 3,4% et un taux d’inflation de 2% en septembre 2013 (en glissement annuel).
Kenya, l’Usaid lance un fonds
de 3,4 milliards de shillings
L’Espagne laisse
la récession derrière elle
Au Kenya, l’Usaid lance un projet de financement de l’agriculture de 3,4 milliards de shillings. Environ 500 000
agriculteurs kenyans issus de 22 comtés
bénéficieront d’un fonds de 3,4 milliards
de shillings que le gouvernement américain s’apprête à investir dans l’agriculture du pays. Cet investissement sera fait
par l'Agence américaine pour le développement international (Usaid) dans le
Dès le 23 octobre dernier, la Banque d’Espagne estimait que la destruction d’emplois a été la plus faible «depuis le début
de la crise», même si le taux de chômage
reste proche de son record historique. Ce
qui se confirme aujourd’hui, c’est que le
PIB qui avait cru de 0,1% au 3ème trimestre, prouve une sortie de récession,
quoique timide. Ce léger regain de l’économie émane des exportations, mais
reste plombée par une demande interne
toujours en berne, explique l’Institut national de la statistique (INE). Aussi, après
5 trimestres de baisse, la consommation
des ménages (+0,4% entre juillet et septembre) s’est inscrite en hausse. Toujours
est-il que le chômage reste le principal
point noir de l’économie espagnole (4ème
de la zone euro), avec un taux de 25,98%
au troisième trimestre. L’éclatement de la
bulle immobilière et le démarrage de la
crise financière internationale ont lourdement pesé sur l’économie espagnole.
cadre du «Kenya Agricultural Value
Chains Enterprises» qui vise un accroissement de la productivité et une augmentation des revenus des petits exploitants.
L’ambassadeur des Etats-Unis au Kenya,
Robert Godec a déclaré que «Cela fait partie de notre objectif commun d’aider à
transformer la vie de millions de Kenyans
en nous assurant qu'ils vivent dans des
ménages où règne la sécurité alimentaire,
et qu’ils peuvent soutenir leurs familles,
peu importe leur âge ou leur sexe».
Algérie, l’Espagne 1er client et la
Chine premier fournisseur
Durant les neuf premiers mois de 2013,
60% des échanges commerciaux de l’Algérie réalisés durant les neuf premiers
mois 2013, ont été effectués avec les pays
de l’Union européenne (UE) avec un montant de 54 milliards de dollars du montant global des échanges commerciaux
de 90,82 milliards de dollars. Selon les
chiffres du Centre national algérien de
l’informatique et des statistiques (CNIS),
les importations algériennes de l’UE ont
atteint près de 21,50 milliards de dollars,
les neuf premiers mois de 2013 soit plus
de 52% des importations globales du
pays, en hausse de 15,7%, par rapport à
la même période en 2012. Alors que les
exportations algériennes vers ces pays
ont atteint 32,52 milliards de dollars soit
65,7% des exportations globales du pays
en hausse également de 9,54% par rapport à la même période de comparaison.
5 décembre 2013 Les Afriques
.9
BRUITS DE MARCHÉ
Nouvelles tensions diplomatiques entre
la Turquie et l’Egypte
Recep Tayip Erdogan
L’Egypte a expulsé l’ambassadeur turc. Elle reproche à
Ankara son soutien à des organisations qui dit-elle
«cherchent à semer le trouble dans le pays». Allusion à
peine voilée au mouvement des Frères musulmans, dont
le gouvernement turc est proche. Le Premier ministre
Recep Tayip Erdogan a été de ceux qui ont le plus vivement critiqué le renversement du président élu Mohammed Morsi par l’armée, début juillet. Les relations
diplomatiques s‘étaient davantage tendues en août suite
à la répression sanglante des forces de l’ordre contre les
manifestants islamistes. Peu après l’annonce du renvoi
de son ambassadeur, Ankara a fait savoir que des mesures similaires seraient prises.
La Chine joue la surenchère dans
son conflit territorial avec le Japon
Pékin a mis en place une zone de défense aérienne en
mer de Chine orientale. Les avions qui la traverseront devront s’identifier et se plier aux instructions des autorités
chinoises. Problème : elle couvre l’archipel des Senkaku
sous contrôle japonais mais revendiqué par la Chine sous
le nom de Diaoyu. Le porte-parole du ministère chinois de
la Défense, Yang Yujun, a nié toute volonté de provocation
et a assuré que la mesure n’entraverait pas la liberté du
trafic aérien dans la zone. Reste que le Japon voit rouge
et a aussitôt protesté auprès de l’ambassade de Chine à
Tokyo, dénonçant une violation de son espace national.
Ces derniers mois, les bateaux des garde-côtes chinois
ont multiplié les incursions dans les eaux qui entourent
les Senkaku. Les relations sino-japonaises sont au plus
bas depuis un an en raison de ce différend territorial, qui
s’est envenimé en septembre 2012 après la nationalisation par Tokyo de trois des cinq îles de l’archipel.
10 Les Afriques .
5 décembre 2013
Tunisie, baisse de la production des olives
La production d’huile d’olive dans la région de Sfax serait
cette saison, selon les premières estimations, de 4 000
tonnes contre 60 000 tonnes l’année dernière. Cette
baisse considérable est due principalement à la sécheresse mais aussi à la nature même de l’olivier dont la
production n’est pas régulière. Il faut noter qu’avec le
vieillissement de la majorité écrasante des oliveraies de
Sfax, la moisson ne peut être bonne toutes les années.
L’arbre produit ainsi une année et se repose l’autre. Cela
pourrait être vrai pour tout le territoire tunisien. La production tunisienne des olives est estimée cette année à
70 000 tonnes d’huile d’olive contre 220 000 en 2012.
Côte d’Ivoire, les exportations
du caoutchouc naturel progresse de 13%
Les exportations de caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire
ont progressé de plus de 13% sur la période allant de janvier à octobre par rapport aux dix premiers mois de 2011.
Elles ont totalisé 227 775 tonnes, selon les statistiques
douanières ivoiriennes. La Côte d’ivoire est le premier producteur de caoutchouc naturel d’Afrique. Sa production ne
cesse de croître car de nombreux cacaoculteurs se tournent
vers cette culture de l’hévéa dont ils pensent pouvoir tirer
des revenus plus réguliers. En effet, les hévéas peuvent être
saignés tout au long de l’année alors que la récolte de cabosse de cacao est ponctuelle. A noter qu’en octobre, un
total de 28 794 t ont été exportées dont 14 753 t du port
d’Abidjan et 13 745 t de celui de San Pedro.
L’Unicef estime à 6 000 le nombre
des enfants-soldats en Centrafrique
Près de 6 000 enfants ont été enrôlés dans des milices combattant en République centrafricaine, a déclaré un haut-responsable de l’ONU, «Grosso modo,
on parle aujourd’hui de 5 000 à 6 000 enfants, ce qui représente un quasi-doublement de notre estimation précédente, qui était de 3 500 enfants», expliqué
Souleymane Diabate, représentant de l’Unicef en République centrafricaine.
L’agence des Nations Unies pour l’enfance a dénoncé régulièrement l’enrôlement des enfants dans les rangs des groupes armés de ce pays dévasté par la
guerre civile. La Centrafrique s’enfonce dans le chaos depuis le coup d’Etat
en mars dernier. Le coup d’Etat mené par la coalition rebelle de la Séléka,
issue de la minorité musulmane, qui a renversé le président au pouvoir François Bozizé. Un leader de la Séléka, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président et a accepté d’organiser des élections l’année prochaine. La
Centrafrique est composée de 80% de chrétiens et d’une minorité de musulmans. Le pays vit désormais au rythme d’affrontements entre les deux communautés religieuses.
Nestlé étend sa production
en Turquie
Attijariwafa bank signe un accord
de partenariat avec Ex-Im Bank
Le groupe DLM s’implante en Côte
d’Ivoire et au Congo Brazzaville
Nestlé étend la production de l'un de ses
principaux centres de fabrication régionaux dans l'ouest de la Turquie. Environ
100 emplois supplémentaires seront
créés en Turquie. Cette usine, sise à Karacabey, devient l’un des plus grands sites
de production de Nestlé dans la région, a
indiqué la multinationale dans un communiqué. «La Turquie est un des marchés
les plus dynamiques d'Asie, d'Océanie et
d'Afrique», a déclaré le vice-président
exécutif de Nestlé, Nandu Nandkishore,
cité dans le communiqué. L'usine Karacabey a ouvert ses portes en 1989 et produira dorénavant aussi des bouillons de la
marque Maggi «pour le marché saoudien
en croissance», écrit le groupe. Nestlé a
ouvert sa première usine en Turquie en
1909 et en dispose maintenant de quatre
dans le pays, employant 3800 personnes.
En marge de la visite du roi Mohammed
VI aux Etats-Unis, le groupe Attijariwafa
bank (AWB) a conclu un accord d'entente
avec la banque américaine Ex-Im Bank. Le
mémorandum d'entente signé par Mohamed Kettani, PDG d'AWB et Claudia Slacik, chief banking officer et senior
vice-président of Export Finance à Ex-Im
Bank, a pour objectif de «favoriser les
échanges et les investissements entre
l’Afrique et les Etats-Unis d’Amérique».
Compte tenu de sa forte présence en
Afrique, Attijariwafa devrait jouer le rôle
de relais de l'institution américaine outreAtlantique. Les deux banques visent à
«promouvoir et développer les échanges
commerciaux ainsi que les investissements entre les pays d'Afrique où Attijariwafa bank est présente, et ce en
coopération avec l’Ex-Im Bank».
Delattre Levivier Maroc, groupe leader
dans la construction métallique lourde
annonce l’acquisition d’une société en
Côte d’Ivoire et au Congo Brazzaville.
Basée au cœur d’Abidjan, la société dénommée Gema Construct (GECO), est un
acteur majeur sur le marché de la
construction métallique et ensembles industriels clé en main dans la région.
GECO est également présente de façon
permanente au Congo Brazzaville sur des
marchés Oil & Gaz. L’expertise du groupe
DLM à l’international permettra d’accélérer et sécuriser son développement en
Côte d’Ivoire, au Congo Brazzaville et
dans la sous région à travers une stratégie de conquête du marché. Ce partenariat, fruit d’une acquisition majoritaire
de DLM conforte les actionnaires historiques de GECO dans le projet.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 11
ARRÊT SUR IMAGE
Etats Unis d’Amérique
Le 22 novembre 2013. Poignée de mains
entre le Roi Mohammed VI du Maroc et
le président américain Barack Obama,
avant une réunion au bureau ovale de la
Maison Blanche, à Washington.
12 Les Afriques .
5 décembre 2013
5 décembre 2013 Les Afriques
. 13
VERBATIM
Final
Confiants
«L’accord intérimaire, adopté
cette nuit, représente un pas
important dans la bonne direction et constitue une étape
vers l’arrêt du programme militaire nucléaire iranien, et
donc vers la normalisation de
nos relations avec l’Iran … Cet accord respecte les exigences posées par la France en matière de stocks et d’enrichissement d’uranium … La France continuera de se
mobiliser pour parvenir à un accord final sur ce sujet»
François Hollande, président français.
«Pour la Société générale, cet argent
n'est pas nécessaire. Nous levons des
fonds sur le marché … La BCE va
devenir le gendarme (des banques de
la zone euro). Avant, elle procède à
une sorte de visite médicale pré-embauche. On est très confiant de passer
cette visite médicale sans problème»
Frédéric Oudéa, PDG du groupe bancaire Société générale.
Erreur
«Ce qui a été conclu à Genève
n'est pas un accord historique,
mais une erreur historique …
Le monde est devenu plus
dangereux, car le régime le
plus dangereux au monde a
fait un pas significatif vers
l'acquisition de l'arme la plus dangereuse au monde
… Israël n'est pas lié par cet accord … Le régime iranien s'était engagé à détruire Israël»
Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien.
Impôt
«L’enjeu, c’est de comprendre le sens
de l’impôt. L’impôt est un outil pour
faire de la justice et surtout pour faire
des dépenses qui vont dans le sens de
l’intérêt général. Aujourd’hui, les
français se demandent quel est le sens
de ces dépenses, ils veulent à la fois
que l’on fasse des économies et aussi savoir comment leurs
impôts servent à améliorer leur cadre de vie»
Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes.
Sincérité
«La journée du scrutin s’est déroulée
paisiblement, en dépit des quelques
incidents survenus dans le Nord,
d’ampleur limitée, et qui ne sont pas
de nature à remettre en cause la sincérité du vote»
Louis Michel, chef des observateurs
Constitution
«Le référendum sur la nouvelle Constitution en cours de
rédaction en Egypte … Je
pense qu'il aura lieu dans la
seconde moitié de janvier»
Hazem El-Beblawi, Premier
ministre égyptien par intérim.
Enfin
«Enfin, et pour la première
fois, le gouvernement syrien
et l'opposition vont se rencontrer à la table des négociations et non sur le champ de
bataille»
Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU.
Réintégrer
«Rohani s’est fait élire pour réintégrer l’Iran au sein de la communauté
internationale et pour cela il fallait
effectivement trouver une solution à
la crise du nucléaire iranien qui dure
maintenant depuis plus de douze
ans, et afin aussi et surtout, de lever
l’embargo. Les sanctions pèsent lourdement sur l’Iran, sur
sa population, sur son économie»
Azadeh Kian, professeur de sociologie à Paris 7.
Progrès
Ton
«Tu te prends pour quoi, pour
me parler sur ce ton? Tu t'y
crois autorisé parce que j'ai
refusé de coucher avec toi, ...»
Rachida Dati, Maire du 7ème
Arrondissement de Paris à
Claude Goasguen, député-
maire du 15ème.
14 Les Afriques .
européens au Mali.
5 décembre 2013
«La France et l’Algérie ont présenté
ensemble, le 17 octobre dernier,
dans le cadre de la FAO à Rome, un
projet sur l’agro-écologie. A ma demande, deux anciens présidents de
l’INRA sont venus en Algérie pour
travailler sur la dimension agronomique et technique, et il y a dans ce domaine de beaux
progrès à faire …»
Stéphane Le Foll, ministre français de l’agriculture.
BANQUES & ASSURANCES
La Commercial bank Cameroun attend un repreneur
Le gouvernement vient de proroger de deux mois, le délai de restructuration
de cette banque sous administration provisoire depuis quatre ans.
L’
on devrait encore attendre au
moins jusqu’à la fin de l’année pour connaître l’avenir
immédiat de la Commercial bank
Cameroun (CBC). Le gouvernement
camerounais vient une fois de plus de
décidé de la prorogation du mandat
initial de la mise en œuvre du plan de
restructuration de cette banque à
l’actionnariat majoritaire de privés
camerounais. Dans une décision rendue publique le 25 novembre 2013,
mais en réalité opérationnelle deux
semaines plutôt, le ministère des finances, a indiqué que le délai de restructuration a été prorogé jusqu’au
31 décembre 2013. Cette prorogation
intervient après celle du mois de juin,
où le gouvernement avait alors accordé une «période de grâce» de trois
mois à la CBC pour qu’elle trouve un
repreneur. Pour l’instant, aucune
offre de rachat n’aurait prospéré, a-ton appris, d’où la décision des autorités
d’accorder
un
délai
supplémentaire d’un mois pour le
bouclage du dossier.
En d’autres termes, les jeux restent
ouverts pour la reprise de la CBC.
Une option «attendue» puisque pour
le moment, l’on attend toujours la fi-
16 Les Afriques .
5 décembre 2013
nalisation des discussions qui sera
alors matérialisé par la signature d’un
accord avec des potentiels repreneurs.
Après l’échec des précédentes tentatives de rachat menées notamment
par des multinationales européennes
et asiatiques, ainsi qu’un groupe bancaire africain en pleine expansion, le
gouvernement voudrait obtenir
toutes les garanties avant de céder définitivement la CBC, dont le bilan
économique est pourtant flatteur
malgré ce statut juridique pour le
moins gênant.
En attendant d’autres rebondissements, l’administration provisoire
entend poursuivre ses missions, elle
qui annonce pour le 9 décembre 2013,
la tenue d’une double assemblée générale ordinaire et extraordinaire et
dont les administrateurs procéderont
notamment à «l’examen et l’adoption
des modalités de réalisation de l’augmentation du capital». Ceci présage
peut-être, de l’arrivée des nouveaux
actionnaires dans cette banque officiellement mise en restructuration en
janvier 2013, après trois années d’administration provisoire.
Placée sous administration provisoire
en 2009 par la Commission bancaire
Douala, capitale
économique du
Cameroun
Le gouvernement voudrait
obtenir toutes
les garanties
avant de céder
définitivement
la CBC, dont le
bilan
économique
est pourtant
flatteur.
de l’Afrique centrale (Cobac) pour
des indélicatesses constatées dans la
gestion de la banque, entre autres, un
volume important des crédits compromis, la CBC qui est majoritairement constituée de capitaux privés
camerounais, naguère propriétaire
du groupe Fotso, fut l’un des fleurons
du système bancaire dans la zone
Cemac. Malgré son statut, cette
banque continue ses activités avec un
certain succès. L’augmentation attendue de son capital est indéniablement l’un des indices fiables qui laisse
entrevoir que la CBC devrait finalement survivre à une longue période
d’administration provisoire. Il y a
quelques mois, la CBC était déjà à la
tête d’une syndication de banques
qui ont accordé un prêt d’environ 20
milliards de francs CFA pour le renforcement de l’outil de production de
la Société de développement de coton
(Sodecoton).
Selon des sources proches du dossier,
l’Etat du Cameroun qui fait déjà partie des actionnaires, pourrait racheter au moins 20% des parts et
renforcer ainsi son influence au sein
du top management.
Achille Mbog Pibasso, Douala
La Société camerounaise de banques
arrangeur d’un emprunt obligataire de l’Etat
La SCB, filiale d’Attijariwafa Bank du Maroc, a été retenue comme
arrangeur du second emprunt obligataire de l’Etat du Cameroun d’un
montant de 50 milliards de f CFA.
L’
Etat du Cameroun procédera courant décembre au
lancement d’un emprunt
obligataire, conformément aux dispositions contenues dans la Loi des
finances. La Société camerounaise de
banques (SCB) filiale de la multinationale marocaine Attijariwafa Bank,
a été retenue comme arrangeur de
cet emprunt obligataire de 50 milliards de f CFA que l’Etat du Cameroun lancera en décembre 2013 à la
Douala Stock Exchange (DSX).
Cet appel public, qui est le second de
l’Etat du Cameroun après celui de
200 milliards de f CFA en 2010, se
fera au taux de 5,9%.
L’arrangeur s’emploie actuellement
pour la constitution d’une syndication de placements, conformément à
une décision du ministère camerounais des finances.
Celle-ci porte notamment sur la
création, l’organisation et le fonctionnement d’un Comité de pilotage
de l’emprunt obligataire de l’Etat, au
titre de l’exercice budgétaire 2013.
Les principales missions à lui assignées sont entre autres, la validation
du projet de dossier d’appel d’offres
pour le recrutement d’un ou plusieurs Prestataires de services d’investissement (PSI) devant accompagner
l’Etat dans cette opération de lever de
La dette publique
du Cameroun
s’apprécie de plus
en plus
fonds et la préparation et la mise à
disposition des informations nécessaires à la confection de la note d’information exigée pour cet appel
public à l’épargne.
Même en levant 50 milliards de
francs CFA à la DSX, le Cameroun
reste en dessous des objectifs fixés en
début d’année au titre d’émissions
d’obligations pour le compte de
l’exercice budgétaire 2013.
Sur les 150 milliards de f CFA autorisés par la Loi des finances, seulement 25 milliards de f CFA par
émissions d’obligations sur le marché des titres publics de la BEAC
(Banque des Etats de l’Afrique centrale) ont jusque-là été mobilisés, ce
qui fera au total, 75 milliards de
francs CFA, juste la moitié de l’enveloppe globale autorisée par la Loi.
A en croire certains analystes, le Cameroun, qui est engagé dans la mise
en œuvre des projets structurants
pour une émergence économique à
l’horizon 2035, pourrait à multiplier ce type d’opérations afin de financer son programme de
développement. Etant donné qu’il
ne faudrait pas uniquement compter sur l’appui des bailleurs de fonds
dans un contexte où les Investissements directs extérieurs (IDE) sont
encore faibles. Reste maintenant à se
familiariser à ce mode de financement qui commence à faire des effets, au regard de l’engouement
grandissant des souscripteurs, notamment des opérateurs privés. Le
premier emprunt de l’Etat du Cameroun de 200 milliards de f CFA
avait été bouclé en deux semaines,
malgré un taux relativement élevé.
Achille Mbog Pibasso, Douala
5 décembre 2013 Les Afriques
. 17
BANQUES & ASSURANCES
Brahim Benjelloun
Touimi, Administrateur
directeur général de
BMCE Bank
18 Les Afriques .
5 décembre 2013
Eurobond
BMCE Bank en leader
Tout premier corporate marocain de la région et comptant parmi les 3 premiers
en Afrique à émettre un eurobond, BMCE Bank vient de réussir un coup de
maître. Cette opération de 300 millions de $, sous le format «Reg S», a été un
franc-succès. Brahim Benjelloun Touimi, Administrateur directeur général de
BMCE Bank, revient sur les grandes lignes.
d’émission pour des noms de même Le niveau du
es Afriques : Qu'est ce qui exla première fois une telle transaction,
Rating, appartenant à des pays beauplique le choix de cette opde le faire sous le format réglemencoup plus familiers des marchés in- pricing, un
tion d'une émission
taire dit «Reg S», celui qui cible les
rendement de investisseurs européens et asiatiques
ternationaux de la dette.
d'Eurobonds ?
