classes caractéristiques réelles de certains g-fibrés

Publicacions Matem`atiques, Vol 42 (1998), 359–382.
CLASSES CARACT´
ERISTIQUES R´
EELLES
DE CERTAINS G-FIBR´
ES VECTORIELS
ET R´
ESIDUS
Abdelhak Abouqateb
Abstract
This work is a contribution to study residues of real character-
istic classes of vector bundles on which act compact Lie groups.
By using the ˇ
Cech-De Rham complex, the realisation of the usuel
Thom isomorphism’s permites us to illustrate localisation’s tech-
nics of some topological invariants.
1. Introduction
Etant donn´e ξ=(Eπ
→V) un fibr´e vectoriel sur lequel op`ere diff´eren-
tiablement un groupe de Lie compact G, tel que l’action de Gsur V
soit quasi-libre (c’est `a dire tous les groupes d’isotropie sont discrets) , il
est bien connu que les classes caract´eristiques de dimension sup´erieure ou
´egale `a dim V−dim G+1 d’un tel fibr´e sont nulles; la raison g´eom´etrique
en est l’existence d’une connexion sp´eciale de courbure Rbasique (c’est
`a dire i(X)R= 0 pour tout champ de vecteurs fondamental X).
Ce th´eor`eme d’annulation donnait naissance `a un probl`eme de r´esidus:
“D´ecrire, quand l’action n’est plus quasi-libre, la localisation
des classes caract´eristiques de dimension sup´erieure ou ´egale `a
dim V−dim G+1 d’un G-fibr´e vectoriel, autour du lieu singulier PGqui
est l’ensemble des points de Vo`u le groupe d’isotropie n’est pas discret.”
Ce probl`eme a ´et´er´esolu par P. Baum-J. Cheeger lorsque G=S1
(cf. [5]) puis sous certaines conditions par F. G´omez lorsque Gest un
tore (cf. [7]), et en suite par N. Alamo-F. G´omez dans une situation plus
g´en´erale (cf. [2]).
Keywords. Characteristic classes, residues, group action, Thom’s isomorphism, fiber
integration.
360 A. Abouqateb
Ce qu’on se propose de faire c’est d’´etudier la situation suivante:
ξ=(Eπ
→V) est un K×Tr-fibr´e vectoriel (o`u Kest compact connexe,
et Tr=Rr/Zrle tore r´eel de dimension r) tel que:
(i) Kop`ere quasi-librement sur V.
(ii) Il existe un vecteur non nul h0∈Rr,(Rr= l’alg`ebre de Lie
de Tr), dont le champ de vecteurs fondamental associ´e Xh0est
transverse aux orbites de l’action de Ksur V−Z´ero(Xh0).
Comme exemple d’une telle situation (voir 5.14).
Le papier sera organis´edelafa¸con suivante:
Le paragraphe 2 est consacr´e`alar´ealisation de l’isomorphisme de
Thom dans le complexe de ˇ
Cech-De Rham, et son application `a des
probl`emes de r´esidus.
Au paragraphe 3 nous faisons des rappels sur les actions diff´erentiables
de groupes de Lie sur les fibr´es vectoriels, et nous d´emontrons un lemme
technique sur l’existence d’une connexion sp´eciale.
Au paragraphe 5 nous donnons une formule de r´esidus du type
P. Baum-J. Cheeger et F. G´omez; le Th´eor`eme 5.15 en sera le r´esultat
fondamental.
Notations. L’alg`ebre diff´erentielle gradu´ee des formes diff´erentielles
C∞sur une vari´et´e diff´erentiable Bsera not´eΩ
∗
(B). Un fibr´e localement
trivial, C∞, orient´e, (Eπ
→B), de fibre F, sera souvent d´esign´e par
(E,π,B,F) un fibr´e vectoriel r´eel C∞.Ond´esignera alors par Ω∗
F(E)
l’espace gradu´e des formes diff´erentielles `a support “compact dans la
direction de la fibre” (cf. [8]). On note
RDr:Ω
∗
F
(E)→Ω
∗−r(B), o`u
r= dim F, l’op´erateur d’int´egration le long de la fibre (cf. [3], [8]),
satisfaisant dans le cas o`u l’espace Eest sans bord `al’´egalit´e
RF◦d=
(−1)rd◦
RF.
2. Isomorphisme de Thom
2.1. Cas d’un fibr´e vectoriel.
Soit (M,π,W,Rr) un fibr´e vectoriel r´eel C∞orient´e. On consid`ere
l’alg`ebre diff´erentielle gradu´ee (C∗(M,M −W),D)d´efinie par:
C∗(M,M −W)=Ω
∗
(M)
L
Ω
∗−1(M−W)avecladiff´erentielle
D(β,γ)=(dβ, −dγ +β) et le produit (β,γ)(β0,γ0)=(β∧β
0
,γ∧β0).
(La base Wdu fibr´e´etant identifi´ee `a son image par la section nulle).
La cohomologie de cette alg`ebre diff´erentielle s’identifie naturellement
`a la cohomologie relative H∗(M,M −W, R), (cf. [12]).
Classes caract´
eristiques de G-fibr´
es 361
Munissons le fibr´e vectoriel (M,π,W,Rr) d’une m´etrique riemanni-
enne h.i, et posons pour tout ε>0:
Mε={z∈M, hz, zi≤ε}
∂Mε={z∈M, hz, zi=ε}
et ◦
Mε={z∈M, hz, zi<ε}.
Ce sont les espaces totaux de fibr´es C∞localement triviaux, canonique-
ment orient´es, de fibres respectives Dε,∂Dεet ◦
Dε:
(Mε,π,W,D
ε),(∂Mε,π,W,∂D
ε)et(
◦
M
ε
,π,W, ◦
D
ε).
