Dissertation

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EPREUVE DE SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES
SERIE ES
ENSEIGNEMENT AVEC SPECIALITES
Durée : 5 heures
L'usage des calculatrices n'est pas autorisé
Ce fascicule comporte 9 pages
Le candidat traitera au choix soit la dissertation, soit l’épreuve composée.
Dissertation s’appuyant sur un dossier documentaire
Il est demandé au candidat :
- de répondre à la question posée par le sujet ;
- de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer ;
- de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles
figurant dans le dossier ;
- de rédiger en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique et approprié à la question, en
organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET : La croissance est-elle compatible avec la préservation de l’environnement ?
Document 1 : Evolution des émissions de CO2 (tonnes de CO2 par habitant), l’empreinte écologique et niveau
de développement
Evolution des émissions de Rang IDH en
Empreinte écologique (en hectares
CO2 de 1990-2009 (en %) 2009
par habitant)
-12.1
Amérique du Nord
Dont les Etats-Unis
-13.2
3
7.2
+29.3
Amérique latine
Dont Brésil
+34.2
85
2.9
-24.8
Europe et Ex-URSS
Dont UE à 27
-16.6
Dont Allemagne
-23.5
5
4.6
Dont Espagne
+16.9
23
4.7
Dont France
-9.3
10
4.9
+73.6
Moyen-Orient
+89.8
Extrême-Orient
Dont Chine
+161.2
101
2.1
Dont Inde
+100.2
136
0.9
+16.9
Océanie
+7.8
2.7
Monde
Source : Chiffres et statistiques, Commissariat général au développement durable, 2011
1
Document 2 :
Les relations entre politique environnementale, croissance économique et de l’emploi, sont un autre sujet de préoccupation. De
nombreuses recherches ont été conduites par les économistes de différents pays […]
Les spécialistes ont, ainsi, mis en évidence les aspects positifs et les aspects négatifs des politiques :
1. Les recherches conduites par les économistes sur les aspects négatifs
Les aspects négatifs ne sont pas toujours clairement identifiables car ils sont le résultat de processus mal individualisés et dont le
résultat serait une baisse du niveau de compétitivité des entreprises faisant peser une menace sur le niveau d’emploi. Toutefois,
il est admis que le risque n’affecte qu’un nombre limité de secteurs et d’entreprises et que les i-ide-es des coûts de mise en
conformité ou d’application de normes n’interviennent que pour une fraction minime ou réduite des coûts globaux des branches
industrielles. Ils sont, en moyenne, évalués à 1 % ou 2 % de l’ensemble des dépenses ou du chiffre d’affaires.
On a pu évoquer aussi la fermeture d’usines, surtout aux Etats-Unis, mais en exagérant leurs effets puisque la perte d’emplois ne
serait que de 0,1 % du total. En revanche, il est vrai que certains groupes transnationaux ont été tentés de délocaliser des
industries « sales » vers des pays à normes environnementales moins sévères.
2. Les aspects positifs
Aussi, les aspects positifs l’emportent-ils, et ce même si ces emplois ne peuvent pas être totalement imputés à la mise en œuvre
d’une politique environnementale. Les données existantes sont, en effet, limitées à quelques pays : Fra-e, Allemagne, EtatsUnis. Une étude analysant les effets directs ou indirects sur l’emploi pour la période 1992-1995 a estimé les dépenses
d’environnement à 170 milliards de dollars. Elles sont à l’origine de la création de près de 4 millions d’emplois, soit l’équivalent
de 3 % de la main d’œuvre.
Tous ces emplois ne sont pas nouveaux, mais un certain nombre d’entre eux correspondent à des pratiques nouvelles de
consommation ou aux investissements effectués en ce sens. Certains secteurs agissant sur les métiers de l’environnement sont en
croissance soutenue : gestion des eaux et assainissement ; gestion des déchets ; développement des services environnementaux
(administrations, exploitation du matériel antipollution, services d’ingénierie, de recherche, d’enseignement et de formation à
l’environnement...).
Source : J. Billet, La Documentation française, 2000
Document 3 :
Source : Rapport Planète vivante, WWF, 2012
Document 4 :
L'analyse économique considère la pollution comme un effet externe négatif lié à l'utilisation gratuite d'un bien
d'environnement. Cette gratuité va conduire à son gaspillage, sa dégradation ou pire, son épuisement. En effet, pour que
l'allocation efficace des ressources rares puisse se réaliser dans une économie de marché, il faut que les agents économiques
supportent les conséquences de leurs actes, qu'ils en paient le prix […].