Brahim Benjelloun Touimi : Nous Une autre illustration du succès fut 6,5% l’an, soit et qui donc n’inclut pas ceux basés
Etats Unis.
sommes un Groupe de banque uni- le nombre -une soixantaine- la di200 points de aux
Il est aussi d’usage de commencer
verselle et d’ambition continentale versité, la haute qualité des profils
avec un «ticket» plutôt de 300 Mildont une part croissante des revenus ainsi que la base élargie des investis- base environ
lions de $. Ce niveau correspond aux
procédera à l’avenir de sources en seurs basés en Europe, au Moyen au-dessus de
premiers besoins identifiés d'accomdevises et de régions géographiques Orient et en Asie.
l’Emprunt
pagnement du développement à l'indiversifiées.
ternational du Groupe, notamment
Il est logique alors que ses sources de LA : Vous auriez pu aller jusqu'à un Souverain.
L
financement se diversifient pareillement et que ce groupe dispose d’une
plus large visibilité sur la scène financière internationale.
L’émission d’un tel EuroBond, de
maturité 5 ans, de coupon 6,25% et
de rendement 6,50% vient dans un
contexte où «l'emprunt souverain»,
celui de l’Etat marocain, fut bien accueilli par la communauté des investisseurs internationaux, de par les
caractéristiques dont il fut assorti, ce
qui a ouvert la voie à d’autres émetteurs publics ou privés.
BMCE Bank a ainsi pris le lead en se
positionnant comme premier Corporate marocain et de la région ainsi
que l’un des 3 premiers en Afrique à
émettre un EuroBond.
Cet emprunt vise à optimiser le coût
d’endettement à long terme, à diversifier la base des investisseurs, tout en
représentant une référence pour les
nouveaux émetteurs bancaires marocains, africains ou même internationaux issus de pays émergents et de
même qualité.
En définitive, cette transaction fut un
réel succès. En attestent, le niveau du
pricing, un rendement de 6,5% l’an,
soit 200 points de base environ audessus de l’Emprunt Souverain, soit
le bas de la fourchette des spreads
plafond de 500 millions de $, les récentes notations de Moody's ontelles influencé votre démarche ?
B.B.T. : BMCE Bank est notée Ba1
par l’agence Moody’s, soit le même
rating que celui accordé à l’Etat marocain par cette agence.
Ce ne sont pas ce genre de considérations qui ont primé.
En fait, il est d'usage, en accédant aux
investisseurs à travers des rencontres
«one on one», d’annoncer au départ,
un montant maximal de levée de
fonds. Cinq Cents Millions de $ est
un niveau de référence.
Cependant, dans le cas d'un «primoémetteur» tel que BMCE Bank, c'est
à dire d'un émetteur qui opère pour
en Afrique subsaharienne, et du financement des Corporates sur le
continent africain.
La City à Londres,
quand les
investisseurs
européens
répondent présents
LA : Doit-on y voir votre ancrage
sur le continent, avec une présence
dans plusieurs pays en Afrique?
B.B.T. : La stratégie définie par le
Président Othman Benjelloun et par
le Conseil d’Administration de la
Banque est claire concernant un tel
ancrage.
L’ambition ainsi tracée pour le
moyen et long termes est, à travers
l’enseigne Bank of Africa, d'être présent dans l’ensemble des pays
d'Afrique. C'est dire ...
Propos recueillis par Daouda MBaye
5 décembre 2013 Les Afriques
. 19
BANQUES & ASSURANCES
Quel message percevoir
de la dégradation de la notation du GBP ?
L’agence de rating S&P fait passer la note du groupe
Banque populaire de BBB-/A-3 à BB+/B. Il passe
donc de la catégorie «Investment grade» à la
catégorie spéculative. Quel message pour le secteur
bancaire local ?
Convention
CFC- CISI
Désormais, le Maroc sera en mesure de produire plus d’une cinquantaine de certifications CISI.
Casablanca Finance City et Chartered Institute for Securities & Investment (CISI) ont signé, la
semaine dernière à Casablanca, un
protocole d »’accord visant à développer et promouvoir les certifications professionnelles dan les
services financiers au Maroc et
dans la région. Il s’agira de certificats et de diplômes en gestion d’actifs, corporate finance, produits
dérivés, conseil en investissement
et banque privée, gestion de fortune, finance islamique, ou encore
gestion du risque dans les services
financiers
La banque centrale
de Zambie pour la
bancarisation des
zones rurales
A
lors qu’une satisfaction planait suite aux renouvellements de la confiance de
Standards and Poors à l’économie
marocaine, les observateurs financiers qui s’intéressent au Maroc ont
été étonné de voir que cette agence ne
préserve pas la note du Groupe
banques populaires (GBP) qui passe
de BBB-/A-3 à BB+/B selon cette
même agence. Donc, la banque passe
de la catégorie «Investment grade» à
la catégorie spéculative, c’est-à-dire
que la banque est peu vulnérable à
court terme, mais confrontée à des
incertitudes majeures et persistances
liés aux conditions économiques et
financières défavorables.
Cette dégradation serait-elle inscrite
dans une perspective de la révision
de la note souveraine du Maroc ? Estce un message envoyé par l’agence
«Indicateur avancé» au secteur bancaire marocain ? En effet, la notation
du GBP reste souvent liée et totale-
20 Les Afriques .
5 décembre 2013
ment corrélée à la notation souveraine du Maroc de par son caractère
public et mutualiste, mais surtout
qu’elle reste la banque des marocains
du Monde, principaux pourvoir de
devises pour la Maroc.
Remarquons que l’agence a opté
pour la stratégie inverse concernant
la France : c’est suite à la dégradation
de la note souveraine de la France que
l’agence, une semaine après, a procédé à la dégradation de certains établissements financiers publics
comme Natixis (L’équivalent de la
BCP pour le Groupe BPCE). Par ailleurs, en dégradant le GBP l’un des
plus solide, avec Attijariwafabank, du
système bancaire marocain, c’est tout
le système bancaire qui en subira les
conséquences en cas de sortie à l’international. Le taux d’intérêt, payé
par la BMCE lors de sa récente sortie
sur le marché international, est de
6,5% en étant noté BBpi, c’est-à-dire
que la prime de risque exigée par le
Siège de la BP à
Casablanca
La banque est
peu vulnérable
à court terme,
mais confrontée à des
incertitudes
majeures et
persistances
liés aux
conditions
économiques
et financières
défavorables.
Michael Gondwe, gouverneur de la
Banque de Zambie (BoZ), a saisi
l’occasion du lancement officiel de
la First Bank Capital (FCB) Zambia
Ltd ex- International Commercial
Bank (ICB) à Lusaka, pour exhorter
les banques commerciales à profiter
de l’environnement macro-économique favorable à l’expansion dans
les zones rurales et d'améliorer l'inclusion que les banques. De son
avis, ces établissements financiers
gagneraient à profiter de l'environnement économique pour se développer et accroître le taux de
bancarisation, notamment dans les
zones rurales. Pour le gouverneur
de la banque centrale, ces établissements doivent étendre leurs réseaux
de succursales dans les zones rurales afin d’aider à une inclusion financière plus étendue. En
procédant de la sorte, les banques
vont mobilier l'investissement
privé, source essentielle de capital à
long terme à même de stimuler la
croissance économique, tout en favorisant l'innovation en soutenant
les petites entreprises.
marché est de 5% puisque les taux
swaps EURO à 5 ans cotent 1,5%.
Même si cette opération pourra être
perçue comme une réussite sur le
plan politique et de réputation, le taux
est néanmoins cher, selon les conditions de rentabilité et de liquidité de
ce groupe. Si certains analystes financiers, qui suivent le GBP justifiaient
cette décision par la montée des provisions et du coût du risque constatés
dans la dernière publication semestrielle, j’estime que les raisons peuvent
être autres. La problématique actuelle
du Maroc est sa position extérieure et
la situation des avoirs extérieurs.
D’ailleurs, l’agence n’exclut pas une
dégradation de la note marocaine,
lors de la prochaine revue de la notation du Maroc, prévue en 2014, si le
Maroc ne parvient pas à réduire significativement et durablement
entre autres son compte courant
(Solde du compte des échanges avec
l’étranger). Notons par ailleurs que
via la GBP transite l’un des plus
grand flux en devises en provenance
de l’étranger et c’est elle qui domine
le marché bancaire marocain, en
termes de dépôt des marocains résidents à l’étranger. Cette communauté est touchée par le chômage et
la crise dans leurs pays de résidences,
notamment la France, l’Italie et l’Espagne. Au même titre que le Maroc
qui dépend fortement en termes de
commerce extérieur des trois pays.
Donc on pourra facilement liée cette
dégradation à la structure des ressources de la banque dominée par les
dépôts des MRE installés essentiellement en Europe1. La structure des ressources de la GBP (Plus généralement
le GBP) serait à l’avenir une source de
risque pour elle. En effet, les ressources de marocains résidents à
l’étranger ont représenté à fin 2012,
36,8% contre plus de 45% en 2008,
cette baisse a été compensée progressivement par le développement des
ressources locales, mais cette compensation serait difficile à maintenir
dans les années qui viennent vu la
crise économique que traversent le
pays et la concurrence rude des autres
banques locales, conjuguée à la crise
de liquidités que traverse le secteur
bancaire marocain. Mais il faudra
constater que les autres banques marocaines ont pu améliorer leurs part
de marchés sur le segment des MRE
alors que le GBP n’arrive pas à en faire
autant sur le marché local. Cette pression sur les ressources MRE a ramené
le GBP a projeté de lancer des emprunts au niveau internationale et le
coût d’emprunt devrait se situer dans
la fourchette 6%-6,5%. Cependant, le
GBP reste moins exposée aux risques
de liquidités comparativement aux
autres banques, puisque le Groupe
dispose de 17 milliards de DH d’actifs disponibles à la vente avant dépréciation à fin juin 2013.
Les perspectives économiques en
zone Euro et au Maroc et l’instabilité
à laquelle sont souvent exposés les
pays africains et ceux malgré le potentiel économique dont bénéficie
actuellement la majorité de ces pays,
sont de nature à accroître les risques.
La montée sensible des provisions et
du coût de risque dans les derniers
résultats semestriels de la banque
laissaient présager d’un tel scénario.
Le coût du risque est passé de 696
millions de DH en 2011 à 1,3 milliard
de DH en 2012 et ayant dépassé les
900 millions de DH rien que pour le
premier semestre 2013.
Finalement, si le GBP dispose d’un
profil financier solide, une liquidité
adéquate et des fonds propres convenables, malgré la baisse qu’a subi son
coefficient de division des risques et
son coefficient de solvabilité, il n’est
pas pour autant invulnérable à certaines catégories de risques de par
son caractère public et sa forte dépendance de l’économie nationale. Le
message de l’agence S&P est claire, les
autres banques du secteur et l’Etat
marocain sont sous pression et sans
amélioration notable de la balance
commerciale et des finances publiques la dégradation est inéluctable.
NBC Tanzanie
On pourra
facilement liée finance la formation
cette dégrada- des jeunes
Mizinga Melu, directrice générale de
tion à la
Bank of Commerce (NBC),
structure des National
vient d’annoncer à Dar es Salaam le
ressources de financement de la formation d’au
moins 3100 jeunes tanzaniens dans
la banque
les régions autour de la capitale et
dominée par
du Kilimandjaro. Cette bonne noules dépôts des velle a été révélée au cours d’une
MRE installés brève cérémonie de lancement de la
formation organisée par l'Alliance
essentielledes jeunes tanzaniens (TAYOA). Une
ment en
opération qui va dans le sens d’accroître les dispositions des jeunes et
Europe.
Par Abdelaziz Enasri,
Paris Docteur en Econométrie
et Executive MBA Consultant
Financier International
1 Mais au-delà de cette analyse critique, il faut souligner que la
BCP a le mérite d’être la banque la plus notée et celle qui a en
premier lieu u le courage de souscrire à la notation selon la
procédure appliquée aux grands groupes internationaux.
des femmes à s’imprégner de la culture d’entreprise. La Dg de NBC assure que cette banque a bien
compris la nécessité d'investir et
d'éduquer les jeunes tanzaniens et
les jeunes mères à l'employabilité,
l'esprit d'entreprise et la façon de
gérer leurs revenus et gérer leurs entreprises. «Nous avons décidé de
donner cet appui à TAYOA parce que
nous croyons que TAYOA, …», a renchéri Mizinga Melu.
La BAD accompagne
le secteur minier
zambien
Afin de contribuer au développement des compétences dans le secteur minier zambien, la Banque
africaine de développement (BAD)
envisage de mettre une rallonge financière de 100 millions de $ au secteur privé. Des fonds destinés à la
rationalisation des compétences
dans ce secteur. Confirmation de
Freddie Kwesiga, représentant résident de la BAD, qui a indiqué que le
secteur privé va bénéficier de ces
avances pour la formation professionnelle destinés aux mineurs zambiens. Il a aussi souligne qu’un
protocole d'accord (MoU) avec le
gouvernement par la Zambia
Consolidated Copper Mines (ZCCM
Investment Holdings-IH) était
prévu afin de sensibiliser davantage
les responsables vers l’amélioration
des compétences des mineurs.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 21
BANQUES & ASSURANCES
Banque Populaire Maroc, tournée
du président en Afrique de l’ouest
KCB Kenya délivre
des cartes bancaires
électroniques
Mohammed Benchâaboun, PDG du groupe Banque
populaire, a effectué, du 27 au 29 novembre 2013, un
périple dans plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest. Plus
que jamais ce groupe bancaire marocain, leader dans
la région, affiche son ambition africaine.
Mohammed
Benchâaboun,
PDG du groupe
Banque populaire
L
a croissance se trouve aussi en
Afrique au Sud du Sahara.
C’est dans cette région, où elle
est déjà présente, à travers près
d’une vingtaine de pays, que
Banque Populaire entend accroître
son ancrage. Reçu mercredi 27 novembre à Bamako par le président
malien Ibrahim Boubacar Keita, le
PDG du groupe Banque populaire
s’est rendu le lendemain au Burkina
Faso voisin. Dans ce pays aussi, il a
eu des entretiens avec le chef de
l’Etat, Blaise Compaoré. Le périple
s’est poursuivi à Lomé au Togo, où
Faure Gnassingbé, président de la
république, s’est entretenu avec lui.
Si les détails de ces différents entrevues ne sont pas encore connues, il
n’en reste pas moins que ce groupe,
qui figure parmi les tout premiers à
s’implanter en Afrique au sud du
Sahara, notamment en République
centrafricaine (RCA), en Guinée, …
22 Les Afriques .
5 décembre 2013
et qui dispose de participations dans
Atlantic Financial Group, société de
droit ivoirien, bien ancré dans 17
pays de la sous-région entend y renforcer sa présence. C’est d’autant
plus judicieux que la croissance y est
au rendez-vous et les parts de marché à gagner importantes. Les taux
de bancarisation des opérateurs et
des particuliers restent ridicules
dans la zone. Riche de ses 10 nouvelles filiales de Banque Atlantique
(Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire,
Mali, Niger, Sénégal, Togo), issues
de la création de la nouvelle holding
Atlantic Bank International (ABI),
issue de l’accord de partenariat stratégique avec Atlantic Financial
Group, le groupe BP va renforcer sa
présence sur le continent. Un déplacement que les analystes ne jugent
pas fortuit, au moment une agence
de rating vient de dégrader sa note.
Daouda MBaye
Kenya Commercial Bank (KCB), plus
grande banque du Kenya, en termes
de bilan, a pris la décision de distribuer, à partir de la mi-janvier plus de
2,2 millions de cartes EMV (cartes
bancaires électroniques) à ses clients.
A l’échéance fixée par la Banque centrale du Kenya, au mois de mars
2014, KCB entend se conformer à
l’exigence de retirer toutes les cartes
magnétiques à piste en circulation.
Pour rappel, il s’agit d’une mesure qui
devrait réduire la fraude de carte. Annastacia Kimtai, directrice de la
banque de détail de KCB, a soutenu
que les 2,2 millions de cartes existantes seront remplacées en 3 phases
à partir de janvier. Elle a confirmé que
700 000 clients recevront les nouvelles
cartes électroniques. Elle a précisé que
la banque attend juste que passe la période des fêtes de fin d’année, avant
de pouvoir commencer à retirer les
anciennes cartes magnétiques, sans
gêner la clientèle. Aujourd’hui, les
guichets automatiques ont été mis à
niveau et sont conformes à la norme
EMV, plus sûr, a- t-elle ajouté.
UBK pour plus
d’expansion
La croissance y
est au rendezvous et les
parts de
marché à
gagner
importantes.
Afin d’accroître le nombre de ses
agences à travers le Kenya, Union
Bank Kenya (UBK) vient d’établir un
partenariat avec Post Bank. Cette
dernière, bien implantée dans toutes
les grandes villes, va booster la présence d’UBA encore limitée à
quelques villes seulement. Tunji
Adeniyi, PDG d’UBK, assure qu’un
tel rapprochement permettra de
renforcer le taux de bancarisation de
19% de la population du Kenya et
qui exige des efforts des banques
pour rapprocher les services bancaires aux usagers. Il s’est réjoui du
fait de la résilience de l’économie kenyane, une raison supplémentaire de
la banque pour élargir son portefeuille de produits, et concourir davantage à l'économie du pays.
Attijariwafa bank Un relais
en Afrique pour Ex-Im Bank
De la recapitalisation de la Reserve
Bank (Zimbabwe)
En marge de la visite du roi Mohammed VI aux
Etats-Unis, le groupe Attijariwafa bank (AWB) a
conclu un accord d’entente avec la banque
américaine Ex-Im Bank. L’accord va favoriser les
échanges entre l’Afrique et les Etats-Unis.
L
e mémorandum d’entente,
signé par Mohamed Kettani,
président directeur général
d’AWB et Claudia Slacik, directrice
et Vice-président pour le financement des exportations à Ex-Im
Bank, a pour objectif de «favoriser
les échanges et les investissements
entre l’Afrique et les Etats-Unis
d’Amérique». Compte tenu de sa
forte présence en Afrique, Attijariwafa devrait jouer le rôle de relais de
l’institution outre-Atlantique. Les
deux banques visent à «promouvoir
et développer les échanges commerciaux ainsi que les investissements
entre les pays d’Afrique où Attijariwafa bank est présente, et ce en coopération avec l’Ex-Im Bank». Cet
accord de partenariat prévoit également le financement des programmes conjoints. Parmi d’autres
on retrouve le programme «Power
Africa», dans lequel les deux parties
Mohamed Kettani,
président directeur
général d’AWB
s’engagent à collaborer étroitement
pour le financement des projets,
particulièrement, ceux dans le secteur de l’énergie. AWB et l’US Ex-Im
Bank s’engagent à partager l’information et les meilleures pratiques,
en vue de promouvoir les financements des PME-PMI.
Export-Import Bank of the United
States, une banque pour encourager
les exportations Export-Import
Bank a pour objectif de soutenir et
d’encourager les exportations de
produits américains vers les différents marchés mondiaux. Elle a été
crée en 1945 par le Congrès américain, en tant qu’entité autonome, sa
mission consiste à proposer des garanties ainsi que des assurances sur
les achats de biens et de services aux
États-Unis. Ex-Im Bank fait partie
des instruments privilégiés de la politique commerciale américaine.
Sanae Taleb, Casablanca
Afin de réduire le coût de la dette,
Patrick Chinamasa, ministre zimbabwéen des finances, vient de révéler que le gouvernement de son
pays est en quête de 200 millions
de $ pour recapitaliser la Banque
de réserve du Zimbabwe. C’est
une condition sine qua non pour
restaurer la capacité de prêteur de
dernier recours de la Banque centrale. Pour rappel, le Zimbabwe a
adopté l'utilisation de plusieurs
devises étrangères - principalement le dollar américain et le rand
sud-africain - en 2009, après que
sa propre monnaie a été rendue
inutile par l'hyperinflation. Une
telle décision exclut les interventions de la banque centrale par le
biais de la politique monétaire.
L’argentier du Zimbabwe trouve
qu’il est primordial de restructurer le secteur des services financiers, au cours de cette réunion en
présence de représentants des
banques et des sociétés minières,
notamment de Barclays Bank,
Standard Chartered Bank, Zimplats, RioZim et Old Mutual.
Appel des banquiers
aux fermiers
(Malawi)
Attijariwafa
devrait jouer le
rôle de relais
de l’institution
outreAtlantique.
A Mchinji au Malawi, les banques
ont lancé un vibrant appel aux
agriculteurs pour ouvrir des
comptes à même de leur faciliter
l’accès aux crédits. Elles ont lancé
cet appel, la semaine dernière, par
la voix de leurs responsables respectifs, au cours d'une réunion de
la Churches Action in Relief and
Development (CARD). Une telle
rencontre a grandement contribué à réduire le fossé entre les exploitants et les banques. Les
dirigeants de banque présents ont
tenu à assurer les agriculteurs de
leur soutien, singulièrement s’ils
s’organisent sous formes de coopératives.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 23
BOURSES & FONDS
Interview Edoh Kossi Amenounve, DG de la BRVM
Cotation en continu, levier de croissance
de la BRVM
En prélude de la Conférence annuelle de
l’Association des Bourses africaines (ASEA) qui se
tiendra du 2 au 4 décembre à Abidjan, Edoh Kossi
Amenounve dévoile les acquis et les ambitions de la
Bourse régionale de l’Afrique de l’ouest.
L
es Afriques : Pouvez-vous
nous faire une brève présentation de la Bourse Régionale
des Valeurs Mobilières (BRVM) ?
Edoh Kossi Amenounve : La Bourse
régionale des valeurs mobilières
(BRVM) est la Bourse commune
aux 8 pays regroupés au sein de
l’Uemoa. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la
Guinée-Bissau, du Mali, du Niger,
du Sénégal et du Togo.
