LES FOURMIS

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LES FOURMIS
Les fourmis ont plutôt bonne presse. L’apparente perfection de leur vie sociale est
souvent utilisée par les publicitaires pour vanter les mérites d’un réseau bancaire,
d’une firme automobile ou d’une marque d’ordinateur. Le message s’appuie sur des
observations vérifiées, comme la mise en sécurité de la nourriture, la robustesse et la
longévité de la fourmilière, la vitesse et la fiabilité de la circulation de l’information en
son sein. Par contre, il existe aussi des films où grouillent des fourmis robots
dévastatrices menaçant le genre humain.
QU’EST-CE QU’UNE FOURMI ?
C’est un insecte de l’embranchement des arthropodes (du grec « arthron »= articulation et « podos » =
pied) dont la caractéristique est d’être de très loin celui qui possède le plus d’espèces connues et le plus
d’individus de tout le reste du monde animal soit environ un million et demi (80% des espèces).
Les insectes en général forment la classe des hexapodes (6 pattes) qui est incluse dans le sousembranchement des mandibulates (qui ont des mandibules). A ce jour on ne connaît pas d’insectes
marins, certaines espèces peuvent vivre en eau douce. On les trouve sous tous les climats, du plus chaud
au plus froid et près d’un million d’espèces ont été décrites.
Les hyménoptères (du grec « hymên »= membrane et
« ptéron »=aile) constituent, après les coléoptères l’ordre le
plus diversifié. On évalue actuellement leur nombre à 120.000
espèces. Cet ordre comprend également les abeilles et les
guêpes.
Les formicidés, la famille des fourmis, sont des insectes
sociaux formant des colonies appelées fourmilières, parfois
extrêmement complexes, contenant de quelques dizaines à
plusieurs millions d’individus. Certaines espèces forment des
colonies de colonies ou super colonies. Cette famille est
subdivisée en 365 genres et comprend 8.800 espèces
connues. On estime cependant qu’il existerait environ 20.000 espèces sur terre soit entre 1 et 2% du
nombre d’insectes connus.
Les premières fourmis seraient apparues à la fin du Crétacé (-135 à -70 millions d’années, l’ère des
dinosaures) et seraient une évolution des guêpes du Jurassique (-180 à -135 millions d’années).
ESTIMATION
Une estimation du nombre de fourmis vivant aujourd’hui sur terre à un instant donné est d’environ 10
millions de milliards d’individus. Chaque individu ne pèse que de 1 à 10 milligrammes, mais leur masse
cumulée est environ 4 fois supérieure à celle de l’ensemble des vertébrés terrestres. Seules 180
espèces sont connues en Europe, alors qu’on peut compter jusqu’à 40 espèces différentes sur un seul
mètre carré de forêt tropicale en Malaisie. 668 espèces ont été trouvées sur 4 hectares à Bornéo et
43 sur un seul arbre de la forêt péruvienne amazonienne, soit presque autant que pour toute la Finlande
ou les Iles Britanniques. Environ 8 milliards d’individus ont été comptés sur un hectare d’Amazonie
Brésilienne, soit 3 à 4 fois la masse cumulée des mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens vivant sur
cette surface.
REPARTITION
On les trouve partout à travers le monde
sauf en Antarctique, sur l’une ou l’autre île
du Pacifique, de l’Atlantique et de l’océan
Indien ainsi qu’au Groenland et en Islande.
Elles se sont adaptées à presque tous les
milieux
terrestres
et
souterrains.
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DESCRIPTION
Comme pour tous les insectes, on distingue 3
parties : la tête, le thorax et l’abdomen. Leur
corps est recouvert d’une cuticule dure et rigide.
Morphologiquement, les fourmis se distinguent des
autres insectes principalement par des antennes
avec un coude marqué et par un pédoncule en
forme de perle formé des premiers segments
abdominaux appelé pétiole. Ce pétiole donne à
l’abdomen une plus grande mobilité par rapport au
reste du corps (c’est la forme du pétiole qui
permet de déterminer l’espèce de la fourmi à coup
sûr). A l’exception d’individus reproducteurs, les
fourmis sont aptères –cad- sans ailes.
• La tête, elle porte :
2 antennes qui sont utilisées pour la communication. Elles sont composées de plusieurs segments et recouvertes de cils tactiles appelés
sensilles. Grâce à ces sensilles, la fourmi peut percevoir des dizaines d’informations comme
l’odeur, la texture ou le goût d’un objet. Ces organes sensoriels sont constitués de 2 segments. Le
premier est long et est appelé scape, le deuxième forme un coude et est constitué de plusieurs
funiculus.
