Lâchés Dans La
Nature !
Scénario de Benoît Gaudin
et Damien Herlin
2
Carton noir début
VOIX OFF
Unité de temps : Mercredi 29 Juillet
Nous sommes le mercredi 29 juillet d’un temps futur indéfini.
L’unité de temps sera présente tout au long de cette œuvre
cinématographique pour vous aider dans la compréhension des
évènements qui pourraient bien se dérouler un jour...
Séquence 1 Int jour Maison d’un couple de retraité
Gros plan sur une télévision qui s’allume. Les chaînes
changent. Le spectateur qu’on ne voit pas s’arrête sur un
programme d’actualité.
Séquence 2 Int Jour Le plateau du JT
Nous sommes sur le plateau d’un journal télévisé. La
présentatrice lance un nouveau sujet.
Présentatrice :
Et puis en bref, une émeute a éclaté ce matin même dans
l’enceinte d’un hôpital psychiatrique de la proche banlieue
alors qu’une de nos équipes y tournait un reportage sur les
conditions de travail en milieu hospitaliers sensibles. Deux
patients sont parvenus à s’échapper alors même que leurs
gardiens tentaient de rétablir l’ordre... Des images de Marie
Bernier et Paul Grelier.
Séquence 3 Ext Jour Quartier de la clinique St Joseph
Plan large de l’établissement psychiatrique St Joseph.
Voix Off :
C’est au sein du bâtiment principale de la clinique
psychiatrique St Joseph, que ce matin, au cours d’une séance
de thérapie de groupe menée par le docteur Faroux .
Séquence 2 Int Jour Le bureau d’un psy
Nous sommes dans le bureau d’un psy, pour un reportage de la
télévision. Présents, le psy, et une reporter. Le programme
est déjà commencé. On ne voit pas le reporter (voix off).
Reporter :
... du docteur Faroux qui dirige l’équipe de la clinique Saint
Joseph... Docteur Faroux, bonjour. Pouvez vous nous dire en
quoi consiste votre travail ici ?
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Docteur Faroux :
Bonjour. Avant toute chose je voudrais vous remercier de faire
un reportage sur mon équipe, nous permettant ainsi de mieux
faire comprendre aux téléspectateurs la réalité du travail
quotidien en hôpital psychiatrique. Notre travail est méconnu
et pourtant il est indispensable dans notre société actuelle
de plus en plus de personnes ont besoin de nos services. Si
je devais définir notre mission en des termes simples et
compréhensibles de tous, je dirais que nous nous employons à
remettre dans le droit chemin des personnes victimes de
déviances mentales plus ou moins importantes. Et je dois dire
que c’est un travail absolument fascinant. Nous touchons au
plus près l’âme humaine.
Reporter :
Justement docteur Faroux, que répondez-vous aux témoignages
anonyme qui affirment depuis quelques temps que votre
établissement serait en fait le théâtre d’expériences
scientifiques non autorisées sur le cerveau humain ? Cette
rumeur s’est rapidement répandue, vous faites l’objet de
beaucoup de critiques, qu’en est-il réellement ?
Docteur Faroux :
Je puis vous affirmer mademoiselle que tout ceci n’est qu’un
vulgaire tissu de mensonges. Tous les traitements prescrits
aux patients sont strictement contrôlés. Non, je crois qu’il
faut savoir rester rieux. Je n’ai rien à cacher et j’invite
les média à venir nous rendre visite pour se rendre compte de
ce qu’il en est sur place. D’ailleurs je dois me rendre à une
séance de thérapie de groupe, si vous voulez bien me suivre,
vous pourrez juger par vous-me de la façon dont cela se
déroule...
Ils sortent du bureau de Faroux.
Séquence 3 Int Jour Un couloir de le clinique
Le groupe se dirige vers la salle doit se dérouler la
séance de thérapie de groupe. Le docteur est entouré de deux
infirmiers noirs bodybuildés.
Docteur Faroux : (s’arrêtant puis se retournant juste devant
une nouvelle porte)
Par contre avant de pénétrer dans la salle de réunion, je me
dois de vous donner quelques recommandations. Ne leur adressez
pas la parole, sauf si je vous y autorise, ne les fixer jamais
dans les yeux, et évitez tout contact physique avec eux.