Si la dégradation de l'environnement est considérée comme une défaillance du marché, l'État peut soit se substituer à celui-ci,
soit le corriger. L'État assure la réalisation d'actions de protection et de restauration de l'environnement qui donnent lieu à des
dépenses publiques (gestion des déchets, épuration des eaux). Mais il agit aussi comme un régulateur du marché, obligeant ou
incitant les agents économiques à modifier leurs comportements dans un sens favorable à l'environnement. La typologie
(d'actions) la plus simple oppose les instruments réglementaires aux instruments économiques.
Source : Annie Vallée, « Développement et environnement : les solutions économiques aux problèmes environnementaux », Cahiers
français, n° 337, mars-avril 2007.
2
Épreuve composée
Cette épreuve comprend trois parties.
1. Pour la partie 1 (Mobilisation des connaissances), il est demandé au candidat de répondre aux questions
en faisant appel à ses connaissances personnelles dans le cadre de l’enseignement obligatoire.
2. Pour la partie 2 (Étude d’un document), il est demandé au candidat de répondre à la question en
adoptant une démarche méthodologique rigoureuse de présentation du document, de collecte et de
traitement l’information.
3. Pour la partie 3 (Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire), il est demandé au candidat de
traiter le sujet :
− en développant un raisonnement ;
− en exploitant les documents du dossier ;
− en faisant appel à ses connaissances personnelles ;
− en composant une introduction, un développement, une conclusion.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Première partie : Mobilisation des connaissances
1. Vous montrerez que l'union économique et monétaire en Europe constitue un exemple original
d'intégration économique. (3 points)
2. Comment les firmes multinationales contribuent-elles à la mondialisation de la production ? (3 points)
Deuxième partie : Étude d’un document (4 points)
Question : Après avoir présenté le document, vous caractériserez l'évolution du PIB qu'il met en évidence.
Source : INSEE, 2012.
3
Troisième partie : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire (10 points)
A l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous mettrez en évidence la multiplicité des
critères de différenciation sociale dans les sociétés post-industrielles.
DOCUMENT 1
DOCUMENT 2
Pour L. Chauvel, la solidarité intergénérationnelle est mise à mal. Durant les Trente glorieuses, le « système
de l'escabeau » assure la dynamique sociale suivant le principe suivant : les nouveaux arrivants sur le marché
du travail sont payés à un salaire supérieur à celui auquel étaient embauchés leurs aînés. Ils gagnent moins
que leurs pères toujours actifs, mais leur progression salariale fait qu'en fin de carrière, ils ont un salaire
beaucoup plus élevé que la génération précédente. Cette dynamique est doublement intégratrice au niveau de
l'entreprise (respect mutuel intergénérationnel) et au niveau familial (potentialité d'autonomie plus forte chez
les jeunes).
Mais si pendant les Trente glorieuses la génération n'était pas un facteur de discrimination, elle le devient à
partir des années 1980. L. Chauvel montre en effet que la loi du progrès générationnel de long terme est
devenue obsolète : les actifs qui entrent sur le marché du travail au début des années 1980 sont confrontés à
des rémunérations plus faibles et à une précarité accrue par rapport à leurs aînés. On peut donc se poser la
question de l'existence d'une nouvelle « gérontocratie » et d'une « lutte des âges » qui se substituerait à une
lutte des classes.
A. Beitone et alii, Sciences sociales, Sirey, coll. Aide-mémoire, 4e édition, 2004
DOCUMENT 3
Les pratiques culturelles au cours des 12 derniers mois en %
Champ : personnes de 15 ans ou plus.
Source : Enquête Permanente sur les Conditions de Vie d’octobre 2000, Insee
4
POUR L’EPREUVE DE
SPECIALITE
Vous devez penser à :
· Composer sur une copie indépendante (que vous
joindrez avec le reste de l’épreuve)
· Faire la spécialité qui vous correspond… Soit
l’économie approfondie, soit les sciences sociales et
politiques
5
ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Économie approfondie
Il est demandé au candidat de répondre à la question posée par le sujet :
– en construisant une argumentation ;
– en exploitant le ou les documents du dossier ;
– en faisant appel à ses connaissances personnelles.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Le candidat traitera au choix, soit le sujet A, soit le sujet B
SUJET A
Ce sujet comporte deux documents.
