Systèmes productifs français

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LES DYNAMIQUES DES ESPACES PRODUCTIFS DANS LA MONDIALISATION
Introduction
La localisation des activités économiques sur le territoire français n’est pas figée. Au XIXe
siècle, les régions industrielles principales se développèrent près des gisements de matières
premières et énergétiques (Lorraine, Nord, St-Etienne…) et des grandes villes offrant un bassin
de main d’œuvre et de consommation suffisants. Ainsi, au milieu du XXe siècle, l’agglomération
parisienne était de loin la première région industrielle et, plus largement, les régions à l’est
d’une ligne Le Havre/Marseille était plus industrialisées que les régions situées à l’Ouest. La
politique d’aménagement du territoire tenta alors de corriger ce déséquilibre en incitant la
construction des usines plutôt en province qu’à Paris (déconcentration). Mais ce sont surtout les
logiques liées à la mondialisation qui entraînent une recomposition de l’espace productif
français au cours des dernières décennies.
Quelles sont les nouvelles logiques de localisation des activités dans un contexte
d’ouverture sur l’Europe et le monde ? Quels sont les espaces qui tirent le meilleur parti de
ce nouveau contexte et ceux qui en souffrent le plus ?
ACTIVITÉ :
Identifiez les acteurs qui interviennent dans les dynamiques des espaces productifs, et
relevez les facteurs importants pour la localisation des activités.
Texte 1. La multinationale américaine Dole s'installe à
Châteaurenard.
Texte 2. L'implantation de la micro-électronique en
Provence.
Le leader mondial des fruits frais Dole, spécialiste des
fruits exotiques et des fruits de contre-saison présent
dans 90 pays, s'est installé à Châteaurenard. (...) Un
entrepôt de mûrissement de bananes de 3000 m² a été
implanté sur une parcelle de 11000m², avec un projet
d'extension supplémentaire déjà annoncé.
En 1979, Eurotechnique est le premier fabricant de
semi-conducteurs à s'implanter à Rousset-sur-Arc, une
commune rurale non loin du bassin minier de Gardanne.
Vingt ans plus tard, le département des Bouches-duRhône compte 7000 emplois dans la filière. Le
développement de ce nouveau secteur s'est déroulé en
trois temps : dans la phase fondatrice (1979-1987),
l'impulsion majeure a été donnée par la politique
industrielle de l'État. (...) Au cours de la phase
d'élargissement (1987-1997), le rôle de l'État semble
s'affaiblir par rapport à la montée en puissance de l'UE
et des acteurs locaux. Le choix de la localisation
appartient à l'industriel. Cette nouvelle géographie
industrielle de la France - qualifiée de « France inverse »
- représentée notamment par les villes de Nice,
Montpellier, Toulouse, Nantes, Rennes définit un arc sud
et ouest, presque parfaitement symétrique de l'arc
nord-est de la première industrialisation. Elle ne relève
pas seulement d'atouts climatiques. Le nouveau système
productif peut s'y organiser plus librement que dans les
vieilles régions de tradition ouvrières et s'appuyer sur
des métropoles régionales en pleine croissance.
Dole, qui compte une dizaine de sites en France et 200
collaborateurs pour la distribution et le mûrissage des
fruits, a quitté le MIN d'Avignon pour Châteaurenard,
afin d'y construire un bâtiment d'une durée de vie de 20
à 25 ans. L'entreprise internationale a visiblement ciblé
les atouts châteaurenardais : une position
géostratégique idéale, à proximité des grandes
infrastructures de transport et de communication, une
culture agroalimentaire historique, qui a permis à la cité
maraîchère de regrouper au fil des années les grands
acteurs de la filière et surtout, une politique incitative
favorable aux entreprises, avec une baisse de la taxe
professionnelle et la création de zones d'activités
diversifiées qui ne suffisent plus à répondre aux
demandes d'implantation.
Cette arrivée a généré la création d'une vingtaine
d'emplois pour les Châteaurenardais ainsi que de
nombreuses collaborations avec les professionnels locaux
: transporteurs, fournisseurs de palettes et d'autres
contenants, grossistes, etc. En outre, la société a
l'intention d'exporter des pommes de Châteaurenard vers
l'Europe entière « alors que nous envisageons aussi
d'exporter des poires et des salades de la 4ème gamme
essentiellement vers la Suède », a révélé le président de
Dole France.
Sylvie Daviet, La politique d'aménagement du territoire.