Il se retourne et pousse la porte.
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Séquence 4 Int Jour Salle de réunion
Le docteur Faroux poussant la porte, entre dans la salle,
accompagnée de la reporter et des gardiens.
Docteur Faroux :
Je vais vous présenter mes patients. Je vous demanderais de
flouter les visages, s’il vous plaît, pour préserver
l’intimité et la vie privée de tous.
Il règne un énorme brouhaha.
Docteur Faroux :
Bien ! Nous allons commencer avec Michel. Michel était
ingénieur informaticien chez IBM. Quelqu’un de très brillant
et puis un jour il a subit un choc électro-thermique ce qui
lui a causé de graves lésions sur le lobe pariétal.
L’irrigation de cette partie du cerveau ne pouvant plus se
faire correctement, il a donc très sensiblement régressé
mentalement.
Michel commence à bouger (bruit du modem qui se connecte) et
chante ses propres tubes, "Ingénieur Informaticien", "Mitch
Buchanon", etc. Faroux tire les deux journalistes vers le
"client" suivant pour leur présenter.
Docteur Faroux :
Vous avez ici Raymond, un de mes plus anciens patients. Il
était représentant chez Ricard et a très rapidement sombré
dans l’alcoolisme aigu. Il est donc chez nous pour un sevrage
complet.
Reporter :
Mais qu’est-ce qu’un alcoolique vient faire dans un
établissement psychiatrique ?
Docteur Faroux :
Et bien, son cas était tellement grave, que plus personne n’en
voulait... Il est en constante rechute...
Raymond assis sur une chaise...
Raymond : (au caméraman)
Eh... pssssst !!! Vous êtes nouveaux ici ? Bah si on arrosait
ça ?
Il sort un pack de bière d’un sac de sport.
Raymond :
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Aller les gars tournée générale !
Les deux gardes noirs se saisissent du pack et essaient de
calmer Raymond qui est ivre mort.
Raymond :
Me touchez pas. Bas les pattes les négros !!! Rendez-moi ça
bande de fumiers !!!
Un des gardes injecte une seringue à Raymond pour le calmer.
Du coup sa véhémence se calme soudainement, et sa langue se
met à pendre. Un filet de bave coule de sa bouche. On dirait
une bougie fondue…
Docteur Faroux :
Je suis désolé que vous ayez assisté à ça. Mais Raymond est un
cas très particulier, on le soupçonne de soudoyer des membres
du personnel pour lui apporter de l’alcool à l’intérieur de
l’établissement. Une enquête interne est en cours...
Faroux s’avance en attirant l’attention du caméraman pour
qu’il le suive.
Docteur Faroux :
Ah... Paul Chodard ! Oui, je sais ce que vous vous dites... Je
viens de révéler l’identité de mon patient. Mais, nous
avons un de nos spécimens les plus dangereux... et il tient à
ce que son identité soit révélé au monde entier ! Allez savoir
pourquoi !
Le type est en train de hurler à tout le monde de se planquer,
que les ennemis sont juste à côté. Lui est en train de ramper
sous les chaises.
Docteur Faroux :
C’est un vétéran de la guerre du Golfe, un ancien sergent
chef. Il est persuadé d’être encore sur le théâtre des
opérations. Il a fait plusieurs tentatives d’évasion et a déjà
gravement blessé un aide soignant d’origine maghrébine, qu’il
avait pris pour un soldat irakien. Ne vous approchez surtout
pas de lui. Mais normalement ça devrait aller, on vient de lui
injecter sa 4e dose de calmant... (court silence, la caméra
s’attarde sur les pérégrinations de Paul) Passons au suivant,
voulez-vous... Jean Marc, un de nos derniers patients. Il est
animé de pulsions suicidaires très fréquentes. Il est donc
l’objet d’une stricte surveillance, mais je pense qu’il est
actuellement en voie de guérison.
Jean-Marc : (pleurant)
Pourquoi elle est partie ? Pourquoi ? J’en est marre de cette
vie de merde. Je veux crever, j’en peux plus. (il agrippe la
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