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Rappelons que l’une des missions principales de l’assurance, en plus de la protection du
pouvoir d’achat de l’assuré ainsi que celle de la valeur du patrimoine des ménages et des
entreprises, a trait au soutien qu’elle doit apporter au financement de l’économie nationale.
En effet, l’assurance concourt au bien être social par la protection du pouvoir d’achat des
ménages grâce, d’une part, aux prestations et capitaux versées par les assureurs en faveur des
assurés au titre de leur contrats d’assurance maladie et de prévoyance (décès et retraite) et
d’autre part, aux indemnités versées aux victimes d’accidents en tant que réparation de leur
préjudices corporels et matériels au titre des contrats accidents, responsabilité civile et
dommages aux biens.
Les assureurs protègent aussi le patrimoine des entreprises en prenant en charge, en
contrepartie d’une prime d’assurance payée par l’assuré, la réparation du préjudice matériel et
les conséquences pécuniaires qui en résultent, suites aux dommages matériels affectant leurs
biens immobiliers, matériels et équipements et leurs stocks. Les assureurs couvrent aussi les
professionnels contre les conséquences pécuniaires de leur responsabilité civile (qui
représente une dette au tiers) causées par les risques d’exploitation et de production auxquels
ils sont exposés au cours de l’exercice de leurs opérations. Sur cette base, les assureurs sont
qualifiés de partenaires de long terme des entrepreneurs et des bailleurs de fonds puisqu’ils les
accompagnent tout au long de leur aventure d’investissement dans les domaines industriel,
agricole et de service et amortissent leur exposition aux aléas.
Outre ce rôle, les assureurs investissent aussi la majeure partie des cotisations qui leur sont
confiées et qui sont mises de côté sous forme de provisions, dans des placements et
d’investissements via les marchés financier et immobilier et ce à travers des actions et des
titres de créance tel que les obligations d’entreprises en particulier et de façon moindre,
auprès des entreprises non cotées, permettant ainsi le financement de nouveaux projets
porteurs de croissance et créateurs d’emploi. A l’évidence, les investissements des assureurs
jouent un rôle considérable dans l’économie nationale. En plus, les assureurs détiennent une
partie de la dette domestique de l’Etat qui sert au financement d’une partie des besoins
publics, particulièrement ceux relatifs aux mesures de relance et ce à travers des emprunts
obligataires.
Néanmoins, il est essentiel de rappeler que les assureurs qui sont appelés à honorer leur rôle
d’investisseur et de financeur de l’économie, doivent le faire avec prudence et sous le contrôle
des organismes de tutelle, puisque les sommes investies sont gérées pour le compte des
assurés. Par conséquent, les assureurs ont une contrainte de gestion de leur actif puisqu’ils
doivent maintenir leur marge de solvabilité à un niveau minimum règlementé, afin de pouvoir
honorer leurs engagements envers les assurés.
L’assureur investisseur institutionnel :
Le chiffre d’affaires global du marché tunisien de l’assurance exprimé par le montant total de
primes émises en 2011 a atteint 1.177,9 millions de dinars, soit un accroissement de 5,14%
par rapport à 2010, selon le dernier rapport de la Fédération Tunisienne de Sociétés
d’Assurances (FTUSA). Les provisions techniques en 2011 ont atteint 2.638,44 millions de
dinars alors que le montant des placements cumulés effectués par le secteur de l’assurance
s’est élevé à 2.868,10 millions de dinars.
Ces placements tel que présentés par le rapport du Comité Général des Assurances (CGA) sur
le marché tunisien des assurances en 2011, sont inscrits aux actifs des bilans des assureurs et
sont répartis à hauteur de 53,4% de placements en titres à revenus fixes tels les titres émis par
l’Etat ou jouissant de sa garantie (40,4%), les emprunts obligataires (13%) et 20,3% des
placements en actions tels que des actions de sociétés cotées en BVMT (9,1%), des parts et
actions dans les OPCVM (5,4%), des parts dans les SICAR (1,6%) et d’autres actions et
valeurs mobilières, y compris les actions des sociétés d’assurances et de réassurances
étrangères (4,2%). Le reste, soit 26,3% représente les autres types de placements.