
Alliance pour un monde responsable, pluriel et solidaire – Pôle socio-économique
Assemblée Finale – Findhorn – 9 au 16 Juin 2001
Document de travail – Merci de ne pas diffuser.
- Dépasser le scénario d’adaptation et de récupération de l’économie solidaire par le néo-libéralisme.
Construire des régulations démocratique et solidaire suppose d’abord une vigilance vis à vis des risques
d’instrumentalisation par les gouvernements locaux et nationaux, mais également par les institutions
multilatérales des initiatives d’économie solidaire qui sont perçues comme le moyen d’une gestion à
moindre des coûts sociaux de la mondialisation dans la perspective de privatisation. Face aux difficultés
quotidienne de survie des activités, les acteurs de l’économie solidaire peuvent être tentés d’accepter une
stratégie d’adaptation à la globalisation où l’économie solidaire serait réduite à un tiers secteur de survie
des plus pauvres sans remettre en cause les logiques dominantes de la globalisation néo-libérale que sont le
démantelement des Etats sociaux et développement des marchés financiers.
Propositions
Proposer une autre mondialisation suppose que l’économie solidaire s’inscrive dans une vision plus large de la
société, basée sur la démocratisation des institutions politiques et économiques, la paix, l’Etat de droit social qui
facilite et reconnaît l’expansion des dynamiques solidaires qui conjuguent redistribution et réciprocité. Cette
perspective implique d’abord le renforcement des réseaux politiques et des échanges économiques entre les
composantes de l’économie solidaire aux niveaux local, national et mondial. Cela passe ensuite par une recon-
naissance institutionnelle de l’économie solidaire comme pôle de développement. Enfin, un développement soli-
daire suppose une contribution des acteurs de l’économie solidaire au renforcement et à la démocratisation des
services publics ainsi qu’au développement de la responsabilité sociale des entreprises y compris les multinatio-
nales.
Consolider les alliances politique et économique entre acteurs de l’économie solidaire
La capacité de l’économie solidaire à peser sur un modèle de développement alternatif au modèle néo-libéral dépend
largement de sa capacité à renforcer ses réseaux, de consolider son assise économique et à faire des alliances stra-
tégiques avec les mouvements de la société civile qui défendent qu’une autre mondialisation est possible.
1. Développer la structuration en réseaux au niveaux local, national et international. Il existe déjà des associa-
tions ou des réseaux qui regroupent certaines expériences ou entreprises solidaires dans certaines régions du
monde, par exemple, le Groupe réseau d’économie solidaire - GRESP au Pérou, le Groupe d’économie soli-
daire -GESQ au Québec, l’inter-réseaux économie solidaire – IRES en France, le Réseau de socio-économie
de Solidarité - RBSES au Brésil, Le Réseau européens de l’économie solidaire et du développement local),
mais il apparaît impératif que les différentes composantes de l’économie solidaire se reconnaissent mutue-
llement comme acteur collectif de transformation sociale.
2. Créer une coordination internationale de liaison entre les réseaux du Nord et du Sud. La rencontre Globali-
sation de la solidarité est l’occasion de constituer cette coordination en lien avec le réseau global de so-
cio-économie solidaire. Le mandat de cette instance serait d’assurer une liaison permanente entre réseaux
régionaux et nationaux de l’économie sociale et solidaire mais aussi de favoriser les échanges d’expériences,
les transferts de savoir faire et de technologies, les investissements pour la création d’entreprises solidaires…
3. Développer les échanges et solidarités économiques entre les activités de l’économie solidaire. Le dévelop-
pement de l’économie solidaire passe autant par la reconnaissance politique entre acteurs et réseaux que par le
développement des échanges économiques. Aujourd’hui, les activités de l’économie solidaire sont en certains
sens sectorisées : finance solidaire, commerce équitable, services de proximité, cuisines collectives, systèmes
d’échanges locaux, monnaies sociales, coopératives bio, etc. Si la connaissance des pratiques de chacune des
composantes qui aujourd’hui se reconnaissent pas ou peu dans l’économie solidaire progresse, les échanges
économiques de services et de savoir-faire ne sont pas suffisamment développés. C’est pourquoi il faut
promouvoir les synergies entre consommation, production, technologies, financement, échanges de services et
commercialisation solidaire. Les acteurs de l’économie solidaire de l’Amérique du Sud appellent de leur vœux
la création d’un “ marché solidaire ”, là où l’unité d’un tiers secteur en Europe passerait plus aujourd’hui par
des aménagements législatifs et juridiques reconnaissance les spécificités de l’économie solidaire.
Une reconnaissance et un soutien de l’économie solidaire comme un pôle de développement
Dans la plupart des discours pro ou anti-mondialisation, la référence à l’économie solidaire, ses initiatives et ses
acteurs est insuffisamment présente. Elle est trop rarement perçue comme un moyen de penser autrement la mon-
dialisation. Les représentations d’une économie limitée au couple Etat/marché demeurent encore largement do-
minantes tant au niveau des décideurs publics, des acteurs de la société civile et de l’opinion.
4. Renforcer la reconnaissance institutionnelle locale de l’économie solidaire. Au niveau local et national, une
reconnaissance récente et fragile de l’économie solidaire doit être consolidée. L’intégration de l’économie