2 yeux composés ou photorécepteurs. C'est l'assemblage d’une centaine de facettes appelées
ommatidies qui donnent une large vision à 180°. Chaque cellule va "photographier" une partie de
l’image et c’est le cerveau qui va faire une synthèse de toutes ces informations afin de
reconstituer une image complète. La netteté de la vision dépend, entre autres, du nombre
d’ommatidies qui composent l'œil. Certaines fourmis ne voient qu’en noir et blanc alors que
d’autres espèces voient en couleurs.
3 ocelles. Seuls les reines et les mâles ont sur le front
trois petits yeux (ou ocelles) disposés en triangle sur
le vertex. Ces organes sont des capteurs infrarouges
qui permettent de détecter à distance les sources de
chaleur.
Des lobes frontaux constitués de différents
appendices articulés qui sont des organes tactiles,
gustatifs et préhensiles. C’est un système très
complexe.
2 mandibules. Ce sont des pièces dures et cornées qui servent à saisir et broyer la nourriture.
Elles font également office de pinces, d’armes, d’organes de préhension, et d’outils et sont de
taille et forme différentes non seulement selon l’espèce mais également selon la fonction de la
fourmi au sein même de l’espèce. Chez certaines fourmis, elles présentent des cas de dimorphisme
et peuvent atteindre des proportions énormes.
Une mâchoire. Deux palpes maxillaires y sont fixés, ils permettent d’apprécier le goût et la
texture des aliments.
• Le thorax
Il est formé de 3 parties, le protothorax, le mésothorax et le métathorax. Chacune de ces parties
porte une paire de pattes. Le métathorax porte également la paire d’ailes des fourmis sexuées.
Les pattes sont longues et articulées et sont reliées au thorax par le coxa. Elles comportent un
fémur, un tibia et un tarse. A l’extrémité du tibia des 2 paires de pattes antérieures se trouve
l’éperon. C'est un appendice servant à brosser et nettoyer les antennes. A l’extrémité de chaque
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tarse sont 2 griffes. Entre elles se trouve une sorte de coussinet minuscule couvert de poils qui
sécrète un liquide adhésif permettant à l'insecte de se déplacer sur des surfaces lisses ou très
pentues.
• L’abdomen
L’abdomen de tous les formicidés est très particulier. Le premier segment de l’abdomen, appelé
pétiole, est accolé au dernier segment du thorax. Il est plus ou moins étroit selon les espèces et
permet une plus grande mobilité de l’abdomen. Ce dernier contient le tube digestif, les appareils
génitaux, diverses glandes et peut se terminer, suivant les espèces, par un aiguillon.
Je n’ai presque pas trouvé d’informations en ce qui concerne le fonctionnement des différents systèmes
de cet animal. Sur le dessin ci-dessus le système nerveux est représenté en bleu, le système digestif en
rose et le sanguin en rouge. En jaune les diverses et multiples glandes. Le système reproducteur n’est,
hélas, pas représenté.
LA HIERARCHIE SOCIALE
Les fourmis sont socialement organisées en castes :
- Ouvrières
- Soldats
- Nourrices
- Individus sexués (reine et mâle)
Chacune d’entre elles présente une morphologie particulière et remplit des fonctions bien précises :
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•
•
•
En général il n’existe qu’une reine par colonie. Elle vit recluse dans la fourmilière et est plus grosse
que les individus des autres castes. C’est habituellement la seule à pouvoir pondre des œufs. A sa
naissance, la reine a des ailes, qu’elle perdra après le vol nuptial, et trois ocelles. Ces gynes (autre
nom de la reine) vivent entre 10 à 15 ans (il est fait mention d’une reine qui a vécu 25 ans dans une
fourmilière de laboratoire), ce qui est impressionnant quand on sait qu’une seule reine peut générer
une colonie de plusieurs milliers ou millions d’individus.
Les mâles sont inactifs, ailés et possèdent également trois
ocelles. Ils séjournent dans le fond de la fourmilière jusqu'au
jour du vol nuptial, où, là, on les voit hors de la fourmilière. Ils
ont pour unique rôle de féconder les futures reines. Peu après
l’accouplement ils meurent.
La grande majorité de l’effectif est constitué par la caste des
ouvrières, elles sont stériles et sans ailes. Les ouvrières qui se
chargent de la défense sont des soldats, les autres ouvrières
assurent l’entretien de la colonie qui comprend la construction,
les soins apportés aux jeunes et à la reine, la quête de
nourriture. Elles assurent donc le fonctionnement de la colonie.
Au sein de cette caste les individus peuvent être très
différents.
LA COMMUNICATION
Des 5 canaux de communication connus dans le monde vivant, à savoir chimique, acoustique, visuel,
mécanique et électrique, les fourmis sont capables d’utiliser les 4 premiers.
La communication chimique
C’est le canal le plus utilisé et le plus complexe, il est régi dans la quasi-totalité des cas par les
phéromones. Ce sont des substances chimiques odorantes, secrétées par des glandes. Elles sont
détectées par les antennes. Si vous examinez un groupe de fourmis vous constaterez :
- que dès que 2 individus se rencontrent ils s’effleurent mutuellement avec les antennes. Ils
analysent l’odeur qui recouvre leur corps et qui est sécrétée par la glande postpharyngienne.
