
5e recensement national oiseaux marins nicheurs : premier bilan 2009-2010
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2-Méthodes
Les dénombrements concernent 28 espèces à reproduction régulière en France
métropolitaine : fulmar boréal, puffin cendré, puffin des anglais, puffin yelkouan, océanite
tempête, fou de Bassan, grand cormoran, cormoran huppé, mouette mélanocéphale,
mouette rieuse, goéland railleur, goéland d'Audouin, goéland cendré, goéland brun,
goéland argenté, goéland leucophée, goéland marin, mouette tridactyle, sterne hansel,
sterne caugek, sterne de Dougall, sterne pierregarin, sterne naine, guifette moustac,
guifette noire, guillemot de Troïl, petit pingouin, macareux moine. Il faut y ajouter quelques
espèces occasionnelles.
Toutes ces espèces d’oiseaux marins sont protégées au niveau national et plusieurs
d’entre elles sont inscrites à l’annexe I ou l’annexe II de la directive 2009/147/EC du
parlement européen et du conseil sur la conservation des oiseaux sauvages, dite
« directive Oiseaux », et la majorité présente un statut de conservation souvent précaire.
Trois d’entre elles sont considérées comme « en danger critique » par la liste rouge
MNHN/UICN et plusieurs autres sont classées comme « en danger » ou « vulnérables »
(voir tableau en fin de rapport).
L’objectif est de recueillir, selon une méthodologie standardisée, des données aussi
exhaustives que possible pour l’ensemble du territoire français sur les populations
reproductrices littorales (Manche, Atlantique, Méditerranée), mais également pour
certaines espèces sur les populations continentales. C’est le cas du grand cormoran, de
certains goélands (dont les goélands nicheurs en milieu urbain), des mouettes (rieuse et
mélanocéphale), des sternes (pierregarin et naine) et des guifettes (moustac et noire).
Toutes les espèces prises en compte ne sont pas strictement inféodées au milieu marin,
mais elles sont classiquement regroupées au sein d’un même groupe des oiseaux marins
et espèces apparentées.
Parmi ces espèces, celles qui ont des effectifs réduits, et généralement très
localisés, font l’objet de recensements réguliers réalisés par différentes structures, dont les
résultats sont repris annuellement dans le bilan des oiseaux nicheurs rares et menacés en
France (publié par la LPO dans la revue Ornithos ; voir de Seynes et al. 2010 pour la
dernière synthèse publiée). À la demande du Ministère en charge de l’environnement, le
grand cormoran fait depuis peu l’objet d’un recensement exhaustif national tous les trois
ans (2003, 2006, 2009 ; voir Marion 2008 pour la dernière synthèse publiée). Pour les
autres espèces, dont la répartition sur le territoire national est beaucoup plus large, un tel
décompte annuel exhaustif est impossible et c’est donc sur une base décennale que le
suivi de ces populations est assuré. Il existe cependant des recensements coordonnés
réalisés à l’échelle régionale pour diverses espèces, le plus souvent sur un pas de temps
de 3 ou 5 ans, recensements qui ont donc été programmés pour coïncider avec l’une ou
l’autre des années de l’enquête nationale.
Compte tenu du nombre élevé de secteurs à visiter (plusieurs centaines d’îlots et
plus de 1 000 km de côtes favorables à la reproduction des oiseaux marins) et des
difficultés d’accès aux colonies (falaises escarpées, îlots plus ou moins éloignés de la
côte), le déroulement du recensement national a été, comme pour les précédents, prévu
principalement sur deux saisons de reproduction en 2009-2010, avec des opérations
complémentaires en 2011, pour combler certaines lacunes. Quelques suivis pourraient
également être programmés pour l'année 2012, notamment pour le recensement des
grands goélands en milieu urbain.