Elle a effectivement démarré ses activités le 16 septembre 1998. Sa création résulte de la volonté des Pères
fondateurs de l'Union monétaire
ouest Africaine (UMOA), manifestée
à la signature du Traité instituant
l’Union, le 14 novembre 1973.
LA : Comment se porte la BRVM?
Quels sont vos principaux chiffres ?
E.K.A. : Après 15 ans d’existence, la
BRVM se porte bien. Elle a 37 socié-
24 Les Afriques .
5 décembre 2013
tés à sa cote et une capitalisation
boursière du marché des actions de
l’ordre de 5 263 milliards de f CFA,
soit une croissance d’environ 400%
de sa taille depuis sa création. Pour le
marché des obligations, la BRVM a
actuellement 35 lignes pour une capitalisation qui est passée de 83 à plus
1000 milliards de f CFA, soit une progression de l’ordre de 1053%. Les indices BRVM 10 et BRVM Composite
s’établissent à 232,21 et 216,87 points
au 21 novembre 2013, soit plus du
double de leurs bases 100 établies au
démarrage en 1998.
LA : Par rapport aux places financières des pays anglophones, les
marchés boursiers de l’Afrique
francophone enregistrent moins de
transactions. Selon vous, qu’est-ce
qui peut expliquer cette prédominance des Bourses des Etats anglophones en Afrique ?
Edoh Kossi
Amenounve,
DG de la BRVM
Une capitalisation boursière
du marché des
actions de
l’ordre de
5 263 milliards
de f CFA.
GTB améliore son
portail internet
Depuis le milieu de la semaine dernière, Guaranty Trust Bank Plc
(GTBank) a mis en ligne un nouveau
portail Internet. La plate-forme de
services bancaires par Internet a été
revisitée pour améliorer la prestation
de services à la clientèle. Une navigation simplifiée, une optimisation
pour les appareils mobiles, ainsi que
des transactions sûres et pratiques,
dans un nouveau look, conservant
Trusteer Rapport, un «logiciel qui sécurise la communication en ligne et
protège les informations de fraudeurs, tel sera cette nouvelle plateforme de services bancaires. Pour
Segun Agbaje, PDG de GTBank, la
recherche continue pour fournir des
services pratiques et abordables, sans
compromettre la qualité, a entraîné
l’introduction de la technologie de
pointe. Aujourd’hui, il se félicite que
cette banque puisse permettre à ses
clients d’accéder au service bancaire
comparable aux standards internationaux.
Stanbic Bank
lance une application
mobile
Stanbic Bank vient de lancer une application mobile, visant à réduire les
formalités administratives et gagner
du temps. Cette application fonctionne aussi sur des tablettes et permet de déterminer les besoins des
clients. Aussi, elle permet d’adapter
les besoins à des produits appropriés, à en croire Adam Jones, chef de
personnel de Stanbic Bank Kenya.
Dans le détail, cette technologie est
construite de telle manière à permettre la réalisation de la documentation requise, et la capture des
données de clients, dont des signatures électroniques. Aussi, les formulaires de demande sont alors
automatiquement convertis et envoyés par courrier électronique pour
le traitement. Le client reçoit également des copies électroniques pour
la tenue de dossiers, assure-t-on.
E.K.A. : Plusieurs raisons peuvent
être évoquées. La première, c’est la
faiblesse de la culture boursière dans
la zone francophone. Les épargnants
et chefs d’entreprises n’ont pas encore le réflexe de s’adresser à la
Bourse pour investir ou se financer,
contrairement à la zone anglophone.
Les économies des pays anglophones sont plus proches des économies de marché que des
économies d’endettement.
Face à cette situation, la BRVM a retenu des orientations stratégiques et
des actions à mener visant à en faire
une place boursière attractive, compétitive et sécurisée, au service du financement des économies de
l’Uemoa.
L’accroissement du volume des
transactions et l’augmentation de la
liquidité de la BRVM constituent
nos principaux défis. Cela passe par
l’admission de nouvelles sociétés à
la cote, l’accélération de la diffusion
de la culture boursière, l’amélioration de l’éducation des investisseurs,
l’incitation à la création d’instruments de gestion de l’épargne collective (Ndlr : Opcvm), le
fractionnement des actions et la privatisation des entreprises publiques
par la Bourse.
LA : A l’heure actuelle croyez-vous
que la BRVM participe suffisamment au financement de l’économie sous-régionale ?
E.K.A. : La Bourse est l’instrument
privilégié pour le financement à
long terme dans une économie. La
BRVM a été créée pour cela. Depuis
sa création, environ 4 000 milliards
de f CFA ont été levés par les Etats,
les Institutions Régionales et Internationales, les sociétés publiques et
privées pour financer les infrastructures portuaires, de télécommunications, d’énergie, ainsi que la
croissance de plusieurs entreprises
opérant dans divers secteurs d’activités de notre Union.
C’est vrai que la contribution du
marché à ces financements reste encore faible (moins de 15 % des crédits totaux à moyen et long termes
accordés par les banques) comparés
à d’autres régions du monde. Mais
nous comptons améliorer cette
contribution.
LA : Les dirigeants des grandes entreprises de la sous-région sont-ils
conscients de l’intérêt de solliciter
le marché des capitaux ?
E.K.A. : De plus en plus. Nous saisissons toutes les opportunités qui nous
Les épargnants Investissements de
Swiss Reinsurance
et chefs
d’entreprises Company en Angola
n’ont pas
encore le
réflexe de
s’adresser à la
Bourse pour
investir ou se
financer.
Luanda, capitale d’Angolav
La Bourse
régionale des
valeurs mobilières
à Abidjan
Pour élargir ses activités, Swiss
Reinsurance Company, spécialisé
dans l'assurance et de la réassurance, compte investir directement
en Angola, à partir de 2014. Lukas
Muller, directeur pour l'Afrique et
le Moyen-Orient de cette compagnie, l’a confirmé, la semaine dernière à Zurich, au cours de la visite
organisée, par SE Osvaldo Varela,
ambassadeur d'Angola en Suisse.
Rappelons que Swiss Reinsurance
opère en Angola, en collaboration
avec l'ENSA compagnie d'assurance dans les domaines du pétrole
et du gaz. Désormais, cette compagnie envisage de renforcer ses capacités à travers des formations
destinées compagnies d'assurance
nationales, de manière à garantir
un partenariat durable à long
terme. Le directeur pour l'Afrique
et le Moyen-Orient de la compagnie d’assurance, a tenu à indiquer
que c’est de bonne guerre si des
pays africains, tels que l'Angola et
le Mozambique, sont la cible de
Swiss Reinsurance Company, notamment dans le domaine de
l'agriculture (gestion des risques),
le tourisme et les services financiers traditionnels, d’autant plus
que des réformes économiques et
financières y sont effectuées par les
gouvernements. Les résultats positifs, qui se traduisent dans la réduction du taux d’inflation, de
bons fondamentaux macroéconomiques et la stabilité financière,
n’ont d’ailleurs pas tardé à suivre.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 25
BOURSES & FONDS
très rapidement. Les bourses développées comme celles de Toronto et
de New York nous inspirent.
sont offertes pour leur faire comprendre tout l’intérêt qu’ils ont à solliciter le marché des capitaux pour la
mobilisation de ressources à long
terme afin de financer leurs activités.
LA : Quels sont vos projets et vos
stratégies pour le développement
de la BRVM?
E.K.A. : Nous l’avons mentionné plus
haut, les axes stratégiques retenus par
la BRVM visent à en faire un véritable
instrument de financement moderne
et conforme aux standards internationaux. Le passage à la cotation en
continu participe à cette dynamique.
C’est un tournant important dans le
positionnement de la BRVM au niveau régional et continental.
En optant pour la cotation en
continu en remplacement du fixing,
la BRVM veut se rendre plus attractive aux investisseurs en favorisant un
plus grand nombre d’échanges et en
offrant de nombreuses opportunités
d’achat et de vente durant la même
journée de cotation.
LA : Quels sont vos rapports avec
les grandes places financières internationales ? Vous servent-elles
de modèles pour dynamiser la
BRVM ?
E.K.A. : Les rapports que nous entre26 Les Afriques .
5 décembre 2013
tenons avec les autres places financières, notamment africaines sont
bons. La BRVM est membre de
l’African Securities Exchanges Association (ASEA) qui regroupe les
Bourses africaines et du Conseil de
l’Intégration des Marchés de Capitaux ouest-africains (Wacmic) qui
réunit les bourses de la Cedeao. Ceux
sont des cadres d’échanges d’expériences et discussion sur les sujets qui
touchent à la vie de nos bourses et à
leur contribution au financement des
économies africaines. Nous sommes
à la 6ème place des bourses africaines
après Johannesburg, Le Caire, Lagos,
Casablanca et Nairobi. Nous souhaitons progresser dans le classement
Faire de la
BRVM un
véritable
instrument de
financement
moderne.
LA : La prochaine Assemblée Générale et la Conférence annuelle de
l’association des Bourses africaines
(African Securities Exchanges Association ou ASEA) se tiendront
bientôt à Abidjan. Quelle nouveauté allez-vous aborder pour
cette année ?
E.K.A. : Effectivement, la BRVM est
honorée d’accueillir la 17ème Assemblée Générale et la Conférence annuelle de l’Association des Bourses
Africaines (ASEA) qui se tiendront
du 2 au 4 décembre 2013.
Le thème retenu pour ces rencontres : «L’Afrique: des promesses aux
réalisations, le rôle clé des marchés
des capitaux» nous permettra de
faire le point des potentialités et des
opportunités offertes par les
bourses africaines. Il est vrai que
nos marchés boursiers deviennent
de plus en plus attractifs et il faut en
profiter pour mieux les vendre aux
investisseurs internationaux. Les
différents panels vont aborder des
questions majeurs notamment
celles des marchés-frontières africains, le financement de l’exploitation des ressources minières, les
relations entre les fonds d’investissement et les marchés de capitaux,
l’intégration des marchés financiers
en Afrique, etc. C’est un rendezvous à ne pas manquer.
Propos recueillis par
Ibrahim Souleymane
Bio express
Edoh Kossi Amenounve est né le 15 Janvier 1967 à Lomé au Togo. Il est titulaire
d’un MBA et d’un Doctorat en finance,
obtenus à l’Université Laval, au Canada.
Avant de rejoindre la BRVM en tant Directeur Général, il était Secrétaire général
du Crepmf, l’organe de régulation du
marché financier de l’Union monétaire
ouest africaine (UMOA). Bien avant, il
avait été président du Conseil d’administration de la société de gestion Opti Asset
Management, une société chargée de la
gestion d’Opcvm. Il a également été directeur général de la SGI-TOGO, une société de bourse intervenant sur le marché
financier régional. En outre, Edoh Kossi
Amenounve avait œuvré à la mise en
place de la Bourse régionale des valeurs
mobilières (BRVM) et du Dépositaire central/Banque de règlement (DC/BR), en
qualité d’assistant du président du
Conseil d’administration de 1997 à 2000.
Burkina Faso Un pool de financement arabe
à la rescousse des grands projets
Lucien Marie Noël Bembamba, ministre des finances,
n'est pas rentré bredouille de Koweït-City. Trois
institutions BID, Badea, FKDE devront consentir plus de
71 milliards f CFA, sous forme de lignes de crédit au
gouvernement burkinabé.
Bashir Isse, nouveau
gouverneur de la
banque centrale de
Somalie
En remplacement de l’ancien gouverneur qui a démissionné au début
du mois de novembre, suite à des allégations de corruption, Bashir Isse
a été nommé nouveau gouverneur
de la Banque centrale de Somalie.
Isse remplace ainsi au pied levé donc
Yusur Abrar. A noter que cette nomination est intervenue après que
des diplomates de la communauté
internationale aient rencontré Hassan Sheikh Mohamud, président somalien, et suggéré la nomination
d’un nouveau gouverneur.
L’Angola veut
booster la pêche
Vitória de Barros Neto, ministre angolaise des pêches, vient d’annoncer
à Namibe en Angola, qu’un tiers des
protéines animales proviennent des
poissons et qu’une part d’environ 90
% des captures est vendue dans le
pays. Autant de raisons pour promouvoir la production et le développement durable du secteur de la
pêche. Profitant du Conseil pour la
gestion intégrée des ressources biologiques aquatiques, qui vient de se
tenir à Namibe City, le gouverneur a
ajouté que la pêche artisanale représente 30% de l’activité totale.
L’
argentier du Burkina Faso a
procédé -mi novembre dernier, en marge du Forum
Economique Arabe-Afrique à Koweït City- à la signature de quatre
(04) conventions de prêts d’un
montant total de soixante-onze
(71) milliards de f CFA avec trois
fonds arabes, dont la Banque islamique de développement (BID), la
Banque arabe pour le développement économique en Afrique
(BADEA) et le Fonds koweïtien
pour le développement économique. Ces financements à forte incidence économique sont destinés
entre autres à la construction de
l’Aéroport International OuagaDonsin estimée à quelque 60 milliards de f CFA, le Projet
d’adduction d’eau potable à la ville
d’Ouahigouya, à partir du point de
Barrage de Guitti pour un montant
de 10 Milliards de f CFA et à l'appui
aux activités de prêts du Fonds
d’Appui à la Promotion de l’Emploi
(FAPE) devant nécessiter plus d'un
milliard de f CFA. Une belle moisson qui confirme l'attractivité de la
place de Ouagadougou auprès des
investisseurs arabes.
Ismael Aïdara
Lucien Marie Noël
Bembamba,
ministre
burkinabé
de l’économie et
des finances
De la réassurance
des producteurs de
tabac tanzaniens
Namtumbo, district de région de
Ruvuma, a déjà entamé de prendre
des mesures pour prévenir la mauvaise performance dans la production de tabacs. A l’origine des
transactions douteuses entre responsables de banques et dirigeants
de coopératives de tabacs. Pas plus
tard que deux semaines, Abdula
Lutavi, commissaire du district
Namtumbo, et Saidi Mwambungu,
commissaire régional Ruvuma, ont
plaidé dans ce sens afin de restaurer la confiance des agriculteurs.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 27
ENTREPRISES ET MARCHÉS
Le ministre zambien
des mines en visite à
Luanda
Maroc-Tunisie
La CDG apporte son soutien à la CDC
La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et la Caisse
des dépôts et consignations de la république de la
Tunisie ont signé le 22 novembre dernier un accord
de coopération. La CDG et la CDC souscrivent ainsi à
une coopération de longue durée.
V
ers la création d’un fonds
maroco-tunisien.
Anass
Houir Alami, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion
(CDG) du Maroc et Jameleddine
Ben Haj Abdallah, directeur général
de la Caisse des dépôts et consignations de la Tunisie, ont signé ce vendredi 22 novembre un accord de
coopération qui a pour but de
concourir au développement des relations entre les deux cosignataires
dans les domaines liés au financement de la PME-PMI, au développement urbain et immobilier, à
l’ingénierie civile et financière et à la
gestion de l’épargne. En présence du
ministre des finances de la Tunisie
Elyes Fakhfakh, Jameleddine Ben
Haj, directeur de la CDC, a affirmé
que cet accord de coopération bilatéral entre leurs deux institutions a
pour objectif de «financer le plus
grand nombre de projets de coopé-
A partir de la
gauche : Anas
Houir Alami, PDG
de la CDG Maroc
et Jameleddine
Ben Haj Abdallah,
directeur général
de la CDC de la
Tunisie
CDG, en bref
La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) est
une institution financière marocaine, créée
en 1959 sous forme d’établissement public.
La CDG s’est érigée au fil des années en acteur majeur de l’économie marocaine et accompagnateur des politiques publiques de
développement. Sa principale mission est
de contribuer à la mobilisation de
l’épargne à long terme et de veiller à son
28 Les Afriques .
5 décembre 2013
articulation sur des emplois utiles pour le
développement économique du Maroc. Le
Groupe Caisse de dépôt et de gestion, investi d’une mission d’utilité collective, est
aujourd’hui un acteur central dans le secteur des retraites, un intervenant majeur
de la consolidation du secteur financier et
bancaire et un opérateur de référence du
développement territorial du Maroc.
En visite de travail, du mardi 26
novembre au vendredi 29 novembre à Luanda, Chistopher Yaluma,
ministre zambien des mines, de
l'énergie, de l'eau et du développement rural, a eu plusieurs entretiens avec son homologue
angolais, Francisco Queiroz, et
d’autres hauts responsables, afin
d’œuvrer au renforcement de la
coopération bilatérale dans le secteur. Outre l’accord de coopération signée, le ministre zambien
de tutelle et la délégation qui l’accompagnaient se sont rendus à la
ville de Kilamba, pour s’enquérir
de l'endroit où le siège de l'Institut géologique Angola sera érigé.
Entre autres visites, une série de
rencontres avec le directeur général de la Société nationale des
combustibles (Sonangol) et Botelho de Vasconcelos, ministre angolais du pétrole, pendant
lesquelles des questions relatives
à la coopération dans le domaine
de a géologie et des mines ont été
examinées.
Accroissement
de la production
d’électricité au
Maroc
La Branche Electricité de l’Office
national de l’électricité et de l’eau
potable (ONEE) vient de procéder
à la mise en service d’une nouvelle ligne de 2 x 340 km de longueur, reliant Agadir au Poste
blindé de Tan Tan-Port, financée
à hauteur de 740 millions de dirhams. Cette nouvelle ligne rentre dans le cadre du renforcement
des ouvrages du réseau national
de transport d’électricité, et en
prévision de l’extension du réseau 400 kV vers le Sud du pays. A
valeur d’aujourd’hui, ce réseau a
ainsi connu une évolution très significative, passant de 1 693 km
en fin 2012 à 2 671 km.
ration pour soutenir l’économie tunisienne et appuyer la bonne gouvernance». Ainsi, Ben Haj est allé
droit au but, soutenant : «nous avons
besoin d’une caisse pour soutenir
d’une manière directe ou indirecte
l’économie nationale, la CDG a répondu à notre appel pour établir une
stratégie et créer un fonds maroco-tunisien de financement». De son côté,
Anass Houir Alami, directeur général de la CDG a fait savoir que «la
CDG a assisté à la création de CDC
en 2011, notamment, avec des visites
organisées à Rabat pour voir de près
les clés de réussite de la CDG. Nous
avons essayé de communiquer à la
CDC notre expérience au niveau juridique, opérationnel. Aujourd’hui, la
CDC a un réel plan de développement». Les deux institutions identifieront par ailleurs d’éventuelles
opportunités d'affaires communes
en renforçant leur partenariat autour d’opérations conjointes incluant leurs filiales. Les deux
institutions ont réaffirmé, par la voix
de leur directeur général respectif,
leur engagement à intensifier leurs
efforts communs au sein du Forum
des Caisses de Dépôt, pour la promotion du rôle des caisses de dépôt
dans le développement économique
des pays. Cet accord confirme les
nombreuses convergences d’intérêt
entre deux institutions qui sont dans
leurs pays respectifs, des acteurs reconnus du développement économique et du soutien aux politiques
publiques, en particulier dans les domaines de la finance, de l’immobilier et des politiques urbaines et du
financement de la PME-PMI.
La CDG prend le sud
Consciente de l’enjeu économique
représenté par l’Afrique en général
et par sa composante maghrébine
en particulier, et afin d’insuffler un
nouvel élan, notamment international, à ses différents métiers, la Caisse
de dépôt et de gestion s’est engagée
auprès de partenaires africains
proches, dans une suite logique aux
différentes initiatives entreprises du
Maroc. A cet effet, Anass Houir
Alami, directeur général de la CDG,
a présidé, dans ce même cadre le
mercredi 20 novembre au siège de la
CDG à Rabat, la signature d’une
convention entre Ahmed Ould
Moulay Ahmed, directeur Général
de la Caisse des Dépôts et de Développement de la Mauritanie et
Taoufiq Marzouki Zerouali, directeur général de Novec, filiale de la
CDG. Cette convention porte sur la
création, sous forme d’une jointventure, d’un bureau d’ingénierie à
Nouakchott. «Novec Mauritanie»
aura pour principale tâche de développer l’ingénierie dans les domaines de l’infrastructure, de
l’assainissement, de l’eau potable et
de l’énergie en République Islamique de Mauritanie.
Conférence
Des acteurs
des ministres
reconnus du
développement des mines à Maputo
capitale du Mozambique,
économique et Maputo,
va abriter du 13 au 17 décembre, la
du soutien aux 3ème Conférence des ministres responsables de développement des
politiques
ressources minérales. La Conférence,
publiques.
Sanae Taleb,
Envoyée spéciale à Tunis
CDC, en bref
La Caisse des dépôts et consignations est
un investisseur public dédié au développement de l’investissement à long terme. La
Caisse des Dépôts tunisienne vise en particulier à relancer l’économie et résorber le
chômage à travers l’optimisation des ressources existantes pour la promotion de
l’investissement. La CDC se concentre sur
les domaines d’urgence pour le pays, à savoir ceux pour lesquels un engagement déterminé est nécessaire. Il s’agit d’un
investisseur qui se charge de réaliser ou de
participer aux investissements quelque
soit leurs délais d’une manière directe ou
indirecte ou dans le cadre de partenariat
avec le privé dans tous les domaines économiques à caractère stratégique tout en
veillant à leur viabilité économique et spécialement dans l’infrastructure, le développement régional, les secteurs des nouvelles
technologies, de l’environnement et du développement durable et le soutien aux petites et moyennes entreprises. Elle a été
créée en 2011, et exerce ses fonctions sous
le contrôle d’une commission de surveillance présidée par le ministre des finances.
qui sera précédée d’une réunion des
hauts fonctionnaires, du 13 au 15 décembre, portera sur «Tirer parti de
la Vision africaine des mines pour la
Renaissance de l'Afrique, vers une
plus grande appropriation». A en
croire les responsables, le thème a été
choisi délibérément pour approfondir la participation des Etats membres et leurs institutions dans la mise
en œuvre de la Vision minière africaine. Doit-on rappeler que cette
rencontre est devenue le premier
forum sur le continent pour les ministres africains chargés des ressources minérales, afin d’aborder les
questions liées au développement
des ressources minérales sur le
continent. A noter le sous-thème
«Gouvernance des ressources minérales et l'engagement communautaire», qui sera débattue, au cours de
cette rencontre.
