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Chapitre 3
L’intégration régionale, l’innovation
et la compétitivité : cadre théorique et
principaux points empiriques
Le présent chapitre explore les liens conceptuels entre
intégration régionale, innovation et compétitivité et
réexamine l’innovation et la compétitivité en tant que
concepts. Il présente ensuite de façon synthétique les
preuves empiriques qui montrent que la croissance de
l’Afrique n’est pas tirée par l’innovation et la compétiti-
vité.
Intégration régionale, innovation et
compétitivité : les liens conceptuels
An d’envisager ces trois éléments et leur rôle dans
la croissance économique soutenue, il est essentiel
de comprendre les processus qui les relient entre
eux. Les institutions formelles13 et informelles consti-
tuent le point de départ14 (info 3.1, Cercle 1), car elles
inuencent l’intégration régionale (Cercle 2). L’inté-
gration régionale favorise à son tour les conditions
générales du cadre – soit les institutions formelles et
informelles et les opportunités de marché – du bloc
(Cercle 3) dans lesquelles les acteurs économiques ex-
ploitent les connaissances issues de la recherche -dé-
veloppement ainsi que par l’apprentissage et la pra-
tique réguliers d’activités économiques (Cercle 4) pour
innover (Cercle 5).
Du point de vue de l’eet statique, l’intégration régionale
élargit les marchés, réduit les coûts relatifs à la conduite
des aaires et facilite les ux commerciaux et d’investis-
sements. Les entités économiques (entreprises, entre-
preneurs) peuvent tirer parti des économies d’échelle et
des économies de gamme, conditions nécessaires pour
que les innovateurs commercialisent leurs biens de pro-
priété intellectuelle (PI) liés aux connaissances issues de
la recherche et développement et de l’apprentissage et
de la pratique réguliers des activités économiques hors
recherche et développement, ainsi que par l’activité éco-
nomique. L’innovation permet non seulement aux inno-
vateurs d’introduire sur le marché de nouveaux modèles
organisationnels, processus, produits et services, mais
aussi de stimuler la productivité des facteurs quand elle
est associée à d’autres politiques publiques rationnelles.
À moyen et long terme, aux eets statiques de l’intégra-
tion régionale viennent s’ajouter des eets dynamiques,
découlant de la mobilité des capitaux et des personnes.
Les modalités sous-tendant ces ux inuencent la pro-
pagation des connaissances et des compétences, en
améliorant les capacités d’innovation et en contribuant
au dynamisme de l’écosystème de l’innovation. La tech-
nologie permet, par exemple, aux acteurs économiques
d’exploiter les économies d’échelle (pour augmenter les
quantités produites) et les économies de gamme (pour
diversier la production), et d’accroître la valeur grâce à
des mouvements en aval de la chaîne de valeur, contri-
buant ainsi à des changements structurels dans les ca-
pacités de production.
Les interactions permanentes entre les agents écono-
miques locaux (tels que les entrepreneurs individuels,
l’ensemble des entreprises, allant des microentreprises
aux grandes entreprises, les institutions qui produisent
et diusent les connaissances et les compétences) et les
agents du changement externe (tels que les entreprises
étrangères, les institutions similaires aux précédents
schémas, les agences de développement) contribuent
aux activités et aux capacités d’innovation (Encadré 5).15
Ce phénomène est vital, car la compétitivité des enti-
tés économiques (à tous les niveaux, – entreprise, pays,
région, etc.) et par extension leur capacité d’intégrer
logiquement les chaînes de valeur, requiert l’applica-
tion des connaissances et des capacités technologiques
nécessaires. Le recours à des agents du changement ex-
ternes constitue également un moyen ecace de facili-
ter le changement technologique au travers de canaux
tels que les investissements directs étrangers, le com-
merce et d’autres forces qui se conjuguent pour créer la
connaissance et l’innovation.
L’exploitation des potentialités d’innovation, combi-
nées aux eets statiques et dynamiques de l’intégration
régionale, contribue au processus de transformation
structurelle (Encadré 6), en améliorant la compétitivité
(Encadré 7), et en générant de la croissance (Encadré 8).
Ceci souligne l’importance de l’accès et de l’utilisation