CLASSE DE TERMINALE
Dossier documentaire
1
ère
PARTIE
CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES
2015 /2016
Programme
2
CHAPITRE 1 / QUELLES SONT LES SOURCES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
Document 1
Qu’est-ce que la croissance?
C’est l’augmentation de la richesse produite sur le territoire français d’une année sur l’autre. Pour évaluer cette dernière, on
additionne la valeur des biens matériels fabriqués dans nos usines, mais aussi celle de tous les services produits dans
l’Hexagone, y compris ceux fournis gratuitement par l’Etat (restauration, assurance, commerce, éducation, transports, soins
hospitaliers, police, activités bancaires, etc.). Afin de ne pas comptabiliser deux fois la même chose, on ne prend cependant en
considération que la «valeur ajoutée» des entreprises – autrement dit- le montant de leur production finale diminué des
consommations intermédiaires, comme par exemple les pneumatiques montés par les constructeurs automobiles, déjà recensés
à leur sortie des usines Michelin. Le total obtenu est appelé PIB (Produit intérieur brut). En 2012, il a représenté un peu plus de
2.000milliards d’euros, exactement le même chiffre que l’année précédente. La croissance a donc été nulle en 2012.
Pourquoi ne peut-on pas s’en passer?
D’abord parce que notre population augmente: si l’on se contentait de produire chaque année la même somme de richesses
qu’au cours des douze mois précédents, la part disponible pour chacun diminuerait, et nous nous appauvririons. C’est ce qui
s’est passé en 2012. Mais ce n’est pas tout. La croissance est aussi indispensable pour maintenir l’emploi. Du fait du progrès
technique et de la meilleure organisation des entreprises, nous parvenons en effet à nérer d’une année sur l’autre la même
quantité de richesses, avec environ 1% de personnel en moins. Les économistes appellent cela l’«augmentation de la
productivité apparente du travail», et c’est évidemment une très bonne chose: sans elle, nous en serions toujours à labourer nos
champs à la main et à pousser nos wagonnets dans les mines!
Mais si nous voulons maintenir tous nos travailleurs en poste, cela nous impose de fabriquer 1% de richesses en plus chaque
année, c’est mathématiques. Et comme nous devons, en outre, créer sans arrêt des jobs supplémentaires pour absorber la
hausse de la population active (il faut bien caser les jeunes qui débarquent toujours plus nombreux sur le marché du travail),
c’est en réalité de 1,5% de croissance dont nous avons besoin pour simplement stabiliser le taux de chômage. Au-dessus, les
files de Pôle emploi commencent à diminuer. Au-dessous, elles continuent de s’allonger.
Ajoutons que, sans croissance, la dérive des finances publiques est inévitable. Le montant des recettes perçues par l’Etat
(impôts et taxes) et par la Sécurité sociale (CSG, cotisations des employeurs et des salariés) dépend en effet directement du
niveau de l’activité. Lorsque celle-ci stagne, celles-là se tassent. Or les dépenses, elles, ne cessent jamais d’augmenter, du fait
notamment du vieillissement de la population et du renchérissement naturel des techniques de soin. Pour tenir le choc, les
pouvoirs publics sont donc contraints de s’endetter plus encore. C’est à cette équation infernale que Nicolas Sarkozy et
François Hollande ont tour à tour été confrontés depuis le début de la crise des subprimes. www.capital.fr, 26 avril 2013
1- Définissez la notion de croissance économique
2- Comment se calcule le PIB ?
3- Pourquoi la croissance est-elle essentielle dans une économie ?
Document 2
Document 3 : Manuel Hachette 2012
1-Faites une phrase
avec le chiffre
entouré
2- Pourquoi peut-on
dire que la
croissance est
instable ?
3
Document 4
Document 5
Le PIB est indifférent à la nature de l’activité génératrice de revenus : que ce soit une augmentation des ventes d’armes,
d’antidépresseurs, ou une hausse des services thérapeutiques effectués à cause de l’explosion du nombre de cancers, tout cela
est compté comme « positif » par le PIB.
