
L'utilisation de crédits internationaux en plus des mesures internes adoptées
garantirait une réduction globale des émissions supérieure à 80 %. Pourquoi viser
une réduction des émissions de 25 % d’ici 2020 et comment y parvenir?
L’UE a pour le moment prévu de réduire ses émissions de 20 % (par rapport à 1990)
d’ici 2020. Cet objectif peut être atteint en combinant les mesures internes et
l'utilisation de crédits internationaux. Une analyse réalisée par la Commission l’an
dernier indique cependant que la mise en œuvre des politiques actuelles,
notamment la mise en œuvre intégrale de l’objectif de porter à 20 % la part des
énergies renouvelables dans l'approvisionnement de l'UE d'ici 2020, devrait
permettre à l'Union de réduire ses émissions par les seules mesures internes.
L’analyse sur laquelle se base la feuille de route montre que l'option la plus rentable
pour réduire les émissions de l'UE de 80 % d’ici 2050 nécessite une réduction
de 25 % en 2020 par les seules mesures internes. Plus l’action entreprise pour
réduire les émissions durant les premières décennies sera limitée, plus les
réductions des émissions devront être importantes par la suite, ce qui entraînera une
forte augmentation des prix du carbone et, partant, des coûts.
L’analyse montre également qu’une réduction de 25 % des émissions internes
d’ici 2020 peut être réalisée si l’UE respecte son engagement actuel d’améliorer
l’efficacité énergétique de 20 % d’ici 2020. Or, avec les politiques actuelles, l’UE ne
devrait être en mesure d’améliorer l’efficacité énergétique que de 10 % environ. Le
plan relatif à l’efficacité énergétique proposé par la Commission aujourd'hui vise
donc à contribuer à la réalisation complète de l'objectif de 20 % d’amélioration de
l’efficacité énergétique.
Pourquoi faut-il mettre en réserve un certain nombre de quotas dans le
système d'échange de quotas d’émission de l'UE durant la période
2013-2020? Cela ne va-t-il pas accroître l'incertitude sur le marché du
carbone?
Le système d’échange de quotas d'émissions de l'UE (SEQE) fixe un plafond pour le
total des émissions provenant des secteurs qu’il englobe en allouant un nombre
limité de quotas que les entreprises peuvent échanger. Cela garantit que des
réductions peuvent être réalisées de manière rentable dans tous les secteurs
concernés.
La mise en œuvre de mesures supplémentaires en matière d’efficacité énergétique
(autres que celles motivées par le signal de prix du carbone au sein du SEQE) aurait
pour effet d’accroître le nombre de quotas dans le système et donc de réduire le prix
du carbone. Cela irait à l’encontre de l’effet recherché de ces mesures.
C'est pourquoi la mise en réserve d'un certain nombre de quotas sur la quantité
devant être mise aux enchères durant la période d’échanges 2013-2020 serait une
mesure complémentaire nécessaire pour renforcer l’efficacité énergétique de
manière durable et contribuer à réaliser l’objectif de 20 % d’économies d’énergie.
Cela renouvellerait l’incitation à investir dans les technologies à faible intensité de
carbone et préparerait les secteurs relevant du SEQE aux innovations nécessaires
pour réduire davantage encore leurs émissions à moyen et long termes.