8 – Chambre Infos-16 - Viticulture-Oenologie - Dossier technique n° 9 - Décembre 2007
QUELLES SONT LES ENERGIES CONSOMMÉES ET PRODUITES
SUR UNE EXPLOITATION CHARENTAISE ?
Des bilans énergétiques ont été effectués sur des exploitations de type viticoles et céréalières. La synthèse
de ces diagnostics montre que le  oul utilisé pour les tracteurs, le gaz pour la distillation et les apports de
fertilisants sont les postes les plus consommateurs en énergies.
Depuis le début de l’ère indus-
trielle, la concentration de dioxyde
de carbone, d’oxyde d’azote et de
méthane, dits «gaz à effet de serr
(G.E.S.), a augmenté, provoquant
ainsi le réchauffement climatique.
L’agriculture représente environ
19 % des émissions de GES totales
du fait de la digestion des ruminants,
du cycle de vie des intrants (engrais
et phytosanitaires) et des pratiques
culturales (plus de 20 % des sources
d’émission). A cela, vient s’ajouter
une part non négligeable des com-
bustibles utilisés dans notre région
lors de la distillation (gaz, fuel) pour
la production d’eaux de vie.
A n d’identi er et d’évaluer les
principaux postes énergétiques
d’une exploitation en Charente, des
diagnostics énergétiques sont réali-
sés chez des exploitants de  lières
de productions différentes.
Création d’un observatoire
énergétique en Charente
Objectif de l’observatoire :
• suivre les consommations
énergétiques des exploitations en
fonction des  lières de production,
identi er les économies
d’énergies potentielles,
• étudier la possibilité de subs-
tituer les énergies fossiles par une ou
plusieurs énergies renouvelables.
Quelles sont les exploitations
agricoles analysées ?
60 exploitations de productions
différentes sont suivies sur le
département de la Charente par la
Chambre d’agriculture et l’ADASEA.
Des bilans énergétiques sont basés
sur la méthode PLANETE mise au
point par l’association SOLAGRO.
Principe de la méthode et
du diagnostic PLANETE
Objectif de la méthode :
quanti er à l’échelle de l’ex-
ploitation agricole, les entrées et les
sorties d’énergies.
• évaluer les émissions de Gaz
à Effet de Serre liées à la consomma-
tion d’intrants et aux pratiques agri-
coles.
LES ENTREES : la consomma-
tion d’énergie de l’exploitation
• Les énergies directes :
consommées sur le site de l’exploi-
tation :
- Le oul (tracteurs, tiers de
l’exploitation (CUMA, entreprise de
travaux agricoles))
- L’électricité (compteurs EDF,
irrigation collective)
- Les autres produits pétroliers
(gazole, essence pour les transports
sur l’exploitation, huile des moteurs,
propane, butane, gaz naturel)
Les énergies indirectes :
qui ont été consommées lors de
la fabrication et du transport des
intrants :
- Les engrais minéraux et
organiques
- Les produits phytosanitaires
- Les semences
- L’amortissement énergétique
des matériels et machines utilisées
ainsi que celui des bâtiments (éner-
gie dépensée dans la fabrication des
tracteurs et outils, ou dans les maté-
riaux du bâtiment).
LES SORTIES : la valeur éner-
gétique alimentaire de la produc-
tion de l’exploitation
En matière d’énergie, l’agricul-
ture a la spéci cité de pouvoir pro-
duire de l’énergie alimentaire, ou plus
exactement de transformer grâce à
la photosynthèse l’énergie solaire en
énergie chimique stockée sous forme
de biomasse végétale. L’énergie pro-
duite permet de calculer l’ef cacité
énergétique d’une exploitation.