Racine, logiques, résultats, Presses Universitaires de
Rennes, 2002
Écho des Tours, magazine d'information de la commune
de Châteaurenard, janvier-février 2006
1
Les acteurs :
Un acteur majeur : l'entreprise, à qui revient toujours le choix final du site de l'implantation (doc
2). Ici, une entreprise française symbolique des « industries de pointe » (doc 2) et une
multinationale étrangère (américaine) de distribution de produits agricoles. L'installation de cette
dernière illustre donc la mondialisation des économies, et les IDE dont bénéficie la France.
Autres acteurs importants, les acteurs institutionnels. Ici, l'État, mais aussi l'UE et les
collectivités territoriales; si le rôle du premier semble s'effacer un peu devant le poids accru des
deux autres, notamment dans le cadre de la décentralisation depuis les années 1980, ce n'est pas
le cas dans les années 60-70. Par des politiques d'aménagement du territoire incitatives (par
exemple sur le plan fiscal), ces acteurs jouent sur le choix des entreprises... Il peut d'ailleurs
parfois y avoir divergence d'intérêt entre l'entreprise et l'État-aménageur...
Les facteurs :
Plusieurs facteurs sont évoqués par les textes :
a) L'accessibilité est essentielle. Donc rôle des réseaux de transports matériels (routes,
autoroutes, voies ferrées et aéroports sont prépondérants ; moins pour canaux) ou immatériels
(communications). Importance des connexions internationales, et donc des interfaces (Ex : xemple
Rouen-Le Havre-Marseille).
b) Autre point important : une main d'œuvre qualifiée pour le secteur concerné, avec une sorte
de « culture professionnelle » garante de savoir-faire. Mais certaines activités se satisfont
également de l'absence de cette culture et y trouvent même avantage...
c) Un tissu d'entreprises avec lesquelles on peut travailler en synergie.
d) La proximité de métropoles ; les entreprises peuvent alors bénéficier de leurs services de
haut niveau (recherche, formation, communication, publicité, ingénierie...).
e) les aménités du lieu. On recherche aujourd'hui des lieux de vie agréables (on a parfois parlé
des « 4 S » = « sea, sun, sand, ski »... ou d'effet « sun belt », ou d’héliotropisme).
COMPLÉMENT DE L’ACTIVITÉ
Préciser simplement le concept de mondialisation en interrogeant les espaces et les territoires.
- ce processus met en relation des espaces/territoires par des flux variés et forts, à toutes
les échelles (locale, régionale, nationale, continentale, planétaire)
- l'importance de ces flux contribue à hiérarchiser les territoires : ceux qui sont au cœur du
processus (qui reçoivent/émettent beaucoup de flux) ou ceux qui sont marginalisés...
- les acteurs principaux du processus, les entreprises (mais il y en a d'autres...), vont « utiliser »
de manière différentielle, en fonction de leurs « avantages comparatifs », les espaces/
territoires. Il y a donc une forme de mise en concurrence des territoires à toutes les
échelles...
Montrer que la mondialisation fait donc changer d'échelle l'économie française :
- la France s'inscrit dans l'économie mondialisée ; par exemple par ses entreprises
transnationales qui s'installent dans d'autres pays, émettant ainsi des IDE. Mais la France
accueille également des FTN étrangères, donc des IDE (en 2009, 48 milliards d'euros et un peu
plus de 30000 emplois créés !).
- l'économie française est d'abord tournée vers l'Europe, essentiellement dans le cadre de
l'Union Européenne (les principaux partenaires économiques sont les voisins européens, dont
l'Allemagne vient au premier rang). Les régions frontalières prennent dans ce cadre une grande
importance… (Voir cours sur la France dans la mondialisation)
2
Montrer que la France dispose d'atouts, mais aussi de « handicaps ».
- sa situation géographique. Elle est au cœur d'un important marché (l'UE).
- son réseau de transport (routier, ferroviaire, aérien ; communication également) est performant,
assure des flux réguliers et relie les espaces productifs au cœur européen (région rhénane).
- sa main d'œuvre est bien formée (notamment pour les emplois du tertiaire supérieur) et
productive.
- enfin, elle offre souvent un cadre de vie agréable (les aménités), notamment dans les midis.
Mais elle souffre également de handicaps ; par exemple, un coût de la main d'œuvre (et
donc un coût de production) élevé, peu concurrentiel en général face à celui des pays
émergents du Sud ou PED. D'où les orientations choisies par les principaux « aménageurs du
territoire » (l'État, mais aussi l'UE et les collectivités territoriales) :
- de privilégier, depuis les années 2000, le développement de « l'économie de la
connaissance », plutôt que les activités de productions « traditionnelles ».
