
376 Stanislas Boutmy et Madina Rival / PMP 30/3 / Juillet-Septembre 2013/373-393
La comptabilité des organismes publics a pour objet la description et le contrÎle des
opĂ©rations ainsi que lâinformation des autoritĂ©s de contrĂŽle et de gestion. Elle retrace les
opĂ©rations înanciĂšres et comptables rĂ©sultant de lâexĂ©cution des budgets des organismes
publics : recettes, dĂ©penses, trĂ©sorerie, patrimoine. Lâordonnance du 26 aoĂ»t 2005 relative
Ă la simpliîcation et Ă lâamĂ©lioration des normes comptables a Ă©tĂ© la derniĂšre modiîcation
importante des normes comptables applicables aux collectivités. Cette réforme a rapproché et
harmonisé les nomenclatures comptables locales du PCG. Si la comptabilité publique locale
française sâinspire du PCG, elle demeure spĂ©ciîque. De plus, compte tenu des spĂ©ciîcitĂ©s
de leur activitĂ©, aucune norme commune Ă lâensemble des collectivitĂ©s nâa Ă©tĂ© Ă©tablie.
Les collectivitĂ©s de plus de 10 000 habitants ont lâobligation de restituer leurs comptes
selon deux prĂ©sentations : par nature et par fonction3. Les diffĂ©rentes fonctions sont dĂ©înies
par les normes budgétaires qui encadrent la comptabilité locale. Ce sont les normes M14 pour
les communes et EPCI, M52 pour les Conseils généraux4 et M71 pour les Conseils régionaux.
Elles sont révisées chaque année et publiées au 31 décembre. Les fonctions ne correspondent
pas nĂ©cessairement aux vice-prĂ©sidences ni aux dĂ©lĂ©gations accordĂ©es aux Ă©lus. Lâaffectation
dâune dĂ©pense ou dâune ressource Ă une fonction nâest que partiellement encadrĂ©e et peut varier
dâun exercice Ă lâautre selon, principalement, les choix dâafîchage politique de lâexĂ©cutif local.
Ces fonctions ne sont pas nécessairement exploitées comme un outil de gestion. Il faut
prendre en compte le cycle budgĂ©taire de la collectivitĂ©, avec trois phases : lâĂ©laboration (avec
le vote du budget, prĂ©cĂ©dĂ© dâun dĂ©bat dâorientation budgĂ©taire) ; lâexĂ©cution ; le contrĂŽle (le
vote du compte administratif). Le champ de compétence des collectivités territoriales est
relativement large, si la commune bĂ©nĂ©îcie dâune clause de compĂ©tence gĂ©nĂ©rale, ce nâest
plus tout Ă fait le cas des rĂ©gions et dĂ©partements, pour lâinstant (Boutmy et Moyon, 2010).
Le nouvel acte de décentralisation actuellement en débat en France prévoit de restituer la
clause de compétence générale aux régions et départements.
1.2. Action publique locale et instruments dâinformation comptables et ïŹnanciers :
un cadre théorique
Si lâon conçoit une action publique locale contrainte par des cycles politico-înanciers,
lâintroduction dâinstruments dâinformation comptable et înanciĂšre peut rĂ©duire lâasymĂ©trie
dâinformation entre Ă©lecteurs et Ă©lus. Pourtant, la rĂ©forme comptable en la matiĂšre prĂ©sente
des limites aujourdâhui bien mises en Ă©vidence par la littĂ©rature : la spĂ©ciîcitĂ© du secteur
public ainsi que lâinstrumentation des outils de gestion.
Lâaction publique locale : des contraintes liĂ©es au cycle politico-înancier
Pour les thĂ©oriciens du marchĂ© politique qui considĂšrent que lâĂ©lecteur est « myope »
5
(Nordhaus, 1975), les Ă©lus analysent leurs dĂ©cisions Ă la lumiĂšre dâune contrainte de
réélection, prĂ©occupation dâautant plus importante que lâon se rapproche des Ă©chĂ©ances
électorales. Les décisions des acteurs publics obéiraient alors à un cycle. Au lendemain
3 Voir tableau en annexe 1.
4 Devenus Conseils Départementaux dans la loi de réforme actuellement (16/05/2013) soumis actuelle-
ment au contrĂŽle du Conseil Constitutionnel.
5 Le terme nous a Ă©tĂ© suggĂ©rĂ© par lâun des rĂ©viseurs anonymes.