LE PREMIER MYSTÈRE GLORIEUX LA RÉSURRECTION

publicité
LE PREMIER MYSTÈRE GLORIEUX
LA RÉSURRECTION
« Digne est l’agneau immolé de recevoir
l’honneur, la gloire et la louange ! » (Ap 5, 12).
La gloire de la foi
« Or la foi est la garantie des biens que l’on espère,
la preuve des réalités qu’on ne voit pas » (Hb 11, 1).
La glorieuse résurrection de Jésus continue
dans la gloire du Très Saint-Sacrement.
C’est ici que demeure notre Sauveur ressuscité :
de là, il donne sa vie, sa lumière et son amour
à ceux qui viennent en sa présence.
C’est le sacrement de Pâques,
car l’Eucharistie accomplit et rend présent tout le mystère pascal du Christ,
sa vie, sa mort et sa résurrection.
L’Eucharistie est notre Seigneur ressuscité,
d’où il déverse toute la puissance de sa résurrection
sur nous qui venons en sa présence eucharistique,
renforçant en nous sa propre image et ressemblance.
Le véritable chrétien croit que Jésus
vit et demeure aujourd’hui au Saint-Sacrement,
nous aimant et nous appelant à le suivre.
« La vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul vrai Dieu
et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).
Si notre foi dans l’Eucharistie est faible, alors prions simplement :
« Seigneur, je crois, augmente ma foi » (Mc 9, 24).
Pour le don de la foi, il suffit de demander :
« Demandez et vous recevrez, cherchez et
vous trouverez, frappez et il vous sera ouvert » (Lc 11, 9).
Comme les apôtres nous prions humblement :
« Augmente notre foi » (Lc 17, 5). Ici, nous disons à Jésus :
« Seigneur à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
Nous croyons et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6, 68).
Quand Jésus apparut aux apôtres, il dit à Thomas :
« Tu as cru parce que tu as vu.
51
Bienheureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29).
Ici, Jésus vous appelle « Bienheureux » à cause de votre foi dans l’Eucharistie.
C’est la gloire de la foi !
Nous croyons en sa présence réelle,
nous croyons en la transsubstantiation,
non pas parce que nous voyons,
ou comprenons ce qui s’y passe,
mais grâce à notre FOI EN JÉSUS,
qui « prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples, en disant :
Prenez et mangez, CECI EST MON CORPS ! » (Mt 26, 26).
Lors du discours eucharistique, les apôtres lui demandèrent :
« QUE DEVONS NOUS FAIRE
POUR TRAVAILLER AUX ŒUVRES DE DIEU ?
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que
VOUS CROYIEZ EN CELUI QU’IL A ENVOYÉ » (Jn 6, 28-29).
Si Jésus était visible, tout le monde viendrait à lui.
Mais Jésus cache sa gloire et sa beauté au Saint-Sacrement
car il veut que nous venions à lui dans la foi
ET QUE NOUS L’AIMIONS POUR LUI-MÊME.
Il récompense la foi de ceux qui viennent à lui
en les irradiant de sa gloire cachée,
en les plongeant dans sa beauté cachée,
laissant donc l’âme éternellement plus glorieuse et plus belle au ciel
pour chaque moment passé en sa présence eucharistique sur terre.
« Ainsi la splendeur du nouveau temple surpassera celle du premier.
En ce lieu, je vous accorderai la paix » (Ag 2, 8).
Ici, nous rencontrons Jésus comme ses disciples
l’ont rencontré sur la route d’Emmaüs.
Ici, notre Seigneur ressuscité parle à notre cœur :
« LA PAIX SOIT AVEC VOUS » (Jn 20, 19).
« PRENEZ COURAGE. C’EST MOI, N’AYEZ PAS PEUR ! » (Mt 14, 27).
Comme Jean-Baptiste a témoigné
de la présence de Jésus au Jourdain et a proclamé :
« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29).
Ici, nous témoignons de notre foi par notre heure sainte
52
en proclamant au monde : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1, 29).
« Digne est l’Agneau immolé de recevoir
l’honneur, la gloire et la louange ! » (Ap 5, 12).
Ici, Jésus est l’Agneau pascal, infiniment digne de recevoir notre adoration incessante.
Il est la divine victime immolée pour notre salut,
continuant de s’immoler dans la sainte Eucharistie.
Il est l’Agneau de l’Apocalypse
qui donne la vie au monde par le Très Saint-Sacrement :
c’est « le banquet pascal dans lequel le Christ est mangé, l'âme est comblée de grâce,
et le gage de la gloire future nous est donné » (Vatican II, SC 47).
Dans ce mystère eucharistique, Jésus s’exclame :
« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 25).
Par notre adoration eucharistique, nous témoignons
de sa résurrection et nous disons au monde :
« Il est ressuscité. Il est apparu à Simon ! » (Lc 24, 34).
« Ma force et mon courage sont dans le Seigneur » (Is 12, 2).
Prière au Saint-Sacrement
Jésus, raffermis notre foi en ta présence réelle au Saint-Sacrement,
mystère de notre foi, pour qu’à l’exemple de tes disciples
qui t’ont reconnu « à la fraction du pain » (Lc 24, 35),
nous parvenions à te reconnaître dans l’Eucharistie
de façon intime et personnelle, avec cette foi profonde et vive
qui mène à « la preuve des réalités qu’on ne voit pas » (Hb 11, 1).
Qu’elle nous permette de ressentir la douceur de ton amour
« qui surpasse toute science » (Ph 3, 8).
Par le Cœur immaculé de Marie, nous te prions de transformer notre paroisse
et toutes les paroisses de monde en communautés de foi,
répondant à ton appel de t’aimer jour et nuit au Très Saint-Sacrement.
C’est là où tu nous demandes de « prier sans cesse » (1 Th 5, 17),
car là se trouve ta demeure, toi, le Sauveur ressuscité.
Là tu nous aides, par la puissance de ta résurrection, à participer à tes souffrances
afin de participer également à la gloire de ta résurrection.
Sur chaque grain du rosaire, rends plus intime notre union avec toi
jusqu’à ce que notre prière proclame d’un seul cœur :
« TOUT CE QUE JE VEUX, C’EST CONNAÎTRE LE CHRIST JÉSUS » (Ph 3,10).