- d'aménager le territoire en fonction des nouvelles logiques de localisation des entreprises ; par
exemple, développer et améliorer le réseau de transport...
3
I- DYNAMIQUES DE LOCALISATION DES ACTIVITÉS EN FRANCE ET MONDIALISATION
A. MONDIALISATION ET LOCALISATION DES ACTIVITES :
⇒ Quelles sont les logiques actuelles d'implantation des activités dans une économie
mondialisée?
1- Le rôle déterminant de l’accessibilité : la proximité des infrastructures de
transport ouvrant sur l'Europe
La possibilité de se déplacer rapidement pour les affaires ou de transporter des
marchandises à l’échelle nationale, européenne ou mondiale est une condition indispensable pour
les entreprises. Aujourd'hui, tout point du territoire français est facilement accessible par la route,
mais les régions situées près des grands axes sont avantagées.
Rappel : L’artère principale est l’axe Paris-Lyon-Marseille desservie par autoroute et TGV. Non
seulement il relie ces trois métropoles mais constitue aussi un axe européen entre l’Espagne ou l’Italie et
les Pays-Bas-Belgique, Luxembourg ou le Royaume-Uni. Les autres axes majeurs rayonnent autour de
Paris (vers Le Havre, les villes de l’Ouest, de l’Est comme Strasbourg et vers l’Allemagne) ou relient le
couloir rhodanien aux pays voisins. (cf cours sur « mobilités réseaux et flux »
La proximité de grands ports équipés de terminaux spécialisés attire également des
activités liées à l’exportation ou à la transformation de produits importés. Depuis la
construction des ZIP (zones industrialo-portuaires) dans les années 1960, la sidérurgie et la
pétrochimie françaises se sont localisées principalement à Dunkerque, Fos-sur-Mer et le Havre.
Cependant, ces ports furent d’abord équipés de terminaux pétroliers, gaziers et minéraliers, tandis
que l’équipement en terminaux de conteneurs a pris du retard.
La présence d’un grand aéroport est enfin un élément décisif dans le contexte de la
mondialisation. (Cf. les effets économiques de Roissy : concentration des zones d’activités sur le pourtour de
l’aéroport) Les aéroports parisiens sont de loin les plus importants, mais les grands aéroports de
province (Nice, Marseille, Lyon, Toulouse) se développent en diversifiant leur offre (nouvelles
destinations, aérogare low cost).
Les infrastructures de transport servent aussi de support à la politique touristique. En effet,
l’amélioration des voies de communication, a été un préalable indispensable à la mise en valeur
des côtes languedociennes et de la haute montagne alpine.
ACTIVITÉ
Manuel doc 2 p.183 : « La stratégie Europe 2020 : parier sur l’économie de la
connaissance »
La stratégie Europe 2020 reprend et amplifie la stratégie de Lisbonne élaborée en
2000 : les états membres s’engagent à promouvoir une économie de la connaissance
(recherche, innovation, formation) pour renforcer la compétitivité de l’économie
européenne.
2- Le dynamisme des espaces productifs repose sur la capacité à innover
Les actions menées par les différents acteurs spatiaux pour conserver ou accroitre
l’attractivité du territoire visent à assurer la promotion de l’économie de la connaissance :
En raison de coûts de production relativement élevés, la compétitivité internationale de
l’économie française repose davantage aujourd’hui sur des tâches de conception, d’organisation
de la production et de valorisation de nouveaux produits plutôt que sur la fabrication de biens
manufacturés de consommation courante. C’est pourquoi l’accent est porté sur les territoires de
l’innovation, c’est-à-dire des territoires d’étendue variable (du quartier à plusieurs
départements), créés par les acteurs spatiaux (Etat, collectivités territoriales, institutions de
4
recherche et entreprises) dans le but de former des espaces productifs tournés vers
l’innovation.
C’est le cas notamment des technopôles, parcs regroupant et cherchant à créer une
synergie entre des entreprises de haute technologie, des pôles de recherche publics et des
établissements d’enseignement supérieur (technopôles principaux : ceux de Paris, Lyon,
Grenoble, Nice, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Lille, NancyMetz, Strasbourg).
Schéma d’un pôle de compétitivité
L’Etat encourage depuis 2004 la naissance de nouveaux
territoires de l’innovation : les pôles de
compétitivité. (cf. EDC : Minalogic). Ces politiques s’appuient
sur des logiques de cluster et sur des acteurs publics, surtout
l’Etat, mais aussi les collectivités locales, accompagnent des
acteurs privés dans la création de réseaux d’entreprises.
