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INFRAS | 17 septembre 2015 | Contexte, objectif
Synthèse
L’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP) entre la Suisse et l’Union européenne est
entré en vigueur en 2002. Il a renforcé l’immigration vers la Suisse et l’a modifiée en profon-
deur: les immigrés sont aujourd’hui plus jeunes et mieux formés qu’autrefois. Ils sont aussi
encore plus présents sur le marché du travail que la population résidente. Les immigrés
s’installent en outre très souvent dans les zones urbaines qui sont aussi leurs lieux de travail.
La Communauté d’intérêts (CI) des grandes villes-centres de l’Union des villes suisses a
souhaité montrer les avantages économiques et sociaux de cette «nouvelle» immigration et
intégrer ces éléments au débat politique. C’est pourquoi elle a chargé le Bureau d’enquêtes et
de conseil INFRAS d’analyser la littérature existante sur les effets de la nouvelle immigration
depuis l’entrée en vigueur de l’ALCP. Les études réalisées jusqu’ici n’aboutissent pas toujours
aux mêmes conclusions, mais elles peuvent être résumées, globalement, de la manière sui-
vante:
Les effets positifs dominent
L’immigration des dernières années a apporté de nombreux effets positifs pour les villes et
pour la Suisse dans son ensemble: davantage d’emplois, demande stabilisant la conjoncture,
progrès dans le domaine de la productivité, compétitivité des entreprises, diversité culturelle
et liens internationaux. En même temps, survenue en peu de temps, la forte immigration a
aussi entraîné de nouveaux défis à relever et des dépenses supplémentaires, notamment sur le
marché du logement, dans les transports ou en ce qui concerne l’environnement.
Selon les études consultées, les avantages sont toutefois plus importants que les désavan-
tages dans la plupart des secteurs, surtout du point de vue des grandes villes. Les villes ont
absorbé une grande partie des nouveaux venus et ont ainsi instauré les conditions nécessaires
à la prospérité, économique et sociale, et pour mieux affronter les crises. D’un point de vue
économique, l’utilité de l’immigration se manifeste en premier lieu, pour les villes, sur le mar-
ché du travail, dans la recherche, l’innovation et la force économique. Ce résultat globalement
positif vaut pour les villes en général. Mais des différences peuvent exister entre villes et entre
régions.
L’immigration correspond à un besoin de l’économie
L’immigration de personnes hautement qualifiées correspond à un besoin de l’économie. Elle a
rendu le marché du travail suisse plus souple et plus compétitif, renforcé le capital humain et
augmenté la productivité du travail. Contrairement aux craintes, elle n’a pas évincé les travail-
leurs suisses du marché du travail et n’a amorti le niveau des salaires que légèrement, et seu-