53
54
LE DEUXIÈME MYSTÈRE GLORIEUX
L’ASCENSION
« Car l’agneau qui est au milieu du trône sera leur berger et les conduira aux
sources d’eau vive. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap 7, 17).
La gloire de l’espérance
« Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leurs forces,
ils déploient leurs ailes comme des aigles » (Is 40, 31).
L’Eucharistie est le sacrement de l’espérance,
puisque Jésus, avant son ascension, nous a promis de revenir :
« Je ne vous laisserai pas orphelins, je viendrai » (Jn 14, 18).
Pour revenir et établir sa demeure parmi nous pour toujours,
il choisit la sainte Eucharistie ; c’est l’accomplissement de sa promesse :
« Sachez que je suis avec vous TOUJOURS jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).
La présence réelle, véritable, physique et personnelle de notre Seigneur
dans l’Eucharistie est la preuve absolue de son amour fidèle et éternel.
Son amour eucharistique est personnel, infini ; il embrasse tout.
« Tel un berger il fait paître son troupeau. De son bras, il rassemble les agneaux,
il les porte sur son sein » (Is 40, 11).
Jésus au Saint-Sacrement est le bon Berger qui nous rassemble autour de lui.
Il nous attire à son cœur, comme il attira saint Jean au cours du dernier repas.
Ici, nous prions auprès de Jésus :
« Pose-moi comme un sceau sur ton cœur » (Ct 8, 6).
Ici, « il appelle ses brebis chacune par son nom » (Jn 10, 3),
et dit : « personne ne les arrachera de ma main » (Ct 2, 16).
« Je suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé,
Il pourra entrer et sortir et il trouvera un pâturage » (Jn 10, 9).
Ici, pendant notre heure sainte de prière en sa présence eucharistique,
Jésus nous conduit « aux sources d’eaux vives » (Jn 7, 38) de sa grâce et de sa paix.
Ici, il nous fortifie dans nos faiblesses, il nourrit nos vertus.
Il nous conforte dans l’affliction et nous encourage au milieu de nos contrariétés.
« Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbes fraîches, il me fait reposer.
Vers les eaux tranquilles, il me mène » (Ps 23, 2).
Jésus reste pour toujours avec nous pour nous aider constamment dans tous nos besoins.
« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8, 31).
55
« Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous,
comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur ? » (Rm 8, 32).
L’Eucharistie nous interpelle constamment : « D’un amour éternel, je t’ai aimé » (Jr 31, 3).
Sa présence permanente nous prouve que nous lui appartenons
et qu’il nous appartient : « Mon Bien-aimé est à moi et je suis à lui » (Ct 2, 16).
C’est la gloire de l’espérance :
Nous sommes créés pour être avec Jésus pour toujours.
Jésus est l’aspiration de chaque cœur humain.
« Dieu a tout créé par lui et pour lui » (Col 1, 16).
La paix est le bonheur et l’accomplissement intérieur que nous trouvons en Dieu.
C’est ma paix que je vous donne.
Je ne vous la donne pas comme le monde la donne » (Jn 14, 27).
Notre espérance de bonheur n’est pas centrée sur la possession de biens,
mais sur la possession seule de Dieu.
« Tu es mon maître souverain, je n’ai de bonheur que près de toi » (Ps 16, 2).
L’espérance est la lumière qui centre toute notre attention et nos désirs
SUR LA POSSESSION DE DIEU POUR L’ÉTERNITÉ.
« Tu nous as fait pour toi, Seigneur,
et notre coeur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en toi » (saint Augustin)
« En Dieu seul le repos pour mon âme, de lui mon salut » (Ps 62, 2).
« L’espérance ne déçoit point » (Rm 5, 5)
car Jésus nous cherche avec infiniment plus de passion que nous pouvons le chercher.
« Car rien ne nous séparera de l’amour
que Dieu nous a manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rm 8, 38-39).
La bonté du Seigneur dépasse toute description !
« Tomber amoureux de Dieu est la plus grande des histoires d’amour,
le chercher, la plus grande aventure,
le trouver, le plus grand accomplissement humain » (Mère Teresa).
« Dieu est Amour » (1 Jn 4, 8). « Il nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19)
et il fait mille pas vers nous pour chaque pas que nous faisons vers lui.
« Je suis sûr que celui qui a commencé en vous cette œuvre
excellente en poursuivra l’accomplissement » (Ph 1, 6).
Jésus révèle son Cœur eucharistique brillant d’une clarté comparable à mille soleils.
Pendant notre heure sainte, nous puisons l’énergie divine du Fils de Dieu,
baignant dans les rayons de son amour eucharistique.
56
Ainsi, « nous sommes renouvelés dans notre cœur et notre esprit » (Ep 4, 23),
ne raisonnant plus avec les pensées de ce monde, mais avec celles de Dieu.
L’Eucharistie est Jésus, notre Sagesse,
« la lumière du monde » (Jn 8, 12) qui chasse toute ténèbre,
nous aidant à tout voir selon les desseins de Dieu.
Ce temps précieux et calme avec lui façonne en nous une spiritualité impérissable,
grandissant à la lumière du soleil de son amour eucharistique,
pour chaque moment passé en sa divine présence,
« dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà,
infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir » (Ep 3, 20).
Marie est la parfaite adoratrice de la sainte humanité de Jésus dans l’Eucharistie
avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité.
Après son ascension, Marie passait sa vie en communion avec Jésus
dans la sainte Eucharistie, où elle l’appréciait plus encore
que pendant sa vie mortelle, le possédant à elle seule dans ce sacrement.
Le degré d’union et d’intimité divine qu’elle partageait avec lui devenait sans mesure.
« Seigneur, j’aime la beauté de ta maison, le lieu du séjour de ta gloire » (Ps 26, 8).
L’Eucharistie décrit l’indescriptible, exprime l’inexprimable :
DIEU, L’INFINI, QUI NOUS AIME INFINIMENT.