Appel contre
la dégradation
de l'environnement
au Malawi
Benedict Mbendera, coordonnateur
régional du Centre CEDP, vient de
déclarer que son organisation travaillera avec les communautés du
district de Dowa au Malawi, pour
apporter leur contribution dans la
lutte contre la dégradation de l'environnement. Un certain nombre de
techniques sont d’ores et déjà envisagées, notamment le remplacement de méthodes de cuisson
traditionnelle sur trois de pierre, par
des poêles et autres fours solaires.
Confirmation de ce responsable qui
ajoute qu’en plus de la distribution
de poêles, CEDP va aussi promouvoir les pompes à eau fonctionnant
à l'énergie solaire.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 29
ENTREPRISES ET MARCHÉS
30 Les Afriques .
5 décembre 2013
Interview Anas Houir Alami, PDG de la Caisse de dépôt
et de gestion (CDG) Maroc
Développer de nouvelles expertises
Anas Houir Alami a fait le déplacement avec son
équipe à Tunis pour signer un accord de coopération
avec la Caisse des dépôts et consignations tunisienne.
La journée du 22 novembre marque, sans doute, le
début d’une coopération de longue durée. Aperçu.
L
es Afriques : On vous
connait acteur majeur de
l’économie marocaine, et
voilà qu’on vous découvre partenaire qui vient apporter son expérience et son savoir faire.
Parlez-nous de cette nouvelle
orientation de la CDG qui vient
de signer un accord de coopération avec la Caisse des dépôts et
consignations de la république de
Tunisie ?
Anas Houir Alami : La Caisse de
dépôt et de gestion marocaine a assisté les autorités tunisiennes à la
création de la Caisse des dépôts et
consignations en 2011. L’accord
signé aujourd’hui vient sceller un
long processus de coopération avec
la CDC. En effet, les équipes de la
CDC effectuent depuis deux ans des
aller retour entre Rabat et Tunis
pour s’imprégner de l’expérience
marocaine et notamment voir de
très près les clés de réussite de la
CDG. Notre coopération avec la
CDC englobe de multiples facettes
et concerne plusieurs secteurs.
Après avoir présenté à l’équipe pilote de la CDC une assistance technique, juridique, nous avons essayé
de discuter avec la direction de la
CDC les opportunités et les risques
liés à une telle institution financière.
Désormais, je peux dire que la CDC
est placé sur une bonne perspective
avec un plan de développement qui
englobe les principaux axes du métier. Avec cet accord nous allons ensemble développer de nouvelles
expertises.
LA : Quels sont les principaux métiers sur lesquels va se focaliser la
coopération entre CDC et CDG ?
A.H.A. : Particulièrement en ingénierie. Avec notre filiale Novec, qui
est un bureau d’étude de premier
ordre, avec notamment plus de 600
collaborateurs ingénieurs et experts
dans des secteurs d’activités variés
et multiples. Le deuxième métier sur
lequel va porter notre coopération
est celui des PME-PMI. Ainsi, il faut
garder à l’esprit qu’avec le financement de ce type d’opérateur économique, fort créateur d’emplois et
fort créateur de valeur ajoutée, on
va appuyer l’économies solidaire au
Maroc et en Tunisie, sans oublier, les
expertises de développement du
marché financer et notamment des
produits qui permettent de structurer ce dernier et de fournir un accompagnement aux opérateurs
économique sur le long terme.
LA : Parlez-nous de cette décision
historique et stratégique de la
CDG à l’international, notamment, avec la CDC en Tunisie et la
Caisse des Dépôts et de Développement en Mauritanie ?
A.H.A. : Au lendemain de l’indépendance, le Maroc a décidé de créer la
Caisse de dépôt et de gestion, il était
le seul pays de la région à avoir pensé
à une telle initiative. Après plus de 50
ans de labeur en tant qu’opérateur
économique de premier ordre, la
CDG a aujourd’hui une longueur
d’avance. Les deux, trois dernières
années, nous étions acteurs de nom-
Conférence internationale sur la
transition énergétique à Casablanca
Casablanca, capitale économique
du Maroc, vient d’abriter, mercredi
dernier, une conférence-débat sur
le thème de la transition énergétique. L’événement, placé sous le
patronage du roi Mohammed VI
du Maroc, a été organisé par la Fédération de l’énergie de la CGEM
(patronat marocain), et en partenariat avec le ministère de l'énergie
des mines de l'eau et de l'environnement. Les débats, animés par des
experts, des universitaires, des
professionnels de renom et des
opérateurs permettront de recadrer l’importance économique et
les implications géostratégiques
du secteur. Pour rappel, le Maroc
est engagé dans un vaste programme visant la mise en œuvre
des énergies renouvelables qui permettra d’assurer une indépendance relative aux combustibles
liquides et de diversifier son bouquet énergétique (Mix-énergétique). Un grand chantier, porteur
d’espoir et un levier futur pour la
création de nouvelles richesses et
d’emploi, du moins de l’avis des
opérateurs réunis au sein de la Fédération de l’énergie.
Privatisation
prochaine de
Marsa Maroc
Le seul pays de
la région à
avoir pensé à
une telle
initiative.
La privatisation de Marsa Maroc
(ex- Office d’exploitation des
ports ou ODEP) serait imminente. En effet, cette structure
s'apprête, selon des sources dignes
de foi, assure que Mohamed Abdeljalil, président du directoire de
Marsa Maroc, a déjà présidé plusieurs réunions dans ce sens, pour
ouvrir le capital à des actionnaires
privés. Jusque-là détenue à 100%
par l'Etat marocain, la société
d'exploitation des ports marocains programme une ouverture
de capital autour de 30%.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 31
ENTREPRISES ET MARCHÉS
Accroissement des
exports de fer turc
au Kenya
breuses initiatives internationales.
Parmi d’autres, la CDG a réussit à
lancer le Forum international des
Caisses de dépôt et de gestion. Cet
événement, qui se tient tous les deux
ans, permet d’expliquer le modèle et
de favoriser la création de caisses similaires.
Actuellement
nous
sommes en train de préparer le retour de cet événement dans des pays
qui ont initié les procédures de créations, et plus exactement des pays
qui sont proches du Maroc et qui
veulent suivre le modèle de la CDG.
En ce qui concerne la Mauritanie,
nous avons effectivement signé avec
la Caisse de Dépôt et de Développement mauritanien, un accord qui
porte sur la création d’une société
commune d’ingénierie. En effet,
l’accord a été signé entre notre filiale
Novec et une filiale de la caisse mauritanienne.
LA : Il est évalué à combien le capital de la société créée avec la
caisse mauritanienne ?
A.H.A. : Au fait, pour nous, il s’agit
surtout de voir cette initiative dans
la perspective de potentiels de développement dans les infrastructures
principalement. La Mauritanie
étant un pays riche en ressources
naturelles, il enregistre un besoin en
matière des infrastructures de très
grande taille. Dans cette perspective,
on va les soutenir pour accélérer la
cadence des réalisations et pour
32 Les Afriques .
5 décembre 2013
identifier les besoins en synergies
économiques.
Siège de la CDG à
Rabat
LA : Peut-on parler dans ce cas
d’un axe stratégique Rabat,
Nouakchott et Dakar dans un
futur proche ?
A.H.A. : Je ne dirai pas axe stratégique, il s’agit surtout de voir l’initiative dans la vision des potentiels
de développement dans les infrastructures principalement.
LA : Vous étiez, récemment, à
Washington parlez-nous de ce
voyage ?
A.H.A. : C’était des réunions avec
les experts de la Banque mondiale.
Lors de nos rencontres avec les responsables de cette institution internationale, nous avons essayé
d’expliquer que la Caisse d’épargne
marocaine a une double mission.
D’abord développer et préserver
l’épargne sous la supervision de la
banque centrale et avec les meilleurs
standards internationaux pour préserver l’épargne, et une seconde
mission qui est celle de transformer
cette épargne en des projets créateurs de richesses pour le Maroc
dans le cadre du développement
économique. C’est un modèle assez
particulier qui se situe entre le public et le privé. On est allé expliquer
le modèle marocain.
Propos recueillis par
Sanae Taleb, Tunis
Le Kenya, qui connaît un boom
dans les secteurs du BTP, singulièrement dans la construction d'infrastructures
consommant
énormément de métaux en vrac,
est visée par la Turquie. Ce pays
compte y exporter davantage de
fer et d'acier. Déjà les derniers
chiffres du rapport 2013 publié la
semaine dernière fait état de 677
millions de $, soit 58,4 milliards de
shillings kenyans d’importations
en valeur de fer et d'acier du Kenya
du 5ème poste des importations
après les produits pétroliers (2,8
milliards de $), les machines industrielles (2,3 milliard de $), les
véhicules automobiles (882 millions de $) et le pétrole brut (814
millions $). Cette tendance a déjà
été confirmée par des données qui
ont montré antérieurement que
les importations sidérurgiques en
provenance de Turquie se sont élevées à 22,8 millions de $, soit 1,97
milliards de shillings kenyans, sur
la période.
Importantes pertes
dues à la cybercriminalité au Kenya
Transformer
cette épargne
en des projets
créateurs de
richesses.
Pour lutter contre la cybercriminalité, d'ici la fin de l'année 2013, le
Kenya pourrait perdre jusqu'à 2
milliards shillings. Ce chiffre a été
rapporté par Dr Fred Matiangi, secrétaire du cabinet du ministre kenyan de l'information et des
communications et de la technologie. Il a s’est ainsi exprimé au cours
d'une Conférence sur la Cybersécurité à Nairobi. Il a soutenu que
cette rencontre arrive en prélude à
la Convention de l'Union africaine
sur la Cyber-sécurité, prévue au
mois de janvier 2014. CE responsable a ajouté que vu que la cybercriminalité est un problème mondial
qui touche tout le monde, il s’agit
d’avoir une longueur d'avance sur
les cybercriminels.
ENTREPRISES ET MARCHÉS
Groupe DLM Implantation en Côte d’Ivoire
et au Congo Brazzaville
Delattre Levivier Maroc, groupe leader dans la
construction métallique lourde au Maroc, annonce
l’acquisition d’une société en Côte d’Ivoire et au
Congo Brazzaville.
L
e groupe DLM annonce de
nouvelles implantations en
Côte d’Ivoire et au Congo
Brazzaville. Ilpoursuit ainsi son
maillage des grands marchés africains à forts potentiels, afin mieux
répondre aux besoins des clients.
Un marché à fort potentiel, «la Côte
d’Ivoire est aujourd’hui l’un des premiers marchés des entreprises marocaines à l’international. Avec 22,6
millions d’habitants, le pays détient
un positionnement important sur le
marché de la zone Afrique de l’ouest,
doté d’un fort potentiel et de perspectives de développement intéressantes,
et offrant des relais de croissance
structurants et significatifs pour notre
groupe», explique un document de
DLM en notre possession.
Basée à d’Abidjan, la société Gema
Construct (GECO) est un acteur
majeur sur le marché de la
construction
métallique.
Ce
constructeur industriel, acquis par
DLM, est un spécialiste des grands
chantiers, de la construction métal-
34 Les Afriques .
5 décembre 2013
lique et du génie civil, avec en son
sein une fonderie pour la production
de pièces métalliques, en aluminium,
en acier, en fonte et en bronze. Il
s’agit de la plus importante fonderie
industrielle d’Afrique de l’ouest, avec
un capital de 350 000 000 f CFA, un
chiffre d’affaires prévu de l’ordre de
5,5 milliards de F cfa pour 2013 et un
effectif de 150 personnes. GECO réalisé plus de quarante chantiers en
Afrique de l’Ouest sur les sept dernières années.
GECO est également présente de
façon permanente au Congo Brazzaville sur des marchés pétrole et gaz.
En complémentarité, l’expertise du
groupe DLM à l’international permettra d’accélérer et sécuriser son
développement en Côte d’Ivoire, au
Congo Brazzaville et dans la sous région à travers une stratégie de
conquête du marché. Ce partenariat,
fruit d’une acquisition majoritaire de
DLM conforte les actionnaires historiques de GECO dans le projet.
Sanae Taleb
Nouveaux
débouchés de
DLM
La Côte
d’Ivoire est
aujourd’hui
l’un des
premiers
marchés des
entreprises
marocaines à
l’international.
Econet dans
l’énergie propre
Econet Wireless a rejoint une initiative menée par le groupe de
l'énergie éolienne danoise Vestas
pour construire de petits générateurs d'énergie éolienne, à travers l'Afrique. Le programme,
appelé «Wind for prosperity» ou
«Vent de la prospérité», a pour
but de fournir de l'électricité à
des millions de personnes vivant
dans les zones rurales et les agrovilles. Il s’agit d’une initiative,
lancée cette semaine à Washington, dans le sens d’une action
collégiale dirigée par Vestas et
soutenue par des investisseurs
dont Econet Wireless. Strive Masiyiwa, fondateur Econet Wireless et membre de haut niveau du
Conseil consultatif du Secrétaire
général des Nations Unies pour
l'énergie durable, a justement
déclaré que c'est exactement le
genre d'initiative ambitieuse et
audacieuse qui doit réussir pour
lutter efficacement contre la pauvreté énergétique.
La Namibie cible le
tourisme chinois
Marco Hausiku, Vice-Premier ministre de Namibie, a récemment
déploré au cours du Troisième
Sommet Afro-arabe du Koweït
que son pays n'exploite pas encore assez le marché du tourisme
chinois. Selon l'Organisation
mondiale de l'Organisation des
Nations Unies du tourisme
(OMT), la Chine a au cours de la
dernière décennie constituée la
source la plus forte croissance
du tourisme dans le monde,
grâce à l'urbanisation rapide.
Entre la Namibie et la Chine, des
négociations entamées dès 2005,
pourraient donner un coup de
fouet à la destination namibienne pour le tourisme chinois.
Les autorités et les opérateurs
privés en sont convaincus et œuvrent dans ce sens.
De l’amélioration
du transport aérien
en Afrique
Sénégal Quelque 7,5 milliards f CFA
dans les turbines de la SAR
Le gouvernement sénégalais a décidé d’apporter un
bol d’air financier pour apurer une partie des pertes
commerciales sur le gaz butane. Face à l’endettement
exorbitant contracté malgré l’arrivée de Saudi Bin
Laden, les besoins d’investissement restent énormes.
L
a bouffée d’oxygène envoyée
par le gouvernement sénégalais
à la SAR (Société Africaine de
Raffinage), qui croule sous le poids
d’un endettement excessif, est loin de
sauver cet ex fleuron du secteur des
hydrocarbures. Une bouteille dans la
mer. L’engagement du gouvernement
à consentir cette ligne de crédit pour
le règlement des pertes subies par la
compagnie de raffinage sur le gaz butane est le fruit de plusieurs concertations entamées entre l’état, la SAR
et les acteurs du secteur. L’arrivée au
tour de table de Saudi Bin Laden,
comme partenaire stratégique de la
SAR n’a pas permis de sortir du gouffre l’entreprise dont la relance devra
nécessiter d’importants d’investissements. La lenteur de la cadence des
saoudiens pour sa recapitalisation et
la modernisation de ses équipements
pour des besoins d’investissement de
l’ordre de 308 millions d’euros rendent difficile la trésorerie de la Société
africaine de raffinage. Avant l’arrivée
de Saudi Bin Laden, le Sénégal avait
multiplié les contacts auprès d’un
hedge Fund néerlandais pour mettre
du cash flow dans les caisses de la
SAR. Ce hedge Fund devait en principe mobiliser plus de 120 millions
d’euros au profit de la SAR. Sans
suite. Beaucoup de spécialistes du
secteur estiment que l’opération de
recapitalisation de l’entreprise avait
été mal engagée, au point de lézarder
le closing de l’opération. Au côté de
l’Etat sénégalais, un pool de banques
locales ont accordé des lignes de crédits à la SAR (SGBS, UBA) pour lui
éviter le dépôt bilan. La volonté du
gouvernement sénégalais de venir à la
rescousse de la SAR est manifeste,
surtout depuis l’avènement des nou-
velles autorités. Ce qui explique cette
ligne de crédit de 7,5 milliards de f
CFA consentie à la SAR par l’Etat en
l’inscrivant dans le projet de budget
2014 du ministère de l’énergie, qui est
passé de 88 milliards à 97 milliards
dont 7,5 milliards affectés au règlement d’une partie des pertes commerciales de la SAR.
Pour rappel, pendant les longs
mois des transactions avec les autorités de la SAR, qui remontent à
2009, Saudi Bin Ladin, avait pris
des engagements fermes de mettre
à terme dans les turbines de la Société africaine de raffinage plus de
230 milliards f CFA. En vain. Car,
son apport reste insignifiant trois
ans après son arrivée au tour de
table vis à vis des besoins d’investissements.
Ismael Aidara
Pour que la torche
continue de brûler
L’arrivée au
tour de table
de Saudi Bin
Laden, comme
partenaire
stratégique de
la SAR n’a pas
permis de
sortir du
gouffre
l’entreprise.
L’Association du transport aérien
international (IATA) lance de nouveau un appel aux gouvernements
africains pour qu’ils se concentrent sur l’adoption et le respect
des normes internationales pour
assurer un système de transport
aérien sûr, efficace et intégré. A la
45ème Assemblée générale annuelle de l'Association des compagnies aériennes africaines, tenue
récemment à Mombasa, au Kenya,
il a été clairement spécifié que la
connectivité est critique pour la
croissance et le développement en
Afrique, v qu’elle est à même de
soutenir 6,7 millions d'emplois et
68 milliards de $ de revenus. Pour
Tony Tyler, les normes internationales sont la base sur laquelle un
système de transport aérien mondial sûr, sécuritaire et intégré se
construit. Il a ajouté que le système est tellement fiable qu’ils ne
pensent pas souvent l'énorme
coordination qui le rend possible,
c'est pourquoi il faut rappeler aux
gouvernements la valeur des
normes mondiales qui soutiennent l'aviation et le dynamisme de
leurs économies.
Inauguration d’aménagements touristiques au Soudan
Omar Al-Bashir, président du
Soudan, accompagné de son homologue érythréen, Isaias Afeworki, et un certain nombre de
membres du gouvernement soudanais, a inauguré, la semaine
dernière, la route Samad – Erkuit
35 km. D’un coût de 33 millions
de livres soudanaises, elle permettra de désenclaver la zone touristique d’Erkuit, en la reliant à la
route nationale. A noter que la
ville d’Erkuit a étrenné un certain
nombre d'établissements et de
services publics de la, mis en
place avec l'appui du ministère
soudanais du tourisme.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 35
ENTREPRISES ET MARCHÉS
Le tourisme kenyan
à la recherche de
nouveaux débouchés
TIC La révolution Internet
se prépare en Afrique
Selon une récente étude, publiée par le Mckinsey
Global Institute (MGI), l’Afrique devrait bientôt
connaître un boom de son économie numérique,
grâce à une révolution Internet.
D
ans son étude intitulée «Les
lions passent au numérique : le
potentiel de transformation
d’internet en Afrique», publié ce 20 novembre 2013, l’institut de recherche
McKinsey Global Institute (MGI) estime que l’Internet va contribuer au
PIB annuel de l’Afrique de façon
conséquente. Cette contribution au
PIB pourrait passer de 18 milliards de
dollars aujourd’hui, à 300 milliards de
dollars en 2025. Par ailleurs, le taux de
pénétration d’Internet pourrait atteindre 50% en 2025, sur le continent.
«Après une décennie d’expansion économique, l’Afrique devient plus numérique. Aujourd’hui, seulement 16% du
milliard d’habitants que compte
l’Afrique sont connectés. Mais cette
proportion est en augmentation rapide : des réseaux mobiles sont
construits et le coût des infrastructures
Internet continue à baisser. Plus de 720
millions d’Africains ont des téléphones
mobiles, quelques 167 millions utilisent
déjà l’Internet, et 52 millions sont sur
Facebook», souligne le rapport.
36 Les Afriques .
5 décembre 2013
L’étude a également classé les pays
africains en quatre catégories selon la
part accordée par l’État à la stratégie
TIC et selon leur capacité à tirer parti
de la révolution numérique qui s’annonce sur le continent. Elle distingue
ainsi les leaders (Sénégal, Kenya), les
suiveurs (Maroc et Afrique du Sud),
les émergents (Cameroun, Côte
d’Ivoire, Ghana, Egypte, etc.) et les
sous-classés (Ethiopie).
Dans le domaine de l’Internet, deux
pays marquent leur leadership au niveau du continent : le Maroc et
l’Afrique du Sud. Selon l’indice i5F
du MGI, établi sur la base d’un
échantillon de 14 pays les plus prometteurs dans ce secteur, l’Afrique du
Sud a réalisé un score de 50% suivi
par le Maroc avec un score de 48%.
Par ailleurs, concernant le classement des pays africains, selon la
contribution d’Internet au PIB, le
Sénégal et le Kenya arrivent en tête,
avec respectivement une contribution de 3,3% du PIB et 2,9% du PIB.
Ibrahim Souleymane
Des marges encore
importantes
Le taux de
pénétration
d’Internet
pourrait
atteindre 50%
en 2025, sur le
continent.