(D
εd´esigne le disque ferm´edeR
rcentr´eenz´ero, et de rayon √ε,∂Dε
sa fronti`ere et ◦
Dεson int´erieur.)
Pour ε=1,onpose
DM =M1,SM=∂M1
Dr=D1et Sr−1=∂D1.
Pour toute forme diff´erentielle homog`ene β∈Ωk(M), l’int´egrale le long
de la fibre Drde la restriction de β`a DM est une forme diff´erentielle
homog`ene sur W:
ZDr
(β|DM )∈Ωk−r(W).
De mˆeme si γ∈Ωk−r(M−W), on a
ZSr
(γ|SM )∈Ωk−r(W).
D´efinition 2.1. On d´efinit l’op´erateur “d’int´egration le long de la
fibre”
Z:C∗(M,M −W)→Ω∗−r(W)
en posant
Z(β,γ)=
ZD
r
β−
ZS
r−1
γ
c’est une application lin´eaire homog`ene de degr´e −r.
362 A. Abouqateb
Lemme 2.2. L’op´erateur
Rsatisfait l’´egalit´e:
R◦D=(−1)rd◦
R, induit donc, en cohomologie une application lin´eaire
H(
R):H
∗
(M,M −W)→H∗−r(W), homog`ene de degr´e −r.
Th´eor`eme 2.3 (Isomorphisme de Thom). H(
R)est un isomor-
phisme d’espaces vectoriels gradu´es.
D´emonstration:
1er cas: West un point.
On a alors l’identification M=Rret W={0}.
On sait que
Hk(Rr,Rr−{0})=½0sik<r
Rsi k=r
et
Hk({0})=½Rsi k=0
0 si non.
De plus, il est facile de voir que dans ce cas, l’application Hk(
R):
H
k
(R
r
,R
r
−{0})→H
k−r
({0}) s’identifie `a l’application nulle, sauf
pour k=r.
On en d´eduit qu’il suffit de montrer que l’application Hr(
R):
H
r
(R
r
,R
r
−{0})→Rest surjective.
Or puisque (Rr−{0})ser´etracte par d´eformations sur la
sph`ere unit´e Sr−1,onend´eduit l’existence d’une forme diff´erentielle
γ∈Ωr−1(Rr
−{0 }) telle que
RSr−1γ=1. Autrement dit Hr
(
R) [(0,−γ)]=1.
Ceci ach`evelad´emonstration du 1er cas.
2`eme cas: W=Rn.
Le fibr´e(M,π,W,Rr) s’identifie alors au fibr´e trivial:
(Rn×Rr,π,R
n,R
r
)o`uπest la projection canonique.
L’injection i=Rr→Rn×Rr,i(z)=(0,z), induit de fa¸con naturelle
un homomorphisme diff´erentiel [i∗]:C∗(M, M−{0})→C∗(Rr,Rr−{0}),
tel que le diagramme suivant commute:
0−−−−−→ Ω∗( M−{0})i
−−−−−→ C∗( M, M −{0})p
−−−−−→ Ω∗( M)−−−−−→ 0
yi ∗y[i ∗]yi ∗
0−−−−−→ Ω∗( Rr−{0})−−−−−→ C∗( Rr,Rr−{0})−−−−−→ Ω∗( Rr)−−−−−→ 0
(avec: i(γ)=(0,γ)etp(β,γ)=β).
Classes caract´
eristiques de G-fibr´
es 363
Les autres fl`eches sont d´efinies de mani`ere analogue.
Le lemme des cinq permet d’en d´eduire que [i∗] induit un isomorphisme
en cohomologie.
D’autre part, on v´erifie aisement la commutativit´e du diagramme suiv-
ant:
C∗(Rr,Rr−{0})[i
∗
]
←−−−− C∗( M,M −{0})
R
y
y
R
Ω
∗−r({0})i∗
←−−−− Ω ∗−r(Rn)
le symbole
Rd´esigne “l’int´egration le long de la fibre” associ´e au fibr´e
trivial Rr→{0}.
On en d´eduit, d’apr`es le premier cas, que
Rinduit un isomorphisme
en cohomologie. Ceci ach`eve l’´etude du 2`eme cas.
Cas g´en´eral:
Lemme 2.4. Soit {U, V }un recouvrement ouvert de W.
La suite exacte de Mayer-Vietoris (cf. [8]):
0→Ω∗(M)→Ω∗(M|U)MΩ∗(M|V)→Ω∗(M|U∩V)→0
permet alors de construire une suite exacte courte:
0→C∗→C∗
UMC∗
V→C∗
U∩V→0
o`u: C∗=C∗(M, M −W),etC
∗
θ=C
∗
(M
|
θ
,M
|
θ−W)pour tout ouvert
θde W. De plus, on a un diagramme commutatif naturel:
0−−−−−→ C∗−−−−−→ C∗
ULC∗
V−−−−−→ C∗
U∩ V−−−−−→ 0
y
Ry
RL
Ry
R
0−−−−−→ Ω∗−r(W)−−−−−→ Ω∗−r(U)LΩ∗−r(V)−−−−−→ Ω∗−r(U∩V)−−−−−→ 0
Lemme 2.5. Supposons (Uα)αune partition par des ouverts de W:
W=qαUα.
Le diagramme suivant est alors commutatif:
C∗(M,M −W)ϕ
−−−−→ Π αC∗
RyyΠα
R
Ω∗−r(W)ψ
−−−−→ Π αΩ∗−r(Uα)
(ϕet ψ´etant les morphismes de restrictions).
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