
Programme de stabilité et de croissance du Grand-Duché de Luxembourg, 2015-2019
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I. ORIENTATIONS GENERALES ET OBJECTIFS DE LA POLITIQUE
BUDGETAIRE
La 16e actualisation du programme de stabilité (PSC) est établie pour la période 2015-2019. Cette
actualisation s’inscrit dans un contexte macroéconomique de la zone euro caractérisé par une reprise
économique soutenue à court terme, i.e. une croissance réelle du PIB de 1,4% en 2015 et 2,0% en
2016, et un certain fléchissement de la croissance à moyen terme avec une stabilisation autour de
1,3% au cours de la période 2017-2019. Cette trajectoire présuppose entre autres que la crise
financière et la crise de la dette souveraine dans la zone euro ont été maîtrisées. Néanmoins,
l’expérience de la crise continuera à peser sur le fonctionnement des économies et en particulier sur
le fonctionnement des marchés financiers dont les effets sur la croissance économique à long-terme
restent incertains à ce stade.
En tant que petite économie ouverte, le Luxembourg connaît un profil de croissance économique
fortement influencé par celui de la zone euro : à court terme une reprise économique soutenue avec
une croissance réelle du PIB de 3,8% en 2015, 3,6% en 2016, à moyen terme, une croissance autour
de 3% en moyenne au cours de 2017-2019. Une telle trajectoire de la croissance économique se
trouve bien en-deçà des moyennes historiques avant la crise de 4,5-5% : la crise a continué à réduire
le potentiel de croissance de l’économie, qui s’élève aujourd’hui à 2,5%. Quant à la composition de la
croissance économique, les exportations du secteur financier sont susceptibles de rester le
« moteur » de la croissance de l’économie luxembourgeoise. Même si le secteur financier s’est avéré
être très résilient face à la crise, des ajustements structurels ont eu lieu au cours des dernières
années de manière à ce que la contribution du secteur à la croissance économique et à l’emploi sera
quelque peu atténuée. En outre, la prévision n’incorpore pas d’ajustements supplémentaires au-delà
de ceux observés jusqu’ici. Ainsi, l’extension de l’échange d’information automatique à partir de 2017
n’est pas considérée comme ayant des incidences négatives sur l’activité du secteur. Néanmoins, les
réformes de l’architecture financière internationale, qui ont été entreprises depuis la crise et qui
continuent à être prises, auront davantage de conséquences pour l’évolution de l’industrie financière à
l’échelle globale et partant pour le secteur financier luxembourgeois qui devra par conséquent
continuer à s’adapter à ce nouvel environnement. En outre, la présente actualisation du PSC est
construite à partir d’une hypothèse d’absence d’impact des discussions BEPS sur l’activité
économique à Luxembourg, a fortiori sur les finances publiques.
La situation des finances publiques a été impactée par la crise économique et financière : aussi bien
l’effet négatif de la conjoncture comme le financement d’une politique de relance dans les années
2009 et 2010 ont pesé sur les finances publiques. Depuis 2011, la politique budgétaire a consisté à
rétablir la situation des finances publiques : aussi bien des plans de consolidation successifs (2011,
2013, 2014) tout comme de meilleures conditions macroéconomiques ont contribué à une
amélioration progressive de la situation des finances publiques en particulier au cours des années
2012-2014.