Ce signal chimique est formé d’hydrocarbures cuticulaires, il porte à la fois l’information sur
l’espèce, la société, la caste et le stade de développement auxquelles appartiennent les
individus rencontrés.
- que très souvent vous les voyez suivre une
même piste. C’est en général celle de la
nourriture. Il s’avère que dès qu’une ouvrière
qui est en maraude autour de la fourmilière
(chez certaines espèces parfois à plus de 500
m. de distance) trouve de la nourriture en
suffisance elle revient directement à son nid.
En cours de route elle abaisse régulièrement
son abdomen sur sol pour permettre soit aux
soies qui entourent l’anus ou, selon l’espèce à
l’aiguillon, de déposer la phéromone de piste
qui est produite par la glande de Dufour. Mais
cette
même
fourmi
peut
également
rencontrer un ennemi au cours de sa quête de
nourriture. Elle retourne donc en ligne directe à la fourmilière pour chercher de l’aide. Elle
marquera également son chemin retour mais par une autre phéromone afin de permettre à la
troupe, qui se mettra en route, de retrouver cet ennemi.
La glande mandibulaire peu produire une trentaine de substances, certaines servent de signal de
danger. Comme beaucoup d’animaux, les fourmis marquent leur territoire signalant ainsi aux intrus
qu’ils viennent d’entrer sur un terrain où ils ne sont pas les bienvenus.
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Certaines substances ne sont pas posées au sol mais projetées en l’air c’est ainsi, par exemple que
les ouvrières Camponotus donnent le signal de fuite à toute la fourmilière lorsqu’elles rencontrent
un ennemi que la colonie ne peut vaincre.
La fourmi est une véritable usine chimique, on connaît près d’une centaine de phéromones utilisées
essentiellement au cours de la récolte alimentaire, de la défense de la société et de
l’identification des congénères. En plus, elle possède aussi des glandes particulières jouant un rôle
digestif comme les glandes labiales et pharyngiennes ; d’autres ont un rôle mal connu ; il s’agit donc
d’un équipement glandulaire original et très riche, unique chez les insectes.
La communication sonore
Elle est réalisée par les organes stridulatoires. Le signal sonore est un crissement aigu, dû aux
frottements d’un mince grattoir transversal situé sur ses pattes arrières contre un plateau de
fines crêtes parallèles situé sur la surface adjacente de l’abdomen. Cette stridulation (comme
l’ont défini les scientifiques) peut remplir différentes
fonctions selon l’espèce et les
circonstances.
• signal de détresse : lorsqu’une ouvrière est en danger (suite à un éboulement des galeries de la
fourmilière par exemple), c’est ce signal de détresse émis par l’ouvrière qui se propage dans le
sol qui va permettre l’aide d’autres fourmis. La réception de ce type de message est perçu par
l’intermédiaire des pattes qui sont de véritables détecteurs ultra sensibles aux vibrations du
sol. On sait d’ailleurs que les fourmis réagissent très peu aux variations transmises par l’air,
celles transmises par le sol sont beaucoup plus efficaces.
• qualité de l’alimentation : il faut savoir que les ouvrières sont très difficiles quant aux choix des
nutriments à récolter. Ainsi, dès qu’une fourmi récolteuse repère par exemple un aliment
désirable, elle se met à «chanter» dans le but d’attirer ses sœurs et de les renseigner sur la
qualité de la nourriture. Il est constaté que l’intensité de la vibration émise dépend de la
valeur nutritive de la nourriture.
• un signal de renforcement : les fourmis du désert Aphenogaster crissent lorsqu’elles ont trouvé
un aliment de grande taille afin d’obtenir l’aide de leurs sœurs.
La communication tactile
Chez la plupart des espèces certains types de messages, simples et directs, sont transmis par
rapport physique comme par attouchement, tapotement ou bien effleurement.
Une grande majorité de ce type de communication est réalisée par l’intermédiaire des antennes qui
sont sensibles au toucher. En effet, les fourmis tisserandes utilisent les larves pour coudre les
feuilles entre elles lors de la construction de la fourmilière. C’est donc en faisant vibrer
l’extrémité de leurs antennes autour de la tête de la larve une dizaine de fois que la larve sécrète
de la soie.
Toutefois, la communication par l’intermédiaire des pattes reste aussi très fréquente et de nature
souvent utile. Ainsi, une ouvrière peut amener une autre fourmi à régurgiter de la nourriture
liquide en étendant une patte antérieure sur le labium (segment céphalique qui correspondrait à la
langue chez l’homme) provoquant de ce fait un réflexe vomitif dont l’autre fourmi peut profiter
cela s’appelle la trophallaxie.