Kenya et le Koweït ont signé un protocole d'accord pour coopérer dans le
secteur du tourisme. Cela devrait
augmenter le nombre de touristes en
provenance du Moyen-Orient. Phyllis
Kandie, Secrétaire au département du
tourisme kenyan, vient de signer un
protocole d'accord au nom du Kenya
avec Amani Bouresly, ministre koweïtien de l'industrie et du commerce. La stratégie du Kenya de
porter le nombre de touristes de
1 000 000 à 3 000 000 en 2015, comprend un large volet pour courtiser
les touristes des marchés émergents.
Les koweitiens, par la voix de Bouresly, envisagent d’investir dans le
tourisme et le service du secteur du
Kenya. Dr Ibrahim Mohamed, secrétaire permanent du tourisme kenyan,
a déclaré que le Kenya Tourism Board
et les acteurs du secteur privé sont en
train de changer de démarche dans la
façon de vendre la destination Kenya.
Implantation de
Fenié Brossette en
Côte d’ivoire
Fenié Brossette, filiale de Somed,
vient de créer Fenié Brossette Côte
d'Ivoire. La nouvelle filiale abidjanaise est dotée de locaux commerciaux, d'un magasin de pièces de
rechange et d'un atelier de réparation. Il s’agit d’une implantation qui
rentre dans le cadre de sa stratégie
d'expansion géographique et de diversification des activités. A noter
que Fenié Brossette Côte d'Ivoire et la
société Iveco ont procédé à la signature d'un contrat de concession pour
la distribution des gammes de véhicules industriels et bus de marque
Iveco en Côte d'Ivoire. Et en vertu de
cet accord, Fenie Brossette Côte
d'Ivoire assurera la commercialisation de véhicules, la vente de pièces de
rechange et le service après-vente des
gammes de véhicules industriels et
bus de la marque Iveco sur le territoire ivoirien, nous signale-t-on.
POLITIQUE ECONOMIQUE AFRICAINE
Mali Des législatives peu courues
Le premier tour des législatives du dimanche 24
novembre s'est déroulé dans l’ensemble sans
incidents majeurs. Toujours est-il que le faible taux
de participation va laisser un goût d’inachevé.
L
es premières estimations du
dernier scrutin des législatives
malienne font ressortir un taux
de participation très faible, en-deçà
de 30% des 6,5 millions d’électeurs.
Ainsi, elles se sont inscrites à l’inverse
de la présidentielle qui avait battu des
records de participation, le 11 août
dernier. La crise, que vient de vivre la
Mali, a-t-elle marqué les esprits des
uns et des autres, pour plus d’indulgence vis-à-vis de la participation ?
Dans tous les cas, nombre d’observateurs se sont félicités d’un vote qui
s’est déroulé globalement dans le
calme. Louis Michel, chef des observateurs européens, a qualifié cette
consultation nationale au Mali de
nouveau succès, tandis que Burt
Koenders, chef de la mission de
l’ONU dans ce pays, a salué l’appui
logistique et sécuritaire de la Minusma, notamment dans les régions
de Kidal, Gao et Tombouctou. Ex-
cepté quelques saccages de biens et
une interdiction de voter dans la localité de Talataye, à l’Est de Gao, par
des indépendantistes touaregs, tout
s’est passé dans le calme, tant les
forces maliennes de l’ordre et de la
Minusma ont veillé au grain. D’ailleurs, pour l’ensemble des observateurs du Pôle d’observation citoyenne
des élections (POCE), de la Cedeao,
de l’Union européenne, … le constat
a été le même.
Si aucun résultat n’est encore
tombé, le parti du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), plébiscité à la présidentielle, avec 80% des
voix, devrait disposer à terme d’une
confortable majorité. Son dauphin,
d’alors, Soumaïla Cissé, leader de
l’URD (Union pour la république et
la démocratie), sera invraisemblablement à la tête de l’opposition au
Parlement malien.
D. MBaye
En attendant le
2ème tour
Ambitieux plan de
développement de
Dangote Cement
Un peu partout à travers le continent Dangote Cement, qui envisage de s’implanter, vient de rendre
public ses plans d'expansion massifs. A terme, le groupe compte devenir le plus gros fournisseur de
ciment d’Afrique, dans les années
à venir. La société, détenue par
homme le plus riche de l'Afrique,
Aliko Dangote, pour ne pas le citer,
envisage de construire des cimenteries pour 50 millions de tonnes
par an, dans plusieurs pays. Devakumar Edwin, directeur général de
Dangote Cement, assure que
l'usine du Sénégal sera bientôt opérationnelle, tout comme la sudafricaine, Cement Sephaku. Ces
deux entités devraient voir le jour
début 2014. En Éthiopie, une usine
de 2,5 millions de tonnes par an à
Mugher est en cours de constructions, pour une production attendue début de 2015. En Tanzanie, en
Zambie au Cameroun, au Congo,
au Kenya, au Sud Soudan, … des
unités de 3 millions de tonnes par
an à 1,5 millions de tonnes par an
sont envisagées pour mi-2014 à
2015, voire 2016.
IBK, plébiscité
à la présiden- Erratum
tielle, avec
Sur l’interview accordé à la rédac80% des voix, tion par Alexandre Vilgrain, président du Conseil français des
devrait
investisseurs en Afrique, parue
disposer à
dans le n°263 du 21 au 27 novemterme d’une
bre 2013, il fallait lire à la dernière
question «il n’y a pas assez de caconfortable
pitaux», au lieu «il y a assez de camajorité au
pitaux». Nous nous excusons de
Parlement.
cette erreur indépendante de
notre volonté.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 37
ARRÊT SUR IMAGE
Espagne
Le 27 novembre 2013. Le président
français François Hollande et le
Premier ministre espagnol Mariano
Rajoy, en conférence de presse au
palais de la Moncloa lors du sommet
hispano-français à Madrid.
38 Les Afriques .
5 décembre 2013
5 décembre 2013 Les Afriques
. 39
DOSSIER
Rabat-Nouakchott-Dakar
Le nouvel axe stratégique
Les peuples vivant dans cette partie de l’Afrique se sont déplacés dans un sens comme dans l’autre. Ces mouvements,
qui existent depuis la nuit des temps, ont laissé des traces,
allègrement empruntées par les caravaniers, puis aujourd’hui
par des Etats volontaires pour créer davantage de prospérité.
L
a route Tanger-Dakar, via Nouakchott,
que des voyageurs prennent de plus en
plus pour rentrer en vacances ou pour
faire du commerce, si ce n’est pour effectuer un pèlerinage, est officiellement ouverte. Actuellement, cette voie, que d’aucuns
considèrent comme le nouvel axe stratégique, RabatNouakchott- Dakar, ou l’amorce de la Transafricaine, est officiellement ouverte. En effet, deux
conventions signées le 4 novembre 2013 à Rabat
entre CTM (Compagnie des transports du Maroc) et
Supratours (filiale de l’Office national des chemins
de fer), Tayba du groupe Nouiged (Mauritanie) et
Transport Afrique Logistiques (TAL) du Sénégal
d’une part et entre le tandem CTM- Supratours et
Tayba, pour respectivement l’ouverture de lignes terrestres régulières entre le Sénégal, la Mauritanie et le
Maroc, et entre la Mauritanie et le Maroc.
Pour les observateurs, ces deux accords traduisent
cette volonté des peuples à se rapprocher. Pour
Mohamed Najib Boulif, ministre marocain délégué auprès du ministère de l’équipement du transport et de la logistique, la ratification de ces
conventions magnifie la coopération sud-sud et la
dynamique du secteur du transport, mais aussi
l’ancrage de son pays à l’Afrique. Dans tous les cas,
officialiser cette ligne de transports routiers
concourt à améliorer l’infrastructure de transport
des personnes et des marchandises. Moustapha Sy,
président de TAL, que nous avons tenté de joindre
en vain pour signifier les ambitions de cette structure sur cet axe et les moyens mis en jeu, soutenait
naguère l’importance du transport routier dans le
renforcement des liens entre les peuples de la région. De son côté, Jalili El Ghazouani, directeur général adjoint de la CTM, insistait sur les
perspectives de voyages agréables et confortables
suivant des standards de sécurité.
Toujours au chapitre des points de vue des opérateurs impliqués dans cette ligne routière Transafricaine, si le patron de Supratours, filiale de l’Oncf
qui acheminait par autobus les voyageurs de la
ligne de chemin de fer sur Laâyoune et Boujdour,
prenant le relais du chemin de fer, depuis Marrakech, le potentiel routier est immense (étudiants
dans les deux sens, commerce, touristes et pèlerins),
Mohamed Lamine Abdallah Nouiged, directeur de
Tayba, nourrit l’espoir que ce nouveau départ ait
un impact positif et des résultats bénéfiques aux
peuples de la région. Ce dernier a ajouté qu’il s’agit
d’une occasion importante à saisir pour les trois
pays. A condition que les visions de croissance
soient clairement définies.
Sur le trajet, la sécurité et la sûreté ne devront pas
être négligées.Pourvu que les agents jouent le jeu et
qu’aucune taxe ou dîme ne soit décrétée unilatéralement sur des passagers ordinaires.
Daouda MBaye
5 décembre 2013 Les Afriques
. 41
DOSSIER
Sur les traces du commerce
transsaharien et de la flamme originelle
Jadis le commerce de l’or a suscité un vaste trafic de marchandises
(sel, ivoire, peaux, kola, maniguette …) à travers des localités
historiques, telles que Sijilmassa, Koumbi Saleh, Tichitt, Aoudaghost,
Chinguitti, Tombouctou, Gao, … Ce commerce a servi de levier pour
un puissant brassage entre arabo-berbères et ethnies du sud.
Quand le passé
inspire le présent
Les leaders du
Maroc, de
Mauritanie et du
Sénégal ont
décidé de donner
une suite à
l’histoire.
42 Les Afriques .
5 décembre 2013
L
a volonté de développer un puissant partenariat économique épousant l’axe RabatNouakchott-Dakar relève d’une aspiration
conforme à l’histoire d’un espace aux
contours encore plus vaste, ayant abrité
jadis le commerce transsaharien.
Un échange qui a donné naissance plusieurs villes sahéliennes, notamment des cités anciennes en Mauritanie. Par effet d’entraînement, le commerce de l’or a
suscité un vaste trafic de marchandises ( le sel, l’huile
de palme, ivoire, peaux, kola, maniguette…) à travers
des localités historiques, telles que Sijilmassa, Koumbi
Saleh, Tichitt, Aoudaghost, Chinguitti, Tombouctou,
Gao, Kano…
Comme si l’idée de la nécessité d’intégration sous régionale prônée par ceux qui président actuellement
aux destinées de nos pays trouvaient sa flamme originelle dans une activité séculaire ayant traversé les âges
et de vastes étendues désertiques.
Un commerce dont il est difficile de quantifier le flux.
Mais le nombre de dromadaires utilisés pour trans-
porter le sel, avec parfois des caravanes de 12 000 bêtes
de somme, donne une idée de son ampleur. Le Sahel
fournissait l’or, la gomme et la cotonnade, alors que le
Sahara était pourvoyeur de sel. Des chevaux, des
dattes, des barres de cuivre, des perles … arrivaient
d’Egypte et d’autres contrées de l’Afrique du nord.
On notait une multitude d’autres activités faisant
vivre une foule de piroguiers sur les fleuves Sénégal et
Niger, des restaurateurs, des guides et des artisans spécialistes du bois.
Au plan humain, ce commerce a servi de levier pour
un puissant brassage entre arabo-berbères et ethnies
du Sud (Soninkés, Mandingues, Haoussas, Peuls…..).
Ainsi, durant des siècles «Sijilmassa dans le Tafilalet,
fût la base principale nord africaine du commerce transsaharien. Le mode opératoire était le suivant : dans un
premier temps les routes principales partaient de cette
localité vers l’Adrar (Nord de la Mauritanie) avant d’atteindre Aoudaghost –tegdaoust (dans le sud du même
pays)» selon l’historien Charles Toupet, dans une
chronique consacrée aux activités économiques anciennes dans le vaste espace saharo sahélien.
Le rôle prépondérant de cette ville n’est pas dû au hasard. Car, elle était admirablement bien située et favorisée d’un point de vue agricole, grâce à l’eau qui y
abonde. Tout en étant la porte du désert, la ville offre
toutes les possibilités aux caravanes venues du Nord
qui doivent s’y approvisionner pour 2 mois de marche
à travers 1500 à 1800 kilomètres dans le désert».
Les autres pôles commerciaux impliqués dans ces activités à l’époque ont pour noms Ouarzazate, Fès,
Tanger, Kairouan… Ce florissant commerce a duré
jusqu’au 15é siècle et a pris fin avec l’arrivée des portugais qui a ouvert une nouvelle ère. Il s’agit de l’implantation des comptoirs côtiers dont l’effet est un
détournement partiel du trafic de l’or.
Les leaders du Maroc, de Mauritanie et du Sénégal ont
décidé de donner une suite à l’histoire et d’assumer la
vocation intégrationniste d’un espace qui a toujours
été une continuité.
Amadou Seck à Nouakchott
Pont sur le fleuve Sénégal à Rosso
Maillon important
Exhumé à l’occasion de la visite officielle du président Mohamed
Ould Abdel Aziz au Sénégal en septembre 2013, le pont sur le
fleuve Sénégal au poste frontalier de Rosso va bientôt sortir des
tiroirs pour faire la jonction entre les deux Rossos.
R
égulièrement au centre des discours, jamais suivi d’effets, depuis plusieurs années, le très important projet d’érection
d’un pont sur le fleuve Sénégal au poste
frontalier de Rosso (situé à 200 kilomètres au sud de Nouakchott et à 350 kilomètres au
Nord-Est de Dakar) a été exhumé à l’occasion de la
visite officielle du président Mohamed Ould Abdel
Aziz au Sénégal en septembre 2013.
Cet ouvrage, dont des études de base, remonte à l’année 2008 «devrait être d’un entretien facile», selon
les spécialistes.
Les prévisions relatives aux caractéristiques de l’infrastructure portent sur une longueur de 800 mètres
entre les deux (2) berges- avec une chaussée à 2
voies-2 pistes cyclables, pouvant assurer un transit
simultané de deux (2) convois de camions.
La réalisation de ce pont est ardemment souhaitée
par les opérateurs économiques et les populations.
Car elle mettrait fin aux tracasseries et énormes
pertes de temps dans l’accomplissement des formalités à la frontière. Par ailleurs, celui ci pourrait
constituer un maillon essentiel dans développement
des transports terrestres entre le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, avec un important potentiel d’étudiants et de commercants sénégalais et mauritaniens
se rendant au royaume chérifien et un flux de plus en
grandissant d’immigrés revenant d’Europe qui empruntent la voie terrestre.
Des opportunités pour le secteur privé Les opérateurs privés des 3 pays pourraient trouver de bonnes
opportunités dans une telle perspective, notamment
dans le cadre.
Ainsi, 3 opérateurs privés semblent avoir pris la
bonne cadence en signant «des conventions pour le
transport routier de voyageurs, à travers l’ouverture
Longtemps attendu, le pont
de Rosso sera bientôt réalisé
5 décembre 2013 Les Afriques
. 43
DOSSIER
Pont Faidherbe
à Saint-Louis (Ndar)
au Sénégal
Les conventions
de transports,
signées entre ces
entreprises
privées, cadrent
parfaitement
avec les objectifs
assignés au futur
pont sur le fleuve
Sénégal à Rosso.
44 Les Afriques .
5 décembre 2013
d’une liaison terrestre régulière entre les 3 pays».
Ces conventions ont été paraphées début novembre
par la compagnie de transport du Maroc (CTM),
Supra Tour (une filiale de l’ONCF)-du côté marocain, la société Tayba (une filiale du groupe Mohamed Abdallah Ould Noueigued)-pour la Mauritanie
et Transports Afrique Logistiques (TAL), un acteur
de référence de transport de marchandises et de logistique au Sénégal.
Les conventions de transports, signées entre ces entreprises privées, cadrent parfaitement avec les objectifs assignés au futur pont sur le fleuve Sénégal à
Rosso. Parmi ceux-ci on peut citer la nécessité «de
favoriser les échanges commerciaux entre les trois
(3) pays et au-delà l’intégration entre la sous- région
du Maghreb et l’espace de la Communauté Economique d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
D’éncourager l’importation et l’exportation des produits agro alimentaires et industriels de part et d’autre du fleuve. Assurer la continuité du système de
transport des grands axes routiers africains et lier les
communautés UMA et Cedeao, avec une implication
du secteur privé appelé à jouer un grand rôle dans les
activités commerciales liées à l’exploitation.
Cerise sur le gâteau, ces objectifs sont parfaitement
conformes à une vision stratégique dégagée dans le
cadre du Nepad.
Bien sur au-delà, il y a la grande question liée au nerf
de la guerre, c'est-à-dire le coût de la réalisation qui
reste encore à déterminer.
Mais une fois ficelée l’étude, les leaders des 3 pays,
Sa Majesté le Roi Mohamed VI, le président Moha-
med Ould Abdel Aziz et le président Macky Sall devraient être en mesure de mobiliser rapidement les
fonds pour résoudre cette équation.
Configuration actuelle
du trafic sur le fleuve
Les échanges entre Rosso Mauritanie et Rosso Sénégal sont actuellement assurés par deux (2) bacs à raison de plusieurs navettes journalières.
La zone frontalière abrite 2 régions de très grande
importance en Mauritanie et au Sénégal.
Ainsi, Rosso Mauritanie (dans la région du Trarza)
couvre une superficie de 67 800 kilomètres carrés et
abrite une population d’environ 300 000 habitants.
Cette région est la plus importance du pays pour ses
activités agricoles. Elle compte également pour l’élevage et le commerce.
Du côté sénégalais, Rosso dépend administrativement de la région de Saint-Louis ( grande métropole
du Nord du pays, située 100 kilomètres plus à
l’Ouest). Il s’agit d’une vieille cité coloniale, ancienne
capitale de la Mauritanie et du Sénégal.
Un rappel historique et une particularité unique au
monde, qui renvoie à une puissante symbolique
d’intégration. Cette région compte une population
de 700 000 habitants avec des activités dominées par
l’agriculture, le tourisme et le commerce.
Dans un vaste élan sous-tendu par une forte volonté politique d’intégration, la vallée du fleuve Sénégal deviendrait ainsi un important pôle
d’échanges et de développement.
Amadou Seck à Nouakchott
DOSSIER
Maroc
Un modèle de grands chantiers
Il y a quelques années, le Maroc a lancé de nombreux projets
d’envergure. Aujourd’hui, ces projets structurants permettent au
pays d’avancer à grand pas. Cela peut constituer un modèle à
reproduire dans d’autres pays africains, qui font face aux mêmes
problématiques que le Maroc.
Casanearshore parc,
une cité intelligente
à Casablanca
46 Les Afriques .
5 décembre 2013
L
es nombreux projets structurants, lancés
par le Maroc au début des années 2000,
commencent aujourd’hui à porter leurs
fruits dans tous les secteurs d’activités.
De nombreux pays africains sont aujourd’hui confrontés à des problématiques auxquelles le Maroc a déjà eu à faire face, il y a quelques
années de cela. Ces pays africains peuvent bien tirer
parti de l’expérience marocaine, en s’inspirant des
principaux programmes qui ont relancé le dynamisme économique que connaît le Royaume aujourd’hui. Voici un tour d’horizon des principaux
projets stratégiques qui ont façonné le Maroc, depuis ces 10 dernières années.
Le Plan Maroc Vert
En avril 2008, le gouvernement marocain a adopté
la stratégie du «Plan Maroc Vert» afin de dynamiser le secteur agricole. Cette nouvelle politique a
pour objectif de mettre en valeur le potentiel agricole du pays afin de répondre à quatre objectifs
principaux qui constituent un enjeu important
pour l'économie du pays. Cette nouvelle stratégie
agricole du Maroc vise à atteindre les objectifs suivants: améliorer les revenus des agriculteurs, assurer la sécurité alimentaire, protéger les ressources
naturelles du pays, intégrer l’agriculture au marché national et international. Sur le plan économique, le Plan Maroc Vert a pour ambition de
multiplier par 2,5 la valeur ajoutée du secteur agricole sur une période de 10 ans, en la faisant passer
de 38 à 100 milliards de dh par an.
Plan «Halieutis»
Le secteur de la pêche au Maroc a été doté d’une
nouvelle stratégie de développement à l'horizon
2020, baptisée «Halieutis». Elle vise la mise à niveau
et la modernisation des différents segments du secteur de la pêche, ainsi que l'amélioration de la compétitivité et de la performance du secteur. Le Plan
Halieutis est destiné à venir en aide aux pêcheurs
par la création de nouvelles plateformes industrielles et la gestion professionnelle des ressources
halieutiques. Cette stratégie ambitionne de valoriser de façon durable, l’abondante ressource halieutique marocaine et de tripler le PIB du secteur d’ici
2020 pour en faire un moteur de croissance pour
l’économie du pays. Elle vise également à doubler le
nombre des emplois et à augmenter la valeur des
exportations des produits de la mer à plus de 3,1
milliards de dollars.
Le Plan «Maroc Numeric 2013»
La stratégie «Maroc Numeric 2013» vise à positionner le Maroc parmi les pays émergents dynamiques
dans les TIC et dans l’économie numérique. Cette vision s’est fixé des objectifs à atteindre au niveau économique et social. Présentée en octobre 2009, le plan
ambitionne de généraliser l'usage des technologies de
l'information et de la communication (TIC), et de
générer, d'ici 2013, un PIB additionnel de 27 milliards
DH, ainsi que 26 000 nouveaux emplois.
Le Plan Azur
Le Maroc a fait du tourisme un secteur prioritaire
de sa stratégie de développement. Le Plan azur est
un plan lancé par le Royaume afin d’attirer 10 millions de touristes par an, à partir de l’année 2010.
