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Maurice WT/TPR/G/198
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I. INTRODUCTION
1. La période 2001-2007 que couvre le troisième examen de la politique commerciale de
Maurice a été marquée par des modifications en profondeur de la politique commerciale
internationale, qui ont secoué l'économie mauricienne. C'est durant cette période que Maurice a
commencé de constater, dans toute leur intensité, les effets des Accords du Cycle d'Uruguay. En
effet, la fin de l'Arrangement multifibres et le retrait progressif des subventions agricoles en Europe
ont indirectement et profondément altéré les intérêts de Maurice au chapitre des exportations de
textiles et de sucre. La domination du marché mondial par des produits originaires de concurrents à
bas coût a également mis à rude épreuve la compétitivité des exportations mauriciennes. Par ailleurs,
les préférences commerciales, qui ont toujours joué un rôle essentiel dans le développement de
Maurice, sont érodées par une libéralisation continue des échanges.
2. En outre, en tant que pays en développement importateur net de produits alimentaires,
Maurice a été touchée par la forte poussée des prix des denrées alimentaires de base, ce qui a conduit
à une dégradation de notre balance commerciale. Cette situation a pesé lourdement sur notre aptitude
à nous approvisionner en produits alimentaires et a réduit également notre marge de manœuvre en
matière de politiques commerciales.
3. Cette nouvelle donne commerciale a eu de profondes répercussions sur la structure
socioéconomique de Maurice et l'a contrainte à de douloureux ajustements. Pour autant, Maurice a
résisté à la tentation de revoir de fond en comble sa politique et maintenu un degré élevé d'ouverture.
Résolue à demeurer pleinement intégrée dans l'économie mondiale, Maurice est restée très
dynamique, tant au plan national qu'au plan international. Depuis 2005, elle a investi dans un
ambitieux programme de réformes économiques destiné à l'affranchir de sa dépendance à l'égard des
préférences et à la positionner sur les marchés mondiaux. Les éléments clés de ces réformes
économiques sont notamment la modernisation des secteurs traditionnels, la diversification de
l'économie et le soutien aux secteurs émergents pour favoriser une économie axée sur les services.
4. Cependant, Maurice est d'avis que le soutien de la communauté internationale est d'une
importance capitale pour le succès de son programme de réformes économiques. C'est pourquoi
Maurice s'est résolument engagée dans les négociations commerciales internationales et dans la
diplomatie économique. Au sein de l'OMC, Maurice a toujours proclamé que l'adoption de l'approche
identique pour tous pénalisera les petites économies faibles et vulnérables qui seront de ce fait à la
merci d'une marginalisation. Sur ce point, elle a préconisé une solution commerciale de nature à
atténuer les difficultés des pays tributaires de préférences commerciales. Maurice n'a pas non plus
ménagé ses efforts pour faire avancer le programme de travail de l'OMC relatif aux petites économies,
de même que l'initiative Aide pour le commerce.
5. Simultanément, Maurice a multiplié ses efforts en faveur d'une diversification de ses marchés.
Tout en affermissant ses relations commerciales et économiques avec ses partenaires traditionnels, par
la conclusion de l'Accord de partenariat économique avec l'UE, et de l'Accord-cadre sur le commerce
et l'investissement avec les États-Unis, Maurice a pris l'initiative d'élargir ses horizons vers d'autres
nations commerçantes et d'explorer les possibilités offertes par le commerce Sud-Sud. Elle a entrepris
de négocier une coopération économique et commerciale avec l'Inde et le Pakistan et entamé un
dialogue sur le commerce bilatéral avec d'autres pays tels que la Chine, le Brésil et la Russie.
6. Il convient de souligner que, tout en s'employant à définir sa politique commerciale et à ouvrir
des négociations commerciales, Maurice n'a pas rompu avec sa tradition qui consiste à adopter une
approche participative mettant à contribution tous les partenaires sociaux du pays. Non seulement il