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Sous cette condition, nous avançons l’hypothèse que la pêche soutenue pratiquée pendant
plusieurs décennies dans les lacs du Bouclier canadien serait un moyen efficace de
mitiger la contamination par le Hg des poissons prédateurs de taille importante.
La vulgarisation des résultats de ce projet profite à la communauté de Nemaska de sorte
que ses membres sont maintenant en mesure de prendre des décisions éclairées en ce qui
concerne les habitudes de pêche et la consommation de poisson. Finalement, ce projet de
recherche pose les bases pour la compréhension et l’évaluation de l’impact de la pression
de la pêche sur les lacs et sert d’outil d’intervention afin de maintenir des niveaux
relativement faibles de Hg dans le poisson (par exemple le lac St-Pierre), ce qui répond
au cinquième objectif énoncé du COMERN. Cette étude a débouché sur de nouvelles
idées de recherche, par exemple l’importance de la vitesse de croissance des poissons lors
du processus d’assimilation du Hg. Par conséquent, nos efforts se centreront sur
l’établissement d’un rapport entre les teneurs en Hg et les facteurs déterminants les taux
de croissance des poissons tels que le niveau trophique du lac (quantité de nourriture
disponible) et la pression de la pêche. Pour ce faire, nous entreprendrons des analyses au
sein de lacs plus gros comme le lac St-Pierre (projet 3.2.4) et de lacs situés dans les
régions de Chibougamau et de l’Abitibi-Témiscamingue (projet 3.2.2). Jusqu’à
maintenant, nous avons découvert que les concentrations en Hg des poissons prédateurs
du lac St-Pierre (projet 3.2.4) étaient le tiers de celles des poissons de taille identique
provenant de nombreux lacs de la forêt boréale (projet 3.2.2). Afin d’élucider cette
découverte surprenante, nous vérifions actuellement l’hypothèse que la vitesse de
croissance des poissons du lac St-Pierre soit supérieure à celle des poissons provenant des
lacs de la forêt boréale à cause de la pêche soutenue qui est pratiquée depuis des
décennies dans le lac St-Pierre à des fins à la fois commerciales et sportives.
Une bonne part de notre étude entreprise durant la troisième année est fondée sur des
ensembles existants de données portant sur les poissons et les caractéristiques du lac St-
Pierre (projet 3.2.4), de six lacs de la région de l’Abitibi-Témiscamingue (projet 3.2.2),
de trois lacs de la région de Chibougamau (projet 3.2.2) et de cinq lacs de la région de
Némiscau (projet année 2 – 3.1.3.5). L’ensemble des données relatives aux poissons
comprend déjà des renseignements sur l’espèce, l’abondance, la longueur, le poids, la
teneur en Hg et, dans certains cas, l’âge et l’alimentation. L’ensemble des données
concernant les caractéristiques des lacs inclut de l’information sur la bathymétrie, le pH,
la couleur de l’eau, la conductivité, l’oxygène dissous, les nutriments, le COD, les
particules en suspension, le Hg dissous et la teneur en chlorophylle-a. Nous devrons
compiler des données complémentaires sur les niveaux de Hg assimilés par les
organismes des premiers échelons du réseau trophique (plancton, benthos et petits
poissons) des lacs des régions de Chibougamau et de l’Abitibi-Témiscamingue, ainsi que
des observations sur les caractéristiques des lacs des régions de Chibougamau et de
Némiscau. En outre, grâce à la participation de la ZEC Kippawa et de la FAPAQ, nous
prélèverons des échantillons dans onze nouveaux lacs situés dans la région de l’Abitibi-
Témiscamingue.
Nous comparerons les données antérieures concernant les teneurs en Hg des poissons et
de leurs proies, lesquelles ont été recueillies à partir de différents lacs. À partir de