Mise en œuvre
58 Octobre 2004 n°151 - Electronique
internes associées aux transistors formant
la porte doivent être chargées, ce qui
consomme de la puissance. Plus significative
encore est la charge des capacités externes,
incluant les capacités parasites des inter-
connexions et les capacités d’entrée des portes
aval.
Les commutations génèrent aussi une faible
dissipation de puissance par court-circuit.
Considérons une simple porte inverseur Cmos
où, habituellement, un seul des transistors
T
1
et T
2
conduit à un instant donné (figure 1).
Cependant, au moment où la porte bascule,
T
1
et T
2
seront conducteurs simultanément
pendant une fraction de seconde. Ce qui crée
un court-circuit momentané entre les rails
V
DD
(niveau logique 1, alimentation) et V
SS
(niveau logique 0, masse) générant un courant
responsable d’un pic de puissance transi-
toire.
Le temps durant lequel les deux transistors
conduisent simultanément dépend de leurs
tensions de seuil de commutation et de la
vitesse de montée (la pente) du signal com-
mandant la porte. L’un des facteurs jouant
sur cette pente du signal d’entrée de l’inver-
seur est la taille des transistors de la porte
qui le commande. Ces transistors doivent être
donc dimensionnés de manière à ce que les
transitions de signaux soient assez rapides
pour que l’intervalle de temps où les deux
transistors de l’inverseur conduisent reste
raisonnable (figure 1, cas (b)).
Cependant, s’ils sont surdimensionnés et si la
charge de la porte de commande est trop éle-
vée, les économies réalisées en minimisant
l’activité simultanée des transistors de l’in-
verseur (figure 1, cas (a)) sont contrebalan-
cées par le surplus de puissance nécessaire
à la charge des capacités des gros transis-
tors amont. De plus, la vitesse des signaux
peut créer des problèmes d’intégrité du signal
sous forme de bruit, surtensions, sous-ten-
sions et diaphonies.
Si, au contraire, les transistors de la porte de
commande sont trop petits et si sa charge est
trop faible, les transistors de l’inverseur seront
simultanément actifs pendant une durée
appréciable (figure 1, cas (c)), et c’est l’in-
verseur qui va consommer trop d’énergie;
de plus, son faible signal d’entrée pourra
subir des bruits et diaphonies de la part
d’autres signaux.
Ce phénomène de dissipation de puissance
dynamique peut être approché à l’aide de
l’équation suivante:
Puissance dynamique≈αfxCxV
2
Où αf est l’activité de commutation, en fonc-
tion de la fréquence d’horloge f; C, la capacité
commandée/commutée; et V
2
le carré de la
tension d’alimentation.
Cette équation montre que la dissipation
dynamique peut être réduite en minimisant
l’activité du circuit et/ou en réduisant la capa-
cité commandée et/ou en réduisant la ten-
sion d’alimentation.
Pour réduire l’activité, il est possible de bais-
ser la fréquence d’horloge du système mais
les performances seront affectées. Il est aussi
possible d’exploiter une technique de «clock
gating» (contrôle du signal d’horloge par une
porte logique) qui limite la distribution de
l’horloge aux seules portions du circuit utili-
sées à un instant donné. Il convient enfin de
minimiser l’activité locale de données liée
aux commutations parasites dynamiques
(«glitches» ou «hazards»), en équilibrant les
retards sur les chemins de données.
Pour diminuer les capacités, une approche
consiste à réduire la taille des portes pilo-
tant les interconnexions qui disposent d’une
puissance superflue, afin de réduire les capa-
cités associées à ces portes. Il existe aussi
des algorithmes de placement orientés
consommation qui minimisent la longueur
des interconnexions critiques afin de réduire
leurs capacités parasites. Dans l’idéal, ce type
de placement intelligent devrait être basé sur
(ou pondéré par) l’activité de commutation de
chaque interconnexion. Une autre voie
consiste à exploiter des technologies de maté-
riaux telles que les diélectriques à faible k et
les métallisations cuivre à faible résistance et
faible capacité.
Abaisser la tension d’alimentation réduit
aussi efficacement la consommation d’une
porte logique, mais diminue dans le même
temps fortement sa vitesse de commutation.
Une solution est de recourir à de multiples
niveaux d’alimentation, ce qui revient à faire
fonctionner plusieurs zones de la puce sous
différentes tensions.Auquel cas, les fonctions
dont les performances sont critiques devraient
être situées dans le domaine de plus haute
tension, les autres étant laissées dans les
domaines basse tension.
Il y a aussi d’intéressants choix à faire, aux
niveaux architecture et algorithme du flot de
conception, entre le parallélisme des fonc-
tions et la fréquence ou la tension. Une option
par exemple est de remplacer un bloc logique
de fréquence «f» sous une tension «V» par
deux copies de ce bloc, exécutant chacune la
moitié de la tâche à une fréquence et une
tension moins élevées. La consommation
totale de cette fonction pourrait ainsi être
réduite tout en maintenant la performance, au
prix d’une plus grande surface de silicium.
La dissipation statique
et son traitement
Autre source de consommation d’un circuit,
la dissipation statique se produit lorsque les
portes logiques sont inactives, c’est-à-dire
lorsqu’elles ne sont pas en train de commu-
ter. Théoriquement, elles ne devraient plus
alors consommer aucune puissance mais, en
réalité, il existe toujours un courant de fuite
à travers les transistors et une consomma-
tion qui lui est associée.
Même si la consommation statique d’une
porte logique est individuellement extrême-
ment faible, l’effet total devient significatif si
l’on considère que certains circuits contien-
nent des dizaines de millions de portes. En
outre, à mesure que la taille des transistors
diminue d’une technologie à l’autre, le niveau
de dopage s’élève et les courants de fuite
deviennent relativement plus importants.
Aussi, y compris dans les cas où d’impor-
tantes portions du circuit sont inactives, leur
consommation peut rester significative. En
fait, on s’attend à ce que la dissipation statique
dépasse la dissipation dynamique pour un
grand nombre de circuits dans un avenir
proche.
Deux équations interviennent en dissipation
statique. La première décrit les fuites dans
les transistors:
Fuite≈exp (-q V
t
/k T)
Un premier point important dans cette for-
mule est la dépendance exponentielle de la
dissipation statique vis-à-vis de la tempéra-
ture (T). Dès que le circuit s’échauffe, elle
croît exponentiellement.
L’autre point important est la dépendance
exponentielle de la dissipation statique vis-