La communication visuelle
Elle était une des formes couramment utilisées au stade primaire de l’évolution. Elle est de moins
en moins utilisée du fait de l’évolution considérable des fourmis qui implique une communication
chimique plus efficace. Cependant certaines espèces s’en servent encore pour des situations bien
particulières.
LA REPRODUCTION
Une fois par an, habituellement en juillet ou en août pour notre région, les reines vierges et les mâles
quittent leur nid pour un vol nuptial. En général l’accouplement se fait en vol et est unique dans la vie de
la reine. Les spermatozoïdes sont conservés dans la spermathèque de l’appareil reproducteur de la reine.
Après l’accouplement le mâle meurt très souvent et la reine retourne au sol et perd ses ailes en les
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frottant contre des plantes ou en les arrachant
avec ses mandibules. Ensuite, selon l’espèce, soit
elle revient dans sa fourmilière, soit elle creuse
un trou qui se nomme la chambre royale et
commence à pondre et élever cette ponte jusqu’à
l’éclosion des premières ouvrières de la nouvelle
colonie ainsi crée. Les espèces qui n’ont qu’une
seule reine sont appelées monogynes et celles
possédant plusieurs reines sont dites polygynes.
Un pour cent des espèces de fourmis recensées
dans le monde sont des fourmis sans reine. Elles
vivent dans des colonies très réduites où des
ouvrières se reproduisent de temps à autre.
Les fourmis se développent par métamorphose complète en passant par quatre stades successifs :
• La seule fonction de la reine est de pondre des œufs et son seul pouvoir est de réguler la
population mâle de la fourmilière. Elle est en effet capable de féconder ou de ne pas féconder
les œufs qu’elle pond grâce à sa spermathèque. Les œufs non fécondés donneront des fourmis
mâles. Ces oeufs éclosent de deux à six semaines après leur ponte et donnent naissance à des
larves blanches.
• Ces larves deviennent nymphes après une période de quelques semaines à plusieurs mois.
• Enfin l’insecte adulte s’extrait de son cocon ou se fait extraire par une ouvrière.
Les larves et les pupes doivent être maintenues à température constante pour assurer leur
développement et sont souvent déplacées parmi les diverses chambres de couvée de la fourmilière.
Une nouvelle ouvrière passe les premiers jours de sa vie adulte à s’occuper de la reine et des jeunes.
Ensuite, au fur et à mesure qu’elle vieillit, elle participe successivement à la construction et au maintien
du nid, puis à son approvisionnement et enfin à sa défense. Ce sont donc les plus anciens individus qui
vont au combat et non, comme chez les humains, les gens dans la fleur de l’âge.
LEUR COMPORTEMENT COLLECTIF
Chez la plupart des espèces, la colonie a une organisation sociale complexe et est capable d’accomplir
des tâches difficiles (exploiter au mieux une source de nourriture par exemple). Cette organisation
apparaît grâce aux nombreuses interactions entre fourmis et n’est pas dirigée, contrairement à une idée
répandue, par la reine. On parle alors d’intelligence collective pour décrire la manière dont ce
comportement collectif complexe apparaît, grâce à des règles individuelles relativement simples.
Un exemple classique de comportement collectif auto-organisé est l’exploitation des pistes de
phéromones. Une fourmi seule n’a pas l’intelligence nécessaire pour choisir le plus court chemin dans un
environnement complexe. De fait, c’est la colonie dans son ensemble (du moins les individus impliqués
dans le fourragement) qui va choisir le chemin.
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Les fourmis attaquent et se défendent en mordant et, pour certaines espèces
en projetant de l’acide formique qui fait fondre la chitine des insectes, ou
d’autres substances pouvant engluer un adversaire ou encore en piquant à l’aide
d’un aiguillon (qui chez quelques espèces reste piqué avec la glande à venin dans
la peau de la victime).
Ce sont les êtres vivants les plus agressifs et les plus guerriers du règne animal.
Leur agressivité surclasse largement celle des hommes. Les bases de leur
politique étrangère peuvent être résumées ainsi : agressions sans trêve,
conquête territoriale et annihilation des colonies voisines par génocide et ceci
dès que possible. Pour argumenter ces faits, il faut savoir que si les fourmis possédaient l’arme
atomique, il resterait une semaine à vivre au monde entier.
QUELQUES COMPORTEMENTS PARTICULIERS
•
La trophallaxie.
C’est le processus alimentaire au cours duquel une fourmi
régurgite une partie de la nourriture qu’elle a ingérée
dans son jabot social pour la restituer. Le jabot social est
chez la fourmi un deuxième estomac permettant de
stocker de la nourriture prédigérée à l’usage exclusif
d’une part d’autres ouvrières qui n’ont pas le temps ni les
moyens d’aller se nourrir elles-mêmes et d’autre part pour
alimenter les larves. Toutes les espèces n’ont pas de
jabot social.