Carte « Les pôles de compétitivité en 2010 Il existe 71 pôles de compétitivité en France, répartis
en grands domaines d’activités, ils sont très variés :
- L’aéronautique, l’aérospatiale : Aérospace Valley :
Toulouse, Bordeaux ;
- Biotechnologies : Lyon bio-pôle.
- L’agronomie : Végépolys à Angers.
- Les sciences et techniques de la mer (1er centre
européen) : Brest-Iroise (pôle mer-Bretagne).
1. Où se situent les pôles de compétitivité en
France ? Les pôles de compétitivité se situent
dans les métropoles où les activités
technopolitaines bien établies. Parmi les 71 pôles
de compétitivité sept ont été labellisés « pôles
mondiaux » : 3 en IDF (Médicen, Systematic et
Finance innovation) 1 à Lyon, 1 à Grenoble
(Minalogic), 1 à Toulouse (Aerospace valley) et un
à Sophia-Antipolis (Nice).
→ Les territoires d’innovation font partie des choix politiques et des aménagements
permettant la modernisation et l’intégration de l’industrie française dans la compétition
résultant de la mondialisation.
3- Autre facteur : L’attractivité est attestée par l’ampleur des IDE.
La France fait partie des pays de l’UE les plus attractifs pour les IDE, c’est-à-dire les
investissements directs à l’étranger effectués par des entreprises en vue d’augmenter leurs
capacités de production par l’achat d’autres entreprises ou par la création de filiales. En effet, la
France dispose de nombreux atouts : position de carrefour en Europe de l’Ouest, elle est très bien
5
équipée en réseaux de transports, représente un vaste marché de consommation et est réputée
pour sa qualité de vie. Les IDE se concentrent dans les régions les plus dynamiques et
attractives (IdF, Rh-Al, PACA, Midi-Pyr.) et dans les régions les plus proches de la dorsale
européenne (NPdeC, Lorraine, Alsace).
Transition : Les nouveaux moteurs de développement liés à la mondialisation privilégient
donc certaines parties du territoire.
B-UNE RECOMPOSITION DES ESPACES PRODUCTIFS FRANCAIS : Des espaces
productifs plus ou moins compétitifs
Quelles sont les nouvelles dynamiques ?
1- Des espaces et territoires qui sont adaptés aux nouvelles conditions de la
mondialisation.
a) Les métropoles
Mondialisation, métropolisation et « technopolisation » vont ensemble.
Les entreprises sont confrontées à la concurrence internationale. Ce qui les conduit à
rechercher un environnement optimal :
- la bonne accessibilité : à proximité des échangeurs, gare TGV et bonne desserte par les
transports urbains.
- L’offre de services (y compris supérieurs)
- Une main d’œuvre qualifiée.
Ces atouts se retrouvent dans les villes en général et les métropoles en particulier.
- les technopôles ou parc technologique : environ 80 sont implantés. Ils regroupent des
activités de pointe et des établissements universitaires assurant la formation des
chercheurs, des cadres.
- Les fonctions dites « métropolitaines supérieures » : (un emploi sur 10 en France.
Les emplois de haut niveau de qualification regroupent les fonctions de la recherche, de la
gestion et de commandement (cadres des entreprises, des banques, des assurances), de la
conception (ingénieurs) du commerce se concentrent dans les métropoles.
Le rayonnement international des villes est assuré par ces emplois du tertiaire supérieur, ils
sont un facteur essentiel de la métropolisation.
Des emplois géographiquement concentrés :
- Dans l’agglomération parisienne : elle offre une exceptionnelle concentration de
services supérieurs destinés aux entreprises : 1/3 des emplois (environ la moitié des
emplois du tertiaire supérieur en France). La présence des sièges sociaux (fonction de
décision) explique largement ce phénomène. Cette forte concentration permet à la région
de commander une bonne partie de l’espace national et de l’économie française et de
rivaliser avec les autres grandes métropoles européennes : Londres, Francfort.
- dans les autres métropoles régionales : le poids des métropoles « régionales » se
renforce, en particulier dans « l'arc métropolitain » qui va de Rennes à Lyon, en
passant par Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille.
Ces métropoles réaménagent leurs quartiers centraux en centres d’affaires (cf. EuraLille doc.3 p.139) tandis que leur aire urbaine accueille des technopôles.
b) Les territoires le l'innovation non-métropolitains.