Ce plan a vu la réalisation de six stations balnéaires
: Saidia avec une capacité d'accueil de 28 000 lits,
Port-Lixus avec 12 000 lits, Mazagan avec 87 000 lits.
La quatrième station balnéaire de Taghazout a été
programmée pour atteindre 25 000 lits. Et enfin la
station de Plage Blanche avec une capacité d'accueil
26 000 lits. Trois stations seront rajoutées plus tard,
dans le cadre du Plan Azur Extension, pour assurer
un développement régional plus équilibré. Aujourd’hui le Maroc peaufine la «Vision 2020», sa
toute nouvelle stratégie touristique, encore plus ambitieuse, pour attirer toujours plus de touristes 20
millions à l’horizon 2020.
Plan Emergence
Présenté en 2005, le Plan Emergence est la nouvelle
stratégie industrielle du Royaume dont l’objectif est
la mise à niveau du secteur industriel, sa modernisa-
tion et la consolidation de sa compétitivité. Cette
stratégie vise à permettre au pays d'accroître son PIB
de 1,6% par an, de réduire le déficit commercial et
de créer près de 500 000 emplois. Il a permis d’identifier et de promouvoir les activités pour lesquelles le
Maroc présente des avantages compétitifs : l’offshoring, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique,
l’agroalimentaire et le textile-cuir. Aujourd’hui, grâce
à des mesures incitatives qui accompagnent ce vaste
programme, le Maroc attire d’énormes investissements étrangers dans tous ces secteurs clés.
Plan solaire marocain
Lancé en 2009, le Plan Solaire marocain est un projet très ambitieux. Le programme permettra de produire 2 000 MW (soit 38% de la puissance actuelle
installée) et devra apporter chaque année 18% de
plus, à la production nationale. A l’horizon 2020, il
devra contribuer à hauteur de 14% à la puissance
électrique marocaine. Ce projet s’inscrit dans le
cadre de la nouvelle stratégie énergétique du Maroc,
qui mise sur le développement des énergies renouvelables et sur le développement durable. Cinq sites
ont été identifiés et retenus pour la réalisation de ce
vaste plan solaire marocain.
Ibrahim Souleymane
DOSSIER
La Zone Franche de Nouadhibou (ZFN)
Prolongation des échanges transsahariens
Ville portuaire et minière, située à 465 kilomètres au Nord de
Nouakchott, dans une position stratégique de carrefour entre
l’Afrique de l’ouest, le Maghreb et l’Europe et l’Amérique, Nouadhibou
va redorer son blason avec sa nouvelle ZFN.
L
a Zone de Franche de Nouadhibou (ZFN)
a été instituée par décret en date du 2 janvier 2013 et ses activités officiellement
lancées le 24 juin 2013, au cours d’une cérémonie placée sous la présidence du chef
de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.
Cette ville portuaire et minière, est située à 465 kilomètres au Nord de Nouakchott, dans une position
stratégique de carrefour entre l’Afrique de l’Ouest,
le Maghreb et l’Europe et l’Amérique.
La création de la zone franche vise «à optimiser les potentialités de la capitale économique de la Mauritanie
en exploitant les opportunités qu’elle offre : industrie
minière, pêche industrielle et artisanale, activités portuaires…» selon le président de l’autorité de régulation, Ismael Ould Boddé Ould Cheikh Sidya.
Il s’agit notamment d’offrir un climat approprié
aux investisseurs nationaux et étrangers, avec un
régime fiscal et douanier et de sécurité sociale particulièrement incitatif et la mise en place d’un guichet unique permettant de monter les entreprises
Un gros potentiel halieutique
à Nouadhibou
48 Les Afriques .
5 décembre 2013
en toute célérité. Ce nouvel outil offre des perspectives d’affaires intéressantes dans le cadre de la
création, de la promotion et de la consolidation
d’un partenariat triangulaire entre le royaume du
Maroc, la Mauritanie et le Sénégal. Un présent et
un avenir à travers lequel les intérêts mutuels épousent les contours de l’histoire, de la culture, du sang
et de la religion.
En assumant pleine cette vocation, la ZFN de Nouadhibou dont l’avènement intervient dans un monde
globalisé, entend prolonger l’histoire séculaire du
commerce transsaharien dont le support était fourni
par des caravanes constituées par plusieurs milliers
de chameaux. En unissant ainsi leurs forces et potentialités l’Afrique pourrait offrir une image bien
loin du pessimisme ambiant des guerres, crimes de
masses et jeunes chômeurs désespérés voyageant à
travers des embarcations de fortune avec un épilogue tragique du genre de ce drame récent au large
de l’île italienne de Lampedusa.
Amadou Seck à Nouakchott
ZOOM
50 Les Afriques .
5 décembre 2013
Le contentieux congoloangolais sur l’Atlantique
Une grande partie du pétrole produit par l’Angola appartient à la
république démocratique du Congo, selon plusieurs éléments
saillants. C’est dans cette optique que nous nous sommes
intéressés à cette question qui oppose l’Angola et la RDC devant
les juridictions internationales. Décryptage.
L
e 11 mai 2009, la République Démocratique du Congo, avait déposé, une requête sur la délimitation de ses frontières
maritimes aux Nations Unies, en faisant
savoir à la Commission des limites du
Plateau continental que la zone du Plateau continental de la côte congolaise fait l’objet d’une occupation de fait par l’Angola. Le document déposer
par le gouvernement congolais s’intitulait : «Information préliminaire à la Commission des limites du
Plateau continental, conformément à l’article 76,
paragraphe 8 de la Convention des Nations unies
sur le droit de la mer du 10 février 1982 dite convention de Montego Bay» et un autre document intitulé «Loi portant délimitation des espaces
maritimes de la république démocratique du
Congo, concernant son projet d’extension du Plateau continental au-delà de 200 milles marins et ce,
au titre du paragraphe 76 de la Convention de Montego Bay».
Par un courrier daté, du 31 juillet 2009, la République de l’Angola, rejette cet acte visant la délimitation unilatéral de toutes les zones maritime, y
compris le Plateau continental. A cet effet, la république d’Angola, reste fermement attaché aux dispositions de la Convention sur le droit de la mer du
10 février 1982, article 83, paragraphe 1, qui préconise que la délimitation du Plateau continental
entre Etats, dont les côtes adjacentes, qui se font
face, est effectuée par voie d’accord conformément
au droit international tel qu’il est visé à l’article 38,
du statut de la cour internationale de justice de la
Haye (CIJ), afin d’aboutir à une solution équitable
et pacifique.
Or, d’après la Commission intérimaire du Golf de
Guinée (CIGG), on reconnaît à la RDC, la zone
d’exploitation exclusive d’une superficie de 68 400
km2, mais la RDC n’en fait rien et les dispositions
L’article 76,
paragraphe 8 de la
Convention des
Nations unies sur
le droit de la mer
contre l’article 83,
paragraphe 1.
de l’article 77, paragraphe 2 et 3 de la Convention
de Montego Bay de 1982, stipule : «les droits visés
au paragraphe 1, sont exclusifs, en ce sens que si
l’Etat côtier, n’explore pas le Plateau continental ou
n’en n’exploite pas les ressources naturelles, nul ne
peut entreprendre de telles activités sans son
consentement exprès».
Les droits de l’Etat côtier sur le Plateau continental
sont indépendants de l’occupation effective on fictive, aussi bien que toute proclamation expresse.
La délimitation des frontières maritimes ne peuvent donc poser des problèmes, vu que cette question a été résolue par la Convention de Montego
Bay du 10/02/1982, l’Angola avait limité ses frontières, la RDC se retrouve dans le droit d’ouvrir,
une zone ou un corridor d’au moins 20 km de large
et 200 km de long entre l’enclave de Cabinda et
l’Angola, soit une zone de 4 000 km2 dans laquelle,
toute production découlant des découvertes de pétrole présentes et futures est partagée entre la RDC
et les contractants.
Le 24 mars 2010, l’Assemblée nationale de l’Angola,
réunie en sa 10ème session ordinaire, avait approuvée
à l’unanimité, la résolution autorisant le gouvernement angolais à négocier avec le gouvernement de la
RDC, l’établissement d’un accord de délimitation
des frontières maritimes nord, en perspective d’une
exploitation commune avec à la clé un partage de
production des ressources pétrolières.
L’Assemblée nationale de l’Angola a recommandé
que les bases de négociation doivent respecter strictement les accords signés entre le Portugal et la Belgique. Ces accords déterminent, les points de départ
pour la délimitation des frontières maritimes.
En effet, c’est dans cette optique que le président Kabila a eu à mettre, une commission composée de 35
experts, dirigée par un de ses proches, le professeur
Kabuya Lumuna, malheureusement de forts soup5 décembre 2013 Les Afriques
. 51
ZOOM
La zone litigieuse
Un accord a
l’amiable a été
trouvé entre les
deux parties.
Ainsi, le dossier a
été geler et que
les négociations
étaient suspendue
jusqu’en 2014.
52 Les Afriques .
5 décembre 2013
çons de corruption de haut dirigeants congolais, auraient œuvrés en faveur des intérêts angolais, ce qui
par conséquent à compliquer le dossier. Pendant que
la RDC soutient publiquement que l’Angola exploite
illégalement le pétrole dans la partie de l’espace maritime de souveraineté congolaise, L’Angola rétorque
dans les coulisses que la RDC a des dettes envers
l’Angola et que ce pays récupère légalement son dû.
Que l’Angola a aidé l’Etat congolais, depuis les années 1990. L’Angola est un acteur clés auprès de
Kinshasa, (les troupes angolaises ont sauvé le régime
de Kabila père, puis récemment dans l’Est pour venir
à bout des rebelles du M23. Aussi que l’Angola a encadré selon nos sources les troupes congolaises au
sol), son apport a été déterminant lors de la guerre
1998-2002. Le président français Nicolas Sarkozy, en
visite en Angola en mai 2008, avait d’ailleurs rendu
hommage, au rôle joué par l’Angola en RDC. Le
Zimbabwe, qui a aussi participé dans les guerres en
RDC, a été gratifié par, l’octroi de plusieurs gisement
de diamants, tels que, les gisements de Tshibua et
Senga Senga à Mbuji Mayi, avec les societés, Cosleg,
ORYX et Senga Mines. Donc, l’Angola récupère légalement son dû. Ainsi certains analystes pensent
qu’il y a un accord secret entre la RDC et l’Angola,
pour taire le différend sur les blocs pétroliers du Plateau continental. A la grande surprise de tous les observateurs, ce dossier a été gelé sur instruction de la
présidence de la république de RDC. C’est dans cette
optique que nous avons joint récemment l’ambassadeur de la RDC a l’ONU, Ileka Atoko qui nous a
laissé entendre qu’un accord a l’amiable a été trouvé
entre les deux parties. Ainsi, le dossier a été geler et
que les négociations étaient suspendue jusqu’en
2014. L’apport récent de l’Angola à l’Est de la RDC
serait en partie l’une des raisons du gel des négociations entre autres, …
Capitulation ou
compromission ?
Cette phrase interrogative a été exprimée dans un
éditorial du site média Congo.net qui interpellait les
gouvernants congolais face à cet état de fait, où la
RDC décidait de geler jusqu’en juillet 2014 les négociations portant sur son Plateau continental.
Temps durant lequel, selon l’éditorialiste de
Congo.Net, l’Angola poursuivra en toute quiétude
la jouissance exclusive de tous les droits sur les
riches puits pétroliers, situés sur le périmètre litigieux. Doit-on comprendre et considéré cet acte du
gouvernement de la RDC comme une Compromission ou une capitulation ? A tout prendre, l’Angola
part favori dans les tous les cas de figures.
En effet, il sied de rappeler qu’à deux reprises, la
Commission gouvernementale de la RDC en charge
des négociations menées avec l’Angola pour permettre, à terme, à la République démocratique du
Congo de récupérer ses droits sur son Plateau continental, conformément à la Convention de Montego
Bay régissant le Droit de la mer, avait en son temps
été interpellée par le Sénat congolais. Il s’agissait de
faire l’état de l’évolution de ce dossier réputé brûlant, mais combien indispensable au renflouement
des caisses de l’Etat. Par ailleurs il sied de noter que
durant la phase de négociations la Commission
congolaise en charge de défendre les intérêts de la
RDC avec la partie angolaise sur ce différent pétrolier partait déjà avec un sérieux handicap. Là où
l’Angola a mis, selon des sources concordantes, près
de 100 millions USD pour aider ses experts à réunir
L’Angola peut
donc se frotter les
mains de son
pompage illégal
des centaines de
millions de
barils/jours, du
pétrole de la RDC.
les éléments de défense, la RDC avait peiné à mobiliser 12 millions de $. Faute de trouver satisfaction à
sa préoccupation, la Commission d’études s’est résignée. Elle a présenté en son temps au Premier ministre de l’époque Adolphe Muzitu, un échéancier
des négociations qui s’étend jusqu’en 2014. Date à
laquelle elle compte apprêter la requête à présenter
devant la Commission ad hoc des Nations unies.
L’ouverture et le gel des négociations n’ayant pas un
caractère suspensif, l’Angola poursuivra l’exploitation des réserves pétrolières des blocs querellés, lesquelles sont évaluées à près de 4 milliards de barils.
Pire, pendant toute cette période, la RDC, ne peut
exercer aucun droit de recours tant que l’affaire
n’aura pas été tranchée devant les instances compétentes des Nations unies.
Ce sursis que s’est imposé souverainement la RDC
constitue un sérieux manque à gagner. Aussi, doiton s’interroger sur les motivations réelles qui ont
poussé la Commission à prendre tout son temps.
Qu’est-ce qui a donc pu se passer pour que Kinshasa s’accorde un si long temps de négociations ?
Forte pression du tout puissant voisin angolais ?
Difficile à dire pour l’instant.
Par ailleurs, l’opposition congolaise a parlé d’un arrangement de soutien politique conclu entre les présidents Dos Santos et Kabila, pour la réélection de
ce dernier en 2011. Certaines indiscrétions, insinuent qu’il n’est pas certain que Kinshasa obtienne
gain de cause auprès de la Cour internationale de
justice en 2014, à cause des Majors pétroliers, ExxonMobil, Total, BP, ENI et Statoil qui sont présentes
dans la zone conflictuelle. En se basant sur un article de Dean Henderson : The Federal Reserve Cartel
«www.deanhenderson.wordpress.com» et l’ouvrage
de Eustace Mullins : Les Secrets de la Reserve fédé-
rale, publié en septembre 2010, on peut découvrir
que ces majors pétroliers sont gérés par le cartel banquier privé international «les 4 cavaliers du système
bancaire américain Banko Of America, JP Morgan,
Chase, Citigroup et Wells Fargo possèdent les 4 cavaliers du pétrole Exxon-Mobil, Dutch/Shell, BP
Amoco et Chevron Texaco en tandem avec Deutsch
Bank, BNP, Barclays … toutes ces institutions financières, représentent les puissances occidentales
(France, GB, USA) passées maître dans l’instrumentalisation des institutions des Nations unies. La manipulation de la Cour international de justice de La
Haye ne saurait qu’un jeu d’enfants. L’avocat canadien Me Christopher Black, du barreau de Toronto,
a fait une bonne illustration de la manipulation de la
CPI par exemple, à travers son ouvrage : Nato Force
Behind International Criminal Court.
L’Angola peut donc se frotter les mains de son pompage illégal des centaines de millions de barils/jours,
du pétrole de la RDC. Selon Rene Isekemanga, cité
par Reuters fin mai 2009 : «une grande partie de la
production pétrolière de l’Angola, appartient à la
RDC, qui pouvait produire jusqu'à un million de
baril/J si l’Angola n’avait pas accaparé ses blocs de la
partie de l’espace maritime de souveraineté congolaise
qui n’est nullement une zone d’intérêt commun que la
RDC doit se partager avec l’Angola, car 68 400 km2
appartient a la RDC».
Plusieurs gisements, où l’Angola tire son pétrole,
sont situés sur la partie continentales maritime
congolaise (les blocs 14,15,0,1et 31). Le bloc 14, produit 160 000 barils/J, le bloc 0 et 15 contiennent du
gaz associés qui alimentera le projet Angola LNG de
construction d’une usine de liquéfaction près de
Soyo. Le montage financier de ce projet a déjà été
bouclé selon les informations en notre possession
Kinshasa a-t-elle à dos les
Majors pétroliers ?
5 décembre 2013 Les Afriques
. 53
ZOOM
Le pompage continue
Le Bloc 15 est le
joyau de la production angolaise
de pétrole puisse
qu’il pompe 30%
de l’ensemble
de la production
du pays.
54 Les Afriques .
5 décembre 2013
obtenu dans les services du ministère du pétrole de
l’Angola.
Le projet Kizomba (A et B) sur le bloc 15 devrait
atteindre 100 000 barils/J et permettra ainsi de récupérer 250 millions de barils des champs voisins,
Mavacola et Clochas. L’Angola compte beaucoup
sur le projet Kizomba pour augmenter sa production journalière à 2 millions de barils en 2014. La
production pétrolière de l’Angola s’élève en
moyenne a 1,7 millions de barils/J. L’économie de
ce pays dépend considérablement de l’exportation
du pétrole.
Les réserves du bloc 15 sont évalués à 4 milliards de
barils repartis entre les géants Exxon, BP, ENI, et
Statoil, le Bloc 15 est le joyau de la production angolaise de pétrole puisse qu’il pompe 30% de l’ensemble de la production du pays. Il y a aussi le bloc
31 que British Petroleum exploite.
Un magazine (Afrique confidentiel) estimait que la
production de la zone, réclamée par la RDC, serait
plus élevée que 500 000 barils/J. A moyen terme,
quand le bassin en eaux profondes de Kwanza qui se
trouve dans un ensemble de roche contenant plusieurs Hydrocarbures dans l’atlantique sud (bloc
19,24,20,22,40,40,25,35,36,37,38,3), sera mis en valeur, l’Angola pourrait dépasser, le Nigéria en
termes de production et devenir le premier producteur au sud du Sahara. L’Angola ne lâchera jamais le gâteau réclamé par la RDC, a laissé entendre
un expert pétrolier qui travaille pour le compte de
Luanda et très proche du dossier.
La RDC et l’Angola ont identifié une zone d’intérêt
commune (ZIC). Cette zone ne concerne pas la
zone du Plateau continental querellée par les deux
nations. Cette ZIC longue de 375 km et large de 10
km est située en mer, entre le Cabinda et la province
angolaise de Soyo. Composé de deux parties, l’une
à l’ouest, deux champs : celui de Ngage qui fait l’objet d’un contrat de partage de production (CPP),
pour la partie Est, non encore exploitée, l’Angola a
proposé à la RDC des contrats de service à risques
et promis un appui budgétaire de 600 millions de
USD. Cette ZIC est exploitée par les sociétés nationales, Sonangol et cohydro, associées à des privés.
Au regard de tout ce qui précède fort est de faire remarquer toutefois, la première impression est que
la RDC aurait hypothéqué à l’Angola ce qui lui revient de droit, aux termes de la Convention de
Montego Bay. Démunie financièrement, et peutêtre sur d’autres plans, la RDC se serait-elle résolue
à baisser les bras et afficher le profil bas vis-à-vis de
son puissant voisin ? Ou, alors par absurde, elle
craindrait d’affronter l’Angola sur un terrain juridique où ce dernier part avec les faveurs des pronostics géostratégiques et militaires ? Puissance
militaire, Luanda aurait-il brandi le spectre de la déstabilisation en cas d’intransigeance de Kinshasa ?
Le fabuliste français Jean de La Fontaine avait raison
de dire que «la loi du plus fort est toujours la meilleure». En tout état de cause, ce sont les intérêts de
la population congolaise qui partent en fumée. Et le
gouvernement de ce pays portera la responsabilité
historique de l’échec de ces négociations, laisse entendre discrètement une source bien introduite au
sommet de l’Etat congolais avec qui nous avons des
échanges sur le dossier.
Dossier d’enquête réalisé par Arsene Francoeur
Nganga et Rodrigue Fénelon Massala
ARRÊT SUR IMAGE
Etats Unis d’Amérique
Le 27 novembre 2013. A l’occasion de
Thanksgiving, le président Barack
Obama consacre la tradition à la
Maison Blanche et grâcie une dinde au
côté de ces filles Sasha et Malia.
56 Les Afriques .
5 décembre 2013
5 décembre 2013 Les Afriques
. 57
RELATIONS INTERNATIONALES
58 Les Afriques .
5 décembre 2013
Les enjeux de
l’immigration illégale
La tragédie du naufrage d’une embarcation d’immigrés survenu
au large des côtes de Lampedusa, en octobre dernier, relance le
débat sur le problème migratoire. Comment faire pour éviter de
nouvelles tragédies ? Comment freiner les flux migratoires ?
Quelles solutions, pour quels enjeux ?
L
e naufrage de Lampedusa, survenu le 3
octobre dernier et qui a coûté la vie à 300
immigrés clandestins, a suscité de vives
émotions dans le monde entier. Il a révélé
une fois de plus, la tragédie de milliers de
migrants des pays africains, fuyant la pauvreté et le
chômage ou les guerres et qui tentent de migrer vers
l’Europe. Malgré cet épisode tragique, aujourd’hui
encore, des embarcations inadaptées pour la navigation en haute mer, surchargées de migrants continuent à naviguer vers les côtes européennes, le
temps d’une traversée à haut risque.
La question de l’immigration clandestine est souvent un sujet de désaccord entre les pays d’origine,
pauvres pour la plupart, et les pays de destination,
plus riche. Et pour cause, ces flux migratoires viennent avec beaucoup d’autres problèmes : questions
des droits de l’homme, questions économiques,
questions de main d’œuvre et de chômage, fuite
des cerveaux, insertion sociale, questions de réfugiés et de demandeurs d’asile, questions humanitaires, etc.