Schéma général de l’analyse PLANETE
Février 2008 - Dossier technique n° 10 - Viticulture-Oenologie - Chambre Infos-16 – 9
Commentaire Graphique : En Charente, les postes « Autres produits pé-
troliers » et « Fioul » sont les plus consommateurs par rapport à la base
Synthèse des bilans
énergétiques pour les
exploitations charentaises
viticoles-céréalières
Exploitations enquêtées : 29
exploitants cultivant la vigne et les
céréales ont réalisé un bilan énergé-
tique de leur exploitation. En moyen-
ne, 48 ha sont destinés aux céréales
et 20 ha pour la vigne. De plus, sur
les 29, 20 d’entre eux sont bouilleurs
de cru.
Unités utilisées : L’unité de l’éner-
gie dans le système international est
le Joule mais, pour des raisons pra-
tiques, les consommations énergéti-
ques présentées ici sont exprimées
en EQF = Equivalent Litre de
Fioul. En effet, tout le monde ima-
gine assez bien par habitude ce que
représente un litre de  oul pour sa
voiture, son chauffage...
Exemple : 50 kg de propane
consommés = 71 EQF (Equivalent Li-
tre de Fioul)
Quelle est la consommation
énergétique moyenne d’une
exploitation ?
En Charente, elle est de 555 EQF / ha
SAU avec des extrêmes allant de 201
EQF/ha à plus de 1075 EQF/ha, ce
qui est comparable aux valeurs obte-
nues dans d’autres régions viticoles
et à l’échelle nationale.
Pour repère, 555 EQF équivaut à
6928 km effectués avec une voiture
diesel à 7L/100 km sur 1 ha.
Sur une exploitation charentaise,
la part en énergies directes utilisée
( oul, gaz, électricité…) est supé-
rieure à celle en énergies indirectes
(phytos, fertilisants, semences, ma-
tériels...). Plus la surface de vigne est
importante par rapport aux céréales,
plus les énergies directes consom-
mées semblent élevées et plus la part
en énergies indirectes est réduite.
Ceci reste à con rmer avec un nom-
bre d’exploitations plus important.
Les exploitations en Charente
sont plus productrices d’énergies que
dans d’autres régions (1481 EQF/ha
SAU contre 1192 EQF/ha, moyenne
nationale).
L’ef cacité énergétique (rapport
sorties / entrées) est meilleure sur
les exploitations charentaises avec
un rapport Sorties/Entrées de 2,96
contre 2,1 au niveau national. Quand
l’ef cacité énergétique est supérieur
à 1, le bilan énergétique est positif :
Répartition des énergies consommées sur
une exploitation
(échantillon : 29 exploitations)
Trois postes représentent plus
de 70 % de la consommation totale
d’énergie :
Deux postes d’énergies directes :
le  oul et les autres produits pétroliers
(gaz, gazole, essence, lubri ants). La
consommation en  oul, principalement
liée à l’usage des tracteurs, est de
l’ordre de 130 EQF/ha SAU et peut
l’exploitation produit plus d’énergie
(sous forme alimentaire) qu’elle n’en
a consommée (sous forme d’énergie
non renouvelable). Ici, plus de 90%
des exploitations ont une ef cacité
supérieure à 1.
Quelle est la répartition des énergies consommées
sur une exploitation ?
atteindre plus de 250 EQF/ha dans
certains cas.
Chez les bouilleurs de cru, la dis-
tillation au gaz est le poste le plus
consommateur en énergie puisqu’il
représente 56% du poste « autres
produits pétroliers » et peut atteindre
plus de 25% de la consommation
globale en énergies.
un poste d’énergie indirecte : la
fertilisation
La consommation d’énergie liée
à l’apport des fertilisants est très va-
riable d’une exploitation à l’autre. La
valeur moyenne des exploitations qui
en consomment est de 140 EQF/ha
SAU. En Charente, plus de 90% des
exploitations ont une consomma-
tion comprise entre 1 et 275 EQF/ha
SAU.
10 – Chambre Infos-16 - Viticulture-Oenologie - Dossier technique n° 9 - Décembre 2007
Quels sont les Gaz à Effet de
Serre (GES) émis par une exploita-
tion agricole :
En agriculture, les principales
émissions de GES proviennent
• des animaux (émissions
de méthane (CH4) et de protoxyde
d’azote (N20)).