Il existe des espaces non-métropolitains dynamiques comme les SPL (systèmes productifs locaux)
Ex : la « Cosmetic Valley » (cosmétique et parfums) dans la Beauce,
6
c) les espaces d'interface.
Deux cas différents :
- Le cas des espaces de coopérations transfrontalières.
Il peut y avoir création d'une « euro-région » (programme INTERREG) comme Sarlorlux.
Mais les régions peuvent tout simplement bénéficier de l'ouverture sur des espaces dynamiques ;
cas de l'Alsace et de Rhône-Alpes (flux d'IDE venus d'Allemagne ou de Suisse ; travailleurs
transfrontaliers).
- Le cas des ZIP.
Lancées par l'état dans les années 1960 (Dunkerque = 1963 ; Fos = 1968) au moment des
Trente Glorieuses (temps du tout-pétrole, de l'industrie « triomphante » et de la maritimisation des
économies).
4 ZIP en France : Dunkerque, Le Havre, Nantes-Saint Nazaire, Marseille-Fos/Mer.
Le bilan est mitigé = les activités implantées sur les ZIP (industries lourdes) ont souffert de la
concurrence et de la « crise » économique. Aujourd’hui, il s’agit de relever le défi de la
conteneurisation et de la concurrence avec les grands ports de la Northern Range et de
Méditerranée.
d) Les espaces du tourisme
Trois sites principaux : Paris, les Alpes du Nord et la Côte d'Azur. L'aéroport de Nice est, par
exemple, le deuxième aéroport français (environ 10 millions de voyageurs par an, loin derrière
Paris avec plus de 85 millions). Ici, au contraire des espaces précédents, le dynamisme vient
d'une économie de la consommation et pas de la production...
L'exemple du tourisme littoral (voir chapitre suivant, EDC sur le littoral Languedoc
Roussillon)
ACTIVITÉ : 5 MIN
Manuel p.191 doc.3 texte « La désindustrialisation de la vallée du GIER » (Loire)
2- DES
ESPACES EN DIFFICULTÉS DANS LA MONDIALISATION.
Les espaces en difficultés sont des espaces enclavés et/ou de « vieux » espaces
industriels ; par exemple, les régions sidérurgiques ou textiles de Lorraine et du Nord-Pas-deCalais ou des régions d'industries diffuses qui ont prospéré durant les Trente Glorieuses
aujourd'hui peu compétitifs face aux pays émergents ; beaucoup de fermetures d'entreprises et de
délocalisations.
Dans ces espaces productifs en difficulté, une politique de reconversion a été mise en place par
les pouvoirs publics (UE, Etat et collectivités), elle revêt plusieurs aspects :
•
politique de « ré-industrialisation » : ex de l’industrie automobile avec le groupe TOYOTA
dont l’unité de production est installée depuis 2001 dans le Valenciennois à Onnaing pour la
production de la YARIS. (c.f schéma : le groupe Toyota en France.). Il s’agissait de relancer
une région sinistrée : le bassin valenciennois était en effet fortement touché par le
chômage : en 1996, Valenciennes, ville de 191.000 habitants, compte un taux de chômage
de 20% !
Les aides publiques furent nombreuses pour permettre cette implantation : 90 millions
d’Euros investis par la collectivité.
Les Japonais apprécient les infrastructures de la région : voies ferrées et le bassin d’emploi.
L’unité de production a été mise en service en 2001 :
- en 2011 elle emploie 3.500 personnes (dont 3.000 en CDI) : Toyota est le premier employeur
privé. Sa présence a ramené le taux de chômage à 13%
- 790 Yaris sont produites chaque jour par deux équipes (4.300 personnes en 2012)
- En 2011, Toyota a investi 125 millions d’Euros et envisage de créer une 3ème équipe pour
lancer la version citadine, hybride de la Yaris (milieu 2012)
Elle a contribué au renouveau du Valenciennois : c’est une réussite économique locale.
7
→ Un exemple qui montre que le territoire français n’est pas condamné à la désindustrialisation.
Schéma de l’entreprise Toyota
•
politique de développement d'activités tertiaires. Par exemple, parc d'attraction des
Schtroumpfs (Walibi Lorraine) à Hagondange, sur un ancien site sidérurgique.