Cause des flux migratoires
Si tant de jeunes tentent de fuir leur pays, c’est parce
que la vie est devenue pratiquement impossible
dans certaines régions. En effet, les causes majeures
de ces vagues migratoires sont les grands déséquilibres aux conséquences catastrophiques: guerres
d’une sauvagerie inhumaines, gouvernements corrompus qui s’accaparent les riches, démographie
galopante avec tous les problèmes que cela engendre
(famine, chômage, problème de santé, etc.), économie désorganisée, révolutions qui débouchent que
sur le chaos (Libye, Egypte, Tunisie, ou plus récem-
Entre le 3 et le 11
octobre 2013, au
moins 400
personnes sont
mortes en mer
méditerranée, car
au lendemain du
drame de
Lampedusa.
ment la Syrie), des régions livrées au radicalisme
(comme au Mali, certains pays touchés par le printemps arabe,)...
Par exemple, on estime aujourd’hui à environ 1,5
millions, le nombre de syriens qui ont quitté leur
pays pour fuir la guerre.
Selon certains analystes, comme l’équipe de Migreurop, si les drames migratoires peuvent avoir
plusieurs explications, ils sont en partie le résultat
d’un manque d’harmonisation des politiques des
différents Etats européens en matière d’immigration, et aussi à la surenchère sécuritaire dans la surveillance des frontières de l’UE.
L’Europe, qui est souvent la cible de ces flux migratoires, ne veut pas ouvrir ses portes à une immigration fortement allogène. Car très souvent, ces
migrants ne partagent ni l’histoire, ni la culture, ni
les fondements judéo-chrétiens de la société occidentale, ni les usages, ni le système démocratique,
etc. Une bonne partie de ces migrants possèdent
en revanche, un potentiel de déstabilisation sur
l’Europe.
Ampleur du phénomène
Depuis 1993, au moins 20 000 personnes ont perdu
la vie dans la Méditerranée en tentant de gagner
l’Europe selon des estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Entre le 3 et le 11 octobre 2013, au moins 400 personnes sont mortes en mer méditerranée, car au
lendemain du drame de Lampedusa, un autre naufrage avait fait une centaine de victimes.
Rien ne semble arrêter les flux migratoires. En 2005,
on estimait déjà le nombre de migrants sans papiers
à 1,6 million en Espagne, entre 700 000 et un mil5 décembre 2013 Les Afriques
. 59
RELATIONS INTERNATIONALES
L'eldorado, une chimère
lion en Allemagne, 600 000 en Italie, 430 000 en
Grande-Bretagne, entre 250 000 et 400 000 en
France, 200 000 au Portugal, 160 000 aux Pays-Bas
et 90 000 en Belgique.
La question qui se pose aujourd’hui est de savoir
comment mettre fin à cette série de catastrophes
humanitaires ? Comment éviter des tragédies,
comme celle de Lampedusa ?
Surnommée «le cimetière des migrants», Lampedusa est en passe de devenir le symbole d’une politique européenne inefficace contre les flux de
l’immigration clandestine.
Pour surveiller les 1636 points d’entrée vers l’Europe, l’UE a mis en place un outil de gestion des flux
migratoires : la Frontex, l’Agence européenne pour
la gestion de la coopération opérationnelle aux
frontières extérieures des États membres de l’Union
européenne, créée en 1995.
Entre 2006 et 2007 Frontex avait appréhendé ou interdit d’entrée aux frontières plus de 53 000 personnes. Mais aujourd’hui, les actions de Frontex ne
semblent pas freiner les flux des migrants vers l’Eu-
Solidarité Sud-sud : Le Maroc régularise les sans papiers
Surnommée «le
cimetière des
migrants»,
Lampedusa est en
passe de devenir
le symbole d’une
politique
européenne
inefficace
60 Les Afriques .
5 décembre 2013
Dans le cadre de sa nouvelle politique migratoire, le Maroc envisage de lancer une opération
exceptionnelle de régularisation de la situation
des étrangers en séjour irrégulier sur son territoire. Prévue du 1er janvier au 31 décembre
2014, cette vaste opération permettra à une
bonne partie des immigrants africains (dont le
nombre est estimé entre 25 000 et 40 000), de
régulariser leur situation dans le pays.
La régulation est toutefois conditionnée. En effet, les candidats concernés sont entre autres
les conjoints de ressortissants marocains ayant
au moins 2 ans de vie commune, les étrangers
disposant de contrats de travail d’au moins 2
ans, les étrangers ayant au moins 5 ans de rési-
dence continue au Maroc, etc. Rappelons que ces
genres d’opérations sont souvent réalisés dans
les pays d’accueils des flux d’immigration. En
France par exemple, il y aurait environ 400 000
immigrés illégaux, dont le nombre reste stable,
malgré l’arrivée chaque année, environ 100 000
nouveaux immigrés illégaux arrivent dans le
pays. Pour cause, chaque année 100 000 illégaux légalisent leur situation en France, notamment sous la pression des activistes. Les moyens
de légaliser leur présence en France sont nombreux : par le mariage avec un citoyen français,
en ayant un enfant né sur le sol français, en
prouvant qu’on est en France depuis déjà au
moins dix ans, etc.
Entre brimades
et vexations
Un autre
dispositif
européen
(Eurosur) est
venu compléter
ou relayer les
actions de
Frontex dont les
actions actuelles
s’avèrent malgré
tout inefficaces.
rope. En plus, l’agence européenne est accusée par
des ONG comme le réseau Migreurop de bafouer
les droits de l’homme, d’être inefficace pour empêcher des catastrophes et d’opérer selon une «logique
sécuritaire» qui causerait la mort de milliers de migrants chaque année.
En 2009, Frontex disposait de 25 hélicoptères, 21
avions, 113 bateaux et 475 unités d’équipement (radars, sondes, senseurs, caméras, etc.). Un véritable
arsenal. Et depuis 2011, un autre dispositif européen
(Eurosur) est venu compléter ou relayer les actions
de Frontex dont les actions actuelles s’avèrent malgré tout inefficaces.
Eviter les drames
Devant la multiplication de ces tragédies, il est plus
que jamais urgent de trouver de vraies solutions
pour gérer le problème de l’immigration vers l’Europe et dépasser la seule logique de renforcement
des contrôles aux frontières.
Pour mettre un terme à l’indifférence ou la légèreté
des politiques vis-à-vis de ce drame inédit, différents solutions ont été proposées. Les uns soutiennent qu’il faut aider les pays de départ à mieux
contrôler leurs frontières, les autres pensent qu’il
faut militariser les mers et déclarer une guerre totale aux trafiquants et passeurs qui exploitent la misère de ces femmes et hommes prêts à tout pour
échapper à la misère, à la famine (Darfour, Somalie,
etc.) ou les guerres comme en Syrie.
Selon plusieurs analystes, ériger des murs et mobi-
liser un arsenal technologique de plus en plus sophistiqué et coûteux, comme le programme Eurosur (contrôles par satellites, par drones, etc.)
n’empêchera certainement pas les migrations. Il les
rendra leurs trajets plus longs et peut-être encore
plus meurtriers pour les migrants. Les vraies solutions durables sont peut-être à rechercher des mesures qui peuvent inciter les migrants à rester chez
eux et à s’y fixer.
Solutions africaines
L’Afrique, ce riche continent qui regorge de richesses immenses, qui enrichit de nombreux pays
(d’Europe et d’ailleurs), est aujourd’hui incapable
d’assurer à ses fils le nécessaire pour les inciter à
vivre heureux chez eux. Aujourd’hui, les africains
doivent prendre conscience de l’étendue de leurs richesses matérielles et culturelles. Ensuite les décideurs politiques doivent s’occuper des véritables
problèmes de la jeunesse à savoir : l’accès à un bon
système éducatif, des emplois, un cadre de vie paisible et favorable à l’épanouissement. Par ailleurs, il
faudrait encourager l’auto-emploi et la création de
richesses, par la création d’entreprises pour occuper cette jeunesse livrée à l’oisiveté et au chômage.
Le jour, où les jeunes africains pourront dans la paix
satisfaire leurs principaux besoins, on constatera
systématiquement une nette diminution de cette
propension à partir en Europe.
Ibrahim Souleymane,
Casablanca
5 décembre 2013 Les Afriques
. 61
RELATIONS INTERNATIONALES
La diplomatie des conflits
Dans cette interview, Wutibaal Kumaba Mbuta, auteur du
livre «L’ONU et la diplomatie des conflits», évoque les enjeux
d’une implication effective des acteurs de la sphère
diplomatique dans la résolution et la prévention des conflits
en Afrique.
ou des conflits» par rapport à ceux de la «résolution et du règlement des crises ou des conflits» se
justifie par le souci de rendre compte de la finalité
du couple d’action règlement ou résolution des
crises et des conflits et la consolidation de la paix.
En effet, le règlement et la résolution sont des terminologies qui ont été utilisées pendant la guerre
froide et elles ne mettent pas en évidence l’évolution des opérations de paix consécutive à la fin de
la guerre froide. Cette évolution se traduit par la
consolidation de la paix dans la phase post conflictuelle, après le processus de règlement ou de résolution des crises ou des conflits.
Wutibaal Kumaba Mbuta
62 Les Afriques .
5 décembre 2013
L
es Afriques Diplomatie : Lorsque vous parlez
de «diplomatie des conflits» dans votre livre,
que voulez-vous dire ?
Wutibaal Kumaba Mbuta : Je désigne par le
concept de la diplomatie des conflits, «l’ensemble
des actions politiques menées pour empêcher le déclenchement d’un conflit armé lorsqu’il existe des
signes précurseurs d’un tel conflit, ou lorsque le
conflit armé a éclaté, d’empêcher son extension en
le gérant au mieux en vue de sa liquidation».
La particularité de la diplomatie des conflits, c’est la
possibilité de pouvoir utiliser des outils ou moyens
de coercition politiques, militaires et économiques
pour renforcer ou favoriser le retour à la situation
de Paix. Les moyens de la diplomatie des conflits
sont évolutifs et très diversifiés. Ils s’adaptent à l’évolution de la situation sur le terrain d’intervention.
Par ailleurs, je préfère parler de la liquidation des
conflits en lieu et place des concepts de la résolution et règlement des crises ou des conflits. La préférence pour le concept de la «liquidation des crises
LAD : Quel bilan faites-vous des opérations de déploiement des forces de maintien de la paix en
Afrique ?
W.K.M. : Au vu du bilan humain, plus de 7 millions de morts en République démocratique du
Congo, 800 000 morts au Rwanda, on peut affirmer que le bilan de la gestion des conflits en
Afrique est très négatif.
LAD : L’ONU est très impliquée dans la résolution
des conflits en Afrique. Qu’est-ce qui peut expliquer
un tel engagement des Nations Unies sur le continent ?
W.K.M. : L’ONU a été créée pour garantir la paix et
à la sécurité internationales. A défaut d’une paix à
garantir, l’ONU a développé une diplomatie des
conflits qui a pour finalité de prévenir et gérer les
conflits. L’engagement de l’ONU sur le continent
s’explique par le fait que l’Afrique est devenue le
principal pôle de conflictualité. Pendant toute la
guerre froide, l’Afrique n’avait pas développé des
outils susceptibles de lui permettre de gérer militairement un conflit. L’Organisation de l’Unité Africaine se cantonnait à une gestion diplomatique des
conflits. Les Etats africains faisaient reposer leur sécurité sur le soutien des Grandes puissances, généralement l’ancienne puissance coloniale et avaient
négligé cet aspect. En se mettant sous la protection
de l’ancienne puissance coloniale, celle-ci lui pro-
Embarcation de fortune
bondés de clandestins
Il faut développer
les relations de
bon voisinage
entre les Etats
Africains et
élaborer des
projets de
développement
transfrontière.
mettait de le protéger contre une éventuelle agression extérieure. Ces anciennes puissances étant impliquées dans la confrontation idéologique, certains
Etats africains se trouvaient impliqués dans cette
confrontation. Cette dépendance réduisait l’intérêt
d’une politique commune de Défense africaine, du
fait de l’absence d’intérêt commun de sécurité. De
plus, dans le contexte de confrontation idéologique
les grandes puissances veillaient sur la cohésion interne de leur bloc et elles ne voulaient pas voir
émerger une armée autonome et rivale.
Avec la fin de la guerre froide, les puissances occidentales se sont détournées de l’Afrique au profit de
l’Europe de l’Est et de la reconstruction européenne.
Dans ce contexte, l’ONU se retrouvait être le seul
acteur capable d’intervenir militairement sur le
continent. Tout cela explique de mon point de vue
l’importance de l’engagement des Nations Unies
dans les tentatives de gestion militaire des conflits
en Afrique avec le déploiement des opérations de
maintien de la paix.
LAD : Que préconisez-vous concrètement pour la
résolution des conflits en Afrique ?
W.K.M. : La résolution des conflits passe par le renforcement des outils de prévention et de gestion des
conflits au niveau du continent et des organisations
sous régionales telles que la SADC, Cedeao ou encore la Cemac.
Il est très important et fondamental que l’Afrique
dispose d’une armée opérationnelle pouvant per-
mettre d’assurer efficacement la sécurité du continent. L’idée de mettre en place une force africaine
en attente était une très bonne idée. Les africains
doivent être les principaux acteurs de la gestion militaire et diplomatique des différents conflits sur le
continent. Ils doivent se prendre en charge et cesser
de compter sur le soutien des acteurs extérieurs au
continent sans pour autant exclure une coopération avec les Etats-Unis, l’Union européenne ou
d’autres puissances montantes. Au niveau des Etats,
il faut continuer à lutter pour la promotion de la
bonne gouvernance politique et économique. Il
faut un dialogue politique permanent entre l’opposition et la majorité. Cela passe par le renforcement des institutions et de la démocratie. Les Etats,
sans mettre en place des gouvernements ethniques,
doivent assurer la représentativité régionale au sein
des institutions de l’Etat et une réparation harmonieuse des richesses du pays. Ils doivent identifier
les ressources de chaque région pour la mettre en
valeur. Il faut développer les relations de bon voisinage entre les Etats Africains et élaborer des projets de développement transfrontière et
interétatique pour créer un intérêt commun et la
solidarité interétatique.
LAD : Peut-on considérer l’Union africaine
comme un acteur majeur dans la résolution des
conflits sur le continent ?
W.K.M. : Oui, l’Union africaine (UA) est un acteur
majeur dans la résolution des conflits en Afrique.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 63
RELATIONS INTERNATIONALES
La désolation, au bout
Avant l’Union africaine, l’OUA a joué un rôle majeur dans l’accession à l’indépendance des Etats
africains. Créée en 1963, elle devait gérer empiriquement les conflits consécutifs à l’accession des
Etats africains à l’indépendance. Elle a accompagné
tant bien que mal les Etats africains aux indépendances, dans un contexte difficile de confrontation
idéologique entre les Etats-Unis et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). L’OUA a
joué un rôle majeur en prévenant les conflits territoriaux entre les nouveaux Etats qui viennent de se
libérer de la domination coloniale.
Pendant toute la période de la guerre froide, son action était essentiellement diplomatique. Généralement, il s’agissait d’une diplomatie des Sommets, qui
ne faisait pas appel aux forces vives (opposition politique, armée ou non, société civile et éventuellement
représentants religieux) du pays ou de la région en
crise. L’action de l’OUA s’est vue notamment lors du
Désormais les
africains jouent un
rôle actif dans la Bio-express
gestion militaire
Wutibaal Kumaba Mbuta, est Docteur en droit
international public de l’Université Paris Desdes conflits au
cartes. Il est expert en matière de gestion des
conflits armés et du droit de la sécurité collecniveau du
tive, spécialiste de la Région des Grands Lacs. M.
continent.
Kumaba a œuvré comme chercheur associé à
64 Les Afriques .
5 décembre 2013
règlement des conflits frontaliers entre Etats africains
dans la période postcoloniale.
La fin de la guerre froide et la multiplication des
conflits au niveau du continent a poussé les Etats africains à développer les mécanismes de gestion militaire des conflits du continent avec la création du
Conseil des paix et de sécurité de l’Union africaine.
Désormais les africains jouent un rôle actif dans la
gestion militaire des conflits au niveau du continent.
L’ONU collabore avec l’Union africaine pour gérer
les conflits sur le continent. La brigade d’intervention de l’ONU en République démocratique du
Congo a été autorisée par l’Union africaine et elle
est constituée des troupes de la SADC.
L’UA est un acteur majeur de la gestion des conflits
sur le continent. Mais, il faudrait qu’elle joue le rôle
principal et essentiel dans la résolution des conflits en
Afrique. Mais je pense que cela n’est pas encore le cas.
Propos recueillis par, Ibrahim Souleymane
l’Observatoire Politique et Stratégique de
l’Afrique de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne à Paris. Wutibaal KUMABA MBUTA est
l’auteur du Livre «L’ONU et la diplomatie des
conflits : le cas de la République démocratique
du Congo», éd. L’Haramattan.
LE COIN DE L’EXPERT
Partenariat stratégique Algérie-USA ?
Face aux nouvelles mutations
énergétiques et sécuritaires
Dr Abderrahmane
MEBTOUL,
Professeur
des Universités
Algérie
Q
L’objet de cette contribution est de poser d’une manière
réaliste, face aux nouvelles mutations géostratégiques
mondiales, les perspectives d’une coopération fructueuse
entre les Etats Unis d’Amérique et l’Algérie. Un pays, toujours
en transition vers l’économie de marché et l’Etat de Droit.
uel est le poids des USA et de l’Algérie dans l’économie mondiale ?
En 2013, les Etats-Unis conservent
leur position de pays produisant le
plus de richesse, avec un PIB estimé
prévisionnel par le FMI à 16 238 milliards de dollars contre 15 865 milliards de dollars en 2012
pour une population de 302 millions d’habitants.
La Chine vient en seconde position avec 9020 en
2013 contre 8 227 en 2012, le Japon 5120 en 2013
contre 5964 en 2012 soit une importante baisse,
l’Allemagne 3 598 en 2013 contre 5 964 en 2012 et
enfin la France 2 739 en 2013 contre 2 609 en 2012.
Pour l’Algérie le PIB en 2013 est estimé par le FMI
à 216 milliards de dollars en 2013 contre 209 en
2012. Encore que le rapport prévisionnel du FMI
pour 2014 note que la dette publique des pays dé-
66 Les Afriques .
5 décembre 2013
Fragilité d’une économie
de rente (attaque
d’In Amenas)
veloppés devrait atteindre le «pic historique» de
110% de leur produit intérieur brut en 2014, soit 35
points de plus qu'en 2007, ou plus de 79.000 milliards de dollars et que les Etats-Unis, devraient eux
voir leur endettement progresser à 107,3% de leur
PIB en 2014 soit 17 500 milliards de dollars donc
22,05% de l’endettement mondial. Ainsi note le
FMI, en dépit des progrès sur la réduction des déficits, les fragilités budgétaires profondes restent élevées dans les pays développées, indique le rapport.
Avec un ratio de dette/PIB de 242,3% prévu en
2014, le Japon devrait encore figurer en tête du peloton des pays développés les plus endettés, suivis
par la Grèce (174%), l'Italie (133,1%) et le Portugal
(125,3%) et 94,8% pour la France. Bien que clôturant à environ 200 milliards de dollars fin 2013 pour
ses réserves de change,(dont plus de 80% placées à
l’étranger en Bons de trésor américains et en obligations européennes à moyen terme, le taux d’intérêt en 2013 fluctuant entre 2 et 2,25% pour le
moyen terme) et une dépense publique programmée de 500 milliards de dollars entre 2004/2013
(faute de capacité d’absorption tout n’a pas été dépensé mais aucun bilan à ce jour) l’Algérie pour une
population d’environ 38 millions d’habitants représente 1,37% du PIB des Etats Unis d’Amérique
en 2012 et 1,33% en 2013. Le constat est que les réserves de change constituent une richesse virtuelle,
un moyen de développement autant que les infrastructures et non l’essence de la création de la valeur et que l’économie américaine est une économie
productive, les chinois qui ont des réserves de
change estimées à 3 440 milliards de dollars en juin
2013, selon la banque centrale chinoise, contre 3 331
milliards de dollars enregistrés à la fin de décembre
2012, sont de plus en plus utilisés en fonds souverains(investissement à l’étranger. Pour l’Algérie, les
hydrocarbures sont dominants au sein du PIB environ 45% mais avec les effets indirects via la dépense
publique plus de 80%. Le constat est que l’économie des États-Unis constitue un moteur essentiel de
croissance pour l’économie mondiale. Les fluctuations de son produit intérieur brut, le niveau de son
commerce international et ses politiques monétaires
sont suivis de près par les gouvernements mondiaux
et les marchés financiers internationaux. En 2012,
les principaux partenaires commerciaux des EtatsUnis sont la Chine, les deux partenaires de l’Alena,
Canada et Mexique, le Japon, l’Allemagne et le
Les TIC, une piste de
croissance
Des perspectives
commerciales
s’offrent entre les
USA et l’Algérie en
dehors des
hydrocarbures.
Royaume-Uni. La Chine et l’Allemagne occupent
les deuxième et troisième rangs, respectivement.
En 2011, les États-Unis restent la première nation
commerçante (en valeur), leurs importations et
leurs exportations ayant atteint 3 746 (1511 milliards de dollars d’exportation) milliards de dollars EU au total en 2011, restant le premier
négociant mondial, les échanges de services se sont
chiffrés à 976 milliards de dollars. Pour 2012, le département du Commerce a annoncé que les exportations de biens et services américains ont
atteint un record historique en 2012 avec une
croissance de 92,6 milliards de dollars pour arriver à 2 200 milliards de dollars en 2012, alors que
l’économie des États-Unis continue à progresser
vers l’objectif, fixé par le président Obama, de
doubler le niveau des exports par rapport à 2009.
