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Dans le cadre de sa compétence «Protection et mise en valeur de
l’environnement et du cadre de vie» intégrant «la lutte contre la
pollution de l’air», le Grand Tarbes est membre de l’association
Atmo Midi-Pyrénées ORAMIP (Observatoire Régional de l’Air en
MIdi-Pyrénées), agréée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement
Durable et de l’Energie. Suite aux premières conventions signées entre
l’ORAMIP et le Grand Tarbes, une station de suivi de la qualité de l’air
a été installée en janvier 2011 au Lycée Jean Dupuis à Tarbes.
Une nouvelle convention a été signée en 2013, l’occasion pour Mme
Dominique Tilak, directrice de l’Atmo Midi-Pyrénées ORAMIP, de
répondre à quelques questions...
«D’après le Code de l’Environnement, surveiller la
qualité de l’air est une mission d’intérêt général que l’Etat
et les collectivités territoriales confient à l’association
régionale agréée pour la surveillance de la qualité de l’air.
En réalité, l’Atmo Midi-Pyrénées ORAMIP est financé
par l’Etat, les collectivités territoriales, mais aussi par les
industriels qui y participent en payant la Taxe Générale sur
les Activités Polluantes (TGAP). Evaluer en permanence
la qualité de l’air permet d’informer les citoyens de
l’état de la qualité de l’air au regard des valeurs limites
pour la protection de la santé et d’anticiper les épisodes
de pollution. C’est donc un moyen de contrôle pour
essayer de réduire nos impacts sur l’environnement, en
particulier la pollution atmosphérique et le réchauffement
climatique. Les collectivités vont devoir adopter de plus
en plus une vision transversale de la qualité de l’air, la
rapprochant des problématiques environnementales et
énergétiques par l’intermédiaire des PCeT (Plans Climat
énergie Territoriaux) qui vont devenir des PCeAT : Plans
Climat-Energie-Air territoriaux.»
«Une directive européenne de 2008 définit les règles
d’implantation des stations qui doivent répondre à
un certain nombre de critères. La station de Tarbes
mesure en continu les Hydrocarbures Aromatiques
Polycycliques (HAP), les Oxydes d’azote (NOx),
les Particules en suspension inférieures à 10 Microns
(PM10), les métaux, le dioxyde de Soufre (SO2) et
l’Ozone (O3). Ces données, ainsi qu’un inventaire
précis des sources d’émission de polluants, alimentent
les modélisations à partir desquelles les prévisions
quotidiennes sont réalisées. En effet, il faut bien
comprendre que les mesures effectuées sur un point du
territoire ne sont significatives que si elles complètent un
dispositif plus global intégrant d’autres paramètres afin
d’anticiper les événements de pollution atmosphérique
et prévenir les populations.»
La qualité de l’air dans
l’agglomération
l’agglo › Environnement
l’agglo › Environnement
Pourquoi les collectivités mesurent-elles la qualité de l’air sur leur
territoire ? Quels sont les enjeux ?
Pouvez-vous nous parler de la station de Tarbes ?
Que mesure-t-elle exactement ?
«A partir des différentes modélisations et mesures
effectuées, l’Atmo Midi-Pyrénées ORAMIP calcule
l’indice ATMO qui caractérise au quotidien la qualité
de l’air ambiant des communes de l’agglomération. Ce
chiffre qui est publié sur le site internet du Grand Tarbes
et dans la presse locale, est compris entre «1» (très bonne
qualité de l’air) et «10» (très mauvaise qualité de l’air).
Selon sa valeur, l’Atmo Midi-Pyrénées ORAMIP peut
déclencher en fonction de la concentration des polluants,
deux niveaux d’actions : un niveau d’information et de
recommandation ou un niveau d’alerte.»
Que mesure exactement l’indice ATMO ?
«L’Atmo Midi-Pyrénées ORAMIP réalise un
inventaire des sources de pollution pour chaque
commune de Midi-Pyrénées. Concernant le Grand
Tarbes, un tiers des émissions de particules (PM10) sont
issues du secteur résidentiel/tertiaire – c’est-à-dire les
chauffages des particuliers – car dans le département
des Hautes-Pyrénées, près de 20% des logements
utilisent le bois comme chauffage principal (utilisation
de la cheminée, hétérogénéité des combustibles, bois
de mauvaise qualité...)». Selon les sources de polluants
(agriculture, trafics, industries…), des pics de pollution
peuvent être observés à certains moments de l’année,
ou constituer une pollution continue. Par exemple, les
particules des carrières sont émises tout au long de
l’année contrairement au chauffage résidentiel qui peut
atteindre des pics durant la période hivernale.
Quelle est l’origine des polluants ?
l’agglo › PCeT - Plan Climat énergie Territorial
Energie : réduisons la facture !
En prévision des 20 prochaines années, le Grand Tarbes
vient de faire l’acquisition d’une chaudière à condensation
pour le centre Nautique Paul Boyrie à Tarbes. Cet
investissement d’un montant total de 50.730 e permet de
réaliser une économie d’énergie estimée à 300.000 kWh
par an soit une économie de la facture de gaz d’environ
18.000 e par an. Pour l’installation de cette chaudière dite
à «haute performance énergétique et environnementale»,
le Grand Tarbes a obtenu un Certificat d’Economie
d’Energie donnant droit à une prime de 4 500 e.
A l’occasion du Conseil des ministres du 30 juillet
2014, Ségolène Royal, la Ministre de l’Écologie, du
Développement durable et de l’Énergie a présenté le «projet
de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance
verte», examiné depuis le 1
er
octobre par l’Assemblée
nationale. Elle a également annoncé la mobilisation de 10
milliards d’euros pour engager le processus de transition
sur une durée de trois ans. Les grands objectifs énoncés
dans le projet de loi sont les suivants :
• une réduction de la consommation nale d’énergie
de 20% en 2030 et de 30% en 2050.
• une réduction de la part du nucléaire dans le mix
énergétique de 75% à 50% d’ici à 2025.
• une réduction de la consommation d’énergie fossile
de 30% en 2030.
• une hausse de la part des énergies renouvelable de
23% en 2020 à 32% en 2030.
• d’ici à 2030, les énergies renouvelables devront
couvrir : 40% de l’électricité, 38% de la chaleur et
15% des carburants.
• les émissions de gaz à effet de serre devront réduire
de 40% en 2030 à 80% en 2050.
Installation d’une chaudière à condensation à Paul Boyrie
Projet de loi transition énergétique
Que dire sur la qualité de l’air dans l’agglomération tarbaise ?
«Ces trois dernières années, la qualité de l’air s’est
améliorée dans la région comme au niveau national,
notamment pour les particules en suspension et l’oxyde
d’azote, ceci en raison des hivers particulièrement
humides et cléments». L’agglomération est dans la
moyenne nationale. Nous constatons tout de même
des épisodes ponctuels de pollutions qui se concentrent
souvent l’hiver lorsque les températures sont basses et
que le climat est sec et que l’utilisation du chauffage
au bois est importante. «Nous conseillons donc d’être
très attentifs à ces dispositifs qui doivent être les plus
performants possibles.»