
propagation nécessite donc un support matériel déformable,
contrairementàcelledesrayonsXquipeuts’effectuer dans le vide. Elles
induisent localement des modifications cycliques de la densité des
particules, de la pression et de la température, nommées variables
acoustiques, ainsi qu’un déplacement transitoire des particules autour
de leur position d’équilibre. On qualifie encore les ondes ultrasonores
de vibrations matérielles.
Elles sont, comme toute onde, définies par plusieurs caractéristiques,
dontcertainessont liées entreelles,tellesquela fréquence, lapériode,la
longueur d’onde, la vitesse de propagation, l’amplitude et l’intensité
(fig 2).
La fréquence (F) correspond au nombre de cycles (alternance de
compressions et raréfactions) par seconde ; son unité est le hertz (Hz).
Letermed’ultrasonsvientde ce que lafréquencedesondesultrasonores
est située au-delà de la gamme audible, c’est-à-dire au-delà de
20 000 Hz (20 kHz), ce qui les différencie des sons qui sont également
des ondes acoustiques, mais que l’oreille humaine peut percevoir.
La période (τ) correspond à la durée d’un cycle, elle s’exprime en unité
de temps. C’est l’inverse de la fréquence.
La longueur d’onde (λ) est la distance entre deux zones de statut
identique par rapport à la propagation de l’onde, ou encore la distance
parcourue par l’onde pendant une période.
La vitesse de propagation de l’onde (c) dépend du milieu traversé. Dans
les tissus biologiques, elle est de 1 540 m/s en moyenne.
Longueur d’onde (λ), vitesse (c) et période (τ) ou fréquence (F = 1/τ)
sont liées : λ=c.τ,λ= c/F.
La longueur d’onde est d’autant plus courte que la fréquence est élevée.
L’amplitude correspond au maximum de variation des variables
acoustiques (densité ou pression) induites par l’onde par rapport au
statut d’équilibre.
L’intensité (égale au carré de l’amplitude) correspond à la puissance
transportée par unité de surface et s’exprime en watts par centimètre
carré(W/cm
2
).L’intensitén’estpasuniformeauseindufaisceau,du fait
desagéométriecaractériséepar un élargissementprogressif ;l’intensité
est maximale au voisinage du point focal, là où le diamètre, donc la
surface du faisceau, est le plus réduit. Elle n’est pas non plus uniforme
temporellement car les ondes sont émises de façon discontinue pour la
réalisation de l’imagerie, sous forme de pulses de courte durée. Cela
conduit donc à définir des intensités moyennes et des pics d’intensité
spatiaux ou temporels (tableau I).
Du point de vue spatial, on considère l’intensité au centre du faisceau
(spatialpeak,SP) oumoyennée(spatialaverage, SA) etdupointde vue
temporel, on considère les valeurs pendant le pulse (pulse average, PA)
ou moyennées au cours du temps (temporal average, TA). De ces
données résultent quatre types d’intensité :
– Ispta (SP, TA) ;
– Isata (SA, TA) ;
– Isppa (SP, PA) ;
– Isapa (SA, PA).
Une dernière notion importante est la notion de phase : deux ondes sont
en phase si elles induisent les mêmes modifications (compression ou
raréfaction) au même instant. De la phase dépendent les phénomènes
d’interférences entre ondes élémentaires. Les effets s’additionnent pour
les ondes en phase (interférences constructives) et ont tendance à
s’annuler pour les ondes en opposition de phase. Dans le cas particulier
des ondes ultrasonores, le déphasage programmé et calculé de
différentes ondes élémentaires permet de concentrer l’énergie
ultrasonore sur une zone étroite, c’est-à-dire de focaliser le faisceau
ultrasonore qui tend sinon à diverger.
