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l'accumulation de déficits publics élevés deviendrait de moins en moins soutenable à
long terme et permettrait difficilement aux autorités monétaires de mener une
politique plus accommodante. D'autre part, si le gouvernement ne parvient pas à
réduire le niveau élevé des dépenses obligatoires dans les budgets publics et ne
réussit pas à rendre les finances publiques plus transparentes, il y a tout lieu de
craindre qu'il rencontre le même problème, même sans avoir mis en marche les
réformes préconisées.
La ligne que s'est fixée le gouvernement actuel, identique à celle suivie par les
gouvernements de l'Union dans la phase précédant l'UEM, est la seule façon de
sortir de ce dilemme. En premier lieu, les finances publiques doivent être rendues
complètement transparentes et les dettes cachées doivent apparaître. En second
lieu, les prix encore administrés doivent être libérés sur la base d'un calendrier clair.
La politique monétaire pourra ainsi s'appuyer sur une convergence, à un rythme
raisonnable, des taux d'inflation vers ceux de la zone euro, ce qui contribuera à
assurer un consensus social durable malgré la nécessité de contenir la hausse des
salaires réels en dessous de l'amélioration tendancielle de la productivité du travail.
Pour ce faire, il est indispensable que les négociations salariales puissent être
fondées sur des anticipations d'inflation fiables et que les autorités monétaires
fournissent des explications au public chaque fois où elles ne sont pas en mesure de
contenir l'inflation dans l'intervalle prévu. De même, l'obligation de maintenir un
niveau suffisant de stabilité du taux de change sera un instrument précieux imposant
la discipline aux autorités budgétaires.
Les performances de l'économie tchèque jusqu'à présent
La République tchèque a engagé son processus de transformation dans des
conditions relativement favorables, le pays attirant des flux considérables
d'investissement étranger. L'économie a commencé à sortir de la première récession
de la phase transitoire dès 1993, avec un taux de croissance du PIB atteignant plus
de 6 % en 1995, avant d'affronter une deuxième récession, imputable à un certain
nombre de faiblesses dans le secteur des entreprises et le secteur financier. Ces
deux dernières années, des mesures ont été prises pour s'attaquer aux problèmes
les plus fondamentaux, mais il est peu probable que leur impact favorable se fasse
sentir à moyen terme. Le taux de chômage a connu une hausse rapide, passant de
4 % en 1996 à près de 9 % en 1999, et continue à augmenter. Pour 2000, on prévoit
un retour de la croissance, alimentée par la reprise des demandes intérieure et
étrangère et la poursuite des entrées d'investissement direct étranger.
Les scénarios macroéconomiques
La présente évaluation conjointe, qui décrit la politique mise en oeuvre par le
gouvernement pour atteindre ses objectifs de politique économique, présente deux
scénarios macroéconomiques quantitatifs. Ces scénarios couvrent une période qui
s'étend jusqu'en 2005 et illustrent les résultats macroéconomiques probables
attachés à différents choix de politique économique.
Scénario "pro-croissance"
Le scénario "pro-croissance", qui est le principal scénario et le plus optimiste, repose
sur l'hypothèse que le gouvernement adoptera des politiques macro et
microéconomiques actives conçues pour éliminer les faiblesses structurelles
subsistant dans l'économie et pour promouvoir la compétitivité.