Comment peut-on expliquer la mise en place de la politique de la concurrence ?
DOCUMENT 1
Partout où un pouvoir de monopole fait apparaître des rentes(1), il se produit une grosse distorsion(2) dans l’économie. Les prix
sont trop élevés, et les acheteurs passent du produit monopolisé à d’autres biens. Il est à noter que, bien que les États-Unis
prétendent être une économie très concurrentielle, certains secteurs continuent manifestement à moissonner des surprofits(3).
[…] Quand la concurrence est très restreinte, son effet réel est souvent le gaspillage, car les concurrents luttent pour être celui
qui pourra exploiter le consommateur. […] Nous voyons des preuves de recherche de rente dans les dépenses massives de
recrutement de clients pour les cartes de crédit ou les téléphones mobiles. L’objectif ici devient d’exploiter les clients le plus
possible et aussi vite que l’on pourra, par des commissions et des facturations qui ne sont ni compréhensibles ni prévisibles. Les
compagnies font de gros efforts pour rendre difficile toute comparaison des coûts d’utilisation entre deux cartes de crédit, car, si
cette opération était possible, elle stimulerait la concurrence, et la concurrence érode(4) les profits. Les entreprises américaines,
elles aussi, doivent payer beaucoup plus aux compagnies de cartes de crédit que les firmes d’autres pays qui ont su freiner
certaines de ces pratiques anti-concurrentielles - et les coûts plus élevés que subissent nos entreprises sont transférés aux
consommateurs américains, ce qui diminue leur niveau de vie. Il en va de même pour les téléphones mobiles : les Américains
paient des tarifs plus élevés et sont moins bien servis que les habitants de pays qui ont réussi à créer un marché plus
authentiquement concurrentiel.
Source : Le prix de l’inégalité, STIGLITZ Joseph E., 2012.
(1) Rente de monopole: bénéfice durable obtenu par une entreprise en situation de monopole. (2) Distorsion : déformation,
déséquilibre. (3) Surprofits : profits supplémentaires dus à un pouvoir de marché. (4) Éroder : ici, réduire.
DOCUMENT 2 :
6
ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Économie approfondie
SUJET B
Ce sujet comporte deux documents
A quelles difficultés se heurte le financement du système de retraite par répartition ?
DOCUMENT 1 :
DOCUMENT 2 :
7
ENSEIGNEMENT DE SPECIALITE
Sciences sociales et politiques
Il est demandé au candidat de répondre à la question posée par le sujet :
en construisant une argumentation ;
en exploitant le ou les documents du dossier ;
en faisant appel à ses connaissances personnelles.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET A
Ce sujet comporte un document.
Quelles sont les différentes solutions constitutionnelles mises en œuvre dans les démocraties occidentales pour
séparer le pouvoir exécutif du pouvoir législatif ?
DOCUMENT
L'objectif assigné par Montesquieu à cette théorie est d’aboutir à l’équilibre des différents pouvoirs : "Pour qu’on ne
puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir."
Cette théorie a fortement inspiré les rédacteurs de la Constitution américaine, qui ont institué en 1787 un régime
présidentiel organisé selon une séparation stricte des trois pouvoirs, tempérée par l’existence de moyens de contrôle
et d’action réciproques conçus conformément à la doctrine des "checks and balances" (que l’on peut traduire par
l’existence de procédures de contrôles et de contrepoids).
Afin d’éviter que chacun des pouvoirs n’abuse de ses prérogatives, les constituants américains ont ainsi prévu un
strict partage des compétences entre organes fédéraux et États fédérés. Ils ont également réparti le pouvoir législatif
entre deux assemblées, donné au président un droit de véto sur les textes législatifs, et reconnu parallèlement au Sénat
la faculté de s’opposer aux nominations relevant du Président ou encore aux traités internationaux négociés par
l’administration.
L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 se réfère également à cette théorie
en disposant que "Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs
déterminée, n’a point de Constitution". La séparation des pouvoirs apparaît ainsi comme le corollaire indispensable
de la protection des droits naturels de l’homme : le contrôle mutuel qu’exercent les trois pouvoirs les uns envers les
autres préserve l’individu des atteintes à ses droits fondamentaux. Dans le même temps, la séparation des pouvoirs
constitue un obstacle au despotisme et à la tentation du pouvoir personnel, puisqu’aucune personne ne peut
concentrer entre ses mains la totalité des attributs de la souveraineté.