L’amplitude et l’intensité (égale au carré de l’amplitude) des ondes
diminuent progressivement au cours de la traversée des tissus. Cette
réduction correspond à l’atténuation et s’exprime en décibels (dB). Ces
unités permettent la comparaison de valeurs d’intensité, lorsque
d’importantes variations sont possibles et lorsqu’il n’y a pas de zéro de
référence. La valeur de référence est alors l’intensité initiale Io.
L’atténuation en dB=10log
10
I/Io.
Une atténuation de -20 dB correspond à un son 100 fois moins intense
qu’initialement.
Si 10 log
10
I/Io = -20, log
10
I/Io = -2, I/Io = 10
–2
, I = 0,01 Io.
Production des ultrasons
Piézoélectricité
Les ultrasons sont générés par piézoélectricité, phénomène qui permet
la transformation d’une énergie mécanique en énergie électrique, de
façon réversible. Cette fonction est réalisée par un élément de la sonde
ayant des propriétés piézoélectriques ; il s’agit de céramiques PZT, de
matériaux composites ou de polymères. Le terme de transducteur qui
désigne l’élément piézoélectrique ou par extension la sonde elle-même
vient de ce qu’ils convertissent une forme d’énergie en une autre. Ils
fonctionnent autant comme émetteurs d’ultrasons que comme
récepteurs. Pour produire un faisceau d’ultrasons, on leur applique une
impulsion électrique qui entraîne une vibration de la céramique. À
l’inverse, lors de la réception de l’écho, l’onde de pression qui vient
heurter le transducteur induit l’apparition de charges électriques. Ce
signal électrique est ensuite traité dans les circuits électroniques de
l’appareil et sert à l’élaboration de l’image échographique.
Caractéristiques de l’émission acoustique
L’émission ultrasonore en imagerie est intermittente. Elle est produite
par des impulsions électriques dont la durée détermine les
caractéristiques de l’émission acoustique.
Une impulsion brève induit une courte vibration de l’élément
piézoélectrique. Les échos réfléchis sont également brefs, ce qui permet
de distinguer deux cibles proches si les échos qu’elles émettent sont
décalés. Plus l’écho est bref, plus la distance résolue est petite.
La durée de l’impulsion électrique influence également la disparité des
fréquences émises.
Un transducteur a une fréquence de résonance naturelle (dite fréquence
centrale ou fréquence opératoire), inversement proportionnelle à
l’épaisseur de l’élément piézoélectrique.
La stimulation électrique induit une émission acoustique qui n’est pas
composée d’une seule fréquence mais d’une gamme de fréquences
réparties de façon gaussienne de part et d’autre de la fréquence de
résonance (fig 3). L’étalement de la répartition gaussienne peut être
modulé par la durée de stimulation électrique. Une impulsion brève
produit simultanément des ondes de fréquence dispersée, donc un
étalement de la gamme des fréquences émises.Avec une impulsion plus
longue, les fréquences émises sont davantage regroupées autour de la
fréquence centrale, ce qui est plus adapté aux examens doppler.
Si les transducteurs des appareils haut de gamme actuels ont tous la
capacité de gérer une large bande passante fréquentielle, ce qui est
1Propagation de l’onde ultrasonore.
Compression puis raréfaction des particules du milieu traversé, se transmettant de
proche en proche.
τ
λ
A
ariables acoustiques
(densité / pression)
Temps
2Caractéristiques de
l’onde ultrasonore.
Évolution des variables
acoustiques en fonction
du temps.
τ: période ; λ: longueur
d’onde ;A : amplitude.
Tableau I. – Définition des différents types d’intensité.
Intensité Au niveau
du point focal
(
spatial peak,
SP)
Sur l’ensemble
du faisceau
(
spatial average,
SA)
lors du
pulse
(
pulse ave-
rage,
PA) I
SPPA
I
SAPA
moyennée temporelle-
ment (
temporal average,
TA)
I
SPTA
I
SATA
PHYSIQUE DES ULTRASONS Radiodiagnostic35-000-C-10
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