Tout ce que Jésus est, tout ce qu’il a, il nous le donne dans la sainte Eucharistie,
« selon la richesse de sa grâce qu'il nous a prodiguée en toute sagesse et intelligence » (Ep 1, 8). En se donnant à nous, il nous donne une ESPÉRANCE
INÉBRANLABLE : SON AMOUR EST ÉTERNEL. Oui, un amour sans fin.
Nous ne pourrons rien penser, dire ou faire qui changera son amour éternel
et sa constante affection pour nous. « L'amour du Seigneur à jamais je le chante,
d'âge en âge ma parole annonce ta vérité » (Ps 89, 2).
Prière au Saint-Sacrement
Jésus, augmente notre espérance et centre la sur ton amour eucharistique.
Nous te supplions, par Marie, d’apporter l’espérance à toute l’humanité.
Pendant ce mystère, NOUS T’OFFRONS LA COMMUNION DE MARIE
AVEC TA PRÉSENCE EUCHARISTIQUE PENDANT SA VIE SUR TERRE,
AFIN DE TE DONNER MAINTENANT DURANT NOTRE HEURE SAINTE
TOUTE LA GLOIRE QU’ELLE T’A ALORS APPORTÉE.
Nous nous unissons à la parfaite action de grâce de Marie, qui trouve sa paix,
sa joie et son accomplissement en ta présence eucharistique, notre paradis sur terre.
57
58
LE TROISIÈME MYSTÈRE GLORIEUX
LA DESCENTE DU SAINT-ESPRIT SUR LES APÔTRES
« Viens, que je te montre la fiancée, l’épouse de l’agneau » (Ap 21, 9).
La gloire de l’amour et du renouveau
« Je suis venu jeter un feu sur la terre,
et comme je voudrais que déjà il fût allumé ! » (Lc 12, 49).
Les apôtres en prière sont réunis autour de Marie, comme nous aujourd’hui,
lorsque le Saint-Esprit descend sur eux comme des langues de feu,
ce même feu d’amour divin qui embrase le Cœur de Jésus dans l’Eucharistie :
« l’amour même de Dieu est répandu en nos cœurs » (Rm 5, 5).
La sainte Eucharistie est « l’Alliance nouvelle et éternelle »,
le « sacrement de l’unité », « le lien d’amour » entre Dieu et les hommes.
Son Cœur eucharistique est la SOURCE DE TOUT AMOUR
comme le soleil est la source de toute énergie, chaleur et lumière.
Au Saint-Sacrement, il nous rend capables
« de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés » (Jn 13 34)
en nous donnant la grâce divine et la force d’aimer non selon la chair
mais selon l’esprit, en comblant notre cœur de charité divine,
pour sortir de notre égoïsme et être animé par le même amour, « caritas » de Dieu.
Nos relations les uns envers les autres doivent prendre leur source dans notre
relation avec Dieu. Ainsi, nous nous aimons en Dieu et dans sa charité.
Le grand commandement nous apprend à aimer Dieu
de tout notre cœur en le plaçant avant tout désir.
« Par lui, avec lui et en lui », en union avec l’Esprit habitant en nous,
nous prions afin de vivre l’Eucharistie dans notre vie quotidienne
en cherchant, en premier, la sainte volonté de Dieu,
en ayant une continuelle conscience de Dieu et en purifiant nos intentions,
afin de tout faire par pur amour et pour la gloire du Père,
« le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation » (2 Co 1, 3).
Il nous accorde au Très Saint-Sacrement
« toutes sortes de bénédictions spirituelles » (Ep 1, 3).
Dans la sainte Eucharistie, nous livrons nos cœurs à Jésus afin que,
dans le feu de son amour divin, il conforme notre cœur à l’image du sien, nous revêtant
« des sentiments de tendre compassion, de bienveillance et d’humilité » (Col 3, 12).
59
Jésus vit sa vie à nouveau en nous, lorsque nous rayonnons sur les autres
l’amour et les vertus de son Cœur eucharistique.
« Si vous vous aimez les uns les autres,
alors tous sauront que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 35).
Dans l’Eucharistie, Jésus « nous réconforte dans toutes nos souffrances
afin que nous puissions réconforter ceux qui passent
par toutes sortes de souffrances en leur apportant le réconfort
que nous avons nous-mêmes reçu de lui » (2 Co 1, 4).
Chaque acte de bonté que nous recevons ou que nous donnons
n’est rien d’autre que Jésus nous aimant par les autres
ou Jésus aimant les autres par nous.
Et ce que nous faisons les uns pour les autres, Jésus le reçoit pour lui.
La Pentecôte était le premier anniversaire de l’Église catholique,
la seule Église que Jésus lui-même a fondée.
Marie nous apprend à aimer le Pape, le Vicaire du Christ sur terre,
et à obéir à tout ce que l’Esprit Saint nous apprend par lui.
Par le Saint-Esprit, nous obtenons le courage d’embrasser les vérités
de notre foi catholique et de ne pas en avoir honte,
car « le parfait amour bannit la crainte » (1 Jn 4, 18).
L’Église est l’épouse du Christ qui nous nourrit et nous recrée
sans cesse dans la sainte Eucharistie en renouvelant
son Esprit en nous et en nous donnant un cœur nouveau :
« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous une esprit nouveau » (Ez 36,26).
Il échange nos « cœurs de pierre » insensibles
contre son propre « cœur de chair » (Ez 11, 19)
afin que nous puissions aimer Dieu en tout et par-dessus tout.
Par son amour eucharistique, Jésus nous transforme en lui-même.
« Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
Jésus révèle son Cœur comme un océan infini d’amour et de miséricorde.
Ici, nous buvons aux eaux vives de son Esprit Saint.
Jésus s’écrie : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi » (Jn 7, 37).
La parabole du fils prodigue illustre la soif
et l’enthousiasme divin de Jésus pour nous,
non seulement dans le sacrement de Réconciliation mais aussi dans l’Eucharistie.
Jésus nous attend avec le même enthousiasme
60
qui poussa le Père à embrasser dans la joie son fils prodigue.
Son profond amour pour nous dans l’Eucharistie le retient toujours ici,
comme preuve vivante de son attachement à nous-même.
Il serait prêt à faire pour vous seul ce qu’il a fait pour toute l’humanité.
La puissance créatrice de Dieu est infinie.