8
3. A l'échelle nationale, le dynamisme de la « France inverse ».
Schémas
9
Conclusion : La mondialisation modifie donc largement les logiques d'implantation des
activités, privilégiant de manière forte les métropoles. Mais les marques des héritages, et
l'action des « aménageurs » (hier l'État seul, aujourd'hui, l'État, mais aussi l'UE et de plus
en plus les collectivités territoriales) demeurent fortes... L'espace productif français connaît
donc un rééquilibrage subtil plutôt qu'un bouleversement majeur sous les effets de la
mondialisation.
COURS FACULTATIF
Carte 2 p.179
Cette carte permet de montrer comment les espaces agricoles français sont transformés
sous l’effet de l’ouverture des frontières et de la concurrence des autres puissances
agricoles.
La carte met en évidence les atouts du territoire qui permettent à la France d’être une
puissance exportatrice grâce à une agriculture diversifiée, avec des produits de qualité et
grâce à des infrastructures performantes pour exporter.
La carte met bien en relief les différences d’intégration dans la mondialisation, on
distingue des espaces moins compétitifs (montagne notamment) en raison des conditions
topographiques et du manque de connexion aux infrastructures performantes.
La carte mentionne les importations de produits agricoles issus de l’agriculture biologique.
En effet, la France est déficitaire sur ce type de productions. D’autres pays européens
apparaissent comme des concurrents sérieux (All-Italie- Espagne). Mais c’est surtout
l’Allemagne qui talonne la France pour la 1ère place européenne pour l’agriculture.
II.
LES ESPACES DE PRODUCTION AGRICOLE EN LIEN AVEC LES MARCHES EUROPEENS ET
MONDIAUX.
- Pourquoi la France est-elle une puissance agricole exportatrice ?
- En quoi la mondialisation a-t-elle des conséquences sur les espaces agricoles français ?
- Comment concilier une agriculture tournée vers les hauts rendements et l’exigence d’une
agriculture durable ?
A- / LA FRANCE, GRANDE PUISSANCE AGRICOLE :
1 – Elle est le premier producteur de l’Union Européenne : doc.A p.186.
Doc 1 :
les
Performances de
quelques
productions
françaises
Millions de tonnes
Rang
Rang
ou
dans UE
mondial
d'hectolitres
2009
2010
Blé
39
36
1
5
Maïs
16
14
1
7
Sucre
3,7
4,2
1
8
Viande bovine
1,7
1,8
1
8
Volaille
1,7
1,8
1
5
Lait (Millions
Litres)
22,8
22,8
2
5
Vin
46,7
45,4
2
2
Viande porcine
2,3
2,8
3
6
10
a) Elle se situe :
- aux premiers rangs pour la production de viande bovine, de volailles, de sucre, de
céréales : maïs et blé
- au second rand pour le lait et le vin.
Elle résiste à la montée des pays émergents : Brésil, Argentine et Chine.
➔ Elle reste la seconde puissance agricole mondiale derrière les Etats-Unis.
b) C’est une agriculture productiviste Définitions:
- c’est une agriculture intensive qui recherche une productivité et des rendements élevés.
Elle recherche l’augmentation permanente de la rentabilité.
- Productivité élevée (la productivité est définie comme le rapport, en volume, entre une
production et les ressources mises en œuvre pour l'obtenir source INSEE) : depuis 1988 le
secteur a perdu 1 actif sur 2.
2 – Elle est au centre d’une chaine agroalimentaire :
Comment s’organise la filière ?
-
Elle intègre à l’amont les facteurs de productions industriels et tertiaires :
* les intrants : engrais, alimentation du bétail, matériel agricole.
* tertiaire : les banques.
En aval les activités de transformation, de transport et de distribution.
➔ Les agriculteurs sont ainsi de plus en plus dépendants de ces industries ou des centrales
d’achat de la grande distribution alimentaire.
3 – Cependant l’agriculture occupe une place modeste dans l’économie française :
- Seulement 3,4% des actifs.
- Sa part dans le PIB est passée de 4% en 1980 à 1,4% de nos jours.
Mais l’ensemble de la filière agroalimentaire représente environ 20% du PIB.
B - / L’INTEGRATION AUX MARCHES EUROPEENS ET MONDIAUX :
1 - / L’agriculture joue un rôle majeur dans le commerce extérieur français
Un point fort du commerce extérieur.
a) En 2010, elle dégage un excédent de 7,8 milliards d’€.
11
Quelles sont les tendances
du commerce extérieur ?
La nette reprise des
échanges après la
récession (contexte
mondial) de 2009,
l’excédent de 7,8
milliards d’€ est en
hausse : +19% pour les
produits agricoles et
+49% pour les industries
agroalimentaires.