[...] Les économistes James Tobin et William Nordhaus ont dénoncé ces absurdités à l’aide du concept de « dépenses
défensives » quand le PIB augmente du fait d’activités qui consistent seulement à réparer des dégâts divers commis par
d’autres activités qui, elles aussi, gonflent le PIB (par exemple, dépolluer). Il y a alors croissance économique mais aucune
progression du bien-être. [...] De nombreuses activités qui contribuent au bien-être ne sont pas comptées dans le PIB : le
bénévolat, le travail domestique. [...] Le PIB est par ailleurs indifférent à la répartition des richesses comptabilisées, aux
inégalités, à la pauvreté, à la sécurité économique, etc., qui sont pourtant presque unanimement considérées comme des
dimensions du bien-être à l’échelle d’une société.
4
[...] Au total, le PIB et sa croissance indiquent le « beaucoup produire » d’une société dans la sphère monétaire et marchande,
et non son bien-être. Et encore moins sa soutenabilité écologique, sociale et même économique et financière !
D’après J. Gadrey, D. Méda, « Les limites du PIB », Alternatives Économiques Poche , n° 48, mars 2011
Le PIB étant une mesure de la production globale d’un pays sur une année donnée, c’est un indicateur fiable bien qu’encore
imparfait de la performance économique de ce pays. C’est pourquoi, tant le grand public que les responsables politiques de
toutes les économies avancées, attachent une grande importance à ces chiffres et à leur publication gulière. Pourtant, le PIB
en particulier et les comptes nationaux en général présentent certaines déficiences bien connues quant à la mesure des activités
économiques.(…)
46. Certains problèmes de mesure du PIB sont bien connus. Différents biens et services non marchands, comme les activités
domestiques et les services fournis gratuitement, sont systématiquement gligés. Si l’économie souterraine est difficile à
restituer, notamment certaines activités criminelles comme le trafic de stupéfiants, plusieurs tentatives ont été menées pour
harmoniser sa prise en compte au niveau de l’Union européenne, afin d’obtenir des chiffres du PIB comparables pour les
besoins et les missions de la Commission européenne. Certains éléments du PIB résultent destimations fragiles, notamment
concernant le volume des services produits par les administrations et la prise en compte de la qualité incorporée aux produits.
Enfin, certaines dépenses sont comptées comme des facteurs contribuant positivement à la performance économique, alors que
les externalités négatives qui y sont associées (comme les dommages sur l’environnement) sont négligées. Pour mieux évaluer
la performance économique, il est nécessaire de résoudre ces problèmes.
47. Le PIB exclut les activités qui ne sont pas fournies par le biais du marché, comme la production domestique (garde
d’enfants, tâches ménagères, préparation des repas, soins aux personnes âgées) ou les services bénévoles. En conséquence, le
PIB sous-estime la production. (…)
48. Les estimations actuelles des services ne sont pas satisfaisantes, notamment en ce qui concerne les services publics comme
la santé et l’éducation. Les estimations du prix courant de biens et services correspondant, pour une même dépense, à une
population en meilleure santé ou plus instruite ne sont guère disponibles. (…)
C’est pourquoi les statisticiens s’en remettent d’ordinaire au prix des facteurs de production comme le revenu des médecins,
infirmiers et enseignants. Cela dit, entre autres complications, cette méthodologie ignore l’amélioration de la qualité des
services publics, une faiblesse d’autant plus problématique vu leur poids substantiel dans le PIB (18 % en France et 19,6 % en
Allemagne en 2009), et leur accroissement gulier dans les économies contemporaines. Surtout, ces difficultés empêchent
d’élaborer des comparaisons internationales. Si par exemple, un pays a opté pour la fourniture de la plupart de ses services de
santé via le secteur public, et si ceux-ci sont sous-estimés par la méthode d’évaluation susmentionnée, ce pays semblera moins
riche qu’un autre dont les mêmes services sont fournis par le secteur privé et évalués à leur prix courant.