Il a envisagé des milliers de possibilités avant de vous créer,
parce qu’il vous a aimés comme la « prunelle de ses yeux » (Dt 32, 10)
bien avant que le monde fut créé.
Marie est le modèle du renouveau.
Elle nous mène à une union sponsale avec Jésus ;
Lui, le premier amant, l’ouvrier merveilleux,
le Père du pauvre, le Sauveur majestueux
qui, au Saint-Sacrement, est le divin époux de notre âme.
« Le Seigneur ton Dieu est au milieu de toi, héros sauveur !
Il exultera pour toi de joie, il te renouvellera par son amour ;
il dansera pour toi avec des cris de joie » (So 3, 17).
Prière au Saint-Sacrement
Cœur eucharistique de Jésus, divine fournaise de charité,
enflamme notre cœur d’un parfait amour pour toi.
Nous te donnons l’impureté et la laideur de notre âme
en échange de ta pureté et de ta beauté.
Jésus, sanctifie-nous et rends notre cœur semblable au tien
pour devenir un reflet de ton amour,
comme le rayon de lumière traversant une fenêtre,
afin que tous te voient en nous.
Comme un ostensoir, puissions-nous t’exposer au monde !
Par Marie, épouse du Saint-Esprit,
nous prions pour une nouvelle Pentecôte aujourd’hui
où tu envoies ton Esprit Saint sur tous.
Que le feu de ton divin amour, comme les rayons du soleil,
touche, bénisse, aide et guérisse toute l’humanité.
Que l’Esprit Saint provenant de ton Cœur eucharistique
DESCENDE SUR CHACUN DE NOUS
ET RENOUVELLE LA FACE DE LA TERRE
afin qu’il n’y ait « qu’un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10, 16).
61
62
LE QUATRIÈME MYSTÈRE GLORIEUX
L’ASSOMPTION
« Heureux ceux qui sont invités
au repas des noces de l’agneau » (Ap 19, 9).
La gloire de l’union
« Je prie pour que tous soient un comme toi, Père,
tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous » (Jn 17, 21).
Marie est élevée au ciel et son Cœur s’unit à jamais au Cœur de Jésus.
Ces deux Cœurs battent à l’unisson. Là où est Jésus, là se trouve Marie.
On l’appelle Notre-Dame du Saint-Sacrement.
Le Cœur de Marie est la porte qui conduit directement à Jésus.
Elle est l’entrée du Sacré-Cœur.
Chaque Je vous salue Marie ouvre notre cœur à son amour
et nous unit plus intimement au Cœur eucharistique de Jésus.
« Heureux ceux qui sont invités au repas des noces de l’Agneau » (Ap 19, 9).
L’Agneau est Jésus, notre Seigneur eucharistique.
Il reçoit l’appellation « Agneau » parce que dans le sacrifice eucharistique,
Il s’immole lui-même par amour pour nous.
Tous sont appelés à une union transformante
et à des noces spirituelles avec le Seigneur.
Le bonheur est la réponse à cette invitation de profonde union
et d’intimité divine avec Jésus au Saint-Sacrement.
Notre degré d’union avec lui sur terre déterminera pour toujours
le degré de gloire que nous partagerons avec lui au Ciel.
Alors, nous ressemblerons au Christ ressuscité pour toujours
avec un nouveau corps transformé à sa ressemblance
et rayonnant de sa même gloire.
« Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu.
Quand le Christ paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui
et vous aurez part à sa gloire » (Col 3, 3-4).
« Il transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire,
avec cette force qu’il a de pouvoir se soumettre toutes choses » (Ph 3, 21).
L’Eucharistie est la gloire même de Jésus sur le point d’être révélée.
Même si nous ne sommes pas conscients de cela,
Il nous transfigure par sa gloire quand nous le recevons dans la sainte Communion
63
ou quand nous le visitons dans l’Eucharistie.
« Nous tous, le visage découvert, nous reflétons la gloire du Seigneur ;
ainsi nous sommes transformés en cette même image,
allant de gloire en gloire » (2 Co 3, 18).
L’Eucharistie est le prélude du festin nuptial céleste,
festin nuptial d’amour divin infini où nous aimerons Dieu
et nous nous aimerons les uns les autres
AVEC L’AMOUR PARFAIT DE DIEU MÊME.
VOILÀ LA GLOIRE DE L’UNION !
« Ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu,
ce qui n’est pas montré au cœur de l’homme,
tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment » (1 Co 2, 9).
Jésus au Saint-Sacrement est la promesse de la fête pascale céleste,
quand « Dieu essuiera toutes les larmes de nos yeux » (Ap 21, 4),
car « on ne se souviendra plus du passé,
il ne reviendra plus à l’esprit » (Is 65, 17).
Il ne restera que son amour, sa paix et sa joie éternellement.
Plus vous aimez quelqu’un,
plus vous voulez être avec cette personne bien-aimée.
Jésus nous aime tant qu’il ne veut jamais nous quitter.
Il reste avec nous jour et nuit pour accomplir sa promesse :
« On ne t’appellera plus ‘la ville abandonnée’ ou ‘terre dévastée’.
On t’appellera au contraire ‘plaisir du Seigneur’ ou ‘terre épousée’.
Car tu seras vraiment le plaisir du Seigneur et ta terre aura un époux.
Celui qui te rebâtit sera un mari pour toi. De même aussi qu’une fiancée
fait la joie de son fiancé, tu feras la joie de ton Dieu » (Is 62, 4-5).
Jésus reste toujours avec nous dans l’Eucharistie comme un signe
de son amour éternel, un amour qui ne finira jamais.
Jésus institua la sainte Eucharistie à cause de son désir infini
d’être un avec vous pour toujours.
Si seulement nous savions à quel point Jésus nous aime dans l’Eucharistie,
nous en mourions de bonheur !
Il se consume d’amour pour nous !
Si seulement nous savions quels délices notre heure d’adoration lui apporte,
nous ne voudrions jamais quitter sa présence eucharistique.
« J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie,
64
pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple » (Ps 27, 4).
Même quand vous vous sentez distrait, éprouvé ou agité,
le simple fait de mettre votre foi à l’œuvre
en prenant du temps et en choisissant de lui rendre visite,
apporte une joie indescriptible à son Sacré-Cœur.