• La drogue
Les fourmis ont également leurs droguées. Ce sont celles qui ont goûté au miellat d’un coléoptère
nommé loméchuse. Cette pourvoyeuse de drogue s’introduit dans la fourmilière sans que
quiconque ne l’arrête. Dès qu’une fourmi a humé son parfum, elle accourt pour absorber le poison.
La queue des loméchuses ressemble précisément à des
gueules de fourmis et lorsqu’elles tètent, elles doivent
avoir l’impression de discuter avec une congénère. Dès que
la fourmi a goûté à ce nectar, elle ne pense qu’à une
chose : continuer. Pour avoir de la drogue, elle laisse la
loméchuse manger les habitants les plus précieux : les
couvains et la reine. Elle est même prête à se laisser
dévorer. On a assisté par exemple à des scènes où la tête
de la fourmi continuait de sucer la loméchuse pendant que
celle-ci lui dévorait l’abdomen.
Les fourmis jouent un rôle majeur
dans le recyclage des espèces et
dans
la
formation
et
la
structuration des sols. Plusieurs
espèces vivent en symbiose avec des
bactéries, des champignons, des
animaux (papillons ou pucerons par
exemple) ou avec des arbres ou des
fleurs. Leur taille, morphologie,
régime alimentaire, activité et
régime social sont différents d’un
genre à l’autre.
Les extrêmes ?
Têtes de
Camponotus gigas
Brachymyrmex australis
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LES DIFFERENTS METIERS
Compte tenu de leur diversité, des métiers ont été attribués à ces insectes. Nous distinguerons :
Les éleveuses (genre Camponotus, Lasius ou Pheidoles) qui ont dans leur fourmilière des étables
à pucerons ou des parcs à cochenilles
Les voyageuses ou légionnaires (genre Dorylus, Anomma, Eciton) qui se déplacent en file indienne
avec des temps de repos.
Les « pots de miel » (genre Myrmecocystus, Melophorus) qui transforment de jeunes ouvrières
en pots de miel en prévision de la sécheresse.
Les moissonneuses (genre Messor, Aphaenogaster) qui ramassent les grains, les mettent au sec
puis dans les chambres à provisions de la fourmilière.
Les esclavagistes qui s’emparent du couvain et des ouvrières d’autres espèces puis détruisent la
colonie . Il s’agit d’Anergates atratulus au détriment de Tetramorium caespitum, ou de Polyergus
rufescens dans le nid de Formica fusca.
Les charpentières ou cartonnières telles que Camponotus herculaneus ou ligniperda qui créent
de profondes galeries dans le bois mort récent.
Les champignonnistes du genre Atta qui coupent des feuilles et se nourrissent des champignons
qu’ils élèvent sur ces feuilles.
Les voleuses et mendiantes elles s’installent dans le nid d’autres espèces, y creusent des
galeries tellement étroites qu’elles sont inaccessibles aux hôtes légitimes et se nourrissent de leur
couvain. Par exemple Solenopsis fugax au détriment de Formica rufa.
Les impérialistes (genre Iridomyrmex) de petite taille ces guerrières voraces sectionnent les
pattes des autres fourmis avant de les dépecer.
Les tisseuses de feuilles (genre Oecophylla) qui réalisent des nids aériens avec des feuilles
tissées par la soie de leurs larves
QUELQUES EXEMPLES
Dinoponera quadriceps
Avec ses 3 cm de long, c’est une des plus grandes fourmis,
elle est sud américaine. Il s’agit pour cette espèce d’une
colonie sans reine. C’est l’ouvrière la plus dominante qui se
reproduit et elle seule. Elle devient donc la fourmi alpha et
par là, la seule pondeuse de la colonie, asservissant les autres
ouvrières pour garder ce rôle. Elle sera et restera la fourmi
alpha tant et aussi longtemps qu’elle pourra s’imposer comme
dominatrice en luttant constamment pour son rang. Son
accouplement aboutit invariablement à la mort en pleine
action de son soupirant car elle lui sectionne l’abdomen puis
elle retourne au nid, toujours munie des pièces génitales mâles de sa brève rencontre, ce qui la rend non
réceptive aux autres avances.
LES FOURMIS LEGIONNAIRES
On les trouve en Amérique du Sud
et en Afrique Elles sont appelées
légionnaires car elles ne construisent pas de nid permanent, mais
alternent entre des étapes de vie
nomade et des étapes où les
ouvrières font un nid provisoire
appelé « bivouac » à partir de
leurs propres corps. La protection
physique de la reine et des
immatures est fournie principalement par la masse des ouvrières
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elles-mêmes. Quand celles-ci se rassemblent pour établir un bivouac, elles accrochent ensemble leurs
pattes et leurs corps à l’aide des puissantes griffes crochues à l’extrémité de leurs pattes. Les chaînes
et les filets qu’elles forment ainsi s’accumulent en couches enchevêtrées jusqu’à ce que la totalité de
leur masse corporelle s’unisse en un cylindre ou un ellipsoïde compact d’un mètre environ de diamètre. Ce
bivouac peut représenter un demi million d’ouvrières, un kilogramme de chair de fourmi. Vers le centre
de la masse sont réunies des milliers de larves blanches et une unique reine au corps imposant. Elles ont
aussi la particularité d’attaquer leurs proies au cours de leur déplacement sans effectuer de
reconnaissance préalable.