! Il retrouve un niveau
proche de la moyenne des
années 2000.
-
L’amélioration du solde pour les produits agricoles bruts provient :
o de la forte augmentation des exportations due à une progression du volume
exporté :
▪ de céréales et oléagineux : ventes soutenues par la pénurie mondiale et
l’augmentation des cours.
▪ de produits animaux pour les gros bovins.
-
Forte progression du solde des produits transformés : elle résulte :
o de l’accroissement des volumes de produits alcoolisés : vins fins, cognac et
spiritueux, champagne.
o les fromages : AOC ! ils contribuent largement à l’excédent agroalimentaire
global.
! Spécialisation dans les produits du terroir.
-
En 2010, l’excédent agroalimentaire constitue le second excédent français après
l’aéronautique.
Doc 3 p.187
1/ Expliquer la dernière phrase du texte « Bref, longtemps protégés par la « forteresse Europe »,
les agriculteurs sont plongés dans la mondialisation ».
On peut expliquer le rôle de la PAC qui a d’une part contribué à libéraliser le marché des
denrées alimentaires- et donc à favoriser les flux agricoles mondialisés, soumettant les
agriculteurs français à la concurrence internationale – et d’autre part protégé les
agriculteurs via une politique de subventions.
b) Mais la position française tend à s’éroder :
Dans un contexte de libéralisation des échanges internationaux, l’agroalimentaire ne
retrouve pas les hauts niveaux atteints dans le passé : 10 Mds € annuels entre 1997 et 2000.
- La progression des exportations reste modérée et ne compense pas celle des
importations. Ce faible dynamisme conduit à un recul de la part de marché : < de 6% en
2009 contre 8% en 1997.
- Au sein de l’U.E on observe l’effritement des positions de la France au profit de
l’Allemagne et des Pays-Bas. En 1997 la France était encore le second exportateur
mondial après les Etats-Unis. En 2009, elle se retrouve au 4ième/5e rang mondial derrière
les Etats-Unis, l’Allemagne et les Pays-Bas.
La montée de la concurrence :
- Les bonnes performances enregistrées dans les céréales et les vins-spiritueux ne doivent
pas occulter la montée de la concurrence :
12
o
o
Pour les vins : forte concurrence
▪ de l’Union Européenne : Espagne, Italie.
▪ et des pays tiers : Australie et Afrique-du-Sud.
Pour les céréales (2ième exportateur devant les Etats-Unis) : la France cède
tendanciellement du terrain face aux pays émergents à bas coût de production :
Russie, Ukraine, Inde et Brésil.
2 – La mise en relation de l’agriculture française avec l’Europe et le monde :
Par quelles infrastructures ?
a) ROUEN, le 1er port européen ➪ exportateur de céréales :
Quels atouts ?
- Une situation géographique privilégiée :
- Situés à 120 kms de l’embouchure de la Seine, les terminaux du port de « Rouen-Vallée de
la Seine » constituent la porte d’entrée et l’ouverture internationale (gate way) des régions
du grand ouest français.
- 4 sites sur les 120 kms entre Rouen et Honfleur.
- Il est doté de multiples accès bien connecté.
- Le port est relié aux principaux centres économiques français et européens par :
▪ Une voie fluviale à grand gabarit (5.000 tonnes) qui se prolonge bien audelà de Genneviliers (Port de Paris) vers Bonneuil-sur-Marne et la Brie.
▪ Un réseau autoroutier complet.
▪ Un réseau ferroviaire dense.
▪
Cette complémentarité garantit aux clients un pré-acheminement économique.
- L’hinterland (arrière-pays ) proche : le grenier à blé de la France :
Il fournit la quasi-totalité des céréales exportées par le port ➪ Normandie, Picardie,
Ile-de-France, Centre.
Le port céréalier :
Un trafic de 5 à 7 millions de tonnes selon les campagnes, soit 50 à 60% des ports du marché
français.
- La capacité de stockage : 1,2 millions de tonnes. Elle est répartie entre 8 silos verticaux et
horizontaux exploités par 4 opérateurs.
- Les cadences de chargement peuvent atteindre 100.000 tonnes par jour.
- Il offre des prestations de qualité reconnues à l’international - Les céréales exportées sont sur le plan sanitaire et qualitatif reconnues sur les marchés.
- Ces capacités et le savoir-faire des opérateurs de silos permettent d’obtenir à Rouen des
coûts de « fobbing » compétitifs. (coût de mise en bateau)
ACTIVITÉ : 5 MIN
Manuel p.186 doc.1.