Il est si reconnaissant pour chaque moment passé avec lui,
que grâce à votre visite, chaque personne sur terre est bénie
et reçoit un nouvel effet de sa bonté, de sa grâce et de sa miséricorde.
Vous touchez tellement son Cœur en laissant votre foi vous attirer à lui
que le monde entier est attiré plus près de Dieu,
parce que l’Eucharistie est le sacrement de l’amour et de l’unité
et que chaque personne devant le Saint-Sacrement représente le monde entier.
Par l’adoration perpétuelle, la terre s’unit au Ciel :
nous venons « devant le trône de Dieu,
le servant jour et nuit dans son temple » (Ap 7, 15).
Ici, Jésus nous attire à lui et nous détache des biens de ce monde
afin de désirer les biens du Ciel,
où chacun sera uni au sein de la sainte Trinité
et ne fera qu’un éternellement dans les sacrés Cœurs de Jésus et de Marie.
Prière au Saint-Sacrement
Jésus, à chaque Je vous salue Marie de ce mystère,
nous t’offrons l’amour de Marie pour combler le manque d’amour de notre cœur,
afin de t’aimer à présent, au Saint-Sacrement,
avec l’amour parfait de son Cœur immaculé.
Voici un avant-goût de notre Ciel sur terre :
T’AIMER, JÉSUS, AVEC LE CŒUR DE MARIE.
Par Marie, nous pouvons dire : «Jésus, je t’aime de tout mon cœur ».
« Celui qui m’aime il gardera ma parole et mon Père l’aimera,
et nous viendrons vers lui et nous habiterons chez lui » (Jn 14, 23).
Que chaque Je Vous salue Marie
approfondisse notre relation personnelle avec toi.
Que notre communion constante avec toi sur terre
devienne un avant-goût de notre union avec toi au Ciel.
Jésus, nous prions par les mérites infinis de ton Sacré-Cœur
et par les mérites du Cœur immaculé de Marie
que tous soient UN avec toi dans la sainte Eucharistie.
65
66
LE CINQUIÈME MYSTÈRE GLORIEUX
LE COURONNEMENT
« Ils combattront l’agneau, mais l’agneau les vaincra,
car il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois » (Ap 17, 14).
La gloire de l’humilité et de la victoire finale
« Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui
ait la vie éternelle, et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jn 6, 40).
Marie est élevée au sommet de la gloire
parce qu’elle a laissé Dieu l’abaisser aux profondeurs de l’humilité.
« Celui qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé » (Mt 23, 12).
Ce cinquième mystère glorieux préfigure
la victoire finale de Jésus, de Marie et de l’Église.
Puisque l’Église est à la ressemblance de Jésus et de Marie,
tout ce qui arrive à Jésus et à Marie arrivera à l’Église tout entière.
Marie est la Reine du Ciel et de la terre.
« Un grand signe apparut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil
comme d’un vêtement, la lune est sous les pieds
et une couronne de douze étoiles sur la tête » (Ap 12, 1).
Elle écrasera la tête du serpent avec son talon :
ses humbles enfants qui suivent avec obéissance la volonté de Dieu
coopèrent à l’avènement du règne de Jésus, son Fils, dans chaque cœur.
« Mais eux l’ont vaincu par le sang de l’Agneau
et par les paroles de leur témoignage » (Ap 12, 11).
Voilà la gloire de l’humilité et de la victoire finale !
Les deux victoires de Jésus et de Marie vont de pair,
en réalité, elles n’en forment qu’une seule.
Marie reconnaît son néant absolu sans Dieu
pour que Dieu soit absolument tout pour elle.
Avec Marie, nous adorons humblement Jésus au Saint-Sacrement
en reconnaissant notre absolue dépendance envers lui.
« Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3, 30).
L’Eucharistie est la source vivante de toute lumière, de toute vie et de tout amour.
Ici, Jésus dit : « Je suis la vigne. Vous êtes les sarments.
Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits,
car hors de moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5).
67
Chaque heure sainte approfondit notre union avec lui et porte beaucoup de fruits.
« Oui, au sanctuaire je t’ai contemplé, voyant ta puissance et ta gloire.
Meilleur que la vie, ton amour » (Ps 63, 3-4).
Dieu ne se laisse jamais vaincre en générosité.
La femme qui ouvrit le flacon d’albâtre pour honorer Jésus
lui donna tant de gloire par son humilité, qu’il lui dit :
« Je vous le déclare, c’est la vérité : partout où l’on annoncera l’Évangile,
on racontera ce que cette femme a fait et l’on se souviendra d’elle » (Mc 14, 9).
Votre heure sainte, aujourd’hui, représente encore plus pour Jésus.
Elle sera racontée au ciel et retentira à la gloire de Dieu à travers toute l’éternité.
« Maître, il est bon que nous soyons ici » (Mc 9, 5).
Notre privilège d’être appelé aujourd’hui à être en sa compagnie
est aussi grand que celui de Pierre, Jacques et Jean,
quand ils étaient appelés à être avec lui au Mont Thabor.
Ils ont été témoins de la gloire de sa Transfiguration.
Nous sommes témoins de la gloire de son amour divin et de son humilité divine
et il nous appelle à vivre dans la grâce du moment présent.
Ici, il appelle son Église tout entière à la prière et à la contemplation :
« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses,
mais une seule est nécessaire.
Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée » (Lc 10, 41).
L’Eucharistie nous rappelle avec persistance :
« Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre » (Col 3, 2).
« Car nous n’avons pas ici-bas de cité permanente » (Hb 13, 14).
« Nous sommes citoyens des cieux » (Ph 3, 20).
La sainte Eucharistie est « le mystère de sa volonté,
ce dessein bienveillant qu’il avait formé en lui par avance,
pour le réaliser quand les temps seraient accomplis :
ramener toutes choses sous un seul chef, le Christ,
les êtres célestes comme les terrestres » (Ep 1, 9-10).
« Le Seigneur sera toujours roi. Que le Seigneur donne de la force à son peuple,
qu’il le bénisse en lui donnant la paix » (Ps 29, 10-11).