La fourmi légionnaire a aussi été surnommée « les huns du monde des insectes »
Elle se déplace en colonnes de razzia, longues parfois de 300 m et fortes de centaines de milliers
d’individus. Au centre, de la colonne les petites ouvrières transportent les larves et parfois des proies
comme garde-manger. La reine est entourée de ses servantes. Sur les flancs, les soldats qui sont des
ouvrières deux fois plus grosses que les autres, munis d’une tête énorme et de mandibules
impressionnantes. Plusieurs de ces soldats sont régulièrement relevés afin de précéder la colonne en
éclaireurs. La colonne suit ainsi ses soldats aux traces odorantes qu’ils laissent derrière eux. La colonne
avance de 200 m par jour environ et s’arrête la nuit pour camper, toujours en bon ordre.
La reine reste au centre et les
soldats montent la garde autour
d’elle.
Chez certaines espèces sudaméricaines, les nids qui servent
de bivouac pour la nuit, pendent
des arbres comme des essaims
d’abeilles. De ces masses sortent
des colonnes de razzia qui
fouillent chaque brindille pour
rapporter de quoi nourrir la
colonie.
Pourquoi les fourmis légionnaires voyagent-elles et pourquoi se déplacent-elles ainsi continuellement ?
Ces voyages semblent liés à la reproduction. La phase nomade dure de 16 à 18 jours. Puis la colonie entre
dans une phase sédentaire pour 20 à 21 jours pendant laquelle la reine pond 40.000 ou plus d’oeufs, d’où
sortent des larves une semaine plus tard. Parallèlement, toutes les nymphes de la ponte précédente se
métamorphosent à la fois en une masse de jeunes adultes affamés. Les razzias reprennent alors
brusquement. L’armée repart renforcée par de nouvelles troupes encore inexpérimentées.
Les mandibules des soldats, longues et pointues, sont utilisées en Amérique du Sud pour refermer les
blessures, comme des agrafes.
La fourmi magnan (Dorylus nigricans) qui vit en Afrique
est l’une d’entre elles. La reine aveugle, pond jusqu’à
50.000 oeufs par jour pendant la période de
reproduction. Aptère, elle pèse jusqu’à 2 grammes, soit
le poids de 100 soldats. Sa colonie peut compter
plusieurs millions d’indi-vidus. A chaque nouveau
déplacement, elle est tellement grasse que des dizaines
d’ouvrières s’agglutinent autour d’elle pour la pousser et
la tirer. Le bruit caractéristique de cette armée en
marche est appelé la marabounta.
La durée du raid varie entre 3 heures et 2 jours. Dans son livre intitulé « les fourmis », Bernard Weber
décrit admirablement la terreur qu’inspire l’arrivée des magnans : Après les éclaireurs, les autres
arrivent vite, en colonne à perte de vue, ils sont des millions. La colline devient noire. C’est comme une
coulée de lave qui fait fondre tout ce qu’elle touche. Rien n’arrête les magnans, pas même une étendue
d’eau car, pour franchir l’obstacle, les ouvrières se transforment en pont vivant.
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Petite anecdote véridique :
L’ethnie d’Houphouët Boigny
utilisait les magnans à des
fins
meurtrières.
Ils
laissaient la victime sur le
passage des fourmis et
récupéraient un squelette
bien propre. D’un autre coté,
après le passage de cette
horde les maisons et terrains
alentours sont débarrassés
de toute vermine.
Cadavre d’un crapaud avant et après le passage de fourmis magnan
LA FOURMI DE FEU (Solenopsis invicta)
C’est une fourmi rouge originaire d’Amérique du Sud d’environ 6 mm de longueur. Après la première
guerre mondiale, un navire marchand transporta accidentellement ces fourmis dans ses cales ; elles
débarquèrent dans un port de l’Alabama aux USA. En petit nombre au départ, il leur a suffi de quelques
dizaines d’années pour qu’elles soient suffisamment nombreuses et commencent l’invasion de tout le sudest des Etats-Unis. Depuis elles ont également immigré en Polynésie et en Australie.
Elles progressent lentement en dévorant tout : flore, plantations, animaux
morts et vivants. Elles n’hésitent pas à s’attaquer à l’homme y compris en
milieu urbain. Parmi leurs victimes, on peut citer également les oiseaux
marins et leurs petits, les tortues et les alligators. C’est une véritable
guerre qui s’est engagée depuis maintenant près de 50 ans.