Pour l’Algérie selon les statistiques douanières officielles pour 2012, les exportations de l’Algérie
ont atteint 73,98 mds usd en 2012 et les importations se sont établies à 46,80 mds usd donnant un
total de 120,78 milliards de dollars rapporté à celui
des USA, nous avons 5,45%. Cependant des perspectives commerciales s’offrent entre les USA et
l’Algérie en dehors des hydrocarbures, l’Algérie
étant avant tout intéressé par le transfert du savoir
faire technique et managérial avec la présence
d’importantes sociétés américaines, devant impulser la coopération notamment dans le domaine
des nouvelles technologies, de l’industrie, les services, l’agriculture et le BTPH sans oublier la formation. Récemment, en dehors des hydrocarbures,
5 décembre 2013 Les Afriques
. 67
LE COIN DE L’EXPERT
où les USA sont présents, le dernier contrat en date
est celui signé en 2013 entre le groupe Sonelgaz et
le groupe américain General Electric (GE) qui
vont réaliser en partenariat un complexe industriel
de fabrication de turbines à gaz en Algérie pour un
investissement de 200 millions de dollars. Cette société, qui sera détenue à 51% par Sonelgaz et 49%
par GE, produira à partir de 2017 entre six à dix
turbines à gaz par an, soit une capacité de 2 000
MW, dont une partie pourrait être exportée. Par
ailleurs, GE a remporté un marché de fournitures
de turbines à gaz et à vapeur d’une capacité de 8
400 MW pour un montant de 2,2 milliards de dollars, destiné à équiper les six centrales électriques
que l’Algérie prévoit de construire d’ici à 2017.
Concernant les exportations algériennes vers les
USA en 2012 (source douanes algériennes), elles
sont été estimées à 10,778 milliards de dollars mais
avec une chute vertigineuse pour les neuf (9) premiers mois de 2013 avec seulement 3,49 milliards
de dollars. Quant aux importations de l’Algérie des
USA, elles ont été en 2012 de 1,651 milliards de
dollars et 1,618 pour les neuf (9) premiers mois de
2013. La majeure partie des échanges de l’Algérie
est tournée vers l’Europe.
Etats Unis d’Amérique futur
concurrent énergétique de l’Algérie ?
La sécurité énergétique constitue le poumon de la
stratégie tant économique que militaire des USA.
Le surcoût des cours élevés du pétrole est très
lourd. Selon les données de l'Agence Internationale de l'énergie (AIE), le monde importait chaque
68 Les Afriques .
5 décembre 2013
Le coût énergétique d’une
stratégie militaire
année pour 500 milliards de dollars en pétrole en
moyenne entre 1990 et 2010. En 2012, cette valeur
est multipliée par quatre pour atteindre 2 000 milliards de dollars par an, soit 5,5 milliards de dollars
par jour. Les importations d'hydrocarbures de l’Europe passent de 350 milliards en 2009 à presque 600
milliards de dollars en 2011. Portée par sa croissance, la Chine fait plus que doubler ses dépenses
en pétrole pour passer de 90 milliards d'euros en
2009 à 220 milliards en 2011. Globalement, dans les
grandes zones importatrices (hors Inde), l'importation de produits pétrolier est passée de 1,5 à 2%
du PIB entre 1990 et 2010 à environ 3% en 2012.
Les USA importaient entre 2011/2012 près de 20%
de leurs besoins en énergie principalement du
Mexique du Venezuela, des pays du Golfe, de certains pays d’Afrique dont le Nigéria et l’Algérie.
Quel sera donc l’impact du rebond récent de la production américaine de pétrole et de gaz, menée par
des essors technologiques qui permettent d'extraire"
ces ressources non-conventionnelles, comme la
fracturation hydraulique a permis en cinq ans, aux
États-Unis de réduire leurs importations de pétrole
et de gaz respectivement de 15 et 32% ? Le développement des ressources non conventionnelles aux
Etats-Unis, gaz et huile de schiste, ont un impact
majeur sur les prix. Le gaz coûte aujourd’hui
2,5$/MBtu aux USA, l’équivalent de 15 dollars par
baril. Les Etats-Unis paye leur gaz six fois moins
cher que la vieille Europe où le produit fossile est
indexé majoritairement sur les cours du pétrole,
cette indexation étant de plus en plus remise en
cause, nécessitant une adaptation pour Sonatrach.
Les USA et l’Europe misent également sur les économies d’énergie, l’objectif étant un mix-énergétique en développant parallèlement les énergies
renouvelables, notamment en Europe et pour les
USA, la majorité des démocrates y sont favorables
contrairement aux républicains. Et dans le même
temps, les américains consomment de moins en
moins de pétrole (9% de moins qu'en 2007), ce qui
est lié à la fois à la crise économique des dernières
années, à la forte hausse des prix des carburants et
au fait que les américains commencent à échanger
leurs 4X4 contre des voitures plus petites et beaucoup plus économes. Selon le ministère américain
de l’énergie, en février 2013, la production aurait
dépassé les 7 millions de barils par jour, soit une
hausse spectaculaire de 16% en un an. Les EtatsUnis connaissent la plus grosse augmentation de
production de pétrole de tous les pays hors OPEP.
En Alaska, le potentiel de forages en mer est estimé
par l’Institut américain d’études géologiques, à 40
milliards de barils de pétrole conventionnel. L’augmentation de la production est telle que l’Agence
internationale de l’énergie (IEA), dans son dernier
rapport annuel («World Energy Outlook»), paru le
12 novembre 2012 prévoit que les Etats-Unis deviendront entre 2017 et 2020 le premier producteur
mondial de pétrole devant l’Arabie Saoudite. Les experts prédisent également qu’ils devraient être exportateurs net entre 2025/2030 au moment où
arrivera, à moins de découvertes substantielles la
tendance à l’épuisement des réserves algériennes,
tant du pétrole que du gaz conventionnel. Au vu de
Les voies d’un
mix-énergétique
Les Etats-Unis
deviendront entre
2017 et 2020 le 1er
producteur
mondial de pétrole
devant l’Arabie
Saoudite.
ces pronostics, le pays devrait donc accéder au
Graal de l’indépendance énergétique d’ici 2020.
L’autosuffisance énergétique annoncée de la première puissance mondiale aura sans nul doute des
conséquences géopolitiques. En premier lieu, la
politique américaine au Proche et Moyen-Orient
subira probablement quelques infléchissements
stratégiques dans la mesure où le facteur «dépendance énergétique» ou plus précisément, «sécurisation des accès et de l’approvisionnement en
énergie» deviendra moins sensible. A l’évidence,
cela entraînera une redéfinition des objectifs nationaux américains. Jusqu’alors les Etats-Unis, qui
étaient les plus grands importateurs de pétrole au
monde, n’avaient pas hésité à déclencher ou favoriser des guerres ou conflits ouverts ou souterrains
en Afrique, au Proche et Moyen-Orient ou en
Amérique Latine, dans le but de sécuriser leur approvisionnement en énergie. Désormais bientôt
autosuffisants, leur interventionnisme dans ces régions se fera en fonction de nouvelles considérations et notamment de celle liée à l’influence
grandissante de la Chine. L’AIE prévoit que la
Chine devrait être le premier importateur mondial de pétrole dès 2014 ou 2015. En bref, cette
nouvelle donne ne peut qu’entraîner de profonds
bouleversements géostratégiques tant politiques
qu’économiques. Le développement des gaz non
conventionnels en Amérique du Nord a fermé ce
marché aux exportations algériennes à partir de
2009 et pesé sur les cours (marchés spot), ce qui
pose la question de la rentabilité des exportations
5 décembre 2013 Les Afriques
. 69
LE COIN DE L’EXPERT
de GNL. Le «prix rentable» du MBTU, l’unité de
mesure de l’industrie gazière, serait pour la Sonatrach de 9 à 10 dollars pour le gazoduc et de 13 à
14 pour le GNL. En perdant le marché américain,
les recettes de Sonatrach provenant des USA fluctuant entre 15/20 milliards de dollars par an, selon
les cours mondiaux, où l’Algérie comblera-t-elle
différentiel de ses exportations d’hydrocarbures ?
Dans un rapport publié par The Wall Street Journal le 06 juillet 2013, citant l’Administration US
de l’énergie et de l’information où pour un dollar
perdu, l’Algérie perd l’équivalent de 800 millions
de dollars par an, les exportations du Nigéria et de
l’Algérie à destination des Etats-Unis ont presque
diminué de moitié entre avril 2011 et avril 2012.
Les exportations du Nigéria vers les USA ont chuté
de 16% pour s’établir à seulement 2,2 millions de
barils, alors que les exportations de l’Algérie ont
connu un recul de 38%, s’établissant à 4,8 millions
de barils, ce qui explique la chute des exportations
algériennes vers les USA mises en relief précédemment. Et le marché naturel étant l’Europe avec
la concurrence notamment du géant russe Gazprom, (expliquant le gel du gazoduc via Italie
Galsi) de l’entrée de nouveaux concurrents dès
2017, qu’en sera-t-il si la crise mondiale persiste,
car ce n’est pas seulement une question d‘offre
mais de demande et surtout de coût pour être
compétitif pouvant découvrir des milliers de gisements non rentables par rapport aux valeurs internationales. L’Algérie, qui a des unités de GNL
de moyennes dimensions avec des coûts relative-
70 Les Afriques .
5 décembre 2013
ment élevés par rapport à ses concurrents, nécessitant d’importants coûts de transport, pourra-t-elle
concurrencer pour approvisionner l’Asie, la Russie,
l’Iran et le Qatar ?
Et les relations globales entre les Etats
Unis d’Amérique et l’Algérie ?
Au nom de la sécurité
dans la région
Les relations entre l’Algérie et les Etats-Unis ont
pris une telle intensité que les dirigeants des deux
pays ont décidé de les structurer dans un cadre formalisé et de conférer un caractère régulier aux
concertations bilatérales, pour une meilleure organisation et visibilité des rapports entre les deux
pays. C’est dans cet objectif que le Dialogue stratégique Algérie-USA a été établi et dont la première
réunion s’était tenue en octobre 2012 à Washington, après la 5ème session du Dialogue militaire
conjoint algéro-américain. Les Etats-Unis considèrent ce Dialogue stratégique comme «le fondement» sur lequel les Etats-Unis et l’Algérie
ambitionnent le renforcement de leurs relations futures dans les domaines politique, économique,
culturel, scientifique et sécuritaire. Ce rapprochement entre l’Algérie et les Etats-Unis se traduit
donc par la convergence de vues sur des dossiers
d’intérêt régional et international. Les USA reconnaissent que l’Algérie est la puissance militaire et
économique dominante dans la région du Maghreb. Elle représente un partenaire-clé des EtatsUnis dans la lutte contre le terrorisme, selon un
document composé de 6 chapitres du service de recherche de en sécurité du Congrès américain qui
traitent essentiellement la question du gouvernement et de la politique en Algérie. Abordant les relations entre l’Algérie et les Etats-Unis, le rapport
note d’abord que les liens entre les deux pays «datent depuis le Traité de paix et d’amitié en 1977 et
que l’Algérie est un pays de plus en plus important
dans les efforts américains pour lutter contre le terrorisme international et représente un partenaireclé dans la lutte contre les groupes liés à Al Qaîda
… Mais n’oublions jamais que les USA ont une
stratégie planétaire qui ne se différencie pas fondamentalement de cette de l’Europe (existant certaines divergences tactiques) avec pour fondement
ses intérêts économiques, et insistent sur l’intégration du Maghreb, sous-segment du continent
Afrique, dont le contrôle économique, à travers les
rivalités, notamment de la Chine, constituera un
enjeu majeur du XXIème siècle, l’Algérie devant
jouer un rôle plus actif pas seulement diplomatique
mais surtout économique, facteur déterminant, en
investissant en Afrique où elle a des avantages comparatifs. Les récents événements en Egypte, en
Libye, au Mali, au Sahel, en Syrie (les importantes
découvertes pétrole et surtout gaz en méditerranée
expliquant les divergences USA-Russie) et la sécurité d’Israël à laquelle les USA accordent une importance stratégique, préfigurent d’une importante
recomposition géostratégique au niveau de la ré-
L’alternative de la rente
pétrolière
En ce XXIème siècle,
la puissance d’une
Nation n’a jamais
été fonction d’une
rente éphémère.
gion avec certainement un apaisement des tensions, avec l’Iran grand producteur pétrolier et recelant plus de 15% des réserves mondiales de gaz
naturel. Les USA entendent jouer un rôle majeur
dans cette reconfiguration et l’Algérie, sous réserve d’une meilleure gouvernance et plus de réalisme dans les nouvelles relations internationales,
est un acteur incontournable pour la stabilisation
de la région. Bon nombre de projets en commun,
permettant le transfert du savoir faire technologique et managérial, en dehors des hydrocarbures
brut et semi brut peuvent être initiés entre l’Algérie et les USA comme facteur de stabilisation.
Mais soyons réalistes en ce XXIème siècle, la puissance d’une Nation n’a jamais été fonction d’une
rente éphémère mais se mesure au poids de son
économie productive fonction d’une planification
stratégique tenant compte de la mondialisation,
processus non encore achevé et d’une nouvelle
donne la protection de l’environnement. Cela
pose la problématique de la transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures, elle-même tributaire d’une bonne
gouvernance et de la transition énergétique, prenant en compte la forte consommation intérieure,
(risquant d’atteindre horizon 2020/2025, le même
niveau que les exportations actuelles) reposant
sur l’entreprise et, son fondement, le savoir.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 71
PLEINS FEUX SUR…
BORDEAUX
«Il ne faut pas avoir peur de l’urbanisation,
mais elle comporte des risques majeurs»
Plusieurs fois ministre, ancien Premier ministre et ancien ministre des
affaires étrangères de la France, Alain Juppé est actuellement maire de la
ville de Bordeaux. Dans cet entretien, il nous livre une réflexion sur la
gestion locale et les problématiques de la ville. Interview.
L
es Afriques : Avec les nombreux problèmes liés à l’urbanisation partout dans
le monde, ne doit-on pas encourager la
ruralité et amener tous les services pour une vie
confortable ?
Alain Juppé : Je crois que la croissance urbaine est
un phénomène mondial qui va continuer et d’après
toutes les prévisions qu’on peut faire 70% de la population mondiale d’ici 2050 vivra dans les villes.
Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner l’espace,
vous avez tout à fait raison de le dire, je vois en
France par exemple, plusieurs communes rurales
qui regagnent de la population, parce qu’elles offrent
une meilleure qualité de vie dans l’espace rural. Mais
si non il faut laisser les gens libres et si la ville les reçoit, il faut faire en sorte que la ville puisse les accueillir véritablement. C’est une chance, parce qu’en
ville, on peut bénéficier de services de proximité
qu’on n’a pas toujours dans l’espace rural, dans le
domaine culturel, dans le domaine sportif, dans le
domaine éducatif. C’est aussi un lieu d’échange et
72 Les Afriques .
5 décembre 2013
de compréhension mutuelle. Donc, il ne faut pas avoir
peur de l’urbanisation, mais elle comporte des risques
majeurs. D’abord, le mal logement, la pollution, la sécurité par fois, la ségrégation sociale, la pauvreté…Il
faut réagir fasse à tous ces défis pour que l’urbanisation ne soit pas subie, mais qu’elle soit organisée et
maitrisée. Cette question est l’une des enjeux de l’habitat III que nous préparons pour 2016.
LA : Dans ce sens, est-ce que les bidonvilles sont
une fatalité pour les villes du monde ?
A.J. : Certainement pas. Il faut rappeler que la pauvreté, depuis que les Nations-Unies ont affirmés
leur Objectif pour le Millénaire pour le Développement, la pauvreté a globalement reculé dans le
monde. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, ne
soyons pas pessimistes, il faut réagir contre tous ces
problèmes et se fixer des objectifs ambitieux.
Alain Juppé
LA : Quelles seront à votre avis les priorités à attaquer pour les villes du continent ?
A.J. : C’est aux villes africaines de définir chacune
ses priorités…
LA : Certainement, mais vous êtes, parmi d’autres,
un expert en matière de la gestion locale, et on aimerait recevoir votre réflexion à ce sujet ?
A.J. : C’est exactement les priorités pour un grand
nombre de villes universelles. En premier lieu éviter
que l’urbanisation ne soit, complètement désordonnée et en particulier ce phénomène des bidonvilles,
c’est-à-dire, pouvoir construire des logements pour
toutes les catégories de la population. Des logements
adaptés, des logements pour tous, et le faire dans le
cas d’une planification urbaine, pour que les villes ne
subissent pas le phénomène, mais qu’elles organisent.
Le deuxième point, c’est d’éviter la congestion urbaine. Aujourd’hui, dans des villes de 10 ou de 15 millions d’habitants, il devient de plus en plus difficile de
se déplacer et donc il faut changer les habitudes et
faire en sorte qu’on utilise moins son véhicule individuel pour se déplacer en ville et avoir recours à des
transports collectifs. Enfin, il faut douter du travail à
ces gens qui sont dans les villes, avec une vraie politique d’accueil des entreprises. Je pense notamment à
l’enfance. Justement l’Uncef a parlé de cas d’enfants
mal traités dans plusieurs grandes villes, là aussi il faut
une politique d’accueil de la petite enfance et du jeune
âge reste une priorité pour les gouvernements locaux.
LA : Quelles sont les souffrances de la ville européenne, en particulier la ville de Bordeaux vous
êtes le maire ?
Alain Juppé, ministre
français des affaires
étrangères (à gauche) et
le Roi Mohammed VI du
Maroc lors d'une réunion
à Rabat en mars 2012.
A.J. : La ville de Bordeaux est d’une taille modeste
et les problèmes nous essayons de les résoudre … Je
n’ai pas le sentiment que les bordelais souffrent.
Dans un sondage récent, dans lequel on demandait
s’ils étaient heureux de vivre à Bordeaux, 96% ont
répondaient oui. Certes, nous avons des problèmes
comme le stationnement, de circulation. Pour l’enfance à Bordeaux, aujourd’hui, nous accueillons
dans nos structures de la «petite enfance», les deux
tiers des enfants de 0 à 3 ans…Globalement la ville
s’est beaucoup transformée et aujourd’hui, il fait
beau vivre à Bordeaux.
Propos recueillis par
Sanae Taleb
Bio-Express
Proche collaborateur de Jacques Chirac à partir
de 1976, il est son adjoint à la mairie de Paris de
1983 à 1995. Il a été plusieurs fois ministre entre
1986 et 2012 (budget, affaires étrangères à deux
reprises, écologie, défense). Premier ministre au
début du premier mandat présidentiel de Jacques
Chirac de 1995 à 1997. Il est également secrétaire
général, puis président du Rassemblement pour
la République (RPR) et président de l’Union pour
un mouvement populaire (UMP) de 2002 à 2004.
Actuellement, il est maire de Bordeaux de 1995 à
2004 et depuis 2006. Il est à nouveau candidat
pour les élections municipales de 2014, donné
vainqueur dès le premier tour, selon les sondages.
5 décembre 2013 Les Afriques
. 73
PIED DE LETTRE
Christiane Taubira,
femme politique
française, actuelle
garde des Sceaux et
ministre de la Justice
Les héritiers
du Compte de Gobineau
N
ous sommes fiers de notre peau
noire, de nos lèvres lippues, de nos
nez épatés, mais aussi de nos 23
paires de chromosomes tous
descendants de l’Homme de
Grimaldie. Ce dithyrambe à la race
nègre ne vient pas se muer en réplique aux
derniers actes racistes dont certains hauts
responsables politiques ont été victimes en
Europe. Ceux-ci ont plus d’arguments que moi
pour se défendre. Cécile Kashetu Kyenge ministre
italienne (d’origine congolaise) pour l’intégration,
Christiane Taubira, garde des sceaux de France,
sont assez outillées pour ester en justice. Ce qui
est outrancier, c’est que dans des Etats qui
prétendent être démocratiques que des politiques
soient incapables de mettre un terme à
d’incessantes insultes racistes en direction de leur
alter ego. Souvent d’ailleurs, ceux qui sont
victimes appartiennent au sexe, dit faible. Un
constat qui rabaisse davantage les actes de lobbies
racistes et xénophobes de l’extrême droite qui se
74 Les Afriques .
5 décembre 2013
Daouda MBaye,
rédacteur en chef exécutif
trompent de cible. Notre propos va à l’encontre de
ceux qui prétendent être les chiens-de garde de la
démocratie. Ceux-là se sont comportés de façon
outrancière contre des concitoyens dont la seule
faute a été d’être des femmes de race noire.
Lorsqu’il s’agit d’un journal, ou d’un viceprésident de Sénat (italien, pour ne pas le citer),
qui se vautre respectivement dans la caricature ou
la blague, pour édulcorer des propos outrancier,
un ressort s’est cassé quelque part. L’autre disait
qu’on est toujours le macaque ou le cochon gratté
de quelqu’un d’autre, … mais cette guéguerre, qui
n’a d’ailleurs pas lieu d’être, n’était acceptable que
dans la foule, qui par essence est bête. Mais
lorsqu’elle se hisse au niveau de Vice-président ou
d’organe de presse qui ont pignon sur rue, il y a
lieu de s’inquiéter. Colomb se serait gardé
d’amarrer sa goélette et le Mayflower rester en
rade des côtes hollandaises, et les «3 M»
(Missionnaires, Marchands et Militaires)
cantonnés dans leur terroir, … Et, on en serait pas
là aujourd’hui.
Parution du N°10 décembre 2013
Editeur Groupe Les Afriques
www.lesafriques.com
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