« Je régnerai par l’amour tout-puissant de mon Sacré-Cœur » (Jésus à sainte
Marguerite-Marie)
68
LA SAINTE EUCHARISTIE EST LE PRÉLUDE DE SON RÈGNE SUR TERRE :
« Maintenant la demeure de Dieu est parmi les hommes ! Il demeurera avec eux »
(Ap 21, 3). « Ils crient leur joie devant le Seigneur, car il vient.
Il vient pour rendre la justice sur la terre » (Ps 98, 8-9).
« Dieu a mis toutes choses sous les pieds du Christ » (Ep 1, 22).
« Si nous restons fermes, nous régnerons aussi avec lui » (2 Tm 2, 12).
Jésus au Saint-Sacrement est l’Agneau victorieux,
« l’Alpha et l’Oméga », « le Seigneur des seigneurs » et le « Rois des rois ».
« Qui ne te craindrait, Seigneur ? Qui refuserait de te rendre gloire ?
Car toi seul es Saint, toutes les nations viendront t’adorer » (Ap 15, 4).
« Notre salut vient de notre Dieu sur le trône, ainsi que de l’Agneau ! » (Ap 7, 10).
C’est le même Jésus que « tout le monde cherchait à toucher,
parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous » (Lc 6, 19).
Il dit : « Moi, le Seigneur, je connais les desseins que je forme pour vous ; desseins de
paix et non de malheur pour vous donner un avenir et une espérance » (Jr 29, 11).
« Du trône de l’Agneau coule un fleuve de vie
qui GUÉRIT TOUTES LES NATIONS » (Ap 22, 2-3).
Chaque fois que nous contemplons Jésus au Saint-Sacrement,
notre union avec lui devient plus intime.
Il déverse à torrent son amour miséricordieux sur le monde entier
et nous rapproche du jour de la victoire finale où
« tout genou fléchira et proclamera que Jésus-Christ est Seigneur » (Ph 2, 10).
« Le règne de Dieu est tout proche » (Mc 1, 15).
La venue de Jésus dans l’Eucharistie est l’assurance
de sa promesse de la victoire finale :
« VOICI, JE FAIS L’UNIVERS NOUVEAU » (Ap 21, 5).
Prière au Saint-Sacrement
Jésus, par Marie, nous te soumettons humblement notre cœur
afin de vivre selon l’Évangile, tout l’Évangile, tout au long de notre vie
en réponse à l’Eucharistie où tu nous donnes ton Cœur.
Ce sacrement contient tout ce que tu as et tout ce que tu es,
« toute la richesse spirituelle de l’Église » (Vatican II, PO 5),
« une bonne mesure, bien serrée et secouée, débordante » (Lc 6, 38).
Jésus, durant ce mystère, nous prions avec confiance pour LE TRIOMPHE
DU CŒUR IMMACULÉ DE MARIE ET LE RÈGNE DE TON SACRE-CŒUR
dans tous les cœurs afin que « DIEU SOIT TOUT EN TOUS » (1 Co 15, 28).
69
CONGREGATIO PRO CLERICIS
LETTRE POUR LA SANCTIFICATION DU CLERGÉ
(Le préfet de la congrégation du Clergé, le cardinal Hummes,
écrit à tous les évêques de l’Église)
Excellence Révérendissime,
Il y a vraiment tant à faire pour le véritable bien du clergé et pour la fécondité du
ministère pastoral dans les circonstances actuelles. Mais c’est bien pour ce motif que, gardant la ferme résolution de relever ces défis sans éluder les difficultés ni les efforts nécessaires, bien conscients que l’agir est une conséquence de l’être et que l’âme de tout apostolat est
l’intimité divine, nous désirons partir d’un mouvement spirituel qui, faisant prendre toujours
plus conscience du lien ontologique entre l’Eucharistie et le sacerdoce ainsi que de la maternité spéciale de Marie vis-à-vis de tous les prêtres, donne naissance à une chaîne d’adoration
perpétuelle pour la réparation des manquements et pour la sanctification des clercs, et lance
un mouvement d’engagement des âmes féminines consacrées pour qu’elles veuillent bien, à
l’image de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère du Grand Prêtre éternel et Associée à son
œuvre de rédemption, adopter spirituellement des prêtres, pour les aider à travers l’offrande
de leur personne, l’oraison et la pénitence.
Selon les données constantes de la Tradition, le mystère et la réalité de l’Église ne
se réduisent pas à la structure hiérarchique, à la liturgie, aux sacrements et aux dispositions
juridiques. En effet, la nature intime de l’Église et l’origine première de son efficacité
sanctificatrice doivent être recherchées dans l’union mystique avec le Christ.
Selon la doctrine et la structure même de la constitution dogmatique Lumen
Gentium, une telle union ne peut être conçue comme séparée de celle qui est la Mère du
Verbe Incarné et que Jésus a voulue intimement unie à Lui pour le salut de tout le genre
humain.
Ce n’est donc pas un hasard si le jour même où la constitution dogmatique sur
l’Église était promulguée – le 21 novembre 1964 –, Paul VI proclamait Marie « Mère de
l’Église », c’est-à-dire mère de tous les fidèles et de tous les pasteurs.
Et le concile Vatican II – à propos de la Bienheureuse Vierge Marie – s’exprime
ainsi : « En concevant le Christ, en l’enfantant, le nourrissant, le présentant au Père dans
le temple, en souffrant avec son Fils mourant sur la croix, elle a coopéré d’une manière
toute spéciale par son obéissance, sa foi, son espérance et son ardente charité, à l’œuvre du
Sauveur de restaurer la vie surnaturelle dans les âmes. Voilà pourquoi elle fut pour nous la
mère dans l’ordre de la grâce » (LG n° 61).
Sans rien ajouter ni retrancher à l’unique médiation du Christ, la toujours Vierge
est reconnue et invoquée, dans l’Église, avec les titres d’Avocate, d’Auxiliatrice, de
71
Secours, de Médiatrice ; elle est le modèle de l’amour maternel qui doit animer tous ceux
qui coopèrent, à travers la mission apostolique de l’Église, à la régénération de l’humanité
tout entière (cf. LG n° 65).