Toutefois, cette théorie n’a pas toujours été strictement mise en œuvre par les différents régimes démocratiques. En
effet, une séparation trop stricte des différents pouvoirs peut aboutir à la paralysie des institutions : tel fut le cas en
France sous le Directoire (1795-1799) et sous la IIe République (1848-1851), où le conflit entre l’exécutif et le
législatif s’est à chaque fois soldé par un coup d’État.
Aussi de nombreux régimes privilégient-ils le principe de la collaboration des différents pouvoirs à celui de leur
stricte séparation : la distinction entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire demeure, mais ces différents pouvoirs
disposent de moyens d’action les uns à l’égard des autres. La faculté pour le chef de l’État de dissoudre l’une des
chambres composant le Parlement, la possibilité pour le pouvoir législatif de renverser le Gouvernement, la
soumission des magistrats du parquet à l’autorité hiérarchique du Gouvernement en sont autant d’exemples.
Source : La séparation des pouvoirs, 2014, www.vie-publique.fr
8
ENSEIGNEMENT DE SPÉCIALITÉ
Sciences sociales et politiques
SUJET B
Ce sujet comporte deux documents.
Quelles sont les places respectives des trois figures de la démocratie dans les sociétés modernes ?
DOCUMENT 1
La démocratie "délibérative" donne la priorité à la qualité de la réflexion (recherche de solutions nouvelles et prise en compte de
toutes les conséquences) ainsi qu’aux modalités du débat (respect des opinions contraires et dépassement des divergences). À la
différence de la démocratie dite "participative", elle ne fait pas du nombre de personnes associées un critère de succès de la
démarche.
L’expérience concrète la plus ancienne est inventée simultanément aux États-Unis et en Allemagne dans les années 1970 avec
les "jurys citoyens".
Dérivés des jurys d’assises, ces "mini-publics" de douze à quelques dizaines de personnes tirées au sort ont pour mission de
remettre un avis consensuel après l’audition d’experts défendant des points de vue contradictoires. Les "conférences de
citoyens" (ou "de consens"), nées au Danemark à la fin des années 80, empruntent la même méthode et visent les mêmes
objectifs, mais dans le cadre de l’évaluation de choix scientifiques ou technologiques.
Les "sondages délibératifs" se distinguent par leur taille (plusieurs centaines de citoyens tirés au sort) et par l’objectif défini,
puisqu’ils n’ambitionnent pas l’émergence d’un consensus, mais la constitution d’un consensus faible, soit par absence
d’opposition, soit sur la base de la position la plus partagée. Contrairement à un sondage classique, les participants à ces
sondages délibératifs débattent des questions posées, en ateliers sous la supervision d’un animateur.
Source : Franck Gintrand, Modalités, objectifs et écueils de la démocratie délibérative, 2014, www.lesechos.fr
DOCUMENT 2
Les résultats électoraux des référendums(1) en France depuis 1958
Question
Date
Pourcentage d’abstention
par rapport aux inscrits
Pourcentage de « Oui » par
rapport aux suffrages exprimés
Constitution de la Ve République
28/09/1958
19,4
82,6
Autodétermination et organisation des
pouvoirs publics en Algérie
8/01/1961
26,2
75,0
Indépendance de l’Algérie et pouvoirs
législatifs extraordinaires
(Accords d’Evian)
8/04/1962
24,7
90,8
Election au suffrage universel direct du
Président de la République
28/10/1962
23,0
62,3
Réforme du Sénat et création des régions
27/04/1969
19,9
47,6
Elargissement du Marché Commun
23/4/1972
39,8
68,3
Autodétermination de la Nouvelle-Calédonie
(Accords de Matignon)
6/11/1988
63,1
80,0
Traité de Maastricht
20/09/1992
30,2
51,0
Réduction du mandat présidentiel à cinq ans
24/09/2000
69,8
73,0
Source : « Les référendums en France sous la Ve république. », Revue internationale de politique comparée, DOLEZ Bernard et al., 1/2003.
(1) Référendum : vote par lequel les électeurs sont appelés à se prononcer par « oui » ou par « non » sur une décision politique.
Note : Le 29 mai 2005 a eu lieu un référendum sur la ratification du traité établissant une constitution pour l’Union européenne. Le
pourcentage d’abstention par rapport aux inscrits a été de 30,63%, le pourcentage de oui par rapport aux suffrages exprimés a été de 45,33%
(source : Ministère de l’Intérieur).
9
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