• des différentes formes
d’azote mises en jeu (émissions de
protoxyde d’azote (N2O) directement
dans l’air ou via le sol (fertilisation,
minéralisation,  xation, émissions
gazeuses directes…),
• et de la consommation d’éner-
gie directe ou indirecte (CO2 et oxydes
d’azote lors des combustions).
Ces gaz n’ont pas le même pou-
voir de réchauffement. Par exemple,
1 kg de CH4 produit autant d’effet de
serre que 21 kg CO2.
Quel est le pouvoir de réchauffe-
ment global (PRG) de l’atmosphère
d’une exploitation agricole ?
A partir de la méthode PLANETE, il
est possible de calculer à l’échéance
de 100 ans, le Pouvoir de Réchauffe-
ment Globale des gaz émis par une
exploitation agricole. On le calcule
par le cumul pondéré des quantités
des 3 gaz ci-dessous :
1 tonne de CO2 = 1 tonne éq CO2
1 tonne de CH4 = 21 tonnes éq CO2
1 tonne de N20 = 310 tonnes éq CO2
En dé nitive, même des gaz émis
en petite quantité peuvent fortement
Commentaire graphique : Le poste « Fertilisants » est le plus consommateur en
énergie surtout en Charente. L’énergie liée à l’utilisation des phytos est nettement
supérieure à la base nationale, ce qui s’explique par la plus grande utilisation des
phytos pour la culture de la Vigne. Le poste « Semence » est peu représenté.
En Charente, la plupart des bâtiments ont plus de 20 ans donc, ils sont amortis
énergétiquement, ce qui con rme la faible part du poste « Batiments ».
contribuer à l’accentuation de l’effet
de serre.
En fait, le PRG re ète les consé-
quences de l’émission des gaz à effet
de serre émis par une exploitation sur
le réchauffement de l’atmosphère.
Plus la consommation énergétique
globale d’une exploitation est élevée
et plus le pouvoir de réchauffement
global est important.
Le PRG moyen obtenu sur les 29
exploitations est nettement inférieur
aux valeurs obtenues au niveau na-
tional. Il est de 1.74 tonnes éqCO2/
haSAU alors qu’en moyenne au ni-
veau national, le PRG atteint 4,78 t
de eqCO2/ha sur une exploitation
agricole (toutes  lières confondues).
Par exemple, l’émission de 1.74 t
eqCO2/ha SAU équivaut 9714 km en
roulant avec une voiture diesel (7L pour
100 km) sur un ha.
Quels sont les Gaz à Effet de
Serre émis par une exploitation
charentaise ?
En Charente, une exploitation
cultivant de la vigne et des céréales
émet en moyenne :
1,1 tonnes de CO2/ha corres-
pondant à 63 % des émissions glo-
bales de l’exploitation
2,08 tonnes de N20/ha soit 37 % des
émissions globales de l’exploitation.
Les exploitations enquêtées n’émet-
tent pratiquement pas de méthane,
car l’élevage ne fait pas partie de
l’échantillon enquêté.
Ces bilans énergétiques mon-
trent combien les consomma-
tions énergétiques sont variables
d’une exploitation à l’autre et ce
d’autant plus en comparant des
exploitations du même type. Cette
synthèse laisse entrevoir les solu-
tions possibles pour économiser
les énergies mais surtout, montre
qu’il n’existe pas de solutions pré-
conçues. Chaque stratégie mise
en place pour faire des écono-
mies doit  nalement être adaptée
à chaque exploitation et doit faire
appel à beaucoup de bon sens.
Nous le développerons dans notre
prochain bulletin. Avant d’entamer
une démarche pour utiliser et pro-
duire des énergies renouvelables
(solaire, bois-énergie, panneaux
photovoltaïques…), il faut d’abord
Contact : Laura Mornet - 05 45 36 34 00
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