À la lumière de ces enseignements, qui font partie de l’ecclésiologie du concile
Vatican II, les fidèles, en tournant leur regard vers Marie – exemple resplendissant de toute
vertu –, sont appelés à imiter la première disciple, la mère, à laquelle, en la personne de
Jean – au pied de la croix (cf. Jn 19, 25-27) – chaque disciple a été confié ; ainsi, en devenant ses enfants, ils apprennent d’elle le véritable sens de la vie en Christ.
C’est ainsi – et précisément à partir de la place occupée et du rôle joué par la
Vierge très sainte dans l’histoire du salut – que l’on entend confier de manière toute particulière à Marie, la Mère du Grand Prêtre éternel, tous les prêtres et susciter dans l’Église
un mouvement de prière centré sur l’adoration eucharistique continuée dans le cours des
vingt-quatre heures, afin que de partout dans le monde une prière d’adoration, d’action de
grâces, de louange, de demande et de réparation s’élève toujours et sans cesse vers Dieu,
dans le but principal de susciter un nombre suffisant de saintes vocations à l’ordre sacerdotal et, en même temps, d’accompagner spirituellement – au niveau du Corps Mystique–,
dans une sorte de maternité spirituelle, ceux qui ont déjà été appelés au sacerdoce ministériel et qui sont ontologiquement conformés à l’unique Grand Prêtre éternel, afin qu’ils
Le servent toujours mieux, ainsi que leurs frères, comme ceux qui sont à la fois « dans »
l’Église mais aussi «face» à l’Église à la place du Christ, le représentant comme tête, pasteur et époux de l’Église (cf. PdV n° 16).
Il est donc demandé à tous les ordinaires diocésains qui ressentent particulièrement
la spécificité et le caractère irremplaçable du ministère ordonné dans la vie de l’Église, ainsi
que l’urgence d’une action commune en faveur du sacerdoce ministériel, de prendre part activement à la promotion – auprès des différentes portions du peuple de Dieu qui leur sont
confiées – de véritables cénacles où les membres du clergé, les religieux et les laïcs se consacrent, unis entre eux et dans un véritable esprit de communion, à la prière, sous la forme de
l’adoration eucharistique continuée, également dans un esprit de réparation et de purification
réelles et authentiques. On trouvera ci-joint un opuscule pour aider à mieux comprendre l’esprit de l’initiative, et une fiche qu’on voudra bien retourner à la Congrégation, si on a l’intention – ce qui est vivement souhaité – d’adhérer dans un esprit de foi au projet présenté ici.
Que Marie, Mère de l’unique Grand Prêtre éternel, bénisse la présente initiative et
intercède auprès de Dieu en demandant un authentique renouvellement de la vie sacerdotale à partir de l’unique modèle possible : Jésus Christ, le Bon Pasteur !
Je vous présente cordialement mes respects dans le lien de la communio ecclésiale,
avec des sentiments d’intense affection collégiale.
Cláudio Card. Hummes
Préfet
X Mauro Piacenza
Secrétaire
Du Vatican, 8 décembre 2007. Solennité de l’Immaculée Conception de la B.V. Marie.
72
Note explicative pour augmenter dans les diocèses (paroisses, rectorats, chapelles, monastères, couvents, séminaires) la pratique de l’adoration eucharistique continuée1 à l’intention de tous les prêtres et des vocations sacerdotales
Dans son Exhortation apostolique « Sacramentum Caritatis », notre Saint-Père le pape
Benoît XVI a concrétisé le pérenne enseignement de l’Église sur le caractère central de
l’adoration eucharistique dans la vie ecclésiale, à travers un appel concernant l’adoration
perpétuelle, adressé à tous les pasteurs, évêques et prêtres, et au peuple de Dieu : « Avec
l’assemblée synodale, je recommande donc vivement aux Pasteurs de l’Église et au peuple de Dieu la pratique de l’adoration eucharistique, qu’elle soit personnelle ou communautaire. À ce propos, une catéchèse adaptée, dans laquelle on explique aux fidèles l’importance de cet acte de culte qui permet de vivre plus profondément et avec davantage de
fruit la célébration liturgique elle-même, sera d’un grand profit. Ensuite, dans les limites
du possible, surtout dans les zones les plus peuplées, il conviendra de choisir des églises
ou des oratoires pour les réserver tout spécialement à l’adoration perpétuelle. En outre,
je recommande que dans la formation catéchétique, en particulier dans les parcours de
préparation à la Première Communion, les enfants soient conduits au sens et à la beauté
du fait de se tenir en compagnie de Jésus, en cultivant la stupeur pour sa présence dans
l’Eucharistie » (Sacramentum Caritatis, n° 67).