Cette fourmi possède un aiguillon redoutable. Sa piqûre est très
douloureuse et peut être comparée à la brûlure d’une cigarette. Elle
s’accroche avec ses mâchoires sur la peau et enfonce son aiguillon de
manière répétitive. Elle relâche simultanément un produit chimique qui attire les autres fourmis. Toutes
alors se précipitent pour annihiler l’ennemi. Pour l’homme, cette fourmi constitue un réel danger. De
nombreuses personnes sont allergiques aux piqûres d’insectes. Pour cette catégorie, une seule piqûre de
fourmi peut entraîner la mort en quelques minutes. Les victimes de piqûres graves nécessitent parfois
une greffe de la peau, voire même une amputation. 200 personnes meurent chaque année aux USA de
piqûres d’insectes dont la plupart sont provoquées par la fourmi de feu. Des gants et des bottes antifourmis ont été conçus pour ceux qui travaillent à l’extérieur. En un an, les cas de piqûres graves et
mortelles sont plus importants que les morsures de serpents venimeux en 10 ans.
Pendant les mois chauds et secs, les fourmis s’introduisent dans
les maisons et les appartements en quête d’eau et de nourriture.
Elles sont également attirées par les champs électriques. Elles
pénètrent dans les appareils ménagers provoquant des courtscircuits. En ville, elles s’introduisent dans les feux de
signalisation, l’arrêt subit de ces feux provoque des accidents
graves. Les aéroports n’ont pas été épargnés par ce fléau. Elles
ont déjà fait des dégâts dans plusieurs aéroports et des
catastrophes ont été évitées de justesse.
Pour lutter contre ces fourmis, les particuliers utilisent des pesticides et de l’essence. Bien sûr, ces
mesures individuellement sont dérisoires. A plus grande échelle, des pesticides sont répandus sur les
cultures. En 1962, un nouveau produit apparut, le MIREX. Il était considéré comme la solution au
problème. C’est une véritable campagne militaire qui fut alors organisée ; des avions aspergeaient les
régions contaminées de ce produit. Mais les fourmis se contentaient de s’installer ailleurs pour revenir
quelques temps après. De plus, après plusieurs années d’utilisation, des résidus de ce pesticide furent
détectés dans le sang de bon nombre d’animaux destinés à l’abattage. Par voie de conséquence, au début
des années 1970, une majorité de gens de ces régions avaient eux aussi des résidus de ce produit dans
le sang. Il s’avéra qu’il était cancérigène et fut donc interdit en 1977.
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C’est en réalité, le climat qui endigue pour l’instant l’invasion. Les
fourmis de feu ne peuvent survivre aux hivers rudes du Nord. Elles
ne survivent pas non plus à la sécheresse des déserts de l’ouest.
Mais l’homme facilite son invasion involontairement par le transport
de marchandises par la route d’un état à un autre. Cela a permis aux
fourmis d’atteindre la Californie dans l’Ouest et la Virginie dans
l’est. De plus, on constate que les fourmis de feu s’adaptent
progressivement à des climats plus froids.
Les scientifiques ont baptisé cette fourmi « invicta » ce qui signifie invaincue. Actuellement aux EtatsUnis, la priorité est de limiter leur nombre mais plus de les éradiquer.
LES FOURMIS TISSERANDES
Ce sont des fourmis arboricoles qui construisent leur nid dans les arbres à l’aide des feuilles de ceux-ci.
Lorsque la colonie doit construire un nouveau nid car l’ancien est devenu trop exigu, chaque fourmi se
déplace individuellement sur le pourtour des feuilles alentour, s’arrêtant de temps à autre pour tirer sur
le bord. Dès que l’une d’elles parvient à recourber sa feuille elle s’y agrippe avec les griffes et les
coussinets des pattes postérieures et saisit le bord de l’autre feuille avec les mandibules. Quand
l’espace entre les deux bords dépasse la longueur d’un individu une deuxième s’agrippe à sa taille puis
ainsi de suite jusqu’à ce que la dernière puisse saisir l’extrémité de l’autre feuille. L’ensemble des
recrues commence alors à tirer pour rapprocher les feuilles. Parfois une seule chaîne suffit mais le plus
souvent plusieurs structures identiques sont nécessaires. Certains individus partent alors recruter des
renforts. Grâce aux traces odorantes, en peu de temps se constitue alors une nappe vivante de fourmis.
Une fois que les feuilles sont assemblées et maintenues par les mandibules des ouvrières, d’autres
ouvrières arrivent porteuses de larves de la colonie. Les tenant doucement entre leurs mandibules, elles
les font aller et venir le long des bords. Les larves réagissent en sécrétant un fil de soie. Des milliers de
fils de cette sorte sont collés côte à côte pour former un adhésif puissant qui maintient les feuilles en
place.
