Cettetendanceàlamondialisationaurait,parailleurs,étédoublement
renforcée au cours des années 80, aussi bien par les mutations
technologiquesqueparlespolitiques néolibérales(avecles mesures
deprivatisationetdedérèglementation).
Laconstructiond'une«économiemonde»iraitdepairaveclatransfor
mation des méthodes de production qui rendent possible la mise en
place d'unedivision internationale du travailstructurée en réseaux, au
lieudelastrictesegmentationquis'observaitaudébutdesannées80.
Le caractère de plus en plus immatériel de la production de
marchandises, le développement des moyens de communication, de
transfert des connaissances et de gestion instantanée des flux
financiers,dutravailàdistance,etc...constituentglobalement,lesous
bassementtechnologiquedeceprocessus.
Laglobalisationestaussiengrandepartieuneglobalisationfinancière,
renduepossibleparladéréglementationquasiuniverselledesmarchés
de capitaux et des monnaies et le développement des nouvelles
techniquesd'informationetdecommunication.
Aveclamondialisation,lerôledesgouvernementsnationauxchangerait
considérablement.Lamondialisationtendraiteneffet,àdissoudrel'unité
constitutivedel'Etatetducapitalnational,soussesdifférentsaspects.
Celuidemarchandised'abord.
Petrella écrit ainsi, que «les produits sont de plus en plus extra
territoriaux(et)ildevientimpossibledeleurattribuerunenationalité»(6)
.Reichutiliseàpeupréslamêmeformuleenaffirmantque«raressont
lesproduitsquiontunenationalitédéterminée»(7).L'appareilproductif
s'autonomiseraitdeplusenplusduterritoiremarchénational. Prenant
l'exempledesfirmesaméricaines,Reichnotaità leurpropos que ces
dernières sont désormais, «comme les produits américains,
déconnectées des EtatsUnis»(8) , et de manière générale, la
coordinationdesunitésdeproduction,lescourantsd'approvisionnement
necoïncideraientplusavecleurbasenationale.
L'on en arrive à affirmer que l'Etat n'a plus de politique industrielle
possible,etquesonrôleconsisteessentiellementàrendresonterritoire
attractif(9).
Ducoupcesontdenouveauxrapportsquisenoueraiententrel'Etatet
les groupes mondiaux, l'entreprise devenant l'organisation de
«gouvernance»del'économiemondialeavecl'appuides«Etatslocaux»
(10).Cettecombinaisonspécifiquenelaisseraitàl'Etatqu'unrôlede
plusenplussubordonné.Celuicisevoitdésormaischargédecouvrirle
coût des infrastructures (recherche, enseignement, transfert
technologique...),demettreenplacedesincitationsfiscales,degarantir
desdébouchéssuffisants(marchéspublics),enfind'apporterauniveau
commercialetréglementaireunsoutienauxentreprises.
Autreaspectquiconcernelesformesdeconcurrenceinternationalequi
auraientchangé.Ladensificationdesliensentregroupessetraduirait