49. Les estimations officielles du PIB ont également tendance à omettre des pans importants de l’économie souterraine. Par
exemple, les transactions comme le trafic illégal de stupéfiants ne sont pas comptabilisées, ce qui débouche sur un PIB sous-
estimé. Apparemment, toutes les tentatives d’incorporer les chiffres de l’économie informelle, qui, d’une manière ou d’une
autre, ont dû se fonder sur des estimations indirectes, ont engendré des révisions appréciables du PIB officiel. La Colombie est
un exemple extrême puisqu’elle a révisé son PIB à la hausse de 16,5 % en 1994, en raison principalement de l’incorporation de
la production estimée de cultures illégales. Cela illustre comment le fait d’ignorer de tels facteurs peut fausser les
comparaisons internationales de performance économique. Et pourtant, les problèmes de mesure étant par nature considérables,
il convient d’interpréter avec grande prudence les chiffres du PIB corrigés des activités illégales comme l’économie de la
drogue.
Conseil d’analyse économique, rapport n°95 : Evaluer la performance économique, le bien-être et la soutenabilité, 2010
PNUD
1- Quel est l’intérêt du PIB ?
2- Quelles sont les limites de cet indicateur ?
3- De quels enseignements supplémentaires a-t-on besoin pour
mesurer le bien-être d’un pays ?
5
Document 6 : la quantité de facteurs de production n’explique pas tout
Document 7 : Ce qui reste inexpliqué
Document 8
La contribution des différents facteurs de production à la croissance du PIB entre 1995 et 2009
Document 9 : Textes tirés de Dominique Guellec, Pierre Ralle, Les nouvelles théories de la croissance, La Découverte,
« Repères », 2009
Robinson venait d'arriver sur I'île déserte. De son naufrage il n'avait sauqu'un sac de blé. Robinson le considéra : voilà de
quoi vivre, mais pendant combien de temps?
Il regarda I'île. Elle était composée d'une bonne terre dont la quantité était telle qu'un homme seul ne pourrait jamais la cultiver
tout entière. Ce constat soulagea Robinson. Toute sa vie il avait vécu de son travail. Sur cette terre, ce serait comme ailleurs.
Cette année il sèmerait. L'an prochain, la récolte lui permettrait de vivre et de semer de nouveau.
Il avait cependant un souci : quelle quantité de blé devait-il semer ? Et combien pouvait-il en garder pour sa consommation ?
1 - Quel arbitrage économique Robinson doit-il effectuer ?
Robinson décida de planter une certaine proportion de son stock de blé. Les premières années celui-ci augmenta rapidement.
En maintenant constante la proportion du stock qu'il plantait, Robinson consommait, plantait et récoltait toujours plus.
Il se rendit cependant compte que son stock de blé s'accroissait de moins en moins vite. C'est que plus la quantité de grain semé
était élevée, plus le rendement de chaque grain était faible. Un jour il s'aperçut qu'il n'avait plus d'intérêt à accroître la quantité
de grain semé : la quantité supplémentaire de blé qu'il semait devenant supérieure à la quantité qu'elle permettait de récolter. Il
arrêta donc son expansion. La quantité de grain semé se stabilisa ainsi que les quantités produites et consommées.
2 - Comment évolue la production de blé ? Comment expliquer cette évolution ?
Un matin Robinson rencontra le perroquet. Ce qu'il avait d'abord considéré comme un simple compagnon de jeu s'avéra d'une
aide précieuse. Ce perroquet avait manifestement été en contact avec les plus grands savants et les cultivateurs les plus experts.
Chaque jour il transmettait à Robinson un peu du savoir appris auprès d'eux. Et Robinson pouvait ainsi améliorer l'efficacité de
son travail. La production se mit alors à croître et rien ne semblait pouvoir l'arrêter.
1- Faites une phrase avec les
chiffres des E.U.
2- Comparez la croissance des
EU à la croissance espagnole?
1- Faites une phrase avec chaque chiffre de 2008.
2- Que montre ce graphique ?
1 / 14 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!