
Le Bars, 1995). Les structures supraspinales responsables des CIDN sont confinées dans la partie
caudale de la formation réticulée bulbaire, incluant notamment le SRD. Les neurones du SRD
présentent des caractéristiques fonctionnelles typiques des CIDN : ils sont activés exclusivement
par des stimuli nociceptifs quelle que soit la région du corps stimulée et codent précisément
l‟intensité de ces stimulations (Villanueva et coll., 1996). De plus, des lésions localisées dans la
partie caudale du tronc cérébral réduisent les CIDN aussi bien chez l‟animal que chez l‟homme
(De Broucker et coll. 1990). Ces réseaux pourraient favoriser la détection de l‟information
nociceptive en améliorant le rapport signal/bruit entre la population de neurones médullaires
activés par le stimulus nociceptif et l‟inhibition concomitante des autres neurones médullaires.
Comme de nombreux neurones du SRD innervent à la fois le thalamus et la moelle épinière, il
est probable que ce noyau régule simultanément l‟information sensorielle qui transite dans les
voies nociceptives médullaires et thalamiques (Monconduit et coll., 2002b). Il a d‟ailleurs été
montré que les couches profondes de la corne dorsale (V-VII), qui contiennent des neurones
répondant aux stimulations nociceptives cutanées et/ou viscérales, projettent principalement dans
la partie dorsale du SRD qui en retour, exerce des influences inhibitrices et excitatrices sur ces
neurones. Ces influences excitatrices sont exacerbées dans des modèles de douleur
neuropathique (Sotgiu et coll. 2008).
2- La région rostrale du tronc cérébral : le bulbe rostro-ventro-médian (RVM)
De nombreuses expériences de microstimulation bulbaire chez l‟animal ont montré que des
effets antinociceptifs puissants étaient déclenchés à partir de la substance grise périaqueducale
ventrale (PAG) et de la RVM (voir réfs. dans Oliveras et Besson, 1988). La RVM module
l‟activité des neurones des couches superficielles et profondes de la corne dorsale par des voies
descendantes directes. Les cellules de la RVM reçoivent les influx nociceptifs indirectement, par
l‟intermédiaire de la PAG et du noyau reticulé gigantocellulaire. La RVM joue un rôle clé dans
la modulation descendante car la PAG a peu de projections directes sur la corne dorsale. En
réalité, comme les systèmes bulbaires caudaux, les réseaux incluant la RVM sont à la fois
excitateurs et inhibiteurs (voir réfs. dans Fields et coll., 2004).
L‟enregistrement de l‟activité électrophysiologique des neurones de la RVM a permis de
comprendre ce mécanisme de contrôle bidirectionnel (figure 3). En fait, il existe trois classes de
neurones dans la RVM : les cellules « off », dont l‟activité s‟arrête juste avant le réflexe de
retrait provoqué par un stimulus nociceptif, les cellules « on », qui deviennent actives juste avant
ce même réflexe, et les cellules neutres qui ne présentent pas d‟activité pouvant être reliée au
réflexe. Les cellules « on » et « off » projettent directement sur les couches superficielles et
profondes de la corne dorsale. La microinjection d‟agonistes opioïdes ou de bicuculline dans la