Pour favoriser l’appel du Saint-Père, la Congrégation pour le Clergé, dans sa sollicitude
envers les prêtres, propose que :
1. chaque diocèse donne mandat à un prêtre de se consacrer à plein temps – dans la mesure du
possible – au ministère spécifique de la promotion de l’adoration eucharistique et à la coordination dans le diocèse de cet important service. En se dévouant généreusement à un tel ministère, il aura lui-même la possibilité de vivre cette dimension particulière de vie liturgique, théologique, spirituelle et pastorale, si possible en un lieu spécialement réservé à cet effet, choisi par
son évêque, et où les fidèles pourront bénéficier de l’adoration eucharistique perpétuelle. De
même qu’il existe des sanctuaires mariaux, avec des recteurs préposés à un ministère particulier adapté aux exigences spécifiques, il pourra y avoir des sortes de « sanctuaires eucharistiques » avec des prêtres responsables, qui rayonnent et promeuvent l’amour spécial de l’Église
pour la Très sainte Eucharistie, dignement célébrée et continuellement adorée. Un tel ministère,
à l’intérieur du presbytérium, rappellera à tous les prêtres diocésains, comme l’a dit Benoît
XVI, que « c’est précisément dans l’Eucharistie que réside le secret de leur sanctification (…)
le prêtre doit être avant tout un adorateur et un contemplatif de l’Eucharistie » (Angélus du 18
septembre 2005) ;
2. l’on détermine des lieux spécifiques à réserver à l’adoration eucharistique continuée. Dans
ce but, les curés, recteurs et aumôniers sont encouragés à introduire dans leurs communautés la
pratique de l’adoration eucharistique tant personnelle que communautaire, selon les possibilités de chacun et dans un effort collectif de développement de la vie de prière. On ne négligera
73
pas d’impliquer dans cette pratique toutes les forces vives, à commencer par les enfants qui se
préparent à la première communion ;
3. les diocèses intéressés par un tel projet pourront rechercher des aides appropriées pour
organiser l’adoration eucharistique continuée au séminaire, dans les paroisses, les rectorats,
les oratoires, les sanctuaires, les monastères, les couvents. La Providence divine ne manquera
pas de susciter des bienfaiteurs qui contribuent à la réalisation de ce projet de renouveau
eucharistique des Églises particulières, comme par exemple à travers la construction ou
l’adaptation d’un lieu de culte pour l’adoration, à l’intérieur d’un grand édifice de culte ;
l’achat d’un ostensoir solennel ou d’un noble ornement liturgique ; la subvention de matériel
liturgique, pastoral et spirituel destiné à l’adoration ;
4. les initiatives destinées au clergé local, surtout celles qui sont relatives à sa formation permanente, devront toujours être imprégnées d’un climat eucharistique ; il sera justement favorisé par un temps notable consacré à l’adoration du Saint-Sacrement, de manière que celle-ci
devienne, avec la messe, la force motrice de tout engagement individuel et communautaire ;
5. les modalités de l’adoration eucharistique dans les différents lieux pourront être variées,
selon les possibilités concrètes. Par exemple :
> adoration eucharistique perpétuelle au cours des 24 heures ;
> adoration eucharistique continuée, des premières heures du matin jusqu’au soir ;
> adoration eucharistique de … h à … h pour chaque jour ;
> adoration eucharistique de … h à … h pour un ou plusieurs jours par semaine ;
> adoration eucharistique pour des circonstances particulières telles que fêtes ou anniversaires.
La Congrégation pour le Clergé exprime toute sa gratitude aux Ordinaires qui voudront bien
être les animateurs d’un tel projet, qui ne manquera pas d’apporter un renouveau spirituel au
clergé et au peuple de Dieu de leurs Églises particulières.
Afin de pouvoir suivre de près le développement de ce que désire le Saint-Père, les ordinaires intéressés par cette initiative sont priés de signaler au présent dicastère les développements de l’adoration eucharistique continuée, dans leurs diocèses, en précisant surtout
quels prêtres et lieux ont été impliqués dans cet important apostolat eucharistique. La
Congrégation pour le Clergé ne manquera pas, là où c’est requis, d’apporter d’éventuels
éclaircissements en la matière.
Du Vatican, le 8 décembre 2007.
1
Par « adoration eucharistique continuée » on entend non seulement l’adoration ininterrompue, 24 heures sur
24, mais aussi l’adoration continuée du matin au soir. Cette dernière, en effet, sera davantage à la portée des
prêtres et des fidèles de petites communautés. Bien évidemment, là où le nombre des fidèles est plus élevé et
où il y a une effective disponibilité, on pourra étudier la possibilité de parvenir à maintenir sans interruption
l’exposition de l’Eucharistie.
74
Comment prier le Chapelet
JE CROIS EN DIEU, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre ;
et en Jésus-Christ, son Fils unique,
Notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce-Pilate,
a été crucifié, est mort, a été enseveli,
est descendu aux enfers,
est ressuscité le troisième jour ;
est monté aux cieux, est assis à la droite de
Dieu le Père tout-puissant
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint-Esprit,
la sainte Église catholique,
la communion des saints,
la rémission des péchés,
la résurrection de la chair,
la vie éternelle. Ainsi soit-il.
JE VOUS SALUE MARIE,
pleine de grâce,
Le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénies entre toutes les femmes,
et Jésus le fruit de vos entrailles est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort.
NOTRE PÈRE qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui
notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Mal.
GLOIRE AU PÈRE,
au Fils et au SaintEsprit,
comme il était au commencement, maintenant et toujours dans
les siècles des siècles.
Amen
Ô MON JÉSUS, pardonne-nous nos offenses,
préserve-nous du feu de
l’enfer, conduis au ciel
toutes les âmes, surtout
celles qui ont le plus
besoin de ta miséricorde.
SOUVENEZ-VOUS : Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire
qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre intercession, ait été abandonné. Animé
d’une pareille confiance, j’accours vers vous, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je viens à vous, et gémissant
sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. Ô Mère de Verbe incarné, ne méprisez pas mes
prières, mais écoutez-les favorablement, et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.
PRIÈRE DE SAINT MICHEL : Saint Michel Archange, défendez nous dans le combat ; soyez notre soutien contre la perfidie et les embûches du démon. Que Dieu réprime son audace ! Telle est notre humble
prière. Et vous, Prince de la milice céleste, par la vertu divine, refoulez en enfer satan et les autres esprits
mauvais, qui sont répandus dans le monde pour perdre les âmes. Ainsi soit-il.
PRIERE À L’ANGE GARDIEN : Ange de Dieu, à qui la bonté divine m’a confié, daignez, en cette
journée (en cette nuit), m’éclairer, me garder, me conduire et me gouverner. Amen.
PRIÈRE DE L’ANGE DE L’EUCHARISTIE À FATIMA : Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit,
je vous adore profondément, et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par
lesquels il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très saint Cœur et du Cœur immaculé de
Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.
75
du même auteur
édités par les «Missionnaires du Saint Sacrement»
« Venez à Moi au Saint Sacrement »
« Lettres à un frère prêtre »
« La Nouvelle Évangélisation »
Missionnaires du Saint-Sacrement
BP. 12
83110 Sanary-sur-Mer
France
Site : www.adoperp.com
Email : [email protected]
Tel / Fax : 04 94 07 74 61
N° Édition :
N° d’impression :
Dépot légal : juin 2008
Imprimé en France par l’Imprimerie IAPCA (Groupe Riccobono)
Z.A. les ferrières 83490 Le Muy
Illustrations : Fra Angelico, Scènes de la Vie du Christ, 1450, © San Marco, Florence
Couverture : © Ludovic Lécuru
Copyright « Missionnaires du Saint Sacrement »
76
Téléchargement