1/ Qu’est-ce qui permet à Rungis d’être une plaque tournante mondiale pour les denrées
agricoles ?
A Rungis convergent les productions de toute la France, et même de l’étranger. Sur place,
elles sont achetées par les revendeurs et expédiées pour être achetées par les
consommateurs. Rungis est en effet situé à un carrefour d’axes de communication rapides et
souples (autoroutes A6 vers Lyon-Marseille, A 106 vers Orly et A 86 = superpériphérique
contourne tout Paris). Avec une gare de proximité d’un aéroport, Rungis se trouve sur une
plateforme multimodale, qui permet d’être une interface entre les vendeurs et les
acheteurs.
b) Le « Marché d’Intérêt National de Rungis » (MIN)
Le commerce de gros de produits alimentaires frais. Ouvert en mars 1969, et en 1973
transfert des produits carnés de La Villette.
Situé à 7 kms de Paris.
La concentration des flux : Rungis est réputé pour la richesse de son offre de produits
alimentaires frais.
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Quelle origine ?
L’arrivage des produits importés : tous les produits de l’agriculture, de l’élevage, de la
pêche et des fleurs du monde entier arrivent à Rungis pendant la nuit.
- 5.000 tonnes sont déchargées en moyenne chaque jour, la moitié est constituée de
fruits et légumes exotiques et de produits de « contre-saison ».
- C’est un véritable hub, concentrant les flux du monde entier. Le marché
s’internationalise : montée en puissance de zones de production extra-européennes comme
l’Amérique du Sud, l’Asie du Sud-Est.
-
Les produits nationaux : situés en Ile-de-France et dans les autres régions françaises.
Proposent un vaste choix de produits aux grossistes de Rungis (commerçants qui achètent
les marchandises en grande quantité, pour les revendre ensuite à des professionnels).
Il est au centre d’un réseau de voies de communication exceptionnel.
Quels moyens d’accès permettent d’acheminer les produits à Rungis ?
- Les autoroutes : A.86, A.11, A.6
o Desserte des poids lourds.
-
La voie ferrée qui permet d’accéder au terminal ferroviaire du marché. Chaque jour, il
reçoit environ 200.000 tonnes de légumes et de fruits = 25% des arrivages.
o Le nouveau terminal (2009) doit permettre, à moyen terme de doubler cette
capacité.
▪ Très performant : le temps de transbordement est ramené à 30 minutes
contre 24 heures antérieurement ➪ permet la mise en vente rapide.
o La seule ligne en France de fret ferroviaire sous température dirigée.
-
L’avion : adapté pour les produits fragiles, tropicaux (ananas, mangues). Proximité des
aéroports d’Orly et de Roissy.
La voie d’eau grâce au port de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne). C’est une plate-forme
stratégique de l’Est parisien, à 8 kms de la capitale et à 10 minutes d’Orly.
o C’est une plateforme multimodale : elle est connectée au réseau autoroutier,
ferroviaire et fluvial jusqu’au Havre.
o Des facilités de logistiques : les infrastructures sont modernisées en permanence
pour permettre le développement de la compétitivité de leurs opérateurs.
-
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Les grands groupes choisissent de s’y implanter :
- Le marché est un lieu de prédilection pour les PME, mais des leaders s’y installent pour
bénéficier de l’image de Rungis et se trouver au cœur d’un hub majeur dans les flux
européens de produits alimentaires frais.
- Exemples :
o PRO NATURA : le grand spécialiste de fruits et légumes biologiques (site à
Cavaillon)
o UNIVEG : le groupe belge, leader européen du légume ! entrepôts, mûrisseries,
ateliers de conditionnement.
➪ Objectif : partir à la conquête du marché français.
L’ouverture à l’international s’accentue avec la multiplication des missions
d’exportation récentes : délégations de grossistes à Dubaï, en Lettonie, Pologne et au RoyaumeUni .
CONCLUSION :
Le MIN est situé au cœur d’un pôle économique de premier ordre : le pôle Orly-Rungis.
- Le vaste espace sud francilien (Essone, Val de Marne)
- Ce qui lui permet d’être en relation avec les acteurs :
o des différentes filières agroalimentaires : quelles soient locales, nationales ou
internationales.
o et la plate-forme logistique SOGARIS : elle offre aux professionnels du transport,
de la logistique (gestion des flux), aux industriels, aux exportateurs/importateurs
des installations modernes conçues pour les échanges nationaux et internationaux.
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