La première chaîne
L’aide est arrivée
La feuille est en train d’être recourbée
L’assemblage est effectué
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Le collage à l’aide des fils de la larve
Le nouveau nid est terminé
LES FOURMIS CHAMPIGNONNIERES
Les plus connues sont les fourmis du genre Atta. On les trouve en Amérique du Sud jusqu’au Texas et en
Louisiane. Elles sont uniques dans le monde animal à pratiquer une vraie agriculture par leur capacité à
cultiver des champignons sur de la matière fraîche végétale rapportée au nid.
Le processus débute lors des vols nuptiaux. Les reines rencontrent successivement plusieurs mâles ce
qui leur permet de stocker au moins 200 millions de spermatozoïdes dans leur spermathèque. Ainsi elles
pourront, au cours de leur longue vie (environ 15 ans) générer à peu près autant de filles. Revenues à
terre elles s’arrachent leurs ailes et creusent verticalement un puits de 15 mm de diamètre, 30 cm de
profondeur et élargissent son extrémité par une cavité d’environ 6 cm de diamètre. C’est là qu’elles
vont fonder une nouvelle colonie. Elles commencent par recracher les quelques parties de champignon
qu’elles ont pris le soin d’emporter avant leur vol nuptial et qu’elles avaient stockées dans une petite
poche au fond de leur cavité buccale. Leur jardin est donc ensemencé. Puis elles se mettent à pondre ;
elles sont seules à cultiver leur jardin et à soigner leur ponte. Neuf dixièmes des œufs qu’elles pondent
leur serviront de nourriture ainsi qu’aux larves. Au bout d’environ cinquante jours les premières
ouvrières éclosent. Elles commencent à consommer le champignon et creusent des galeries pour accéder
à la surface du sol. Puis elles rapportent des fragments de feuilles qu’elles mastiquent et pétrissent
en une pâte qu’elles incorporent au jardin à champignon. C’est à ce
moment que la reine cesse de s’occuper du jardin et du couvain et
se mue en machine à pondre jusqu’à la fin de ses jours. Au début
l’expansion de la colonie est lente au cours de la 2ème année sa
croissance s’accélère rapidement pour se stabiliser progressivement avec la production des reines et de mâles ailés. La taille
finale d’un nid peut être énorme. Déterré au Brésil, un tel nid
comportait plus de 1.000 chambres dont la taille variait entre
celle d’un poing et d’un ballon de foot-ball. La terre extraite par
les fourmi représentait un volume de 22,7 m3 soit environ 40
tonnes.
Voilà comment Wilson, un entomologiste, décrit une expédition de récolte d’Atta cephalotes. « A la
tombée du soir les premières ouvrières apparurent. En quelques minutes deux files se formèrent, les
fourmis couraient en ligne presque droite, les deux antennes battant l’air d’un mouvement horizontal
comme attirées par quelque rayon directionnel. En l’espace d’une heure ces files se transformèrent en
deux ruisseaux formés de dizaines de milliers de fourmis. A l’aide d’une lampe torche j’ai remonté la
colonne jusqu’à sa source. Elles sortaient d’un énorme nid souterrain. Puis je les ai suivies jusqu’à leur
cible, un grand arbre portant des fleurs blanches. Les fourmis grimpaient le long du tronc à toute
vitesse, découpaient avec leurs mandibules acérées des fragments de feuilles et de pétales et
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retournaient au nid en portant les morceaux au-dessus de leur tête comme un parasol. Certaines
laissaient choir les fragments par terre, apparemment exprès, les nouvelles arrivantes les ramassaient
et les emportaient. Peu après minuit, au summum de l’activité, les pistes n’étaient qu’un bouillonnement
serré de fourmis se frayant leur chemin. »
Découpe de la feuille
Transport
La colonne
Au retour de leur expédition chaque récolteuse lâche sa
charge dans une des chambres de la fourmilière. Le
fragment de feuille est repris par d’autres ouvrières, plus
petites et découpé en fragments d’un millimètre environ.
Des ouvrières, encore plus petites écrasent cette matière
végétale et la pétrissent en boulettes humides qu’elles
insèrent délicatement dans le jardin local où pousse le
champignon qui représente, avec la sève des feuilles, le seul
aliment de ces fourmis. Des fourmis encore plus petites que
les précédentes, les plus abondantes du nid, parcourent les
lits de culture, les tâtent délicatement avec leurs antennes,
Jardin
lèchent la surface pour la maintenir propre. De temps en temps, elles arrachent un lambeau de
moisissure et l’emportent à l’extérieur pour nourrir leurs compagnes plus grandes.
Ces fourmis peuvent défolier entièrement un grand arbre tombé au sol en 12 à 48 heures.
Bien sûr cet exposé est très incomplet, le sujet est très vaste !
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GH 3/09
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